Exercices sur la morphologie math´ ematique
Isabelle Bloch
1 Propri´ et´ es d’op´ erations morphologiques
Les affirmations suivantes sont elles vraies ou fausses ?
vraie fausse 1 l’´erosion d’une fonction est croissante par rapport `a la
fonction `a ´eroder
2 l’´erosion d’une fonction est croissante par rapport `a l’´el´ement structurant
3 l’´erosion d’une image `a niveaux de gris bouche des
≪ vall´ees≫
4 un filtre altern´e s´equentiel est croissant 5 un filtre altern´e s´equentiel est idempotent
6 un filtre altern´e s´equentiel est extensif
7 un ensemble convexe est invariant par fermeture par un ´el´ement structurant compact convexe
8 un ensemble convexe est invariant par ouverture par un ´el´ement structurant compact convexe
9 une ´erosion de taille 3 suivie d’une ´erosion de taille 2 est ´equivalente `a une ´erosion de taille 5
10 une ouverture de taille 3 suivie d’une ouverture de taille 2 est ´equivalente `a une ouverture de taille 5
2 Morphologie math´ ematique binaire
2.1 Ouverture morphologique
Dessiner l’ouverture de l’ensemble X de la figure 1 par l’´el´ement structurantB. Est-ce que le r´esultat d´epend du choix de l’origine de B? (indiqu´ee par une croix sur l’´el´ement structurant).
2.2 S´election d’objets
Une image binaire contient des disques de diam`etre 5, des disques de diam`etre 10, des segments de longueur 5, des segments de longueur 10 et des segments de longueur 15, les seg- ments pouvant avoir des orientations diff´erentes. Quelles sont les op´erations qui permettent :
B
Figure 1 – Op´erations ensemblistes.
– de supprimer uniquement les disques de diam`etre 5 ? – de supprimer tous les disques (et seulement les disques) ? – de s´electionner les segments de longueur 15 ?
3 Morphologie math´ ematique ` a niveaux de gris
La figure 2 pr´esente une fonction f d´efinie en dimension 1, et un ´el´ement structurant B. Tracer la fonction r´esultant de la dilatation def parB, son ´erosion, son ouverture et sa fermeture.
Donner le nombre de minima et maxima r´egionaux def, de l’´erod´eEB(f) def parB et de l’ouverturefBdef parB, ainsi que le nombre de pics d´etect´es par chapeau haut-de-forme avec cet ´el´ement structurant.
Tracer la reconstruction def en prenant la fonctiongd´efinie parg(x) = max(0, f(x)−2) comme marqueur. Interpr´eter le r´esultat obtenu.
4 Relation entre morphologie math´ ematique binaire et mor- phologie math´ ematique ` a niveaux de gris
Etant donn´ee une fonction (repr´esentant une image `a niveaux de gris) d´efinie surRn, on peut en d´eduire une famille d’ensembles binaires appel´es sections (ou seuils) de hauteur t, d´efinis par :
ft={x∈Rn|f(x)≥t}.
Etablir la relation entre le dilat´e de la section de hauteur t, D(ft, B), et la section de hauteurt du dilat´e def,D(f, B)t, o`u B est un ´el´ement structurant binaire quelconque.
x f(x)
élément structurant (segment horizontal centré) B
centre de B
x f(x)
élément structurant (segment horizontal centré) B
centre de B
Figure2 – Fonction f.
1. Montrer que la dilatation fonctionnelle commute avec le supremum, c’est-`a-dire, pour toutes fonctionsf et get tout ensemble (´el´ement structurant) B, on a :
D(f ∨g, B) =D(f, B)∨D(g, B) o`uf ∨g est d´efini par∀x,(f ∨g)(x) = max[f(x), g(x)].
2. Montrer que pour l’infimum, on a l’in´egalit´e :
D(f∧g, B)≤D(f, B)∧D(g, B).
Trouver un contre-exemple simple pour lequel cette in´egalit´e est stricte (l’´egalit´e n’est pas v´erifi´ee).
6 Adjonctions et op´ erateurs alg´ ebriques
Soit un treillis (T,≤) (≤ relation d’ordre partiel, telle que∀(x, y)∈ T,∃x∨y et∃x∧y dansT). Le treillis est dit complet si toute famille d’´el´ements (finie ou non) poss`ede un plus petit majorant et un plus grand minorant.
On appelle dilatation alg´ebrique un op´erateur qui commute avec le sup du treillis et
´erosion alg´ebrique un op´erateur qui commute avec l’inf du treillis :
∀(xi)∈ T, δ(∨ixi) =∨iδ(xi)
∀(xi)∈ T, ε(∧ixi) =∧iε(xi) Une paire d’op´erateur (ε, δ) est une adjonction sur (T,≤) si :
∀(x, y), δ(x)≤y⇔x≤ε(y)
1. Montrer que si (ε, δ) est une adjonction, alors pour tousx, x′, yon aδ(x)∨δ(x′)≤y⇔ δ(x∨x′)≤y. En d´eduire queδ est une dilatation alg´ebrique. On montre de mˆeme que εest une ´erosion alg´ebrique.
2. Montrer que δ est croissante.
3. Montrer que
– εδ≥Id etδε≤Id(o`uId d´esigne la fonction identit´e sur le treillis), – εδε=εetδεδ=δ,
– εδεδ=εδ etδεδε=δε.
7 Ouvertures alg´ ebriques
On appelle ouvertur alg´ebrique dans un treillis une op´eration croissante, idempotente et anti-extensive. Soient γ1 etγ2 des ouvertures alg´ebriques. Montrer l’´equivalence entre :
1. γ1≤γ2
2. γ1γ2 =γ2γ1 =γ1
3. Inv(γ1)⊆Inv(γ2) o`u Inv d´esigne le domaine d’invariance.
Indication : on montrera que 1 ⇒ 2⇒ 3 ⇒ 1. On rappelle qu’une ouverture γ s’exprime `a partir de son domaine d’invariance parγ(x) =W
{y ∈Inv(γ), y≤x}.
8 Analyse d’une image
Imaginer et d´ecrire le plus pr´ecis´ement possible une m´ethode de segmentation des cellules de la figure 3 `a partir des op´erateurs vus en cours. L’algorithme devra fournir une image binaire des cellules et ´eliminer les petits points sombres.
Comment supprimer les cellules qui touchent le bord de l’image `a partir du r´esultat binaire de segmentation ?
Comment s´eparer les cellules qui sont connexes ?
Comment s´electionner les cellules qui ont un noyau sombre ? Comment ´etudier la distribution de tailles des cellules ?
Figure 3 – Image de cellules.