HAL Id: tel-00010990
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Submitted on 16 Nov 2005
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d’Arakelov
Amaury Thuillier
To cite this version:
Amaury Thuillier. Théorie du potentiel sur les courbes en géométrie analytique non archimédienne.
Applications à la théorie d’Arakelov. Mathématiques [math]. Université Rennes 1, 2005. Français.
�tel-00010990�
présentée
DEVANT L'UNIVERSITÉ DE RENNES 1
pour obtenir le grade de
DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE RENNES 1
Mention :Mathématiques et Appliations
par
Amaury THUILLIER
Institut de Reherhe Mathématique de Rennes
Éole Dotorale MATISSE
U.F.R. de Mathématiques
Théorie du potentiel sur les ourbes en géométrie analytique
non arhimédienne.
Appliations à la théorie d'Arakelov.
Soutenue le jeudi 13 otobre 2005 devant la ommission d'Examen
Composition du jury :
M. J.-B. Bost Rapporteur
M. A. Chambert-Loir Direteur de thèse
M. A. Duros Examinateur
M. C. Favre Examinateur
M. L. Moret-Bailly Examinateur
M. R. Rumely Rapporteur
Appliations à la théorie d'Arakelov.
Amaury Thuillier
ourriel :amaury.thuilliermathematik.uni-regensburg.de
Version du 4 otobre 2005
Jedoisàl'enthousiasmeetàlagrandepatiened'AntoineChambert-Loird'êtrenalement
parvenuàaheverettethèse,ommenéeilyaquatreanssurunsujetdiérent.Depuismon
mémoire de D.E.A., rédigé sous sa diretion en 2000, fort nombreuses ont été les oasions
d'apprendredesmathématiquesàsonontatet j'aiessayé,autant quejelepouvais,de pro-
terde ladiversitédesses entres d'intérêts et del'étendue de sesonnaissanes. Également
nombreusesont été pour moi les phases de doute et de déouragement; s'il doitles avoir lui
aussi partagées, il n'en a rien laissé paraître et m'a prodigué ave onstane ses enourage-
ments.Jeluisuisenpartiulierprofondémentreonnaissantdelaonanequ'ilm'aaordée
enaeptant,plusd'unan etdemiaprès ledébut demathèse,quej'orientemontravaildans
une diretion diérente. Je le remerie d'avoir su être toujours disponible, même lors de ses
allersetretourshebdomadairesentreParisetRennes,etluisouhaite,àl'avenir,desdiretions
dethèses moinstortueuses.
J'exprimemaprofondegratitudeàJean-BenoîtBostetRobertRumelypour avoiraepté
de rédigerun rapport surmontravail et pour lesoin ave lequelils se sont aquités deette
tâhe; le présent texte a grandement bénéié de leur leture vigilante et des nombreuses
remarquesqu'ils m'ont faites. Il est par ailleurs évident ette thèse doit son existenemême
àleurs travaux.
Je suis très heureux que les deux rapporteursaient aepté d'assister à masoutenane de
thèse et les remerie de s'être spéialement déplaés; pare que le hemin est long depuis
les États-Unis d'Amérique, j'appréie tout partiulièrement la présene de Robert Rumely.
L'intérêtd'AntoineDurospourlagéométrieanalytiquenonarhimédienneetsaonnaissane
destravauxde Berkovih ont sansdoute inuené montravail au ours destroisannées que
j'ai passées à Rennes. Il y a maintenant plus d'un an que Charles Favre a manifesté de
l'intérêtpourmes reherheset m'aparlédessiennes;ilm'a également faitbénéierdesses
ommentaires une fois ette thèse ahevée. Laurent Moret-Bailly, enn,m'a aueilli lors de
monarrivée à Renneset aontribué,par ses remarques,à améliorere texte. Je lesremerie
vivement d'avoir aepté d'appartenir au jury.
Je tienségalement àexprimermagratitudeà KlausKünnemann : soninvitation àvenir à
Regensburg faire un exposé au mois de mars dernier m'a donné l'impulsion néessaire pour
aborderertainsprolongementsdeetravailet l'oredestagepost-dotoral qu'ilm'aensuite
faitea joué unrle apaisant lorsde l'ahèvement de ettethèse.
Je suis heureux d'avoir appartenu à l'IRMAR pendant les trois dernières années : j'y ai
trouvé d'exellentes onditions de travail et salue en partiulier les membres de l'équipe de
géométrie algébrique, ainsi que toutes les personnes ave qui j'ai ollaboré dans le adre de
monmonitorat; jen'oublie pas, non plus, quej'ai eu lahane de faire mes études dansdes
onditions privilégiéesgrâe àmon passagepar l'ENS Cahan.
L'enthousiasmeet les enouragements, maintes foisrenouvelés, deFrédéri Paugam m'ont
été préieux, en partiulier lors de la réorientation de ma thèse opérée au ours de la pre-
mière année passée à Rennes; 'est aussi par son intermédiaire que j'ai déouvert la ville
et l'université de Regensburg. Il a également été fort agréable de partager un bureau ave
Cette thèse n'existerait enn pas davantage si je n'avais eu le soutien onstant de mes
parents,nipum'appuyer surlesenouragementsmaliieuxdemas÷ur.Jelesremeried'être
venusàRennespourlasoutenaneetveuxégalement saluermesgrands-parents, quiauraient
sansdouteaimé pouvoir yassister.
Introdution
Présentation générale.
Cettethèse a pour objetde montrer qu'il existe, dansleadre de lagéométrie analytique
non arhimédienne, une théorie du potentiel formellement identique à elle lassiquement
développée surles ourbes analytiques omplexes(surfaes de Riemann). Considérées simul-
tanément, les théories du potentiel assoiées aux diérentes valeurs absolues sur
Q
ont desappliationsà l'arithmétiquedes(
Q
-)ourbesalgébriques.Si et avatar non arhimédien de la lassique théorie du potentiel est une émanation na-
turelle de la géométrie analytique, il onvient d'ores et déjà de préiser que les motivations
présidantàetravailsont,initialement,denaturearithmétique.LethéorèmedeFekete-Szeg®,
onernant l'existene d'entiers algébriques dont les plongements omplexes satisfont à er-
taines onditions de nature géométrique, établit un lien entre la théorie du potentiel sur
C
et la théorie des nombres. Comme l'ont observé J.-B. Bost [11℄ et R. Rumely [28℄, e théo-
rème peut s'interpréter dansle adred'une généralisation de lathéoried'Arakelov originelle
faisantintervenir, auxplaes arhimédiennes, desfontionsdeGreen provenant de lathéorie
dupotentiel.
Reprenant enpartie desidées deD.Cantor, R.Rumelyparvint àétablirunevastegénéra-
lisation duthéorèmedeFekete-Szeg® àunadreadélique ([26℄),ladroite aneétant deplus
remplaée parun ouvertane (dense)d'une ourbealgébriquepropre
X
surQ
. Iltransposapour efaireplusieurs résultatsde lathéoriedupotentielusuelledansunontextenonarhi-
médien mais les pathologies de l'espae topologique
X(C p )
,C p
désignant la omplétiond'unelturealgébriquede
Q p
,sontlasoured'unertainnombre dediultés: l'absenedeonnexité loale s'oppose à une dénitionloale de lanotion de fontion harmonique tandis
que la théorie de la mesure est rendue plus déliate du fait du défaut de ompaité loale.
La théorie non arhimédienne du potentiel, telle que nous la dérivons dans e travail, uti-
lisel'approhe de lagéométrie analytique non arhimédienne inaugurée par V.G.Berkovih,
laquellefournit, en partiulier, des espaestopologiques loalements ompats et loalement
onnexesparars.Commenousleonstateronsaposteriori,lepointdevueadoptédansette
thèseprolonge et simplie lespremiers travaux deRumely.
Ilpeut êtreutile de rappeler,danslesgrandes lignes,quel fut ledéveloppement historique
delagéométrieanalytiquenonarhimédienne,notretravailétantunsous-produitdupointde
vuenouveau introduitpar V.G.Berkovih. Soit
k
un orps ompletpour une valeurabsoluenon arhimédienne
|.| : k → R ≥0
, supposée non triviale.Les premiers fondements d'une géo-métrieanalytiquesur
k
ont étéétablispar J.Tateauxalentoursde 1960 puisdéveloppésparL.Gerritzen, H.Grauert, R.Kiehl, R. Remmert,et. au ours desannées qui suivirent. Les
espaes analytiques sont obtenus par reollement de pièes loales, dites anoïdes, dérites
en termes d'algèbres de séries formelles onvergentes; toutefois, la nature ultramétrique de
la valeur absolue
|.|
rendant la topologie naturelle totalement disontinue, les proédés de loalisationmis en ÷uvredoivent relever d'une topologie deGrothendiek garantissant su-samment de rigidité. Cettegéométrie rigide-analytique permet, par exemple,d'assoier à
tout
k
-shéma loalement de type niX
un espae (rigide-)analytiqueX an
, dont l'ensemblesous-jaent estelui despoints fermés de
X
. Fondamentale maisimpliite durant ette pre- mière phase, l'idée d'A. Grothendiek de onevoir les espaes (rigide-)analytiques ommebresgénériquesde shémas formels (voir l'introdution de[21℄) aété introduite etélaborée
arhimédienne desourbesalgébriques.Cetterédution delagéométrie (rigide-)analytique à
lagéométrie formellefutdéveloppéesystématiquement parS.Bosh,W.LutkebohmertetM.
Raynaud unedizaine d'années plustard.
V.G. Berkovih introduit un point de vue nouveau dans le livre [3℄ : toute algèbre
k
-anoïde
A
est naturellement une algèbre de fontions sur un espae topologique ompat et loalement onnexe par arsM(A)
(son spetre) et les espaesk
-analytiques généraux s'obtiennentparreollement detelsespaesM(A)
,essentiellementdelamême façonquel'on obtient un polyèdre en reollant despolytopes. L'espaetopologique sous-jaent à un espaek
-analytiqueX
estloalement ompatetloalementonnexeparars;ondisposeégalementd'une topologie de Grothendiek sur
X
, engendrée par les domainesk
-anoïdes, et lefaiseau strutural
O X
deX
est déni à partir de la orrespondaneM(A) 7→ A
; 'est unfaiseausurl'espae topologique sous-jaent ainsiquesur lesite deGrothendiek de
X
.L'espae
Sp(A)
assoié à une algèbrek
-anoïde du point de vue de Tate est naturelle-ment un sous-ensemble de
M(A)
sur lequel la topologie induite est totalement disontinueet l'on peut toujours dénir labre générique
X η
d'unSpf(k ◦ )
-shéma formelX
loalementde présentation nie. Comme préédemment, à tout
k
-shéma loalement de type niX
estassoié un espae
k
-analytiqueX
an au sens de Berkovih et l'on dispose d'une appliationρ : X
an→ X
(sous-jaente à un morphisme de sites) telle que la bre deρ
au-dessus d'unpoint
x
deX
soit en bijetion ave l'ensemble desvaleursabsoluessur leorps résiduelκ(x)
de
x
prolongeant la valeur absolue dek
. Dans la théorie rigide-analytique antérieure, seuls interviennent les points fermés deX
, pour lequels il existe un unique prolongement de la valeurabsolue dek
àκ(x)
.Onlevoit,l'undesaspetslesplusprégnantsdel'approhedeBerkovihestl'introdution
denombreux pointssupplémentairesdanslesespaesanalytiques.Outrelefaitd'instaurerla
onnexitéloalefaisantdéfautdansleadreinitial,laprésenedeespointspermetdedénir
desstrutures polyédrales dans les bres génériques
X η
de ertainsSpf(k ◦ )
-shémas formelsX
;demanièregénérale,l'utilisationdesidéesdeBerkovihenrihitfortementlaoneptionde Grothendiek/Raynaud desespaesanalytiques omme bresgénériquesdeshémasformels.Venons-en à lathéoriedupotentiel surune ourbe (stritement)
k
-analytique lisseX
, vueomme unespae loalement annelé
(|X|, O X )
.H.Bauer, M. Brelotet J. Doob ont développé une approhe axiomatiquede lathéorie du
potentiel lassique, ayant omme point de départ un espae topologique muni d'un faiseau
H
de (germes de) fontionsréelles ontinues qui possède les mêmes propriétés formelles quele faiseaudes germes de fontions hamoniquessur
R n
: prinipe du maximum, prinipe deHarnak et résolubilité loale du problème de Dirihlet. L'idée initiale de ette thèse était
ainsi d'introduire un faiseau
H X
onvenable sur l'espae topologique|X|
et d'utiliser etteapproheaxiomatique.
Il est bien onnu qu'une fontion réelle
h
sur une surfae de RiemannM
est harmoniquesiet seulement si elle oïnide loalement ave la partie réelle d'unefontion holomorphe
g
;utilisant laformule
Re(g) = log | exp ◦g|
, ilest équivalent de demander queh
soit loalementdelaforme
Log |f |
,f
étantunefontionholomorpheinversible.Cettedénitionsetransporse immédiatement dans un ontexte non arhimédien et il semble raisonnable de onsidérer lefaiseau
F X
sur|X|
assoiéau préfaiseaufaisant orrespondreàun ouvertU ⊂ |X|
lesous-espae vetoriel de
C 0 (U, R)
engendré par les fontions de la formelog |f |
,f ∈ Γ(U, O × X )
.On onstate toutefois rapidement que ette onstrution ne produit pas, en général, assez
de fontions harmoniques le problème de Dirihlet, onernant l'existene d'une fontion
toujoursloalement résoluble; elle esttoutefoisorretelorsque leorpsrésiduel
e k
dek
estalgébriquesurun orpsni(ou si
X
estloalement isomorphe àladroite projetive),omme onle onstaterarétrospetivement au paragraphe 2.3.4.Une meilleure dénitionreposesur l'utilisation de struturespolyédralesexistant naturel-
lement danslesespaes
k
-analytiques(au sens deBerkovih); dansleasque l'ononsidère, elui d'uneourbe stritementk
-analytique lisseX
, le théorème derédution semi-stable de Boshet Lütkebohmert([9℄)permetderamenersystématiquementl'espaetopologiquesous-jaent
|X|
à des polyèdres entiers de dimension 1 (ou, demanière équivalente, àdesgraphes métrisés), naturellement plongés dans|X|
. Ayant observé que, pour toute setionf
deO X ×
,lafontion
log |f |
provient de fontions harmoniques (en un sens évident) sures polyèdres, ladénition dufaiseauH X
devient laireet ses propriétés fondamentalesse déduisent sans diulté de la théorie du potentiel sur les polyèdres entiers (de dimension 1). Mentionnonsque l'obstrution à l'égalité
F X = H X
n'est guère mystérieuse : sur ertaines omposantes irrédutibles des bres spéiales deSpf(k ◦ )
-ourbes formelles dontX
est la bre générique,lesdiviseurs dedegré0 doivent être(rationnellement) prinipaux,e quin'est engénéral pas
leas.
Nousillustrons ette approhe axiomatiqueen transrivant la méthode de Perron pour la
résolutionduproblèmedeDirihlet;nousavonstoutefoispréférépoursuivreledéveloppement
delathéoried'un pointde vueunpeudiérent,ditéparlanaturedeshoses.Lespropriétés
formellesdufaiseau
H X
onduisent eneetàintroduire unenotiondefontion lisse,onçueomme analogue non arhimédien de la notion de fontion indéniment diérentiable, et un
opérateur de Laplae sur les espaes de fontions lisses, à valeur dans des espaes de
mesures sur
|X|
et s'annulant surles fontions harmoniques. Le point essentiel, maintenant, estquel'onpeutétudier etopérateurdd c
parlebiaisdelathéoriedesdistributions, etainsi obteniraisément touslesanaloguesdesrésultatsde lathéoriedupotentiel surlessurfaesdeRiemann.
Les travaux de Rumely onernant la théorie non arhimédienne du potentiel, déjà men-
tionnés, sont également à l'origine de l'artile [18℄ de E. Kani, dans lequel lagéométrie des
ourbesformellesestlairement reliéeàune théoriedupotentiel plus oumointsimpliite sur
lesbres génériques.Cetteobservation, quipréise l'intuitionpremière d'Arakelov toutenla
renversant, est àlasoure dutravail eetuéii.
Nousavonshoisideréduireexpliitement lathéoriedupotentiel surlaourbestritement
k
-analytiqueX
àlathéoriedupotentiel surlespolyèdres entiersdedimension 1.Cepoint devue,s'ilal'avantaged'êtretrèsonret,introduitdesompliationsinutiles.Nousterminerons
etteprésentation enmentionnant qu'il estpossible dedévelopper lathéorieplussimplement
àpartir dupréfaiseau
Y ; Log |O X (Y ) × |
surlesite deGrothendiekX G
deX
,permettantd'obtenir diretement le faiseau des (germes de) fontions lisses et l'opérateur
dd c
. Cetteapprohe,inspiréeparletravaildeS.Bloh,H.GilletetS.Soulé[6℄devrait,deplus,permettre
d'aborder de manière eae lathéorie du pluripotentiel en dimension supérieure (voir [14℄
pour desmotivations).
L'inuenedesidéesde Berkovih etKani surlathéoriequenousprésentonsestévidente;
enfait,ettethèseestlefruitdelaleturedel'artile[18℄àlalumièredestravauxdeBerkovih
(dont nous n'utilisons que les aspets les plus élémentaires) et son ate de naissane gure
très préisément àlapage 23 desnotes [20℄de B.Le Stum...
Plan.
Voii maintenant une brèvedesription duontenu dee travail.
Le premier hapitre est une suite de onsidérations très élémentaires sur les polyèdres de
dimension 1 munis d'une struture entière, laquelle est simplement la donnée, pour haque
arête
a
, d'un réseau entier dans l'espae vetoriel des fontions anes réelles sura
. Si esobjetsnesontpasautrehosequedesgraphesmétrisés(déjàintroduits,ave desmotivations
analogues,dans[26℄,[13℄,[32℄et[29℄),epointdevueestplusadaptéàlagéométrieformelle.
Lespolyèdres entiers de dimension 1 fournissent le adred'une théorie du potentiel relevant
de l'algèbre linéaire et surlaquelleil n'y apaslieu de s'appesantir; nousnousontentons de
rassembler les résultatsquiseront utilisésultérieurement.
Le deuxième hapitre s'ouvre par des rappels de géométrie analytique sur un orps non
arhimédien
k
;nousenprotons pour xerertainesonventions etintroduire desnotations.On y préise, en partiulier, que la notion de ourbe
k
-analytique utilisée dans e travail est elle introduite au hapitre 3 de [3℄; ei garantit que tout point possède un voisinagestritement
k
-anoïde.Lasuite du hapitre estdévolue àlaonstrution du faiseau
H X
desgermesde fontionsharmoniquessuruneourbe stritement
k
-analytique lisse.Onproèdepour efaire endeux étapes.Àtoute
Spf(k ◦ )
-ourbe (formelle)simplement semi-stableX
(voirladénition2.2.8)estassoié un polyèdre entier
S(X )
de dimension au plus 1 (le squelette deX
), d'espaetopologique sous-jaent une partiefermée de
X η
, ainsiqu'unerétrationτ : X η → S(X )
.Cette onstrution est fontorielle pour les morphismes étales et vérie une ondition
de fontorialité faible pour les morphismes quelonques de
Spf(k ◦ )
-ourbes simplementsemi-stables. L'appliation
τ
permet de transférer surX η
les objets et résultats de lathéorie du potentiel sur le polyèdre entier
S(X )
, e qui peut se onevoir omme unegénéralisation de lanotiondepolygonedeNewton(d'unesériede Laurent). Ceiélaire
par ailleurslanaturedesthéoriesdupotentiel loalesintroduites parKanidans[18℄.
Utilisant laversionrigide-analytiqueduthéorèmederédutionsemi-stableétablieparS.
BoshetW.Lütkebohmert([9℄),lesonsidérationspréédentesonduisentàladénition,
pour toutespae stritement
k
-anoïde rig-lisseY
de dimension 1,del'espae vetorielH(Y )
desfontions(réelles) ontinuessurY
qui sont harmoniques surl'intérieur deY
;'estun sous-espaevetorielde
C 0 (Y, R)
. Étant alors donnée une ourbestritementk
-analytiquelisse
X
, lefaiseauH X
desgermesdefontionsharmoniquesestdéniomme suit:une fontion(réelle) ontinueh
surunouvertU
deX
estharmonique'est-à-dire une setiondeH X
surU
sietseulementsih |Y ∈ H(Y )
pour toutdomaine stritementk
-anoïdeY ⊂ U
.Nous onluons e hapitre par une omparaison entre le faiseau
H X
et le faiseau deR
-vetoriels surX
assoié au préfaiseauLog |O × X |
, mettant en évidene l'obstrution qui s'oppose, en général,à leuroïnidene.Le troisième hapitre s'ouvre sur lavériation que le faiseau
H X
possède les propriétésfondamentalesattendues:prinipedumaximum,prinipedeHarnaketrésolubilitéloaledu
problèmedeDirihlet. Ceifait,nousintroduisonslefaiseau
SH X
des(germes de)fontionssous-harmoniques surlaourbe
X
enreopiant ladénitionlassique: quel quesoit l'ouvertΩ ⊂ X
, une fontion semi-ontinue supérieurementu : Ω → R ∪ {−∞}
est sous-harmonique si elle n'est identiquement égale à−∞
sur auune omposante onnexe deΩ
et, pour toutdomaine stritement
k
-anoïdeY ⊂ Ω
et toute fontionh ∈ H(Y )
,h |∂Y ≥ u |∂Y
⇒ h ≥ u |Y
.
Toute la suite du hapitre est onsarée a développement de la théorie du potentiel sur
X
,'est-à-dire l'étude des faiseaux
H X
etSH X
. Leurs propriétés fondamentales permettent d'oreset déjàde transriretellequellelarésolution duproblème deDirihletpar laméthodedePerron.
On s'attend à e que les fontions sous-harmoniques soient intimement liées aux mesures
(de Radon) positives sur l'espae topologique loalement ompat
X
; nous éluidons ettequestionen l'abordant dupoint de vuede lathéoriedesdistributions.
Celaommeneparlaonstrutiondufaiseau
A 0 X
des(germesde)fontionsharmoniques par moreaux, appelées fontions lisses, ainsi que le faiseauA 1 X
des (germes de) formeslisses,lesquelles sont ertaines mesures sur
X
. Les développements duhapitre 2onduisent naturellement à l'introdution d'un opérateur linéairedd c : A 0 X → A 1 X
, de noyauH X
, quiprolonge lelaplaien disretsurles polyèdres entiers
S(X )
.Les espaes vetoriels
A 0 c (X)
etA 1 c (X)
des fontions et formes lisses à support ompatsont naturellement munis d'unetopologie loalement onvexe pourlaquelle toutes lesformes
linéairessontontinues. Lesespaes
D 0 (X)
etD 1 (X)
desourants de degré0 et1respetive-ment sont dénis par dualité:
D 0 (X) = A 1 c (X) ′ D 1 (X) = A 0 c (X) ′
et munisdelatopologie faible.L'espae
A 0 (X)
(resp.A 1 (X)
) seplongeanoniquement dansD 0 (X)
(resp.D 1 (X)
)etl'onvériequel'appliationlinéaire(ontinue)deD 0 (X)
dansD 1 (X)
,obtenuepartranspositionàpartirde
dd c
,estunprolongement deetopérateur.Ayantobservé queD 0 (X)
s'identie anoniquement à l'espae vetoriel des fontions réelles sur une partieI(X)
deX
, muni de la topologie de la onvergene simple, nous sommes don en mesured'appliquer
dd c
à n'importequelle fontionréelle surX
(au sens desdistributions). Onpeut dèsmaintenantpréiserqueI(X)
s'identieanoniquementàlalimiteindutivedessquelettesS(X )
préédemment dénis.L'opérateur
dd c : D 0 (X) → D 1 (X)
possède les mêmes propriétés que dansle adre arhi-médien :
il estrégulier, danslesens où
A 0 (X)
s'identie àl'espae desourantsT
de degré0 surX
tels quedd c T
appartienneau sous-espaeA 1 (X)
deD 1 (X)
;si
X
estonnexeetpropre,sonimageestonstituéedesourantsρ
dedegré1orthogonaux auxfontions onstantes (telsquehρ, 1i = 0
).Lelienavel'étudedesfontionssous-harmoniquessur
X
s'opèreenétablissant queelles- i s'identient aux ourantsT
de degré 0 tels que le ourantdd c T
soit positif, 'est-à-dire vériehdd c T, ϕi = hT, dd c ϕi ≥ 0
pour toute fontion positive
ϕ ∈ A 0 c (X)
. Comme dans le ontextearhimédien, les ourants (de degré 1) positifs oïnident ave les mesures de Radon positives surX
; nous en dé-duisons la orrespondane familière entre mesures positives et fontions sous-harmoniques
(potentiels). Tout ei déoule aisément du théorème d'approximation suivant : une fontion
sous-harmonique
u
surX
est, sur tout ouvert relativement ompatΩ
deX
, l'enveloppe inférieure d'unefamille déroissante de fontionssous-harmoniques et lisses.Sur le modèle de la théorielassique, nouspoursuivons en introduisant des méthodeshil-
bertiennes; elles-i trouvent leuroriginedans laformebilinéaire symétriquepositive
A 0 c (X) × A 0 c (X) → R, (ϕ, ψ) 7→ − Z
X
ϕ dd c ψ
(forme deDirihlet),version nonarhimédienne de laforme bilinéaire
C ∞ (M, R) × C ∞ (M, R) → R, (ϕ, ψ) 7→ − Z
M
ϕ dd c ψ = i π
Z
M
∂ϕ ∧ ∂ψ,
où
M
est une surfae de Riemann ompate et qui généralise, dans le as d'une valuation disrète, la forme d'intersetion sur le groupe des diviseurs vertiaux sur les modèlesentiersde
X
. Laomplétion deA 0 c
relativementàe produitsalaire estunespaedeHilbert réel, notéW 1 (X)
, qui s'identie anoniquement à un sous-espae vetoriel deD 0 (X)
. Unemesurepositive
µ
surX
estd'énergienie sielleadmetunpotentielg
dansW 1 (X)
,l'énergieE(µ)
deµ
étant alors dénieomme learréde lanorme deg
.Nousutilisons e point de vue pour l'étudedes apaités.Supposons que
X
soit propreetsoit
Y ⊂ X
un domainek
-anoïde, d'intérieurΩ
; laapaité relative d'un ompatK
deΩ
estlenombre réelpositif
C(K, Ω)
dénipar laformuleC(K, Ω) =
inf{E Ω (µ) ; µ ∈ Prob(K)}
−1
,
où
Prob(K)
estl'ensembledesmesuresdeprobabilitésurK
etE Ω (µ)
estl'énergiedelamesureµ
(relativement à l'ouvertΩ
).OnposeC(E, Ω) = sup{C(K, Ω) ; K ⊂ E
ompat}
pour toutsous-ensemble
E
deΩ
et laapaité extérieure (relativeàΩ
) estlafontionC ∗ (., Ω) : P (Ω) → R ≥0 ∪ {+∞}
E 7→ inf{C(U, Ω) ; U ⊂ Ω
ouvert, E ⊂ U }.
C'est une apaité au sens de G. Choquet, dont on montre qu'elle s'annule exatement sur
les parties polaires de
Ω
, 'est-à-dire elles ontenues dans l'ensemble{u = −∞}
des plesd'une fontion sous-harmonique
u
surΩ
. Nous avons ii suivi d'assez près la présentation donnée par M. Klimek dans [19℄, en la simpliant autant que possible (auune propriété dequasi-ontinuité desfontionssous-harmoniques n'est utilisée).
Lesrésultatspréédentspermettentdeprouverl'existenedespotentielsd'équilibre assoiés
à un ompat strit et non polaire
K ⊂ X
: étant donné un pointx ∈ X − K
, il existe uneunique fontion sous-harmonique
g : X − {x} → R
, harmonique surX − (K ∪ {x})
et nullesur
K
en dehors d'une partie polaire, telle quedd c g = ν − δ x
, oùν ∈ Prob(K)
. Commedans le ontexte arhimédien, le potentiel d'équilibre d'un point
x
deX − K
onduit à ladénition d'unenorme
||.|| K (x)
surlaH(x)
-droite vetoriellex ∗ Ω 1 X ∨
; pour tout
t
non nuldans
x ∗ Ω 1 X ∨
, la fontion
{
ompatsdeX − {x}} → R ≥0 K 7→
||t|| K (x)
siK
n'est paspolaire0
siK
est polaireseprolonge naturellement en une apaité
Cap x,t
surP(X − {x})
(au sens deChoquet).Après quelques exemples de aluls de apaités (relatives) dans lesquels on suppose le
orps
k
disrètement valuéet oùl'on s'intéresseà dessous-ensembles deX(k)
,le troisièmehapitre s'ahèvesurladémonstrationdurésultatsuivant: toutefontionsous-harmonique
u
suruneourbestritement
k
-analytiquelisseX
estentièrement déterminéepar sarestrition au sous-ensembleX 0
des pointsx ∈ X
dont le orps résiduel est une extension nie dek
;Nousutilisonsleformalismedéveloppéauxdeuxièmeettroisièmehapitrespourdonnerune
présentation de lagéométrie d'Arakelov d'une
Q
-ourbe algébrique propreX
ne faisant pasintervenirdemodèleentier etintégrant,surlemodèledel'artile[11℄,desfontionsdeGreen
(arhimédiennes et non arhimédiennes) ne présentant qu'une régularité de type
W 1
. Quelaomposante non arhimédienne de la géométrie d'Arakelov usuelle, 'est-à-dire la théorie de
l'intersetion sur une
Z
-ourbe, doivent relever d'une théorie du potentiel adéquate est uneobservationde E. Kani.
Cettegénéralisationde lathéoried'Arakelovestillustréeparlaversionpréiséed'un théo-
rème d'équidistributiondessuites depointsde petite hauteursurles ourbes.
Suite auxtravaux de R. Rumely, T. Chinburg a proposé une autre approhe de la notion
deapaitéarithmétique,fondéesurlanotionde apaité setionnelle et reposantsurl'étude
duovolume deréseauxnaturelsdansdesespaesdesetionsdefaiseauxinversibles.Dansle
asdesourbes, laomparaison entreesdeuxpointsdevueestexpliitée dansl'artile [27℄.
Nousonluons le quatrième hapitre en montrant omment déduire le résultat prinipal de
[27℄ du théorème de Hilbert-Samuel arithmétique usuel (sous la forme que lui donne S.-W.
Zhang dans[33℄).Notreargument reposesur l'observation quela métriquesous-harmonique
assoiéeà unompat (non polaire)
K
est àlafoisl'enveloppeinférieured'unefamilledéroissantedemétriquessous-harmoniquesontinues
(obtenuesen élargissant onvenablement
K
),l'enveloppe supérieured'unefamille roissante de métriquessous-harmoniques ontinues
(propriété partagée par toutes les métriquessous-harmoniques),
leasd'unemétriquesous-harmoniqueontinuerelevantduthéorèmedeHilbert-Samuelarith-
métique.
Le inquième et dernier hapitre expliite les relations qu'entretient la théorie développée
dans ette thèse ave les travaux de R.Rumely, R. Rumely et M. Baker, E. Kani,C. Favre
et M. Jonsson.
Remarque onlusive.
Nousavonsexpliquéaudébut del'introdution quelaprinipalemotivationdeette thèse
futd'élaborerunethéoriedupotentielsurlesourbesanalytiquesnonarhimédiennesformel-
lementsimilaireàlathéorieusuellesurlesourbesanalytiquesomplexesdonendimension
réelle2.Terminons enrelevantexpliitement qu'uneanalogienaturelleapparaît,toutaulong
de e travail, ave lathéorie du potentiel lassique en dimension réelle 1; ette observation,
prégnante maisimpliite dansletexte quisuit,peut en failiterlaleture.
1. Polyèdres entiers
1.1. Généralités
1.1.1. Polytopes
Soient
V
un espae vetoriel réel de dimension nieetΛ
un réseau dansl'espae vetorieldual
V ∨
. L'espae vetoriel réelAff(V ) = R ⊕ V ∨
des fontions anes surV
est engendrépar lesous-groupe abélien
Λ(V ) = R ⊕ Λ
.Un polytope entier (dans
V
) est une partie ompate et non videP
deV
dénie par desinéquations
0 ≤ ϕ 1 , . . . , 0 ≤ ϕ n
, oùϕ 1 , . . . , ϕ n ∈ R ⊕ Λ
. Les restritions àP
des élémentsde
R ⊕ Λ
forment un sous-groupe abélien, notéΛ(P)
, de l'espae vetoriel réelHom(P, R)
des appliations de
P
dansR
; 'estla somme deR
identié au sous-groupe des fontions onstantes et d'un groupe abélien libre de type ni.Le sous-espaevetoriel deHom(P, R)
engendrépar
Λ(P )
estnotéΛ R (P )
.Remarque 1.1.1
1. Unpolytope entierest onvexe,don onnexe.
2. Étant donné un polytope entier
P
dansV
, déni par des inéquations0 ≤ ϕ 1
,. . .
,0 ≤ ϕ n
,ϕ i ∈ Λ(V )
, l'appliation tautologiqueι : P → Λ R (P ) ∨
réalise unebijetion de
P
surlesous-ensemble{u ∈ Λ R (P ) ∨ ; hu, 1i = 1
ethu, ϕ i|P i ≥ 0, 0 ≤ i ≤ n}, h., .i
désignant lerohet de dualité.3. La remarque préédente permet d'introduire une notion abstraite de polytope entier :
'est la donné d'un ouple
(P, Λ(P))
, formé d'un ensemble non videP
et d'un sous-groupe
Λ(P )
du groupeabélienHom(P, R)
, appelégroupe strutural deP
,qui satisfaitauxonditions suivantes :
-
Λ(P )
ontient lesous-groupeR
desfontionsonstantes;- lequotient
Λ(P )/R
est ungroupe abélien libre de type ni;- notant
Λ R (P )
lesous-espae vetoriel deHom(P, R)
engendré parΛ(P )
, l'appliation tautologiqueι : P → Λ R (P ) ∨
réalise une bijetionde
P
sur une partie ompatede l'hyperplan d'équationhu, 1i = 1
déniepar unnombre ni d'inégalités
hu, ϕi ≥ 0
,ϕ ∈ Λ(P )
. L'ensembleP
estmuni delatopologie faisant de
ι
un homéomorphisme et l'on noteraabusivementP
lepolytopeentier
(P, Λ(P))
siela neprête pasà onfusion.Un morphisme d'un polytope entier
P
dans un polytope entierP ′
est une appliationf : P → P ′
telle que l'homomorphismef ∗ : Hom(P ′ , R) → Hom(P, R)
envoieΛ(P ′ )
dansΛ(P )
. Un sous-polytope entier d'un polytope entierP
est une partie non vide deP
déniepar unnombre ni d'inéquations delaforme
0 ≤ ϕ
,ϕ ∈ Λ(P )
.Lesfaes d'un polytope entier
P
sont lesparties nonvidesdeP
dénies par une équationϕ = 0
,ϕ ∈ Λ(P )
étantune fontion positive surP
; e sont dessous-polytopesentiersdeP
.La dimension d'un polytope entier
P
, notéedim(P)
, est par dénition le rang du groupeabélien libre
Λ(P )/R
et lebord∂P
deP
est laréunion desfaesde dimension< dim(P )
; leomplémentaire
P − ∂P
est l'intérieur deP
. La dimension deP
oïnide ave ladimensiontopologiquede sonintérieur.
Une déomposition élémentaire d'un polytope entier
P
est ladonnée d'unefamille nieD
desous-polytopesentiers de
P
vériant les onditions suivantes :(i)pour tout
Q ∈ D
, haune desfaesdeQ
appartient àD
;(ii)pour tous
Q, Q ′ ∈ D
,Q ∩ Q ′ = ∅
ouest unefaedeQ
etQ ′
;(iii)
P
estlaréunion desQ ∈ D
.Remarque 1.1.2. Si
D
estunedéompositionélémentairedeP
,laondition(ii)impliqueque deux sous-polytopesdistints
Q, Q ′ ∈ D
ont des intérieurs disjointset les onditions (i)et (iii)montrent que
P
est laréunion disjointe desintérieurs desQ ∈ D
.Étant donné un polytope entier
P
, une appliation ontinuef : P → R
estdite ane parmoreaux s'il existe une déomposition élémentaire
D
deP
telle que, pour toutQ ∈ D
, larestritionde
f
àQ
appartienneàΛ R (Q)
. L'ensembledesfontionsanes par moreauxsurP
estunR
-espaevetoriel notéA 0 (P )
etA 0 Z (P )
désigne lesous-groupeabélien desfontions ontinuesetanes parmoreauxf
pourlesquellesilexisteunedéompositionélémentaireD
de
P
tellequef |Q ∈ Λ(Q)
pour toutQ ∈ D
.Remarque 1.1.3. Soit
P
un polytopeentier; la atégorieC (P)
, dont les objets sont lessous-polytopes entiers de
P
et les morphismes les inlusions, est munie d'une topologie deGrothendiek naturelle pour laquelle les familles ouvrantes sont les reouvrements nis. Le
faiseau assoié au préfaiseau
Q 7→ Λ(Q)
(resp.Q 7→ Λ R (Q))
surC (P)
n'est autre que lefonteur
Q 7→ A 0 Z (Q)
(resp.Q 7→ A 0 (Q))
.1.1.2. Polyèdres
Soit
S
un espae topologique séparé dont les omposantes onnexes sont dénombrables à l'inni;unatlasZ
-polyédralsurS
estladonnéed'unefamilleτ
detriplets(V, P, ϕ)
,onstituésd'unepartie ompate
V
deS
, d'un polytopeentierP
et d'un homéomorphismeϕ
deV
surP
, quisatisfaitaux onditionssuivantes:1. pour tous
(V, P, ϕ), (V ′ , P ′ , ϕ ′ ) ∈ τ
,V ∩ V ′ = ∅
ouϕ(V ∩ V ′ )
(resp.ϕ ′ (V ∩ V ′ )
) estun sous-polytope entier de
P
(resp.P ′
) etϕ ′ ◦ ϕ −1
induit un isomorphisme entre les polytopesentiersϕ(V ∩ V ′ )
etϕ ′ (V ∩ V ′ )
;2. pourtoutpoint
x ∈ S
,ilexiste(V 1 , P 1 , ϕ 1 ), . . . , (V n , P n , ϕ n ) ∈ τ
telsquex ∈ V 1 ∩. . . ∩V n
et que
V 1 ∪ . . . ∪ V n
soitun voisinage dex
dansS
.3. pour tout ompat
K
deS
, il n'existe qu'un nombre ni de artes(V, P, ϕ) ∈ τ
tellesque
ϕ(V ) ∩ K 6= ∅
.Deuxatlas
Z
-polyédrauxτ
etτ ′
surS
sontditséquivalents silaréunionτ ∪ τ ′
estunatlasZ
-polyédral surS
.Définition 1.1.4. Un polyèdre entierest la donnée d'un espae topologique séparé
S
etd'unelasse d'équivalene d'atlas
Z
-polyédraux surS
.Définition 1.1.5. Unsous-polytope d'unpolyèdre entier
S
est unepartieompatenonvide
V
deS
gurant dans un atlasZ
-polyédral.Remarque 1.1.6. L'espae topologique sous-jaent à un polyèdre entier est loalement
Ladimension d'unpolyèdreentier
S
enunpointx
estlemaximumdim x (S)
desdimensionsdes polytopes gurant dans un atlas
Z
-polyédral et ontenantx
; 'est une fontion semi-ontinuesupérieurement de
x
et ladimension deS
estdénieomme labornesupérieuredesdim x (S)
,x ∈ S
.Une appliation
f : S → R
sur un polyèdre entierS
est dite ane par moreaux s'ilexiste un atlas
Z
-polyédralτ
dénissant la struture deS
tel que, pour tout(V, P, ϕ) ∈ τ
,f ◦ ϕ −1 ∈ Λ R (P )
(ette ondition ne dépend pas du hoix deτ
); l'espae vetoriel réel desfontions anes par moreaux sur
S
est notéA 0 (S)
etA 0 Z (S)
désigne le sous-groupe desf
telles que
f ◦ ϕ −1 ∈ Λ(P )
pour tout(V, P, ϕ) ∈ τ
. Une fontion ane par moreaux estontinue.
Un morphisme entre deux polyèdres entiers
S, S ′
est une appliation ontinuef : S → S ′
vériant laonditionsuivante :pourdesatlas
τ, τ ′
onvenables surS, S ′
, ilexiste,pour toutearte
(V, P, ϕ) ∈ τ
, une arte(V ′ , P ′ , ϕ ′ ) ∈ τ ′
telle quef (V ) ⊂ V ′
etϕ ′ ◦ f ◦ ϕ −1
soit unmorphismede polytopes entiers.
Définition 1.1.7. Soit
S
un polyèdre entier. Un domaine polyédral dansS
est unepartie
S ′ ⊂ S
qui est la réunion d'unefamilleloalement niede sous-polytopes entiers.La atégorie
C (S)
, dont les objets sont les domaines polyédraux deS
et les morphismesles inlusions, est munie d'une topologie de Grothendiek naturelle engendrée par les reou-
vrementsloalement nispar dessous-polytopes. Le préfaiseau
C (S) op → Vect R , S ′ 7→ A 0 (S ′ )
estun faiseau.
Ondira qu'un morphisme de polyèdres entiers
f : S ′ → S
est un isomorphisme G-loal si 'estun isomorphisme loalement pour les topologies de GrothendieksurS
etS ′
. En lair,elasigniequ'il existedesreouvrements admissibles
U
etU ′
deS
etS ′
respetivement tels que, pour toutP ′ ∈ U ′
,f (P ′ ) ∈ U
etf |P ′
réalise un isomorphisme deP ′
surP
. En guised'exemple, on peut noter que, pour tout reouvrement admissible
U
d'un polyèdre entierS
,la somme disjointe
S ′
des éléments deU
est un polyèdre entier et le morphisme anoniqueS ′ → S
estun isomorphismeG
-loal.Soient
P
un polytope entier de dimension1
etx
un point de∂P
. Il existe, par dénitionde
∂P
, une fontion non onstanteϕ ∈ Λ(P )
telleque0 ≤ ϕ
etϕ(x) = 0
; on peut en outrehoisir
ϕ
telle que son image dansΛ(P )/R
soit un générateur de e groupe abélien libre derang 1.L'unique fontiondans
Λ(P )
satisfaisant à esonditions estnotéet x
.L'appliation
t x : P → R
est un homéomorphisme deP
sur un segment[0, a]
,0 < a
; lebord
∂P
deP
est don onstitué dex
et du pointx ′
deP
tel quet x (x ′ ) = a
; notantt
lafontion oordonnée anonique sur
R
,t x
réalise un isomorphismeentre les polytopesentiersP
et ([0, t x (x ′ )], R ⊕ Zt
).Unpolyèdreentierpurementdedimensionunn'estpasautrehosequ'ungrapheloalement
métrisé, 'est-à-dire un espae topologique séparé et loalement métrisé
S
dans lequel toutpoint
x
admetun systèmefondamental devoisinagesde laformeV 1 ∪ . . . ∪ V n
, oùV 1 , . . . , V n
sontdesompatsde
S
ontenantx
etisométriquesàdessegmentsdeR
.LegroupeA 0 Z (S)
estformé desappliations
f : S → R
pour lesquellesil existe,en tout pointx ∈ S
, un voisinageV 1 ∪ . . . ∪ V n
de la forme préédente tel que, pour touti ∈ {1, . . . , n}
et toute injetionisométrique
j : V i ֒ → R
,f |V i = j ∗ f i
,f i
étant unefontion ane dont ladérivée est unentier.1.2. Théoriedu potentiel surles polyèdres de dimension1
1.2.1. Fontions harmoniques
Soit
S
un polyèdre entier de dimension au plus 1; étant donné un pointx ∈ S
tel quedim x S = 1
, ilexiste dessous-polytopes entiersV 1 , . . . , V n
deS
tels que(i)
dim(V i ) = 1
,(ii)
x
soit unefaedeV 1 , . . . , V n
etV i ∩ V j = {x}
sii 6= j
,(iii)
V 1 ∪ . . . ∪ V n
soit unvoisinage dex
dansS
.L'espaetopologique
V = V 1 ∪ . . . ∪ V n
est homéomorphe àla sommeden
opies de[0, 1]
amalgaméesen
0
etl'ensembleπ 0 (V −{x})
nedépenddonpasduhoixduvoisinageonnexeV
assez petitdex
.Ilenvaplusgénéralementdemêmepourtoutpointx
d'unpolyèdreentierdedimension auplus1,etensembleétantvide si
dim x (S) = 10
.Il estnotéT x S
etappelélene tangent à
S
enx
.Ilexisteunenotionnaturellebienqued'intérêtlimitédupointdevueadoptédanslasuite
debord d'un polyèdreentier dedimension (auplus)1,ompatible aveellepréédemment
dénielorsque
S
est unpolytope.Définition 1.2.1. Le bordd'unpolyèdreentier
S
dedimensionauplus1
estl'ensemble∂S
des pointsx
deS
telqueT x S
soit deardinal exatement un.Soit toujours
S
un polyèdre entierS
de dimension au plus1
. On appellera déompositionélémentaire de
S
unatlasZ
-polyédralD
satisfaisant aux deuxonditions suivantes:(i)pour toutsous-polytope
P ∈ D
et toutefaeP ′
deP
,P ′ ∈ D
(stabilitépar passageauxfaes);
(ii)pour tous sous-polytopes
P, P ′ ∈ D
,P ∩ P ′ = ∅
ouP ∩ P ′
est unefae deP
etP ′
.Onnotera
D[ℓ]
l'ensembledesP ∈ D
tels quedim(P ) = ℓ
(0 ≤ ℓ ≤ 1
).Ilestfailed'établirl'existened'unetelledéomposition:partantd'unatlas
τ
,onsidéronsl'atlas
τ ′
obtenu enajoutant,pour haquepolytopeP ∈ τ
,touslespolytopesP ∩ P ′
,P ′ ∈ τ
;e nouvelatlas est stablepar intersetion; on dénitalors
τ 0 ′
omme laolletion detous lespolyotpes
P ∈ τ ′
satisfaisant àlaondition :∀P ′ ∈ τ ′ , (P ⊂ P ′ et dim(P) = dim(P ′ )) ⇒ P = P ′
et l'on obtient une déomposition élémentaire
D
deS
en onsidérant toutes les faes despolytopes
P ∈ τ 0 ′
.Quel que soit le polytope entier
S
de dimension au plus1
muni d'une déomposition élémentaireD
, une fontionw : D[1] → R >0
dénit, pour toutx ∈ S
, une appliationw x : T x S → R >0
. La dénition suivante est introduite en vue des appliations aux ourbesk
-analytiqueslisses(f. hapitre 2).Définition 1.2.2. Si
S
est un polyèdre entier de dimension au plus1
, un poidsw
surS
est la donnée, pour tout pointx
deS
tel quedim x (S) = 1
, d'une appliationw x
deT x S
dans
R >0
, la olletion desw x
,x ∈ S
,provenant d'unedéomposition élémentaire deS
.Un polyèdre entier de dimensionau plus
1
et munid'un poids est dit pondéré.Remarque 1.2.3
1. Nous dirons que le poids
w
est onstant sur un sous-polytopeP
deS
si : pour tousx, x ′ ∈ P
ett, t ′ ∈ T x P
,w x (t) = w x ′ (t ′ )
.2. Soient
(S, w)
et(S ′ , w ′ )
deux polyèdres entiers pondérés etf
un isomorphismeG
-loalde