RÉSUMÉ
La PBI contre l'aleurode, en culture d'aubergine, est basée sur l'utilisation de l'acarien phytoseïde Amblyseius swirskii.
Cependant des difficultés apparaissent en été, car les populations d'aleurodes aug- mentent fortement et parallèlement les populations de cet auxiliaire diminuent.
Trois stratégies ont été évaluées pour maintenir la PBI en été, le renforcement des populations de l'acarien prédateur avec un nouveau lâcher en été, l'introduc- tion d'un autre auxiliaire Macrolophus pyg- maeus et le nourrissage des populations d'acariens prédateurs avec du pollen. La stratégie laplus satisfaisante est celle ba- séesur l'introduction de lapunaise miride M.pygmaeus. Elle permet un bon contrôle de l'aleurode avec un coût raisonnable pour le producteur. Cependant, depuis peu, l'équilibre de la PBI est menacé par la présence depunaises phytophages.
IPM lN AUBERGINE CROPS : TOWARDS IMPROVED
MANAGEMENT OF
GREENHOUSE WHITEFLY AND SWEET POTATO WHITEFLY lN PROTECTED CROPS
IPM against whitefly on aubergine crops is based on the use of the phytoseiid predatory mite Amblyseius swirskii. Howe- ver problems have arisen in the summer when there is a sharp increase in whitefly populations accompanied bya decrease in mite populations. Three strategies were assessed to maintain IPM in the summer:
increasing beneficial populations with another introduction in the summer, intro- duction of another beneficial Macrolophus pygmaeus and feeding predatory mites with pollen. The most successful strategy is the one based on the introduction of the mirid bug M. pygmaeus. This method provides effective whitefly control at a reasonable cost for the grower. However, recently IPM is being threatened by the presence of bug pests.
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LAURENT CAMOIN, CHAMBRE D'AGRICULTURE 13
INFOS CTIFL JUIN 2017N"332
LA PBI EN CULTURE D'AUBERGINE
VERS UNE MEILLEURE
G EST ION 0 E L'A LEU R ODE DES SERRES ET DU TABAC EN
CULTURE SOUS ABRIS
En Provence, en production d'aubergine sous abri froid, les aleurodesTrialeurodes vapo- rariorum etBemisia tabaci sont des ravageurs très problématiques. La stratégie de pro- tection intégrée actuelle basée sur des lâchersd'Amblyseius swirskii, acarien phytoseïde prédateur d'aleurodes et de thrips n'est pas suffisante en été.D'autres stratégies de protec- tion s'imposent.
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> CULTURE D'AUBERGINE SOUS ABRI FROID EN PROVENCE
LA PBI ENCULTURE D'AUBERGINE
VERS UNE MEILLEURE GESTION DE l'ALEU RODE DES SERRES ET DUTABAC EN CULTURE SOUS ABRIS
INFOS CTIFL JUIN 2017 N'332
PROBLÉMATIQUE DE LA PROTECTION BIOLOGIQUE INTÉGRÉE
En Provence, les conditions climatiques sont favorables aux cultures maraîchères mais aussiaux ravageurs et maladies qui sedéveloppent rapidement, notamment en été avec des températures élevées.
Les cultures sous abris s'échelonnent toute l'année. On distingue desproduc- tions sous abri froid defévrier àoctobre et des productions sous serre chauffée (souvent hors sol) avec des plantations d'août à janvier. Ce chevauchement de cultures et la proximité des exploita- tions occasionnent des transferts de ravageurs et maladies entre elles,favo- risant le développement des insectes comme l'aleurode. En effet, iln'y apas de rupture du cyclebiologique du rava- geur et une population importante se maintient dans l'environnement pen- dant une grande partie del'année. Les aleurodes, très présents dans toutes les cultures maraîchères, représentent un risque important dedégâts directs et de transmission de viroses.
La Protection biologique intégrée est travaillée depuis plus de 30 ans et représente aujourd'hui la principale méthode de protection contre les aleu- rodes. Cependant, l'équilibre estfragile.
En effet, le développement de plus en plus important de nouveaux ravageurs, enparticulier lespunaises, ainsi que le risque de contamination par les virus compromettent les stratégies deprotec- tionintégrée.
Sur aubergine, les aleurodes sont par- ticulièrement problématiques. Une prolifération de ce ravageur entraîne un développement de fumagine et une perte dequalité des fruits. La PBr contre l'aleurode sur aubergine passe par des lâchers de l'acarien prédateur Amblyseius swirskii. Ellepeut être com- plétée avecl'introduction deparasitoïdes Encarsia formosa et/ou Eretmocerus sp.
Elledonne debons résultats contre les thrips sur l'ensemble de la saison de culture. Contre l'aleurode, sonefficacité est plus limitée. Elleestsouventdifficile durant l'été carlapopulation d'acariens prédateurs diminue à partir de juin- juillet alors que l'aleurode sedéveloppe fortement à cette période. Il est donc nécessaire de faire évoluer la stratégie
>ALEURODE ET FUMAGINE SUR FEUILLE
pour maintenir l'efficacité de la protec- tion intégrée pendant ladeuxième par- tiedela culture d'aubergine.
LA GESTION DE L'ALEU RODE EN CULTURE D'AUBERGINE, COMMENT MAINTENIR L'EFFICACITÉ DE LA PBI EN ÉTÉ?
Plusieurs solutions ont été avancées pour assurer la continuité dela PBrsur ladeuxième partie du cyclede culture:
- relâcher ànouveauA. swirskii au début de l'étépour renforcer lespopulations et permettre une bonne gestion del'aleu- rode;
compléter l'action de l'acarien prédateur avec un autre auxiliaire, Macrolophus pygmaeus, actif pendant la période chaude etefficace contre l'aleu- rode;
- nourrir A. swirskii à l'aide de pollen pour favoriser sondéveloppement.
Macrolophus pygmaeus est un auxiliaire largement utilisé en PBI,notamment en culture detomate sous abri pour lutter contre l'aleurode. Les capacités d'instal- lationsontbienconnues et cetauxiliaire ne semble pas avoir de problème pour maintenir ses populations pendant les périodes de forte chaleur. Il constitue doncun candidat intéressant.
Des essais ontété menés en 2012, 2013
et 2016 par l'APRELet ses partenaires (chambre d'agriculture des Bouches- du-Rhône et CETAde Saint-Martin-de-
Crau) afin decomparer, en condition de production, cestrois stratégies. L'objectif était dedéterminer laplus intéressante techniquement mais aussi économi- quement.
STRATÉGIE 1: RÉINTRODUCTION D'A.
SWIRSK/I LORSQU'ON OBSERVE LE DÉCLIN DES POPULATIONS À PARTIR DE JUILLET
Cette stratégie consisteàeffectuer unlâ- cheràdemi-dose(1sachet pour 6plantes) au mois dejuin lorsque lespopulations d'A. swirskii commencent àdécliner. Le but est derenforcer les populations avant defortes entrées d'aleurodes et l'arrivée de B. tabaci. La stratégie est complétée avecdes lâchers deparasitoïdes Eretmo- cerusmundus etEncarsiaformosa. L'essai aété conduit en 2012, sur une exploita- tion, située à Moulès (13),quiproduit de l'aubergine (variété Telar, non greffée), soustunnel plastique. Deuxlâchers d'A.
swirskii sont effectués, un premier le
11avril,unmoisaprèsplantationàladose de1sachet pour 3plantes et un second àdemi-dose (1sachet pour 6 plantes) le 27juin, lorsque lapopulation d'acariens prédateurs diminue.
Le contrôle dela population d'aleurodes dans cette stratégie estinsuffisant. Trois insecticides ont été nécessaires, entre fin juillet et septembre, pour réduire la population d'aleurodes. Les deux espèces d'aleurodes sont présentes dès les premières observations fin mars.
Toutefois, les populations sont restées faibles (0 à 1,8 adulte d'aleurodes par
plante)jusqu'en juilletpuis augmentent fortement et rapidement. B. tabaci est l'espèce la plus problématique. En effet, on observe début septembre en moyenne 400 adultes par plante, et l'apparition defumagine sur lesplantes dansl'ensembledu tunnel.
L'installation de l'acarien prédateur dans laculture est correcte sur lapre- mière partie du cycle.L'accroissement des individus présents sur les feuilles est constant à partir de la période du lâcherpour atteindreunpicàplusde 30 formes mobiles (touteslesformes) par feuille début juin (Figure 1). Lapopu- lation commence ensuite à chuter. La populationest auplusbas,débutjuillet avec seulement trois individusobservés par feuille. Le lâcher complémentaire permet derenforcerlapopulationd'auxi- liaires mais l'installation de cette nou- velle population esttardive.Les effectifs commencent à remonter seulement à partir du mois d'août pouratteindre un maximum de15 formes mobilesobser- véesparfeuille,le20 août.Cependant, deuxtraitements anti-acariens avecdu bifénazate (Floramite)ont été effectués, les4et 17juillet qui ont pu impacter né- gativement lespopulationsd'A.swirskii, accélérant potentiellement lachutedela populationenplaceetralentissant l'ins- tallationdelapopulation nouvellement introduite.
STRATÉGIE 2:INTRODUCTION D'UN AUTRE AUXILIAIRE EN COMPLÉMENT D'AMBLYSE/US SW/RSKII, LA PUNAISE PRÉDATRICE MACROLOPHUSPYGMAEUS
La stratégie consiste à introduire en début de culture la punaise prédatrice M. pygmaeus (àla dosede 0,5individu/
m2) en complément d'A.swirskii lâché à demi-dose (1 sachet pour 6 plantes).
L'objectif est que la punaise miride prenne le relais de l'acarien prédateur surladeuxièmepartie delaculture. La stratégie estcomplétée avecdeslâchers de parasitoïdes Eretmocerus mundus et Encarsia formosa. L'essaia été conduit en 2012 sur une exploitation située à Moulès (13) qui produit de l'aubergine (variétéTelar,non greffée), soustunnel plastique.L'essaiaétémené en parallèle de la stratégie 1sur la même exploita- tion.
Lespremières observationsd'aleurodes
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FIGURE 1 :Evolution des populations d'Amb/yselus swirskii et d'aleurodes au cours du temps sur la culture d'aubergine
A.swirskii 1sachet/6 plantes
450~ ro 4000.
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- A.swirskii surfeuilles - A.swirskii surfleur - Aleurodes adultes sur plante entière
FIGURE 2 : Evolution des populations d'auxiliaires Ambtyseius swirskii et Macrolophus pygmaeus au cours du temps sur la culture d'aubergine
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- Macrolophus surfeuilles - Macrolophus dans lesfleurs
- A.swirskii dans lesfleurs - A.swirskii sur feuilles
sefonten mars,dèslespremiers comp- tages. Lespopulations d'aleurodes aug- mentent brusquement en juillet avec une forte pression de Bemisia iabaci.
On observeparallèlement,àcettemême période, une forte augmentation de la population de M.pygmaeus qui prend le relais d'A. swirskii dont les effec- tifs chutent (Figure 2). Le contrôle du ravageurestcorrect,meilleur quedans le tunnel témoin sans M. pygmaeus.
La population d'aleurodes augmente moins rapidement avec des effectifs
2 à3 fois plus faibles.Sur la saison de culture, les résultats obtenus montrent une population d'aleurodes plus faible dans letunnel avec lapunaise miride.
On observe début septembre un peu plusde150 aleurodesparplante(adulte)
dansletunnel avecM.pygmaeus contre
400 individus (adulte) dans le tunnel témoin. Cependant, la protection n'est pas complète, On observe l'apparition defumagine sur lesplantes (restreinte aux entrées du tunnel) et un traitement insecticide en fin de culture a été né- cessaire pour limiter le transfert des aleurodes vers d'autres cultures avant l'arrachage.
STRATÉGIE 3:NOURRISSAGE AVEC DU POLLEN DES POPULATIONS D'AMBLYSEUIS SWIRSKII DÉJÀ INSTALLÉES POUR FAVORISER LEUR DÉVELOPPEMENT ET LIMITER LE DÉCLIN OBSERVÉ EN JUILLET
L'objectifdecette stratégie estdemain- tenir une population d'A. swirskii suffi-
LA PBI EN CULTURE D'AUBERGINE
VERS UNE MEILLEURE GESTION DE L'ALEURODE DESSERRES ET DU TABAC EN CULTURE SOUS ABRIS
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samment élevée en été,pour permettre un bon contrôle del'aleurode, grâce au nourrissage avecdu pollen [Nutnmite'ê, Biobest). L'essai a été conduit en 2016,
sur une exploitation, située à Moulès (13), qui produit de l'aubergine (variété Flavine, non greffée), sous tunnel plas- tique. Dans le tunnel témoin un seul nourrissage est effectué en début de culture. Dans le tunnel traité, trois nourrissages sonteffectués,unefoispar mois, entre avrilet juin, pour favoriser l'installation del'acarien prédateur dans la culture. Puis, trois nouveaux nourris- sages sont réalisés entre juillet et août (lorsqu'on observe habituellement une chute des populations) pour favoriser le maintien de la population pendant l'été. Lelâcher d'A. swirskii est effectué le12avril,un moisaprèsplantation, àla dose de1sachet pour 3 plantes.
Lapression en aleurodes est faiblecette année-là. Ils sontprésents sur les plantes toutau long delaculture mais avecdes effectifs réduits « 10 individus par plante) jusqu'en juillet. Lespopulations augmentent ensuite, mais c'est surtout àl'approche de lafin delaculture que l'aleurode prolifère leplus, sans causer dedégâts sur lesplantes. Bemisia tabaci a ététrèspeu observé cetteannée.
L'installation de l'acarien prédateur est très bonne, on observe 50 formes mo- biles(toutesles formes) parfeuilledébut juin. La population d'A. swirskii est plus importante dans le tunnel ayant reçu trois nourrissages sur lapremière partie delaculture contre un seul nourrissage dans le tunnel témoin. Toutefois, les applications de pollen sur la deuxième partie dela culture ne permettent pasde
FIGURE 3 : Évolution de la population o'Ambtyseius swirskii au cours du temps,avec et sans nourrissageavecdu pollen
1
A.swirskii -1sachet/ô plantes*:
Nourissagenutrimite60
~
:J 50
2~lUU40
1 *
* * * *
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- A.swirskii -témoin - A.swirskii -nourissage++
maintenir lapopulation à un niveauéle- vé. Début juillet, onobserve une baisse de la population identique dans les deux tunnels, avec et sans nourrissage et les effectifs d'acariens prédateurs sont équivalents jusqu'à la fin de laculture (Figure 3). Fin août, au moment où la population d'aleurode estplus forte, on observe moins decinq formes mobiles par feuille, dans les deux tunnels.
L'apport de nourriture supplémentaire ne permet pas de maintenir l'acarien prédateur pendant la période estivale.
Il semble donc que la réduction de la population d'A. swirskii, classiquement observée pendant l'été, soit due au cli- matchaud etsec del'été.
Cette stratégie ne permet pas un meilleur contrôle des aleurodes pendant l'été, en comparaison dela stratégie sans nourrissage. Même si les dégâts sont restés faibles, il est important d'arriver en fin de culture avec une population
faible d'aleurodes pour éviter lestrans- ferts vers d'autres cultures sensibles, aprèsles arrachages.
ÉVALUATION TECHNICO- ÉCONOMIQUE DES STRATÉGIES TESTÉES
Les coûts des stratégies de PBIvarient de façon significative selon les espèces d'auxiliaire utilisées, les quantités et la fréquence deslâchers. L'analyse techni- co-économique des stratégies étudiées pour lagestion del'aleurode permet de valider leur faisabilité chez les produc- teurs. Les coûts sont basés sur des prix moyens obtenus auprès des fournis- seurs.
D'aprèsletableau1,ilapparaît que la stra- tégie 2,avecl'utilisation de M.pygmaeus en culture d'aubergine est moins chère que la stratégie 1. Ce résultat écono-
0,1
1sachet de 250 individus
0,05
1sachet de 250 individus pour 6 plantes (1/2 dose)
pour 6 plantes (1/2 dose) 0,05
0,5/m2 0,07
lO,5/m2 0,07 31m2 0,02
4.5/m2 0,04 31m2 0,03
0,26 0,17
mique confirme l'intérêt pour cette méthode. Pour la stratégie 3, le coût du nourrissage à500 gpar hectare est évalué à environ 0,02 €/m2 HT pour une application de Nutrimites' (lamain- d'œuvre n'est pasprise en compte), soit un coût total pour la stratégie testée de
0,13 €/m2 HT. Bien que cette stratégie ait un coût inférieur auxdeux autres, le manque d'efficacité actuel conduit àne pas la retenir pour lagestion de l'aleu- rode en culture d'aubergine en période estivale(conditions trop limitantes pour l'acarien prédateur).
PUNAISE PHYTOPHAGE, UN NOUVEAU RAVAGEUR QUI COMPROMET LA STRATÉGIE DE PROTECTION INTÉGRÉE
Depuis quelques années, la protection intégrée contre l'aleurode en culture d'aubergine est perturbée par la pré- sence de punaises phytophages. Les populations de ces ravageurs sont plus élevées en été. Ces punaises phy- tophages, en particulier Lygus spp.
et Nezara viridula, causent par leurs piqûres des coulures de fleurs et un affaiblissement desapex. Laprésence de ces punaises est deplus enplus problé- matique et la régulation deleur popula- tion passe par l'application de produits insecticides à large spectre et donc incompatibles avec la présence d'auxi- liaires, notamment M.pygmaeus. La PBI est donc parfois difficile à maintenir jusqu'à la fin de la culture. Actuelle- ment, aucun traitement compatible avec la PBI n'est disponible pour la gestion des punaises phytophages; etiln'existe pas, à cejour, de solution de biocontrôle pour la gestion de ce ravageur.
Le nourrissage avecle pollen commercia- lisépar La société Biobest (Nutrimite'P) pourrait être une solution pour mainte- nirlespopulations d'acariens prédateurs suite à un traitement insecticide. Une utilisation deNutrimite'ê' avant et après un traitement insecticide contre les punaises pourrait compenser la baisse de population d'Amblyseius swirskii. Cette hypothèse n'apas encore été validée ex- périmentalement mais l'échec dunour- rissage pour maintenir les populations d'acariens prédateurs en été incite à ne pas poursuivre dans cette voie.
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>CULTURE AUBERGINE
Ilest essentiel de trouver une solution pour la gestion des punaises en culture d'aubergine pour compléter la stratégie dePBI etpermettre un bon contrôle des ravageurs avec un recours minimum aux traitements chimiques. Le projet IMPULsE (développement et Intégra- tion de méthodes innovantes pour la maîtrise des punaises encultures légu- mières), porté par le Ctifletfinancé par ledispositif Ecophyto, vise àdévelopper denouvelles solutions de contrôle biolo- gique et proposer des stratégies depro- tection innovantes, fiables, etrentables pour les cultures légumières. Parmi les actions du projet, une action concerne directement les punaises présentes sur la culture d'aubergine, Lygus etNezara.
L'objectif est de développer des stra- tégies de régulation de ces punaises basées sur l'utilisation defilets, depié- geages, de plantes de services, plantes pièges ou plantes relais ... Des parasi- toïdes seront également étudiés. Cepro- jet est financé pour une durée de 3 ans et demi (42mois) etdébute en20q
PISTES D'EXPLORATION
Le travail réalisé par l'ApRELetses par- tenaires a permis de montrer l'intérêt de l'utilisation de la punaise préda- trice Macrolophus pygmaeus pour lutter contrel'aleurode des serres et l'aleurode du tabac en culture d'aubergine. Cet auxiliaire permet de prendre le relais d'Amblyseius swirskii en été, période à laquellelapopulation del'acarien préda-
teur diminue à cause d'un climat chaud etsec qui semblelui êtredéfavorable.En effet, ni une nouvelle introduction d'A.
swirskii au début d'été ni un apport de nourriture exogène àbase de pollen ne permettent actuellement de compenser cette chute de population. Macrolophus pygmaeus semble donc être la solution la plus prometteuse pour maintenir, en été, une protection contre l'aleurode efficace afin d'éviter des dégâts sur la culture et d'importants transferts du ravageur, au moment de l'arrachage de la culture.
Il semble intéressant de renouveler les essais avecMacrolophus pygmaeus pour optimiser cette stratégie, notamment lepositionnement des lâchers. Cepen- dant, la présence de punaises phyto- phages rend la mise en place de cette stratégie difficile. Les pistes de travail s'orientent donc vers la réalisation de lâchers après un traitement insecticide contre les punaises, en utilisant une population mixte, composée de larves et d'adultes, pour accélérer l'installa- tion de cet auxiliaire. L'utilisation de la biodiversité fonctionnelle constitue également une piste intéressante, en développant les travaux sur les zones refuges pour les auxiliaires dans les abris (projet Ecophyto DEPHYEXPEet MacroPlus). L'objectif ici est de créer des zones refuges à l'aide de plantes de soucis (Calendula officinalis) pour le maintien hivernal des populations de M. pygmaeus afin de bénéficier d'une installation précoce dans la culture de printemps suivante. _