A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
D. P OMPEIU
Sur la continuité des fonctions de variables complexes
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 7, n
o3 (1905), p. 265-315
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1905_2_7_3_265_0>
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SUR LA CONTINUITÉ
DES
FONCTIONS DE VARIABLES COMPLEXES,
PAR M. D.
POMPEIU,
Licencié ès Sciences.
INTRODUCTION.
Briot et
Bouquet (’)
avaientremarqué
que, pour établir la formule deCauchy
il n’est pas nécessaire de supposer
qu’au point fixe Ç
la fonctionf( u)
admet unedérivée : il suffit que
f( i~)
soit continue en cepoint.
°Cette remarque
peut
être traduite par un théorème : :Soit
f( u)
une FONCTION DE VARIABLE COMPLEXE[et,
par ce mot,je
nedésigne
pas une fonction
analytique, j’exprime
seulement ladépendance
laplus géné-
rale entre deux variables
complexes
: w ~f (u)~.
Je suppose que cettefonc-
tion
f( u), définie
dans un certain domaineD,
admet une dérivée pour toutpoint
deD, sauf peut-être
pour unpoint 03B6,
intérieur à D. Si laf onction f( u)
est continue au
point ~,
elle admet une dérivée en cepoint.
On
voit,
par cethéorème,
que pour une fonction de variablecomplexe
le faitd’être continue en un
point entraîne,
sous certainesconditions,
la nécessitéd’avoir,
au mêmepoint,
une dérivée.(1) ) Théorie des fonctions
elliptiques,
p. 137. - BRIOT, Théorie des fonctions abé- liennes, Introd. XVII.266
Il est clair
qu’au
lieu d’un seulpoint (
on peut supposerqu’il
y en a, dansD,
un nombre fini
quelconque :
le théorème subsisle. Mais alors il est naturel de seposer le
problème général
suivant(que j’appellerai problème
de Briot et Bou-:
Soient R une certaine
région,
dans leplan
de la variablecomplexe
u,et
, f ( ic )
unefonction définie
dans R. .Les
points
de larégion
R sont de deux sortes :I ° Points u ~ z pour
lesquel,s
on sait lafonction f ( u)
admet une dé-rivée;
2" Points tc
= Ç
pourlesquels
on sait seulement quef (u)
est continue.Quelle
est, pour lespoints 03B6,
la distribution lagénérale
â l’intérieur de R., defaçon
que lafonction f( u)
admette une dérivée en toutpoint 03B6?
Cauchy,
le fondateur de la théorie des fonctions d’une variablecomplexe,
s’estoccupé
àplusieurs reprises
desrapports qu’il
y a entre la continuité et lamonogé-
néité d’une fonction de variable
complexe,
mais ne s’est pasposé
leproblème
sousla forme que nous lui donnons ici.
Dans la célèbre Dissertation
inauyuuale
de Riemann onpeu
t trouver le pro- blèmequi
nous occupeposé (pour
un casparticulier)
à peuprès
dans les mêmestermes
qu’ici.
.Dans sa Thèse Sur les
lignes singulières
desfonctions analytiques,
M. Pain-levé s’est
occupé
du cas où lespoints Ç
forment uneligne
ree tifiable.M.
Harnack,
dans un Mémoire : :Anwendung
der Fourier’ schen Reiheauf
die Theorie der Functionen einer
complexen
Veränderlichen(’ ),
a traité lecas d’un
système
discret de courbes.Enfin dans ses
Leçons
sur la Théorieanalytique
deséquations différentielles Leçon
et surtout p.437),
1V1. Painlevé a été amené àenvisager
leproblème qui
nous occupe sous la forme même que nous lui donnons ici.Quant
à la méthodequi
m’a servi dans cetterecherche, j’ai
cherché à tirertout le
parti possible
duprocédé employé
Nan NI. Goursat dans sa beJle démon- stration du théorème fondamental deCauchy (Acta mathematica,
t. IV etTransactions
o f
the American math.Society, I goo ).
(àe travail
comprend
deux Parties.La
première
estspécialement
consacrée auproblème
de Briot etBouquet.
Ellecomprend cinq Chapitres.
( 1 ) Mathem. Annalen, Bd. XXI.
Après
avoirposé
des définitions dontj’ai
besoin dans lasuite, je
donne dans lepremier Chapitre
les conditions nécessaires et suffisantes pourqu’une
fonction de variablecomplexe
soitholomorphe.
Dans le second
Chapitre, je
montrequ’un
ensemble dénombrable fournit une solution duproblème
de Briot etBouquet.
Dans le troisième
Chapitre, je m’occupe
des ensembles fermés. J’introduis la notion d’ensemble réductible un et cette notion. mepermet
de donner la condition nécessaire et suffisante pourqu’un
ensemble ferméquelconque
four-nisse une solution du
problème
de Briot etBouquet.
Le
quatrième Chapitre
contient une extension des résultats obtenus dans lesChapitres précédents.
Enfin un
cinquième Chapitre
contientquelques propositions
relatives aux en-sembles d’aire nulle.
La seconde Partie traite des
singularités
des fonctionsanalytiques
uniformes.On a
abordé,
à diverspoints
de vue, l’étude dessingularités
d’une fonction ana-lytique
uniforme. Dans cetravail, je
me suis attaché à montrer que l’éten.due de l’ensemble despoints singuliers joue
un rôle essentiel dans lafaçon
dont la fonc-tion se
comporte
aux environs despoints singuliers.
En
appliquant
les résultats obtenus dans lapremière
Partie et faisant usage duprocédé
de démonstrationqui
m’a été si souventutile, j’ai
pu obtenirquelques
résultats que
je
crois nouveaux, relatifs auxsingularités
des fonctionsanalytiques
uniformes.
J’ai étendu à des
points singuliers
formant un ensemble de natureparticulière
la
propriété caractéristique
despoints singuliers essentiels ; j’ai
démontré unthéorème relatif au cas où les
points singuliers
forment un ensemble d’aire nulleet
j’ai
donné desexemples
de fonctionsanalytiques présentant
dessingularités
d’une nature
particulière. Enfin,
dans la Conclusionqui
termine cette secondePartie, j’ai essayé
de montrer dansquel
sens l’étendue de l’ensemble despoints singuliers peut
servir comme critérium pour une classification des fonctions ana-lytiques
uniformes.Les
principaux
résultats contenus dans ce travail ont étécommuniqués
à l’Aca-démie des Sciences
(Comptes rendus,
26 mai 1 902 et 28 novembreIgo4).
Dansla Note parue le 26 mai 1902, il est
question
aussi desapplications
à la théorie duprolongement analytique ;
cesapplications
serontexposées
à part dans un Mémoirequi
t’era suite auprésent
travail.PREMIÈRE PARTIE.
LE
PROBLÈME
DE BRIOT ETBOUQUET.
1. Le
mot f onction de
variablecomplexe
est assez souventemployé
pour dési-gner une fonction
analytique.
Dans tout cequi
suitj’emploie
ce mot dans sonsens
général
pourexprimer
ladépendance
entre deux ensembles de nombres com-plexes.
Soit z une variablecomplexe :
àchaque
valeurde z, appartenant
à un certaindomaine,
on faitcorrespondre
un nombre déterminé w ; onexprime
cettecorrespondance
en écrivantw = f(z).
2. Soit
f( z)
une fonction de variablecomplexe
définie dans un domaine D. Sicette fonction admet une dérivée au
point z
= a, intérieur àD, je
dirai queJ(z)
est
monogène
aupoint
a.Prenons,
commeexemple,
la fonctionf(z) qui,
pourz = x -~- iy,
estégale
à
x2+ y2
cette fonction estmonogène
aupoint z
= o.Voici un
exemple plus général.
Soit~’(s)
une fonction de variablecomplexe
définie dans un cercle G et continue dans ce cercle. Je
définis,
dansC,
une nuu.-velle fonction
G(z)
par leprocédé
suivant :G(z) prend
aupoint
zo,pris
dans lecercle,
une valeurquelconque G(zo);
pour un
point
z, autre que zo,je
posel’intégrale
étantprise
lelong
du cheminrectiligne
Il est facile de voir que la fonction
G(z)
est continue dansC,
mais elle estaussi
monogène
aupoint
Zo et sadérivée,
en cepoint,
estégale
à3. Si une fonction de variable
complexe
estmonogène
pour tous lespoints
in-térieurs à un domaine connexe
D,
on ditqu’elle
estholomorphe
dans D.4. Si le domaine D n’est pas d’un seul tenant ou si la fonction
6f(z)
n’est pasmonogène
pour tous lespoints
du domaineD, je
dirai quef(z )
estsynectique
dans D.
CHAPITRE I.
LES FONCTIONS HOLOMORPHES.
5. Si une
fonction f( z),
définie dans un domaineD, simplement
connexe, estholo,norphe :
i° Elle est
continue;
2°
L’intégrale prise
lelong
d’un contourfermé,
est nulle.Ces conditions sont donc nécessaires pour
qu’une
fonction soitholomorphe.
Jevais démontrer
quelles
sont, en même temps,suffisantes.
6. Soit C un cercle
complètement
intérieur au domaine D. Nous allons raisonner seulement sur laportion
du domaine Dcomprise
dansC,
mais comme C est uncercle
quelconque,
intérieur àD,
nos conclusionss’appliquent
au domaine Dtout entier.
Désignons
par zo unpoint
fixepris
dans C. Jedéfinis,
dans le cercleC,
unefonction
F(z), analogue
à la fonctionG(z )
du n° 2. Je pose doncle chemin
d’intégration
étant Je segmentrectiligne
La fonctionF(z )
est con-tinue dans G el, de
plus, monogène
aupoint
zo ; sadérivée,
en cepoint,
estégale
à
Soit maintenant z, un
point quelconque pris
dans C. Je définis une nouvelle fonctionF, t (z)
parl’égalité
suivante :le chemin
d’intégration
étant le segmentrectiligne
La fonctionF, (z)
estmonogène
aupoint 2, ;
; sadérivée,
en cepoint,
est).
Mais
l’intégrale
prise
lelong
dutriangle
déterminé par lespoints
et z étantnulle,
par ,hypothèse,
on conclutDonc la fonction
F(z)
estmonogène
aupoint ,~,
et, cepoint
étant unpoint quelconque
dansC,
la fonctionF(z)
estholomorphe
dansC,
sa dérivée étantf (z~.
Mais on démontre que la dérivée d’u ne fonction
holomorphe
est elle-même unefonction
holomorphe.
Doncf(z)
estholomorphe
dans le cercleC ;
cequ’il
fallaitdémontrer.
7. Je vais donner
maintenant,
du mêmethéorème,
une nouvelle démonstra-tion,
directe etqui
nous fournira l’occasiond’exposer
une méthodequi joue
lerôle essentiel dans presque toutes les démonstrations que nous aurons à faire.
Le
principe
de cette méthode est dû à M.Goursat, qui
J’aappliqué
à ladémonstration du théorème fondamental de
Cauchy (Acta mathematica,
t.IV).
Cette démonstration repose sur un lemme fondamental
( Transactions o f
theA merican math.
Society, 1900).
Nous donnerons au lemme de M. Goursat uneforme tout à fait
générale qui
le rendesusceptible
des diversesapplications qu’on
en
peut
faire.Dans les définitions de la continuité ou de la
monogénéité
d’une fonction en unpoint,
il intervient des conditionsd’inégalité qui
doivent être vérifiées à l’in-térieur de certains cercles
ayant
cepoint
pour centre.Cela conduit à examiner une
question
relative aux domaines à deux climen-sions.
Soit R une
région
connexe dans leplan
de la variablecomplexe
z. Je supposequ’à chaque point z
de lE ou de sonpérimètre correspond
un cercle C de rayon rnon nul
ayant
cepoint
pour centre. Le rayon rpeut
varier d’unpoint
àl’autre,
mais pour aucun
point z
ce rayon n’est nul.Cela
posé,
définissons uneexpression
introduite par M. Goursat.Désignons
par A uneportion
de larégion
R. Nousdirons,
avec M.Goursat,
que la
région
A satisfait à la condition(a)
s’il estpossible
de trouver dans A ousur son
périmètre
unpoint
a tel que larégion
A soitcomplètement
intérieure aucercle C
correspondant
aupoint a
et ayant cepoint a
pour centre.Supposons
maintenant que larégion
R ne satisfait pas à la condition(a).
Je dis
qu’il
esttoujours possible
de subdiviser R enrégions,
en nombre fini et assezpetites
pour que chacune d’elles satisfasse à la condition(a).
C’est le lemme de M. Goursat.
Il se démontre facilement par le
procédé
bien connu des subdivisions succes-sives. On fait ainsi voir
qu’il
est absurde de supposer le lemme en défaut. Onpeut
consulter,
à ceteffet,
l’article de M. Goursat dans les Transactions. Dans le raisonnement de M.Goursat,
les cerclesC,
dont il estquestion plus haut,
peuvent être définis de la
façon suivante : zk
étant unpoint
fixepris
dans R ousur son
périmètre, rattache
à cepoint
leplus grand
cercle C tel que l’on aitpour tout
point z
intérieur àG; s
étant un nombrepositif
donné à l’avance.C’est pour cela que M. Goursat
emploie L’expression :
condition(a)
au nombre e. Mais on voit tout de suite que le raisonnement de M.
Goursat,
pour établir son
lemme,
estindépendant
duprocédé particulier
parlequel
ondéfinit les cercles C. (je
qui
est essentiel dans celemme,
c’est le faitqu’à chaque point
tpris
dans R ou sur sonpérimètre correspond
un cercle de rayon non nulayant ce
point
pour centre. Les moyens parlesquels
on définit ces cercles n’ont pas à intervenir dans la démonstration du lemme.Le lemme de M. Goursat est donc vrai sous la forme
générale
que nous luiavons donnée.
8.
Reprenons
maintenant la fonctionf(z)
définie dans le domaineD, simple-
ment connexe. Je fais sur cette fonction les
hypothèses
suivantes :10
f(z)
est continue dansD ;
2°
L’intégrale
d,~ est nulle pour tout contour fermé intérieur à D.Il
s’agit
de montrer quef(~~
estmonogène
pour toutpoint
intérieur à U.Soit Zo un
point
intérieur au domaine D. Je trace autour dupoint
Zo un con-tour
simple
fermé Ccomplètement
intérieur à D etj’appelle
R larégion simple-
ment connexe délimitée par le contour G.
Je fais
correspondre
àchaque point
de larégion
R et de sonpérimètre
uncercle bien
déterminé,
ayant cepoint
pour centre.Au
point Zo j’attache
leplus grand
cercleGo,
ayant Zo comme centre et tel que l’on aitpour tout
point z
intérieur àGo, e
étant un nombrepositif
donné à l’avance.Au
point z
dont la distance à Zoje
faiscorrespondre
uncercle
G,
de centre .~ et de rayon r, tel que l’on aitpour tout
point
u intérieur àG;
e étant le même nombre que tout à l’heure.J’ajoute
encore la conditionqui
est évidemmentcompatible
avec la conditionprécédente.
De cette
façon,
àchaque point
de larégion
R et de sonpérimètre
se trouveattaché un
cercle,
ayant cepoint
pour centre.9. Cela
étant, désignons
parRo
larégion comprise
entre les contours C etGo.
D’après
le lemme de M.Goursat,
il estpossible
de diviserRo
en un nombre fini derégions
assezpetites
pour que chacune d’elles satisfasse à la condition rela- tivement au nombre 2. Pour fixer lesidées, je
supposequ’on
adécompose Ro
encarrés et
portions
de carrés( carrés
écornés par les contours C etCo ~
en nombreégal
à n.10. Je me propose de calculer
l’intégrale
Cette
intégrale
estégale
à la somme desintégrales prises
lelong
de chacun descontours fermés
partiels
déterminés par la division de larégion Ro.
Considérons d’abord
l’intégrale
On peut encore l’écrire
L’intégrale
du second membre a un module Inférieur à e, de sorte que l’onpeut
écrire .x étant un nombre dont le n~odule est, au
plus, égal
à e.Prenons maintenant dans la
région Ro
un carrécomplet Qh ;
ce carré est inté-rieur au cercle
Gh correspondant
aupoint
zh.On a
identiquement
Multiplions,
dàns les deuxmembres,
parf (.~~
etintégrons
lelong
dupéri-
mètre
(Qh)
du carréQh.
J’écrirai,
pourabréger,
est nulle en vertu de nos
hypothèses.
L’intégrale
-peut s’écrire
puisque l’intégrale
est nulle. Donc
Sous cetle forme on voit que le tnodl1le
de j"h
est inférieur au nombreen
désignant
par rh lalongueur
du côté du carréQh.
Considérons maintenant
l’intégrale
On
peut
l’écrirepuisque l’intégrale
est nulle.
Donc
l’intég.rale j’h
est inférieure en module au nombreen
désignant
parOh
un nombrepositif
convenable Inférieur à l’unité. On a, enell’et,
sur lepérimètre (Qh)
d’après
une de noshypothèses.
En
définitive,
donc
et, a
fortiori,
Et,
si l’on fait la somme de toutes lesintégrales
relatives aux carréscomplets,
on trouve un nombre dont le module est certainement inférieur à
en
désignant
par a l’aire de larégion
R.Passons maintenant aux carrés écornés par le contour
(C)
on la circonfé-rence
(Go).
SoientQk
un de ces carrés etGk
lecercle,
de centreauquel Qk
estcomplètement
intérieur.Nous écrirons encore
Multiplions
dans les deux membres parf( z)
etintégrons
lelong
dupéri-
mètre
(Qk).
Nous écrirons encore
et nous ferons subir aux trois
intégrales
du second membre les mêmes transfor- mations dont nous nous sommes servi dans le cas du carré-complet Qh.
L’intégrale
est nulle.
L’intégrale
a un module inférieur au
produit
Ilr
étant lalongueur
de lapartie curviligne
du contourEn
efret,
la fonction soumise àl’intégration
a, lelong
du chemind’intégration,
un module moindre que rk
2
~; d’antrepart,
lalongueur
du chemind’intégration
est certainement inférieure à
lh..
En mettant aussi le facteurI ,
, on a le~ ~c
résultat annoncé.
est
égalc
àl’intégrale
suivanteElle a donc un module inférieur à la
quantité
donc inférieur à
En définitive
Faisons maintenant la somme de toutes les
Intégrâtes
relatives aux carrésécornés. On obtient un nombre dont le module est certainement inférieur ~
on
1, étant la somme des
longueurs
du contour(C)
et de la circonférence(Go); s
unelimite
supérieure
desnombres.
.Faisons enfin la somme
ete toutes les
intégrales
que nous venons de considérer. On trouve est formée du nombre et d’unepartie
addilionnelle dont le module est certai-nement inférieur à
ou à
Comme le nombre
positif z
est arbitraire on conclut que celtepartie
addition-nelle est
rigoureusement
nulle.Il est donc établi que l’on a
pour tout
point
du domaineD,
le contour(C)
étant un contour ferméquel-
conque,
complètement
intérieur à D et contenant Zo dans son intérieur. C’est la forrnule deCauchy.
Il résulteimmédiatement
de celle formule quef(z)
admetune dérivée au
point
zo.La fonction
f(z)
est doncholomorphe
dans le domaine D. C’est le résultat queje
m’étaispropose
d’établir.12. Nous avons ainsi des conditions nécessaires et suffisantes pour
qu’une
fonc-tion soit
holomorphe.
Soit donc iinc fonction
continue,
définie Jans tln domaineD, simplement
connexe. Pour démontrer que cette fonction est
holoillorphe
il suffit de démon-trer que
l’intégrale
est nulle pour Lou t conLour fermé intérieur à D.
C’est de ce théorème que nous nous servirons constamment dans la suue.
CHAPITRE Il.
LES ENSEMBLES DÉNOMBRABLES.
13. La remarque de Briot et
Bouquet conduit,
commeje
l’aidéjà
faitobserver,
au théorème suivant :
Soit
f(z)
unefonction
de variablecomplexe, définie
dans tcn clorriaine J)et
monogène
pour toutpoint
intérieur àD, sauf peut-être
pour icnpoint 03B6,
intérieur cc D. Si la
fonction f ( z)
est continue ntcpoint 03B6
elle est aussi mono-en ce
point.
La théorie des ensembles
permet
de donner tout de suite l’extcnsion laplus complète
à cepremier
résultat. Ou a ainsi laproposition générale
suivante : ;Soit
f(z)
unefonction
cle variablecomplexe, définie
dans un domaine D.On suppose que celte
fonction
estmonogène
pour toutpoint
intérieurà D, sauf peut-être
pour certainspoints 03B6 formant
dans l’intérieur de D rcnensemble RÉDUCTIBLE. Si La
f(z)
est continue pourtout point 03B6
aussi
monogène
en cespoints.
Je centrerai pas dans les détails du raisonnement
qui
permet de passer du cas d’un seul au cas oû lespoints
fument un ememhle réductible. Cc rai- sonnement est, enquelque sorte, indépendant
de la natureparticulière
du théo-rème
qu’il s’agit
d’établir et il a étéexposé plus
d’une fois et trèscomplètement
àl’occasion d’autres recherches. Je
citerai,
parexemple,
la Thèse de M. Baire : :Sur les
fonctions
cle variablesréelles,
où(p. 32-37)
la notion d’ensemble réductible s’introduit dans unequestion
de nature tout à fait différente. Le raisonnement est d’ailleurs absolument lemême,
que lespoints
soient situéssur une droite ou distribués dans le
plan..
14. Je me propose d’établir un théorème
qui comprendra
celuiqui précède
comme cas
particulier.
Soit
f(z)
llnefonction
de variablecomplexe,
da ns un domaine D(1).
Je suppose que cette
fonction
estmonogène
pour toutpoint
intérieur àD,
(’) Pour simplifier jP suppose toujours que D cst un domaine simplement eonner c.
sauf peut-être
hoccr certainspoints 03B6, formant
dans D ccn ensenzble dénom- hrablc.Je dis que si la fonction
f(z)
est continue auxpoints 03B6
elle est aussimonogène
en ces
points.
On remarquera que cet énoncé est
plus généra)
que celui du numéroprécédent.
En
euet,
ils’agit
ici de l’ensemble dénombrable leplus général, qui peut
être partoutdense,
tandis que l’ensemble réductible étant fermé est nécessairementnon dense.
1~.
D’après
noshypothèses,
il y a dans l’intérieur du domaine D deux sortesde
points :
d’abord lespoints z
pourlesquels
la fonction estsupposée monogène ;
ensuite les
points ~,
pourlesquels
on sait seulement que la fonction est continue.Je
désignerai
par Il toutpoint
intérieur à Dlorsqu’il n’y
aura pas lieu de distin- guer si cepoint
est unpoint z
ou unpoint i.
’Cela
posé,
prenons unpoipt z
fixe. Je lui faiscorrespondre
leplus grand
cercle
G,
de centre .~, et tel que l’on aitpour tout
point
u intérieur au cercle G.La lettre ~
désigne
un nombrepositif
donné à l’avance.Considérons maintenant les
points ~.
Je suppose que cespoints
ont étérangés
cn suite
simplement
infinieAu
point 03B6k je
faiscorrespondre
leplus grand
cercleTk,
de centrelk,
tel que l’on ait.
.
pour tout
point
M intérieur à l’k.De cette
façon, chaque point
intérieur à D est le centre d’uncercle,
de rayonnon nul,
attaché à cepoint.
16. Cela
étant,
traçons, dans l’intérieur deD,
un contour ferméquelconque
C.,l’apNelle
R larégion
délimitée par le contour C. Maintenant servons-nous du icuune de 11I. Goursat pour partager Il enrégions,
en nombre fini et assezpetites
pour que chacune d’elles satisfasse à la condition
(x).
Pour fixer les idées
je
supposequ’on
partage Il en carrés par desparallèles
auxaxes des coordonnées.
17.
L’intégrale
de la fonctionf(â~, prise
lelong
du contour’C,
est
égale
à la somme desintégrales prises
lelong
des contourspartiels
déterminéspar la division de la
région
R.Considérons d’abord les carrés
complètement
intérieurs an contour C. Un deces
carrés, Oh,
parexemple,
estcomplètement
intérieur à un des cercles Gou r.
Supposons
d’abord que soit intérieur au cercleGh
de centre Nh. On a, lelong
dupérimètre (Qh)
du carréQh,
l’on conclut facilement
en
désignant
par rh lalongueur
du côtéQ~.
Si
Qh
était intérieur au cerclerà,
du centre~~~
onpourrait
écrirepuisque
lelong
du contour fermé(Qh) l’intégrale
est nulle.
Donc
En
définitive,
si l’on fait la somme desintégrales
relatives aux carréscomplets,
on trouve un nombre dont le module est certainement inférieur à
a étant l’aire de la
région
R et p une limitesupérieure
deslongueurs
descôtés/~.
Passons
maintenant aux carres écornés par le contour C. SoitQ~
un de cescarres. Si
Qk
esL intérieur à un cercle G on aura~y étant la
longueur
du côté deQk et Ik la longueur
de lapartie curviligne
du con-tour
(Qk).
Si le carré
Qk
était inférieur au cercle fk de centre~h,
on aura!!,et, par conséquent,
.et, a
fortiori,
), étant la
longueur
du contour G.De sorte que la somme de toutes les
intégrales
relatives aux carrés écornés estinférieure,
enmodule,
àen
supposant
que le nombre p, de tout àl’heure,
est aussi une limitesupérieure
pour les côlés rk.
Faisons maintenant, la somme des
intégrâtes
rotatives à tous les carrés tantécornés que
complets.
On trouve que
Puisque l’intégrale
dupremier
membre est une constante et, dans le secondmembre,
le nombre e estarbitraire,
on conclut que cetleintégrale
est nulle.18.
Maintenant,
si serappelle
que le coulour C est un contour ferméquel-
conque, intérieur à D et que la fonction est continue dans
D, on conclut, d’après
le théorème duChapitre précèdent
que la fonctionj’( u)
estholomorphe
dans D.
C’est ce que l’on voulait démontrer.
CHAPITRE III.
LES ENSEMBLES FERMÉS.
19. La remarque de Briot et
Bouquet
a étégénéralisée
par M. Painlevé.Soit
f( u)
une fonction de variablecomplexe,
définie dans un domaine D. Je suppose que estmonogène
dans D saufpeut-être
pour lespoints
d’une cer-taine
ligne
rectifiable L. M. Painlevé a montre(Sur les lignes singulières
desfonctions analytiques,
p.27)
que sif( u)
est continue pour lespoints Ç
de laligne L,
cette fonction est aussimonogène
pour ces mêmespoints.
20. Si l’on veut donner à ce résultat une extension
analogue
à celle que nousavons
indiquée
au n° 13pour le
cas d’unpointa isolé,
on est naturellement conduit à considérer uneligne
rectifiable comme l’élément d’un certain ensemble et à rai-sonner sur ces éléments comme l’on raisonne sur des
points
pour arriver à la notion d’ensemble réductible.Cette manière de
procéder paraît
avoir étéadoptée
parbeaucoup
d’auteursqui
ont eu à faire usage de la notion d’ensemble de
lignes.
21. Pour
pouvoir
raisonner avecprécision,
il fautadopter
des définitions convenables.Soit
une suite d’ensembles
fermés,
certains de ces ensemblespouvant
se réduire à despoints
isolés. Lesystème
des ensemblesEn
forme un ensemble total queje désigne par E.
Un
quelconque
des ensembles de lasuite (E)
sera dit un élément.Deux éléments
Eh
etEk
seront dit écartés s’ils n’ont pas tous leurspoints
encommun. Un
exemple simple
de deux ensembles écartés nous est donné par deux droitesqui
secoupent.
La notion d’écart est
susceptible
d’une définitionprécise,
dans le cas desensembles bornés.
Soit
Ph
unpoint quelconque pris
surEh;
la distance dupoint Ph
à l’ensembleEk
est une fonction continue de la
position
dupoint Ph.
Cette fonction admet unmaximum J1hk. Cest ce maximum que
j’appellerai
l’écart de l’ensembleEh
parrapport
àEIre
Le nombreOhk
nepeut
être nul que si tous lespoints
deEh font
partie
deEk’
Prenons maintenant un
point Pk
dans l’ensembleEk ;
la distance dupoint Pk
àl’ensemble
Eh
est une fonction continue de laposition
dupoint Pk :
elle admet unmaximum 0394kh et ce nombre ne
peut
être nul que si tous lespoints
deEk
fontpartie
deEh. 0394kh
est l’écart de l’ensembleEk
parrapport
àEh.
La somme
peut
êtreappelée
écart mutuel des ensemblesE~
etEk.
Si l’écart mutuel des deux ensembles est
nul,
ces deux ensembles coïncident etréciproquement.
Si o,Eh
faitpartie
deEk;
siAhh=
o,Eh
faitpartie
deEh.
22. La notion d’écart étant
acquise,
revenons à la suite(E).
Je dirai que l’ensemble
E~
est la limite de la suite(E),
si l’écart mutueltend vers zéro
lorsque n
croît indéfiniment.J’appellerai élément-limite,
toutensemble
qui
est la limite d’une suite d’ensembles. L’ensemble des éléments- limites forme un ensemble E’ que l’onpeut appeler
le dérivé de E. En raisonnantsur E’ comme nous venons de le faire sur
E,
on définira l’ensemble E" dérivé deE’,
et ainsi de suite.
Si l’ensemble E contient son
dérivé,
on dira que E est fermé.Si un élément
Eh appartient
à E sansappartenir
àE’,
on dira queEh
est un élé-ment discret dans E.
Un élément discret n’est pas nécessairement isolé. Un élément
Ek
est isolé dans Elorsque!
n’a pas depoints
communs avec aucun des ensemblesqui
com-posent
E.23.
Supposons
maintenant que tous lesEn
soient deslignes
rectifiables. L’en- semble E estdénombrable; si,
en outre, il estfermé,
nous dirons que E est réductible.Moyennant
les définitionsqui précèdent,
les mêmes raisonnementsqui
per-mettent de passer du cas d’un
point (
au cas d’un ensembleponctuel réductible, ’ permettront
ici depasser
du cas d’une seuleligne
rectifiable au cas d’une suite delignes
rectifiables formant un ensemble réductible.24. J’ai tenu à exposer ce
procédé
de démonstration parce que c’est celuiqui
se
présente
naturellement àl’esprit lorsque
l’on considère des ensembles delignes
et que l’on veut établir entre ces ensembles et les ensembles de
points
lesplus
grandes analogies.
Mais on ne
peut
pas tarder às’apercevoir
des inconvénients queprésente
cettefaçon
de concevoir les choses.D’abord,
on raisonne sur deslignes
et non sur despoints :
la notion deligne
estune notion
complexe
et un peu confuse.L’analogie
avec les ensembles depoints
ne
peut
semaintenir,
même pour les notions lesplus simples.
Il suffitd’observer,
par
exemple,
que, dans un ensemble depoints,
unpoint-limite
est un élémentque
(sauf
lapropriété qui
lecaractérise)
rien nedistingue
des autres éléments de l’ensemble : unpoint-limite
esttoujours
unpoint,
tandis que dans une suite delignes
uneligne-limite peut
se réduire à unpoint
ou être uneligne
discontinue alors que toutes leslignes
de lasuite, qui
l’admettent commelimite,
sont conti-nues. Dans le cas
particulier
d’une suite delignes rectifiables,
laligne-limite
n’estpas nécessairement une
ligne
rectifiable.Ceci constitue un grave inconvénient parce que la démonstration que l’on a pu faire pour
chaque ligne
de la suitepeut
neplus s’appliquer
pour laligne-limite.
Rien de
pareil
ne s’étaitprésenté
avec les ensembles depoints.
En outre, nous avons
pris
comme éléments de l’ensemble E deslignes En
et, il semble aupremier
abord que nous avons établi ainsi entre l’ensemble E et son élé-ment
En
la même distinction ou, pour mieuxdire,
une distinctionanalogue
àcelle
qui
existe entre un ensemble depoints
et son élément : lepoint.
Or,
dans le cas d’un ensemble delignes,
la distinction dont ils’agit
est leplus
souvent artificielle.
Car,
un ensemble delignes
continues non isolées est lui-mêmeune
ligne
continue. L’inconvénientauquel
donne lieu cette circonstance résulte de la remarque suivante :Dans le cas d’un cnsemble de
points (réductible)
toute la démonstration reposesur le résultat obtenu avec un
point
isolé. La démonstration du casgénéral
se ra-mène,
se réduit à la démonstration du cassimple
d’un seulpoint :
c’est enquoi
réside
l’avantage
de la méthode.Dans le cas d’un ensemble de
lignes,
l’ensemble E étant de même nature queses
éléments,
iln’y
aura, dans certains cas, aucun avantage à faire la démonstra- tion sur un élémentplutôt
que sur l’ensemble E lui-même.25. Je vais maintenant
reprendre,
à un autrepoint
de vue, laquestion qui
nousintéresse et pour cela
je
commencerai parpréciser
certaines notions relatives à lamesure de l’étendue des ensembles à deux dimensions.
Soit E un ensemble fermé à deux dimensions. Autour de
chaque point ~,
del’ensemble
E, pris
comme centre, décrivons un cercle de rayon p : l’ensemble despoints
intérieurs à ces cercles forme un ouplusieurs
domaines dontje désigne
l’aire totale par
a(p). Lorsque
p tend verszéro, a(p)
tend vers un nombrepositif
ou nul a,