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La douleur en rhumatologie

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Academic year: 2022

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0 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 29 janvier 2014 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 29 janvier 2014 227 La douleur est le symptôme cardinal

des plaintes du système locomoteur.

Evoquer la douleur en rhumatologie équivaut donc à aborder d’une manière ou d’une autre une grande majorité des 200 et plus maladies rhumatismales réper­

toriées. Plutôt que d’avoir en tête une lon­

gue liste rébarbative et inutile, mieux vaut essayer d’acquérir quelques points­clés per­

mettant de s’orienter plus facilement dans ce dédale quelque peu complexe (figure 1).

Partant de la constatation qu’il n’existe quasiment aucun test sanguin spécifique ou image IRM pathognomonique pour diag­

nostiquer une maladie rhumatologique, il est aisé de comprendre que l’anamnèse et l’exa­

men clinique sont primordiaux pour orien­

ter les examens complémentaires et arriver au bon diagnostic. La première dichotomie à envisager porte sur le caractère de la dou­

leur, mécanique ou inflammatoire, dont les caractéristiques principales sont résumées dans le tableau 1.

Cette approche vaut tant pour les dou­

leurs axiales que pour les problèmes péri­

phériques. Pour ces derniers, en cas de douleur inflammatoire, on s’intéressera en­

suite au nombre d’articulations touchées (at­

teinte mono, oligo [2 à 4] ou polyarticulaire).

En cas d’atteintes multiples, la distribution sy métrique ou asymétrique est intéressante à considérer. Lorsqu’il s’agit d’une atteinte monoarticulaire, on s’attachera, avec l’exa­

men clinique, à repérer s’il s’agit d’une at­

teinte articulaire (os, capsule, synoviale) ou abarticulaire (muscle, bourse, tendon, liga­

ment, etc.).

Plus que la localisation de la douleur à la palpation, c’est surtout la variation de l’am­

plitude articulaire entre le mouvement pas­

sif (effectué par le patient) et actif (effectué par le clinicien) qui est le plus informatif.

Lorsque le mouvement actif ne permet qua­

siment pas de gain d’amplitude sur les res­

trictions observées lors du mouvement pas­

sif, cela oriente vers une pathologie articulaire.

Inversement lors d’une atteinte extra­articu­

laire, on aura en général beaucoup moins de restriction d’amplitude. Enfin, le clinicien peut être mis sur la bonne piste diagnos­

tique par des données démographiques comme le sexe ou l’âge (certaines maladies comme la Polymyalgia rheumatica, l’arté­

rite gigantocellulaire ou la chondrocalcinose sont pratiquement absentes avant 50 ans),

voire par une distribution topographique très évocatrice dont quelques exemples sont donnés dans le tableau 2. Enfin, on ne sau­

rait se passer d’une anamnèse systémati que et d’un examen clinique complet qui peu vent apporter des éléments irremplaçables pour l’orientation diagnostique (tableau 3).

Deux situations cliniques illustreront l’uti­

La douleur en rhumatologie

Quadrimed 2014

S. Genevay

Dr Stephane Genevay Responsable de la consultation multidisciplinaire du dos Service de rhumatologie HUG, 1211 Genève 14 [email protected]

Rev Med Suisse 2014 ; 10 : 227-8

Figure 1. Algorithme décisionnel devant une douleur du système locomoteur périphérique

Douleur système locomoteur

Distribution évocatrice et éléments cliniques

associés Inflammatoire

Monoarticulaire

Abarticulaire

Abarticulaire Articulaire

Articulaire Symétrique

Asymétrique Oligoarticulaire

Polyarticulaire

Diffuse

Localisée Mécanique

Douleur mécanique Douleur inflammatoire

• Raideur matinale l 15 minutes • Raideur matinale L 1 heure

• Augmente avec l’effort • Augmente au repos

• Pas de signe d’arthrite, parfois exostoses • Rougeur, chaleur, tuméfaction (signes d’arthrite)

• Pas de symptôme systémique • Symptômes systémiques (fièvre, fatigue, rash…)

• Exemples d’examen sanguin : • Exemples d’examen sanguin : – Bilan vitamino-calcique – Formule sanguine – Saturation de la transférine – CRP, VS, autoanticorps

• Liquide articulaire : • Liquide synovial :

– GB l 2000, L 50% PMN – GB L 2000, L 90% PMN

• Exemples d’image radiologique : • Exemples d’image radiologique : – Ostéophytes, pincement articulaire, sclérose – Pincements, érosions, périostites…

sous-chondrale, ostéonécrose

Tableau 1. Caractéristiques des douleurs inflammatoires et mécaniques GB : globules blancs ; PMN : polymorphonucléaires neutrophiles ; CRP : protéine C-réactive ; VS : vitesse de sédimentation.

Distribution évocatrice Diagnostic correspondant

Douleurs des ceintures Polymyalgia rheumatica

Atteinte dégénérative des MCP II et III Hémochromatose

Doigt en saucisse Arthrite réactionnelle

Atteinte des IPD Arthrose, rhumatisme psoriasique, goutte

Atteinte bilatérale des chevilles Sarcoïdose

MTP I Goutte, arthrite réactionnelle

Tableau 2. Quelques exemples de distribution clinique fortement évocatrice d’une maladie

MCP : articulations métacarpophalangiennes ; MTP : articulations métatarsophalangiennes ; IPD : articulations phalangiennes distales.

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228 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 29 janvier 2014 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 29 janvier 2014 0 lité de l’algorithme (figure 1). Elles permet­

tront également un survol de quatre pa­

thologies fréquentes avec, pour chacune d’elles, un accent sur quelques aspects novateurs. Tout d’abord, nous étudierons la situation de la lombalgie et les éléments qui doivent faire évoquer la possibilité d’une spondylarthrite axiale. Nous reverrons à cette occasion les critères suggestifs d’une lombalgie inflammatoire (tableau 4) et dis­

cuterons de la démarche clinique à suivre lorsqu’on sus pecte une spondylarthrite. En symétrie, nous découvrirons un moyen sim­

ple de dépister le risque de chronicité lors d’une lombalgie commune et les options thérapeutiques qui doivent en découler (Ques tionnaire STarT Back : www.keele.

ac.uk/sbst/).

La seconde situation portera sur le diag­

nostic différentiel d’une atteinte bilatérale

des articulations métacarpophalangiennes (MCP) II et III chez une femme de 50 ans.

Cela permettra d’une part de mettre l’ac­

cent sur les nouveaux paradigmes de traite­

ment de la polyarthrite rhumatoïde (intro­

duction précoce d’un traitement et suivi structuré, avec pour objectif une rémission complète en quelques mois) et de com­

prendre ainsi la pertinence des nouveaux critères diagnostiques (tableau 5). D’autre part, la problématique de l’arthrose secon­

daire sera abordée puis seront revues les recommandations internationales en matière de traitement pharmacologique et non phar­

macologique de cette maladie.

Système Atteinte Maladie rhumatismale

Dermatologie Psoriasis Rhumatisme psoriasique

Tophus Goutte Rash en aile de papillon Lupus

Angiologie Raynaud Connectivites (lupus, syndrome de Sjögren…) Anévrisme aortique Spondylarthrite ankylosante, artérite gigantocellulaire Ophtalmologie Uvéite Spondyloarthrite, maladie de Behçet

Sclérite Polyarthrite rhumatoïde

Gastroentérologie Maladie de Crohn, RCUH Spondyloarthrite

Cardiologie Péricardite Polyarthrite rhumatoïde, connectivites Pneumologie Fibrose interstitielle Polyarthrite rhumatoïde, connectivites

Tableau 3. Quelques exemples d’atteintes des autres systèmes évocatrices d’une maladie rhumatismale

RCUH : rectocolite ulcéro-hémorragique.

• Début l 40 ans

• Début insidieux

• Amélioration par l’exercice

• Pas d’amélioration au repos

• Douleur nocturne s’améliorant après le lever Interprétation : positif si M 4 (attribution d’un point par réponse positive)

Tableau 4. Critères pour une lom- balgie inflammatoire

(D’après Sieper J, et al. Ann Rheum Dis 2009;68:784-8.

A) Articulations

1 grosse 0

2-10 grosses 1

1-3 petites* 2

4-10 petites* 3

L 10 avec M 1 petite* 5 B) Sérologie

FR et ACCP négatifs 0

FR ou ACCP faible (m 3 x N) 2

FR ou ACCP élevé (L 3 x N) 3

C) Inflammation

VS et CRP normales 0

VS ou CRP élevée 1

D) Durée des symptômes

l 6 semaines 0 M 6 semaines 1 A considérer chez tout patient avec au moins une arthrite (sauf au niveau des articulations interphalangiennes distales ou de la première métatarsophalangienne et carpo-métacarpienne) non explicable par un autre rhumatisme.

* Petites articulations : poignets, articulations métacarpophalangiennes, métatarsophalangiennes et interphalangiennes proximales.

Interprétation : diagnostic de PR si A + B + C + D M 6.

PR : polyarthrite rhumatoïde ; FR : facteur rhuma- toïde ; ACCP : anticorps antipeptides citrullinés ; VS : vitesse de sédimentation ; CRP : protéine C-réactive.

Tableau 5. Critères diagnostiques de polyarthrite rhumatoïde (ACR/

EULAR 2010)

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antiépileptiques => le diagnostic du caractère neuropathique de la douleur doit donc être fait si non le patient reçoit des antalgiques classiques et n’est pas soulagé.

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Prédominance sous-pleurale, inférieure et médiale Topographie péri-vasculaire (artères et veines) Signes associés : pas de nodule. Précède les autres atteintes / atteinte

3) Dans l’ADSR : déminéralisation pommelée hétérogène avec flou corticale céphalique, intreligne normal ; dans l’ONA : stade II d’Arlet et Ficat : densificationhétérogène

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Vous pouvez aussi regarder la liste des applis donnée par le professeur (voir annexe « applis »), sites pour réviser (6 ème 5 ème : my-teacher.fr, 4 ème et 3 ème :