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Submitted on 1 Jan 1878
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M. Hurion
To cite this version:
M. Hurion. De la dispersion anomale. J. Phys. Theor. Appl., 1878, 7 (1), pp.181-186.
�10.1051/jphystap:018780070018100�. �jpa-00237394�
I8I
DE LA DISPERSION ANOMALE;
PAR M.
HURION,
Professeur à l’École Normale supérieure de Cluny.
La
plupart
des faits relatifs à ladispersion anomale,
ou distri-bution
irrégulière
des couleurs dans lespectre, exposés
dans ceRecueil(’),
ont faitl’objet
des recherches de Mai.Le Roux,
Chris-tiansen et Kundt.
Conduit,
par ses études sur les indices de réfraction des va- peurs( 2 ),
à examiner lespectre
donné par unprisme
à vapeurd’iode,
31. Le Roux aremarqué
que, dans cespectre composé
dedeux
parties
rouge etbleue,
cette dernière couleur était la moinsdéviée,
contrairement à cequ’on
observe d’ordinaire.D’après
lesconseils de M.
Mascart, j’ai essayé
derépéter
cetteexpérience
intéressante et de mesurer, d’une manière
approchée,
ladisper-
sion
négative
de la vapeurd’iode, qui, d’après
certains détailsd’expérience
donnés par M. LeRoux(3),
devait êtrecomparable
àla
dispersion positive
du verre.Un
prisme
formé d’un tube de verre de 5’ dediamètre,
taillé en biseau à
chaque
extrémité et fermé par desglaces,
futplacé
dans l’intérieur d’une étuvecylindrique
horizontale. Ceprisme,
contenant des morceauxd’iode, pouvait
être mis en com-munication avec une machine
pneumatique.
Deuxglaces
fermantl’étuve livraient passage au faisceau lumineux émanant d’un col- limateur à
fente,
et lespectre
était étudié à l’aide d’une lunetteastronomique
munie d’un micromètre oculaire. Si l’on a le soin de choisir desglaces
à facesparallèles
pour fermer leprisme
et l’é-tuve, et d’utiliser les
parties
centrales desobjectifs
du collimateuret de la
lunette,
lephénomène
devient visible à bassetempérature
et
peut
être mesuré vers I oo°. Lesprécautions indiquées
sont in-dispensables
si l’on ne veut pas que les défauts d’achromatisme viennent masquer ladispersion
propre duprisme.
( 1 ) Journal de Physique, t. ler, p. 3S, i 5 et 68.
(2) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. LXI, p. 345.
(8) Comptes rendus, t. LV, p. I26.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018780070018100
expérience,
soit avec la lumière
solaire,
soit avec des étincelles d’inductionjaillissant
entre des fils decadmium,
et l’onrepérait
laposition
del’image
sur le micromètre.Quand
latempérature
avait été main-tenue constante,
pendant
une heureenviron,
à l’aide d’un courantde vapeur
d’eau,
on notait laposition
del’image
rouge et del’image
bleue. Dans toutes cesexpériences
onprenait
soin d’uti- liser lapartie
centrale de l’eeil et l’on s’assurait que les fils du micromètre restaient bien en coïncidence avecl’image
observéequand
ondéplaçait
l’oeil devant l’oculaire.La déviation
produite
s’est trouvée voisine de 60 divisions du micromètre pourl’image
rouge et de 55 divisions pourl’image
bleue. Une division du micromètre valait
i", 3.
Ledegré
depréci-
sion est
de 1 13
environ.L’appareil
une foisrefroidi ,
on faisaitdans le
prisme
un videapproché
et l’oncomparait
la déviationproduite
par une variation depression
connue à la déviation pro- duite par la vapeur d’iode. Cettecomparaison dispensait
de lamesure de
l’angle
duprisme.
D’ailleurs,
leprisme
renfermant à 100° unmélange
d’air et devapeur
d’iode,
il étaitnécessaire,
pour le calcul desindices,
dedéterminer la
proportion
relative de ces deux substances. Il suffi- sait pour cela de mesurer la tension de la vapeur d’iode à 100°.Pour y
parvenir, j’ai
construit deux tubesbarométriques
renfer-mant une
petite
couche deparaffine ;
l’un d’euxcontenait,
enoutre, de
petits
morceauxd’iode;
le but de laparaffine
était d’em-pêcher
le contact direct du mercure et de la vapeur d’iode. Les deux tubesayant
étédisposés parallèlement
dans un manchontraversé par un courant de vapeur
d’eau,
la différence de niveau s’est trouvée d’à peuprès
50mm. Ce nombrereprésente
la tensionde la vapeur d’iode à la
température
desexpériences.
Ces
données, jointes
à la connaissance de l’indice del’air,
per-mettent de
calculer,
par lesprocédés habituels,
les indices de la vapeur d’iode pour le rouge et le violet. J’ai trouvé les valeurs sui-vantes :
ce
qui donne,
pourdispersion négative
de la vapeurd’iode,
le nombreo,o6,
très-voisin dupouvoir dispersif positif
du flint. EnI83
admettant que le
pouvoir réfringent
d’un corps estindépendant
de son état
physique,
ontrouverait,
enpartant
des donnéespré- cédentes,
que les indices de l’iode solide sont les suivants :Mais on
peut
calculer ces nombres en mesurant les indices d’une solution titrée d’iode dans le sulfure de carbone. Je me suisoccupé
de cette détermination ou,
plus
exactement, de lacomparaison
des indices d’une solution d’iode au
1 500
avec les indices du dis- solvant.Comme les diiérences à évaluer étaient de méme ordre que les
changements
d’indice du sulfure de carboneprovenant
des varia- tions habituelles detempérature, j’ai
dû recourir à un artifice.Deux
prismes
creux de mêmeangle
etsuperposés
ont été obtenusde la manière suivante. On a creusé dans un
prisme
de verre uncanal
perpendiculaire
auplan
bissecteur del’angle dièdre;
on adisposé
à l’intérieur une cloison médianeperpendiculaire
auxarêtes du
prisme,
et le tout a été fermé par desglaces
collées surles faces
primitives
duprisme
de verre.L’un des
compartiments
étantrempli
de la dissolution et l’autre de sulfure decarbone,
l’ensemble des deuxprismes
futplacé
surle
trajet
d’un faisceau de lumière solaire émanant d’un collimateur.En recevant le faisceau
émergent
dans unelunette,
onvoyait
deuxspectres superposés
et l’onpouvait
mesurer la distanceangulaire
des deux
images
d’une même raie. Pour acheverl’expérience,
ondéterminait,
par la méthodeordinaire,
les indices du sulfure de carbone pour les raies considérées.La solution d’iode
employée
étaittrès-transparente;
on n’étaitpas
obligé
dès lors de n’utiliser que laportion
duprisme
très-voisine de
l’arête,
cequi,
comze onsait,
enlèvebeaucoup?de garantie
auxexpériences.
Cette méthode m’a donné les résultats suivants :Indices.
(1), pouvoir réfringent mélange
est la somme despouvoirs réfringents
des corpsqui
leconstituent,
on déduit des nombresprécédents
les indices de l’iode solide.Ces indices sont
nombres voisins de ceux
précédemment
obtenus.Cette nouvelle
expérience
m’apermis
de constater que l’iode ensolution conserve sa
dispersion anomale,
etje
me suis trouvé con-duit à faire
quelques expériences
relatives à ladispersion
desliquides
fortement colorés.La méthode du
prisme ayant
faitl’objet
de certainescritiques
que
j’ai rappelées plus haut, j’ai
cherché d’autresprocédés
demesure, et tout d’abord
j’ai
mis enpratique
la méthode de la ré- flexion totaleindiquée
par M.Christiansen (2).
Fig. I.
Après
avoir choisi unprisme
de verreABC, rectangle
enA.,
dont
l’angle
B étaitsupérieur
àl’angle
limitecorrespondant
aupassage de la lumière du verre dans
l’air, j’ai appliqué
contresa face
hypoténuse
un secondprisme
BCD d’unangle très-peu
différent. La face AB était éclairée normalement par le faisceau lumineux éinanant d’un
collimateur ;
mais cefaisceau,
subissanten BC la réflexion
totale,
n’était pas visible à travers l’ensemble des deuxprismes.
Si alors oninterposait
une mince couche du(1) Annales de Chimie et de Physique, 4e série, t. XIV, p. 498.
(2) Annales de Poggendorff, t. CXLIII, p. 250.
I85
liquide
à étudier entre les faces BC des deuxprismes,
onvoyait,
en
regardant
par la faceCD,
unspectre très-peu étalé,
et l’on con-statait
qu’il
fallait incliner la face AB sur le rayon incidentd’angles
variables pour amener la
disparition
successive des différentes couleurs.En
prenant
comme source de lumière des étincelles d’inductionjaillissant
entre deux fils de cadmium et observant lespectre
avec une
lunette,
onpouvait déterminer,
d’une manière assez exac te, l’inclinaison de la face ABcorrespondant
à ladisparition
d’une raie connue. Il suffisait alors de mesurer les indices du
prisme ABC,
ainsi que sonangle B,
pour avoir tous les éléments nécessaires au calcul des indices de la solution. Cetteméthode, appliquée
à l’étude dequelques
solutions defuschine,
m’apermis
de constater la variation
brusque
des indices dans levoisinage
desbandes
d’absorption.
Cette variation avait étésignalée déjà
par MM. Christiansen et Kundt. Pour lepermanganate
depotasse,
les nombres obtenus ne diffèrent de ceux de M. Kundt que d’une unité de troisièmeordre décimal ;
c’està peu près
lalimi te deprécision
de la méthode.
Désirant
employer
d’autresprocédés
pour mettre en évidence ladispersion anomale, j’ai
eu recours auxfranges
deTalbot,
dontla théorie a été
présentée
dans ce recueil par M. Mascart(1)
etj’ai
même
employé
deuxparallélépipèdes
de verre dont il s’était servi pour d’autresexpériences (2).
Cesparallélépipèdes produisaient
entre les deux faisceaux interférents un écart voisin de
om,034.
Une sorte de cuve
(fig. 2)
àparoi
mobile étaitplacée
sur letrajet
de ces faisceaux.
Fig. 2.
Cette cuve était constituée par une
première glace
AB colléesur une
pièce
fixeverticale;
deuxglaces CD, C’D’,
situées dans unplan parallèle
àAB,
étaient commandées par une vis micromé-trique qui
lesapprochait
ou leséloignait
en mêmetemps
de la(1) Journcal de Physique, t. 1er, p. ]82.
(2) Jortrnal de Physique, t. III, p. 3 : o.
glace
glace CD,
l’autre laglace
C’D’.Quand
lesglaces
mobiles avaient été amenéestrès-près
de laglace fixe,
on introduisait entre AB et CD une goutte de dissol-vant et entre AB et C’D’ une goutte de dissolution. On éclairait
avec la lumière solaire et l’on
réglait
lesfranges.
Pointant alors la lunette sur une raie connue, onagissait
sur la vis pour faire varierl’épaisseur
des deux couchesliquides
que lesphénomènes capil-
laires maintenaient entre les
glaces.
Oncomptait
le nombre defranges qui passaient
sous le fil du réticule pour undéplacement
donné de la vis. Cette
expérience
donne directement la différenceentre les indices de la dissolution et du
dissolvant,
etpermet
d’é- tudier ladispersion
desliquides
colorés.Cette
méthode,
d’uneapplication
moins facile que laprécé- dente,
m’acependant
conduit à des résultats semblables dans lecas d’une solution de
permanganate
depotasse.
En
résumé,
toutes cesexpériences,
exécutées au laboratoire de M.Mascart,
sont venues confirmer les résultats obtenusdéjà
par MM. LeRoux,
Christiansen et Kundt.SUR LES VARIATIONS QUE SUBIT L’AIMANTATION D’UN BARREAU D’ACIER QUAND ON FAIT VARIER SA
TEMPÉRATURE;
PAR M. J.-M. GAUGAIN.
1.
Lorsqu’un
barreau d’acier a été aimante à unetempérature
très-élevée
(de 4000 à: 500°)
etqu’on
le laisserefroidir,
sonmagné-
tisme ne s’abaisse pas
seulement,
mais il devient tout à faitnul
etfinit par
changer
designe ;
de sorte que, si le barreau a été aimanté à chaud dans un certain sens, il se trouve aimanté en sens inversequand
il est revenu à latempérature
ordinaire.Alors,
si on le chauffe de nouveau, lemagnétisme inverse, qui
esttoujours
assezfaible,
s’anéantit et l’on voitreparaître
lemagnétisme primitif,
don t la valeur estgénéralement plus
considérable.Quand
le barreau se
refroidit,
on obtient deschangements
designe
in-verses ; ces interversions de
magnétisme peuvent
êtrereproduites
un
grand
nombre de fois sur lemème barreau,
sansqu’il
soit né-cessaire de le réaimanter.