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Etude du pléochroisme de la tourmaline

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Academic year: 2022

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HAL Id: jpa-00205330

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205330

Submitted on 1 Jan 1928

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Etude du pléochroisme de la tourmaline

Pierre Le Roux

To cite this version:

Pierre Le Roux. Etude du pléochroisme de la tourmaline. J. Phys. Radium, 1928, 9 (4), pp.142-152.

�10.1051/jphysrad:0192800904014200�. �jpa-00205330�

(2)

ETUDE DU PLÉOCHROISME DE LA TOURMALINE par M. PIERRE LE ROUX,

Chef de Travaux à la Faculté des Sciences de Caen.

Sommaire. - L’auteur s’est proposé de vérifier jusqu’à quel point l’absorption dans les cristaux est indépendante de la direction de propagation et dépend seulement de la direc- tion du vecteur lumineux,

comme on

l’admet généralement et

comme

l’indique la théorie dans le

cas

où l’absorption est faible. Les

mesures

d’absorption ont été faites à l’aide d’une cellule photoélectrique associée à

un

électromètre à quadrants. L’étude

a

porté

sur

deux lames de tourmaline taillées aussi près que possible l’une de l’autre dans un cristal. L’une de

ces

lames est taillée perpendiculairement à l’axe, l’autre parallèlement à l’axe. Les

mesures

ayant été faites deux fois

avec

deux épaisseurs différentes,

on a

pu tenir compte

du pouvoir réflecteur.

L’étude de

ces

deux lames (qui

a

été faite pour toutes les raies de l’arc

au mercure

depuis

5 790 Å jusqu’à 3 655 Å comprise)

a

montré que, sauf dans le

cas

d’une absorption très petite, le coefficient K0 n’a pas la même valeur pour les rayons qui

se

propagent perpen- diculairement à l’axe et pour les rayons qui

se

propagent parallèlement à l’axe.

Des vérifications systématiques ont été faites pour s’assurer que cette différence n’était pas due à

un

défaut d’homogénéité.

L’étude d’un petit cube de tourmaline jaune ayant

ses

faces parallèles et perpendicu-

laires à l’axe

a

conduit

aux

mêmes conclusions.

i. introduction. - Les théories du pléochroïsme qui ont été proposées solt généra-

lement compliquées et, bien les mesures n’ont pas une précision suffisante pour

qu’on puisse décider entre elles.

La théorie de lBIallard est la plus simple (’). Cette théorie n’est évidemment qu’ap- prochée ; elle conduit, par un calcul élémentaire, à admettre l’existence d’un ellipsoïde (ou

d’un ellipsoïde inverse) d’absorption, que l’on peut rapprocher de l’ellipsoïle d’élasticité et,

qui permet de prévoir tous les phénomènes dus à l’absorption clans les cristaux, Il en résultes que le coefficient d’absorption dépend seulement du vecteur lumineux et non de la direction de propagation. Cette théorie a été vérifiéa expérimentalement (2).

D’autres formules, peu différentes de celles de Nlallard, ont été proposées par divers auteurs. Même pour un corps très pléochroïque et à biréfringence forte, comme la tournl,’I- line, une précision de 1/100 sur le coefficient d’absorption (ce qu’on est loin d’avoir) ne

permet pas de décider entre elles.

Des théories plus complètes, parmi lesquelles nous citerons celle de Drude (J),

conduisent à des calculs compliqués qu’il n’est possible de simplifier qu’en supposant les.

cristaux peu absorbants. Dans ce cas particulier, on arrive encore à des relations qui

montrent que le coefficient d’absorption ne de la direction de vibration. D’ailleurs,,

en prenant cette hypothèse comme point de départ, un calcul simple conduit à une relation identique à celle de Mallard.

Cette hypothèse que le coefficient d’absorption ne dépend que de la direction de la vibration et non de la direction de propagation est actuellement presque toujours admise,.

dans le cas oit l’absorption n’est pas petite.

J’ai pensé qu’il pouvait être intéressant de vérifier expérimentalement jusqu’à quel point cette hypothèse est acceptable, tout en mesurant en même temps le coefficient d’absorp-

tion en fonction de la longueur d’onde.

Pour cela, j’ai étudié le pouvoir absorbant d’une tourmaline pour les diverses raies de l’arc au mercure, depuis 5 i90 jusqu’à 3 6551 compris. Cette tourmaline, de couleur légè-

e) MILLKRD. Traité de cristallographie, t. 2 (t881), p. 352.

(s) CAMICHBL. Annales de claimie et de physique,

s.

YII, t. 5 (1895), p. 467.

(B) DRUDE. Précis d’optique (traduction française), Gauthier-Yillars, Paris (1912), p. 137.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0192800904014200

(3)

rement bleutée, est très pure; elle a été taillée sous forme de deux petites lames prises aussi près que possible tUile l’autre dans le ci’istal,. l’une est taillée perpendiculairement à l’axe optique, l’autre parallèlement à l’axe (’~). L’étude a porté sur le coefficient d’absorption ordinaire, mesuré avec la lame perpendiculaire, et sur les coefficieiits d’absorption ordinaire

et extraordinaire principal, mesurés avec la lame parallèle.

2. Méthode et appareil.employés. - Si les études théoriques et qualitatives sont nombreuses, les bonnes mesures de pouvoir absorbant dans les cristaux pléochroïques sont

rares et déjà anciennes (-,). Toutes ces mesures ont été faites à l’aide de spectrophotomètres

d-e divers systèmes et sur des lames cristallines taillées parallèlement à l’axe optique. Une

orientation convenable de la lame permet d’avoir soit la vibration ordinaire, soit la vibration

extraordinaire.

Dans tous les spectrophotomètres utilisés pour le spectre visible apprécie l’égalité

de deux plages lumineuses (6) ou, plus rarement, la disparition de franges Le spectre photomètre offre l’avantage d’être d’un emploi simple et rapide; malheureusement, sa

°

sensibilité est limitée par la sensibilité de et il ne peut servir que dans un faible inter- valle de longueurs d’onde.

_

Pour ces raisons, j’ai préféré substituer à l’oeil une cellule photoélectrique (~). Le montage des expériences est alors plus compliqué et les mesures sont plus longues et plus délicates ; mais on a, par contre, l’avantage d’une bonne précision pour une étendue plus grande de radiations, com}Jrenant le début des radialions On mesure alors le courant produit dans la cellule par la lumière avant et après interposition de la lame cris- talline. Ce courant est, comme on sait, proportionnel à l’éclairement. J’ai utilisé la cellule associée directement à un électromètre à quadrants (1) : On mesure alors le temps nécessaire

pour que le spot se déplace entre des divisions ni et assez éloignées de la position d’équilibre.

L’appareil utilisé est représenté figure 1. La lumière est produite par un arc au mercure,

en quartz, alimenté par une force électromotrice continue de 120 volts par l’intermédiaire d’un rhéostat et d’un ampèremètre. L’intensité, en marche normale, est de 3,5 ampères

environ. Cet arc est enfermé dans une boîte en fer blanc, portant une ouverture fermée par une lentille qui concentre la lumière de l’arc sur un diaphragme d. Celui-ci est à

ouverture variable et peut être fermé à volonté. Il porte 6 trous numérotés de i à 6. Le

plus petit, le 1, a une ouverture de 0, i mm de diamètre, et le plus grand, de mm.

Devant le diaphragme, se trouve une lentille l’ (de distance focale 12,5 cm) dont on règle la position pour que son foyer se trouve en La lentille, ainsi placée, donne un faisceau

de lumière sensiblement parallèle pour toutes les longueurs d’onde utilisées. En e est un

support, permettant de fixer les écrans qui servent à filtrer la lumière de l’arc et à isoler les diverses raies. Un nicol pput être placé en N (dans une position invariable), pour obtenir de la lumière polarisée.

La cellule C est enfermée dans un coffret dont j’ai remplacé la fermeture ordinaire par

un obturateur d’appareil photographique. L’anode de la cellule est réunie à la paire de

(1) La taille et la rectification de

ces

lames

a

été faite

avec

toute la précision désirable par

«

l’Optique Scientifique »,~~8,

rue

de Grencta, Paris.

(J) En plus des auteurs dont

nous avons

déjà par’é, citons : IERRITT Ann., t. 55(1895), p. 49], qui

a

surtout fait des

mesures

dans l’iufra-rouâe; P[Ll0152[CIl :Zeitschrift fiir Kryst., t. 6 (1881), p. i4:.!J, qui

a

fait des

mesures

dans le spectre visible de 0,53 p~ à 0,61 y ; H. BECQUEREL [Annales de chimie el de physique,

s.

Vl, t. d4(18~8), p. 1’70J.

(ri) Systèmes Crova, Glan, Gouy, etc.

C) Systèmes Violic, etc.

(8) Cellule Serpi

en

quartz, de la

«

Société de recherches et perfectionnements industriels », 6,

rue

de Messine. Paris.

(’) On peut également monter la cellule

avec un

amplificateur à lampes à trois électrodes : LAzERGES : Sur l’application des courants photoélectriques à la photométrie des recherches et inventio U’,

~i9?~), p. o6t;

12ï]; LUIBERT et ÙHALOXSE. Microphotomètre enregistreur à cellule photoélectrique [Reiue

t. 5 (1926), p. li0il.

Après divers essais, j’ai préféré le montage

avec

l’électromètre qui m’a donné de meilleurs résultats.

-

(4)

quadrants isolés de l’électromètre E par un fil protégé électrostatiquement. La calhode est réunie au pôle négatif d’une pile ou batterie d’accumulateurs de 80 à 170 volts dont l’autre borne est au sol (cage de l’électromètre et de la cellule).

Enfin, en S se trouve le support de la lame cristalline, dont le détail est donné figure 2.

Le cercle divisé C est mobile et peut tourner sur le support fixe S, l’axe de rotation étant

parallèle à la direction de la lumière incidente et passant par le centre du diaphragme D, qui, dans mes expériences, avait 3 mm de diamètre. Un repère R, fixé au support, permet

de lire l’angle dont on fait tourner le cercle; une vis, non marquée sur la figure, permet de

l’immobiliser. Sur le cercle divisé, se trouve une tige de laiton A, qui lui est perpendicu-

,laire et clui sert d’axe de rotation à une pièce P, en bronze noirci, sur laquelle on fixe la

cristalline. A l’aide d’un levier l, on peut -rejeter de côté cette pièce P et l’on peut,

d’autre part, l’immobiliser avec l’écrou E. P vient buter, dans une position invariable, sur

.

l’extrémité du support du diaphragme D qui dépasse de quelques millimètres 1 quantité

inférieure de 0,1 mm à 0,2 mm à l’épaisseur de P). Sur P, on peut fixer la lame cristalline à l’aide de deux écrous et d’une petite lame de laiton noirci, percée d’une ouverture un peu

plus grande que le diaphragme D et placée juste en face de lui. Cette petite lame de laiton

porte un logement fraisé qui i emboite exactement la lame cristalline. Cette disposition permet

à volonté de placer la lame cristalline devant le diaphragme toujours dans la même position,

ou au contraire de découvrir l’ouverture D.

L’arc est toujours mis en marche au moins une heure avant de commencer les mesures.

Un ampèremètre, placé sous les yeux de l’observateur, indique s’il vient à se produire une

variation de courant. L’arc que j’utilisais était alimenté par une batterie de 60 accumula- teurs de 180 ampères-heure de capacité. J’ai fait mes mesures quand sa force électro- motrice était bien constante, et toujours 12 heures au moins après l’avoir chargée.

L’électromètre est réglé suivant la méthode ordinaire. On vérifie, en particulier, qu’il n’y a pas de fuite appréciable et que le courant d’obscurité de la cellule est négligeable, pour les potentiels accélérateurs employés.

Avant de placer le cristal sur son support, on a soin de le nettoyer à l’alcool. Avec un

petit écran, percé d’un trou de 2 ou 3 mm de diamètre, on vérifie par autocollimation que le cristal est bien perpendiculaire aux rayons incidents. On arrive à ce résultat en agissant

sur le support du cercle divisé qui porte le cristal. En faisant tourner le cercle divisé, l’image

~ln trou ne change pas sensiblement de place, ce qui indique que l’axe de rotation a pour

(5)

direction la direction de la lumière incidente. Ce résultat obtenu, on bloque les vis qui

fixent le support du cercle divisé.

Les écrans qui permettent d’isoler les diverses raies de l’arc au mercure sont bien

,connus. Je crois bon cependant de donner (Tableau I), la liste de ceux que j’ai utilisés.

Fi- 2.

3. Calcul du coefücient d’absorption. - J’ai pris comme définition du coefficient

d’absorption K celle donnée par la formule.

où Io est l’intensité de la lumière qui pénètre dans la substance, et I, l’intensité de la lumière après un parcours de 1 centimètres dans la substance.

Il y a réflexion partielle de la lumière sur les faces de la lame. Pour éviter ces

réflexions, la plupart des expérimentateurs qui se sont occupés de la mesure des coefficients

d’absorption plongent le cristal à étudier dans un liquide d’indice intermédiaire entre les indices principaux. J’ai préféré employer une méthode qui permet d’obtenir le pouvoir

réflecteur en même temps que le coefficient d’absorption. Pour cela, je me suis toujours placé dans le cas de la lumière tombant normalement sur les faces de la lame cristalline.

Soit R le pouvoir réflecteur pour une radiation déterminée, c’est-à-dire le rapport de

l’intensité de la radiation réfléchie à l’intensité de la radiation incidente : Soit /0 l’intensité de la radiation incidente : 10 (1

-

R) est l’intensité de la radiation qui pénètre dans le cris-

tal ; 10 (1 - R) l’intensité de la radiation qui arrive sur la seconde face du cristal,

et I = I~ (1

-

l’intensité de la radiation qui sort du cristal (’°).

(1°) On admet que le pouvoir réflecteur

sur

la face cristal-air est la même que

sur

la face air-cristal.

(6)

TABLEAU I.

Si to est le temps mis par le spot de l’électromètre pour passer de la division )?, à la division 122 lorsque la lumière ne traverse (pas la lanle cristalline, et t, le temps mis par le

spot de l’électromètre pour passer de la division n1 à la division lorsque la Iiij)iière tra- verse la larne cristalline, on a :

et

Ce qui donne :

Si après avoir diminué l’épaisseur de la lame, qui deyient alors 1’, on refait les mêmes

expériences, on trouve les temps cjni conduisent, par un calcul identique, à :

Nous avions ainsi deux équations qui permettent de trouver R.

(7)

Dans toutes les expériences, les déterminations de t et to ont toujours été faites en

croisant les mesures, et on a opéré de même pour t’ et 1’0. Les moyennes obtenues pour

chaque portent sur des nombres qui diffèrent de 1/50 au maximum. Les valeurs que je donnerai plus loin pour log t

-

log to et log t’

-

log t’o sont elles-mêmes des moyennes de plusu!uJ’S

Quant au pouvoir réflecteur avec la précision envisagée, on ne peut évidemment espérer obtenir pour lui qu’une valeur approximative. Les nombres que je donnerai pour Il seront donc simplement considérés comme un ordre de grandeur.

4. Mesures. - Avant de faire les mesures d’absorption, j’ai mesuré les indices à l’aide d’un réfractomètre d’Abbe (11). Les mesures ont été faites pour chaque face en faisant

tourner la lame dans son plan.

Soit ne l’indice extraordinaire principal et 110 l’indice ordinaire. On trouve, à la tempé-

rature de 181 environ :

Les nombres sont indépendants de l’orientation de la lame.

Les nombres ont pour valeur extrême sur chaque face : (Suivant l’orientation de la lame.)

L’épaisseur a été mesurée à l’aide d’un palmer de précision. On trouve, à la tempéra-

«

ture de i8° environ :

La mesure de t et de to conduit pour ces lames aux résultats suivants :

(11) Modèle Zeiss. Cet appareil donne l’indice pour la raie D à 2 unités près de la 41 décimale.

(12) La dernière décimale est donnée à titre d’indication.

(l3) On peut, dans

ce

cas, utiliser la lumière naturelle ; j ai d’ailleurs vérifié que la lumière polarisée

conduit

aux

mêmes résultats,

aux erreurs

d’expérience près.

(8)

Tourl1lalÙze

l = o, i 33~ cm.

~

Lunlière polarisée.

-

En lumière polarisée, la tourmaline parallèle donne des valeurs due log t

-

log to qui dépendent de la position du cercle divisé. On détermine, par tâton- nement, la valeur maxilnum et la valeur minimum de log t

-

log to. On obtient le tableau suivant :

- - - .

/

L’épaisseur des deux lames a été diminuée, en usant l’une des faces parallèlement à

elle-même.

Les épaisseurs sont maintenant (à la température de 18)".

Tourmaline perpendiculaire : l’

~

OJ03o cm

.

Tourmaline parallèle : l’ = ~02; cm

Les mesures d’indice, refaites sur la face conservée et sur la face usée, conduisent

exactement aux nombres indiqués au début de ce paragraphe. Les mesures de t’o et t’ (faites

dans les mêmes conditions que pour to et t) conduisent aux tableaux suivants : Tourmaline

parallèle.

(9)

En portant les nombres que nous venons de donner dans les relations (i et 2), on

trouve les diverses valeurs de li et de Il pour les radiations correspondantes.

l( pour la éclairée en naturelle.

-

On a

alors le coefficient d’absorption ordinaire

Ccelczel de Ii la !ournlaline pa’rallèle, éclairée en lumiére I)ola)-isée.

-

Le

maximum conduit à Ko , et le minimum, au coefficient dsabsorption extraordinaire 1 .

Ces valeurs donnent les courbes de la figure 3. Ces courbes montrent avec évidence

qu’il existe un minimum dans chaque cas, mais le nombre de points dont on dispose nu permet pas de décider avec certitude si ce minium se produit exactement pour la même

longueur d’onde dans les deux cas.

On peut se rendre compte de l’importance de la différence ùes valeurs de fio en calcu- lant 11/o pour une épaisseur de 1 mm traversée dans les deux cas.

Par exemple, pour la raie 3655 À, et pour un vecteur lumineux toujours perpendicu-

laire à l’axe optique mais correspondant à des rayons de directions différentes, on a : 1 Rayon lumineux parallèle à 1-’axe,

Rayon lumineux perpendiculaire à l’axe

v

La différence entre les deux courbes est trop grande pour pouvoir être expliquée par

un défaut d’homogénéité des lames. J’ai vérifié, en faisant des mesures en divers points,

que les écarts maxima que l’on obtient sont, pour des distances du même ordre que l’espace~

qui sépare les deux lames dans le cristal, bien inférieurs à ceux indiqués ci-dessus. Pour

cela, un petit chariot est fixé par deux vis sur la pièce P de la figure 2. Ce petit chariot permet de déplacer la lame de tourmaline parallèle à l’axe devant le diaphragme D tout en

conservant la possibilité de découvrir le diaphragme (par déplacement de la pièce P), pour que la lumière pénètre dans la cellule sans traverser la lame cristalline. On dispose la

lame de façon que, dans son déplacement, la bande étudiée, qui a la largeur du diaphragme,

soit parallèle à l’axe optique et passe par la région a été faite la mesure d’absorption

dans la lame perpendiculaire à l’axe. Les mesures sont faites tous les 0,8 mm environ,

pour la radiation 3655 .~. On trouve, comme valeur maximum de log 1’

-

log tout le long de la bande considérée) des valeurs qui varient entre 1,220 et 1,280.

On peut calculer li~ par la relation (2) en admettant pour valeurs de Il celles trouvées

.

plus haut. On trouve de cette façon :

(10)

Valeurs e.rtrêJ1leS de 1Ç tout le long rie la lanze J}arallèle à taxe.

Si l’on porte ces valeurs sur la courbe de la figure 3, on voit que l’incertitude qui existe

sur le point considéré est bien inférieure à l’écart entre les valeurs trouvées pour l~o dans le

cas de la lame parallèle et dans le cas de la lame perpendiculaire à l’axe.

_ - - _ _.

Etude d’un autre échantillon de tourmaline.

-

Comme nouvelle vérification du fait 4-lue les résultats obtenus avec la tourmaline précédemment étudiée ne sont pas dus à un manque d’homogénéité, j’ai étudié une autre tourmaline très transparente pour la lumière

jaune, taillée sous forme d’un petit cube (ou plus exactement d’un petit parallélipipède)

dont les faces sont parallèles et pe«rpendieulaires à l’axe optique. Soient 1 l’épaisseur dans

la direction de l’axe optique, et l’, l’épaisseur dans la direction perpendiculaire. Ces -épaisseurs ont été mesurées par les méthodes et dans les conditions indiquées plus haut.

On a mesuré aussi les indices ne et On trouve :

Les indices sont indépendants de l’orientation de la lame.

ne

=

1,626g pour une face et l,6i(~ pour l’autre;

no

=

1,648~ pour une face et 1,6483 pour l’autre.

(11)

Les indices ont pour valeurs extrêmes sur chaque face (suivant l’orientation de la

lame) :

L’épaisseur relativement grande du petit cube rend les mesures difficiles, pour les radiations dont l’absorption est notable, par suite de la disproportion qui existe entre to et 1; t devient très grand et l’on peut craindre que l’arc ne reste pas parfaitement constant pendant un temps aussi long. C’est pourquoi j’ai limité les mesures à la raie 49i6, qui

donne encore de bons résultats. Les mesures de to et t n’ayant été faites que pour une seule épaisseur, ces nombres ne suffisent pas pour calculer le coefficient d’absorption,

mais on peut, par les relations :

pour la lame perpendiculaire,

et

pour la lame parallèle, calculer des valeurs ap}Jarenles du coefficient, qui ne tiennent

pas compte due la réflexion. Les conclusions obtenues pour ces valeurs apparentes sont

exactes pour les valeurs vraies, car le pouvoir réflecteur varie peu : par suite, si les deux valeurs vraies de Ko sont égales, les valeurs apparentes resteront sensiblement égales, et

_

si elles sont différentes, les valeurs apparentes seront seulement un peu rapprochées l’une

de l’autre, ce qui diminue l’écart des deux courbes. On trouve : Lame perpendiculaire à l’axe.

parallèle à l’axe.

Les valeurs que nous venons de trouver conduisent aux courbes de la figure 4. Ces

courbes se confondent très exactement (aux erreurs d’expérience près) pour les faibles valeurs de Ao (cas où la théorie classique s’applique). Elles se séparent nettement, au

vérifié qu’on obtient les mêmes valeurs

en

lumière polarisée.

(12)

contraire, lorsque les valeurs de Ko augmentent, et dans le même sens que pour le

premier échantillon de tourmaline ,étudié.

~

Fig.4.

5. Conclusions. - Les deux échantillons de tourmaline étudiés ont des coefficients

d’absorption très différents d’une tourmaline à l’autre, ce qui est bien d’accord avec l’hypothèse que la coloration de la tourmaline est due a une impureté.

Pour chacune des tourmalines étudiées, on est conduil aux conclusions suivantes : 1° Dès que l’absorption n’est pas très petite, il est impossible d’admettre, sans faire

une approximation inacceptable, que f~o est indépendant de la direction de propagation.

21> hn est plus petit pour la lumière se propageant dans la direction de l’axe que pour la lumière se propageant perpendiculairement à l’axe.

Ce travail a pu être poursuivi au laboratoire de Physique de la Faculté des Sciences de Caen grâce à une subvention de la caisse des Recherches Scientifiques.

Je tiens à remercier très vivement M. le professeur Cotton pour les précieux conseils.

qu’il a bien voulu me donner.

Manuscrit reçu le 28 décembre 1927.

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