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Comment je travaille dans ma classe II. - Une journee de classe

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Academic year: 2022

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(1)

L'EDUt;AT~UN.

r1·1111 i;:1tidP dr· 11111f,rr, de circulPr :-;ans ho11sr11ladr ,_111'

lin

chantier, clr [J'R\'CJ'Sf'r en groupe llllP rtlf'

encombrér. fis doivent effertuer en rlassr rl1>s mou- 1·rment:-; plus rompliqués que reux d'unP renlrér.

Il leur faut cependant l'nraisser les cures cl'i111mn- hilité, le::; séances de bnis lcndus, rie mains s11r 1:1 tète dont ils 11(' peuvent ii priori apprécier to11le l'utililé. On apprencl }1 « jourr le jeu '" Ils ne sr l'ont guère d'illusion sm la vnleur et la significn- tiou d'une eertoinc riiscipline, qu'ils distinguent d'ailleurs forl hien de la. discipline utile. lis s'adap- 1ent it un nioncle n1·tificiel pat· une imperméabilité affective, 11nr misr :'1 clisln11r'e s<ilulaire (sinon mo- i·ale) (3).

f-iouvent le rnuilre essaie :rnta11l que possible de so11slrairc les e11fan1s clont il se croit responsable ù l'atmosphère pénil>le rt excitée de J'~colc-casemr.

~lonlC':; foules d'en rani::; e11 matHCU\ re rlanis les cou- loirs, énerveme11t rll's ré<'ré:1ti<'ll1s affolantes où 400 gosses tassés tré~pignent et essail'nt de s'éhnttre dans 11ne cour n11r sou,., les coups cil' i:;ifflels ei les cris des édtwaleurn cl11 pr11ple c\e1c•1111s gardiPns 11ialgré•

Pli:\.

On peul regretter c1ue l'enrant :<oil amené ii di:<- tinguer deux disciplines. Celle de la clasr<e, sél'ieuse.

motivée, et celle <le l'école dérinie par cle::. règle- ments candides qui font spmblant rie croire qu'il snffil d'interdire pour rmpêclier. Le maître ne peul pas se solidariser, sous peine de pP1·dre la confianre cle)) Pnfniits, av('c 1111e discipline hérissé(' d'inf Pl'dic-

lions qui se111blP :11oir po11r hui e:-;sentiPI rt'nbtenir la lranquillitf\ rlrs ;.irlultrs,--- rêve irnpossihlP,

en

inter- disant toute acth ilé aux enfon1s. Oiscipli11e tout ex- ll>t·ieurc basée non sur les hesnins des enfants mais

»111· la peur nbsessionnelle drs acriclents, sur la fuite devant les respnnsahililés pnssihles. Discipline qui rscarnotc le problème. Attil11de dont no11s nous féli- ritons dl' n'avoir pas à rechP1Ther ici les causes i11avo11ées !'l qui semble plus soucieuse de u défendre

;'1 ,, nu de " se dMPJHlre cle n, que de « défendre l'en- fm1t '"

~Jais le mallre ne peul pas nou plus s1• clésolidari-

:-<!'I' complètrn1ent de cette rlisc.:ipline. ,

Problème insnl11blP, tnü1lr111rnt :-irlifiriP.I difficile

a éviter. '

Tant qu'il 1-'))t i11tc•rdil, 1111 1110ins théoriquement, au.\ écnliern de 10 ans de rnurir, de se laver les 111;;tins, de tailler 1111 crayon n\'ec 1111 canif, de joue1·

:'1 If!. balle, de glisser, dl' faire cll's hou les de neige, ri 'ouvrir une fenc't re, ri 'org::n1 isl'r des jeux col.lectifs, lanl que la devise essentirlle cle ln prdagogie de- llll'lll'l' u Pas d'histoirn '" Ir tnoitre, m~rne s'il est obligé de faire cxécntt•1" n'est pas tenu d'apporter sn <·a11lin11 mnrnlP a 1111 sY:::lème périmé el néfastl'.

OURY (Pa1·is).

(3) la même réaction de mise en distance permet au maître traditionnel de sauvegarder sa personnalité, de res- ter un homme en se détachant de son personnage devenu parfois méprisable.

Comment 1e travaille dans ma classe

II. - Une . ,

de classe 1ournee

La rentrée s'est effectuée comme prévue. Huit nouveaux rr.ontent dans ma classe et celle-ci se présente comme ceci :

8 CE 2 - 8 CM 1 - 6 CM 2 - 6 CFE-CS.

Voici la répartition officielle, mais au bout de quelques

jour~ tout est chambardé

Les 8 CE 2 restent CE 2, peut-étre pourrais-je envisager de, f;:11re mon calcul niveau CM 1, mai~ il y en a trois qui trainent.

Les CM 1 seront groupés pour le français, n.a1s d1v1sés

~our le calcul. Trois d'entre eux marcheront avec le CE 2.

les autres. je pourrai les pousser.

Le CM 2 est désastreux : un futur 6' marche avec le CS-CFE, le reste (trois venant de l'extérieur, sont «perdus», quant aux deux autres ils sont déformés par la famille in-

dolents). ·

Seuls mes CFE-CS sont bons l ls marcheront seuls.

Le t<1bleau n~est guère relui~ant A cela jr dois ajouter que mes huit CE, habitués à une discipline stricte : bras croisés, défense de bouger, éprouvent le besoin de s'éman- ciper. l ls sont chez les grands et là « on peut faire ce que l'on veut. » Il y a parmi eux deux sujets très remuants qui m'ont été passés avec la recommandation traditionnelle : « Il faut les mener à la baguette. »

Les premiers jours furent pénibles, très pénibles. Jamais je n'ai tant aspiré à I<> ~ortie de 4 heures. Les plus remuants semblent me contaminer toute la classe. Que faire ?

Ce qui me console, c'est que, dès la rentrée mes anciens ont repris le travail comme s'ils venaient d~ le quitter : p!an~ de travail, fichiers, texte, tout a démarré sans coup ferir. La Coopé a été reformée, le président élu, les respon- sables nommés. j'en étais tout ébahi.

Les CE 2 m'inquiètent toujours. Ils ne font rien si je ne les y oblige pas. l ls sont là amorphes, assis sur leurs chaises, ne de~sinent pas, ne pre.1nent pas même un livre ; constam- ment, ils me demandent: « M'sieur, je peux faire ceci, cela ? » Je n'arrive pas à me mettre à leur niveau. C'est vrai qu'ils ne conna1«ent rien à notre travail, il faut les initier.

Pour eux, tout est neuf, ils sont dépaysés, désorientés. Enfin, petit à petit, en fin de mois, cela va un peu mieux.

Les « Remuants » ne sont pas el")core au diapason, ils ne sont pas encore « redevenus » des enfants. l ls sont tou- 1ours des « élèves » avec tous les défauts que ce mot com- porte. Trois fois dejà, ils ont figuré au journal mural et ont passé devant le bureau de la coopé. La dernière fois, le président les a avertis que l.J coopé n'acceptera pas d'être

« insultée» (sic) par eux et qu'elle se chargera de les mettre au pas ... J'en ai été stupéfait, car je n'interviens jamais dans les débats.

Allons, il y a de l'espoir.

11 est ev1dent que dans une telle atmosphere, le travail n'a pas été très facile.

Au début, j'ai pris toute la classe pour travailler au TL des grands, mais au bout de huit )Ours, mes petits m'ont apporté des textes. Il est vrai que, pour les pousser, je leur ai dit qu'ils savaient tous un souvenir de vacances et qu'ils allaient nous le raconter. C'est comme ça que nous avons démarre

Maintenant mes CM 1 travaillent avec le CE 2. l ls tire- ront les petits. Pour l'instant, voici comment je me suis organisé :

8 h - 8 h 15. - Lecture libre, dessin, correction fiches.

8 h 15 - 9 h 30. - Crands : travail au TL. choix. mise au roint, vocabulaire, ex. orth., etc.

(2)

L'EDUCATEUR 59

V•tiU: cc11lu1.,, c:alc:ul mecan''1'J,., 1T1Î>r "" 11•11nt person- 11elle, travaux à f1n1r, lecture silencieuse. CM : travail du plan.

9 h 30 - 9 h 45. - Récréation.

9 h 45 - l l h. - Grands : ex. d'application en français, c<>lcul ou français du plan.

Petits : Choix du texte, mise au point, travail de français.

Voici pour le matin des jours où il y a texte libre : en principe, le vendredi et le lundi.

Le mardi et le samedi, nous exploitons les TL en français suivant l'horaire ci-dessous :

8 h - 8 h 15. - Comme les autres jours.

Grands. - 8 h 15 à l l h : travail de français et de

calcul du plan. ·

Petits. - 8 h 1 5 - 9 h : travail de franca1s : ou conjug.

ou grammaire.

9 h - l 0 h : Calcul.

10 h - l l h : Français, auto-dictée, lecture, TL, écriture.

Pendant que les petits sont occupés à un travail, je suis libre pour surveiller et aider les grands, faire une leçon à une équipe.

. L'après-midi est réservé soit aux travaux libres du plan chez les grands, sC'lit aux travaux de recherche pour le CE 2 : exploitation du texte, histoire, géographie, sciences, chant à la T.S.F., initiation musicale, morale, religion (nous sommes en Alsace), exposé par un élève.

Et le mercredi ? Nous avons ce jour-là une heure réservée au travail dans le cahier mensuel l'y suis revenu. Aupara- vant, je procédais à un contrôle des acquisitions de la semaine. Cela me donnait un travail fou de préparation, chaque élève faisant .Jutre chose. le fais maintenant des interrogations orales sur le TL au moment de la mise au point. En calcul, je procède d'une manière identique, sur- veillant de près le travail des équipes.

•• ••• • . -

Aprè~ l'pprruvr· rh1 c"h1N

11Wl1'""'·

le, "nl'lnl, .1Chevrnl le travail prévu al1 plan. Je f1J1s une leçon collective au CE ou bien nous écoutons un exposé. L'après-midi, il y a reli- gion (3 h en tout), leçon de gymnastique, chant à la. radio, réunion de la coopé, établissement des plans de travail, no- tation, etc.

A lire cet exposé, certains jeunes pourront se dire que nous travaillons d'une manière assez fantaisiste. Cela n'est pas le cas. Si nous n'avons pas un horaire minuté à l'ex- trême comme dans les classes « traditionnelles», nous avons quand même le souci de l'horaire. Je respecte le nombre d'heures prévues au programme pour chaque matière, mais je me conforme aux instructions qui disent que les horaires doivent être appliqués avec beaucoup de souplesse et de que les horaires hebdomadaires doivent être respectés. 11 ne nous est pas possible de ne pas tenir compte de l'horaire car certaines matières sont «immuables», si je puis m'exprimer ainsi : 2 h d'allemand (eh ! oui, en Alsace ... ) sur lesquelles je ne puis « carotter » puisque je n'ai pas les élèves, puis les 3 h de religion que je dois respecter si je ne veux pas l'évêque sur le dos ... Déduisez encore trois fois un quart d'heure pour les émissions dP T S F (enseignement par l;i radio). Que reste-t-il?

Et l'imprimerie? Où est-elle? Eh bien! oui, je n'ai pas imprimé ce mois-ci. Nous tirerons tout au limographe un de? ces jours, ou j'irai le ronéotyper chez un camarade. Mais

le~ grands? direz-vous. Les grands m'apportent des textes qui tiennent un tableau olein. Allez imprimer quand vous n'en avez que deux ou trois dans un cours. Quant aux petits, nous nous y mettrons ce mois-ci. Octobre est un rnois de démarrage, et malgré toute la bonne volonté du monde, nous n" pouvons tout faire.

Les correspondants? Nous avons envoyé une première let- tre. Mais notre c;imarade doit avoir aussi ses difficultés de démarrage et je pense que d'ici une semaine ou deux tout sera en train

CHATTON, Staffelfelden (Haut-Rhin).

····- , .... •

Expositions et Visites

VIS•TE

de quelques camarades du Tarn-et-Caronnne

Jj Barthol noua écrit en mars et nous parle de Bourdoncle dont il a fait connaissance à Sainte-Feyre.

Bourdoncle nous écrit en mai et nou~

demande si nous pourrions le recevoir aux Costes avec quelques camarades de son Groupe.

Nous acceptons, et pensons surtout à une rencontre « de jeudi » comme celles du Groupe de l'Aveyron.

Echange de corre~pondance et, en juin, Bourdoncle nous demande si nous pourrions les recevoir un jour de classe, mais les examens font proposer la date du samedi 2 juillet.

Nous avions prévu notre Vente-E.xpo- eition pour le 3 (c'est pour nous la seule date possible) nos classes sont donc désorgania.ées (départ après les examens, travaux agricoles permis aux grands ... et surtout préparation de notre exposition).

Je propose donc, par retour, à Bour- doncle, de les recevoir, non dans une classe en travail normal. mais avec la visite de notre exposition (ce que l'on peut faire avec ou d'après les dessins d'enfants) je leur propose de faire tra- vail Ier devant eux plusieurs « ateliers » : presse, linos, tapis bouclette, argile, etc.

Bourdoncle accepte.

li) Le l"r juillet, nous préparons donc notre exposition dans une classe.

Dans les deux autre•, nous préparons les ateliers suivants :

a) compo~ition el tirage p1e~se cl

limographe ;

b) ce que l'on peut tirer de la corres·

pondance interscolaire avec surtout le

« fichier enrichi par les apports de nos correspondants » :

c) atelier de peinture <él®©

d) tapis-bouclettf" : c) assiettes en papier /) argile ;

g) découpage et pyrogravure (matériel

@®ID.

h) bois sculpté ; i) verre peint ;

j) comment utiliser le dessin de l'en- fant ? ;

kJ

journaux scolaires, numéros spé~

ciaux sur nos voyages d'études ; quel- ques enfantines cc Notre vie " et deux ou trois BT « Les Causses " (pour leur offrir) ;

/) nous étalons en vue le matériel, surtout les petits lrucs qu! peuvent leur servir.

111) Arrivée des camarades vers 10 h. 30 (la grève du mercredi et le deuil de Bourdoncle ayant d~rangé l'ho- raire prévu}.

Prise de contact avec les enfants, puis midi approchant, repas.

L'après-midi, au retour des enfants, c'est le travail.

Chacun y met du sien, en se met à la place des gosses et on travaille sou~

leur direction au tapis ou aux assiettes ; On passe d'une classe à l'autre, on icoute les explications sûrement un peu décousues, on prend notes et adresses.

Je n'en dirai pas plus ; l'heure de la séparation est venue trop tôt pour nous.

Nous avons tous regretté que les Bourdoncle n ·aient pu venir 1

CABANES.

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