• Aucun résultat trouvé

Respirez le bon air!

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Respirez le bon air!"

Copied!
3
0
0

Texte intégral

(1)

Article

Reference

Respirez le bon air!

GASCHE-SOCCAL, Paola Marina Alessandra, NICOD, Laurent P.

GASCHE-SOCCAL, Paola Marina Alessandra, NICOD, Laurent P. Respirez le bon air! Revue médicale suisse , 2016, vol. 12, no. 539, p. 1939-1940

PMID : 28696634

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:126294

Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.

1 / 1

(2)

Éditorial

www.revmed.ch

16 novembre 2016

1939

Respirez le bon air !

Prs PAOLA M. SOCCAL et LAURENT P. NICOD Chaque jour, près de 10 000 litres d’air circu­

lent dans nos poumons, véhiculant l’oxygène mais aussi des gaz, des particules solides, liquides, des toxiques, des allergènes, des carcinogènes et des microbes. Sans eux et la réaction inflammatoire défensive parfois inadaptée de notre organisme, l’incidence des grandes maladies respiratoires, asthme, BPCO, cancer, pneumopathies interstitielles, alvéolites allergiques, pneumoconioses, toutes infections confondues (virales, bactériennes, tuberculose) seraient réduites à leurs plus simples expressions.

A l’échelle mondiale, le contrôle de la qualité de l’air que nous respirons est variable et proportionnellement inverse au

revenu du pays. Certaines zones géographiques, comme l’Afrique et le Moyen­Orient sont totale­

ment dépourvues de tout sys­

tème de surveillance. Pourtant, de la pollution atmosphérique aux nuages des éruptions volca­

niques, aux tempêtes de pous­

sière , à la libération des pollens, voire au mode de diffusion de

certains germes, comme le virus de la grippe (via des systèmes de modélisation informa­

tiques), un contrôle global de l’air planétaire serait intéressant. S’inscrivant dans cette dynamique, la NASA prévoit de mettre en orbite dès 2022, deux satellites spécifique­

ment destinés à la santé publique, répondant aux noms de MAIA pour Multi-Angle Imager for Aerosols et de TEMPO pour Tropospheric Emissions : Monitoring Pollution. TEMPO, des­

tiné à la surveillance de la pollution aux Etats­Unis, permettra de mesurer l’ozone de la troposphère inférieure jusqu’à la surface du sol américain. Deux autres systèmes géo­

stationnaires similaires couvriront l’Europe, le Royaume­Uni, la Russie (European Space Agency’s Sentinel-4) et une grande partie de l’Asie (GEMS : Geostationary Environment Mo- nitoring Spectrometer). Les données récoltées par ces satellites permettront­elles de préve­

nir les maladies respiratoires ? Très certaine­

ment pas, mais la surveillance précise de la

qualité et de la composition de l’environne­

ment permettra de mieux comprendre l’in­

teraction entre des pathogènes inhalés (mi­

crobes, allergènes, particules, etc.) et les mécanismes de défense du système respi­

ratoire ainsi que les conséquences de ces in­

teractions. Quel que soit le type de réponse immunologique sollicitée (adaptative et / ou innée), la défense de l’organisme déclenche, en effet, une cascade cellulaire et moléculaire inflammatoire plus ou moins contrôlée. Or, pour un tissu à la structure aussi délicate et fragile que le poumon, le contrôle insuffisant d’une réaction inflammatoire, aiguë ou pro­

longée, peut porter à conséquence, celle­ci devenant elle­même délétère pour l’organe

qu’elle tente de protéger.

Est­il possible que les éléments véhiculés par l’air que nous res­

pirons soient les chaînons man­

quants pour la compréhension de la physiopathologie de certaines maladies respiratoires classi ques ? Est­il possible que les réactions de l’organisme qu’ils entraînent soient la source de pneumopa­

thies connues, mais qui restent des défis pour les cliniciens ? C’est probable. Prenons deux exemples. La sarcoïdose est une maladie multi­

systémique, connue depuis la fin du XIXe siècle, mais dont la physiopathologie reste énigmatique. Au­delà de l’évocation de la sus­

ceptibilité génétique, des associations avec l’exposition à la fumée des feux de bois, à certains pollens, à des particules inorganiques, à des insecticides, à des moisissures, à des matériaux de construction, ainsi qu’avec cer­

tains métiers dont ceux au contact de métaux (marine, métallurgie, industrie aérospatiale) et celui de pompier ont été rapportées. La description récente d’une incidence inhabi­

tuellement élevée chez les pompiers impli­

qués dans le désastre du World Trade Center vient ainsi renforcer l’hypothèse de l’impli­

cation importante de facteurs environne­

mentaux comme facteurs épigénétiques pour la genèse de cette maladie, qui reste imparfai­

tement élucidée. Un autre exemple de l’im­

Articles publiés sous la direction de

PAOLA M. SOCCAL Médecin-chef Service de pneumologie HUG, Genève

LAURENT P. NICOD Médecin-chef

Service de pneumologie CHUV, Lausanne

LES DONNéES RéCOLTéES PAR CES SATELLITES PERMETTRONT-

ELLES DE PRévENIR LES

MALADIES

RESPIRATOIRES ?

(3)

REVUE MÉDICALE SUISSE

WWW.REVMED.CH 16 novembre 2016

1940

perfection de la connaissance de cette inte­

raction entre l’environnement, le système de défense de nos poumons et les mécanismes de l’inflammation, est la tuberculose. Le My- cobacterium tuberculosis a évolué avec l’être humain depuis le pléistocène, parvenant même à manipuler la réponse immune de l’homme à son propre avantage. Alors que cela fait plus de 100 ans que l’on connaît la coloration permettant de révéler un bacille de Koch, la compréhension de tous les mécanismes im­

pliqués dans l’interaction précoce entre l’hôte et le pathogène reste très fragmentaire.

Ainsi, à l’ère de la médecine de précision, qui vise à déterminer la meilleure option théra­

peutique en fonction des caractéristiques génétiques (pharmacogénétique, nutrigéno­

mique, etc.) et biologiques d’un patient, il pa­

raît indispensable d’intégrer le profil envi­

ronnemental à la réflexion scientifique. Et cela tout particulièrement pour les poumons, directement exposés au flux de cet air si vital qui nous maintient en vie.

Références

Documents relatifs

Pour une majorité des parents d’enfants asthmatiques, l’asthme est également une barrière à la pratique d’une activité physique (Williams et coll., 2008, Williams et

Paroi visible millimétrique Rehaussement faible perceptible Calcification épaisse. Kystes denses gros ou

Dans l’urine de ce patient transplanté 3,5 mois auparavant, plusieurs observations ont été faites : de nombreuses cellules portant des inclusions intranucléaires ont été

En plus d’avertir en temps réel sur la qualité de l’air, Walter est capable de booster automatiquement le V\VWqPH GH YHQWLODWLRQ HQ FDV GH mesures alarmantes sur la qualité

2) Phase de déclenchement (contacts ultérieurs avec l'antigène).. Immunopathogénie de l'allergie immédiate 1) Phase de sensibilisation.

Persistance des CI dans la circulation puis dépôt dans les tissus maladie sérique.

l'excellente réputation dont il jouit auprès de tous les automobilistes touristes comme professionnels. Un avuntage spécial de cette édition, c'est la disposition nouvelle

Plusieurs variables ont Cti identi- fites comme augmentant significativement le risque d'hre dans un groupe B forte incidence : proportion de primipares, date de vetage,