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L'EQUIPEMENT DU SAINT-MAURICE (CANADA)

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Academic year: 2022

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(1)

{4 LA HOUILLE BLANCHE

.TA:-;VIEH-FÉVlUEH

1951

L'Equipement du Saint-Maurice (Canada)

(1)

l'AR

R.-E, HEARrrZ

VICE-l'H1;SJI)E:"T ET 1:"c;{;:"IEUl\ E:" CHEF DE LA SHAWr:"l(;AX COôll'AXY VrD. MO:"Tl\I;AL

English text, p. 46

L'histoire de l'équipement du Saint-Maurice a conlInencé il y a cinquante ans lorsque les pre- nlÎers pionniers de la Shawinigan Company se lancèrent dans leur première grande aventure aux chutes de Shawinigan. Ils furent les auda- cieu x précurseurs qui, sans se laisser intimider par des prohlbnes techniques consid{'rahles pour leur époque, et hien qu'assaillis par de très lour- des difficultés financières, menèren t il honne fin, tout au déhut du siècle, cette œuvre titanesque qui consistait à tirer de l'énergie électrique des chutes de Shawinigan et il la transporter jusqu'il Montréal. Ces hommes firent du hon travail puis- que aujourd'hui encore les groupes fone!ionnen t de façon satisfaisante, tandis que la ligne assure toujours admirahlement son service.

Le Saint-Maurice est, par ordre d'importance, le second des affluents du Saint-Laurent il nvoir son hnssin versant tout entier il l'intérieur des limites de la Province de QudJee. Il prend nais- sance dnns une série de lacs dans le h[lUt pays dominant la haie d'Hudson, puis coule vers le sud snI' pri-s de 400 km, il travers les Laurcnlinn Mounlains, jusqu'à Trois-Rivih'es, où il se jette dans le Saint-Laurent. La surfacc de son hnssin versant est d'environ 40.000 1\111". A l'exceplion d'une petite portion, lout à fait il l'aval, faismlt partie de la plaine du Saint-Laurent, el présen- tant des possibilités agricoles, la presque totalité de ce hassin esl très nccidentée el, d'une façon générale, intéressante par ses bois, ses fourru- res, son gihier, en rnême temps que pour ses ri- chesses hydro-électriques, exploitées ou non.

Dans l'exploitation des richesses hydro-électri- ques, il faut, en premier lieu, connaître les deux

(1'1 Cf. le Supplément Graphique, p. 54.

poinls fondamentaux suivanls :

la

hauteur de chute économiquement exploitable et les carac- léristiques de déhit du cours d'eau. Le premier de ces points appelle fréquemment une (·tude approfondie, le second est étroitement lié aux possibili t{-s de stockages économiques.

D'après les enregistremen ts mèléorologiques de nomhreuses stations disposé'es il l'intérieur du bassin versant du Saint-Maurice, il s'avère que le minimum des précipitntions mrnueIles esl de GGO mm, le maximum de 1.170 mm, et la moyenne de 91;') mm.

Les hauteurs d'eau sont enregistr{-es aux e1lU- tes de Shawinigan depuis 1nOl. Grùce il des jnu- gcages eOU\'1"[lI1t une large hande de déhils, il a

étl~

pcssihle de trncer une con l'he d'étalonnage du

débit de la rivière. De ces enregistrements il

r{'suite que, dans les eondilions nature1Jes, c'est-

à-dire avant la conslitution d'une

r{~serve

quel-

conque,

l(~

minimum de ([{-bit aux chutes de Sha-

winignn alteignail 1

(j;')

mals pour un dé'hil moyen

nnnuei de 7:30 mals équivalenl à

(il C;;,

des pr(--

cipil:ltions moyennes. Afin d'uliliser pleinement

toutes les possihililé's hydro-éleclriques de la ri-

vii-l'e, il étail absolument {-vident qu'il fnllnit

(T{-er des réservoirs d'[lecumulation. Depuis 1 n08,

et

plus

particuIii~remeI1t

depuis IDI8, la r6gulari-

sntion du Sainl-Mnurice s'esl considérablemenl

amélioré'e grùee il l'adjonetion de réservoirs sur

la Manouan pouvant, nu totnl, stocl,er 495 mil-

lions de mS, et gràce à la construction du bar-

rage de Gouin à l'extrémité' supérieure du cours

du Saint-Maurice; ce hmTage forme l'un des plus

grands réservoirs artificiels du monde, retenant

G,3 milliards de m

3

et même 8 milliards de mS

avec la houchure mobile. En In:30, lors de la

mise en service

(hl

hmTage de la Mattawin, im-

Article published by SHF and available athttp://www.shf-lhb.orgorhttp://dx.doi.org/10.1051/lhb/1951025

(2)

.],\NVlEH-FfWHIEH 1!J51 LA HOCILl,E BLANCHE

Au terme de cel équipement, sur ee tronç'oll de ]

2[)

km du cours du Saint-Mauriee, la ehute utilisée atteindra 184 m pour une chute totale disponible de 18·\l m.

En plus de ces projets, la chute de la Tuque a dt; conçue comme une partie inti'grante de l'équipement du Saint-Maurice supérieur, et ses 271.000 ch., puissance

il

Ia(luelle ellc sera pro- bablement porti'e en fin de compte, amôneront

il

plus de I,G millions de ch. le total dc la puis- sance prévue pour cel ensemble.

La premiôre chute installée sur le Saint-l\bu- rice supi'rieur fut celle dn Hapide Blanc,

il [)fi

km

il

J'amont de ln Tuque. L'équipemcnt de ceHe chute :lvee ses 200.000 ch., constituait, pour J'in- génieur, un champ d'aelion dont J'i'lendue et la diversi té ne se rencontreut pas fréquem men t.

C'est ainsi que, l'usine devant être implantée

il

15 km de

la

voie ferrée, l'approvisionncmen t de

prl~s

du Gouvernement de Québec afin d'obtenir les concessions relatives au cours supérieur du Saint-Maurice, en amont de la Tuque. Le

2;~

mai

In2R,

au cours d'Un appel d'olIres publie tenu aux Provincial Buildings, la Shawinigan Com- pany acquit les droits de concession pour U'qui- pemen t d'un tronçon du cours sup(or'ieur, long de 12[) km, compris entre le km J77

il

la limite de Yallil'["es ct de Dumoulin, et le km ;\02 corres"

pondant au conlluent de la IVlanouan.

Entre juillet

1\l28

ct décembre

1\l2H,

on sc li-

\Ta

il

une prospeelion d'ensemble du Saint-1VIau- ri ce supi'rieur. Durant celte pi'riode, 1Il emplace- ments possibles de barrages furent l'objel de re- lcvi's, en même temps que l'on rassemblnit les données relatives aux voies

ferri~es,

aux exploi- tations forestières, aux.

ri~serves

indiennes, nux ri'serves de chasse el de pêche

i~velrtuellelllent

noyi'es.

Au cours des du des qui suivirent,

[)1

varian- tes furent prises en considération ct eompari'es entre elles, au point de vue i'eonomique. Finale- ment, les plans de dix

i~quipements

furent sou- mis au Gouvernemen t de Qut'bee et :lpprouvés par lui. Yoici leurs emplacements avec leurs pos- sibilités connllereiales probables

portant affluent du Saint-Maurice, les possibili- tés de stockage s'augmentèrent encore de D50 millions de ma. Les barrages, qui sont la pro-

priétt~

de

la

pl'ovince de

Qut~bec,

sont exploitt,s par la Québec Streams Commission.

L'exploitation de ces barrages et des autres a fail passer le débit minimulll disponible aux chutes de Shawinigan de HiO à plus de 570 m:l/s., accroissement que l'on retrouve

i~videnllllent

pOnr toutes les installations de la rivii:re.

Il

ré- sulte de ces accumulations que la capaciU: de produelion du Saint-Maurice a été plus que tri- plée. Mais les possibilités de stockage sur la ri-

vil~re

ne sont pas encore i:puisi'es el des éludes sont en cours pour

amt~liorer

encore cel équi- pement.

Lorsqu'il s'agit de l'i:quipement complet d'une ri viôre, le rendement i'conOlniq ue

III

a xi m

Ulll Il

e peut être atteint que si toutes les installations dépendent direelement d'un seul organisme. La Shawinigan Company,

di~sirant

ri'gulariser la ri- viôre aussi efficaeement que possible, le comprit pleinement lorsque, il y a de nombreuses années, elle acheta à l'Union Bay Company les droits n(;cessaires

il

l'i'qnipcment de la Gabelle el

il

la Laurentide Power Company ceux. relatifs à Grand'Mère; pl us ri'cemment, elle partageai t de la même façon avec la St. Maurice Power Cor- poration les droits relatifs

il

la Tuque. Sur les rivières où eelle situation idi'ale s'avl're

irri~ali­

sable, les prohll'mes de régularisation sc compli- quent ct la production d'i'nergie en subit le eontrecoup.

Les chutes de Shawinigan constituent la piôce maitresse de tout le systl'me. Là, tes travaux d'équipement, eommenci's il y a einquantc ans, sc poursuivent encore en Hl4D avec la réalisation d'un nouveau projet de prl's de 200.000 ch., ap- pelé ("quipement n" il. Les travnux eommerl('l:- rent il la fin de 1D4G; en novembre 1\)4R, le pre-

mi~~r

des tl'Ois groupes de (HLOOO eh. entrait en service, le second suivait

il la

fin del'anni'e, ('[

le troisiôme en mars 1

~l4~l.

Le cours infi'rieur du Saint-Mnurice ;\vec les instnllntionsde La Gnbelle, des chutes de Shnwi- nignn el de Grnnd'iV[l're, qui utilisent une ehute de la rivil're de 85 m sur 2G km, a une puissance installée alleignant R75.000 ch., dont 4;n.000 ch.

se trouvent coneentri's nux chutes de Shawinignn.

Compte tenu de cc que, depuis 1

D28,

le has Saint-Maurice dait (;quipé il 75 % de ses possi- biliti's ct de cc que les demandes d'hlCrgie s'ae- eroissaient constnnllnent, il dait tout

il

fnit i'vi- dent que U'nergie disponible sur le cours infé- rieur devnil étre, snns tarder, complètement uti- lisée et qu'il fallnit si'rieusement exmniner les ressources hydro-i'iectriques dn cours supi-rieur de la rivière.

Dl's 1

D2R,

des di'marches fnrent efTectuées au-

i

/;111de [Il J'l'(}i(~re

180 207 217 2G4 285 2\)5

Elllplncl'Illl'llt

1

Hapide s;ms nom .. ' Trenehe ."" "

1

l{apid(, Blane

1

Hapidc des Cœurs.1

!ü\pidc du

Lii:vl"C'.

i Hapidc Allan]." .. \

Chu\('

l'Il III

l'",,,,,,'"

1

255.000

eh. i

3. %.0.00.•

eh.

Il 24;3.000

eh.

113.000ch'l

1 12G.000ch.:

1 134.000ch.i

1--- 1

h2G7.000

cl1.1

i i

(3)

IG

LA HOUILLE BLANCHE

JANVIER-FÙVRIER

1951

marchandises et de 135.000 tonnes de sable exi- geait la réalisation d'une grande route moderne à travers une région particulièrement accidentée.

Les transports, le long de cette route, se faisaient par unité de 100 tonnes au moyen de camions spécialement conçus à cet e1Iet. Puis il y eut la construction d'une digue secondaire fondée sur des alluvions très fines, le rocher sc trouvant 1.2 m en dessous du fond de la combe.

Avant la mise en eau du barrage, on sc livra au débrouissaillage ct à J'abattage des bois com- merciaux sur quelques 4.000 hectares. Sur plus de 5 km, la voie ferrée des Canadian National Hailways fut relevée d'une hauteur atteignant, au maximum, 4,20 m et, sans pour cela gêner lc trafic normal des trains, on aIIa jusqu'à dépla- cer une grande travée de pont. Il fallut prévoir des dispositions spéciales permettant le Jlottage et le touage de plusieurs millions de troncs d'ar- bres par saison; des remorqueurs Diesel, spécia- lement conçus pour celte tàche, furent trans- portés en pièces détaché.es depuis un chantier de constructions navales de Montréal, et montés sur place à vVindigo.

L'équipement réalisé ensuite fut celui de la Tuque, dont les ] 80.000 ch. furent mis en ser- vice en Hl40. Celte chute, appartenant à la St Maurice Power Corporation, est sous le con- trôle simultané de la Shawinigan Corporation et dc la Brown Corporation; clIc est exploitée par la Shawinigan Cy. Les installations doivent, en stade final, être portées à 270.000 ch. En ] H4:1, gràce à l'adjonction (l'lm cinquième groupe de '-le).ooo ch., la puissance installée atteignait 225.000 ch.

Pour la réalisation de la chute de la Trenche, située à environ 40 km à l'amont de la Tuque et à près de 10 km à l'aval du Hapide Blanc, les travaux ont débuté au printemps de 1948. C'est l'installation la plus puissante de tout le Saint- Maurice : on y trouve la plus haute chute ('-l8 m), le plus haut barrage (60 m) et la plus

grande

p~!Îssance

concentrée dans une centrale (;l\)(i.OOO ch.)

(1).

Dès le premier stade, la Trenche comportera cinq groupes de 66.000 ch., soit au total :130.000 ch, avec la possibilité d'ajouter, plus tard, un sixième groupe de 66.000 ch. En ce qui concerne les quatre emplacements restant à équi- per sur le Saint-Maurice supérieur et totalisant 630.000 ch., le Hapide sans nom qui, dans son stade définitif, doit atteindre 225.000 ch., en est actuellement aux études préliminaires; les trois autres, c'est-à-dire le Hapide Allard, le Hapide du Lièvre et le Hapide des Cœurs ne nécessitent plus que quelques études complémentaires avant que l'on puisse passer à l'élaboration des plans d'avant-projets.

L'équipement eomplet du Saint-Maurice doit atteindre, dans son stade final, environ 2.400.000 ch.,dont plus de l.GOO.OOO sont installés ou en cours d'installation. Les eaux accumulées der- rière le barrage de Gouin seront utilisées à tra- vers dix usines successives sous une chute totale de 305 m, dont 15:3 sont déjà équipés et 48 sont en cours d'équipement.

On peut vraiment dire du Saint-Maurice que c'est

«

pour l'industrie une source d'énergie et un pôle d'attraction

».

Ceux qui président à son

l~quipement

sont pleinement conscients des lour- des responsabilités dont ils sont chargés dans la conception, la réalisation, l'exploitation et la coordination de ce puissant ensemble destiné à fournir à la province de Québec, de manière effi- caee et économique, une énergie dont chaque k vVh est exploité il l'intérieur de ses frontières.

(1) N.-D, L. H. - Nous croyons intércsscr 1l0S Icctcurs en leur signalalll J'information suivante, parue trés ré- cemmenl dans la revue l'Ize Engineer :

«La Shawir~iganCompany poursuit rapidement la réa- lisation de sa nouvelle cenlrale aux chutes de la 'l'ren- che sur le Saint-Maurice. Deux groupes de chacun GG.OOO ch son 1 en lrés en scrvice en décembre dernier, et la mise en route de trois autres groupes e_st prévue pour l'{>té, prochain. »

The development of the St. Maurice River(1)

VICE-l'lll::SIDI·::q- A?'1D CHIEF E;>;Gl;>;EEI\ THE SHAWl;>;lGA;>; CCnII'A;>;Y LTD, i\!O;>;THI~AL,<)lJE.

The story of the development of the St. Maurice 11i"er hegan ;,0 years ago when the carly pioneers of the Shawinigan Company embarked on lheir tirst great venture al Shawinigan Falls. They were lhc visionaries who, undaunled by Ihe ellgineering prohlems of their

(1) Sec p. ~-l the l'ic/orilll SlIpp/ell/1'1I1.

lime and besel. Ily tinaneia! diffieullies of greal magnit- ude. hroughl to sucee-ssful fruition, in the carly days of lhe century, the hereulean lask of produeing hydro- declric powel' al Shawinigan Falls and transmitling it to :\Iontreal. Thcse mell did their work well as the units sI ill operate satisfaclorily, while the transmission line continues to serve admirably.

The St. Maurice is the second largesl tributary of the

(4)

JANVIEH-FÉVlUEH

1951 LA HOUILLE BLANCHE 47

Capaci!u

112 12fl 135 1(i4

177

183 .

1/1;/,,'

r

1Mileaye

1 Location '1

\

IllIead oj' Dene/opl1lenl

1 1 - - - ! - - - i - - - - 1 - - - i

i

Hapide Sans Nom_. '\ 110 ft.

~52,000

hP.1

Trenelle . ,. , .. , ..! 1(iO ft. .lflO,.oOO hl'.

Hapidc Blanc, .. , __ . _il 112ft. 240,000 hp.

Hapide des Cœurs,., 70

n.

112,000 hl'.

Hapide du Lièvre. _,_i 8il ft. 124,000 hl'.

Hapide Aliard _.

i

87 ft. 1:12.000 hp.

!

\1,250,000 hl'.

On completion of these developments, fi22 feet, ont of

" gross head of Ü:lO feet on this 78-mile section of the t'pper St. Maurice, will he utilized. In addition to these projeel.s. La Tuque has been developed as a pari of the l'l'pel' St. Maurice system with a probable ultimale capacity of 2fi7,000 horse-power, thus hringing lhe propo- sed u1timate installation on the upper reaches of the rivel' to more Ihan 1,500,000 horsepower.

The tirst development to be constl'ncted on the Upper St. Maurice (In30-1 n:14) was at Hapide Blane, nbout

;)5 miles above La Tuque. Sel dom has the en~ineerhad such seope and diversity of action as' that presented by Ihe construction of Ihe 200,000 horsepowcr dcvelopmenl al Hapide Blanc.

known as No. ;) development. The work was slarted lale in 194fi and in November, 1948, thc first of three fi5,000 horsepower units was placcd in service, the second at t.he end of the year and the final unit in Mareh, HJ4!J.

The lower seetion of the St. Maurice with deveIopments at La Gabelle, Shawinigan Falls and Grand'Mère, ntilizing 285 feet of head on 1(; miles of river, has an installed eapacity of 8fi2,nOO horsepower, of which 48H,nOO 11orse- power is conccntrated at Shawinigan Falls.

\Vith the lower St. Maurice approximately 75 percent developed hy In28, and with the demand for powcr sho\Ving a steady rate of inerease, it was quite apparenl that. the potential power on t.he lower reaches of the river would soon he complct.cly devcIoped, and that serious consideration shonld be given to the potcntial power resources of the upper reaches of the river.

Early in IH28 appIieation was made to the Quehec (;overnment for t.he power ri~hts on the upper St. Mau- riee above La Tuque. At. a public auction held al. the Provincial buildings on "Iay 23, 1n28, the Shawinigan Company sceured a lease to develop the potent.ial power Ol! that. section of the river, from the division line helwcen the townships of Vallieres and DumouIin al rivcr mileage 110 to the jnnetion of the Manouan and the St. Maurice at river milea~e 188, constituting a scction 78 miles in length.

A eomprchensive investigation of the power possihiIities of t.he Upper St. Maurice Hiver was earried out from July, IH28, to Deeemher, IH2n. During this period suneys were made for possihle hydro-eleclrie developments al.

HJ locations, and data was ohtained relative to railways, timber limits and depots, Indian reservations, and fish and gamc clubs, whieh would evcntually come within the tlooded m·eas.

In thc study of this information, fifty-one various schemes were given consideration and comparative es- timates made. As a result, plans for six devclopments were submitted to and approved hy the ~ovcrnment of Ihe province of Quebec. The loeations finallv seJccted, with their probahle commereial eapaeities, a;'e as fol- ]o\Vs :

st. Lawrence, having its watershed wholly within the Pro v ince of Quehee. Il rises in a series of lakes near the Hudson Bay height of land and 110ws 2·10 miles in a southeasterly direction through the Laurentian Mountains to Trois Hivières where it joins the St. Lawrence. The area of its drainage hasin is approximately 1(i,OOO square miles. \Vhile a small portion of ils drainage area near the outleL is a part of the St. Lawrence l'tain, suitable for agrieulturat purposes, by fm' the greaLer portion is ruggecl and generally importanL fol' iLs Limher, fur and game as well as ils devetoped and undenoloped watel'- power.

In the developmenL of hydro-eleetrÎC power two of dl(' lirst fundamentals whieh must he known are the eeono- mical head Lo he developed and the charaetel'istics of rivet· now. The former frcquently requires exhaustive study while the latter is' depcndent. on the possihilities of econolllÎcal storagc.

Meteorologieal records of several sial ions within the St. Maurice wat.ershed show that. the minimum annuat precipitat.ion is 2fi inehes, the maximum -lG inches and Lhe average :Hi indICS.

Hecords of l'ivcr snrface elevalions havc hecn maintain- cd aL Shawinigan Falls sincc InO!. A ra Ling cunc of l'ivcr now in enbie l'cel pel' second has heen made by luctcl'ing ov('l' a ,vide range of dischargc. Fronl thcsc records il has been delermined thaL under naLnral now eondiLions, that is before any storage was provided, lhe minimum How al. Shawinigan Falls was ",800 eubie fel'l pel' second and the mean average annual l'un off 2",(iOO cubic feeL pel' second, equivalent. 10 fil l'creent. of lhe average preeipitat.ion,

In order to develop l'ully the pO\Hr possihilities of the river il was qnile evidenL t.haL st.orage reservoirs would have t.o he ereated. Since In08, and more partieularly since 1n18, t.he regulat.ion of the St. Maurice has been improved eonsiderably by the addition of slorage on t.he Manouan river aggregating 17 hillion cnhic l'cet, and hv the consLruction of Gouin dam near the head walers ot' t.he St. l\laurice, forming onc of thc wol'ld's largesL artificial rescrvoirs impounding 220 hi Il ion eubie l'cet and 280 hillion cuhie l'cet with f1ashboards. In In:lO further sLorage was provided when the MaUawin dam on the Mattawin river, an important. trihutary of the SI. Mau- rice, forming a reservoir wit.h a eapacity of

:l:\

billion eubic feet, eame int.o operation. These dams are owned by the Province of Quehee and arc operated hy t.he Qnebec Slreams Commission.

Through the operation of lhese and olher r('servoirs the minimum now of 5,800 eubie feet pel' second has heen increased to more than 20,000 cubie feet l'cr sccond at Shawinigan Falls, and proportionally at aIl other developments on the river. As a result of these sto.rages Ihe primc powel' capacity of the St. Matirice has been morc t.han trehled. Studies arc hein~ made to improve still further the sIOl'a~e possihilities of the river as they have nol yet been exhausted.

The most. economical use of \Valer fol' the gencration of po\Ver by a series of developments on a river ean only he realized if Ihe plants arc under the direct control of one organizalion. This was fully appreciated hy the Shawini~an Company a ~reaL many years ago, when they purchased the neeessary "rights" from thc l'nion Bag Company 10 develop La Gahelle, the Lauren- tide Power Company aL Grand'Mère, and more reeent1y a haH intercst in lhe St. Mauricc Power Corporation at La Tuque, in ordel' to rc~u]ate the river in the most efficient manner. On rivers where the ideal situation does nol exist the prohlem of re~ulationhccomes diffieull and thc gcneration of power affeded aceordin~ly.

Shawinigan Falls is Ihe heart of the Shawini~an syslcm. I-Icre, Ihe work of developing power whieh be~an 50 years ago, was still eontinuing in In4() with t.he construction of a new 1 n5,000 horsepower projeet,

(5)

48 LA HOUILLE BLANCHE

.1.\:\VIEH-FÉVHIEH

1951

Fol' instance, as thc powel' si tc was 10 milcs from thc railway, a modern highway was constructed through rough country fort the transportation of 100,000 tons of fl'eight and 1:15,000 tons of sand. Single loads or 100 tons on specially-designed trailers were ll'anspol'lcd ovel' this highway. Then thcre \Vas the construction of a side dam OH a foundation of fine siIt, with rock 40 fecl helow the ereek running through its site. Some 10,000 aCl'es of land were cleared of bush and merchantab!l' timber before the raising of the water at the dam. Fonr miles of the transcontinental line of the Canadian Na- tional Hailways was l'aised a maximum of 1·[ fccl, and a large bridge span moved to a ncw location, without Întert'ering with train sehedules. Faeilities were provided fol' the rafting and towing of several million logs pel' season; speeially-designed diesel-driven tugs \Vere trans- ported in sections l'rom a i\lontreal shipyard and l'eas- sembled at \\'indigo for this work.

The next development was built at La Tuque where 178,000 horsepower was brought into sel'vice in lD·Hl.

This projecl, whieh is owncd by the St. Maurice Po\ver Corporation, is controlled jointly by Shawinigan and Bl'own Corporation and operated by lite Shawinigan Company. The plant has been designed fol' an ultimate installation of 21i7,000 horsepower. In ID",:i a firth

·[·1.,5011 hOl'sepower unit was added, bringing the installed e;lJJacity to 222';,00 horsepowcr.

The building of the Trenehe development loeated about 2;) miles above La Tuque and six miles below Hapide lliane was sUu·ted in the spring of 1D48. This is the largest single development on the whole St. Maurice. Tt has the highest head, namely, IGO l'cet; the highest dam, 200 fecl, and the most power in a single plant, :\\)0,000 horsepower. The original installation eonsists of five G5,OOO ho l'sepower uni ls, a to ta 1 0l' :12;,,000 horsepower,

with pr0\'1SlO11 for an addilional G5,000 horsepower unit in the fu turc (1).

\Vith regard to the rema1l111lg four undeveloped sites on the upper St. Maurice aggregating G20,000 horsepower,

!lapide Sans Nom \Vith an u!tirnate installation of 252,000 horsepower is presently UlH!er investigation, \Vhile the other t1uee, name1y, Hapide Allarel, Hapide du Lièvre and Hapide des Cœurs require but lillle further study fol' the preparation of general plans.

\Vhen fully developed the St. Maurice Hiver will have an uItimate installation of about 2,400,000 horsepower, of which more than 1,GOO,000 horsepower is developed or under construction. \Vater from Gouin storage dam

"'ill generate power by flowing through ten hydro-electrie plants operating under a total head of 1,021 feet, of which ;,U feet have been utilized and l(iO l'cet is presently under construction.

The St. Maurice may be truly called " a river of power and magnet for industry". Those responsible fol' its devclopment are fully eognizant of the great responsih- il i tics entailed in the design, the construction, the Opel'aticlIl and the management of a great powel' system, dedieated to serve the Province of Quehec effieiently and economieally with power, every kilowatt hour of

\\'hieh is llsed within its houndaries.

(1) The Editors l'cel that readers may he interested to kno\\' of the foIlowing Ilote whieh was reeently published in the technieal journal : l'Ize EngÎneel'.

.; The Shawinigan \Vater and Po,ver Company made partieularly rapid progress in the construction of its new power' development at la Trl'nehe rapids on the St. Maurice

!lh·er. Two units eaeh of G5,OOO hp. went into service late in Deeember and an additional three units are ex- peeled to be in operation by the carly summer of lD5l."

(6)

LA HOUILLE BLANCHE

JANVIER-FÉVIUER

1951

SUPPLEMENT GRAPHIQUE

PICTORIAL SUPPLEMENT

L/équipement

Power development

du Saint... Maurice

on the St. Maurice

(Canada)

*

River (Canada)

(DOCUMENTS DUS A

M. IL-E. HEARTZ)

Total . . . 2.379.400 ch

, GOUIN

RESERVOIR

ST MAURICE RIVER---'-- MATTAWIN

RESERVOIR -'ND

C. P. R·

Réalisé , , . . ", )

* Developed... , . , . , . ,

.j

En cours

de

réalisation.) Under construction , , ..

j

Non réalisé. , ., 'j

Undeveloped . . .

RIVER

1.285.400 ch 325.000 ch 769.000 ch

*Cf. p. 44.

(7)

Photo n° 1. - Vue générale du barrage-réservoir de Gouin SUl' le Haut-Saint-Maurice (vue d'aval),

General view of Gouin Storage dam at the Head waters of the St. Maurice River, taken from down- stream,

Photo nO 2. - Barrage réservoir à Taureau sur la Mattawin (vue d'aval),

Stowge dam cct Taureau on the Mattawin River,

taken fram downstream.

(8)

Photo n° 3. - Vue aérienne des installations des chutes de Shawinigan : la plus ancienne, la centrale nO L se trouve au centre de la photo: la centrale nO 2 est en dessous, et la centrale nO 3, en construction, est visible un peu

à

droite du centre

du cliché.

An aerial view of the power plants at Shawinigan Falls: the original installation, Power House nO l at the center of photo; Power House nO 2 below

il

and Power

House nO 3 under construction at middle right of photo.

Photo nO 4. - Vue aé·

rienne du barrage de la Gabelle, près de l'em-

bouchure du Saint- Maurice.

An aerial view of La Gabelle Development, near the mouth of the

St. Maurice River.

(9)

Photo nO 5. - Vue aérienne, vers l'amont, de la chute de Rapido Blanc : cette photographie illustre< le problème posé pal' la nécessité d'assurer le flottage des bois desti- nés à la fabrication de la pâte

à papier.

An aerial view from downstream of Rapide Blanc Development illustra- ting the problem presented by the necessity of passing\ pulp wood logs

clown the river.

Photo nO 6. - Vue aé·

rienne, vers l'amont, de la chute de la Tuque.

An aerial view, from downstream, of La Tuque

Development.

(10)

Photo nO 8. - Vue générale, vers l'amont. de la cl de Trenche au cours de la construction (février l!

General view from downstream of the Trenche Develop·

ment under construction, token in February 1950.

Photo nO 7. A la chute de Trenche, pen- dant le bétonnage du

harrage.

The concrete 0truclure of the regulating section at Trenche Development

rising Skyward.

Photo nO 9.

Mars 1950 à Trenche :

le barrage principal.

A view taken

along the Main

Dam of Trenche

Development

in March 1950.

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