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REFLETS FRIBOURGEOIS REVUE BIMENSUELLE 19 MARS 1993 N°5/6 Fr.3.50
Le manque de glace: un problème qui décourage les jeunes
Hauteviîle: un village au riche patrimoine
VuisternenS"dt"Romont: la santé du corps et de Vesprit
CérardBourouenoud_
La plus endettée du monde
Avec une dette globale esti¬
mée à 17 milliards de francs, l'agriculture suisse est, par hectare de terre, la plus obé¬
rée du monde. Et depuis une décennie cette dette, qui était déjà de 15 milliards en 1985, est restée plus ou moins sta¬
ble, compte tenu du renchéris¬
sement.
L'endettement moyen qui, il Y a dix ans, dépassait les 200 000 francs pour un domaine de plaine et appro¬
chait les 180 000 francs en montagne a, selon le septiè¬
me rapport du Conseil fédéral sur l'agriculture établi en 1992, passé respectivement à 294 000 et 246 000 francs.
Cet endettement est semble- t-il jugé supportable du fait qu'il n'a, jusqu'à ce jour, posé aucun problème, étant donné que le taux d'intérêt est infi¬
me et que l'amortissement des dettes hypothécaires du 1er rang n'est pas obligatoire L'aide aux exploitations agri¬
coles devrait donc permettre la reprise des dettes bancaires converties en prêts sans inté¬
rêt. Lan passé, un montant de 58 millions a été engagé par la
Confédération, auquel il faut ajouter une part de 30 millions provenant des cantons.
Ce qui est d'autre part inté¬
ressant de savoir, c'est que le Conseil fédéral a demandé aux cantons de protéger 438 560 ha de terres cultiva¬
bles dans le but d'assurer l'approvisionnement alimen¬
taire de la Suisse en période de guerre, de disette ou de mena¬
ce écologique. Malheureuse¬
ment, il manque déjà une cer¬
taine surface en ce sens que les cantons n'ont été en mesu¬
re de préserver que 423 000 ha de la construction.
Quatre cantons du Plateau suisse, à savoir Berne, Vaud, Zurich et Argovie, totalisent la moitié des surfaces d'assole¬
ment jugées nécessaires. Si nous ajoutons Fribourg, Thur- govie, Lucerne et Soleure, nous arrivons à une propor¬
tion de 70%, alors que les can¬
tons d'Uri, Obwald, Nidwald, Claris, Bâle-Ville et les deux Appenzell ne représentent que 7% du total des surfaces d'assolement, soit quelque 3000 hectares Ayant constaté que la surface bâtie avait plus
que doublée depuis 1950, le Conseil fédéral a donc sollicité - pour ne pas dire exigé - de la part des cantons de Berne, Lucerne, Fribourg, St-Call et du Jura à trouver 13 000 ha de terres à cultiver.
La superficie de la Suisse étant de 41 285 km2, celle-ci se répartit en cinq régions géo¬
graphiques: les Alpes avec 40,7%, le Plateau 22,8%, les Préalpes 16%, le Jura 11,9% et le versand sud des Alpes 8,6%.
Mais en plus de l'agriculture qui se «taille» donc la part du lion avec 38,3% de la superfi¬
cie, il y a les surfaces boisées qui couvrent 30,3% de notre pays, celles consacrées à l'habi¬
tation et aux infrastructures ne représentent que 5,9%, les improductives 25,5% et que seulement 0,3% de la super¬
ficie totale de la Suisse est réservé aux espaces verts et à la détente Des chiffres et une situation qui demandent réflexion.
SOMMAIRE 19 MARS 1993 N° 5/6
Pour la santé du corps et de l'esprit
Fruit d'une exemplaire colla¬
boration régionale entre les communes de Sommentier, Villariaz et Vuisternens- dt-Romont, une halle de sport a été construite sur les hauteurs de ce dernier villa¬
ge qui a mis le terrain à dis¬
position.
Un village au riche patrimoine
Bâti en lac et montagne, dans une vallée largement ouverte où alternent alpa¬
ges et forêts de sapins, Hauteville est une commu¬
ne heureuse parce que n 'ayant pour l'instant aucu¬
ne dette. Terre d'origine du fer de lance du communis¬
me dans notre pays, elle se distingue aussi par son riche patrimoine que sont les vieilles demeures pay¬
sannes.
ENVIRONNEMENT Les platanes de la Promenade
SOCIÉTÉ
La puissance des terroirs 5 HISTOIRE VÉCUE
Marie Curie 8
VILLAGE DE CHEZ NOUS
Hauteville 10
NOUS LESJEUNES Vague d'été 93 dans la coiffure Les concerts à Fri-Son Devenir maître de sport
Le baseball très prisé par les jeunes Du volleyball au hockey
Le manque de glace 18 LE PATÊ D'INTCHE-NO
On toua dè montanye in'evê 25 HUITIÈME DISTRICT
Avec les Fribourgeois du Val-de-Travers 28 VOYAGES
A la découverte de Berlin et de l'Europe jusqu'en Somalie et en Roumanie 30
FOLKLORE
«Au fil du temps» à 50 ans 39 REGARDS SUR...
Halle de sport de Vuisternens-dt-Romont 41 ENVIRONNEMENT
Le gaz naturel 44
Manque de glace pour la jeunesse
En plus du HC Fribourg- Gottéron qui, de haut en bas, compte dix équipes, il y a dans le canton de Fri¬
bourg dix-huit clubs de 4e ligue dont les joueurs sont contraints, en raison du manque de glace, de prati¬
quer leur sport favori hors du canton.
ARTISANAT
Facteur de cor des Alpes 46 PATRIMOINE
Cloître d'Hauterive 51
NOTRE COUVERTURE:
Le pont de Berne
De nombreux artistes furent séduits par le charme des vieux ponts de Fribourg qui ont constitué un sujet inépuisable pour eux, tel le pont de Berne qui, aujourd'hui encore, fait l'admiration des touristes et des peintres.
Photo tirée du livre «Fribourg jette ses ponts», Editions Ketty & Alexandre, Chapelle-sur-Moudon.
3
-Ä; ENVIRONNEMENT „
Les platanes
de la promenade Mes yeux encore tout alourdis de sommeil parcourent les pages du journal. En ce matin de janvier un peu ter¬
ne, je m'attarde paresseusement devant ma tasse de café. Soudain, une annonce attire mon attention: «les travaux d'abattage des platanes de la promenade vont commencer le 13 janvier». Un regard affolé sur le calen¬
drier, mon Dieu, c'est aujourd'hui! Tout à coup, mon breuvage matinal ne fait plus frétiller mes papilles gusta- tives, je sens un long frisson glacial me parcourir le corps et des larmes amères coulent sur mon visage devenu livide.
Le chemin des écoliers.
Mes platanes, mes amis, mes confidents, mes complices. Je ferme les yeux, repousse d'un geste lent ma tasse à peine enta¬
mée. J'appuie ma tête sur la table et je me laisse aller à mon chagrin. Mes pensées s'envolent très loin, je suis redevenue une petite fille... Le collège de la pro¬
menade, bâtiment rigide, austè¬
re, gris, sérieux comme un colo¬
nel au garde à vous, édifice qui m'a donné des joies, lorsque mes notes étaient bonnes, mais qui m'a trop souvent procuré d'immenses chagrins lorsque mes résultats étaient médiocres en arithmétique. Je n'y peux rien, j'ai toujours préféré les mots aux chiffres! J'avais un prof affreux, M. C., qui me ter-
Le collège de la promenade.
rorisait avec ses divisions, ses multiplications. Son crâne chauve, ses ongles rongés, sa blouse bleue si laide, son halei¬
ne fétide me terrifiait ! Il s'amu¬
sait sadiquement à me faire peur en roulant ses yeux globu¬
leux, et souvent il me frappait.
Ignoble personnage, aujour¬
d'hui encore je ne lui ai pas par¬
donné. La cloche de l'école venait parfois me délivrer de mon calvaire, et je m'enfuyais à toutes jambes me réfugier vers
«mes platanes» qui toujours abritaient mon désespoir. Amis silencieux, majestueux, secrets, immobiles. Je les ai aimés ces arbres magnifiques. Au prin¬
temps, lorsque tout fiers ils
Meurtre à la tronçonneuse.
iri'Wül
arboraient de jeunes pousses d'un vert délicat. En été, deve¬
nus au fil des jours touffus, le feuillage épais offrait aux pro¬
meneurs une ombre bienvenue.
En automne, ils semblaient déguisés, tant ils étaient colorés, sublime arc-en-ciel automnal.
En hiver, avec leurs branches nues tordues, ils étaient mes fantômes, monstres dociles, endormis.
Ils avaient tous un nom. Le plus grand s'appelait «Quasimo¬
do», un autre «Cabriole»,
«Timide», «Vendredi», «Ca¬
méléon», «Peter-Pan», «Man¬
chot», etc... Ah! les bandits, les sans-cœur, ils vont tuer mes compagnons, je ne les verrai plus, je ne veux pas. L'après- midi du même jour, je suis allée vers eux. Il pleuvait, il ventait:
beau temps pour mourir. Il y en avait déjà sept d'abattus. Le bruit de la tronçonneuse sifflait à mes oreilles, je sentais sur ma peau la lame de cet outil de mort. Les bûcherons assassins ne virent pas mon désespoir et continuèrent leur lâche beso¬
gne. Adieu mes amis centenai¬
res, j'emporte dans mon cœur votre longue et fidèle amitié. Un jour viendra aussi où je vous rejoindrai dans l'immensité bleutée, et j'espère que le che¬
min qui m'y conduira sera bor¬
dé de platanes aussi beaux et nobles que vous l'étiez, je l'espère.
Marinette Jaquier Texte et photos 4
La puissance des terroirs
Même les Fribourgeois vont conserver leurs traditions...
... comme d'ailleurs le Contingent des Grenadiers qui va veiller au grain! photos g. BD A l'aube du 7 décembre de l'an
dernier, une majorité de Suis¬
ses, alémaniques notamment, semble avoir frissonné en son¬
geant aux risques de phagocy- tage administratif et culturel en fonction de normes conti¬
nentales élaborées par des politiques et des fonctionnai¬
res peu soucieux de respecter les identités nationales et régionales de peuples diffé¬
rents, rassemblés dans une sorte de vaste salade mêlée accommodée à une même sauce.
Le résultat de ce scrutin histo¬
rique prête à la fois à rire et à pleurer. D'abord, dans la mesure où des citoyens de ce pays naviguent et commercent dans le monde, dans notre continent surtout (quelque
70% de nos exportations et 80% de nos importations), où ils se sentent tout à fait à l'aise, particulièrement en France, en Italie et en Allemagne.
Leur connaissance de ces pays voisins et de ce qui s'y passe rend le choix du 7 décembre à la fois ridicule et consternant, autant que la crainte d'une perte d'identité et de fusion
dans un vaste magma ano¬
nyme.
Ils ont pu constater en effet que l'intégration européenne, bruxelloise ou strasbourgeoi- se, n'a pratiquement rien changé, sinon dans quelques menus côtés de la vie quoti¬
dienne, pour les gens des Cévennes, du Périgord, de la Vallée d'Aoste, de la Toscane ou de la Bavière. Et que ceux- ci ont conservé leurs tradi¬
tions, leurs parlers et leur style de vie comme si l'Europe n'était pour eux qu'un monta¬
ge socio-politique purement factice.
Ce n'est pas parce qu'ils sont Européens et intégrés depuis longtemps à six, neuf ou dou¬
ze, que les Français du Midi ont troqué leur pétanque et le
pastis contre le jass et l'ouzo, que les Italiens du Nord s'accordent mieux avec ceux du Sud et qu'ensemble ils sont devenus politiquement plus raisonnables, et que les Bava¬
rois ont abandonné leurs rituels des fêtes de leur divine bière.
Il existe maints exemples dans le monde où l'intégration de
peuples extrêmement diffé¬
rents ne leur a rien fait perdre de leur identité propre. On peut songer aux Etats-Unis, notamment, formidable bras¬
sage d'ethnies, de langues et de cultures, où même Appenzel- lois et Bernois ont gardé leurs particularités, à Appenzell ou New Bern ! On connaît le cas de Nova Friburgo au Brésil.
Le fait que la Suisse soit confé¬
dérée depuis plus de 700 ans n'a quasiment rien changé pour les Haut-Valaisans, les Bernois de l'Oberland ou les Jurassiens de l'Ajoie, qui n'ont perdu ni leurs patois, ni leurs traditions profondes - autant d'illustrations de la puissance de leurs terroirs.
L'histoire ne manque pas de tentatives de coercition et d'alignement dans une unifi¬
cation forcée vouée à l'échec.
Les Basques, les Tibétains et les Irlandais sont restés iné- branlablement attachés à leurs qualités et à leurs défauts intrinsèques au cours de plu¬
sieurs siècles d'intégration nationale.
Cette unité dans la diversité - à l'image de la Suisse d'ailleurs ! - fait précisément la force d'une démocratie moderne. Et notre pays a vraisemblable¬
ment raté une occasion d'apporter à un continent quelque peu disparate la pré¬
sence active, l'illustration et l'expérience du consensus que nous vivons au quotidien.
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iLES CHOSES DE LA VIE
Au Tea-Room Cintra, à Fribourg:
un événement
sympathique et convivial
Une fiche signalétique quelque peu insolite pour un jeune tenancier:
Nom: Tinguely Francis, dit «Miquet»
Patron: Sculpteur, converti en tenancier.
Futur: Tenancier, reconverti en sculpteur (peut-être).
Philosophie: Heureux de servir à boire, tout en réalisant souvent des projets variés de rencontres et d'animation.
Si, en janvier et février, il s'est passé beaucoup de choses au Cintra, cette ani¬
mation est bien le résultat des projets de Miquet et de ses contacts avec différents médias: d'abord, à l'occasion du Festival international du film de Fribourg, une semaine entière des «Petits déjeuners»
radiophoniques de Patrick Ferla, en direct depuis le tea-room, avec différentes per¬
sonnalités, fribourgeoises entre autres:
José Ribeaud, Mgr Mamie, etc. Et puis, tout récemment, cette exposition-vente aux enchères de dessins, affiches, pein¬
tures, lithographies de notre regretté ami Jean Tinguely. Une manifestation qui a connu un succès de convivialité incontes¬
table, puisqu'elle a réuni ceux qui admi¬
raient le sculpteur et souhaitaient acquérir l'une ou l'autre de ses œuvres, et ceux qui venaient là par amitié et désir de ren¬
contre.
Un coup de cœur pour un artiste Cependant, entre Tinguely Jean et Francis, aucun lien de parenté, si ce n'est la proximité de leurs noms dans la liste du dictionnaire des personnalités hel¬
vétiques «Who's who», tous deux nom¬
més sous la même profession, celle de sculpteur; mais le lien s'arrête là.
Et si l'homme descendait du singe, y aurait-il eu des machines?
Une vente aux enchères très animée.
Francis Tinguely explique son coup de cœur pour cette exposition comme le résultat d'une succession d'idées qui se sont concrétisées dans son esprit, pour devenir enfin une vente aux enchères dont le produit reviendrait aux différents pro¬
priétaires.
Une expérience déjà riche malgré sa jeunesse
Commencé en 1954, le parcours de Francis Tinguely a été aussi riche que varié. Etudes à Fribourg et St-Maurice, Ecole des arts et métiers de Vevey, stages de sculpture à Carrare. Avec une bourse fédérale en 1974 et de la ville de Fribourg en 1979, rien ne prédestinait notre ami à reprendre la direction d'un établissement public. Cependant, content de sa démarche qu'il considère comme un temps sabbatique, Miquet, qui a toujours en tête des projets d'animation conviviale, espère sans oser y croire exposer des œuvres du peintre et sculpteur français Jean-Robert Ipoustéguy. Et avec l'esprit de ce tenancier pas comme les autres, il y a fort à parier que celui-ci nous réservera des surprises artistiques bien agréables.
J.S.B.
.HISTOIRE VÉCUE
Pierre Curie, séduit par la théo¬
rie de sa femme, abandonne provisoirement ses propres tra¬
vaux de recherches et le couple çntame un long et effrayant tra¬
vail en avril 1898. Ils l'entament avec courage et optimisme, sans savoir que pour extraire un gramme d'uranium il leur fau¬
dra des kilos, puis des tonnes de minerais. Tout ce travail est con¬
tenu dans de petits carnets de toile noire où l'écriture précise de Marie note inlassablement chaque manipulation. Ils ne savent pas encore, et Marie ne s'en doutera que fort tard, que les radiations qui les environ¬
nent sont mortelles. Les petits carnets sont irradiés, le labora¬
toire aussi, les dossiers, les meu¬
bles, l'air qu'ils respirent tous deux sont chargés de radioacti¬
vité et les carnets noirs sont tou¬
jours, et encore de nos jours, dangereux à consulter. Pierre et Marie vont souffrir de malaises, de fatigue inexplicable, de dou¬
leurs et de brûlures aux mains.
Ils appelleront cela des rhuma¬
tismes, des rhumes, du surme¬
nage et ils continueront. Ils vont découvrir le radium et leur pre¬
mière publication commune date du 26 décembre 1898: huit mois de travail.
C'est l'ère des difficultés. Nul ne les aide, aucun crédit. Il faut acheter le minerai soi-même, isoler l'uranium et le radium soi-même. Ils se procurent des déchets de pechblende par sacs entiers et à leurs frais. Les déchets sont d'ailleurs plus radioactifs que le minerai d'ori¬
gine, alors ils travaillent sur des tonnes de déchets, mais où?
Dans une usine? Dans un labo¬
ratoire spécialisé? Non. Dans la cour de l'école de physique. Il y a là un vieux hangar qui servait jadis aux dissections des cada¬
vres de l'école de médecine. On le leur prête généreusement. Ils feront le tri et les gros travaux dans la cour, les expériences sous le toit branlant de cet abri provisoire. Le toit en est vitré, la pluie le traverse, la chaleur y est étouffante en été et le froid terri¬
ble en hiver. Pour tout mobilier un poêle de fonte, quelques vieilles tables équipées de fours et de brûleurs à gaz. Ils respirent les gaz d'émanation, ils brûlent
Marie Curie et sa fille Irène dans leur laboratoire.
PHOTO ROGER VIOLLET
MARIE CURIE
«UNE FEMME TÊTUE»
par Marie-Thérèse Cuny IV
leurs mains et leurs poumons à ce trésor diabolique et inconnu que Pierre transportera bientôt dans une petite fiole: pour faire admirer «la lueur bleutée du radium».
Marie travaille comme elle a toujours travaillé: son front têtu ne quitte pas sa table d'expérience, elle organise, impose une discipline. Il faut du calme, de la régularité, de l'ordre. Ceux qui travaillent avec elle doivent se plier à ses exigen¬
ces. Sa santé la préoccupe, mais elle évite d'en tenir compte et perdra ainsi son deuxième enfant, né prématurément. La radioactivité en est certaine¬
ment la cause. De nos jours, les
précautions prises pour la manipulation de ces produits vont jusqu'à la névrose collecti¬
ve. Elles sont pourtant nécessai¬
res. En 1903, Marie transporte dans ses deux petites mains ger¬
cées et rougies des flacons de verre porteurs de mort, de can¬
cer, de leucémie. Elle l'ignore, mais elle sera avec Pierre et cet enfant mort le premier cobaye de la nouvelle science atomique.
Marie se remettra difficilement de la perte du bébé. Mais une compensation lui vient cette année-là de Stockholm où les jurés du Nobel ont choisi les Curie et leur attaché de recher¬
che Henri Becquerel pour le prix de physique. Seul Becque¬
rel et un ministre se rendront aux honneurs.
Pierre et Marie reculent devant l'effort, les honneurs et leurs contraintes. Officiellement, Marie est déclarée souffrante par son mari qui lui-même ne peut quitter ses cours.
Souffrante, elle l'est, et lui aussi.
Pourtant cette réussite va les épuiser encore plus. Publicité, engouement pour le radium, les malheureux chercheurs sont inondés de lettres, assaillis par les journalistes et ils désespèrent de retrouver le calme dont ils ont besoin et la solitude propice à leurs travaux.
Les 70 000 francs du Prix Nobel sont une amélioration passagè¬
re à leurs conditions d'existence.
LAcadémie leur attribue un petit laboratoire, un salaire pour Marie (enfin) et une chaire de physique pour Pierre. Un nouveau bébé va naître, Pierre se voit contraint de poser sa candidature comme membre de l'Académie. Contraint est bien le mot, mais ses amis lui ont fait remarquer que son élection ren¬
drait bien des services à d'autres. Il est élu. Une seconde petite fillç, Eve, est née sans trop de problèmes et Marie continue de donner des cours pour amé¬
liorer leur situation financière.
Jamais ils ne tireront le moindre bénéfice de leur découverte et ils ne déposeront pas de brevet.
C'est pourtant Marie qui inven¬
tera la méthode de séparation du radium. Mais ils croyaient et crurent toujours à la pureté de la recherche scientifique et ne refusèrent jamais de donner des informations sur leurs travaux, notamment aux Américains qui rendront plus tard à Marie cette générosité au centuple.
Mais la France, elle, ne fera rien.
Honte à nous peut-être pour cette indifférence chronique qui entoure le chercheur dans notre pays. Et honte à nous aussi pour autre chose. Pour ce que va subir Marie «la Polonaise»,
«l'étrangère», «la femme adul¬
tère», «la voleuse de mari», dans le courant de l'année 1911.
Comme si la mort terrible et soudaine de son mari et ses pro¬
pres souffrances n'étaient pas suffisantes en guise de martyr.
(A suivre)
AU QUOTIDIEN
IMAGE HIVERNALE SANS NEIGE Lhiver que nous vivons depuis quelques semaines est propice au travail en plein air. Certains paysans en ont profité pour abattre des arbres malades ou parce que leurs branches occupaient trop d'espace sur les terres à exploiter. Cette photo a été prise à Romont un jour d'hiver sans neige.
SPECTACLE VU DE HAUT
Les sœurs et élèves que nous voyons aux fenêtres et sur le balcon de l'Institut Saint-François de Sales, à Châtel- St-Denis, ont un splendide coup d'oeil sur le spectacle qui se déroule sur la place du même nom, un jour de bénichon. [objectif les a surprises alors qu'elles applau¬
dissaient un groupe du Valais venu animer des festivités châteloises.
CENT LES DAMES...
Lorsqu'un banquet se fait atten¬
dre, les habitués qui ont un jeu de cartes dans leur veste ont la possibilité de se distraire agréa¬
blement. Comme d'ailleurs ces délégués des communes qui s'adonnent à une partie de jass à Cottens.
Texte et photos G. Bd 9
VILLAGES DE CHEZ NOUS
Bonjour Monsieur le syndic de...
HAUTEVILLE
UN VILLAGE AU RICHE PATRIMOINE
Nimbé d'un paysage natu¬
rel qui s'étage harmonieu¬
sement et de demeures paysannes brunies par le temps, baigné dans une atmosphère de légendes et de poésie, Hauteville est aujourd'hui encore, ce coin de terre de rêve merveil¬
leusement fixé par la Pro¬
vidence dans ce beau pays qui se nomme la Gruyère.
Sis dans une vallée large¬
ment ouverte où alternent alpages et forêts de
Le village d'Hauteville vu d'avion.
sapins, ce village com¬
prend quatre hameaux qui se partagent les maisons et fermes éparpillées ou groupées entre lac et mon¬
tagne. Citons «Le Village»
qui est le quartier le plus ancien avec son église qui date de 1626 et qui a été entièrement rénovée en 1977, celui des «Branches»
aux abords de la route cantonale Fribourg-Bulle par La Roche, «Le Ruz» et sa vieille auberge, ainsi
que l'«lmpart» qui fut ravagé par un incendie au 19e siècle.
Hauteville est aussi la commune d'origine de M.
Armand Magnin, émigré à Genève, grande figure du Parti suisse du travail et fer de lance du communis¬
me dans notre pays.
Un village au riche patri¬
moine avec l'antique auvent des vieilles demeu¬
res paysannes, mais aussi vivace et chatoyant durant
PHOTO PERROCHET, LAUSANNE
Armoirie de gueule à la bande d'argent avec comme brisure une palme de simple attribut du patron de la paroisse. Hau¬
teville (Altenfüllen en alle¬
mand), vient de «alta villa»
qui veut dire haut et ville. Ce village faisait autrefois partie de la seigneurie de Corbières.
la saison estivale, avec les fleurs qui livrent aux fenê¬
tres et balcons un assaut de couleurs et de parfums.
A une certaine époque, le seigneur qui régnait sur la région, luttait sur l'herbe avec l'armailli et l'enjeu se concrétisait par le doux baiser d'une bergère, tel un serment d'amour et de fidélité.
Aujourd'hui comme hier, un vent de réconfort et d'hospitalité souffle encore dans ce village gruérien où les habitants ont, pen¬
dant des siècles, chanté la splendeur de son passé et le charme de ses attraits.
En résumé une commune prévoyante pour ses enfants qu'elle veut garder près de son cœur et dont elle prépare l'avenir avec des vues larges et des pro¬
jets à sa mesure.
G. Bourquenoud
VILLAGES DE CHEZ NOUS
Claude Clément, quarante ans, père de trois enfants, licencié es sciences économi¬
ques de l'Université de Fri- bourg, directeur de la succur¬
sale de la Société de Banque Suisse, à Bulle, membre de l'Exécutif d'Hauteville depuis 1991, date de son élection en qualité de syndic de cette com¬
mune de la Gruyère.
INTERVIEW FI - Monsieur le syndic, pou- vez-vous nous définir la posi¬
tion géographique de votre commune?
C Clément - Le pittoresque village d'Hauteville est situé
sur la rive droite du lac de la Gruyère dont la délimitation existe depuis 1948, tandis qu'il fait frontière avec les commu¬
nes de La Roche, Cerniat et Corbières. Distant de 8 km de Bulle et de 20 km de Fribourg, il s'étend sur une surperficie de 1055 ha, de l'altitude de 677 m au bord du lac, jusqu'à 1485 m au Gîte d'Allières. Les fer¬
mes des 17e et 18e siècle, embellies de fleurs durant la saison estivale, font partie de l'inventaire de la maison rura¬
le. Elles se répartissent dans les hameaux «Les Fourches - Le Ruz - Impart - Longmort - Le Charmin», sans oublier
«Le Village» proprement dit, avec son église d'où l'on jouit d'un panorama extraordinaire sur le lac de la Gruyère et le Restoroute.
- Est-il vrai que l'agriculture tient encore une place enviée dans votre village?
- Hauteville est en effet une commune essentiellement ru¬
rale ou l'agriculture a sa raison d'être. Celle-ci est tout parti¬
culièrement axée sur l'élevage et la production laitière. A l'heure actuelle, il existe encore 17 exploitations agricoles qui livrent plus d'un million de
Un bâtiment scolaire qui a de l'allure.
kilos de lait par année à la fro¬
magerie. Bien qu'étant pour la plupart repris de père en fils, les domaines ont tendance à diminuer depuis une décennie.
Il faut savoir aussi que notre commune est propriétaire de quatre domaines et de dix alpages dont les charges d'entretien s'avèrent quelque peu lourdes pour les finances communales. Mais grâce à la motivation des agriculteurs, cela nous permet de conserver un patrimoine qui n'est pas à négliger. La commune d'Hau-
Une ancienne ferme fort bien conservée.
teville se divise en 446 ha de surface boisée, 557 ha de terres pour l'agriculture et 270 ha de prés et pâturages. Les 210 ha
Autorités communales Claude Clément, syndic Administration générale - Finances - Affaires sociales - Santé - Sports - Sociétés locales
Romain Marcuet vice-syndic
Forêts - Cimetière - Tou¬
risme
Norbert Schouwey conseiller
Epuration - Routes - Endi- guements - Transports - Communication
Jean-Marie Castella conseiller
Aménagement - Construc¬
tions - Environnement - Eau potable - Voirie - Feu Hans Ruppen, conseiller Bâtiments - Agriculture - Montagnes - Instruction publique
Administration communale
Chantai Morel, secrétaire Marie-Thérèse Berchier boursière
11
VILLAGES DE CHEZ NOUS
m
de forêts qui sont propriété communale ne donnent mal¬
heureusement plus les recettes d'antan.
- Votre village a-t-il un espoir de voir se développer le touris¬
me et le commerce?
- Etant une commune de ce beau district qu'est la Gruyère, il est évident que Hauteville soit concernée par le tourisme et bien sûr le commerce qui va de pair. Elle dispose de sen¬
tiers pédestres, tant sur les hauts du village que sur les rives du lac. Le Gîte d'Allières, propriété de la ville de Fri- bourg, bien connu des prome¬
neurs et des skieurs de la Ber- ra, se trouve tout naturelle¬
ment sur la commune d'Hau- teville, laquelle est membre de la Société de développement des communes de la rive droite du lac de la Gruyère dont le principal souci est l'évolution des remontées mécaniques à basse altitude.
Pour ce qui est du commerce, notre commune a dans ses murs un magasin d'alimenta¬
tion, une laiterie-fromagerie, deux restaurants, un bureau de poste et une Banque Raif- feisen. La population de notre localité a par contre énormé¬
ment regretté la fermeture de la boulangerie et du magasin Coop. Notre village abrite d'autre part les Editions du Parvis dont l'activité est spé¬
cialement axée dans le domai¬
ne religieux, des artisans du bois, des entreprises spéciali¬
sées dans la toiture, la maçon¬
nerie et les installations sani¬
taires. L'artisanat va de la cuil¬
lère de bois richement sculptée à la poterie en passant par la pyrogravure et la couture. Si l'agriculture est prédominante dans notre localité, il y a cependant un certain nombre d'habitants d'Hauteville qui travaillent dans le secteur ter¬
tiaire ou encore dans des entreprises et industries de la région.
- Comment est organisée l'ins¬
truction de la jeunesse?
- Nous avons à Hauteville un magnifique bâtiment scolaire qui n'accueille que la classe enfantine et celle des degrés V et VI confiée depuis trente ans à M. Bernard Perritaz, institu¬
teur, lequel pourrait narrer l'histoire du regroupement scolaire. Les degrés II, III et IV sont réunis dans une classe à Corbières, alors que le degré I est à Villarvolard. C'est un bus
De magnifiques maisons de bois qui font la richesse du patrimoine de ce village gruérien.
L'intérieur de la très jolie chapelle de Notre-Dame de Lourdes.
scolaire qui se charge du trans¬
port des 47 élèves de notre vil¬
lage dans les classes respecti¬
ves et à la halle de sport de Corbières. Nous avons actuel¬
lement une douzaine d'élèves qui fréquentent l'école secon¬
daire ou le Collège du Sud ou le cycle d'orientation de Bulle.
- Est-ce que les nouveaux venus s'intègrent facilement à la mentalité des gens d'Haute¬
ville?
- Moi-même, je suis arrivé dans ce village il y a seulement cinq ans. Je puis dire en toute franchise que je me suis rapi¬
dement intégré, grâce aux con¬
tacts très enrichissants que la population accorde aux nou¬
veaux venus. Les liens s'accen¬
tuent encore lors des assem¬
blées communales, les activi¬
tés et manifestations des socié¬
tés locales. Une très bonne entente règne également au
Evolution démographique 1811 385 habitants 1831 387 » 1850 500 » 1860 573 » 1870 484 » 1880 463 » 1888 496 » 1900 533 » 1910 476 » 1920 423 » 1930 491 » 1941 522 » 1950 448 » 1960 357 » 1970 333 » 1980 312 » 1990 353 » 1993 411 » 185 hommes 160 femmes
18 étrangers 159 habitations 12
VILLAGES DE CHEZ NOUS
m
sein du Conseil communal où l'expérience des anciens facili¬
te la tâche des jeunes. Permet¬
tez qu'au nom de l'Exécutif et de la population, j'exprime une pensée émue à la famille de Michel Berchier, décédé en juin 92, lequel a oeuvré durant de longues années en qualité de secrétaire et boursier.
- Quelles sont les activités cul¬
turelles et sportives qui ani¬
ment votre village?
- Il nous manque en effet une salle où non seulement les sociétés et les personnes âgées pourraient se rencontrer, mais aussi les jeunes qui souhaitent depuis fort longtemps des locaux pour se divertir et se réunir au moins une fois par semaine. Nous aimerions éga¬
lement créer un «centre villa¬
ge» où nous envisageons de construire une salle destinée aux activités culturelles et récréatives de notre popula¬
tion.
Nous avons une société de tir qui a fêté son centenaire en 1988 et dont le stand de tir a été rénové récemment. Le chœur d'hommes de Haute- ville est aujourd'hui un chœur mixte que dirige depuis trente et un ans M. Bernard Perritaz, instituteur. En automne pro¬
chain, une manifestation mar¬
quera ses vingt-cinq ans d'exis¬
tence. Le Ski-Club s'est distin¬
gué à plusieurs reprises et les
fondeurs ont su motiver une relève déjà très performante.
L'esprit régional a aussi du bon puique c'est avec le FC Corbières que les jeunes de notre village pratiquent le foot dans une équipe où ils sont l'épine dorsale. A la fin août, ce club fêtera son 25e anniver¬
saire avec l'inauguration d'un terrain de sports, manifesta¬
tions auxquelles participeront les communes de Villarvolard et d'Hauteville. La société de jeunesse «La Gaité» porte bien son nom, elle qui organi¬
se chaque année la fête du 1er
Août, anime les fêtes religieu¬
ses et manifeste un enthou¬
siasme tout particulier pour le HC Fribourg-Gottéron. Sans oublier la société de laiterie qui groupe près d'une vingtai¬
ne de producteurs, nous avons encore un syndicat d'élevage de la race pie-rouge qui est, lui aussi, bientôt centenaire.
L'information à notre popula¬
tion est assurée par un journal villageois «L'Echo de Haute- ville», lequel a été créé en 1991 dans le but de renseigner objectivement, trois fois par année, les habitants de notre localité sur les décisions des autorités et la vie des sociétés locales.
- Quels sont les problèmes actuels de votre commune?
- A part quelques tronçons à améliorer dans un proche ave-
Une maison d'habitation dans le quartier du «Ruz».
L'église dédiée à saint Etienne. PHOTOS G. BOURQUENOUD
nir, le réseau routier commu¬
nal donne entière satisfaction.
Par contre, la route cantonale nous cause quelques soucis de sécurité en raison de la vitesse des véhicules et du trafic tou¬
jours plus dense, bien que pour l'instant, nous n'ayons pas eu à subir d'accidents gra¬
ves ou mortels.
L'alimentation en eau potable a été un élément important de notre infrastructure commu¬
nale. Elle a été réalisée en 1986 et a coûté 2,5 millions de francs. Pour notre village, c'est aujourd'hui un problème résolu.
Quant au plan d'aménage¬
ment, il ne devrait pas subir une grande modification, si ce n'est que l'espoir de pouvoir
disposer d'une zone artisanale lorsque le besoin s'en fera sen¬
tir.
Dans le domaine de l'épura¬
tion, notre commune est déjà reliée par un collecteur princi¬
pal à la STEP de Vuippens, mais par contre elle devra pen¬
ser à de sérieux investisse¬
ments pour l'infrastructure à réaliser dans le village.
- Que font les autorités pour améliorer la qualité de la vie des habitants?
- Sur le plan résidentiel et dans le but de garder les jeunes au village, deux immeubles loca¬
tifs de 23 appartements ont été construits en 1992. Il existe toutefois d'autres zones cons¬
tructibles qui, pour des rai- 13
VILLAGES
sons de récession économique, sont pour l'instant en hiberna¬
tion. Mais étant donné leur emplacement très favorable à un développement de caractè¬
re résidentiel, il y a bon espoir pour que la construction puis¬
se démarrer en automne pro¬
chain. L'Exécutif d'Hauteville est pour une évolution saine, harmonieuse et contrôlée en rapport avec le rôle d'une commune rurale et en fonc¬
tion des possibilités d'utilisa¬
tion. Il veillera à ne pas dépas¬
ser le plafond des 500 habi¬
tants, afin que Hauteville puisse garder son caractère vil¬
lageois.
CHEZ NOUS
- Comment se présente à l'heure actuelle la situation financière de votre com¬
mune?
- Les recettes fiscales s'amélio- rant au fil des ans et les inves¬
tissements consentis pour le pompage et le réseau de distri¬
bution d'eau potable ayant été réalisés avec un minimum de fonds empruntés, la situation financière de la commune d'Hauteville est considérée comme saine. Ceci nous auto¬
rise donc à regarder l'avenir avec optimisme malgré que l'épuration actuellement au stade de la planification avan¬
cée, va certainement grever le
budget communal ces pro¬
chaines années. Notre com¬
mune n'ayant pour l'instant aucune dette et vu que les recettes sont de l'ordre de 800 000 francs pour un volu¬
me de charges légèrement inférieur, la communauté vil¬
lageoise de Hauteville est heu¬
reuse et fière de pouvoir garder son identité et d'être à même de se gérer, tout en mettant l'accent sur une collaboration toujours plus étroite avec les communes limitrophes.
- Quels sont les souhaits des autorités?
- Que les jeunes s'intéressent
aux affaires publiques comme à la relève dans les sociétés locales.
Que l'Exécutif puisse conti¬
nuer à oeuvrer en bonne har¬
monie avec les anciens et l'enthousiasme des nouveaux élus, ceci pour le plus grand bien de la collectivité.
Permettre à tous les habitants de Hauteville de s'exprimer librement, de se réaliser et de vivre sainement sur cette terre si généreuse à laquelle ils manifestent un attachement profond.
Propos recueillis par Gérard Bourquenoud
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•VILLAGES-DE CHEZ NOUS
Une heure avec...
Jean Marcuet, sculpteur de cuitlères à crème
Fils de paysan, il est resté paysan dans l'âme. Depuis son jeune âge, il a travail¬
lé la terre jusqu'en 1990, date à laquelle, il a été contraint d'abandonner l'exploitation de son domaine, pour des raisons de santé. Comme il ne peut rester inactif malgré qu'il souffre de l'arthrose, Jean Marcuet a aménagé un petit atelier dans sa ferme où il fabrique et sculpte de ses propres mains des
cuillères à crème d'une rare beauté. Un artisanat qu'il pratique depuis l'âge de Jean Marcuet encadré par sa femme, sa fille et quatorze ans. sonfils, lors d'un récent Comptoir à Yverdon.
Quelques cuillères de bois sculptées par cet artisan gruérien.
fond de l'art qui a pris naissance dans son enfance.
Jean Marcuet est un artisan de souche typi¬
quement gruérienne avec lequel il fait bon bavarder quelques instants, sur le banc devant la maison... A soixante-deux ans, il ne fabrique les cuillères à crème que sur commande, parce que déjà très sollicité par les gens de Palpe. Ceux-ci ont en effet un profond attachement à ce qui fait la richesse du patrimoine du pays de Fribourg. Les tou¬
ristes de passage en Gruyère ont d'autre part tout loisir d'admirer l'art pratiqué par Jean Marcuet, au Musée gruérien, de Bulle. Un authentique témoignage de foi enrichi depuis des siècles.
G. Bourquenoud Texte et photos Sa volonté et sa fierté s'affrontent en un per¬
manent combat qui dédouble sa personnali¬
té sans, apparemment, le troubler et le per¬
turber. En fait, il s'agit tout simplement d'une confrontation entre l'homme et l'artiste Un homme qui se laisse bercer par l'art de la sculpture, le travail bien fait, parce que fidèle à l'authentique vision des choses de ce monde.
S'il taille des cuillères à crème dans de l'éra¬
ble, c'est plus par goût que par nécessité, bien que le petit pécule qu'il gagne de son modeste artisanat est toujours le bienvenu pour le beurre à mettre dans les épinards ! Tirer du bois une grue, une fleur, une colombe, une sonnaille, un monogramme ou encore des armoiries de famille, c'est sa passion, lentement exprimée, parce que constamment cultivée II suffît d'aller dans son atelier pour admirer avec quelle dextéri¬
té il manie son ciseau et voir éclore d'un morceau de bois ces magnifiques cuillères à crème accrochées à la paroi, lesquelles en disent long sur son talent et son sens pro-
Lartisan d'Hauteville dans son atelier.
15
VILLAGES DE CHEZ NOUS
Fromagerie d'Hauteville
PIus d*un million de Itflos de lait par an
Jean-Louis Andrey examinant un gruyère au moyen de la sonde qu 11 uti¬
lise également lors de la taxation des fromages.
l'affinage et de l'écoulement du produit en Suisse et à l'étranger. La production de gruyère, pour la plus grande partie taxée 19 points sur un maximum de 20, est un résul¬
tat qui fait honneur au fabri¬
cant et qui est dû aussi à la qualité du lait qui s'est nette¬
ment améliorée depuis une décennie.
Taxateur-expert en fromages Après un apprentissage de trois ans à la fromagerie de Lussy, et une année au Centre de formation laitière de Gran- geneuve, Jean-Louis Andrey s'est perfectionné dans le métier par des stages à Méziè- res, Vuisternens-dt-Romont, Esmonts où il a passé sa maî¬
trise fromagère, Chénens et finalement Hauteville où il est acheteur de lait. Depuis quel¬
ques années, grâce à ses quali¬
tés professionnelles, ce fabri¬
cant de gruyère est également taxateur-expert auprès des marchands de fromages de notre pays.
Quant à sa charmante épou¬
se qui a la délicate mission de la vente des produits lai¬
tiers: gruyère, vacherin fri- bourgeois, sérac, beurre, crè¬
me, etc., serait encore plus
Anne-Marie Andrey a le don de couper un morceau de fromage presque au gramme près!
heureuse commercialement parlant, s'il y avait un joli magasin dans cette fromage¬
rie gruérienne sise en bordure de la route cantonale Fri- bourg-Bulle-Broc par La Roche! Peut-être qu'un jour cette idée deviendra réalité !
Texte et photos G. Bd
La société de laiterie d'Haute¬
ville compte actuellement sei¬
ze producteurs à l'année et vingt-sept durant la saison estivale. Ceux-ci livrent annuel¬
lement 1 200 000 kilos de lait à la fromagerie villageoise qui transforme cette production entière en fromage de gruyère et autres produits laitiers.
Avec le concours d'un ouvrier et d'un apprenti, Jean-Louis Andrey, maître-fromager et acheteur de lait depuis 1978, produit une centaine de ton¬
nes de gruyère par année dont la grande majorité est vendue à Fromages de Gruyère SA, à Bulle, maison qui se charge de
Une vue du local de fabrication actuel
VILLAGES DE CHEZ NOUS
Catherine et son artisanat exposé dans la crèche d'une ancienne étable.
La poterie à
Il y a cinq ans qu'elle vit à Hauteville avec sa famille dans une ferme qu'elle a transformée avec son mari. Catheri¬
ne Gingins née Rossier, de Lovens, tra¬
vaille depuis vingt ans le grès et façon¬
ne des objets utilitaires et de décora¬
tion pour le ménage. Elle a également pratiqué cet artisanat à Romainmô- tier, Cuarnens et en Suède. Alors que sa propre création est exposée en per¬
manence dans la ferme qu'elle habite, elle participera au printemps 93 à une exposition organisée par les Imagiers de la Gruyère.
Catherine
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Un épouvantable incendie anéan¬
tit le 6 janvier 1745, Jour des Rois, onze bâtiments au village du bas.
Cette terrible catastrophe était due à la malveillance. L'auteur en était une certaine Marguerite Schou- wey, qui, non contente d'être incendiaire, voulut attenter encore à la vie du curé, Claude Pettolaz, doyen, prêtre zélé et charitable. La malheureuse, qui avait sans doute quelques vengeances à assouvir, voulait encore tuer d'autres per¬
sonnes gênantes. Jean Antoine Vonderweid, baillif de Corbières, fit arrêter la misérable. Elle fut descendue à Fribourg sous bonne escorte, jugée et condamnée au bûcher comme Catillon de Villar- volard, quatorze ans plus tôt.
C'était le 1er février 1745. Margue¬
rite Schouwey, reconnue criminel¬
le, fut étranglée par le bourreau Heiny et jetée au feu. Le curé de Corbières et les Capucins de Bulle la préparèrent à cette maie mort et elle donna, paraît-il, des marques de contrition et de repentance.
Un incendie criminel A l'époque, la justice de Leurs Excellences était raide comme cel¬
le de Berne. On pendait, pour quelques douzaines d'écus volés, les coupables, après les avoir tortu¬
rés, tirés à la corde, désarticulés.
S'ils échappaient à la sentence de mort, ils étaient marqués au fer rouge; on leur coupait la main ou les oreilles. Ils étaient condamnés au carcan, aux tenailles, au pilori et finalement à l'exil, aux galères, après avoir gémi des mois durant les geôles sombres et infectes de la Mauvaise Tour, où se trouvaient les instruments de la torture.
La peine de mort était générale¬
ment appliquée. Pour le larron c'était la pendaison. Pour le faus¬
saire, le parjure ou l'assasin, la décapitation. On réservait aux incendiaires et aux sorcières la pei¬
ne du feu, avec ou sans strangula¬
tion préalable.
NOUS LES JEUNES
L'Association suisse des maîtres coiffeurs
présente la nouvelle collection Printemps/Eté 1993:
VAGUE D'ÉTÉ 93
La permanente: volume assuré même pour les cheveux fins
Cette saison, les cheveux courts sont de retour!
L'Association suisse des maîtres coiffeurs propose avec sa ligne « Vague d'Eté», pour dames une coiffure courte et élégante et pour messieurs une coiffure sportive. Une permanente partielle limitée aux che¬
veux du dessus donne des boucles souples et un joli volume. Une coloration en blond doré ou d'un beau brun assure à la chevelure une brillance supplémen¬
taire.
Joli volume grâce à la permanente partielle Une permanente partielle limitée aux cheveux de dessus donne des boucles souples et un joli volume, même sur che¬
veux fins.
Plus de brillance grâce à la coloration
Une coloration directe choisie parmi les nuances à la mode
cette saison rehausse la bril¬
lance de la chevelure et souli¬
gne le style de la coiffure. Les couleurs chaudes sont parti¬
culièrement actuelles, avec une prédilection pour le blond doré et le brun vigoureux.
Les conseils du spécialiste Les nouvelles coiffures cour¬
tes sont pleines de ressources:
pour changer, on peut les lis-
Coiffure pour messieurs avec une permanente partielle.
PHOTO WERNER TSCHAN Elégante coupe courte et larges boucles.
PHOTO WERNER TSCHAN
f—
ser au séchoir et à la brosse ou les modeler à son gré à l'aide de produits de styling. Le spé¬
cialiste est là pour donner sug¬
gestions et trucs de coiffure.
Pour dames: élégance, féminité et larges vagues Les cheveux courts se mon¬
trent cette saison sous leur jour le plus féminin: sur le dessus de la tête, ils sont dégradés, alors que la nuque est coupée court, légèrement en arrondi. Même les femmes aux cheveux fins profiteront du volume donné par la per¬
manente. Une coloration en blond doré rehausse la cheve¬
lure d'un brillant magnifique et soyeux. Enfin, un peu de mousse de coiffage sur les che¬
veux bien épongés permet de mettre les cheveux rapidement en forme.
Pour messieurs: soutien de la permanente partielle La tendance actuelle pour messieurs est à la simplicité et à la coupe courte de la nuque et des côtés. La permanente partielle a été limitée au dessus de la tête. Non seulement elle donne à la coiffure tenue et volume, mais elle simplifie le coiffage après le shampooing.
Par ailleurs, de fines mèches plus claires faites au peigne soulignent la coiffure et la structure de la chevelure. Un peu de gel permet de donner plus de mouvement aux che¬
veux permanentés.
NOUS LES JEUNES
GARY LUCAS GODS iUVD MOTVSTERS
Gary Lucas, deuxième. Après un premier concert fribour- geois en solo (Knitting factory Festival 91), Lucas refait halte à Fri-Son avec quelques-uns des musiciens qui parti¬
cipent à sa dernière production, «God and Monsters» - notamment Tony Maimone (Père Ubu) à la basse. Gary Lucas est un guitariste exigeant et inventif, un grand détracteur du postmoderne qui se définit comme un musi¬
cien de folk désireux de jeter un pont tradition et innova¬
tion. «Lorsque je joue, je prends mes morceaux au collet et je leur tords le coup en recherchant les limites absolues des sons - mais toujours dans des structures bien détermi¬
nées. » Après avoir souffert sous la direction musicale de Captain Beefheart au début des années quatre-vingt - Don van Vliet l'obligeait à jouer des suites d'accords impossi¬
bles! - Lucas multiplie les expériences avec de nombreux musiciens, soit en repêchant quelques perles de la culture pop et rock (Kraftwerk, Suicide, Syd Barrett, Miles Davis) soit en composant avec talent et versatilité, de la ballade
folk aux tubes trempés à l'acide. ZODIAC
MIJVDW4RP and THE LOVE REACTION with CREAMTNG JESUS
Au milieu des années quatre-vingt, un groupe anglais enfonce avec fracas les portes d'un temple du rock'n roll en plein abandon. Missionnaires zélés au look de Hell's Angels assoiffés, méchants garçons prêchant les excès en tout genre, ils tentent de choquer une jeunesse affaiblie par une overdose de pop music. Zodiac Mindwarp et ses compagnons de route - « The Love Reaction» - dévelop¬
pent un nouveau style, le Grebo-Biker-Rock: vestes de cuir dégoulinantes d'huile de moteur, cheveux longs et gras à souhait, tatouages infernaux, et - last but not least!
- une musique qui célèbre le chaos du rock'n roll à coups de voix caverneuses, de metal et de kitsch. Inutile de dire que le succès est immédiat. Zodiac brille quelque temps au zénith avant de sombrer dans des conflits juridiques avec son label, qui paralysent plusieurs années durant les acti¬
vités du groupe. Il faut attendre 1991 pour retrouver Zodiac et sa machine bien huilée, avec deux albums («Hoodlum Thunder» et «My life story») qui célèbrent à nouveau la furia et les excès du début de sa carrière.
27.3.93 - Rock - 21 h.
Fri-Son, 13, rte de ta Fonderie, Fribourg
19
Macolin forme des maîtres de sport
La formation de maître(sse)s de sport diplômé(e)s de l'Eco¬
le fédérale de sport de Macolin (EFSM) continue à être prisée.
Notons d'emblée que le diplô¬
me en question ne concurren¬
ce pas celui délivré par les universités aux maîtres d'édu¬
cation physique (les exigences d'admission n'étant pas les mêmes, les maîtres de Macolin n'ont pas automatiquement accès aux écoles publiques).
Une vingtaine d'élèves (dont 1/5 de romands environ) fré¬
quentent le cycle d'étude d'une durée de deux ans. Mais plus de 100 se présentent aux con¬
cours d'entrée (mai/juin cette année).
Les exigences sont élevées:
avoir vingt ans, avoir terminé une formation professionnel¬
le, présenter de solides aptitu¬
des physiques, être au bénéfice d'une bonne culture générale, posséder le brevet I de la Société suisse de sauvetage, maîtriser suffisamment l'alle¬
mand pour suivre les cours donnés en majorité dans cette langue. Les intéressé(e)s peu¬
vent demander une documen¬
tation détaillée à ce sujet auprès du Secrétariat de la for¬
mation de l'EFSM, 2532 Ma¬
colin (tél. 032/276 355). Le dernier délai pour s'inscrire au concours d'admission a été fixé au 15 avril!
Vit effort pour tes jeunes UAcadémie suisse des gastro¬
nomes + Club Prosper Mon- tagné a tenu ses assises à Bâle sous la présidence de M. René Gessler (Colombier) et en pré¬
sence de la totalité de ses membres dirigeants.
On y a relevé de belles activi¬
tés comme la «Coupe de l'Accueil», le «Grand Prix de littérature gastronomique».
Pour le programme à venir, il est décidé de créer une nouvel- 20
le catégorie de membres; il s'agit des «Juniors». Le Club tient à aider les jeunes à découvrir la gastronomie et connaître les spécialités régio¬
nales.
Il a été décidé de poursuivre la publication des brochures pré¬
sentant les spécialités régiona¬
les, canton par canton.
Les membres du comité et les ambassadeurs ont tous été réélus. M. Grether représente¬
ra, pour un an, ses collègues ambassadeurs au sein du comité central toujours prési¬
dé par René Gessler, en colla¬
boration avec Ch. Roth, Catherine Michel, C. Ferrari, J. Seydoux, G. Hangartner, D. Kissling et H. Stucki.
La prochaine assemblée géné¬
rale aura lieu en janvier 1994 à Neuchâtel. Une conférence sur le goût sera organisée à cette occasion.
Sidney et Orson, deux pro¬
ducteurs de Hollywood, tour¬
nent un film en Afrique.
- Je crois que je vais aller me tuer un lion en attendant le dîner, annonce Sidney.
- Et puis quoi encore? Je parie cent dollars que tu n'y arriveras pas.
- Pari tenu!
Et Sidney s'enfonce dans la jungle.
Une heure plus tard, un lion passe la tête dans la tente d'Orson :
- C'est vous l'ami de Sidney?
- Oui.
- Il vous doit cent dollars.
- Je déteste cette ville sinistre!
se plaint un adolescent à ses parents. Je veux de l'action, gagner de l'argent, rencontrer de jolies femmes. Je ne peux rien faire de tout ça ici, alors je m'en vais !
A peine au bout de la rue, il entend son père l'appeler.
Mais le garçon lui crie:
- N'essaie pas de m'arrêter ! Je suis décidé.
- Je n'essaie pas de t'arrêter, je veux venir avec toi !
Un petit garçon reste planté au pied d'un Escalator dans un grand magasin, l'œil rivé sur la main courante. Le directeur s'approche:
- Quelque chose ne va pas, mon petit?
- Non, j'attends seulement que mon chewing-gum re¬
vienne.
Après avoir passé tout le dîner à corriger le comporte¬
ment de mon fils à table, je me tournai vers ma femme en disant :
- Est-ce qu'un jour on par¬
viendra à lui apprendre les bonnes manières?
- L'éducation d'un garçon n'est jamais achevée, répon¬
dit-elle. Quand il se marie, c'est sa femme qui reprend le flambeau. Et cesse de parler la bouche pleine!
m****0
LES SPORTS
Les Reds de Payerne:
l'un des (trop> rares clubs de baseball en Suisse romande C'est un truisme de dire que le baseball appartient à la légende des USA comme le coca-cola et les hamburgers.
Sport hyperprisé dans le pays de l'Oncle Sam, ses vedet¬
tes sont adulées par un public mordu qui a su les porter au pinacle de la gloire. Une certaine Marilyn a du reste succombé au charme de l'un des joueurs les plus presti¬
gieux, Joe di Maggio, pour la petite histoire... En Suisse, on compte 35 clubs de baseball dans la partie alémani¬
que du pays, alors que la Romandie est un peu à la traî¬
ne avec seulement dix clubs, dont les Reds de Payerne, qui peuvent s'enorgueillir d'être l'unique team sportif payernois à avoir gravi l'échelon de la ligue nationale B
en 1991. Les protections sont à la mesure de la vitesse de la balle frappée!
Souvenir d'un séjour en Amérique
Les Reds découlent de la pas¬
sion de Dominique Sartori pour ce sport, passion contractée lors d'un séjour aux States. En 1985, de retour à Payerne, il fonde avec quelques amis un club de
baseball qui compte actuelle¬
ment 25 joueurs licenciés et des membres supporters. Les en¬
traînements ont lieu en salle; la saison sportive se déroule d'avril à septembre et c'est sur un terrain prêté par la DCA qu'ont lieu les matches, pour
autant que le ciel soit clément, car une balle détrempée est incontrôlable ! Lorsque l'on sait qu'elle peut atteindre une vites¬
se de plus de 100 km/h, il vaut mieux tout prévoir.
Prosélytisme de bon aloi Mardi 23 février dernier, les
Reds étrennaient leur nouvelle tenue assortie au nom du team.
L'occasion d'une sympathique présentation à la presse suivie de l'exposé des souhaits du pré¬
sident du club Christophe Win- teregg et de son vice-président Bruno Castrovinci. Le cham¬
pionnat se déroule en 20 mat¬
ches et le terrain prêté par l'armée exige à chaque compéti¬
tion une préparation fastidieu¬
se. Il serait donc judicieux que les Reds bénéficient d'une sur¬
face de jeu aménagée à demeu¬
re. Et puis les Reds aimeraient créer un mouvement junior.
Avis donc à tous les jeunes inté¬
ressés par ce sport qui, en deux mots, demande des qualités d'adresse, de rapidité et surtout une attention constante. Com- meson ancêtre le cricket, il offre la possibilité d'un jeu tant col¬
lectif qu'individuel. Si vous êtes intéressés, Christophe Winte¬
regg attend votre appel télépho¬
nique au n° 037/61 49 13.
Battes, gants et balles sont gra¬
cieusement mis à votre disposi¬
tion.
Il ne reste qu'à souhaiter bon championnat 93 à cette sympa¬
thique équipe des Reds et à leur entraîneur Dave Degere.
Marinette Grandjean Prêts pour le championnat avec une toute nouvelle tenue.
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,LES SPORTS
Le manque de glace:
un problème ardu pour la jeunesse de notre canton
Le hockey sur glace est un sport rude et souvent dangereux.
S'il est rapide et animé pour ceux qui aiment un tel specta¬
cle, il exige de ceux qui le pratiquent une solide musculatu¬
re, du réflexe et une grande résistance. De plus en plus prisé par la jeunesse de notre canton à laquelle le HC Fribourg- Gottéron a su insuffler le caractère propre de ce sport, moti¬
vée encore davantage par l'arrivée de deux vedettes russes, le problème le plus ardu que nous connaissons aujourd'hui est sans aucun doute le manque de glace.
Sur les dix-huit clubs qui exis¬
tent dans le canton de Fribourg, nous avons choisi de vous pré¬
senter celui de Villars-sur-Glâ¬
ne, dont le gardien et président n'est autre que Pascal Collaud, également chef de presse du HC Fribourg-Gottéron. L'espa¬
ce d'une heure, il nous a expli¬
qué les problèmes et fait, part des soucis des jeunes qui prati¬
quent le hockey sur glace com¬
me sport favori.
Un seul match dans le canton Le club de Villars-sur-Glâne a
un effectif de vingt-cinq joueurs âgés de 17 à 55 ans. Ceux-ci sont contraints - une fois par semai¬
ne et tôt le matin - de se déplacer en voiture (140 km aller et retour) jusqu'à la patinoire de Château-d'Oex pour s'entraî¬
ner. D'autre part, sur les dix- huit matches de championnat de 4e ligue, un seul a pu avoir lieu sur la patinoire de Saint- Léonard. Imaginez-vous donc les déplacements que ces hoc¬
keyeurs doivent faire pour jouer dix-sept matches à l'extérieur:
Leysin, Vallée de Joux, etc. Ceci
Pascal Collaud, président du HC Villars-sur-Glâne.
nous amène à dire qu'il aurait été souhaitable de garder la patinoire des Augustins ou alors d'en aménager une deuxième à St-Léonard, puisque celle actuellement en service dispose d'installations suffisantes pour la production de glace sur deux patinoires. Il est bon de préciser que trois clubs de Fribourg, dont le HC Fribourg-Gottéron qui, de haut en bas, comprend dix équipes, se partagent la gla¬
ce avec l'école de hockey qui compte 300 joueurs, le patinage artistique, le curling et le public, raison pour laquelle, la glace manque pour les clubs de 4e
ligue.
Que de sacrifices consentis ! Un club de hockey sur glace comme celui de Villars-sur- Glâne a un budget annuel de 15 000 francs, dont une partie est récoltée par les cotisations des membres qui, à l'heure actuelle, sont de 360 francs par année et de 240 francs pour les étudiants et apprentis. Et com¬
me le sponsoring d'une équipe de 4e ligue n'est pas suffisam¬
ment intéressant pour des entre¬
prises, où faut-il trouver l'argent nécessaire à la survie du club?
Ce dernier bénéficie, il est vrai, d'une modeste aide financière de la part de la commune de Vil- lars-sur-Glâne qui devrait faire la différence entre une équipe de hockey sur glace qui n'a aucune infrastructure à disposition, alors qu'un club de foot dispose d'un terrain, de vestiaires et de douches. Que de sacrifices con¬
sentis aussi par les joueurs pour leur équipement qui coûte 2000 à 3000 francs et encore davanta¬
ge pour celui du gardien ! Ajou¬
tons d'autre part l'heure de gla¬
ce qui varie de 150 à 180 francs, la rémunération des arbitres, les déplacements et les frais admi¬
nistratifs. Comment voulez- vous donc envisager la création d'un mouvement junior?
Une seconde patinoire est nécessaire
Le moment est donc venu de jouer la carte de la jeunesse pour que celle-ci puisse prati¬
quer son sport favori, au lieu de courir les bars ou de se laisser tenter par la drogue. Il est évi¬
dent que lorsque les autorités cantonales et communales auront compris que le sport est une discipline de l'esprit, c'est-à-dire la santé de notre peuple, nous serons nous aussi plus motivés pour encourager les jeunes à pratiquer le hockey sur glace, précise Pascal Col¬
laud. Il est à souhaiter que toute nouvelle patinoire soit à même de répondre à tous les critères d'un sport en pleine évolution dans notre canton. En toute modestie, le président du HC Villars-sur-Glâne, estime, que 1,5 million de francs suffisent pour réaliser une patinoire répondant aux exigences de la LSHG. Un projet qui pourrait aussi se concrétiser par la créa¬
tion d'une association de com¬
munes désireuses de soutenir ce sport qu'est le hockey sur glace.
Une telle initiative permettrait au Pays de Fribourg de réaliser un bond dans l'équipement sportif attendu par des milliers de jeunes.
G. Bourquenoud Une équipe où jeunes et moins jeunes se serrent les coudes.