Book
Reference
Les tombes protohistoriques de Bithnah (Fujairah, Emirats Arabes Unis)
CORBOUD, Pierre, et al.
Abstract
Les travaux de la FSLA ont débuté en décembre 1987 dans l'émirat de Fujairah. Cette première phase de nos travaux a été nommée «Survey archéologique de Fujairah», par analogie avec les programmes de prospection menés par d'autres équipes étrangères dans les émirats voisins. La relative méconnaissance de l'archéologie du pays nous a encouragés à entreprendre une prospection globale de l'Emirat, en abordant en priorité les zones les plus menacées par de futures constructions. Ainsi, la nécropole de Bithnah a été découverte lors de l'examen des terrains environnants le village du même nom, touchés à moyen terme par de nouveaux aménagements. Il est utile de signaler que le but de cet ouvrage s'inscrit quelque peu en marge de nos préoccupations initiales. En effet, la fouille complète d'un site et sa publication ne figuraient pas parmi nos objectifs de départ. La découverte de la tombe mégalithique de Bithnah nous a conduits à interrompre la prospection archéologique globale, pour fouiller ces monuments d'un intérêt remarquable. Le bénéfice en est certain, autant pour la connaissance de [...]
CORBOUD, Pierre, et al. Les tombes protohistoriques de Bithnah (Fujairah, Emirats Arabes Unis). Mainz am Rhein : P. von Zabern, 1996, 171 p., ill en couleurs
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:90814
Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.
1 / 1
Tome I
Pierre CORBOUD, Anne-Catherine CASTELLA, Roman HAPKA et Peter IM OBERSTEG
Les tombes protohistoriques de Bîthnah (Fujairah, Emirats Arabes Unis)
VOLUME DE TEXTE
Edition provisoire pour impression Genève novembre 1993
Table des matières
Avant-propos ... page 7*
Chapitre 1 - Cadre général de l'étude ... 9
1.1. Chronologie régionale ... 9
1.2. Géographie et géomorphologie de la zone de Bithnah ... 9
1.3. Prospection archéologique étendue ... 9
1.4. La question de l'habitat protohistorique dans la région ... 10
1.5. Conditions de découverte et d'étude ... 11
1.6. Situation des tombes sur la colline ... 12
Chapitre 2 - Les tombes individuelles nos 1, 2 et 3 ... 14
2.1. Description des tombes ... 14
2.2. Matériel archéologique ... 14
2.3. Comparaison typologique et datation ... 15
Chapitre 3 - La tombe en couloir no 4 ... 17
3.1. Architecture de la tombe, définition de ses éléments ... 17
3.2. Chambre funéraire ... 17
3.3. Dromos et couloir d'accès ... 18
3.4. Hypothèses sur la mode de construction de la tombe ... 18
3.5. Couverture du monument ... 20
3.6. Description des couches du remplissage : stratigraphie générale ... 20
3.6.1. Ensembles stratigraphiques ... 21
3.6.2. Définition des couches ... 22
3.7. Conservation des restes anthropologiques ... 26
3.7.1. Remarques générales ... 26
3.7.2. Chronologie relative ... 26
3.8. Reconstitution des dépôts dans la tombe ... 27
Chapitre 4 - La céramique ... 32
4.1. La céramique de l'âge du fer ... 32
4.1.1. Définition des catégories céramiques ... 32
4.1.2. Descriptions et comparaisons typologiques ... 33
4.1.3. Céramiques diverses ... 36
4.1.4. Distribution spatiale et stratigraphique ... 36
4.1.5. Datation ... 37
4.1.6. Conclusion ... 38
4.2. Céramique de la période Préislamique récente ... 39
4.2.1. Descriptions et comparaisons typologiques ... 39
4.2.2. Distribution spatiale et stratigraphique ... 40
4.2.3. Datation ... 41
4.2.4. Conclusion ... 41
Chapitre 5 - Le matériel en pierre tendre ... 43
5.1. Description ... 43
5.1.1. La matière ... 43
5.1.2. Technologie ... 43
5.1.3. Origine de la matière première ... 44
5.1.4. Classification formelle ... 44
5.1.5. Les thèmes décoratifs ... 45
5.2. Comparaisons typologiques ... 47
5.2.1. Coupes à bec ... 47
5.2.2. Bols ... 47
5.2.3. Vases à parois convergentes ... 48
5.2.4. Vases à tenons de suspension ... 49
5.2.5. Boîtes quadrangulaires ... 49
5.2.6. Couvercles ... 49
5.2.7. Datation ... 50
5.3. Distribution spatiale et stratigraphique ... 51
Chapitre 6 - Les objets en métal ... 54
6.1. Le matériel de l'âge du Fer ... 54
6.1.1. Objets en cuivre et alliages de cuivre ... 54
6.1.2. Objets en fer ... 55
6.1.3. Distribution spatiale et stratigraphique ... 55
6.1.4. Datation ... 55
6.2. Matériel de la période Préislamique récente ... 56
6.2.1. Objets en cuivre et alliages de cuivre ... 56
6.2.2. Objets en fer ... 56
6.2.3. Distribution spatiale et stratigraphique ... 57
6.2.4. Datation ... 57
6.3. Conclusion ... 58
Chapitre 7 - Les éléments de parure ... 60
7.1. Introduction ... 60
7.2. Boutons en pierre et en coquillage ... 60
7.3. Perles en coquillage ... 60
7.4. Perles en pierre et autres matières ... 61
7.5. Distribution spatiale et stratigraphique ... 61
7.6. Eléments de datation ... 62
Chapitre 8 - Synthèse de l'étude du matériel ... 64
8.1. Phases chronologiques reconnues ... 64
8.2. Représentativité du mobilier par période ... 64
8.2.1. Age du Bronze, Wadi Suq tardif ... 64
8.2.2. Age du Fer, périodes Rumeilah I et II ... 64
8.2.3. Préislamique, Préislamique récent C ... 65
8.3. Durée d'utilisation de la tombe 4 ... 66
Chapitre 9 - Appartenance typologique et chronologique de la tombe 4 ... 68
9.1. Sites de comparaison retenus ... 68
9.2. Architecture et évolution des tombes en couloir ... 68
9.2.1. Tombes de type Shimal ... 68
9.2.2. Tombes en couloir enterrées ... 69
9.3. Caractères originaux de la tombe 4 ... 72
Chapitre 10 - Résumé ... 76
10.1. Cadre général de l'étude ... 76
10.2. Tombes individuelles nos 1, 2 et 3 ... 76
10.3. La tombe en couloir no 4 ... 76
10.4. Céramique ... 77
10.5. Matériel en pierre tendre ... 77
10.6. Objets en métal ... 78
10.7. Eléments de parure ... 79
10.8. Synthèse de l'étude du matériel ... 79
10.9. Appartenance typologique et chronologique de la tombe 4 ... 79
Chapitre 11 - Abstract ... 81
11.1. General aspects of the study ... 81
11.2. Single graves 1, 2 and 3 ... 81
11.3. The long grave (T4) ... 81
11.4. Ceramic finds ... 82
11.5. Soft-stone finds ... 82
11.6. Metal finds ... 83
11.7. Personal ornaments ... 83
11.8. Resume of the study of the material ... 84
11.9. Typological and chronological attribution of Tomb 4 ... 84
Catalogue des objets et planches ... 85
Céramique ... 86
Matériel en pierre tendre ... 106
Objets en métal ... 118
Eléments de parure ... 125
Bibliographie ... 130
Index des sites de référence cités dans le texte ... 134
* pagination de l’ouvrage et non des extraits
Avant-propos
Les travaux de la FSLA ont débuté en décembre 1987 dans l'émirat de Fujairah.
La première visite des membres de la FSLA à Fujairah eut lieu en septembre 1986. La délégation était composée du président de la FSLA, S.A. le Prince Hans-Adam von und zu Liechtenstein et des professeurs Hans-Georg Bandi et Michel Egloff. Lors de ce voyage, les autorités de Fujairah ont proposé aux responsables de la FSLA une collaboration scientifique destinée à mettre en valeur l'héritage culturel particulièrement riche de leur territoire. Un des buts principaux de cette collaboration était la réalisation de la carte archéologique de l'Emirat, qui doit permettre au futur Service des Antiquités de connaître et sauvegarder son patrimoine archéologique, autant préhistorique qu'historique.
Ainsi, le programme de recherche que notre équipe a entrepris il y a bientôt six ans nous a été confié à la suite de l'accord de collaboration établi entre S.A. le Scheik Saleh Bin Mohamed Al Sharki et S.A. le Prince Hans-Adam von Liechtenstein, président de la FSLA.
Notre présence dans les EAU est donc relativement récente par rapport à celle d'autres missions étrangères qui y travaillent depuis les années quatre-vingt.
Cette première phase de nos travaux a été nommée «Survey archéologique de Fujairah», par analogie avec les programmes de prospection menés par d'autres équipes étrangères dans les émirats voisins. Sans refaire l'historique de la recherche archéologique dans la péninsule Arabique, il est bon de rappeler que l'émirat de Fujairah était encore, en 1987, le plus mal connu des émirats de la région. La seule observation publiée sur les sites de ce territoire était due à Mme Beatrice de Cardi, à la suite d'un
«survey» effectué en 1968 (Cardi et Doe 1971). Cette relative méconnaissance de l'archéologie du pays nous a encouragés à entreprendre une prospection globale de l'Emirat, en abordant en priorité les zones les plus menacées par de futures constructions. Ainsi, la nécropole de Bithnah a été découverte lors de l'examen des terrains environnants le village du même nom, touchés à moyen terme par de nouveaux aménagements.
Actuellement, la caractéristique principale de la recherche archéologique dans la péninsule Arabique est sa relative nouveauté par rapport à d'autres contextes archéologiques (Mésopotamie, vallée de l'Indus, Iran, etc.). Le dynamisme des équipes qui travaillent dans les EAU est le reflet de cette jeunesse, et la collaboration entre les chercheurs a été très stimulante pour nous, tant sur le terrain que plus tard en Europe. Nous tenons une fois de plus à remercier les archéologues qui nous ont aidés et soutenus dans notre apprentissage du contexte local. Il s'agit des membres de la Mission archéologique française de Sharjah, dont MM. Rémy Boucharlat, Pierre Lombard, Rémi Dallongeville, Michel Mouton, Paul Garczynski et Mmes Hélène David et Anne Benoist ; des membres des équipes belge et danoise des fouilles d'Ed-Dour, dirigées par MM. Ernie Haerinck et Daniel Potts ; sans oublier l'aide considérable de M. Burkhard Vogt lors de notre première mission en 1987. En Europe, les conseils de M. Gerd Weisgerber nous ont été précieux pour l'approche de la métallurgie du cuivre dans les EAU, tandis que M. Serge Cleuziou nous a fait bénéficier de sa longue expérience archéologique dans la péninsule Arabique.
Il est utile de signaler que le but de cet ouvrage s'inscrit quelque peu en marge de nos préoccupations initiales. En effet, la fouille complète d'un site et sa publication ne figuraient pas parmi nos objectifs de départ. La découverte de la tombe mégalithique de Bithnah nous a conduits à interrompre la prospection archéologique globale, pour fouiller ce monument d'un intérêt remarquable.
Le bénéfice en est certain, autant pour la connaissance de l'archéologie de la région de Bithnah que pour celle de la pointe de la péninsule Arabique.
Au cours de la réalisation de cette publication, nous avons choisi une voie plus documentaire qu'interprétative. Cette option correspond d'une part à la modestie du corpus du matériel archéologique récolté et, d'autre part, à l'originalité de l'architecture de la tombe en couloir no 4. En outre, nous estimons qu'il est préférable d'attendre la publication de nouvelles fouilles menées sur la côte orientale, en particulier dans l'émirat de Fujairah, pour entreprendre une synthèse plus générale de la protohistoire locale.
Actuellement, la poursuite de nos recherches à Fujairah s'oriente notamment vers l'approche du peuplement de la région à l'âge du Fer, avec l'étude des habitats de plaine et de hauteur. Un tel
programme, nous l'espérons, devrait permettre de combler une lacune importante dans la connaissance de l'occupation de la côte orientale des EAU pendant le Ier millénaire avant notre ère.
Tout au long de nos recherches, nous avons été soutenus et suivis avec intérêt par les Autorités de Fujairah et, plus particulièrement, par L.A. le Scheik Hamad Bin Mohamed Al Sharki et le Scheik Saleh Bin Mohamed Al Sharki. Nous tenons à leur exprimer toute notre gratitude pour leur aide constante et leur hospitalité exceptionnelle. Les responsables du Gouvernement de Fujairah n'ont pas épargné leurs efforts pour nous garantir des excellentes conditions de travail ; pour cela, M. Saif Al Atar et Dr. Salem Abdo Khalil ont mis toutes leurs compétences à notre disposition. Enfin, nous devons reconnaître que nos campagnes de recherches ne se seraient jamais aussi bien déroulées sans l'appui efficace et l'amitié sincère de M. Younes Al Koozan.
Nous ne saurions omettre de témoigner notre reconnaissance aux membres de la FSLA qui, par leur confiance et leur soutien, nous ont permis de mener à terme cette publication dans des conditions que souhaiterait tout archéologue. Nos remerciements iront plus particulièrement au président de la Fondation, S.A. le Prince Hans-Adam II von und zu Liechtenstein, au professeur Hans-Georg Bandi, secrétaire général, et au professeur Michel Egloff, président de la commission scientifique. Nous remercierons enfin le professeur Alain Gallay, directeur du Département d'Anthropologie et d'Ecologie de l'Université de Genève, qui a bien voulu que notre équipe trouve ici locaux et infrastructures nécessaires à l'élaboration de cet ouvrage.
La version anglaise du résumé, présentée au chapitre 11, a été traduite et rédigée par Mme Clarita Martinet, nous lui devons aussi la relecture critique du manuscrit et de judicieuses corrections.
Nous remercierons encore Mme Fabienne Rouvinez, archéologue de l'Université de Neuchâtel, pour son aide efficace pendant les premières semaines de fouille.
Pierre Corboud Genève, octobre 1993
Chapitre 1 - Cadre général de l'étude 1.1. Chronologie régionale
L'archéologie des Emirats Arabes Unis s'est développée dès les années soixante, à la suite des premières missions de l'équipe danoise dans l'émirat de Bahrain. Elle a bénéficié ensuite, dans les années quatre-vingt, du déplacement de la recherche, depuis l'Iran et la Mésopotamie, vers une zone politiquement plus calme. A l'origine des travaux dans la pointe de la péninsule Arabique, les sites et cultures mis au jour ont été rattachés aux chronologies iranienne et mésopotamienne.
Actuellement, les sites d'habitat qui ont livré des séquences stratigraphiques et les quelques datations absolues obtenues par le carbone 14 permettent de mieux préciser une chronologie propre à la région des EAU. Cependant, la disproportion entre les nombreux sites funéraires et les trop rares habitats étudiés reste un handicap pour la mise au point d'une chronologie des cultures préhistoriques et protohistoriques. Chaque nouvelle fouille ou découverte contribue à enrichir un tableau encore bien incomplet. Dans les prochaines années, les schémas proposés actuellement évolueront certainement.
Nous avons choisi de présenter les attributions chronologiques dans un système aussi récent que possible. Pour l'âge du Fer en particulier, ce système est principalement inspiré des travaux des équipes françaises qui ont travaillé sur les sites de Rumeilah (Abou-Dhabi) et de Mleiha (Sharjah). Pour la définition des unités typo-chronologiques que nous citons, le lecteur voudra bien se reporter aux publications de ces sites. En ce qui concerne leur succession, leur datation et leur corrélation avec la chronologie mésopotamienne, nous proposons au chapitre 8 un tableau synthétique, qui situe dans le temps les différentes cultures évoquées dans cette publication (fig. 66).
1.2. Géographie et géomorphologie de la zone de Bithnah
Le village de Bithnah est situé dans le Wadi Ham, à un endroit où la vallée s'élargit en une petite plaine entourée de collines et de montagnes. Le Wadi Ham est l'une des rares vallées traversant la chaîne des montagnes d'Oman qui permette le passage entre les côtes occidentale et orientale de la péninsule (entre le golfe Arabo-Persique et le golfe d'Oman). Cette vallée descend en pente régulière depuis Masafi jusqu'à la ville actuelle de Fujairah, située au bord de la mer (fig. 1). Sa dénivellation est d'environ 450 m pour une longueur de plus de 32 km. Le Wadi Ham traverse les montagnes d'Oman suivant une orientation nord-ouest/sud-est.
Bithnah est actuellement surtout connu pour son fort, bâti sur une masse rocheuse qui domine le lit du Wadi Ham sur son versant oriental. Le nouveau village de Bithnah s'étend un peu plus au sud de l'ancien, mais toujours à l'ouest du lit principal du wadi. Les palmeraies de Bithnah et les zones de cultures qui les entourent sont plutôt limitées au côté est de la vallée (fig. 2). Les montagnes environnantes sont constituées de roches métamorphiques (gabbros ou granits), avec des inclusions de roches ophiolitiques sous forme de failles. Les sommets entourant la région de Bithnah ne dépassent pas l'altitude de 900 m.
Le village de Bithnah, en bordure duquel se trouve l'ensemble de tombes présenté ici, s'étend entre les courbes de niveau 170 et 190 m. Le remplissage sédimentaire du fond de la vallée est constitué essentiellement de matériaux apportés et charriés par les crues du Wadi Ham et par les quelques wadis se jetant dans la «plaine de Bithnah». On y trouve des limons très fins à sableux, des graviers roulés et des blocs de roche dure aux angles arrondis. Le système de dépôt en terrasses domine, avec des lits de sédiments subhorizontaux avec en alternance des passages fins à plus grossiers.
1.3. Prospection archéologique étendue
Lors de notre prospection, la région de Bithnah a été nettement favorisée. Plusieurs raisons ont motivé notre choix. La situation géographique de la «plaine de Bithnah» en fait un point de passage obligé pour les populations et les échanges concernant les deux côtes de la Péninsule. La présence de l'eau, accumulée au fond des wadis, est favorable aux activités agricoles, rendant la région attrayante pour l'homme dès la Préhistoire et la signalaient ainsi aux archéologues. Enfin, le hasard des premières découvertes que nous y avons faites nous a très tôt convaincus de la richesse potentielle de cette région en sites d'habitat ou funéraires d'époque protohistorique.
Ainsi, en marge des deux campagnes de fouilles consacrées à l'étude des tombes de Bithnah, nous sommes revenus plusieurs fois dans la région pour y mener une prospection archéologique plus complète que celle pratiquée dans d'autres zones de l'Emirat de Fujairah (Corboud et al. 1988 et 1990).
Au total, l'examen des environs du village de Bithnah nous a permis de situer 18 points de trouvailles, d'époques, de natures et de qualités archéologiques très variables (fig. 3). Cet éventail de sites s'étend des vestiges d'un mur sans matériel archéologique (sites 53 et 52) aux structures d'habitat identifiées par des alignements de pierres et quelques fragments de céramique de surface (sites 50 et 44), comprenant également les situations intermédiaires.
Sur le plan de l'interprétation, les résultats de la prospection archéologique de la région de Bithnah sont aussi sommaires que notre approche était superficielle. La plupart des sites identifiés nécessitent une étude complémentaire sous la forme de sondages ou de fouilles ponctuelles. Notamment, la nature archéologique de certains sites et leur situation chronologique sont loin d'être connues avec certitude.
1.4. La question de l'habitat protohistorique dans la région
La connaissance de l'occupation protohistorique de la région de Bithnah demandera une étude de longue haleine, étayée par la fouille de plusieurs sites d'habitat. La seule raison qui nous incite à aborder maintenant cet aspect est le désir de formuler des hypothèses et des questions pour la suite de nos recherches dans cette région. Les indices d'occupations protohistoriques repérés lors de la prospection se limitent à des trouvailles issues de quelques sites relativement bien conservés (sites 24, 44, 50 et 59) et au groupe de tombes fouillées présenté ici (site 14).
Les seules structures archéologiques antérieures à la période Islamique que nous avons pu interpréter et dater sont situées au sud, à l'entrée de la vallée où s'étend le village actuel (fig. 2 et 3).
Le site 24 occupe une colline rocheuse, sur le flanc ouest du Wadi Ham. Les vestiges d'un mur d'enceinte suivent les crêtes de cette colline et délimitent un ancien habitat fortifié. Le mur d'une tour possède encore quelques assises conservées. La céramique de surface permet de dater le site de la période Islamique. Toutefois, au piémont est de la colline, quelques tessons de céramique de l'âge du Fer ont été retrouvé en surface du sol. Ce matériel nous incite à situer dès la protohistoire l'occupation de cette éminence.
Le site 23 est apparu sous la forme d'une dizaine de structures circulaires en pierres, que nous avons interprétées comme des tombes. La similitude de ces structures avec celles fouillées sur le site 14 (voir chapitre 2) permet d'avancer l'hypothèse d'une datation protohistorique. Non loin de ces tombes, en bordure d'un champ labouré, la trouvaille de deux tessons de céramique grossière, décorés de zigzags incisés, laissent soupçonner la présence d'un habitat de l'âge du Fer. Malheureusement, aucune structure d'habitat n'est visible sur le site.
Le site 59 s'étend au piémont d'une colline rocheuse. Il est signalé par des fragments de céramique de l'âge du Fer, retrouvés en surface et dans les murs de cabanes semi-enterrées. Hormis ces cabanes, récemment abandonnées, aucune structure ancienne n'a été retrouvée. Il est possible que ce matériel céramique provienne des déblais excavé lors du creusement des fondations des cabanes. La céramique domestique grossière indique la proximité d'un habitat, et cela malgré l'absence de structures apparentes.
Une vaste terrasse surplombe, à l'est, le lit principal du Wadi Ham, limitée au sud-est par un affluent. Le site 50 s'y développait probablement. La plus grande partie du site est actuellement détruite, notamment au centre de la terrasse par un nivellement ancien, au sud par des travaux plus récents. Sur l'ensemble de la surface, nous avons récolté une abondante céramique grossière, attribuée à l'âge du Fer.
La présence de cette céramique et les nombreuses pierres dégagées par les travaux sont autant d'indices pour conclure à la présence d'un habitat de l'âge du Fer. Par ailleurs, sur l'extrémité nord de la terrasse, où nous avons également trouvé de la céramique grossière attribuée à l'âge du Fer, sont conservés les vestiges d'un mur en pierre sèche à double parement, à mettre en relation avec une occupation qui devait sans doute couvrir une surface importante.
Un peu plus à l'est, au confluent de deux vallées, le site 44 occupe la pointe d'une terrasse. Un cimetière islamique abandonné recouvre quatre structures plus anciennes, conservées sous la forme de murs en pierre sèche, à double parement et angles droits. La présence, aux alentours, de céramique
grossière attribuable à l'âge du Fer nous incite à interpréter ces restes comme les vestiges d'un habitat de cette époque.
La tombe en forme de T et les tombes individuelles du site 14 appartiennent à trois périodes distinctes : la fin de l'âge du Bronze, l'âge du Fer et la période Préislamique récente. Il est à noter que l'ancien et l'actuel village de Bithnah peuvent masquer de nombreuses structures archéologiques, non révélées par notre prospection.
Signalons encore trois sites, hormis des habitats ou des tombes, qui peuvent fournir des informations significatives sur l'occupation ancienne de la région de Bithnah. La question de leur datation n'est toutefois pas résolue. Il s'agit d'un groupe de pétroglyphes sur des blocs de roche dure, au bord du lit du Wadi Ham (site 39), d'une aire circulaire recouverte de scories (site 54 : lieu de fonte du cuivre ?) et de l'affleurement d'une veine de pierre tendre sans signes visibles d'extraction (site 46).
En conclusion, nous pouvons relever l'absence de vestiges d'occupations protohistoriques dans la partie nord de la région de Bithnah et, par opposition, le regroupement des trouvailles attribuables à l'âge du Fer au sud du village actuel. Cette situation correspond aussi à une occupation concentrée dans les zones les plus basses de la plaine (moins de 170 m d'altitude), et de préférence à proximité du lit principal du Wadi Ham. Le souci de l'approvisionnement en eau est sans doute à l'origine de cette disposition.
1.5. Conditions de découverte et d'étude
Le site des tombes protohistoriques qui font l'objet de cette publication a été découvert en décembre 1987, lors d'une prospection générale des environs du village de Bithnah (site 14). Les seuls indices de tombes visibles en surface du sol consistaient alors en des blocs de pierre, organisés en cercles, qui contrastaient avec le substrat limoneux et gravillonneux. Deux à trois structures de ce type ont été repérées sur le sommet d'une colline, proche d'un réservoir d'eau construit pour alimenter quelques maisons du nouveau village. Nous avons conclu à la présence de tombes individuelles de l'âge du Fer ou de la période Islamique. Les seuls éléments de datation ont été retrouvés au pied de la colline, sur son versant oriental. Ils consistent en quelques fragments de céramique et de pierre tendre décorée.
Ces différents éléments, alliés à la probable extension du nouveau village de Bithnah en direction de cette colline, nous ont incités à effectuer quelques sondages en janvier 1988, afin de reconnaître l'état de conservation et la datation de ces vestiges.
Les premiers jours, nous avons nettoyé la surface du sol au sommet de la colline, pour repérer les contours des éventuelles tombes. Deux tombes individuelles souterraines (tombes 1 et 2) et un foyer ont été identifiés et fouillés assez rapidement, du fait de leur absence de matériel archéologique et anthropologique conservé. Ensuite, nous avons poursuivi le nettoyage du sol en direction du pied de la colline, d'où provenaient les fragments de pierre tendre. C'est là que sont apparues les premières pierres, marquant le sommet des murs de soutènement de la tombe 4, ainsi que l'entourage de pierres de la tombe 3, destinée à un enfant (fig. 4).
A ce point de l'étude, nous nous attendions à fouiller une tombe en couloir, de construction proche de celles de Shimal, avec une profondeur de 0.5 m à 1 m au maximum. Mais après quelques jours de fouille, le remplissage de la tombe n'était toujours constitué que de cailloux, graviers et limon.
Les niveaux dégagés étaient très pauvres en matériel archéologique (rares fragments de céramique) et le fond de la tombe n'était toujours pas atteint, même au fond d'un sondage de 1 m de profondeur. C'est à ce moment que nous avons pris la décision d'interrompre la fouille pour cette saison et de reprendre l'étude de la sépulture au début de la prochaine campagne (fig. 5).
Les travaux ont repris en novembre 1988, cette fois dans le but de terminer la fouille et l'étude de ce monument, qui apparaissait comme exceptionnel par rapport aux autres tombes en couloir de la péninsule Arabique.
1.6. Situation des tombes sur la colline
La nécropole du site 14, repérée lors de la prospection et étudiée lors d'une campagne ultérieure, est située sur une petite colline allongée, à la limite sud-ouest du nouveau village de Bithnah. Cette colline est limitée à l'ouest par un vallon et à l'est par une dépression peu profonde. Elle se termine en pointe vers le sud et sa dénivellation totale ne dépasse pas 5 m (fig. 6). Les matériaux qui la composent
sont identiques à ceux que l'on observe sur les terrasses environnantes : limons fins à grossiers et graviers plus ou moins triés.
Les tombes individuelles 1 et 2, ainsi qu'un foyer proche, occupent la crête de la colline, tandis que la tombe en couloir (T4) et la petite tombe d'enfant (T3) ont été retrouvées sur son piémont oriental (fig. 7). Nous ne pouvons pas exclure la présence d'autres tombes semblables (tombes individuelles ou en couloir), mais seul le décapage complet de la colline nous aurait renseigné sur ce point.
On peut remarquer que cet emplacement est suffisamment éloigné du lit principal du Wadi Ham et des palmeraies pour n'avoir probablement jamais été cultivé ou habité à une période ancienne. Seuls l'érosion et les dépôts d'origine naturelle (dus à la pluie et au vent) ont modifié le relief de la colline à la surface du sol. De ce fait, nous pensons que le relief de la colline est plus faible aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque protohistorique.
Cette idée est compatible avec nos premières observations sur le terrain. En effet, le sommet des murs des tombes 1 et 2 affleuraient, tandis que les tombes 3 et 4 étaient recouvertes par des limons.
Les chapitres 2 à 9 ne sont présents dans cet extrait
Chapitre 10 - Résumé 10.1. Cadre général de l'étude
Le village de Bithnah est situé dans le Wadi Ham, une des plus longues vallées traversant la chaîne des montagnes d'Oman (fig. 1 et 2).
La prospection archéologique de la région de Bithnah a permis de mettre en évidence de nombreux sites protohistoriques, principalement des sites d'habitat (fig. 3). La majorité de ces sites occupe la partie sud de la plaine de Bithnah, dans des zones où la présence de l'eau est indiquée aujourd'hui par de vastes palmeraies. Sur la plupart de ces sites, nous avons récolté de la céramique grossière attribuable à l'âge du Fer. En revanche, peu de structures d'habitat peuvent être datées avec certitude de cette période.
La région de Bithnah a dû de tous temps constituer un pôle d'attraction pour les populations agricoles. En outre, sa situation à mi-hauteur du Wadi Ham en fait un point de passage pour les populations qui commerçaient entre les deux côtes de la Péninsule.
Le groupe de tombes que nous présentons ici est situé au sud du village actuel, sur une petite colline allongée, à l'ouest du lit principal du Wadi Ham. Cette nécropole a été découverte en 1987 grâce à des vestiges de surface. Nous avons décidé de la fouiller afin de prévenir sa destruction par l'extension du village moderne. Les travaux se sont déroulés sur deux campagnes entre 1987 et 1988 (fig. 4 et 5).
Au total, 4 tombes ont été identifiées et fouillées. Il s'agit de deux tombes individuelles creusées au sommet de la colline, d'une tombe mégalithique en couloir enterrée, en contrebas du sommet, et d'une petite tombe d'enfant, de construction identique à celle des deux sépultures individuelles, construite non loin de l'entrée de la tombe en couloir (fig. 6 et 7).
10.2. Tombes individuelles nos 1, 2 et 3
La construction et les proportions des tombes 1, 2 et 3, permettent de les définir comme étant des tombes individuelles souterraines (fig. 8 à 11). Les tombes 1 et 2 sont situées au sommet de la colline, tandis que la tombe 3, destinée à un enfant, est proche de l'entrée de la tombe en couloir (T4).
Leur architecture est comparable à celle des sépultures de la nécropole de Samad dans le Sultanat d'Oman. A Samad, ces tombes individuelles sont datées du IIème millénaire av.J.-C. (période Wadi Suq) et entre la fin du Ier millénaire av.J.-C. et le début du Ier millénaire de notre ère (période Samad, approximativement contemporaine du Préislamique récent pour les EAU). A l'exception de ce parallèle, et sans autre indice pouvant fournir une datation, les tombes 1 à 3 de Bithnah restent sans attribution chronologique certaine. En effet, aucun matériel archéologique significatif sur le plan typologique n'a été récolté et l'architecture des chambres funéraires ne présente pas de caractéristiques particulières.
Un foyer a été dégagé à proximité de la tombe 2, mais sa relation avec les structures environnantes ne peut pas être établie avec certitude (fig. 13).
Les tombes individuelles 1, 2 et 3 de la nécropole de Bithnah ont vraisemblablement été construites et utilisées entre le IIème et le Ier millénaire av.J.-C., mais leur antériorité ou leur postériorité par rapport à la tombe en couloir fouillée au pied de la colline ne peut pas être définie.
10.3. La tombe en couloir no 4
La tombe en couloir (T4) constitue le monument le plus remarquable de la nécropole protohistorique de Bithnah. Sa construction est particulièrement soignée, les murs de soutènement sont érigés au fond d'une fosse et on accède à la chambre funéraire par un dispositif d'entrée formé d'un couloir et d'un dromos (fig. 15 à 17).
Les murs de la chambre sont montés à sec avec des blocs de gabbro et les parois internes présentent des faces relativement planes (fig. 19 à 22). Le plan intérieur de la chambre est rectangulaire, sa longueur atteint 10.5 m pour une largeur moyenne de 1.7 m.
Le dromos, de forme trapézoïdale, constituait probablement la seule partie visible de la tombe. Il précède un couloir plus étroit, disposé perpendiculairement à l'axe de la chambre funéraire dans sa partie médiane (fig. 23 à 25).
D'après le mode de construction des murs de soutènement, dont les assises supérieures présentent un léger encorbellement, la tombe devait être couverte par une voûte en dalles de pierres. Il est même probable que cette voûte était recouverte par un dépôt de terre et de graviers, afin d'en garantir l'équilibre (fig. 26 et 27).
Le remplissage stratigraphique tel qu'il a été observé dans la chambre et le dispositif d'entrée est fortement perturbé par les remaniements internes qu'a subis le monument. Nous avons compté 22 couches distinctes. La plupart ne sont présentes que dans une des zones de la tombe (fig. 28 à 30).
La succession des différents niveaux sédimentaires dans la chambre funéraire peut être mise en relation avec des groupes de restes anthropologiques (fig. 31 à 33). Les 17 ensembles anthropologiques définis montrent une mauvaise conservation des ossements dans les niveaux inférieurs (fig. 33 et 35). En revanche, la disposition des éléments de squelettes observée dans les niveaux supérieurs suggère la position de quelques individus ; notamment le dernier, déposé en position allongée dans une fosse creusée à l'extrémité sud de la chambre (fig. 36 et 37). Nous avons dégagé des restes osseux pouvant appartenir au total à 9 ou 10 individus. Ce nombre peut paraître modeste en regard des dimensions de la tombe et de la durée de son occupation. En fait, les ossements que nous avons retrouvés correspondent sans doute aux dernières phases d'utilisation de la sépulture. Le bouleversement des niveaux inférieurs indique une, voire deux phases de violation des premières inhumations.
La reconstitution de la succession des dépôts dans la tombe peut être décomposée en un certain nombre d'épisodes, depuis la construction de la tombe jusqu'à son abandon et son comblement par les limons de la colline (fig. 38). La première utilisation de la sépulture est suivie d'une violation, avec évacuation des squelettes et du mobilier funéraire. De la seconde utilisation, nous n'avons retrouvé que quelques ossements très fragmentés dans les niveaux inférieurs. L'effondrement partiel de la voûte de la chambre au nord est bientôt suivi de l'écroulement de quelques dalles de la couverture du couloir. La troisième utilisation du monument est cette fois limitée à l'aile sud. L'effondrement complet de la couverture du couloir condamne l'accès originel de la tombe, par le couloir et le dromos. La deuxième violation de la sépulture ne peut se faire à ce moment que par l'ouverture dans la voûte de l'aile sud. Le dépôt des derniers individus est toujours limité à l'aile sud, avant que l'effondrement complet de la couverture de la chambre ne marque l'abandon définitif du monument (fig. 39).
10.4. Céramique
La plus grande part des 107 objets en céramique déterminés à Bithnah est attribuable à l'âge du Fer (fig. 40 à 44). Cependant, quelques pièces sont plus récentes et datent du Préislamique récent.
La présence d'un assemblage typique de catégories céramiques et de formes de la période Rumeilah II révèle une utilisation de la tombe 4 à l'âge du Fer tardif. Le matériel de la période Rumeilah II, est quantitativement peu important et la majeure partie a été récoltée dans l'aile sud. Le corpus est cependant nettement dominé par les formes déjà présentes à la période Rumeilah I, et qui perdurent à la période Rumeilah II.
Dans l'aile sud, moins perturbée, la séparation assez nette en deux ensembles de couches témoigne d'au moins deux phases d'occupation pendant l'âge du Fer, à la période Rumeilah II. Le reste de la tombe contient, quant à lui, les résidus des occupations plus anciennes, dispersés à la suite de nettoyages successifs (fig. 45 et 46).
Nous proposons donc de dater de la période Rumeilah I (1350/1300 - 1000/950 av.J.-C.) la première phase d'occupation de l'âge du Fer ; les deuxième et troisième phases d'occupation, représentée respectivement par les couches 8, 9, 10 et 6, 7 de l'aile sud, de la période Rumeilah II (1000/950 - 550/450 av.J.-C.).
Une dernière utilisation, dont témoignent quelques pièces isolées, a eu lieu dans l'aile sud (fig.
45). Les comparaisons typologiques permettent de l'attribuer au Préislamique récent et plus précisément de la période PIR.C, située entre le Ier siècle de notre ère et le début du IIème siècle (Mouton 1992, p.
285 à 290) c'est-à-dire contemporaine des sites de Mleiha (période IIIB) et d'Ed-Dour (fig. 47).
10.5. Matériel en pierre tendre
Le matériel en pierre tendre du site de Bithnah se compose au total de 432 fragments. La majorité du mobilier de pierre tendre est fabriquée dans une matière vert clair à grains grossiers ou fins
(fig. 48). Quelques fragments issus d'une matière vert foncé à grains fins et gris-vert à grains moyens complètent l'inventaire.
Les catégories de formes de récipients en pierre tendre reconnues sur le site de Bithnah sont au nombre de cinq (fig. 49). Il s'agit des coupes à bec, des bols, des vases à parois convergentes, des vases à tenons de suspension et des boîtes quadrangulaires. La catégorie la mieux représentée est celle des vases à parois convergentes (environ la moitié de tous les récipients).
Nous avons dénombré 17 couvercles, regroupés en trois catégories : couvercles à tenon bas, à tenon haut et quadrangulaires (fig. 50 et 52).
Tout le matériel archéologique en pierre tendre porte un décor gravé que nous avons classé en sept thèmes principaux (fig. 51). Certains de ces thèmes sont directement liés à une catégorie formelle de récipients ou de couvercles. La présence exclusive de motifs de triangles sur les vases à parois convergentes est la corrélation la plus frappante.
L'étude comparative du matériel se base sur un échantillonnage de pièces qui, après remontage, nous a paru le plus significatif sur le plan typologique. Il se compose de 32 récipients et 12 couvercles.
Le matériel en pierre tendre de Bithnah appartient à l'évidence à l'âge du Fer. Les parallèles nombreux et manifestes que l'on constate entre ce matériel et celui de Fashgha 1, Rumeilah (Abou-Dhabi ; Lombard 1982, Boucharlat et Lombard 1985, Lombard 1985) et Qarn Bint Sa'ud (Abou-Dhabi ; Lombard 1982, Lombard 1985, Vogt 1985) le confirment aisément.
Cinq pièces se distinguent parmi celles du corpus de la tombe : un bol (pl. 15/2), un vase à parois convergentes (pl. 19/1), un vase à tenons de suspension (pl. 19/5), un couvercle à tenon bas (pl.
22/4) et un couvercle quadrangulaire compartimenté (pl. 23/5). Toutes ces pièces portent un décor de cercles pointés, simples ou doubles, et des dents de scie bordées de deux lignes. En outre, les profils du vase à tenons de suspension, du bol et du vase à parois convergentes nous incitent à les dater de la fin de la période Wadi Suq, que l'on peut situer, selon les propositions de Vogt (1985, p. 274), dans les derniers siècles du IIème millénaire av.J.-C. En fait, les récentes propositions de Boucharlat et Lombard (1991 ; voir aussi Potts 1990, p. 122), situent également le début de l'âge du Fer à cette période (1350/1300 av.J.-C.). Ces objets pourraient ainsi être les témoins de la transition entre le Wadi Suq tardif et le début de l'âge du Fer.
La distribution stratigraphique du mobilier en pierre tendre permet d'observer trois zones de concentration des trouvailles : les couches 8, 9 et 10 de l'aile sud, les couches 4 et 6 dans la partie centrale et, dans une moindre mesure, les couches 13, 14 et 15 dans l'aile nord (fig. .53). En dehors de ces zones, les fragments de cette matière sont relativement rares (fig. 54).
Une évolution typologique et chronologique interne est difficile à percevoir dans l'ensemble du matériel en pierre tendre. Cependant, la couche 10, considérée comme l'une des plus anciennes, a livré toutes les pièces que nous avons attribuées à la tranche chronologique allant de la fin de l'époque Wadi Suq au début de l'âge du Fer.
10.6. Objets en métal
Le mobilier métallique récolté dans la tombe 4 comporte, d'une part, des objets en cuivre et alliages de cuivre, attribués pour la plupart à l'âge du Fer ; d'autre part, des objets en fer datés du Préislamique récent. Les objets de grande dimension sont absents, vraisemblablement suite au pillage de la tombe.
Dans le corpus des pièces de l'âge du Fer, les 13 pointes de flèches en cuivre et alliages de cuivre sont les plus caractéristiques (fig. 56 et 57). Elles révèlent, dans leur ensemble, des formes typiques de tout l'âge du Fer, c'est-à-dire des périodes Rumeilah I et II. Un groupe de trois pointes de flèches, décorées de traits frappés au ciseau, peut être daté de la période Wadi Suq par analogie à des objets semblables trouvés dans d'autres sites (pl. 24/10-12). Pourtant, malgré la présence dans le fond de la sépulture de quelques récipients en pierre tendre de formes et de décors antérieurs à l'âge du Fer, nous ne pouvons pas les attribuer avec certitude à la période Wadi Suq.
La céramique provenant des mêmes couches que les pointes de flèches en cuivre (ou en bronze) ne comporte aucun profil pouvant être attribué avec certitude à une période plus ancienne que l'âge du Fer.
Pour le Préislamique récent, les pointes de flèches en fer sont l'élément le plus marquant sur le plan chronologique parmi les objets métalliques. Selon un regroupement typologique proposé
récemment (Mouton 1990), un classement chronologique de ces pointes peut être établi (fig. 60). Ainsi, sur la base de ce matériel, nous proposons de placer la réutilisation de la tombe de Bithnah au Préislamique récent, entre le Ier siècle av.J.-C. et le Ier siècle de notre ère (fig. 61). La céramique récoltée dans les mêmes niveaux que les objets en fer confirme cette datation.
10.7. Eléments de parure
A l'exception de quelques objets de forme très typique, la majorité du mobilier de parure récolté dans la tombe 4 ne possède pas une très grande valeur chronologique.
Les boutons en coquillage, ivoire ou albâtre, parfois richement décorés, sont connus dans des sites de l'âge du Fer ou même plus anciens. C'est le cas pour un bouton en Conus, décoré de doubles cercles pointés, pour lequel des parallèles existent à Shimal et à Dibba. Sa datation pourrait remonter à l'extrême fin de la période Wadi Suq. Un bouton en albâtre, décoré de palmettes, peut être comparé avec un objet identique daté de la période Lizq (dans une tombe du site de Samad, Sultanat d'Oman).
Parmi les perles en coquillage, seules deux pièces en Engina mendicaria à perforation basilaire présentent un intérêt sur le plan chronologique. Une perle semblable est connue à Shimal, dans la tombe 1, datée du IIème millénaire av.J.-C.
Les autres perles en coquillage, cornaline, agate, et pierre tendre possèdent des formes variées, mais trop simples pour être spécifiques d'une période précise. Elles se rencontrent dès le IIème millénaire av.J.-C. et jusqu'à la période Islamique (fig. 62 à 64).
10.8. Synthèse de l'étude du matériel
Les études comparatives du matériel archéologique mettent en évidence trois phases chronologiques principales. Il s'agit de la dernière partie du IIème millénaire av.J.-C. (âge du Bronze, Wadi Suq tardif et âge du Fer - Rumeilah I), du Ier millénaire (âge du Fer, périodes Rumeilah I et II), et du Ier siècle de notre ère au début du IIème siècle (Préislamique récent C).
Quelques objets en pierre tendre, un bouton en coquillage et trois pointes de flèches décorées en alliage de cuivre représentent les éléments que nous rattachons à l'âge du Bronze, période Wadi Suq tardif. Sur la base de ces objets et de la datation de la construction de la tombe, nous situons sa première utilisation à la fin du IIème millénaire, à la charnière entre la période Wadi Suq et l'âge du Fer (fig. 66).
L'âge du Fer est la période d'utilisation la plus intense de la tombe et la majeure partie de notre matériel est caractéristique de cette époque. La dernière inhumation, à laquelle est associée du matériel en céramique, en métal, quelques objets de parure et un fragment de récipient en verre (fig. 65), a eu lieu pendant la période Préislamique récente C.
Ainsi, un peu moins de deux millénaires séparent la construction (et la première utilisation) de la tombe de sa dernière occupation au Préislamique récent C (entre le Ier siècle de notre ère et le début du IIème siècle).
10.9. Appartenance typologique et chronologique de la tombe 4
La tombe 4 de Bithnah possède un certain nombre de caractéristiques architecturales qui lui confèrent une place à part, en marge des autres sépultures mégalithiques connues dans la région.
Néanmoins, plusieurs monuments peuvent lui être comparés, autant par leur plan que par leur mode de construction. Deux groupes de tombes se distinguent par leur insertion dans le sol (en surface ou en profondeur) : ce sont les tombes de type Shimal et les tombes en couloir enterrées (fig. 67 et 68).
Certaines des constructions de ces deux groupes possèdent des points communs avec la tombe de Bithnah. Pourtant, aucune ne possède les caractères les plus importants de cette tombe, soit la chambre funéraire totalement enterrée et l'accès par un dispositif de couloir et dromos.
Si on limite la définition de la tombe 4 à son caractère collectif et au plan général de la chambre funéraire, plusieurs monuments lui sont proches dans les EAU, notamment par leur orientation et leur période de construction. En définitive, malgré son originalité, la tombe en couloir de Bithnah semble s'inscrire dans une évolution architecturale globale, observable dans toute la pointe de la péninsule Arabique. Cette évolution a lieu vers la fin de la période Wadi Suq, jusqu'au début de l'âge du Fer, et voit l'abandon progressif des tombes construites en surface du sol au profit de sépultures enterrées.
Chapitre 11 - Abstract
11.1. General aspects of the study
The village of Bithnah is located in Wadi Ham, one of the longest valleys crossing the Oman mountain range (fig. 1 and 2).
Many prehistoric sites were found during the archaeological survey of the Bithnah region, most of which were settlements (fig. 3). A large number of these sites are situated in the southern part of the Bithnah plain, where water is plentiful, as present day palm groves indicate. Coarse Iron Age ceramics were found on most of the sites. However, few dwelling structures were attributable to this period.
The Bithnah region has certainly, at all times, attracted agricultural populations. In addition, its location, half way up Wadi Ham, makes it an ideal trading point for populations coming from either side of the Peninsula.
The group of graves presented here is part of a cemetery situated south of the present day village, on a small oblong hill, west of Wadi Ham's main bed. This cemetery was discovered in 1987, when characteristic relics were found on the ground over the graves. The decision was made to excavate the site, so as to prevent its destruction pursuant to the extension of the modern village. The excavation was carried out during the 1987 and 1988 campaigns (fig. 4 and 5).
In all, 4 graves were located and excavated : two «individual» graves (used for a single inhumation) on top of the hill, a below-ground megalithic long grave on a downward slope near the top of the hill, and a child's grave, constructed in the same manner as the single graves, near the entrance of the long grave (fig. 6 and 7).
11.2. Single graves 1, 2 and 3
Due to their size and type of construction, graves 1, 2 and 3 can be considered as below-ground single graves (fig. 8 to 11). Graves 1 and 2 are located on top of the hill, whereas grave 3, the child's grave, is situated close to the entrance of the megalithic tomb (T4). Their architecture resembles that of the Samad cemetery graves in the Sultanate of Oman, which were built between the second millennium BC (Wadi Suq period) and the first millennium BC (Samad period, approximately contemporaneous with the Late Preislamic period of the UAE). However, as no chronological evidence, other than this architectural comparison was found, it was not possible to date them more precisely. No characteristic artefacts were discovered on the site, and the burial chambers revealed no significant architectural features.
A fire place was discovered near grave 2, but its specific link with the surrounding structures could not be established (fig. 13).
The individual graves 1, 2 and 3 of the Bithnah cemetery were probably built and used between the second and first millennium BC, although it was not possible to establish whether they were more ancient or recent than the megalithic tomb.
11.3. The long grave (T4)
The long grave (T4) is the most remarkable monument of the prehistoric cemetery of Bithnah. It was constructed with great care ; the retaining walls were built in a pit and access to the burial chamber was via a corridor and a dromos (fig. 15 to 17).
The walls of the chamber are made of large gabbro stones assembled without mortar (dry stone- masonry) and, as seen from inside the chamber, are evenly built (fig. 19 to 22). The plan of the chamber is rectangular, 10.5 m long and 1.7 wide (average width).
The dromos, trapezoid in shape, was probably the only part of the tomb visible above the ground. It is followed by a narrow corridor, set perpendicular to the burial chamber's axis and opening into the middle of a long side (fig. 23 to 25).
As the upper courses of the the retaining walls form a corbelling, it may be assumed that the tomb was covered with a stone vault. Moreover, it is likely that (for reasons of equilibrium) the vault was covered with earth and gravel (fig. 26 and 27).
Due to the changes made to the tomb over the years, the stratigraphic sequence, as observed in the burial chamber and the entrance, is greatly disturbed. As a result, twenty-two distinct levels were identified, which were for the most part visible in only one zone of the tomb (fig. 28 to 30).
It was possible to link groups of human remains to precise levels of the burial chamber's sedimentary sequence (fig. 31 to 33). The 17 anthropological groups which were defined show that bones are badly preserved in the lower levels (fig. 34 and 35). On the other hand, human remains found in the upper levels are well preserved (fig. 36). Thus, it was possible, in certain cases, to define the position in which the individuals were inhumed. In particular, the last buried individual was lying full- length in a pit at the southern end of the chamber (fig. 37). In all, nine or ten individuals were identified.
This number may seem small in view of the size of the tomb and the extension in time of its use, but it is probably representative of only the last occupation period of the tomb. The disturbance of the lower levels indicate that the tomb was robbed once or twice during the early burial phases.
Various episodes can be defined when reconstructing the sedimentary sequence of the tomb, from the construction of the tomb to the moment it was abandoned and progressively covered with silt washed down from the hill (fig. 38). The first phase of use as a burial place is followed by a grave- robbing, when human remains and funerary relics were removed from the tomb. Regarding the second phase of use, only a few fragmented bones were found in the lower levels. The partial falling in of the vault in the north eastern part of the chamber was closely followed by the collapse of a few stones from the corridor's roof. Only the southern wing of the monument was used during the third phase. The total collapse of the corridor's roof made it impossible to gain access to the tomb by way of the dromos and corridor. The hole in the vault over the southern wing opened the way for a second grave-robbing. The last individuals were also buried in the southern wing of the tomb, before the complete collapse of the vault and the definitive abandonment of the monument (fig. 39).
11.4. Ceramic finds
The greater part of the 107 identifiable ceramic finds from Tomb 4 in Bithnah date to the Iron Age (fig. 40 to 44). However, a few finds are more recent, dating to the Late Preislamic period.
A group of ceramics, of the type and form typical of the Rumeilah II Period, indicate that Tomb 4 was used during the late Iron Age. Only a small quantity of these Rumeilah II period ceramics was found, for the most part in the southern wing of the tomb. The greater part of the ceramics found at Bithnah are forms which already existed during the Rumeilah I period and which are still used during the Rumeilah II period.
In the southern wing, less disturbed, two groups of levels are clearly distinct, and thus indicate that there were at least two occupation phases during the Iron Age Rumeilah II period. In the other parts of the tomb, only remnants of the older occupations are visible, as the relics were partially destroyed or scattered when the tomb was cleaned before reuse, or robbed (fig. 45 and 46).
Thus, the proposed dating of the first Iron Age occupation is the Rumeilah I period (1350/1300 - 1000/950 BC) ; the second and third occupations, represented in levels 8, 9, 10 and 6, 7 of the southern wing, can be assigned to the Rumeilah II period (1000/950 - 550/450 BC).
The last occupation, represented by a few isolated finds, was confined to the southern wing (fig.
45). Typological comparisons make it possible to assign it to the Late Preislamic period, and, more specifically, to the C period, ranging from the first to the second century AD (Mouton 1992, p. 285- 290), in other words, contemporaneous with the occupations of Mleiha (IIIB period) and Ed-Dour (fig.
47).
11.5. Soft-stone finds
In all, 432 soft-stone fragments were found at Bithnah.
The most frequently used stone is light green, with coarse or fine grains (fig. 48). A few fragments are made of a fine grained dark green stone, or a medium size grained gray-green stone.
Five categories of vessel shapes were defined at Bithnah (fig. 49). These shapes are : spouted cups, bowls, convergent walled jars, lugged jars and compartmented vessels. About half of the vessels are convergent walled jars.
Seventeen lids were found, which can be divided into three groups : short knob lids, long knob lids and quadrangular lids (fig. 50 and 52).
All the archaeological soft-stone remains bear incised decorations. There are seven main categories of designs (fig. 51), some of which are only found on specific categories of vessels or lids.
For example, triangular patterns are only found on convergent walled jars.
The comparative study of soft-stone material is based on a group of 32 vessels and 12 lids (reconstructed from shards) the typology of which seemed significant. These soft-stone finds undoubtedly belong to the Iron Age. Frequent and obvious comparisons can be made between the Bithnah finds and those of sites such as Fashgha 1, Rumeilah (UAE, Abou-Dhabi, Lombard 1982, Boucharlat et Lombard 1985, Lombard 1985) and Qarn bint Sa'ud (UAE, Abou-Dhabi, Lombard 1982, Lombard 1985 and Vogt 1985).
Five objects in particular are worth of attention : a bowl (pl. 15/2), a convergent walled jar (pl. 19/1), a lugged jar (pl. 19/5), a short knob lid (pl. 22/4) and a quadrangular compartmented lid (pl. 23/5). All these objects are decorated with dot-in-ring or dot-in-double ring patterns and zig-zag patterns bordered by two lines. Moreover, the profiles of the lugged jar, of the bowl and of the convergent walled jar, among others, are characteristic of the end of the Wadi Suq period, which, as Vogt suggests (1985, p. 275), can be situated during the last centuries of the second millennium BC.
However, recent studies by Boucharlat and Lombard (1991 ; see, also Potts, 1990, p. 122) suggest that the beginning of the Iron Age can also be situated during this period (1350/1300 BC). These five objects are evidence of a transitional period between the Wadi Suq period and the beginning of the Iron Age.
The study of the stratigraphical distribution of soft-stone finds reveals three concentrations of such finds : one in levels 8, 9 and 10 in the southern wing, one in levels 4 and 6 in the central part of the tomb and, less evidently, one in levels 13, 14 and 15 in the northern wing (fig. 53). Other than in these areas, soft-stone finds are rare (fig. 54).
It is difficult to perceive a typological and chronological evolution of the soft-stone finds. We can only point out that level 10, considered as the oldest, contained all the finds dated to the period between the end of the Wadi Suq period and the beginning of the Iron Age.
11.6. Metal finds
The metal finds discovered in Tomb 4 are, either Iron Age artefacts made of copper or copper alloys, or Late Preislamic artefacts made of iron and copper alloys. No large objects were found, probably because the tomb was robbed.
Among these Iron Age objects, the thirteen copper or copper alloy arrowheads are the most characteristic (fig. 56 et 57). They are representative of the typical shapes found throughout the Iron Age, i.e. from the Rumeilah periods I and II. A group of three arrowheads, decorated with designs struck with a chisel, compare with other similar objects found in other sites and are thus attributable to the Wadi Suq period (pl. 24/10-12). However, although a few soft-stone vessels with shapes and decorations of an earlier period than the Iron Age were found at the bottom of the grave, we cannot attribute these arrowheads to the Wadi Suq period with certainty.
The pottery found in the same levels as the copper (or bronze) arrowheads cannot be attributed to a period earlier than the Iron Age.
Iron arrowheads are the main chronological parameters of the Late Preislamic period for metal finds. A chronological sequence of the Bithnah arrowheads was established, based on a recent typological classification (Mouton, 1990 ; fig. 60). With regard to this sequence, it seems that the Preislamic period reuse of the Bithnah tomb occurred between the first century BC and the first century AD (fig. 61). The pottery discovered in the same levels as the iron finds confirms these dates.
11.7. Personal ornaments
Except for a few objects of very typical shapes, most of the personal ornaments found in Tomb 4 is of no chronological value.
Shell, ivory or alabaster buttons such as those found at Bithnah were also found in other Iron Age, or earlier period, sites. This is the case for a Conus button decorated with a dot-in-double ring motif, which can be compared to those found at Shimal and Dibba. It may date from the end of the Wadi
Suq period. An alabaster button, decorated with «palmettes», can be compared to an identical object discovered in a tomb at Samad, Oman, and dated to the Lizq period.
Only two Engina mendicaria shell beads, perforated at the base, are of chronological use. A similar bead was found at Shimal, in Tomb 1, dated to the second millennium BC.
The other beads, made of shell, cornelian, agate and soft-stone, are of various shapes, but these are too simple to be characteristic of a precise period. Such beads were used from the second millennium BC to the Islamic period (fig. 62 to 64).
11.8. Resume of the study of the material
After comparing the results of the various material studies, we were able to identify three main periods during which the tomb was used. These are : the last part of the second millennium BC (Bronze Age - Wadi Suq period and Iron Age - Rumeilah I), the first millennium BC (Iron Age, Rumeilah periods I and II) and, from the first century AD to the second century AD (Late C Preislamic).
The Bronze Age, i.e. the Wadi Suq period, is represented by a few soft-stone objects, a shell button and three decorated copper alloy arrowheads. Based on these artefacts and on the estimated construction date of the tomb, the tomb's first use can be situated at the end of the second millennium BC, during a transitional period between the Wadi Suq period and the Iron Age (fig. 66).
The tomb was used most intensely during the Iron Age, and most of the archaeological material is characteristic of this period.
The last inhumation, to which ceramic, metal, personal ornaments finds and a part of a blown- glass vessel are attributed, dates ot the Late C Preislamic period (fig. 65).
Thus, less than two millennia passed between the construction and first use of the tomb and its last occupation during the Late C Preislamic period (first to beginning of second century AD).
11.9. Typological and chronological attribution of Tomb 4
Certain archaeological characteristics set Tomb 4 of Bithnah apart from other megalithic tombs found in the region.
Nevertheless, several monuments can be compared with it, as much by their plan as their contruction techniques (fig. 67 and 68). Two groups of below-ground or surface tombs can be compared to Tomb 4 : Shimal type tombs and below-ground long graves.
Several of these tombs were constructed in a manner similar to that of the Bithnah tomb.
However, none of them have its main characteristics, i.e. the deep below-ground burial chamber and the entrance through a corridor and dromos.
If we only consider Tomb 4 as a common grave and take into account the overall plan of its burial chamber, several EAU monuments can be compared to it. Their orientation and date of construction are similar. As a result, even though Bithnah's long grave is quite unique, it seems to fit into a general architectural evolution observable in the whole Arabian peninsula. This evolution is situated between the end of the Wadi Suq period and the beginning of the Iron Age, and its main characteristic is the abandon of surface tombs for below-ground tombs.