LES ChIffRES
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hors-série n°26 JUILLET 2012
Le revenu et l’endettement des exploitations
LE RéSULTAT COURANT AVANT IMPôTS (RCAI) PAR ACTIF NON SALARIé DES MOyENNES ET GRANDES ExPLOITATIONS SE REPLIE DE 4 % EN 2011 POUR ATTEINDRE 30 200 EUROS. Calculéenmoyennesurlestroisdernièresannées,ilseraiten haussede6 %parrapportà2010.Ceredressementtendancielnepermettoutefoispasderetrouverleniveaumoyendes années2006à2008.L'année2011estmarquéeparlafortecroissancedescoûtsdeproduction,liéeàlaflambéedes coursdesmatièrespremièresde2010etàlahaussecontinuedesprixdesproduitspétroliersdepuislemilieudel'année 2009.Ilendécouleenparticulierdesdépensesaccruesenengraisetenalimentationanimale.Cettehaussedescoûtsdes consommationsintermédiairespèsesurlerevenudelaplupartdesexploitations.
Sécheresse et coûts de production entraînent un repli du revenu des productions végétales à l'exception de la viticulture
La progression du coût des engrais impacte négativement le revenu des exploitations des orientations végétales.
Celle-ci s’est amorcée en début d'année 2010 mais produit son plein effet sur la campagne 2011. Dans l'ensemble, les prix des céréales, oléagineux et protéa- gineux se maintiennent aux niveaux éle- vés de 2010. La sécheresse printanière a pénalisé les rendements céréaliers, à l’exception du maïs. Dans ces conditions, le revenu des exploitations de grandes cultures se replie en 2011. Affecté par les conditions climatiques qui ont per-
turbé les calendriers de production et les conditions de commercialisation de- puis le printemps 2011, le revenu des exploitations fruitières et maraîchères diminue significativement. En cumul triennal aussi, le revenu de l'ensemble des productions végétales est orienté à la baisse en 2011. La situation des ex- ploitations viticoles s'améliore en 2011.
Avec un volume de vendanges plus élevé qu'en 2010 et les prix des vins orientés à la hausse, le revenu des ex- ploitations viticoles continuerait à se re- dresser dans l'ensemble.
Amélioration du revenu en élevage laitier, mais les coûts de production pèsent encore en élevage bovin allaitant
Pour les exploitations d'élevage, la hausse du prix des aliments composés entraîne une forte augmentation des dépenses d'approvisionnement.Compte tenu du poids des charges et bien que soutenu par les nouvelles aides mises en place en 2010, le revenu des éleveurs de bovins viande et d'ovins s'inscrit en net recul en 2011. En revanche, la hausse de la collecte laitière dans un contexte favorable de hausse des prix du lait se traduit par l'augmentation de la valeur de la production qui compense celle des coûts des consommations intermédiaires. Le revenu des exploi- tations spécialisées en élevage laitier s'accroît en 2011, mais reste sur une tendance baissière sur les cinq dernières années (–1,5 % par an en moyenne).
En dix ans, le résultat courant avant impôts des exploitations arboricoles, maraîchères ainsi que celui des éleveurs porcins et bovins viande a diminué assez fortement. Sur cette même période, les revenus des exploitations en cultures générales, volailles et céréales oléagineux protéagineux ont augmenté significativement.
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Céréales, oléagin u , t agineux -73 +340 -24 -5
Ensemble des moyennes et grandes exploitations -44% +117% -4% +6% 20
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Cu u e énérales -54 +177 -20 +1
Maraîchag o ticulture -14 +50 -62 -16
V ticulture -22 +47 +43 +22
Arboriculture fruitière et autres cult e manentes -70 +155 -73 -39
B vins lait -50 +124 +16 +12
Bovins viande -9 +30 -14 +1
Bovins mixtes -46 +110 +7 +8
Ovins et caprins +4 +64 -26 +7
Porcins +94 +81 -27 +24
Volailles -1 +31 +4 +10
Polyculture, polyélevage -56 +180 -10 +4
28,5
43,3 18,1
40,6 9,8
19,9 13,9
22,7
15,5
27,5 28,9 23,2
10 15 20 25 30 35
2010 2005
2000
4
moyenne des 3 dernières années
résultats annuels
Le revenu et l’endettement des exploitations 13
JUILLET 2012 hors-série n°26
En 2010, les dettes des exploitations agricoles s'élèvent à près de 160 000 euros en moyenne et ont progressé de 1,4 % au cours de l'année.Les dettes à long ou moyen terme qui représentent les deux tiers du total de l'endettement, continuent à augmenter (2,4 %). Ces emprunts sont principa- lement destinés à financer l'acquisition des immobilisations : foncier, bâtiment et matériel. Parmi l'endettement à court terme, les dettes à moins d'un an auprès des organismes fi- nanciers diminuent en moyenne de 13 %, traduisant une amé- lioration de la trésorerie des exploitations au cours de l'année.
L'endettement
continue à progresser
★ Lexique
RICA :le réseau d'information comptable agricole est une enquête par sondage, réalisée chaque année dans les 27 États membres de l'UE. En France, un échantillon de près de 7 500 exploitations agricoles est interrogé. L'enquête relève des données comptables, ainsi que des indicateurs technico-écono- miques complémentaires. Poids de l'endettement :remboursement des dettes à long ou moyen terme + frais financiers / EBE. Taux d'endettement :ensemble des dettes / total de l'actif figurant au bilan.
Excédent brut d'exploitation (EBE) :valeur ajoutée au prix du marché + remboursement forfaitaire de TVA + subventions d’exploitation + indemnités d’assurances –impôts et taxes– charges de personnel.
L'EBE mesure la ressource financière potentielle procurée par l'activité courante de l'entreprise. Ce solde intermédiaire exclut notamment les charges calculées (amortissements) et les produits et charges financières. Emprunts à long ou moyen terme :emprunts souscrits à plus de 2 ans ou plus auprès d'organismes de crédits.
● Le chiffre
37 %
C’est le poids de l’endettement des exploitations agricoles.
✚ En savoir plus
Les comptes prévisionnels de l'agriculture par catégorie d'exploitations en 2011 : remontée des prix, mais hausse des coûts de production, Agreste Primeur n°273, décembre 2011. Les comptes prévisionnels de l'agriculture fran- çaise pour 2011, Agreste Dossier n°13, janvier 2012. Résultats économiques des exploitations agricoles en 2009, Agreste Dossier n°12, juillet 2011.
Le taux d'endettement (rapport du total des dettes à l'ensemble de l'actif) est en moyenne de 41 %, en progres- sion de près de 4 points au cours de la décennie. Un accroissement plus sensible du taux d'endettement est ob- servé au sein des exploitations spéciali- sées dans les élevages bovins, tandis qu'il reste stable en “grandes cultures”.
De façon générale, le taux d'endette- ment est plus élevé parmi les exploita- tions de grande taille et celles gérées par de jeunes chefs d'exploitation.
Les ratios d'endettement
Avec l'amélioration sensible des résultats en 2010, après une année 2009 très déprimée, le poids de l'endettement (la somme du remboursement des emprunts à long ou moyen terme et des charges financières, rapportée à l'excédent brut d'exploitation) retrouve, avec 37 %, un niveau assez proche de celui observé au cours de la décennie.Pendant cette période, l'endettement des exploitations à long ou moyen terme a tendance à s'accroître davantage que les résultats. En conséquence, le poids des remboursements d'emprunts de- vient plus élevé, même si cet alourdissement est en partie compensé par l'allègement des charges financières favorisé par la baisse des taux d'intérêt. En 2010, au sein des orienta- tions “céréales et oléoprotéagineux” et “cultures générales”, le poids de l'endettement, avec un peu plus de 30 % en moyenne est sensiblement inférieur à celui observé dans les orientations
“bovins viande”, “bovins mixte” et “porcins” où il dépasse 45 %.
Une tendance à l'allègement du poids de l'endettement dans les orientations de “grandes cultures” et à l'alourdissement en
“bovins viande”, est observée au cours de la dernière décennie.
Structure de l'endettement
Avertissement
En application de la réglementation européenne, les résultats du Rica sont désormais diffusés selon la nouvelle typologie des exploitations agricoles. Par ailleurs, la procédure de réévaluation des actifs immobilisés a été abandonnée.
Les résultats proposés ici ne doivent donc pas être comparés avec ceux des éditions précédentes.
(en pourcentage : moyenne des ratios calculés sur 3 ans) Source : Agreste
35 36 37 38 39 40 41 42 43%
2009 2007 2005 2003 2001
poids de l’endettement
taux de l’endettement
STRUCTURE DE L’ENDETTEMENT EN 2000 ET 2010
(en milliers d’euros) Source : Agreste
● emprunts court terme ●
3,7 5,1
● emprunts fonciers ●
6,0 5,1
● emprunts bâtiments ●
15,5 23,6
● dettes fournisseurs ●
20,5 26,0
● autres emprunts à long ou moyen terme ●
58,9 77,2
endettement total
124,9 159,7
2000 2010
L’ENDETTEMENT DES EXPLOITATIONS EN 2010
(moyenne par exploitation en milliers d’euros) Source : Agreste, RICA 2010
Porcins Granivores mixtes Cultures générales Bovins mixtes Polyculture, polyélevage Viticulture Bonvins lait Ensemble
Volailles Maraîchage Fruits et autres cultures permanentes Céréales et oléoprotégineux Fleurs et horticulture diverse Bovins viande Ovins et caprins
332,0
234,5
216,8
211,6
180,3
174,2
166,0
159,7
159,3
152,5
123,1
115,9
106,1
92,2