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DOCUMENTS FAUNISTIQUES ET ÉCOLOGIQUES
Michel Glémarec, Lucien Laubier
To cite this version:
Michel Glémarec, Lucien Laubier. DOCUMENTS FAUNISTIQUES ET ÉCOLOGIQUES. Vie et Milieu , Observatoire Océanologique - Laboratoire Arago, 1968, pp.425-428. �hal-02952831�
SIBOGLINUM ATLANTICUM,
POGONOPHORE NOUVEAU POUR LE GOLFE DE GASCOGNE
Durant la mission Gestatlante II du navire océanographique « Jean Charcot » (juillet 1967) (1), une vingtaine de dragages ont été réalisés sur la pente continentale du Golfe de Gascogne. Un exemplaire de Siboglinum atlanticum Southward et Southward, 1958, dont la détermination est due à l'aimable obligeance du Dr. E.C. SOUTHWARD, a été récolté à 850 mètres de profondeur
environ, à 46°17'8" de latitude N et 04° 21' de longitude W. Parmi la faune associée, citons la présence des Pélécypodes Thyasira
fer-ruginea Winckworth et Yoldiella tomlini Winckworth, espèces
éga-lement bathyales. Plusieurs tubes de ce même Pogonophore ont été notés dans trois autres dragages, réalisés également sur sable envasé.
46°17'N- 04°28'W entre 1 150 et 1 200 mètres, 45°46'N-03°51'W à 1 200 mètres,
45°54'8" N - 03°52'8" W à 420 mètres.
Cette espèce a été découverte en 1957 dans quatre stations situées très au large de l'entrée de la Manche, à l'ouest du 7°57'W et au nord du 47°50'N entre 956 et 1 326 mètres. E.C. et A.J.
SOUTHWARD ont retrouvé en 1964 plusieurs spécimens aux alentours
du 48°29' N -10°20' W entre 1 300 et 1 500 mètres.
(1) N.B. Je tiens à remercier M. F. LE LANN qui a récolté ce matériel à bord du «Jean Charcot».
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On peut noter que le Siboglinum atlanticum vit moins profon-dément dans le Golfe de Gascogne qu'au large de la Mer Celtique. Sans doute, y a-t-il là une explication basée sur un facteur édaphi-que mais cette différence n'a peut-être aussi aucune signification et provient de ce que nous n'ayons encore trop peu de données sur la répartition géographique et écologique de cette espèce. La migra-tion en profondeur, en allant de la zone lusitanienne vers la zone boréale, serait d'ailleurs difficilement explicitée par un facteur cli-matique, car elle est inverse de celles des espèces boréales sténo-thermes (comme le peuvent être les Pogonophores) s'enfonçant en profondeur lorsque la latitude décroît.
Cette espèce n'est donc plus seulement localisée au large de la Mer Celtique, elle est boréo-lusitanienne. Des recherches ultérieures dans le Golfe de Gascogne devraient permettre de préciser la répar-tition du Siboglinum atlanticum, ainsi que celles des autres Pogo-nophores de la côte nord-est de l'Océan Atlantique qui, en zone boréale, cohabitent avec S. atlanticum : S. holmei Southward, S. ekmani Jâgersten, S. inerme Southward et Southward,
Diplobra-chia capillaris (Southward). Cette dernière espèce a d'ailleurs été
signalée par E. SOUTHWARD au large de la côte d'Espagne.
Toute la bibliographie correspondant à ce groupe pour la région intéressée est incluse dans l'article suivant : SOUTHWARD, E.C. et SOUTHWARD, A.J., 1967. The distribution of Pogonophora in the
Atlantic Océan. Symp. zool. Soc, London, n° 19, 145-158.
Michel GLÉMAREC.
PRÉSENCE AU PORTUGAL
DE DEUX ANNÉLIDES POLYCHÈTES INTERSTITIELLES
Dans le cadre d'une étude faunistique et écologique plus géné-rale des peuplements interstitiels des plages du nord du Portugal, Mlle M.-H. GALHANO m'a confié pour identification quelques
spéci-mens d'Annélides Polychètes. J'ai rencontré dans ses prélèvements trois espèces de Polychètes errantes, dont deux appartiennent stric-tement à la microfaune des sables marins, et n'avaient encore jamais été signalées sur les côtes lusitaniennes.
La plupart des prélèvements ont été effectués sur la plage de Francelos, située à 7,5 km au sud de l'embouchure du Douro, en
utilisant la méthode qualitative aujourd'hui classique de Karaman. Un unique échantillon recueilli sur la plage de Cabedelo, à 1 km à peine au sud de l'embouchure, a également fourni quelques spéci-mens de l'une des deux espèces interstitielles.
1. — Hesionides arenaria Friedrich, 1937
Cette espèce a été signalée en de nombreux points du littoral européen, et en diverses régions beaucoup plus éloignées du globe (voir à ce sujet LAUBIER, 1965 et plus récemment WESTHEIDE, 1967 et LAUBIER, 1968). Toutefois, il n'existait jusqu'à présent aucune signalisation sur les côtes de la péninsule ibérique, et la découverte de cette espèce au Portugal vient combler le vide existant entre le golfe de Gascogne (côtes des Landes) et le golfe du Lion (région de Banyuls-sur-Mer). L'espèce est fréquente, et dix prélèvements faits à Francelos ont fourni plus de cent cinquante individus.
Le genre Hesionides comprend actuellement trois espèces, dont l'une, H. maxima, a été récemment créée par WESTHEIDE (1967) sur des critères essentiellement quantitatifs, et dont la valeur spécifi-que peut paraître contestable. En particulier, cet auteur invospécifi-que dans le tableau d'identification qu'il propose pour ces trois espèces (p. 126) la largeur du corps (moins de 0,1 mm chez H. arenaria et
H. gohari, 0,2 mm chez H. maxima), dimension qui dépend
forte-ment de la contraction lors de la fixation. Ainsi, certains spécimens portugais de grande taille et contractés, que je rapporte à H.
are-naria, mesuraient plus de 0,2 mm de largeur, parapodes non
comp-tés. WESTHEIDE, il est vrai, fait intervenir également un caractère qualitatif : présence ou absence de taches pigmentaires à la face antérieure des parapodes.
2. — Petitia amphophthalma Siewing, 1956
Ce petit Syllidien interstitiel est beaucoup moins fréquent que
H. arenaria : six prélèvements effectués sur la plage de Francelos
ont fourni une dizaine d'individus en assez mauvais état, mais faci-lement identifiables.
Comme pour l'espèce précédente, la découverte de cette forme sur les côtes portugaises fournit la première station intermédiaire entre la localité originale (golfe de Gascogne) et les stations du golfe du Lion en Méditerranée. La répartition géographique de
P. amphophthalma n'est pas aussi vaste que celle de H. arenaria,
mais s'accroît rapidement et l'image que nous pouvons en donner actuellement n'est certainement pas complète : Atlantique Nord (golfe de Gascogne, côtes du Portugal), Atlantique tropical
(Baha-— 428 (Baha-—
mas, Côte d'Ivoire, LAUBIER, 1968), Méditerranée occidentale (golfe
du Lion, Corse) et Mer Rouge.
P. amphophthalma, comme H. arenaria, peut supporter
d'im-portantes variations de salinité, et l'espèce est plus commune dans les eaux interstitielles littorales que dans les sables marins submer-gés. Ces deux zones sont très souvent récoltées dans les mêmes prélèvements, et leur association caractérise des stations typique-ment interstitielles.
Lucien LAUBIER.
REFERENCES CITEES
LAUBIER, L., 1965. Deux Polychètes interstitielles des plages de Corse. Vie Milieu, 15 (3) : 813-815.
LAUBIER, L., 1968. Quelques Annélides Polychètes interstitielles d'une
plage de Côte d'Ivoire. Vie Milieu, 18 (3 A) : 573-594.
WESTHEIDE, W., 1967. Monographie der Gattungen Hesionides Friedrich und Microphthalmus Mecznikow (Polychaeta, Hesionidae). Z. Morph.