ÉTUDE PRÉLIMINAIRE DES CARACTÉRISTIQUES
DE TRAITE DES VACHES LAITIÈRES
A. DESVIGNES M. POUTOUS Statiorz centrale de
Génétique
animale,Centre rzational de Recherches
z ootahni q ues, Jouy-en-Josas (Seirte-et-Oise)
SOMMAIRE
Des contrôles de traite ont été effectués de 1956 à 1959sur un troupeau de vaches laitières de
race Brurze des
Alpes.
1 207 données provenant de 77 animaux différents ont étéanalysées.
Les différents critères
employés (quantité
totale de lait, durée totale de traite, débit maximum par minute, date du débit maximumdepuis
le début de la traite,quantités
de lait obtenues au cours des 3 ou 4premières
minutes de traite en pourcentage de laquantité
totale) présentent desrépétabilités
relativement faibles ; on a étudié lesprincipaux
facteurssusceptibles
de faire varierces
caractéristiques.
i o
) La
quantité
totale de lait recueillie à la traite est en corrélation étroite avec les autrescritères ;
cependant,
une correction tenant compte de laquantité
de lait n’améliore pas sensible- ment larépétabilité.
2
°)
L’époque
de nos contrôles a eu une influenceimportante
sur la variation de nos données ;cela tient aux changements des conditions de traite survenus au cours des années. Le caractère
qui
a été le moins affecté est le pourcentage de lait obtenu au cours des 3premières
minutes de traite.g°) Le numéro de lactation est une source de variation des critères que nous avons étudiés,
mais il semble intervenir de
façon
indirecte, par son action sur laquantité
totale de lait recueillie à la traite.4
°) Le stade de lactation a une influence non
négligeable
sur lescaractéristiques
de traite ;un contrôle réalisé au cours de la
première
moitié de la lactation permet une meilleure connaissance del’aptitude
à la traite d’un animal.Les relations des critères entre eux, et des critères de traite avec les critères de lactation, montrent
enfin
qu’il
estpossible d’envisager
une sélection surl’aptitude
à la traite, sans aller à l’encontre d’une améliorationgénétique
de laproduction
laitière.INTRODUCTION
Actuellement,
lagestion
d’untroupeau
de vaches laitières se pose en termeséconomiques :
ils’agit
pourl’éleveur,
dans uneconjoncture
de commercialisationdonnée,
d’obtenir un revenu maximum de soncheptel exploité ;
celaimplique
uneaugmentation
durapport global
del’étable,
fonction du nombre et du niveau deperformances unitaires,
mais celaexige
aussi une diminution des frais deproduction.
Parmi ces
derniers,
le salaire du ou des ouvriersresponsables
de la conduite dutroupeau
constitue unposte important.
Ils’agit
donc d’assurer à la main-d’oeuvre utilisée une efficiencemaximum ;
lagénéralisation
de la traitemécanique, couplée
la
plupart
dutemps
à des installations de stabulation libre et de salle de traite de diverstypes,
vise à ce que le nombre d’animaux traits àl’heure,
d’unefaçon
correcte,dans des conditions
d’hygiène satisfaisantes,
soit leplus
élevépossible.
Lesjournées
de l’Association
Française
de Zootechnie étaient d’ailleurs consacrées en10 6 0
àcet
important problème (A.
F.Z., 10 6 0 ).
On cherche donc à avoir un
troupeau
de vachesayant
untempérament
detraite
facile,
et enquelque
sortestandard ;
on réduit ainsi letemps
de travail du vacher et on normalise son intervention sur uncheptel homogène.
Il est apparu, par
ailleurs,
clairement que les différences dans lecomportement
à la traite des vaches étaient
partiellement d’origine génétique.
Le récentCongrès
international de Zootechnie de
Hambourg
en donne de nombreuxexemples.
Dansles programmes d’amélioration
génétique appliqués
aux bovinslaitiers,
on a donctenu
compte
deplus
enplus
du caractère «aptitude
à la traite » en lui-même etnon
plus
indirectement comme par lepassé,
eninvoquant
le rôle d’une « bonne gymnas-tique
fonctionnelle » de lamamelle,
sur le niveau desperformances
réalisées.Nous nous contenterons, dans ce mémoire
préliminaire d’apporter
les pre- miers résultats que nous avonsacquis
en matière de contrôle del’aptitude
à latraite des vaches laitières d’un
troupeau
dont nous assurons lagestion technique ;
à
partir d’eux,
nous essaierons dedégager
des méthodes de travail pour lefutur, plus rationnelles, applicables
à vasteéchelle,
notamment dans le cadre du programme detestage
des taureaux d’insémination artificielle.MATERIEL
ETMÉTHODES
Les contrôles ont été effectués de r956 à 1959 sur le troupeau de la ferme de
l’Abbaye
de laPierre-qui-Vire
dans l’Yonne. Ce troupeau se compose en moyenne de 30vaches adultes, toutes derace Brune des
Alpes, qui
sont entretenues dans les conditions normales d’une bonneexploitation
commerciale de la
région.
Maintenues en stabulation libre l’hiver et au pâturagependant
le restede l’années, les vaches sont constamment traites dans une salle à 3 postes
équipés
en matériel Gas-coigne.
L’égouttage
se fait entièrement à la machine. Toutes les vaches en lactation, en bon état sanitaire ont été contrôlées avec unepériodicité
moyenne de i mois. On notait, pourchaque
animal,la
quantité
de lait obtenuedepuis
le début de la traite,jusqu’à
la fin de la ire, 2e... llième minute,et la durée totale de la traite.
On estimait que la traite débutait au moment de la pose du 3e
gobelet
etdu’elle
se terminaitlors de l’enlèvement de ce même gobelet ; elle
englobait
ainsi lesopérations
d’égouttage à la machine.Les
quantités
étaient mesuréesvolumétriquement,
par référence à une réglette graduée, visibleà travers les
parois
transparentes du pot trayeur. Dans nos conditions d’observation, une sourced’erreur
provient
de la mousse abondantequi
seproduit
en cours de traite etqui
rendparfois
diffi-cile
l’appréciation
du niveau du lait.Au total, 1207 données ont été retenues, provenant de 77 animaux différents. Elles ont été mises en cartes perforées et traitées par un programme
spécial
sur ordinateur I. B. M. 650. Pourchaque
carte, les critères suivants ont été calculés :- Durée totale de traite (en mn).
- Débit maximum par minute
(en
kg/mn). Les débits par minute ont été obtenus parsimple
différence entre les quantités de lait au début et à la fin de la minute considérée.
- Temps du débit maximum
(en mn), égal
par convention au numéro d’ordre de la minutependant laquelle
le débit était maximum diminué de 0,50.-
Pourcentage
de lait obtenu au boutdes 3 premières
minutes, par rapport à laquantité
totale de lait de la traite
(ou
pourcentage en3 minutes).
- Pourcentage de lait obtenu en 4 minutes (pourcentage en 4 minutes) défini de manière
analogue
au critèreprécédent.
-
Quantité
totale de lait de la traite.La durée totale a été
prise
comme critèregénéral d’aptitude
à la traite.Les courbes de traite
exprimées
en débits cumulés ou en débits minute parminute. (graph. i),
donnent une représentation de ces différents critères.
RÉSULTATS
ET DISCUSSIONI. - VALEUR MOYENNE ET RÉPARTITION DES CRITÈRES
Les valeurs moyennes, les
écarts-types
et les coefficients de variation des cri- tères ont été rassemblés dans le tableau I, et les courbes derépartition
des donnéessur les
graphiques
2 A à 2 F.Le coefficient de variation très élevé du
temps
du débit maximums’explique
par la relative
imprécision
de ces mesures obtenues à la ferme. Le critère le moins variable est lepourcentage
en4 minutes :
à ce moment, unpourcentage important
de vaches ont terminé leur traite. Le coefficient de variation des autres
paramètres
est du même ordre de
grandeur :
il est relativementélevé,
cequi indique
unegrande
variabilité des caractères étudiés. Les
répartitions
sont toutes fortementdissymé- triques ;
nous avonsmontré,
parailleurs, qu’elles
diffèrent nettement derépar-
titions
laplaciennes,
et obtenu des transformationspermettant
de les normaliser.La
comparaison
de nos résultats avec ceux des auteursayant
étudié le mêmeproblème
est souvent délicate. Non seulement les méthodes de recueil des données et les conditionsd’exploitation
des animaux diffèrentlargement,
mais aussi lesdéfinitions des critères ne sont souvent pas les mêmes. Par
exemple,
le débit maximumpeut
être calculé àpartir
de courtespériodes
de contrôle( 30
ou 15s) ;
ilprésente
alors des valeurs
plus
élevées que dans le casprésent. I,’âge
et le stade de lactation des animaux contrôlés varientaussi, beaucoup
de chercheursayant
utilisé desprimi-
pares dans les
premiers
mois de leur lactation.Quoi qu’il
ensoit,
il sembleexister,
pour le débit maximum et pour le
pourcentage
en 3minutes,
une concordance satisfaisante avec les constatations des travaux similaires(JoIIA!ssov, 10 6 1 ; PO
LI T I E K
, ig6i ; S ANDVIK , 1957 ).
Par contre, la durée de traite moyenne que nousavons observée
paraît supérieure
à laplupart
des résultats des auteursétrangers,
sauf cas
particulier (I)o DD , r 95 g).
La différences’explique,
pensons-nous, par l’habi- tude des vachers de la fermed’égoutter
trèslonguement
les animaux.2. - R!P!TABII,IT! DES CRITÈRES
Les coefficients de
répétabilité
des critères(tabl. 2 )
ont été obtenus par la méthodeclassique
dedécomposition
de la variance à unevoie,
les mesures étant classéesd’après
l’animal surlequel
elles avaient été obtenues.Ces coefficients de
répétabilité peuvent
être considérés comme un coefficient de corrélation moyen entre 2 mesuresquelconques
d’un même animal. De cefait,
ilsindiquent l’importance
relative des facteurs liés à l’animal parrapport
à l’en- semble des causes de variation. Les critères lesplus
intéressants sont les deux pour-centages, puis
le débit maximum et letemps
total.Ces valeurs sont sensiblement inférieures à celles
qui
sont citées par ailleurs.Par
exemple,
BECK et al.(ig 5 i)
ont relevé desrépétabilités supérieures
à0 ,8 0 pour
des mesures effectuées à un
jour d’intervalle,
et même d’une lactation à la suivante.Ces différences
s’expliquent
enpartie
par les méthodes de contrôle et de calcul des critères que nous avonsemployées,
enparticulier
pour le débit maximum. Nous pensons néanmoinsqu’on
doit surtout tenircompte
des nombreuses variations dans latechnique
de traitequi
seproduisent
normalement enplusieurs
annéesdans une ferme de ce
type.
D’ailleurs les valeurs derépétabilité
trouvées dans desenquêtes
effectuées dans desélevages
ordinaires sontplus
faiblesqu’en
station(S
ANDVIK
,
Ig57a).
3. RE1,ATIONS AVEC I,A
!UANTIT!;
DE LAIT PAR TRAITEAprès répartition
des données en 4 groupesd’après
laquantité
totale de lait à latraite,
nous avons calculé pourchaque catégorie
les valeurs moyennes desdébits minute par minute. Les courbes obtenues
(graph. 3 )
diffèrent nettemententre elles ainsi que les
paramètres qui
les définissent.Il existe effectivement des variations
systématiques
deslignes
derégression
de ces
paramètres
en fonction du niveau deproduction (graph.
4 et5 ).
Le sens etl’intensité de ces relations de
dépendance peuvent
être estimés parles
coefficients de corrélation et derégression
linéaires rassemblés dans le tableau 3.Les critères les
plus
liés à laquantité
totale de lait sont le débit maximum(
y
=o,56)
et la durée totale(r
=0 , 40 ).
Cette dernièreaugmente
de 0,40 minute par litre de laitsupplémentaire.
Lespourcentages
eux-mêmes ne sont pas entiè- rementindépendants
du niveau deproduction.
Pour vérifier si les relations étudiéess’expliquent
effectivement par lesrégressions linéaires,
nous avons d’abord calculé les valeurs moyennes des critères par classes de I litre de laquantité
totale de lait.L’analyse
de la variance de ces moyennespermet
d’estimer la réduction de la sommedes carrés due à
l’ajustement
sur la vraieligne
derégression
des variablesdépen-
dantes sur la variable
indépendante.
Pour nosdonnées,
la réduction à unajuste-
ment linéaire était
significativement plus
faible pour letemps
total et le débitmaximum,
de telle sorte que pour ces deux critères uneéquation
linéaire ne semblepas suffisante. Néanmoins
l’augmentation
du coefficient de corrélation que procu- rerait unajustement
sur laligne
des moyennes estpratiquement négligeable
pour le débit maximum(!- o,oi),
et reste faible pour letemps
total(+ 0 , 03 ).
I,’intro-duction d’un terme du 2e
degré
dans leséquations
deprédiction
ne nous a donc pas parujustifiée, compte
tenu des calculsimportants qu’elle
aurait entraînés. Onpeut
vérifier sur lesgraphiques
4et la précision
del’ajustement
linéaire.Après
correction des données pour les ramener à unequantité
constante(6 litres)
de lait à la
traite,
nous avons calculé lesrépétabilités
descaractéristiques (tabl. 4 ).
L’efficacité
de la correction ne doit pas êtrejugée uniquement d’après
la faibleaugmentation ( 3
p.100 )
desrépétabilités qu’elle
procure. Eneffet,
elle élimine aussi bien les différences entre animaux dues à desproductions
moyennes variables que les différences intra-animaux. Pour des contrôles effectués tous lesmois, l’augmen-
tation est faible. On doit
cependant
remarquer que le but de la correction est de comparer des vaches contrôlées un nombre de fois aussi restreint quepossible
età des niveaux de
production qui
seront enpratique
difficiles à standardiser. Descomparaisons
valables nepourront
être faites que si cette cause de variation est éliminée.- INFLUENCE DE LA DATE DE CONTRÔLE
Nous avons
déjà
dit que de195 6
à 1959plusieurs changements importants
se sont
produits
dans latechnique
de traite et les conditions du milieu. L’observation directe montre bien par ailleurs que d’une traite àl’autre,
il existe des variations souvent sensibles dans lecomportement
tant destrayeurs
que des animaux. Dans la mesure oit ces facteurs ont le même effet sur tous les animaux contrôlés à la mêmedate,
une correction basée sur la moyenne d’établepermettrait
de les éliminer.Pour tester cette
hypothèse,
nous avons effectué uneanalyse
de variance à 1 voied’après
les dates des relevés. Tous les effets dates étantsignificatifs,
nous avonsensuite calculé les
pourcentages
de la variance totale due auxdates,
à la fois sur les données brutes et les donnéescorrigées
pour laproduction
de lait(tabl. 5 ).
I,e
temps
total de traite est leplus
sensible aux variationssystématiques
entredates,
mêmeaprès
correction pour laquantité
de lait. Par contre, lespourcentages
et le débit maximum sont relativement
indépendants.
Cesanalyses supposent
quel’aptitude
à la traite des animaux soit restée la même en moyennependant
toutecette
période.
Bienqu’aucune
sélection directe n’ait étéfaite,
il estcependant possible qu’une
sélection indirecte ait eu lieu par élimination des faiblesproductrices
oudes vaches atteintes de mammites. Par
ailleurs,
le modèle que nous avons utilisé suppose que lefilme
contrôle effectué à la date i a pour valeurm étant la moyenne
générale, di
l’influence réelle de ladate,
eij une valeur résiduelle aléatoireindépendante. L’hypothèse d’indépendance
ne serait vérifiée que s’il n’existait pas des réactions différentes entreanimaux, c’est-à-dire,
en termes statis-! itiques,
que si l’interaction dates-vaches était nulle. Deplus,
les vachesn’ayant
pas toutes été contrôlées à toutes les
dates,
il existe une relation entre contrôles consécutifs due au fait que l’on y retrouve en moyenne les mêmes animaux. Pourcorriger
cette erreur, nous avons calculé lesrépétabilités
descaractéristiques
detraite
corrigées
pour laquantité
de lait et ramenées à une durée moyenne par date constante(tabl. 6).
Les
répétabilités
calculéesaprès
éliminationthéorique
des différences entre dates sontsupérieures
à ces valeurs observées de i à 4 p. 100 seulement. L’erreur introduite par lanon-orthogonalité
du schéma que nous avons utilisé neparaît
donc pas être très
importante. Compte
tenu del’augmentation
notable de la fidélité des mesuresqu’elle
provoque, surtout pour letemps total,
la correction par datene serait pas à
négliger
dans le cas de la ferme de laPierre-qui-Vire.
- INFLUENCE DU NUMÉRO DE LACTATION
Cette influence a été estimée par
l’augmentation
du coefficient derépétabilité
due à l’élimination des différences entre lactations. La
décomposition
de la variancea été faite
d’après
la méthode n° m de HENDERSON( 1953 ),
en considérant l’effet numéro d’ordre de la lactation comme fixé et la valeur réelle des animaux commealéatoire. Les coefficients de
répétabilité
obtenus sontreportés
dans le tableau 7, et les différences entrelactations,
la 4eétantprise
commeréférence,
dans le tableau 8.Les différences entre n° de
lactation,
bien questatistiquement significatives,
ne sont réellement
importantes
que pour letemps
total et lepourcentage
de laiten 3 minutes.
L’augmentation
des coefficients derépétabilité
seproduit
surtoutpour le
temps
total(+
7 p.100 ).
Ces valeurs sont semblables à celles calculées sur les données
corrigées
pour laquantité
de lait partraite,
cequi
tendrait à montrer que l’effet de lactation n’est en réalité dûqu’à
des différences deproduction.
Pour vérifier defaçon simple
cette
hypothèse,
nous avons calculé(tabl. 9 )
les valeurs descritères,
estiméesaprès
élimination des différences entre les
productions
de lait.Les animaux en Irelactation sont
plus rapides
àtraire,
avec un débit maximumplus
élevé et unpourcentage
de lait en 3et 4 minutes plus grand.
Sauf pour le débitmaximum,
les vaches en 2elactation ne se différencientpratiquement
pas des adultes.Sans correction il est
préférable
de limiter lescomparaisons
à des animaux en Irelactation ou aux vaches en ze lactation et au-delà.
6. - INFLUENCE DU STADE DE LACTATION
L’organisation
d’unsystème
de mesure del’aptitude
à la traite seraplus
com-mode s’il suffit de
quelques
visites annuelles parélevage,
les frais étant sensiblementproportionnels
au nombre de passages. Cettesimplification
suppose que les ani-maux
puissent
être contrôlés à des stades de lactationdifférents,
saufpeut-être
dans
quelques
zones où lesvêlages
sont concentrés sur une courtepériode.
Pourvérifier le bien-fondé de cette
hypothèse
nous avons utilisé les résultats de 27génisses
contrôlées tous les mois
pendant
les 9premiers
mois de leur iere lactation. Les valeurs moyennes des critères aux 2e, 5e et 8e mois et pour la lactation totale ont été calculées(tabl. I o).
Sur l’échantillon des données étudié il n’existe pas de différences
systématiques importantes
entre les différents stades delactation,
du moins pour les valeurs rame-nées à
production
totale par traite constante. Ces résultats sont en accord avec ceux deJoxANSSON ( 19 6 1 )
et SANDVIK( 1957 a)
alors que DODD( 1953 )
trouvaitune diminution des débits dans la 2e
partie
de la lactation.Même si elles n’influencent pas de
façon systématique
les valeurs moyennes descontrôles,
certainespériodes pourraient
êtrepréférables,
parce quepermettant
de mieux mesurer les
aptitudes
des animaux. Pour vérifier cettehypothèse
nousavons calculé les coefficients de corrélation entre les contrôles aux 2e, 5e et 8e mois
et la moyenne pour la lactation du même animal. Ces coefficients de corrélation
ne
dépendent
pas de l’effet additif moyen du stade de lactationpuisqu’ils
ne fontintervenir que les valeurs centrées des variables.
I )ans le cas où il n’existerait pas de différences entre les divers
mois,
onpeut
calculer le coefficient de corrélation moyen(r)
en fonction de la variance animal(s?),
de la variance résiduelle(a2),
et du nombre de contrôles(n)
pour la lactation totale. On a :Cette relation
peut
êtreexprimée
en fonction du coefficient derépétabilité
Rpar la formule :
Il est à remarquer que si le nombre de contrôles était très
grand,
on auraitr = J R :.
Dans l’échantillon des 27
génisses
on avait n = c!. Les coefficients de corrélation sont rassemblés dans le tableau r avec les valeurscorrespondantes
moyennes t.Pour calculer ces dernières nous avons
pris
comme coefficients derépétabilité
ceuxque nous avions obtenus à
partir
de la totalité des données. Le faible nombre des ires lactations dont nousdisposions
ne nous a paspermis,
eneffet,
d’obtenir des valeurs exactes.Bien que notre effectif soit
trop
faible pour tirer des conclusions nettes, des tendances sedégagent cependant.
Sans correction de laquantité
de lait à latraite,
seuls le débit maximum
pendant
les 5premiers mois,
et lespourcentages pendant
toute la lactation donnent de bons résultats.
Après correction,
letemps
total et lespourcentages
donnent des valeursanalogues pendant
toute lalactation,
ainsi que le débit maximumpendant
les 5premiers
mois. Comme SANDVIK(rg!7 a)
etJ OHA -., TS -
soN
( 19 6 1 ),
nous pouvons admettrequ’il
estpossible
d’effectuer des contrôles de traitependant
au moins les 6premiers
mois de la lactation. Il serait souhaitable de vérifier si le débit maximum en fin de lactation a peu designification
ou si nosrésultats ne sont dus
qu’à
des effets aléatoires.7. - RELATIONS DES CRITÈRES DU TRAITE ENTRE EUX
Les coefficients de corrélation linéaire entre les critères de traites sont
repré-
sentés sur le
graphique
6. Lepourcentage
de lait obtenu en 3 minutes est leplus
lié aux autres critères et, en
particulier
autemps
total. Par contre la liaison de cedernier avec le débit maximum est
particulièrement
faible.L’analyse
de la variancedes valeurs moyennes des
critères,
les données étantgroupées
par classes detemps total,
nousa permis
de montrer que lesrégressions
nepeuvent
pass’expliquer par
des termes linéaires pour le débit maximum et les deux
pourcentages. Cependant
l’augmentation
du coefficient de corrélations queproduirait
unajustement
sur lacourbe de
régression
estimée serait faible pour lespourcentages (+ 0 , 01 )
et encorepeu élevée pour le débit maximum
(-! 0 , 0 6).
La concordance entre la droite derégression
et la courbe des valeurs moyennes est,d’ailleurs,
satisfaisante(graph. 7
et
8).
l,es corrélations
partielles,
àproduction
par traite constante, sont rassemblées dans le tableau 12.Malgré l’augmentation
trèsimportante
du coefficient de corrélation entre le débit maximum et letemps total,
lespourcentages
restent encore les critères lesplus représentatifs
de l’ensemble de la courbe de traite. Ici encoreanalyse
statis-tique
nous a montré que les relations entre letemps
total de traite et le débit maximum ou lespourcentages
ne sont pas linéaires.L’augmentation
du coefficient de corrélationproduite
parl’ajustement
des données sur laligne
derégression
moyenne resterait
cependant
faible pour lespourcentages (-!-- 0 , 02 )
et même pour le débit maximum(-I- 0 , 0 6).
Il est intéressant de comparer dans ce cas la courbedes valeurs moyennes à la droite de
régression (graph. 9 ).
Pour lespourcentages
ces courbes sont
pratiquement
les mêmes que pour les données noncorrigées
parrapport
à laquantité
de lait.Une sélection faite sur un
pourcentage produirait
un effet directement propor- tionnel sur letemps
total de traite et ceci sur tout l’intervalle de variationpossible.
Au contraire
l’augmentation
du débit maximum au-delà de 3 litres par minute n’entraîneraitqu’une
faible diminution dutemps
total. De cepoint
de vue ilparaît
donc
préférable
d’utiliser comme critère de choix desanimaux,
unpourcentage plutôt
que le débit maximum. On doitcependant
remarquerqu’il
vaudrait mieux calculer lepourcentage
de lait sur untemps plus réduit,
2 minutes parexemple (BE
CK
etal., ig 5 i) puisqu’il
n’est paspossible
dedistinguer
des animauxayant
une durée de traite inférieure à 3 ou !
4 minutes
suivant le cas. Il est à remarquer deplus
que le coefficient de corrélation entre le débit maximum et lepourcentage
de lait recueilli en 3 minutes est élevé
(r
=0 , 52 ),
de sortequ’une
sélection sur ledernier conduirait à éliminer les animaux ayant un débit maximum faible.
Enfin,
le coefficient de corrélation entre lespourcentages
eux-mêmes(r
=o,c!!)
est trèsgrand
comme onpouvait s’y
attendre.Si l’on
introduit,
dansl’équation
deprédiction
dutemps
total detraite,
laquantité
totale de lait et lepourcentage
de lait en 3minutes,
onexplique 6 3
p. 100 de la variance de ce critère. La mesure laplus
intéressante à utiliser en troisième lieu serait lepourcentage
de lait en 4minutes,
tandis que le débit et letemps
du débit maximum n’entraîneraientqu’une
améliorationnégligeable
du coefficient de corrélationmultiple.
8. - RELATIONS ENTRE LES CARACTÈRES DE TRAITE ET DE PRODUCTION DoDD et FooT
( 1953 )
ont trouvé une relationsignificative
entre le débit maxi-mum et la
production
par lactation(en
305jours)
et lapersistance
de cette dernière.Pour une
augmentation
du débit maximum de Ikg/mn,
laproduction
par lactationaugmente
de 400kg
et l’index depersistance
de 10jours.
Des résultatsanalogues
ont été observés par
plusieurs
chercheurs(Do!rAi,D, I9 6o ; J OHANSSON , I9 6 I ; SANDVIK,
Ic!5!a).
SANDVIK(I95! b)
acependant
montré que si les corrélations sont calculées àproduction
par contrôle constante, elles ne sontplus significatives.
Nous avons calculé à
partir
de nos données les coefficients de corrélation de la pro- duction totale au cours de lalactation,
et de la durée de la lactation avec les carac-tères de
traite,
laquantité
de lait par contrôleétant,
ou non, maintenue constante(tabl. I3) .
Sur l’échantillon
analysé,
les relations entre laproduction
totale par lactation et les caractères de traite sont les mêmes que l’on tiennecompte
ou non de laquantité
de lait par contrôle. Il n’est pas douteux que les vaches les
plus
faciles à traire sontégalement
lesplus productives. Néanmoins,
la valeur des coefficients derégression
est suffisamment faible pour que l’incidence
pratique
d’une telle liaison soit peuimportante.
Par contre, les corrélations entre certains caractères de traite et la durée de lactation sont très hautementsignificatives,
même en tenantcompte
dela
quantité
de lait à la traite. Les tarissementsprécoces peuvent
êtreexpliqués
par laprésence
dans la mamelle dequantités
élevées de lait restantaprès
la traite par suite d’unégouttage
insuffisant ou d’une structure défectueuse de la mamelle elle- même. Cette dernièrehypothèse paraît
laplus probable, compte
tenu des conditionsd’exploitation
de laPierre-qui-Vire.
Les animaux lesplus longs
à traire seraient aussi ceuxqui
ont naturellement laquantité
de lait résiduel laplus élevée,
cequi
diminuerait la durée de la lactation.
CONCLUSION
Toute sélection effectuée à
grande
échelle dans les conditionspratiques
decontrôle suppose au
préalable
la mise aupoint
d’une méthode de mesuresimple,
mais efficace. L’étude
préliminaire
faite sur les résultats de 4 années d’observations à la ferme del’Abbaye
de laPierre-qui-Vire
nous apermis
de vérifierqu’il
estpossible
de mettre en évidence des différences
systématiques
entre vaches. Ces différencesdépendent
de nombreuses causes de variation :quantité
de lait à latraite,
numérode
lactation,
stade delactation, technique
de traite et valeur de la main-d’oeuvreemployées.
Dans les conditions où nous avonsopéré,
les meilleurescaractéristiques
sont, dans l’ordre : le
pourcentage
de lait obtenu au cours des 3premières minutes,
le débit maximum et la durée totale de traite.
Les valeurs obtenues pour les
répétabilités
sont nettement inférieures à cellesavancées,
à cesujet,
par laplupart
des auteurs. Nous pensons que laprincipale
raison tient dans le caractère volontairement
appliquée
que nous avons donné à notre recherche ; elle a eu lieu sur une ferme bien conduite, certes, mais dans les conditions mêmes de lapratique ;
les animaux ont été contrôlés i fois parmois, pendant 4 années consécutives,
lepersonnel
de contrôle n’étant passpécialisé
pource
type
detravail,
et les conditions de traiten’ayant
pas étéparfaitement
standar-disées
pendant
cettepériode.
Les résultats obtenus restent,malgré
tout, très encou-rageants, puisqu’il
suffiraitde 4 contrôles
par vie del’animal,
pour le caractériser defaçon
convenable(répétabilité
de la moyenne dupourcentage
en 3 minutes moyennesupérieure
à0 ,7 0 ).
Nos données n’étaient
cependant
pas suffisamment nombreuses pour nouspermettre
de fixer desrègles
de contrôle. Enparticulier,
nous n’avonsopéré
que dans une seuleferme,
alors quel’analyse
faite tend à prouver que l’influence de latechnique
de traite est trèsimportante ;
onpeut
penser àjuste
titrequ’une
trèsgrande
diversitéexiste,
dans cedomaine, d’élevage
àélevage.
Uneenquête portant
sur un
plus grand
nombre d’animaux de 3 racesdifférentes, répartis
dans uneving-
taines de
fermes,
est en cours d’exécution. Elle fournira desrenseignements plus précis
sur la meilleureméthodologie
de contrôle et l’étendue de la sélectionqu’il
est souhaitable de
pratiquer
sur le caractère «aptitude
à la traite n.Regu
pourpublication
enjanvier
1963.REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier le R. I’, ANSCIIAIRE, Directeur de la fenne de la
Pierre- 4 ui-B ï re,
pour l’aide permanentequ’il
nous a apportée au cours de la réalisation de nos travaux.Nos remerciements vont
également
auxstagiaires qui
ont collecté les données, ouqui
ontcollaboré à leur
interprétation.
SUMMARY
A PRELIMINARY STUDY OF THE MILKING CHARACTERISTICS OF MILK COWS
Tests were carried out from r956 to 1959on a herd of Brune des
Alpes milk
cows : tzo7samples
from 77 different animals were
analysed.
The criteria used were :
- total
quantity
of milk ;- total time of
milking ;
- maximum flow per minute ;
- date of maximum flow
during
themilking period ;
-
quantities
of milk drawnduring
thefirst 3 and
4 minutesexpressed
as percentages of the totalmilking ;
and the
figures
showed little inclination to repeat themselves(table
2) .The chief factorslikely
tocause variations in these characteristics were also studied.
1 0
)
The total amount of milk drawn wasstrictly
correlated with the other criteria(table 3 ),
while a correction for the
quantity
of milk does notimprove
therepeatability (table
4).2
°) The
period during
which the tests were carried out exercised animportant
influence upon the variations in this data, thisbeing
due tochanges
inmilking
conditions over the course of years.The characteristic least affected was the percentage of milk drawn
during
thefirst g minutes
ofmilking (table
5).3!) The lactation number was one source of variation in the criteria studied
(table 8),
but itsinfluence seemed to be exercised
indirectly by
its action on the total amount of milk drawn at themilking (table 9).
4
°) The stage of lactation had an influence which was not
negligible
on themilking
charac- teristics ; a test madeduring
the first half of theperiod
of lactation gave a better indication of themilking capacity
of the animal(table ii).
The
relationships
between the criteria themselves(graph.
6) and between themilking
criteriaand those of the lactation
(table r 3 )
showed that it would bepossible
toenvisage
a selection based uponmilking capacity
which would not be contrary to agenetical improvement
of milkproduction.
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