RAPPORT SUR LA MISE EN OPERATION D'UNE PASSE MIGRATOIRE AU LAC DE TRAVERS
DANS LA RESERVE PORTNEUF
ET CONTROLE DE SON UTILISATION PAR LE POISSON PAR
Jean-Pierre Thomassin
A l'automne
1977,
le service de la construction du ministèredu Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, entreprenait, à la demande du service de l'Aménagement de la Faune, la construction d'une passe migra- toire (type à seuils déversants), qui allait relier les lacs de Travers et Genest et qui permettrait aux populations de poissons y habitant de circu- ler librement sur toute la longueur de cet important bassin. Sans cette passe migratoire, le barrage du lac de Travers constituait un obstacle in- franchissable et rendait toute circulation impossible. Cette passe devenait d'autant plus utile que d'importants travaux d'aménagement avaient été en- trepris quelques années auparavant au lac Lapeyrère situé à quelques milles en amont. Il s'agissait en fait de contrôle de cyprinidés, introductions de truites grises, création d'une importante frayère à truite mouchetée avec introduction de géniteurs. Egalement, l'implantation de truites grises était tentée sur le lac de Travers lui-même.
Comme il était nécessaire d'avoir des données prouvant ou non
l'efficacité de cette passe, on procéda à l'installation d'une cage-trappe qui allait servir de contrôle du poisson empruntant cette voie d'accès. La construction de la cage fut réalisée à l'entrepôt du service des Parcs et du Plein-Air. selon les plans du service de l'Aménagement. Cette cage fut
2 ...
installée au sommet de la passe et cadenassée pour éviter que les visi- teurs ne puissent y avoir accès. Une équipe de techniciens avait la tâ- che de faire une vérification régulière de la cage (aux 3 ou 4 jours) ainsi que le nettoyage. Elle fut mise en opération à partir du 3 juillet
jusqu'au 30 octobre.
Résultats
Le tableau I nous fournit les données intégrales enregistrées lors des vérifications de l'été (en annexe).
Nous pouvons constater que la circulation dans la passe migratoire s'est faite à un rythme constant durant toute la période où la cage était installée, sauf pour les deux premières vérifications, soit celles du 5 et 10 juillet où il y avait respectivement 21 et 36 truites mouchetées. Les captures plus importantes lors de ces deux visites sont peut-être dues à une accumulation de poissons au pied du barrage avant que la passe migra- toire ainsi que la cage-trappe ne soient mises en opération, le 5 juillet.
Fait à remarquer, le passe fut remontée entre autres par 6 truites mouche- tées encore à l'état frétin et mesurant à peine 2 pouces, soit 6 en tout.
Face à l'expérience de cette année, il serait bon d'apporter
les chdgements suivants à la façon de contrôler le passe pour l'été 1979:
1. L'installation de la cage devrait se faire le plus tôt possible .../3
3 ...
au printemps de façon à avoir des données plus complètes sur une période aussi longue que possible.
2. Les visites par les techniciens de la Faune doivent être plus fréquentes et plus régulières de façon à réduire davantage le taux de mortalité. En effet, le taux de mortalité enregis-
tré durant la saison, pour les truites mouchetées ayant fran- chi la passe, a été de 19%. On peut facilement conclure que le poisson arrive dans la cage passablement épuisé et ne peut sup- porter longtemps un effort supplémentaire.
Conclusion:
La passe migratoire semble fonctionner très bien et donne des
résultats significatifs. Il faudra cependant attendre l'expérience d'au moins une ou deux autres saisons complètes avant de pouvoir analyser en profondeur les résultats enregistrés sur son fonctionnement.