M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES
J. B ENTZ
Aperçu sur les problèmes d’ordonnancement
Mathématiques et sciences humaines, tome 13 (1965), p. 3-21
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1965__13__3_0>
© Centre d’analyse et de mathématiques sociales de l’EHESS, 1965, tous droits réservés.
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APERCU SUR LES PROBLEMES D’ORDONNANCEMENT J. BENTZ
Le texte
qu
i suit est un texte d’initiation réal 1.séà part i r
desd ocu-
ments cités en
bibliographie (i).
il 1 a pour but deprésenter
aux lecteurs dubu I I et i n
uneapp I i cat ïon
de laMathématique
à unprob I ~me d’organisation
dutravai 1
, dont I es méthodes sontsusceptibles d’être
ut i 1 isées dans d’autresdomaines des Sciences Humaines.
I.
QUELQUES QUESTIONS
PRELIMINAIRES1.1. Le directeur d’un laboratoire
chargé
d’uneétude
a divisé celle-ci en troisparties P,Q,R,
chacune d’elles étantdivisées
enchapitres pi, qje rk,
ie{i~3,4,5,6,7~ j e {~2,3,4,5~
ke 1,2,3,4 .
Les
différents chapitres
del’étude présentent
desdépendances
que le direc- teur aanalysées
etrésumées
dans le tableau: .Le tableau se lit colonne par
colonne: l’étude
dep2
nepeut
débuter que 5 semainesaprès
le début de l’étude deP1,
...l’étude
de r4 nepeut
commen-cer que 6 semaines
après
le-début del’étude
deq4.
Deplus l’étude
deschapitres
ultimes
p7, q5, r4
dbit durer 5 semaines.Question posée
au lecteur: Ledébut
del’étude ayant
lieu à ladate 0,
àquelle
date le directeur
peut-il espérer
terminer auplus tôt?
* *
*
(1)
Nous prions Monsieur B. ROY de bien vouloir trouver ici 1*expression de nos remercie- ments pour ses consens et son autorisation de fairelargement
appel à ses textes.1.2.
Un problème d’emploi 1 de temps
Quatre
auditoires distinctsA,B, C,D
doivent entendrechacun,
au cours d’uneaprès-midi, quatre conférenciers pris parmi huit,
y de lamanière
suivante:Se lit: A doit entendre les
conférenciers ~2~7~...
~ 1Question osée
au lecteur: Etablir l’horaire de la session demanière
à en minimi-à
ser la
durée.
* *
*
1.3. Un
laboratoire
doit effectuer uneéluder comprenant
2 groupes de travaux distincts A et B. Adésigne
les travaux de recherche etd’études préliminaires,
B les travaux
d’exécution.
On se propose de minimiser ladurée
totalede ~ .
a. A ne
peut débuter
avant uneépoque 0;
’
b. Les effectifs
affectés à
A et B sontcompris
entre certaines limites: sDe
plus,
la directiondécide
de n’affecter à laréalisation
dele qu’un
nom-bre
limité
n de personnes.c. Les
durées
de A et Brespectivement
sontestimées
enjours,.à 600
et300
J ~
n A u’B
d. B doit
débuter
auplus tôt
à la date10,
et avant que lamoitié
des travaux A soitaccomplie.
e . B ne-
peut être terminé
avant que lamoitié
de A ne soitaccomplie.
Question posée
au lecteur: Influence de n sur ladurée
minimale deréalisation
de .
II DEFI" 1 TI.OM DE LA CLASSE DES PROBLEMES
ORDONNANCEMENT
On dit
qu’on
est enprésence
d’unproblème
d’Ordonnancement si leproblème posé
satisfait à trois conditions:2.1.1. !t
S’AGIT D’ÉTUDIER
LE.COMMENTotUNe RÉALISATION
Cette
réalisation peut être
de naturetrès variée.
Ilpeut s’agir
par exem-ple
del’élaboration
d’ungrand
ensemble(immeubles, fusée,
ynavire, ....),
de.1 ’organisation
d’unemploi
dutemps (répartition
desmaîtres
et des locaux dansun
lycée ),
d’im circuit administratif...Il
s’agit
deguider
laconception
et lecontrôle
de laréalisation.
2.1.2."
C.ETTERÉALISATION
ESTDÉCOMPOSABLE
ENE~LE~MENTS~y QU’ON
APPELLE TACHESLa notion
générale
detâche
nepeut être précisée
par son contenu concret.Celui-ci
dépend
dechaque
casparticulier
deproblème.
On
appelle tâche,
unélément
deréalisation, caractérisé
par:~ Sa
durée, notée di,
B-
son époque
dedébut,
ynotée ti,
son
époque
defin, notée fi;
’
- les moyens à mettre en oeuvre pour la
réaliser.
i
E N - 0,1 ,
....,n}
est un indicenumérotant
lestâches, supposées
ennombre n, de la
réalisation.
Remarques:
~
z
a. Dans
l’hy~’pothèse généralement vérifiée
d’undéroulement
continu de latâche
i:fi
=ti
+di.
Dans le cascontraire,
ondécompose
latâche
discontinue enplu-
sieurs
tâches
continues.1>.
Les"mayens" iL
mettre en oeuvre pour mener unetâche à
bien sont essentielle-nient de
troi3 types :
.1-
argent
-
matériel
- hommes. ,
L’emploi
de ces moyens estreprésenté
par lesymbole Yik (~~ importance
dumoyen k
nécessaire à
latâche i ~
la date e. ’c. Certaines des
caractéristiques
destâches
de laréalisation étudiée apparais7
sent, comme des
inconnues,
d’autres comme desdonnées.
_ ,
d..
Pratiquement, la difficulté d’un problème
d’Ordonnancementréside
d’abord dans le choix d’unedécomposition
entâches, décomposition qui
n’est pasunique.
Ilest
ne"cé’ssaire>
pourrésoudre
unproblème
de cetype,
de biendéfinir chaque
tâche; toutefois,
lescaractéristiques
destâches peuvent être
soumisesà
desimprécisions,
ou êtrealéatoires.
?.1.3. CETTE
RÉALISATION
ESTSOUMISE Â
UN ENSEMBLE DE CONTRAINTESLes
tâches
sont soumises à desexigences qu’il
fautrespecter
pour que les valeursattribuées
à leurscaractéristiques représentent réellement
unefaçon possible
d’effectuer laréalisation.
’
Exemples
de contraintes :- une
tâche
nepeut débuter
quelorsque
d’autres sontterminées,
- une
tâche
n’estréalisable qu’au
cours d’unepériode donnée,
y- ... etc....
* *
*
Dans ces
conditions,
y et pour unproblème
de cetype,
y onappellera
ordonnan-cement, ~ un
ensemble de valeurs descaractéristiques
destâches
conforme aux exi-gences
données. ~A un problème d’Ordonnancement,
ilpeut correspondre plusieurs
or-donnancements. Ceux-ci
apparaissent
comme despoints
àl’intérieur
d’un domaine P(domaine
despossibles,
ou desordonnancements réalisables) défini
par les con-traintes,
ensemble depoints
entrelesquels
il fautchoisir, selon
descritères qui peuvent être :
.-
coût
oudurée
totaleminimum,
-
équilibre optimal
des courbesexprimant l’évolution
de lacharge
de main-d’ôeuvre
au cours dutemps.
On est
donc amené à:
2.2.1.
Analyser la compatibilité.
P est-il ou non vide?
Si
oui,
leproblème
est sans solution. Onpeut
alors essayer dedéter-
minerquels
sont lesparamètres qui
sontà l’origine
del’incompati- bilité.
2.2.2. Choisir entre plusieurs possibles
si P n’estpas
vide. , La recherchede
l’ordonnancementoptimum
est dans laplupart
des casdifficile pour les raisons suivantes:
- en
général,
P n’est pas unpolyèdre,
maisl’union,
non convexe, depolyèdres
dans
l’espace
affine de dimension n sur R. Ce n’est souventmême
pas un en-semble : il y a des ordonnancements dont on ne
peut
dire defaçon
claire s’ilsappartiennent
ou nonà
l’ensemble des ordonnancementsréalisables (de
par le.caractère
flou desfrontières).
Dans certains cas, ons’arrange même
pour rendrepossible
un ordonnancementqui
ne pas(par
une modification descontraintes)
si cetteopération présente
de grosavantages.
-1
L’élasticité
des contraintes et donc celle de lafrontière
de P rend ab- surde la notionmême d’optimum.
-
la préférence
d’unélément
de P à un autre est rarement traduisible par une formulemathématique :
àOn se contente donc de
déterminer
un ordonnancementréalisable
"assez bon" en~’appuyant
sur l’une desméthodes présentées
ci-dessous.a.
Caractérisation
de certaines solutionsoptimales.
Certains auteurs ont
cherché
à mettre enévidence
despropriétés suscepti-
bles de
caractériser
des solutionsoptimales
d’unproblème d’Ordonnancement,
pro-priétés qui permettraient
de construire une solutionoptimale.
Cette
démarche
n’ajusqu’à présent donné dqs
résultats que dans desproblè-
mes très
particuliers.
On en trouvera unexemple
dans la résolution de l’exer- cice 1 .2.b.
Programmation mathématique.
On
peut
ramener certainsproblèmes
d’Ordonnancement(qui
se formulent à l’ai-de d’un
système
depotentiel
sur ungraphe
avecdisjonctions)
à unproblème
deprogrammation mathématique
par l’ introduc-tion de variablesbooléennes.
c. Méthodes de construction
progressive fondée
sur desintérêts
locaux.Ces méthodes consistent à construire un ordonnancement
réalisable
àpartir
de
règles
de décisions locales: onopère
deproche
enproche,
le passage d’un or- donnancement0i
à un autremeilleur
se faisant selon un critère localqui peut changer
àchaque opération.
Ces méthodes ne conduisent pas
forcément
àl’optimum,
etpeuvent même
abou-tir à une solution mauvaise
(exemple: problème
du voyageur decommerce ~ .
d.
Exploration systématique
de P.Ces
méthodes
utilisent un processuscapable d’engendrer n’importe quel
or-donnancement
réalisable appartenant
à un ensemble donné:d.T .
Exploration aléatoire:
choixparmi
un ensemble depoints
atteintsindé- pendément
les uns des autres àpartir
de conditions initialestirées
au hasard pour chacun d’eux.d.2.
Exploration
àpartir
d’un ordonnancementréalisable,
un pro-cessus
permet
de construire unordonnancements voisin,
meilleurque
leprécédent.
d.3.
Exploration par séparation:
le processussélectionne
desparties
de Pde
plus
enplus
fines selon des critères fixés.2.2.3.
Adapter
lesdécisions
etcontrôler
laréalisation
au cours de sonévo-
lution dans letemps .
°
En cours de
réalisation,
certainesdonnées
duproblème
seprécisent,
d’autresnouvelles
apparaissent.
Laméthode utilisée
doit doncêtre
assezsouple
pour per- mettre à tout moment de modifier leplanning prévu
initialement.III. ANALYSE DE LA CLASSE DES PROBLEMES D’ORDONNANCEMENT
La
diversité
desproblèmes
d’Ordonnancement neréside
pas dans leur contexte :une
même théorie peut étudier
l’Ordonnancement du fonctionnement d’un atelier oude
l’établissement
d’unemploi
dutemps
scolaire.Elle se trouve
plutôt
dans la nature des contraintesqui pèsent
sur le pro-blème.
1.
Contraintes de type potentiel
Définition:
onappelle’
contrainte detype potentiel,
toute contraintequi peut
semettre sous la forme
où
t. ett.
sont lesépoques
dedébut
destâches
iet j
et lesa..
des cons-tantes. 1
~ ~~On
numérote généralement
les ntâches
au moyen d’un indiceet on pose en
plus:
i =
0,
indice de latâche "début
de laréalisation" correspondant
à une date dedébut
minimum t =0.o
i =
n+1,
indice de latâche
"fin de laréalisation" correspondant à
une date dedébut
minimumtn+1 =
date auplus tôt d’achèvement
de laréalisation.
Exemples:
a. Succession de deux
tâches:
latâche j
ne commencequ’après
que latâche
i soi,tte rminée :
di -t. - t . & d..
..J J 1.
b. Succession de deux
tâches
sansinterruption:
latâche j
commencedès
que latâche
i estterminée:
,
c. Succession de deux
tâches
avec un intervalle de battement:d. La
tâche j
nepeut
commencer avant que latâche
i ait atteint undegré
d’avancement suffisant :
e. La
tâche
i nepeut
commencer avant une datedonnée:
f . La
tâche
i doitêtre terminée
avant une datedonnée:
Résoudre
unproblème
d’Ordonnancement où les contraintes sont dutype
po-tentiel,
c’est faire en sorte quetoutes
lesinégalités qui
lecaractérisent
soientvérifiées;
cequi
revient à construire l’intersection d’un certain nombred’hyperplans.
On dit que lesinégalités
sontreliées
par laconjonction
ET.Définition:
Nous dironsqu’un problème
d’Ordonnancement estdu type
central si les inconnues sontconstituées
par les seules datesti
de début destâches,
cesnombres
n’étant
soumisqu’à
desinégalités
detype potentiel,
yreliées
toutes en-tre elles par la
conjonction ET,
danslesquelles
les seconds membres sont des constantes(certaines
oualéatoires).
Ce
type
deproblème
est dit central car:- c’est
le ,plus étudié,
et le seulentièrement résolu
sur leplan mathématique,
y- dans un cas
plus complexe,
on s’efforce de se ramener à unproblème
central. *Exemple
deproblème pouvant être ramené
à unproblème
dutype
central.Les inconnues sont les
t..
Elles sontsoumises
à desinégalités
detype
po-te nt ie 1 , reliées
entre elles par laconjonction
OU NONEXCLUSIF
(c’est-à-dire qu’au
moins une des
inégalités
doitêtre satisfaite,
mais queplu-
sieurs
peuvent l’ être ) ,
et vé-rifient en outre une condition de faisceau.
C’est
le cas dupercement
degaleries
de mines:le creusement de la
galerie
3ne
peut
êtreentrepris
que siune au moins des trois
galeries 2,
y1,
7 est terminée.2.
Contraintes de type disjonctif
Définition:
Onappelle
contrainte detype disjonctif,
y toute contraintequi impose
à certaines
tâches d’être exécutées pendant
des intervalles detemps disjoints.
Soient deux
tâches numérotées
iet j, di
l etd.
J leursdurées,
yet
a. = (t .,t .~i-d . ~
les intervallesde’ temps pendant lesquels
les tâches iet j
sontJ J J J . ,
exécutés;
la contrainte dedisjonction peut s’écrire:
ou aussi:
les deux
inégalités étant reliées
par laconjonction
OU EXCLUSIF.De telles contraintes
apparaissent quand
deuxtâches
distinctes d’unemême réalisation nécessitent
laprésence
d’un moyenunique.
Parexemple,
unspécia-
liste dans une
étude,
une grue sur unchantier,
la salle degéographie
d’unly- cee ....
,Remar ue:
Une telle formulation est inutile si l’on est en droit depréjuger catégoriquement
de l’ordre de succession destâches numérotées
iet j.
Il suffit alors d’introduire une des deux
inégalités écrites plus
haut.3.
Contraintes de type cumulatif
’
Dans de nombreux
problèmes,
on estamené
à associer àchaque tâche
i.unefonction traduisant en fonction du
temps e ,
les besoins’ de main-d’oeu-vre pour la
tâche i,
et ce pour le corps demétier
k.Les courbes
représentatives
de telles fonctions ontgénéralement
l’allureci-contre: °
Dans la
plupart
des casrée 1 s , y ik ( 8) dépend
det i e t
ded.i
cequ’on
°
1 1 1
111
Si on effectue
à chaque
instant8,
pour le corps demétier k,
le cumul des besoins de maind’oeuvre,
on obtient lacourbe
dechange :
qui
traduitl’évolution
au cours dutemps
du besoinglobal
de main-d’oeuvre pour l’ordonnancement Y..., tn, d1’
ed~,
..., ydn .
°Définition:
onappe lle
contrainte detype cumulatif,
toute contraintepe sant
surles courbes
r .
kExemple : a , T / b où a et b
sont des effectifs limites à ne pasdépasser.
Remarque :
Ces contraintes sontgénéralement
assezsouples (par exemple
uningé-
nieur
qui
se voit attribuer 1000 heures d’ouvrier pour une certainetâche peut,
sans
trop d’inconvénients,
utiliser1050 heures, grâce
à lapossibilité
d’heuressupplémentaires)
et sont donc difficilementprises
encompte
par lesmathémati-
ques. C’est cecaractère
desouplesse qui distingue
essentiellement contraintesdisjonctives
et cumulatives(les théoriciens pourraient
en effet tenir le raison- nement suivant: un homme nepouvant accomplir
deuxtâches simultanément,
laprise
en
compte
de limitations de main-d’oeuvrepeut
doncs’exprimer à
l’aide de con-traintes
disjonctives).
4.
Autres types de contraintes
La
complexité
de laréalité
met enévidence
ungrand
nombre de contraintesqui
nepeuvent
se ramener aux troistypes définis
ci-dessus. Enparticulier
descontraintes à la fois
disjonctives
et cumulatives.Nous nous limitons ici néanmoins à
l’étude
de ces troistypes.
Eneffet,
sil’étude
dessystèmes
depotentiel permet
de résoudre laquasi-totalité
des pro- blèmes detype central,
on se heurtedéjà
à desdifficultés
bienplus grandes quand
on aborde les contraintes cumulatives oudisjonctives.
* *
’
*
IV. RESOLUTION
MATHEMATIQUE
DE CERTAINSPROBLGNES D’ORDONNANCEMENT: RESULTATS
4.1.
Le problème central - Première formulation
-a.
Considérons
un ensemble detâches repérées
par un indicesoumises à un
système
S de contraintes de la formetj - ti ’~aij,
où les cou-ples ( i, j ) appartiennent
à un ensemble Kdonné
et lesaij
sont desdonnées
po-sitives, négatives,
où nulles.Notons
~+2
leproduit- antérieur
de(n+2)
ensemblesR~= ~- ~, R,
La relation
d’ordre
confère
la structure de treilliscomplet
Soit P l’ensemble des solutions de S
(ensemble
des ordonnancementspossibles):
P C P
apparaît
comme un"polyèdre"
convexe formant un sous treillis de¡f-+2.
Autrement dit :
On
peut
ledémontrer :
posons Si
ou bien
ou bien
alors alors
S est
vérif ié
S est
vérif ié .
Si
même démonstration.
Cette
démonstration
setranspose
sansdifficulté
pourt.
= Max(ti,
,t’).
. 1 1
Ainsi P
possède
unpremier
et un dernierélément
que l’onappelle
"mino-rant universel" et
"majorant
universel"respectivement.
b. Au
Système S,
on faitcorrespondre
legraphe
G =(X,U)
de la manière suivante:et on
définit
sur U une fonctionnumérique
telle que:a(u)
estappelée longueur
de l’arc u, bien que cette"longueur"
ne soit soumiseà aucun des axiomes
classiques.
Exemples:
a
c = Toute solution T de S se
présente
dès lors comme un ensemble de nombre t.i
vé-
rifiant : ~
Définition:
onappelle système
depotentiels
sur ungraphe
G ~(X,U)
dont lesarcs sont munis de
longueur a(u),
un ensemble T de nombresti
mis encorrespondance biunivoque
avec les sommetsxi E
X etvérifiant
laproposition (I) .
L’étude
dusystème
S est doncéquivalente
à celle dessystèmes
depotentie 1
sur un
graphe.
Le
graphe
G =(X,U)
est ditgraphe potentiels-tâches.
d.
Analyse
de lacompatibilité
des contraintes.Quelles-sont
les conditionsnécessaires
et suffisantes que doivent vérifier lesdonnées
pour que P soit non vide?~ 1
xo étant
une anti-base*supposée ponctuelle
de G onpeut
lui associer unensemble
mis en
correspondance biunivoque
avecX,
enposant:
pour
longueur
duplus long
cheminélémentaire joignant
On
peut démontrer
lethéorème
suivant:Un
graphe
admet unsystème
depotentiels
si et seulement s’il nepossède
aucun circuit de
longueur
strictementpositive.
Le
minorant
universel de P coïncide alorsavec A n
et les valeurs des~,i
sont toutes finies.
e.
Algorithme
de construction du minorant universel dessystèmes
depotentiel
sur un
graphe
G sans circuit d’anti base * .a,
Marquer À
o o = 0 au sommet x .0p
Chercherparmi
les sommets non encoremarqués
un sommet x, dont tous lespré-
cédents xhy h 8 H,
le soient:Marquer -
ahi) .
Marquer X . =
hEHahi ). ’
* Anti-base d’un graphe: tout sous ensemble ACX vérifiant :
- il n"existe aucun chemin joignant deux sommets de A.
- tous sommet
n’appartenait pas
à A est l’extrémité terminale d’un chemin commençant dans A. ~y
Recommencer 9 jusqu’à épuisement
dugraphe. Cette procédure permet
de marquer tous les sommetsde manière unique puisque G est
sans circuit.Exercice, proposé
aulecteur : Définir
unalgorithme
de construction dumajorant
~
universel de
P.
f.
Conclusion:
.On
sait
construire un ordonnancement minimal tel que , non seulement la der-nière tâche
est faite leplus tôt possible,
mais encore toutes les autres lesont.
B
Remar ue:
Toute fonction nondécroissante
dutemps
sera minimum pour le minorant universel. C’est le cars souvent pour lec8ût
si celui-ci nedépend
que dutemps.
g.
Résolution
del’exemple introductif
1.1.date au
plus tôt
de fin del’étude
=37
semaines.4~2~ Le problème central. Formulation PERT
Cette
formulation, généralement utilisée
dans lesméthodes américaines,
y re-pose sur le
même principe: déterminer
unsystème
depotentiels
sur ungraphe.
Mais ce dernier est conçu
différemment:
- â chaque tâche
i on associe un arc delongueur
ladurée
de latâche,
- les contraintes sont
représentées
par les sommets:l’extrémité
d’un arcco.incide avec
l’origine
d’un autre pourexprimer
que latâche associée
aupremier
doitêtre achevée
avant que celleassociée
au secondpuisse débu-
ter. On est donc
amené à
introduire des arcs delongueur
nulle(représen-
tant
destâches
ditesfictives)
pourexprimer
certaines contraintes sens-en
ajouter d’autres.
’
Exempte : Réalisation
d’un ensemble decinq tâches i 1
y’2y i3’ il
Yj’2
telles quola
tac he j 1 suit i1
eti2
et la tâchej2
suiti2
eti3 :
Exercice
proposé
au lecteur:Tracer
legraphe
de l’exercice 1.1. en formulation EERT.4.3. Les problèmes à contra intes cumulatives
’ .Moins complètement
maitrisés que lesprécédents,
cesproblèmes présentent
une
grande diversité quant
à leur nature et auxméthodes utilisées
pour lesré-
soudre.On
peut distinguer,
y comme dans(Bibliographie: 11)
les cas suivants:4.3.1. Les
durées
destâches
sont constantes. La courbe dechar.ge
doit
être
enotalité
en dessous d’une courbe dechange
maximale M(le
calendrierY .,.,. ,
tn étant réalisable). °
,
Fig.,
Lacharge
totalesatisfait
aux contraintes.Fig.
2 Lacharge
totale ne satisfait pasaux contraintes.
Les
méthodes utilisées
consistent en des modifications du calendrierY ...,
t nl
sans enchanger
ou au, besoin enaugmentant
ladurée
totale dela
réalisation,
àpartir
d’ordrespartiels définis
sur l’ensemble destâches
°
par les contraintes de succession et de
priorité
dechargement.
4.3.2. Les
durées
destâches
sont constantes. Ils’agit
de lisser les cour-bes de
charge
avec une contrainte sur ladurée d’achèvement
de laréalisation.
Parmi
lés méthodes
delissage utilisées,
nous citerons:-
Burgers
etKillebrew;
Soit T la
durée imposée
de laréalisation:
l’ (e)
la courbe. decharge "idéale"
une
courbe
decharge réalisable
~ ,. La
qualité
parrapport
àI’ (e)
estsupposée
varier en raison in-verse de
Il
s’agit
donc deminimiser 1 sous les
contraintes:quantité
totalenécessaire
+-
lissage
enparallèle,
y pardécoupage
dela~ durée
de laréalisation
en inter- vallesignificatifs étudiés
unà
un(on opèrera
unréajustement
des dates dedébut
destâches).
~
On
pourrait présenter
d’autresméthodes (CPM, R»IPS, .... ),
enparticulier
pour les cas où les
durées
destâches
sontvariables. Leur’’multiplicité
suffità montrer le
grand besoin
d’unethéorie
unitaire relativeà.
cesproblèmes.
La
méthode d’exploration systématique
de l’ensemble des ordonnancementspossibles,
dont suit unebrève présentation,
constitue unpremie.r
pas en cesens.
~
.
4.3.3.
Méjhode
de ladescription segmentée
d’un ensemble. ,Un
ordonnancement possible
Tpeut être défini
par une suiteordonnée
de n nombresréels
T =.(t1,
...,tn).
L’ensemble P despossibles
est donc unepartie
de
Rn qui
estgénéràlement définies
par une famille de contrainteslinéaires
ou non:pour
Il
s’agit
de chercherquelles
sont ceux des ordonnancementsT G P qui
ren-dent minimum une fonction
donnée r k (T).
Ondésigne
parto
une nouvelle varia- ble et on pose:Les vecteurs
to,
..., e-tn 1
satisfaisantà
cette contrainte et ~,déf inissant
P constituent un ensemblePo
..Pour se faire une
idée
dePo,
onpeut
commencer par étudier la valeur mini-mum
Ui
et la valeur maximumVi
quepeut prendre chaque composante ti
dePo.
Ondéfinit
ainsi un"parallélépipède"
contenantPo:
pour tout i e
On
peut ensuite,
afind’éliminer
certainesparties parasites
de ce"parallé- lèpipède",
chercher des bornes fonctionnelles pourchaque ti.
On
démontre qu’il
estpossible,
siPo
satisfait àcertaines conditions,
dedéfinir pour
chaque
variableti
unintervalle
de variationli
de la forme:vérifiant
les conditions :a: Tout
système
de nombreappartenant à
ces intervalles constitue unpoint
dePo.
b:
I i
estdéfini
non vide pour toutsystème
de nombres(to ,
yt1’
e ..., eti_i )
appar-tenant aux inte’rvalles de rang
inférieur, quelque
soit i.Si
Po vérifie
cesconditions,
on ditqu’il
estsegmentables
etqu’on
a ainsiconstruit sa
descrij2tion segmentée.
Il est clair
qu’alors:
Les ensembles
segmentables sont
doncparticulièrement intéressant
dupoint
de vue
qui
nouspréoccupe..
Il faudrait maintenantpréciser
leur nature et mon-trer
qu’ils
constituent une classe abondante. Onpeut démontrer
à cesujet
que tout sous ensembleA
convexe,fermé,
non vide deRn
est enparticulier segmenta-
ble.
Remarque
surl’importance
de l’ordre des s variables : ’iCertains ensembles sont
segmentables
pour un ordre desvariables,
non pourun autre.
’
Exemple :
. 6
estse gmentable
pour(x1’ x2 ) ,
non pour
(x 2e x1).
Réponse
à l’exercice introductif n = 1.3.Variables choisies:
Système
des contraintes:Définition
de P. :Construction
de ladescription segmentée
de P :i - ..
Conclusion : _
d’où
legrphiqu:
data auplus t8t d’achèvement
des travaux en fonction de n.Note : Solution
détaillée
dans(Bibliographie 7).
4.4.
les problèmes à contraintes disjonctives
Les
difficultés
d’ordre combinatoireposent
ici desproblèmes
tels que peu derésultats
ontété jusqu’à présent
obtenus.Il
s’agit
ici de trouver un ordre sur lesdifférents
ensembles dedisjonc-
tion
(ensemble
detâches
entrelesquelles
aucun ordre n’estimposé)
demanière
àrendre
optimal
le calendrierd’exécution.
Une fois cet ordrefixé,
leproblème
seramène
à unproblème
depotentiels
sur ungraphe.
.
Exemple :
soient m machines servant à la fabrication de ppièces.
Les
opérations qu’il s’agit
d’effectuer sur unepièce
doiventêtre généra-
lement
exécutées
dans un ordre biendéfini ;
mais il n’en est pas demême
des or-dres de passage des
pièces
sur une machine. Les machines nepouvant
recevoirqu’une
pièce
à la fois sont source dedisjonction. Considérons
m =4,
p + 2:peut
se ramener àl’étude
d’unsystème
depotentiels
sur ungraphe
enfaisant toutes les combinaisons
possibles
de flèches. Mais on nepeut plus
cons-truire directement le ou les
minorants de~P,
Pn’ayant plus
làstructure
detreillis.
’quelques résultats :
1.
Pour m = 2~ou3,
il existe une solutionoptimale
danslaquelle
les or-dres de passage des
pièces
surchaque
machine sontidentiques.
1
2. Pour m = 2
(Théorème
deJohnson):
l’ordreoptimal
estdéfinit
commesuit:
on considère une
partition
de l’ensemble despièces
en 2 classes:C1
=pièces
dont ladurée
de passage sur la machine(1 )
estinférieure
ou
égale
à ladurée
de passage sur(2)
C2 les
autrespièces 1 ,
, et on ordonne lespièces
deC 1
dans l’ordre’croissant des
durées
de passage sur la machine(1), puis
lespièces
deC2
dansl’ordre
décroissant
desdurées
de passage sur(2).
3. Des
procédures plus générales
sont àl’étude
Dans(Bibliogr. 1)
on trou-versa la
présentation
de l’une d’entre ellesqui
consiste à construire sur les ensembles dedisjonction
despermutations
des tâchespouvant
donner lieu à des ordonnancementsminimum, puis
àcaractériser
ces ordonnancementsminimum,
cequi permet
dedéfinir
unprocédé simple
de passage d’un ordonnancement minimal à unautre,
et donc dedécrire
l’ensemble des ordonnancements minimaux.Solution de l’exercice 1.2.
’
Rappel:
uneclique
d’ungraphe symétrique
G =(X,U)
est un ensemble C C X tel que tUne
clique qui
n’est sousgraphe
propre d’aucune autreclique
est dite maxi-male pour G.
On
définit
legraphe
G:X ~ ensemble des
conférences qui
doivent avoirlieu;
U = ènsemble des relations de
compatibilité
entreconférences, c’est-à-dire
la
propriété
pour deuxconférences
de n’avoir niauditoire,
y niprofes-
seur commun.
G est
symétrique.
Etablir le calendrier desconférences
consiste à affecter àchaque conférence
une heure del’après-midi.
L’ensemble des sommets dugraphe
est ainsi
partitionné
en classes. Pour que le calendrier soitacceptable,
y il fautet il suffit que
chaque
classe soit uneclique.
Le
problème posé
es’ donc celui du recouvrement des sommets dugraphe
parune famille de
cliques
maximales’ayant
le nombre minimum de membres.Il se
résoud simplement
dansl’exemple considéré.
On trouvera uneprésenta-
tion
générale
del’algorithme
dans(Bibl . 1 3 ) .
V. Il COMCLUS!OM
Ce tour d’horizon des
méthodes utilisées
dans un domaine de la RechercheOpérationnelle
montre bien que,malgré l’apport
d’un vocableunique
pour traiter desproblèmes
trèsdifférents,
il serait vain de vouloiréchafauder
unethéorie
générale qui
soit àmême
de lesrésoudre indépendemment
de leur contexte con-crèt.
Ce n’est
qu’après
uneanalyse soigneuse
de laréalité (passée
sous silenceici,
en fait une source degrandes difficultés) qu’ on
est en mesure dediagnosti-
quer la
méthode qui
semble la mieuxadaptée.
Peut
être
y a-t-il là unenseignement
à tirer pour tous chercheurs en Sciences Humaines...81 BLIOGRAPH IE
1. - Les
problèmes d’Ordonnancement,
par un groupe despécialistes
animé parB.
ROY, Monographie
del’AFIRO,
Dunod.2. -
Physionomie
et Traitement desProblèmes d’Ordonnancement,
B. ROY - Gestion Avril1963.
3. -
Numéro spécial
sur la RechercheOpérationnelle -
Articles de B.ROY, ROSS,
MUIR et WATERMAN. Gestion - Mai
1964.
4 . - La
Méthode
du Chemincritique -
A. Kaufmann et G. Desbazeilles - Dunod.5. -
Métra,
VolumeII,
n°4, 1963 - Programmation mathématique
etdescription segmentée,
B. ROY .6. -
Métra,
Cheminement etConvexité
dans lesgraphes. Application
auxproblè-
mes d’Ordonnancement. B. ROY -
1962.
7. -
RevueFrançaise
deR.O.,
N°18, 1961, Description segmentée
d’unensemble ,
B. ROY et M. SIMONNARD.
8 . - Le
système PERT,
E.VENTURA,
Avril1963.
9 . -
FUCHS: Uneméthode d’analyse
etd’évaluation
des programmes: lePERT, in
Chefs
d’entreprise - Août 1962.
10. - La recherche
opérationnelle
auxU.S.A.,
par H.VENTURA,
RevueFrançaise
de RechercheOpérationnelle,
N°25,
4° trimestre1962.
11. - La
Théorie
desGraphes
et sesapplications ,
parCl.BERGE,
Dunod1958.
12. - Prise en
considération
des contraintespesant
sur ladisponibilité
desmoyens dans les
méthodes
de chemincritique,
parBOSS,
CentreFrançais
de RechercheOpérationnelle -
Mars1965.
13.-