QUELQUES OBSERVATIONS SUR LA PRODUCTION DU NECTAR CHEZ LES LAVANDES ET LES LAVANDINS EN
PROVENCE
Beobachtungen über die Nektarerzeugung bei Lavendel und « Lavandin
» in der Provence
Michel GONNET
Fernande PARIS
Station
expérimentale d’Apiculture,
Centre de Recherches
d’Avignon, L 1 V.R.A., 84-Montfavet
SUMMARY
SOME OBSERVATIONS ON THE LAVANDERS AND THE LAVANDINS NECTAR YIELD IN PROVENCE
Observations on the lavander and the lavandin nectar
yield
have been carried out in theopen.
Lavandins
generally yield
more nectar than lavanders.Great differences in
yield
between lavender varieties and lavandin varieties have been noted.The nectar
yield
should be retained as abreeding
criterion for the new lavander or lavandin varieties. Further andthorough
studies should be made of thatsubject
on account of itsbeekeeping importance.
RÉSUMÉ
Des observations ont été effectuées en
plein champ
sur laproduction
nectarifère de la lavande et du lavandin.D’une manière
générale
les lavandinsproduisent plus
de nectar que les lavandes.Des différences
importantes
deproduction
entre variétés de lavande et entre variétés de lavandins ont été notées.Il serait souhaitable que la
production
de nectar soitprise
en considération comme critère de sélection pour les variétés nouvelles de lavande ou de lavandin et que des étudesplus
appro- fondies soiententreprises
sur cesujet
en raison de sonimportance apicole.
INTRODUCTION
La production du
nectar est unphénomène fortement influencé par le milieu extérieur : ensoleillement, vent, hygrométrie, température ainsi que par les facteurs propres
ausol, tels que la fertilité, la profondeur, l’humidité
etéventuellement, les fumures organiques
ouminérales qui
y sontapportées. Ces
facteurs
externes ontété étudiés par de nombreux
auteurs etS HUEL (1964)
a
présenté
sur cesujet
une revuebibliographique très complète.
L’importance des facteurs endogènes
surla sécrétion nectarifère
estplus
mal
connue ;peu d’études lui
ontété consacrées. S I iu EL (1964, 1967)
amontré qu’il
existe unecorrélation
entrela sécrétion nectarifère
etla
teneur enauxines des milieux liquides sur lesquels
on maintient des fleurs d’Anthirrinum majus.
Lorsqu’on introduit dans
cesmilieux de faibles quantités d’acide-3-indolyl acétique,
levolume de
nectarnormalement produit par les fleurs
estconsidé- rablement réduit
et sa concentration en sucre est moinsélevée. BARBIER (1963)
a
fait quelques observations
sur certainsaspects de la régulation
internede
la sécrétion nectarifère,
notamment surla durée de
cettesécrétion pour
unefleur de lavande.
Nous
avonsenvisagé ici le problème
sous un autreangle
et nosobservations
ont
porté
surla variabilité de la sécrétion nectarifère chez quelques variétés
de lavande (Lavandula
veraD.C.)
etde lavandin (généralement
reconnucomme un
hybride
entreles espèces Lavandula
veraD.C.
etLavandula latifolia WILL.).
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Les
plantes
surlesquelles
nous travaillons enplein champ
sont choisies 48 heures à l’avanceet recouvertes d’un voile de
nylon
de telle sorte que les abeilles nepuissent
y butiner. Le nectar estprélevé
dans les fleurs à l’aide d’unepipette
Pasteur reliée par un caoutchoucsouple
à undispositif d’aspiration
constitué d’unpetit fume-cigarette
danslequel
on introduit un tube deverre
rempli
de chlorure de sodium et bouché àchaque
extrémité par un coton. Les corolles des fleurs de lavande ou de lavandin sont détachées une à une de leur calice. Par unelégère pression
à la base despétales
on faitperler
le nectar que l’onprélève
paraspiration.
On compte le nombre de fleurs visitées. Le nectar collecté dans un tube àhémolyse
estpesé
et on détermineensuite sa teneur en matière sèche par réfractométrie. Les résultats sont
exprimés
en milli-grammes de matière sèche récoltée par cent fleurs.
Des
prélèvements
ont été effectués surplusieurs
variétés de lavande et de lavandin connues ou inconnues ’ mais cultivées d’une manière trèsgénérale
en Provence. Les observations ont été faitespendant
deux ans. Les récoltes s’échelonnent sur un mois pour l’ensemble des variétés étudiées et sur un, deux ou troisjours
au maximum pourchaque
variété. Le nombre de fleurs dont le nectar estprélevé
est en moyenne de 10 000 par variété étudiée. Les résultatsprésentés
constituent des moyennes.
Des contrôles ont été
pratiqués
en étuve de la manière suivante. Deshampes florales,
en début defloraison,
d’unelongueur
de 15 cm environ sontplongées
parbouquets
de dix dans des tubes à essai de 10 cm delongueur
contenant 20 ml d’une solution nutritive(solution
aqueuse de saccharose à 10
%).
Une toileplastique (5
cm X 5cm) perforée
de dix trous trèsfins sert de fermeture pour ces tubes et permet l’introduction des
hampes,
les inflorescences 1. De nombreuses variétés, notamment de lavande, sont obtenues par lesproducteurs
eux-mêmes àpartir
de clonesqu’ils
sélectionnent etmultiplient
parbouturage.
restant à l’extérieur. Les
bouquets
ainsi constitués sontdéposés
dans des enceintes en matièreplastique.
Ces fleurissoirs sont mis en étuve à 25 °C et à l’obscurité. L’humidité relative dans les fleurissoirs varie entre 95%
et 100%. Après
48 heures le nectar estprélevé
danschaque
fleur ouverte mais non fanée avec le matériel et suivant les méthodes décrites ci-dessus. Le nombre de fleurs dont le nectar est
prélevé
est de 1 000 environ pourchaque
variété. Nous comparerons d’une manièreglobale
tous ces résultats à ceux obtenus enplein champ.
RÉSULTATS
Sur le tableau 1
onpourra comparer :
-
la récolte
surles lavandins I, II
etIII qui
sontcultivés
enrangées
voisines, le
nectarétant prélevé
aux mêmesdates ;
-
la récolte
surles lavandes V
etVI, récolte effectuée pendant plusieurs jours
surla
mêmevariété cultivée dans deux
terrainstrès différents ;
-
la récolte
surles lavandes V
etVI
et surles
autreslavandes ; Enfin, d’une
manièregénérale,
on noterales différences de récolte
entreles lavandes
etles lavandins.
On
voit notammentque les fleurs de lavandin produisent plus de
nectarque les fleurs de lavande. On peut ajouter
àcela que les hampes florales du lavandin portent
enmoyenne 3 à 4 fois plus de fleurs que celles de la lavande.
Il faut donc considérer le lavandin
comme unproducteur de
nectarbien plus important que la lavande.
Les quantités de
nectarproduites diffèrent selon la variété. Chez la lavande,
la variété
«Matheronne
osecrète très peu de
nectarpar rapport
aux autreslavandes,
etaussi bien dans
unterrain aride
ettrès pauvre que dans
une terrede fertilité convenable. Chez le lavandin, la variété
«Abrial
»cultivée pour
sesgrandes hampes produit nettement moins de
nectar que le
« super A
» et sur-
tout
que le lavandin
commun, ces troisvariétés étant cultivées
côteà
côtedans le
mêmechamp.
Enfin, les
essaisréalisés in vitro
enmilieu homogène confirment d’une
manière générale tous ces résultats.
CONCLUSIONS
Les récoltes de miel devraient
êtreplus abondantes dans les régions où
l’on cultive le lavandin que dans celles, beaucoup
moinsnombreuses, où l’on
ne
cultive que la lavande. Bien que
nous nepossédions pas de données très
précises à
cesujet il
nesemble pas que cela
soitconfirmé actuellement dans la pratique,
cequi peut tenir
aufait que la floraison des lavandins
attire ungrand nombre d’apiculteurs qui amènent de très nombreuses ruches. La
compétition
entrebutineuses
estdonc
accrue.Les observations
concernantle rôle de la variété dans la production du
nectar montrent
l’importance de
cefacteur. Des expériences plus complètes,
réalisées
en serrepar exemple, dans des conditions plus homogènes, pourraient
sans
doute préciser les résultats que
nous avonsobtenus
surle terrain. D’autre part, le choix variétal pourrait
êtreplus étendu. Nos observations peuvent néanmoins
constituer unebase de travail.
D’une manière générale le nombre de variétés de lavande
etde lavandin mis
enculture
enProvence s’accroît ; certaines, intéressantes pour l’apiculture, disparaissent ; d’autres, moins valables peut être, apparaissent. Ces plantes
sont
toujours sélectionnées
etcultivées pour la production d’essence ; la sécré-
tion
nectarifère
est unefonction bien particulière qui n’est jamais prise
enconsidération par le lavandiculteur. Le lavandin
communpar exemple qui
estun
excellent producteur de
nectardonne peu d’essence; aujourd’hui sa culture
est
presque abandonnée
etceci
est sansdoute regrettable pour l’apiculture.
Dans
unetrès large
mesurela rentabilité de l’apiculture du Sud-Est français dépend de l’importance des récoltes de miel réalisées
surlavandes
et
lavandins. Dans le domaine de la sélection de
cesplantes il serait donc souhaitable d’inscrire la production de
nectarparmi les quelques critères importants pour l’obtention de variétés nouvelles. Il
enrésulterait
unbénéfice
certainpour l’économie agricole d’une région où l’apiculture joue
unrôle qui
est
loin d’être négligeable.
Reçu
pourpublication en juin
1971.Eingegangen
im Juni 1971.REMERCIEMENTS
Nous remercions MM. H. POPEE et
M ALLAVARD ,
lavandiculteurs à Sault(Vaucluse), qui
nous ont
permis
de réaliser ces observations en mettant leurs cultures à notredisposition.
ZUSAMMENFASSUNG
In dieser Arbeit wird die
Nektarerzeugung
von verschiedenen Varietäten von Lavendel(Lavandula
vera D.C.)
und von « Lavandin »(Lavandula
vera D. C. X Lavandulalatifolia
Will.)
im Südosten Frankreichs miteinanderverglichen.
Die
Beobachtungen
wurden vornehmlich im Freiland an Pflanzendurchgeführt,
diezuvor 48 Stunden durch einen
Nylon-Schleier
vor den Bienengeschützt
worden waren.Der Nektar wurde mit einer
Mikropipette
entnommen. DieErgehni β s6
sind inMilligramm
Trockenmasse für 100 Blüten
angegeben.
Kontrollversuche wurden anabgeschnittenen
Blü-tenschäften
durchgeführt,
die inNährlösung (10 °!o ige Saccharoselösung)
bei 25 °C im Ther- mostatengehalten
wurden.Die
Ergebnisse
sind in Tabelle Idargestellt
und zwar in Durchschnittswerten. Fürjede
Varietät wurde der Nektar von
ungefähr
10 000 Blüten entnommen, bei den in vitro-Versuchenvon 1 000 Blüten
je
Varietät.Ganz
allgemein
erzeugt « Lavandin » mehr Nektar als Lavendel.Die
Hauptunterschiede
in der Nektarsekretion wurden nach Lavendel-und Lavandin- varietätenfestgestellt.
Soerbringt
z. B. die Varietät « Matheronne» verglichen
mit den anderen Lavendelvarietätenwenig
Nektar. « Gemeiner Lavandin » liefert eine reichlichere Nektarernte als « LavandinSuper
A » und noch reichlicher als « Lavandin Abrial ».Eine
gründlichere Bearbeitung
dieses Themas sollteerfolgen.
In Anbetracht der ökono- mischenBedeutung,
die denLavendelhonigen
in der französischen Bienenzuchtzukommt,
erscheint eswünschenswert,
die anzubauenden neuen Varietäten von Lavendel und « Lavan- din » nicht nur im Hinblick auf die Produktion von Essenzen sondern auch auf ihre Nektarer- zeugung auszulesen.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
BARBIER E., 1963. Les lavandes et
l’apiculture
dans le Sud-Est de la France. Ann.Abeille, 6, 2, 85-159.
S
HUEL R.
W.,
1964. L’influence des facteurs externes sur laproduction
du nectar. Ann.A6eille,
7,1,
5-12.S HUEL
R.
W.,
1964. Nectar Secretion in exised flowers : III The dual effectof indolyl-3-acetic
acid. J.
Apicult.
Res., 3, 2.S
HUELR.