Cahiers Claude Simon
3 | 2007 Varia
Disparition
Jean-Yves Laurichesse
Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/ccs/580 DOI : 10.4000/ccs.580
ISSN : 2558-782X Éditeur :
Presses universitaires de Rennes, Association des lecteurs de Claude Simon Édition imprimée
Date de publication : 30 avril 2007 Pagination : 147
ISBN : 9782354120122 ISSN : 1774-9425 Référence électronique
Jean-Yves Laurichesse, « Disparition », Cahiers Claude Simon [En ligne], 3 | 2007, mis en ligne le 21 septembre 2017, consulté le 15 septembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/ccs/580
Cahiers Claude Simon
Disparition
Nous avons appris avec une grande tristesse le décès de Maurice Roelens, professeur honoraire à l'Université de Perpignan. Origi- naire du Nord, il avait été assistant à l'Université de Lille avant de s'installer dans le Midi. Spécialiste reconnu du siècle des Lumières, particulièrement pour ses travaux sur le dialogue philosophique, il avait ensuite élargi son champ de recherches au XXe siècle (littéra- ture et cinéma), et particulièrement à l'œuvre de Claude Simon. Le numéro des Cahiers de l'Université de Perpignan qu'il lui avait consacré en 1986 (n° 1) était l'une des toutes premières manifestations du tournant pris par les études simoniennes au milieu des années 1980, que l'on peut qualifier sommairement de « post-formaliste ». Il écri- vait alors dans son avant-propos : « Très longtemps, la critique a privilégié, dans son abord de l'œuvre, les ruptures, les innovations et les démarches qui caractérisent l'écriture du romancier. Peut-être est-il temps, aujourd'hui, d'examiner ces textes sous un autre angle d'approche, en mettant l'accent, à son tour, sur ce qui en eux relève de la représentation, sur ce qu'ils donnent à voir et à comprendre ». En particulier, son propre article intitulé « La fenêtre de ma chambre à Perpignan » développait une remarquable approche littéraire du ré- férent autobiographique, qui s'ouvrait sur ce propos de Roland Bar- thes : « Le réel n'est pas représentable, et c'est parce que les hommes veulent sans cesse le représenter par des mots qu'il y a une histoire de la littérature » (Leçon, 1978). Il devait publier ensuite d'autres ar- ticles ou communications dans la même perspective (« Claude Si- mon à/et Vernet-les-Bains », Cahiers de l'Université de Perpignan, n° 14,
1993 ; « La guerre d'Espagne dans les premières œuvres de Claude Simon », in Les Français et la guerre d'Espagne, Presses Universitaires de Perpignan, 1990), ou encore sur la question importante mais peu traitée de l'humour (« Figures de la "gouaille" et de la raillerie dans Le Jardin des Plantes », Cahiers de l'Université de Perpignan, n° 30, 2000).
Maurice Roelens avait eu aussi à cœur, par ses cours et ses confé- rences, de faire découvrir l'œuvre de Claude Simon à un public plus large. Ceux qui l'ont connu peuvent témoigner de son rayonnement intellectuel comme de sa générosité humaine. (J.-Y. L.)