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Étude SADAL : le sélinexor, la solution orale sans chimiothérapie pour le lymphome B diffus à grandes cellules ?

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Academic year: 2022

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Etude SADAL : le sélinexor, la solution orale sans chimiothérapie pour le lymphome B diffus à grandes cellules ?

Laura Cailly Stéphanie Guidez

L

'immunochimiothérapie de pre- miere ligne des lymphome B diffus à grandes cellules (DLBCL) reste l'association rituximab, cyclo- phosphamide, doxorubicine, vin- cristine et prednisone (R-CHOP) permettant l'obtention d'approxi- mativement 50 % de réponses completes. En cas de maladie réfrac- taire ou en premiere rechute, l'auto- greffe de cellules souches permet d'induire une rémission chez 20 à 40 % des patients ; malheureuse- ment, seule une faible proportion des patients y est éligible. Les patients réfractaires ou en rechute apres deux lignes de traitements et ne pouvant bénéficier ni de cellules T à récepteur antigénique chimé- rique (CAR-T) ni de l'autogreffe voient leur pronostic s'assombrir fortement. Heureusement, de nou- velles molécules sont en dévelop- pement, avec pour objectif d'obtenir des rémissions prolongées. C'est le cas des inhibiteurs de l'exopor- tine 1 (XPO1).

L'XPO1 est l'une des huit protéines nucléocytoplasmiques impliquées dans l'exportation depuis le noyau vers le cytoplasme de plusieurs pro- téines « suppresseurs de tumeur » à l'état inactivées. Elle facilite aussi la translocation d'oncoprotéines identi- fiées dans les DLBCL (c-Myc, Bcl-X, Bcl-2, Bcl-6). Sa surexpression dans le DLBCL est corrélée à un mauvais pronostic. Provoquer son blocage permet d'accroître la rétention nuclé- aire, de rétablir la fonction « sup- presseur de tumeur », de prévenir la translocation des protéines pro- oncogenes et de potentiellement contrer la chimiorésistance. Le séli- nexor est un inhibiteur oral sélectif

de l'XPO1. SADAL [1]est une étude ouverte, multicentrique, de phase IIb, portant sur l'efficacité et la tolé- rance du sélinexor chez les patients présentant un DLBCL. Le critere de jugement principal était le taux de réponse globale (définit par la réponse partielle et la réponse glo- bale) selon les criteres de Lugano 2014.

L'étude incluait les patients en rechute et/ou réfractaires apres deux à cinq lignes de traitements ou non éligibles à une chimiothérapie inten- sive avec autogreffe. Etaient exclus les lymphomes B primitifs du médiastin, les lymphomes cérébraux et les patients avec envahissements neuroméningés.

Il était initialement prévu d'évaluer deux doses de sélinexor : 60 et 100 mg administré à J1 et J3 de chaque semaine jusqu'à progression, déces ou toxicité trop importante. La réévaluation de la maladie se faisait toutes les huit semaines.

Deux cent soixante-sept (267) patients ont été randomisés : 175 dans le groupe 60 mg et 92 dans le groupe 100 mg. L'^age médian était de 67 ans. La dose de 100 mg a été abandonnée devant la réponse thé- rapeutique à la dose de 60 mg.

Cent vingt-sept (127) patients rece- vant la dose de 60 mg ont été analysés : 118 ont arr^eté le traite- ment, la plupart pour progression (80 %), les autres pour déces (9 %), décision médicale (7 %), effet indésirable (9 %) ou retrait du consentement (1 %). La durée médiane de traitement était de neuf semaines.

Le taux de réponse globale était de 28 % : 15 réponses completes et 21 réponses partielles. La durée médiane de réponse était de 23 mois pour les patients en réponse complete et de

4,4 mois pour les patients en réponse partielle.

Dans l'analyse en sous-groupes, on notait respectivement 34 et 21 % de réponses globales pour les phénoty- pes centre germinatif (GC) et non germinatif (non-GC). On observait également 13 % de réponses (6/47) chez les patients avec forte expression de c-Myc (plus de 40 % des cellules) contre 42 % (22/52) chez les patients avec un faible taux d'expression.

La médiane de survie sans progres- sion était de 2,6 mois, celle de la survie globale de 9,1 mois.

Concernant la tolérance, la quasi- totalité des patients a présenté au moins un effet indésirable, dont la majorité étaient de grade 1 ou 2 (nausées, vomissements, asthénie).

Les évenements de grades 3 (48 %) ou 4 (32,3 %) étaient majoritaire- ment des cytopénies. Pour plus de la moitié des patients (70 %), les effets indésirables ont mené à une réduction de la dose (40 mg deux fois par semaine) et un arr^et de traitement pour 17 % des patients.

L'étude semble montrer des résultats intéressants du sélinexor en mono- thérapie. Malgré une toxicité non négligeable et un gain de survie limitée, ce traitement pourrait ^etre une option chez les patients réfrac- taires et non éligibles à un schéma de traitement plus intensif. Il serait intéressant de comparer ces résultats aux traitements utilisés en monothé- rapie en cas de rechute (ibrutinib, lénalidomide) [2] mais également aux associations plus prometteuses telles que celles avec le polatuzumab [3]. Il semble également que ces traitements ciblés pourraient trouver leur place en briging afin d'obtenir une réponse avant immunothérapie de type CAR-T. ]

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Actualités

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Références

[1]Kalakonda N, Maerevoet M, Cavallo F,et al.

Selinexor in patients with relapsed or refractory diffuse large B-cell lymphoma (SADAL) : a single-

arm, multinational, multicentre, open-label, phase 2 trial.Lancet Haematol2020 ; 7 (7) : e511-22.

[2]The National Comprehensive Cancer Network diffus large B-cell lymphoma. 2017. https://www.

nccn.org/patients/guidelines/content/PDF/nhl-dif- fuse-patient.pdf.

[3]Sehn LH, Herrera AF, Flowers CR,et al.Polatu- zumab Vedotin in Relapsed or Refractory Diffuse Large B-Cell Lymphoma.J Clin Oncol2020 ; 38 (2) : 155-65.

doi:10.1684/hma.2020.1600

Rechute symptomatique Recherche anomalie TP53 systématique Rechute post-immunochimiothérapie

Pas d’immuno-chimiothérapie

Rechute post-ibrutinib

Progression

TEP-scan et recherche mutation BTK et PLCg2 souhaitables

Arrêt pour toxicité

Rechute post-inhibiteurs de kinase et post-VEN 1. VEN ou R-VEN

3. R-Idelalisib 2. Reprise Ibrutinib (selon la toxicité)

Essai thérapeutique Thérapie cellulaire

Ibrutinib VEN

R-VEN

Envisager allogreffe Si anomalie de TP53 R-VEN

V

ous avez rec¸u, au cours du mois d'octobre, le supplément 3 de la revueHématologie, consacré aux actualités dans la leucémie lymphoïde chronique.

Nous tenons à vous informer qu'une erreur s'est glissée dans la figure 2 de l'article intitulé « Stratégies thérapeutiques actuelles dans la leucémie lymphoïde chronique », de M.S Dilhuiydy, A Quinquenel.

Vous trouverez ci-dessous cettefigure telle qu'il fallait la lire.

Dilhuydy MS, Quinquenel A. Stratégies thérapeutiques actuelles dans la leucémie lymphoïde chronique.Hématologie2020 ; 26 (S3) : 12-9.]

Erratum

[

230

Hématologie-vol.26n85,septembre-octobre2020

Références

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