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Comptes rendus et analyses

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B ULLETIN DES SCIENCES

MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIQUES

Comptes rendus et analyses

Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques 2e série, tome 7, no1 (1883), p. 97-103

<http://www.numdam.org/item?id=BSMA_1883_2_7_1_97_0>

© Gauthier-Villars, 1883, tous droits réservés.

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COMPTES RENDUS ET ANALYSES.

COMPTES RENDUS ET ANALYSES.

HOÜEL ( J . ) . ~ COURS DE CVLCUL INFINITÉSIMAL. Tomes III et IV. 1 A/ol. in-8°«

1880-1881. Paris, Gauthier-Villars.

Nous venons, un peu en retard, rendre compte de la fin du grand Traité de notre savant collaborateur; mais nous ne le regrettons pas. L'accueil si favorable qu'ont partout reçu dans nos Facultés et à l'étranger les quatre Volumes de M. Hoüel prêtera plus d'au- torité à nos appréciations et nous dispensera d'une analyse dé- taillée. Nous allons parcourir rapidement le contenu des deux derniers Volumes, en indiquant pour chaque Partie les passages qui nou*, ont le plus frappé.

La suite du Livre IV, qui commence le troisième Volume, est encore consacrée à la théorie des équations différentielles. L'au- teur commence par quelques généralités sur les équations diffé- rentielles simultanées; puis il traite, avec de grands détails, le cas particulier des équations linéaires. Il fait connaître les Méthodes de Lagrange, de Cauchy et de d'Alembert et les applique à diffé- rents exemples. Il consacre ensuite un Chapitre spécial au Calcul des Variations, dans lequel il ne considère, bien entendu, que les intégrales simples. Parmi les applications, nous avons remarqué ce qui concerne la ligne géodésique, tracée sur une surface.

M. Hoüel emploie les coordonnées curvilignes et démontre le théorème de Gauss sur les triangles géodésiques. On a ici, avec ce qui se trouve dans les autres parties de l'Ouvrage, les éléments d'une théorie à la fois très complète et très satisfaisante des coor- données curvilignes et des surfaces courtes dans la voie ouverte par Gauss. Le Livre IV se termine par un Recueil extrêmement étendu d'exercices.

Le Livre V traite des équations différentielles à plusieurs va- riables indépendantes, c'est-à-dire des équations aux différen- tielles totales et des équations aux dérivées partielles. Nous y

Bull, des Sciences mathém., 2e série, t. VIT. (Avril i883.) 8

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98 PREMIÈRE PARTIE.

avons remarqué un Chapitre très complet sur les équations aux dérivées partielles des diverses familles de surfaces et des déve- loppements assez étendus sur les équations linéaires d'ordre supé- rieur.

Le Livre VI est consacré à la théorie des fonctions d'une variable complexe, traitée d'abord en général et ensuite considérée dans ses applications aux fonctions elliptiques. M. Hoüel a, depuis longtemps, fait connaître en France les recherches de Riemann et de Neumann. La publication de son Ouvrage sur les variables complexes l'avait bien préparé à écrire cette partie de son Traité qui s'occupe du même objet. Il n'a même eu, pour le début de son . exposition, qu'à reproduire avec de très légères modifications le commencement de la deuxième Partie de la Théorie élémentaire des quantités complexes, publiée en 1868. Il a seulement ajouté la belle démonstration que nous devons à Dirichlet de la série de Fourier.

Le Chapitre III a pour objet l'étude des fonctions multiformes.

Pour définir la fonction inverse de l'intégrale elliptique, M. Hoüel a suivi une méthode toute particulière, qui est due à M. Éd. W e y r et qu'il avait déjà signalée dans la Préface générale de l'Ouvrage.

Cette méthode est exposée avec de grands détails et nous croyons que les élèves n'auront aucune peine à la comprendre.

Le Chapitre IV contient une théorie élémentaire, mais assez complète, des fonctions elliptiques. Après avoir exposé ce qui concerne la réduction aux trois formes normales, avec beaucoup de simplicité et d élégance, M. Hoüel revient sur l'addition des fonctions elliptiques. Il établit, ensuivant la méthode de MM.Briot et Bouquet, leur décomposition en séries de fractions simples et en produits infinis. Puis il fait connaître les propriétés élémen- taires des fonctions S" et leurs développements en séries trigonomé- triques, ainsi que ceux des fonctions elliptiques elles-mêmes. Il étudie ensuite la transformation de Landen et montre, avec des exemples à l'appui, comment on peut l'appliquer au calcul numé- rique des intégrales de première espèce.

L'Ouvrage est terminé par l'exposition des propriétés élémen- taires des intégrales elliptiques de deuxième et troisième es-

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COMPTES RENDUS ET ANALYSES. 99 pèce. L'auteur donne le théorème d'addition, le théorème, de Legendre sur les intégrales complètes de première et de seconde espèce. Il fait connaître les propriétés élémentaires des intégrales de troisième espèce, leurs périodes, leur expression due à Jacobi, au moyen de la transcendante 2r. Enfin il nous donne des Tables abrégées propres au calcul numérique.

On le voit, le Traité de M. Hoiiel constitue un développement conscieneieuxet digne du plus- haut intérêt des éléments du Cal- cul infinitésimal. Alors même que Ton n'adopterait pas toutes les méthodes de l'auteur, et en particulier celles qu'il a empruntées à M. Weyr, pour l'inversion de l'intégrale elliptique, il est certain que son Ouvrage ne fait nullement double emploi avec les Traités de même nature, qu'il a sa place marquée dans les bibliothèques de nos élèves et de nos professeurs, qu'il est susceptible de deve- nir un guide excellent et de contribuer aux progrès des études de Mathématiques élevées, aussi bien dans nos Facultés que dans les*

Universités de l'Étranger. G. D.

NEOVIUS (E.-R.). — BESTIMMUNG ZWEIER SPECIELLEN PERIODISCHEN M I N I - MALFLACHEN, AUF WELCHEN UNENDUCH VIELE GERADE LlNIEN UND UNENDLICH viELE EBENE GEODATiscHE LINIEN LIEGEN. Helsingfors, Frenkell und Sohn.

hi-8o, vm-117 p.; i883.

Dans un Mémoire inséré aux Monatsberichte de l'Académie de Berlin, 1872 ('), M. Schwarz a donné la solution générale du pro- blème suivant :

On donne une suite continue fermée composée de lignes droites et de plans et Von demande de trouver une surface mi- nima à connexion simple, n'ayant aucun point singulier, dans son intérieur, qui passe par les droites et qui coupe les plans à angle droit.

Il a considéré, en particulier, le cas où la suite se réduit à deux droites et un plan. Alors la portion de surface minima comprise

(') H.-A. SCHWARZ, Forgesetzte Untersuchungen übev specielle Minimal/)'achen.

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loo PREMIÈRE PARTIE.

entre les droites et le plan admet comme prolongement analytique la surface symétrique par rapport au plan; on peut donc la consi- dérer comme la moitié d'une portion de surface minima limitée aux quatre côtés d'un quadrilatère gauche, admettant un plan de symétrie qui passe par deux de ses sommets.

Le premier exemple de la détermination analytique d'une sur- face minima passant par les côtés d'un quadrilatère gauche est con- tenu dans une Note de M. Schwarz communiquée en 1865 à l'Aca- démie de Berlin ( * ).

En 1866, M. Weierstrass a donné la détermination analytique des surfaces minima qui sont assujetties à contenir les côtés d'un polygone rectiligne quelconque.

Le même problème a été résolu aussi par Riemann dans son Mémoire posthume : Ueber die Flâcke vom kleinsten lnhalt bei gegebener Begrenzung, publié par M. Hattendorff. La première édition de ce Mémoire, qui a paru dans le treizième Volume des Mémoires de VAcadémie de Göttingue, contient, en ce qui con- cerne le problème précédent, plusieurs inexactitudes. Une rédac- tion nouvelle et plus correcte du même Mémoire a été comprise dans les QE'uvres complètes de Riemann.

En 1867, l'Université de Gôttingue a proposé comme question de prix le problème suivant :

Parmi les surfaces qui détendent entre les quatre côtés de deux triangles isoscèles ayant une base commune, déterminer celle qui a la plus petite étendue, de telle manière que les coordonnées d'un point quelconque de cette surface soient exprimées en fonction de deux variables, soit par des inté- grales définies, soit par des séries suffisamment simples.

M. Schondorff obtint le prix et sa pièce de concours a été im- primée en 1868.

Le même problème est aussi traité dans la Ire Partie d'un Mé- moire de M. Schwarz : Bestimmung einer speciellen Minimal- /lâche qui a été couronné en 1867 par l'Académie de Berlin et qui a été publié en 1871 (Berlin, Harwitz et Gossmann).

(') II.-À. SciiwARy, Ueber die Minimumsjîac1iey deren Begrenzung als ein

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COMPTES RENDUS ET ANALYSES. 101 Dans le travail dont nous rendons compte, et auquel nous em- pruntons les renseignements qui précèdent, M. Neovius s'est pro- posé de traiter un cas particulier du problème général résolu en 1872 par M. Schwarz, celui où le contour de la portion de surface minima est déterminé par deux droites et par un plan qu'elle coupe à angle droit. Ce cas particulier offre un grand intérêt;

M. Neovius Ta étudié d'une manière détaillée, en le traitant direc- tement par une méthode très simple. Nous allons d'abord donner un aperçu des divisions de son travail et de la mélhode qu'il a suivie.

Considérons deux droites se coupant en un point P et rencon- trant un plan^S) en deux points Q et R. Le segment de surface minima chercké qui doit contenir les droites PQ, PR doit couper à angle droit !e plan (S) suivant une courbe QRqui, bien entendu, n'est pas donnée à l'avance, mais qui doit être déterminée.

L'auteur achève de préciser le problème en s'imposant les condi- tions suivantes :

i° Le segment de surface minima cherché M ne contiendra au- cun point singulier dans son intérieur;

20 La normale de la surface variera d'une manière continue;

3° Enfin le long de chacune des trois parties PQ, QR, RP du contour, la normale en se plaçant tournera toujours dans le même sens.

Cette dernière hypothèse, par exemple, exclut le cas où la courbe inconnue QR aurait un ou plusieurs points d'inflexion.

Le principe de la solution peut être donné en quelques mots. 11 est aisé de voir que le segment de surface minima M admet une représentation sphérique, formée par les points à l'intérieur d'un triangle sphérique, dont les angles sont connus. D'autre part, si l'on suppose la surface minima représentée d'une manière con- forme sur un plan, de telle manière qu'aux lignes de courbure cor- respondent des droites parallèles, on démontre facilement qu'au segment M devra correspondre une portion du plan comprise à l'intérieur d'un triangle rectangle isoscèle. Si la surface M était connue, on voit donc que Ton aurait, par son intermédiaire, la

von vier Kanten eines regularen Tetraeders çebildetes, ivindschiefes Viereck gëgeben ist.

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102 PREMIÈRE PARTIE.

r e p r é s e n t a t i o n conforme de la surface d ' u n triangle s p h é r i q u e sur celle d'un triangle plan isoscèle et rectangle. R é c i p r o q u e m e n t , si Ton détermine les formules qui p e r m e t t e n t de réaliser cette r e p r é - sentation conforme, ce q u e fait l ' a u t e u r en suivant les m é t h o d e s de M. S c h w a r z , il est facile de voir q u e Ton aura tous les éléments nécessaires p o u r d é t e r m i n e r la surface m i n i m a , ou, si l'on veut, la fonction arbitraire qui figure dans les formules de M. W e i e r s t r a s s . Telle est la solution, c o m p l è t e m e n t développée p a r M. Neovius, dans le C h a p i t r e Ie r de son travail. L ' a u t e u r vérifie d'ailleurs a pos- teriori q u e la surface satisfait à toutes les conditions q u i o n t été imposées.

La surface ainsi o b t e n u e p e u t être prolongée a n a l y t i q u e m e n t ; il suffit p o u r cela de p r e n d r e sa s y m é t r i q u e , soit p a r r a p p o r t au plan ( S ) , soit par r a p p o r t aux droites P Q , P R , et de r é p é t e r indéfiniment ces o p é r a t i o n s . D a n s le second C h a p i t r e de son travail, M. Neovius se propose de d é t e r m i n e r tous les cas dans lesquels la surface sera en q u e l q u e sorte p é r i o d i q u e , c'est-à-dire dans lesquels la r é p é - tition des opérations p r é c é d e n t e s ne d o n n e r a q u ' u n n o m b r e fini de segments dans chaque p o r t i o n finie de l'espace. Le résultat de cette r e c h e r c h e peut être énoncé c o m m e il suit :

L a surface o b t e n u e p a r les r é p é t i t i o n s c o n g r u e n t e s et s y m é - t r i q u e s du segment M n e sera p é r i o d i q u e q u e si les droites P Q , P R sont parallèles aux arêtes ou aux diagonales des faces d ' u n c u b e , le plan S étant parallèle à l'un des neuf plans de symétrie de ce c u b e .

Gela c o n d u i t à considérer 5 cas différents. Les cas i et 4 aussi bien q u e les cas 2 et 3 c o n d u i s e n t à u n e m ê m e surface. D e p l u s , les deux surfaces ainsi o b t e n u e s sont dans la relation o b t e n u e p a r M. O . B o n n e t , c ' e s t - à - d i r e q u e l'on p e u t faire c o r r e s p o n d r e les lignes de c o u r b u r e de l ' u n aux lignes a s y m p t o t i q u e s de l ' a u t r e , de telle m a n i è r e q u e la r e p r é s e n t a t i o n soit conforme. Elles o n t été c o m p l è t e m e n t étudiées par M. Schwarz. L ' u n e d'elles est celle d o n t le c o n t o u r est limité p a r q u a t r e arêtes d ' u n tétraèdre r é - gulier.

A p r è s avoir rappelé ces résultats, l ' a u t e u r passe dans le troisième C h a p i t r e à l'étude du c i n q u i è m e cas, qui est faite d ' u n e m a n i è r e très détaillée. Il m o n t r e c o m m e n t on p e u t e x p r i m e r les coordon- nées rectangulaires d'un p o i n t de la surface par de^ intégrales

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MÉLANGES. io3 elliptiques et il établit que Ton pourrait obtenir, si cela était né- cessaire, une équation de la surface rationnelle par rapport à des fonctions elliptiques des coordonnées. Enfin il étudie la forme de la surface et de celle que l'on en déduit par la déformation de M. O. Bonnet. Deux photographies donnent une idée nette de ces deux surfaces.

On voit avec quel soin cette étude du problème a été poursuivie dans les plus petits détails. Il serait à désirer que l'on eût beau- coup de travaux du même genre : ils sont très propres à éclairer et à faciliter l'application et l'interprétation des théories géné- rales.

Du reste, la question étudiée par M. Neovius a assez d'intérêt par elle-même pour mériter un examen aussi approfondi.

G. D.

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