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sens nouveau des mots individuel et collectif
travail Individualise
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En avant-première à la parution du dernier livre de Freinet, voici un extrait de ses premières pages :
Tant què l'Ecole s'est contentée d'idées générales et d'un apprentissage verbal ct éct it impersonnel, elle pouvait s'ac- . commoder, apparemment du moins, de cet enseignement collectif, indé- pendant des individus, soucieux seule- ment dé la matière à enseigner et d'une logique dont on a idéalisé la portée.
Mais I'Ècole d'aujourd'hui doit, qu'on le veuille ou non, descendre des abs- tractions théoriques pour se colleter avec la vie qui a ses exigences indi- viduelles et collectives.
u
Qu'il s'agisse de la formation de la personne ou de la préparation d'une fonction
sociale,le caractère mobile du monde
àvenir conduit
àmettre /'accent sur les qualités de caractère, d'imagina- tion, d'adaptabilité, de sociabilité, d'en- tlwusiasme plutôt que sur l'éte ndue des
connaissances dont on a pu faire autre- fois
w1a
ttri but essen tiel de la "cul- ture"
,, (1).Pour faire face à une société dont la complexité va croissant, il nous faut un enseignement différencié, évoluant sur un mode tout à la fois individuel et coopératif.
Et là, nous devons d'abord nous expliquer pour éviter les malentendus.
Il nous faut, si nous voulons orienter rationnellement notre pédagogie, re- considérer ces mots
d'i11dividuel
et decollectif
qui s'opposent bien souvent au lieu de se conjuguer pour le bien public.(1)
Co lloque
1961du
Centre Interna- tional de Prospective,fondé par Gaston
Berger.
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travail IndividualiséPour si paradoxal que cela paraisse, on pourrait dire en effet que l'enseigne- ment traditionnel est tout à la fois collectif et individuel puisqu'il est imposé à un groupe non structuré dont le.s individus sont astreints à une discipline strictement individuelle.
Le maître s'adresse à l'ensemble de la classe, mais les élèves travaillent seuls, tout contact avec les voisins étant considéré comme un acte d'in- discipline ou une tricherie.
C'est ici la fonction travail ·qui est elle-même en cause. L'ouvrier qui, dans un immeuble en construction, pose la portion de briques qui lui a été ordonnée, ou qui ferraille le ciment armé, n'a plus conscience de sa parti- cipation à la construction d'un en- semble. Il devient une machine, plus ou moins perfectionnée, mais pour le fonctionnement de laquelle on ne lui demande qu'une portion bien dé- limitée de son intelligence. Il y. a là travail individuel techniquement dé-
Travail individualisé et programmation
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pendant de l'ensemble, mats humaine- ment séparé et de ce fait, sans but ni portée humaine.
Que le même ouvrier participe avec une équipe responsable à la construc- tion de la maison, il y a alors travail individualisé, élément de l'effort col- lectif, qui nécessite la mobilisation du maximum d'intelligence dont l'ouvrier est capable. Il y a alors vrai travail.
Nous n'essaierons donc pas de savoir si la pratique scolaire est individuelle ou collective ou les deux à la fois.
Il nous faut d'abord lui redonner la dignité du vrai travail en rétablissant chez les personnalités la conscience d'une activité, individuelle certes, mais obligatoirement intégrée au complexe de la vie, et de ce fait animée d'une pensée, d'une raison d'être, d'un sen- timent d'appartenance et d'un idéa'l qui lui donnent dignité et efficience.
L
etravail
individualisén'a de sens qu
e s'il est intégré à lavie
sociale coopé-rati
ve. C. FREINETpar
c.
Freinet et M. Bertelootfait partie de la collecton B.E.M. (no 42 à 45) et sera adressé aux souscripteurs de l'année 1965-66 et à eux seuls.
L'ouvrage est en vente au prix de 9 F (franco de port pour les abonnés à l'Educateur) à la C.E.L. - BP 282 06, Cannes - CCP 11503 - Marseille.