POUR AMÉLIORER LA GESTION DE LA RAGE CHEZ LE RATON LAVEUR (Procyon lotor) AU QUÉBEC
PHASE 1: ÉTUDE DE DENSITÉ
Soumis conjointement par Serge Larivière, Ph.D.,
professeur associé, Université du Québec à Rimouski et le
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction du Développement de la faune
Correspondance : Serge Larivière, Ph.D.
Édifice Champlain, bureau 1110 2700, boulevard Laurier Québec (Québec) G1V 4K5
Tél. 418 643-7300 Fax 418 643-6803
Courriel: slariviere josrcpc.ca
6 juillet 2006
INTRODUCTION
Le raton laveur (Procyon lotor) est le seul procyonidé présent au Québec et le seul membre de cette famille adapté aux conditions climatiques tempérées (Mugaas et al. 1993). Les deux autres espèces de procyonidés nord-américains, le coati (Nasua narica) et le bassarisque (Bassariscus astutus) sont limitées aux milieux tropicaux ou désertiques du sud des États-Unis et du Mexique.
Au contraire, le raton laveur est présent dans toutes les provinces canadiennes excepté Terre- Neuve et excluant les trois territoires nordiques : le Yukon, le Nunavut, et les Territoires du Nord-Ouest. Le raton laveur est un animal qui s'adapte facilement à différents milieux et se trouve aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain.
BIOLOGIE DU RATON LAVEUR
En zone tempérée, le raton laveur a un cycle de vie annuel qui ressemble à celui de l'ours noir (Ursus americanus) et de la moufette rayée (Mephitis mephitis). Les ratons laveurs s'accouplent au printemps, demeurent actifs durant l'été et l'automne mais passent l'hiver en dormance, vivant alors de leurs réserves de graisses accumulées durant l'automne. Au printemps,
généralement en fin février ou début mars, les ratons laveurs émergent de leurs terriers hivernaux (Lotze et Anderson 1979).
Après une gestation de 63 jours, les femelles donnent naissance (fin avril, début mai) à une portée qui peut varier entre deux à cinq jeunes. Les mâles ne procurent pas de soins parentaux alors que les femelles s'occupent seules de l'élevage des jeunes (Lotze et Anderson 1979). Les jeunes deviennent indépendants en août, mais ils demeurent souvent avec leur mère au cours de leur premier hiver. Les terriers hivernaux, le plus souvent des arbres creux et terriers de marmottes (Maiiiiota monax), sont occupés par plusieurs individus. Bien que nos
connaissances de l'écologie hivernale du raton laveur soient limitées, il semble que les ratons hivernent en groupe (Twichell and Dill 1949, Mech and Turkowski 1966, Endres and Smith 1993).
À leur émergence au printemps, les jeunes se dispersent mais les données sur les mouvements de dispersion sont rares. Pour leur part, les adultes occupent des domaines vitaux qui varient entre 0,9 à 8,0 km2 pour les femelles et entre 1,8 à 25,6 km2 pour les mâles. Bien qu'une forme de territorialité ait été suggérée au Dakota du Nord (Fritzell 1978), partout ailleurs
les domaines vitaux se chevauchent et ne sont pas défendus. On peut donc considérer le raton laveur comme une espèce non territoriale. Ceci a d'importantes conséquences pour la dynamique des populations, les contacts entre individus ainsi que leur densité potentielle.
Le chevauchement des domaines vitaux de ratons laveurs contribue à la concentration de nombreux individus lorsqu'un secteur est productif en nourriture. La densité de ratons laveurs varie entre 0,5 à 333 individus par km2, les plus fortes densités étant observées en milieu urbain (Tableau 1). De façon systématique, la densité de ratons laveurs diminue en périphérie de son aire de distribution. Les plus faibles densités ont été observées au Dakota du Nord durant les années 1970, alors que le raton laveur y était un relativement nouvel arrivant (Larivière 2001).
DISTRIBUTION HISTORIQUE, EXPANSION ET RÉPARTITION ACTUELLE
L'aire de répartition du raton laveur s'est étendue en Amérique du Nord depuis les années 1900.
Dans les prairies canadiennes par exemple, le raton laveur a envahi tout d'abord le Manitoba, puis la Saskatchewan et l'Alberta. Aujourd'hui, la répartition du raton laveur dans les prairies canadiennes s'est limitée au nord par une bande d'environ 20-50 km dans la forêt boréale (Larivière 2001), l'espèce étant présente partout dans les forêts de transition dominées par le tremble (Populus tremuloides). L'expansion de l'aire de distribution du raton laveur dans l'Ouest apparaît comme une conséquence de plusieurs facteurs, notamment le réchauffement global et l'expansion de l'agriculture vers le nord (Larivière 2001).
Au Québec, le raton laveur n'était présent au début du siècle que sur la rive sud du Saint-Laurent, dans la région de l'Estrie et peut-être en Outaouais. L'espèce était aussi absente à l'est de la ville de Québec. La distribution de l'espèce est apparemment restée stable jusqu'au début des années 50. Par la suite, le raton laveur a étendu son aire de distribution et dès 1960, le raton laveur était omniprésent dans la région de Montréal et de la Montérégie, sa limite à l'est se situant dans les comptés de Beauce et Bellechasse. Au début des années 80, la population de ratons laveurs a commencé à se répandre vers le nord et vers l'est. Par exemple, la capture de ratons laveurs dans la région du Bas St-Laurent est maintenant fréquente tandis que le raton était absent de cette zone géographique durant les années 1970.
L'expansion du raton laveur au Québec semble avoir suivi le développement de la culture du maïs (V. Pacaly, UQAR, unpubl. data). Le développement de nouveaux cultivars du maïs a permis sa culture dans des endroits où la saison de croissance était jadis trop courte. Les nouveaux cultivars, combinés avec un réchauffement apparent de la température et une
prolongation de la saison de croissance ont contribué à rendre le maïs comme culture dominante dans plusieurs régions du Québec.
L'agriculture du maïs est très favorable à l'expansion du raton laveur. Dans les climats nordiques, la survie des ratons laveurs dépend de leur habilité à entreposer des graisses durant la saison de croissance (avril à octobre). La capacité d'entreposage de graisses augmente à
l'automne chez l'ours noir (Rogers, 1987). Si le phénomène se produit aussi chez le raton laveur, alors la présence de maïs peut devenir critique à la survie des ratons dans les milieux autrement pauvres en nourriture naturelle. Aux États-Unis, la capacité de support en milieu agricole pour le raton laveur augmente en présence de maïs. Ceci est confirmé par l'utilisation importante du maïs comme source de nourriture : là où les céréales sont cultivées, le régime alimentaire du raton laveur en est largement dominé durant l'automne (Avazedo et al. 2005).
PROBLÉMATIQUE
L'expansion de l'aire de distribution du raton laveur et l'augmentation de sa densité dans le sud du Québec le rendent susceptible au virus de la rage. La rage est une maladie contagieuse qui se transmet principalement par morsure (Johnson 1969). Aucun remède n'existe pour guérir un individu, animal ou humain, qui présente les symptômes de la rage. Toutefois, la rage peut être prévenue par une série de vaccins. Les humains contractent rarement la rage, mais celle-ci est mortelle lorsque non-traitée. Globalement, le coût des mesures préventives, des vaccins et des efforts de sensibilisation et d'éducation est estimé à plusieurs millards de dollars annuellement.
Le problème de la rage chez le raton laveur est amplifié dû au fait que la rage frappe habituellement les populations à haute densité et que les plus hautes densités de ratons laveurs se situent en milieu urbain. L'interaction potentielle des ratons laveurs avec les animaux
domestiques en milieu urbain, ainsi qu'avec les êtres humains, augmente les risques de
transmission de la maladie. Il est donc important de connaître la densité de ratons laveurs dans les différentes régions.
Il est d'autant plus important de connaître la densité actuelle de ratons laveurs, que la dernière estimation remonte à presque 20 ans (travaux effectués en 1987) avec 2,1 ratons / km2 (1,5 - 4,6) (Traversy et al. 1989). Les régions inventoriées de la Montérégie étaient situées dans le canton de Maplemore (érablière) et dans le canton de Herdman (érablière) avec des terres agricoles toujours à proximité, alors que celles de l'Estrie étaient situées au nord de la rivière
Eaton (érablière et résineux tels que sapins et cèdres) et dans la région escarpée du Mont-Orford (érablière et forêt mixte composée d'érables, de bouleaux et de sapins). Depuis 1989, les
territoires de la Montérégie et de l'Estrie ont beaucoup changé. La part grandissante des terres en culture de maïs nous permet de croire que la population de ratons laveurs pourrait avoir
augmenté de façon substantielle. Des données récentes sont donc essentielles pour mettre à jour nos connaissances sur la densité de ratons laveurs dans les régions de la Montérégie et de l'Estrie.
PRIORITÉS DE RECHERCHE
Les effets combinés du réchauffement global, l'expansion de la culture du maïs, le déclin du prix des fourrures sauvages auront pour effet de permettre la croissance des densités de ratons laveurs dans les aires déjà occupées ainsi que l'expansion de cette espèce surtout dans le Bas-Saint- Laurent, l'Abitibi et possiblement la Côte-Nord. Très probablement, la présence du raton laveur deviendra de plus en plus courante dans les grandes villes québécoises.
Une gestion adéquate de la souche rabique du raton laveur nécessite donc non seulement une connaissance approfondie du virus et de ses impacts économiques (Bélanger et al. 1996) mais aussi une connaissance détaillée du vecteur animal qui le propage. Présentement, les connaissances actuelles sur l'écologie du raton laveur au Québec sont insuffisantes pour
peiinettre l'établissement d'un protocole de vaccination et le déploiement d'une zone tampon de vaccination. De plus, comme les ratons laveurs au Québec démontrent des adaptations typiques au milieu nordique telles une plus grande taille, il est probable que les estimés de mouvement obtenus dans les juridictions plus au sud ne reflètent pas les caractéristiques comportementales des ratons laveurs du Québec.
Les variables critiques pour comprendre et modéliser la propagation potentielle de la rage du raton au Québec sont les suivantes. Tout d'abord, dans une première phase, la densité des animaux doit être déterminée afin d'identifier les endroits où le risque et la vitesse de
propagation sont les plus élevés. C'est ce que la présente étude aborde.
Ensuite, ce qui pourra se réaliser par une série d'études subséquentes, on doit connaître les mouvements de dispersion afin d'ajuster la largeur de la zone tampon à déployer et les facteurs qui limitent les populations de ratons laveurs en l'absence de rage. Ces informations permettent d'identifier quels facteurs environnementaux ou biologiques peuvent aider à
combattre une éventuelle entrée de la rage du raton laveur au Québec. Finalement, l'utilisation de
l'habitat aide à identifier les habitats les plus propices à la distribution de vaccins ainsi qu'à l'effort de piégeage face à une éventuelle épidémie. L'entrée au Québec de la souche rabique du raton laveur en juin 2006 souligne une fois de plus l'importance d'obtenir des informations sur la dynamique des populations de ratons laveurs.
AIRES D'ÉTUDE
Le projet comportera trois aires d'étude. La première sera en Montérégie à proximité de l'endroit ou le premier cas de rage du raton laveur a été détecté. Ceci permettra de valider les estimés utilisés pour le projet de contrôle.
La deuxième sera dans la vallée du Saint-Laurent, dans les zones de haute culture de maïs. Ceci permettra d'obtenir les densités dans les endroits jugés comme les plus favorables au raton laveur (en dehors du milieu urbain).
La troisième aire d'étude sera dans l'Outaouais, sur les rives de la rivière Outaouais, au nord de la frontière de l'Ontario. Cette zone a aussi été ciblée comme une zone d'entrée
potentielle de la souche rabique du raton laveur.
Une autre pourrait être également considérée en milieu péri-urbain en prévision d'une opération de contrôle dans un tel milieu et car c'est là que normalement là que sont observées les plus fortes densités.
La localisation exacte des aires d'études en fonction des différents types de milieu, sera déterminée en collaboration avec les bureaux régionaux d'aménagement de 1;a faune du MRNF.
MÉTHODOLOGIE
Inventaire de la densité des ratons laveurs
Chaque aire d'étude comportera une parcelle échantillon de 38,5 km2 (cercle de rayon r = 3,5 km). La capture des ratons laveurs sera effectuée dans ces deux parcelles à l'aide de cages métalliques du type «Havahart 1079 T», dont les dimensions sont de 82 cm x 31 cm x 26 cm.
L'effort de piégeage sera réparti sur quatre périodes d'une durée de cinq nuits consécutives chacune et séparées par un temps d'arrêt de deux jours entre elles. Un total de 120-160 cages (3- 4 cages / km2) seront réparties dans chaque parcelle échantillon. Afin d'obtenir la meilleure représentativité possible de tous les segments de la population, les travaux de capture doivent se faire entre le début septembre et la mi-octobre.
Capture des ratons laveurs
Les spécimens de ratons laveurs capturés seront manipulés selon la méthode décrite par Stuewer (1943), en autant que cette méthode soit conforme aux normes du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA). À cet effet, le projet de capture et de manipulation devra faire l'objet d'une demande de certificat de conformité aux normes CCPA. Les ratons laveurs seront pesés, séparés selon leur sexe et leur catégorie d'âge (jeunes ou adultes) et munis d'étiquettes
numérotées (modèle 1005; National band and tag Co., 121 York street, Newport, Kentucky, 41072). Pour chaque raton laveur capturé ou recapturé, le numéro d'étiquette, la date et l'endroit de capture (# cage) devront aussi être notés. On devra pouvoir construire pour chaque raton laveur capturé au moins une fois, son histoire de capture-recapture. La densité sera estimée dans chaque strate ainsi que pour l'ensemble de l'aire d'étude.
Estimation de la densité des ratons laveurs
Deux méthodes seront utilisées afin d'obtenir des estimations de la densité des ratons laveurs à partir des données de capture. La première méthode se base sur l'effort de piégeage fourni lors de la capture des ratons laveurs vivants alors que la seconde s'appuie sur les données de capture- recapture enregistrées à la suite du marquage des ratons laveurs.
Pour les estimations de densité de ratons laveurs basées sur la méthode de capture-
marquage-recapture, on supposera que la population à l'étude est une population feiniée, i.e. que durant la période du projet, il n'y ait pas de mortalité, de naissance et d'immigration ou
d'émigration. Des modèles d'estimation de capture-recapture pour une population fermée seront utilisés (Rivest et Lévesque 2001).
LOGISTIQUE
Ce projet de recherche comportera donc trois aires d'études distinctes : une en Montérégie sur les frontières américaines, une dans la vallée du Saint-Laurent et une dernière en Outaouais. Chaque équipe devra donc être indépendante et autonome dans ses opérations, mais la supervision globale sera effectuée par l'étudiant gradué (à dételininer), le directeur de recherche (Dr. Serge
Larivière) ainsi que par Hélène Jolicoeur, biologiste du ministère des Ressources naturelles et de la Faune responsable de cette étude.
Pour chacune des aires d'étude, il y aura deux personnes, chacune capable de manipuler seul les ratons laveurs. Une fois la version préliminaire du rapport commentée par les membres du comité scientifique, l'étudiant gradué rédigera le rapport final dont les résultats feront l'objet d'une publication officielle de la Société de la faune et des parcs du Québec.
BUDGET
Salaire étudiant gradué (M.Sc.) 18 000
Salaire pour assistant de terrain (1 mois @ 2 000 $) 2 000
Allocation pour trappeur (établissement des sites de piégeage — 2.5 jours @ 200 $) 500
Location camion pick-up (2 mois @ 1 500 $/mois) 3 000
Essence (50 $/jour * 60 jours) 3 000
Logement (100 $/jour pour 2 personnes * 30 jours) 3 000
Nourriture ($100/jour pour 2 personnes * 30 jours) 3 000
Informatique (1 ordinateur portable + logiciels @ 2 000 $ + 2 GPS @ 250 $) 2 500 (Étiquettes de marquage, sacs échantillons, gants, appâts, leurres)
Équipement de terrain (cahiers, cartes, ruban marqueur, crayons, etc.) 500
Vaccination du personnel (déplacement + vaccins) 500
Visite de supervision des travaux (3 visites @ 500 $ frais de déplacement) 1 500
Sous-total 40 000
Fond de contingence (5 %) 2 000
TOTAL POUR LA PREMIÈRE AIRE D'ÉTUDE 42 000
TOTAL POUR CHAQUE AIRE D'ÉTUDE ADDITIONNELLE 23 000
TOTAL POUR LES 3 AIRES D'ÉTUDE PROPOSÉES (42K+ 23 K + 23K) 88 000
Notes
1. Les cages pour la capture des ratons laveurs (80 par aire d'étude) seront fournies par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune
2. Le coût additionnel pour une deuxième aire d'étude exclura les items salaire étudiant (18 000 $) et ordinateur portable (2 000 $), mais devra inclure une deuxième assistant de terrain (technicien) à 2 000 $/mois. Le coût total pour chacune des aires d'études additionnelles sera donc de 22 000 $ +1000
$ de contingence = 23 000 $.
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Table 1. Densité, masse et taille des domaines vitaux des ratons laveurs dans les différents états et provinces de l'Amérique du Nord.
État/Province Milieu Masse (kg) Densité (ind/km2) Domaines vitaux Références
Florida forestier 11 Conner and Labinski (1985)
North Dakota prairie 0.5-1.0 M 25.6, F 8.1 Fritzell (1978a,b,c)
Illinois rural M7.44, F 6.14 Sanderson and Hubert (1981)
Illinois F 7.1 Fritzell et al. (1985)
Illinois 16.6 Yeager and Rennels (1943)
Texas forestier M 8.4 F 6.6 4.0-12.3 M 3.74 F 0.92 Gehrt and Fritzell (1997, 1998, 1999)
Maryland urbain/rural M 2.85 F 1.65 Sherfy and Chapman (1980)
Minnesota forestier 8.0 Schneider et al. (1971)
Missouri forestier 247 Twichell and Dill (1949)
Québec parc urbain ca. 100 Mikaelian et al. (1997)
Washington D Tennessee
.C. parc urbain rural
66.7-333.3 Riley et al. (1998)
Kissel and Kennedy
Tennessee bordure de lac 5.7 Kennedy et al. (1986)
Tennessee forestier 13.9 Moore and Kennedy (1985)
Ohio marais 17.7 Urban (1970)
Ohio urbain 11-175 0.05-0.08 Schinner and Cauley (1974),
Hoffman and Gottschang (1977) Cauley and Schinner (1973)
Iowa rural M 1.77 F 0.91 Glueck et al. (1988)
Québec rural 1.5-4.6 1.49 Traversy et al. (1989)
Ontario urbain 7-12 Rosatte et al. (1992)
Illinois agro-forestier 10-15 0.38 Heske et al. (1999)
Minnesota forestier 3.1 Sclmell (1969)