c'était comme un écho qui ne savait se taire
en hommage
à philippe
ce n'était pas le hasard c'était une magie ce n'était pas une scène
c'était la vie ce n'était pas une cour
c'était comme un miracle
et la magie avait des trous et la vie avait des trous la prophétie en annonçait l'honneur
par les trous de magie une émotion pleurait par les trous de lumière une vérité parlait par les trous de la scène un magicien chantait sa vie
sa vie de scène la vie de son esprit la vie de ses amis la vie de sa magie il racontait l'angoisse du monde dans les déserts des âmes il recréait la création du monde sur la scène de la vie
et la vie se métamorphosait et les étoiles s'échappaient et l'émotion se sauvait en sauvant la vie
les galaxies s'interloquaient et la vie frissonnait
le silence se réveillait l'homme tombait à genoux son émotion joignait les mains
la terre s'inclinait l'homme en tombant sur ses genoux fondait sa dignité dans l'autre qu'il contemplait
au pied des pierres du soir de la vie
le créateur disparaissait des bêtes de sacrifice
il invoquait les dieux de la danse des bourreaux il évoquait la précision
le maître des chiens aboyait et l'autre le contemplant
les mains sur ses genoux trouvait sa dignité dans l'homme qu'il contemplait
la rencontre resurgissait
et l'homme se rassemblait dans les éclats de vie qu'il ramassait
sur une scène de lumière
la créature fleurissait l'âme du soleil pleurait
les larmes chantaient les corps la beauté insultait la mort dans les yeux
les tombes parleraient la clémence de l'homme
régnait sur l'univers la transparence de l'être disait la messe sur le monde
l'avenir demandait la parole la résistance craquait
devant la douceur faite homme les conquérants arrachaient leurs victoires aux mensonges
la mort mourait de honte l'homme ne jouait plus, il vivait
sans perruque sans moustache les mots qui tuent les maux apprenaient à parler
la haine était violée et en vivant, les mots
assassinaient les maux les maux faisaient semblant d'être des mots
les poignards bafouillaient les enfants grandissaient
en remontant de l'escalier les marches dévalées dans le landau de leur enfance
les parents souriaient les maux mouraient
donnant leur sang aux mots et les mots en naissant tentaient de donner aux vivants vie
et les vivants aimaient tels des pierres d'attente
les visages attendaient et l'homme parlait son être racontait
sa course était illimitée il contestait la contestation de la vie les constellations consternées les consternations délibérées les délibérations incontestables
et le public s'enflammait les mots de l'homme attendaient
les lettres de la vie patientaient le facteur n'en finissait pas de ne pas arriver
et les couleurs se tissaient
les enveloppes tremblaient les désespoirs pleuraient les orgues se taisaient l'émotion s'immobilisait
et les larmes tarissaient les bras s'ouvraient à un espace
la tendresse se prenait sur le coeur et la vie s'enveloppait de tendresse pour l'écriture d'une lettre
et les plumes s'envolaient et l'enveloppe tranquillement
tels les moutons d'une crèche de santons s'en retournait tristement
au lieu de sa naissance
et les anges passaient une petite maison blanche
reste dans ma mémoire de cette petite maison blanche je rêve chaque nuit
chaque nuit de ma vie et les enfants chanteurs de chœur de l'adresse de leurs doigts ressuscitant les fils du sentiment enchantaient la lumière
noël sur la scène du monde et la lettre arrivait
au lieu de son adresse dessinant tout doucement sur le papier de sa couleur
une aube se levait la complicité des syllabes et des lettres chantait au cœur des vagabonds les initiales de vie qui firent des airs pour grands et pour petits
les violes étaient d'amour
le vent glacé soufflant sur birkenau implorait du pardon le regard enlaçant du souvenir la mémoire l'inscrivant dans l'immortalité
une bougie veillait une bougie veillerait une bougie parlerait son silence hurlerait les noms étrangers familiers
dansaient en échangeant leurs lettres et leurs syllabes
avec les noms des familiers étrangers les noms étaient désir l'âme de l'instrument
posée entre les ouïes faisait chanter ses cordes garantissant la qualité du son
et l'âme était énigme
c'était un soir d'automne l'écho tranquille et profond d'autres aurores du monde
d'autres regards d'honneur de scène
témoins du temps témoins de la mémoire mémoire de l'homme mémoire de l'avenir c'était l'âge d'or de l'oreille du silence
l'étrange partage de la tenue d'une fidélité l'unique mystère d'une complicité d'amitié inachevée
11 octobre 1994
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un vent glacé soufflait dans les hauts de sarajevo le monde dormait
la terre oubliait le silence se taisait un partisan pleurait le vent savait les bougies fondaient les flammes se rallumaient l'horreur dominait une bougie brûlait une bougie veillait la foule se taisait une grève implorait l'espoir renaissait dans le vent qui soufflait dans la grève qui souffrait dans la faim qui parlait la haine survivait dans l'oubli de l'enfant dans les pleurs de la terre dans le silence des voies lactées les fleurs des guerres
les enfants des tranchées les pleurs des barbelés transmettaient leur mémoire les enfants des guerres l'héritage de l'âge les souvenirs inachevés veillaient sur l'amitié et la bougie pleurait et la bougie devinait et la bougie se taisait et la bougie durait la bougie brûlait sa flamme elle brûlait les guerres elle brûlait les haines elle éclairait la terre la lumière éclairait la bougie la faim attirait la lumière le feu veillait sur la lumière sarajevo vivait
le feu des guerres faisait pleurer les pierres les pierres parlaient
le silence prenait la relève les enfants dans les ventres enflammaient les mères infamaient les guerres abominaient la haine les femmes luttaient l'ombre s'agitait l'espoir se rassemblait la grève parlait aux hommes en parlant, elle prenait la parole elle donnait sa voix
elle livrait son être elle délivrait la faim les fins des guerres les faims des grèves les grèves de guerre étaient sans trêve la lutte faisait le partage la paix partageait la guerre la haine partageait l'amour la trêve partageait le combat les partages départageaient les passions se partageaient les sentiments s'échangeaient l'horreur témoignait
la lutte reprenait la lutte reprendrait
l'espoir partageait le désespoir l'espoir survivait
la suspension du sens parlait à l'âme du soleil
des bêtes de sacrifice elle implorait la délivrance la pluie du soleil
la manne du ciel insultaient la beauté le geste avait parlé la geste prendrait la relève le mystère s'installerait
sur le parvis du siècle en conservant de la guerre la permanence la guerre parlerait dans une geste du mystère de la guerre
le ministère du mystère
se tenait sur le parvis d'une grève les guerres se répètent
les grèves se reprennent les luttes se poursuivent les espoirs survivent les faims des grèves prennent fin dans les luttes les luttes se répètent
dans la contemplation d'un mystère un enfant se leva
il prit la relève du feu l'avenir demanda la parole l'âme du soleil donna la manne la résistance craqua
un partisan tomba la mort périt de honte le soleil se coucha dans l'âme
la geste violerait la haine la haine n'en mourrait pas le mystère de la haine avait pris la relève la guerre continuerait la lutte reprendrait les sœurs de lutte
ressusciteraient les marionnettes les enfants de la résistance les combats de l'ombre
enlaçant du souvenir la mémoire se souvenaient du vent glacé l'âme du soleil
ferait chanter ses cordes le soleil retournerait à sa source l'écho répercuterait l'aurore les complices les rmistes les enfants de la faim tissaient les lisses en enchaînant la vérité les forêts de chênes les chaînes d'amitié les chaînes de vérité partageraient une fidélité le mystère d'une étincelle alluma le feu dans le foyer qui attend le retour d'une complicité inachevée la beauté d'une grève se cache dans sa faim la fin de la faim se passe de beauté la fin d'une grève s'invente on peut la représenter
on peut la monter en représentation on peut la figurer non se la figurer on peut la défigurer non la transfigurer on ne peut se la figurer
on peut la provoquer parfois on n'en revient pas les fins provoquées de grèves s'oublient sans s'effacer les grèves sans fin s'oublient sans effet les grèves sans fin épuisent avec effet on ne peut se le figurer parfois on n'en revient pas les enfants des grèves se transmettent
comme les enfants des guerres après les guerres
ils se partagent en héritage car ils sont l'héritage de la terre, du sel, du pain ils sont la mémoire du vin la mémoire des grèves est inscrite dans l'histoire la mémoire de l'histoire
se renouvelle, elle ne se répète pas l'avenir ne se répète pas
il se joue sans attendre les rêves d'antan
la mémoire du passé se cache dans le futur du temps passé demain dira le don
du présent du temps de l'échange de la faim en contre don d'une fin
destination ponant, le 28-8-95