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Les cryptes romanes des Alpes du sud, Enquête sur une forme architecturale

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Academic year: 2021

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Submitted on 9 Aug 2016

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Les cryptes romanes des Alpes du sud, Enquête sur une forme architecturale

Caroline Michel d’Annoville, Mathias Dupuis

To cite this version:

Caroline Michel d’Annoville, Mathias Dupuis. Les cryptes romanes des Alpes du sud, Enquête sur

une forme architecturale. Bilan Scientifique - Direction régionale des affaires culturelles Provence-

Alpes-Côte-d’Azur, Service régional de l’archéologie, Ministère de la culture et de la communication,

Direction du patrimoine, Sous-Direction de l’archéologie, 2013, pp.36-38. �halshs-01352200�

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VOLX

9 rue du Château

Moyen Âge Moderne

Contemporain

Le château de Volx se situe sur le promontoire rocheux qui domine le village et la vallée de la Durance. Le site castral, attesté depuis le XIIe s., est aujourd’hui très arasé et largement occupé par des maisons individuelles. Le parcellaire a toutefois conservé les traces des remparts, et des élévations anciennes apparaissent encore de manière disparate dans les parties hautes du village.

Le diagnostic portait sur une parcelle située sur le flanc oriental de l’enceinte. L’ opération a concerné une analyse sommaire des élévations du bâtiment qui occupe la partie sud-est de la parcelle, complétée par la réalisation de trois sondages dans les jardins.

Les sondages n’ont pas livré de niveaux d’occupation anciens : la zone située à l’angle nord-ouest du rempart a été entièrement comblée par des remblais modernes consécutivement à l’extension de l’enceinte dans ce sec- teur. Aux abords immédiats du bâtiment, des niveaux d’occupation datés de la période moderne apparaissent sous des remblais récents épais d’environ 80 cm.

Les observations sur le bâti ont mis en évidence trois principaux états de construction.

L’ état 1 est caractérisé par la construction d’un bâti- ment sur deux niveaux voûtés en berceau transversal, qui pourrait appartenir à une période assez haute (avant

la fin du XIIIe s. ?). Le bâtiment méridional formerait ainsi l’un des plus anciens vestiges du château de Volx encore conservé en élévation. Le plan de ce bâtiment, le soin apporté à sa mise en œuvre, sa position topographique interrogent sur sa fonction d’origine.

L’ état 2 correspond à la construction d’un grand bâti- ment accolé à la face nord du premier édifice. La répar- tition des espaces, la nature des ouvertures laissent sup- poser que cet édifice avait une fonction essentiellement résidentielle, que nous proposons d’interpréter comme un logis. Sa datation reste à établir, mais les caracté- ristiques architecturales plaident pour une construction comprise entre la fin du XIIIe et le début du XV e s.

L’ extension des remparts vers le nord-est succède à cet état, sans qu’il soit possible de lui attribuer une datation précise.

L’ état 3, consécutif à la destruction d’une partie du bâtiment nord, est caractérisé par la reconstruction et la réaffectation du bâtiment en maisons d’habitation au cours du XIXe s.

Mathias Dupuis, Adeline Barbe et Yann Dedonder

Les cryptes romanes

dans les Alpes du sud, enquête sur une forme architecturale

Moyen Âge

Cette prospection thématique sur les cryptes romanes, menée en partenariat entre le Service départemental d’archéologie des Alpes-de-Haute-Provence et l’Uni- versité Pierre Mendès France de Grenoble, avait pour objectif de dresser un premier panorama sur ces types d’aménagements architecturaux, à partir d’une reprise de l’étude de trois édifices du département : l’église Saint- Marc à Allemagne-en-Provence, la chapelle de Notre- Dame de Dromon à Saint-Geniez et la crypte du prieuré Saint-Gervais de Vilhosc à Entrepierres. Il s’agissait, au cours de cette première année, de dresser un bilan histo- riographique sur ces différents édifices et d’en réaliser de nouveaux plans, afin de cibler les problématiques pré- cises susceptibles d’être exploitées dans les années à venir, à travers un programme plus vaste d’étude archéo- logique du bâti.

L’ étude comparative de ces trois édifices révèle des plans et des aménagements intérieurs très variés, liés à des formes architecturales, des fonctions liturgiques et des contextes d’implantation différents les uns des autres.

De ce dernier point de vue, le cas de la chapelle Saint- Marc se distingue nettement des deux autres, dans la mesure où la division de la partie orientale de l’édifice en deux niveaux superposés – réservant une forme de crypte ou du moins d’église basse au niveau inférieur (sur cet édifice, il convient de se référer au travail mené par Yann Codou et Natasha Vaizey 1, notre contribution s’étant résumée à compléter le plan et les relevés de l’église) – procède d’un réaménagement du bâtiment pos- térieur à sa construction. Dans le cas de Saint-Geniez et de Vilhosc en revanche, l’aménagement de la crypte répond à un souci constructif évident, motivé dans le pre- mier cas par la nécessité d’aménager une plate-forme sur un dénivelé rocheux abrupt et dans le second cas par la volonté d’offrir des fondations solides à la partie orientale de l’église haute. Ces aspects techniques restent néan- moins à éclaircir par une meilleure compréhension des contraintes naturelles (étude géologique et géomorpho- logique des terrains environnants) et de la chronologie de ces deux édifices.

1. Voir BSR PACA 2005, 22-23 ; 2006, 21.

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37 Il apparaît par exemple, à Saint-Geniez de Dromon

(fig. 15), une anomalie dans la construction du mur occi- dental de la crypte sud, doté de l’amorce d’un arc de dé- charge obstrué par le mur latéral de la crypte. Cette ma- çonnerie pourrait appartenir à un état antérieur, peut-être lié à la structure de l’église haute, entièrement recons- truite à la période moderne. À Vilhosc, les premières observations sur le bâti ne permettent pas de confirmer les hypothèses de Jacques Thirion ou de Guy Barruol, qui voyaient deux campagnes de construction distinctes entre les parties orientales et occidentales de l’édifice.

Seule une étude archéologique plus poussée pourrait mettre en évidence d’éventuelles campagnes architec- turales distinctes, dans un édifice qui présente un plan d’ensemble relativement cohérent mais des techniques de mise en œuvre extrêmement empiriques.

La question des fonctions liturgiques reste difficile à appré hender sans investigation supplémentaire. Là encore, c’est avant tout la forme des plans et la chrono- logie de la construction qui nous renseignent sur les affectations possibles de ces espaces architecturaux.

Si le modèle de la crypte-halle employé à Vilhosc – en dehors de sa fonction architectonique – semble bien correspondre à la nécessité d’aménager un circuit cohérent de visite desservi par deux accès la- téraux qui débouchent sur les bas- côtés de la nef de l’église haute (au- jourd’hui remplacée par une ferme, mais dont le plan semble en partie calqué sur celui de l’ancienne église, fig. 16), le cas de Saint-Geniez est beaucoup moins classique d’un point de vue typologique. En effet, la volon té de construire deux cryptes adjacentes communiquant par un couloir d’accès ne doit pas se jus- tifier par la topographie du terrain, mais par une nécessité liturgique de créer deux espaces de dévotion.

En ce qui concerne Allemagne-en- Provence, la création d’un espace

inférieur dans le chevet au cours du XIIe s. pourrait avoir été motivée par une réaffectation ou un changement de statut de l’église, qu’il faudrait sans doute mettre en rela- tion avec les évolutions du castrum adjacent, dont l’étude archéologique reste à mener.

Enfin, du point de vue de l’histoire de l’art et de la data- tion des édifices, on constate de fortes similitudes entre les cryptes de Dromon et de Vilhosc, caractérisées par la forme des arcs, des claveaux et des supports (colon- nettes monolithes et chapiteaux tronconiques) et par la mise en œuvre assez rudimentaire de petits berceaux et de voûtes d’arêtes montés en blocage de moellons allon- gés noyés dans le mortier, qui évoquent les pratiques architecturales du premier art roman et qui suggèrent une datation aux alentours du XIe s. (fig. 17).

Les chapiteaux et les colonnettes d’albâtre de Saint- Geniez semblent bien provenir d’un approvisionnement local, dans des gisements situés à proximité du site. Leur disposition dans l’édifice pourrait toutefois suggérer qu’il s’agit d’éléments remployés, même si leur facture est romane.

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0 10 m

Fig. 15 – SAINT-GENIEZ, Notre-Dame de Dromon. Plan masse de la crypte, principaux volumes de l’église haute en surimpression (SDA04).

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Fig. 16 – ENTREPIERRES, prieuré de Vilhosc. Plan masse de la crypte, principaux volumes de la ferme en surimpression (SDA04).

Fig. 17 – ENTREPIERRES, prieuré de Vilhosc. Vue de la partie orientale de la crypte depuis le sud-ouest (cliché SDA04).

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De ces trois édifices, c’est la crypte du prieuré de Vilhosc qui présente le meilleur potentiel pour des études ulté- rieures. Une analyse archéologique détaillée du bâti, accompagnée par une exploration des sols de la crypte, permettrait sans aucun doute d’apporter de nouveaux éléments sur un édifice remarquable du premier art roman provençal. Des sondages localisés pourraient également être réalisés à Saint-Geniez, mais la recons- truction de l’église haute, la topographie très accidentée du terrain et les fouilles sauvages régulièrement prati- quées sur le site ne laissent que peu d’espoir sur son

potentiel stratigraphique ; une étude archéologique du bâti plus poussée, fondée sur le nouveau plan et appuyée par des prélèvements et des analyses de mortier serait toutefois nécessaire pour alimenter la réflexion sur cet édifice. Dans le cas de Saint-Marc d’Allemagne, seule la fouille exhaustive du chevet et des sondages dans la nef de l’édifice permettraient de confirmer les hypothèses déjà émises et de préciser la datation des différentes phases de construction.

Caroline Michel d’Annoville et Mathias Dupuis

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