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ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI ECOLES NORMALES SUPERIEURES

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Academic year: 2022

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(1)

ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D’ADMISSION 2020

LUNDI 22 JUIN 2020 - 8h00–12h00 FILIERE PC - Epreuve 1

MATHEMATIQUES (XEULC)

Durée : 4 heures

L’utilisation des calculatrices n’est pas autorisée pour cette épreuve

(2)

NOTATIONS

Dans tout le problème, pour tout(a, b)N2tel quea≤b, on noteraJa, bK={i∈N|a≤i≤b} l’ensemble des entiers compris entreaetb.

Soientp, q∈N deux entiers strictement positifs. On note Mp,q(R)l’ensemble des matrices à coefficients réels de taillep×q(plignes etqcolonnes). Lorsquep=q, on noteraMp(R)l’ensemble des matrices carrées de taillep×p.

Pour tout A ∈ Mp,q(R), AT ∈ Mq,p(R) désignera la transposée de A. Un vecteuru Rp pourra être identifié à un vecteur colonne de Mp,1(R) et uT sera le vecteur ligne associé de M1,p(R).

Pour tousA, B∈ Mp,q(R), on noteA⊙B la matrice deMp,q(R)définie pour tous1≤i≤p et1≤j ≤q par :

(A⊙B)ij =AijBij

où pour toute matriceM ∈ Mp,q(R),Mij désigne le coefficient de la ligneiet de la colonnej.

Pour toutA ∈ Mp,q(R), on définit A(0) ∈ Mp,q(R) la matrice telle que A(0)ij = 1 pour tous 1≤i≤pet1≤j ≤qpuis par récurrence,A(n+1)=A(n)⊙Apour toutn∈N.

Enfin, on dira qu’une matriceA∈ Mp(R)est symétrique positive siAT =AetuTAu≥0pour toutu∈ Mp,1(R). L’ensemble des matrices symétriques positives deMp(R)sera noté Sym+(p).

DÉPENDANCE DES PARTIES

Les parties III et IV sont indépendantes des parties I et II et la partie V dépend des parties précédentes.

PARTIE I

(1) Montrer que pour toutes matrices A et B dans Sym+(p)et tous réels positifs aet b, on a aA+bB∈Sym+(p).

(2) Montrer que si v Rp alors la matrice A = (Aij)(i,j)∈J1,pK2 définie par A =vvT est dans Sym+(p).

(3) (a) Montrer que pour tous u, v∈Rp, on a(uuT)(vvT) = (u⊙v)(u⊙v)T.

(b) Soit A Sym+(p). On note λ1, . . . , λp les valeurs propres (avec multiplicité) de A et (u1, . . . , up)une famille orthonormale de vecteurs propres associés. Montrer queλk0 pour toutk∈J1, pKet queA=∑p

k=1λkukuTk.

(c) En déduire que siA, B∈Sym+(p)alorsA⊙B Sym+(p).

PARTIE II

Pourf :RRetA∈ Mp(R), on notef[A]∈ Mp(R)la matrice définie parf[A]ij=f(Aij) pour tout(i, j)J1, pK2.

(4) Soientn∈N etP : RRdéfini parP(x) =∑n

k=0akxkak 0pour tout k∈J0, nK un polynôme à coefficients positifs.

(a) Vérifier queP[A] =∑n

k=0akA(k)pour toute matrice A∈ Mp(R).

(b) Montrer que si A∈Sym+(p)alorsP(A)∈Sym+(p)

(3)

On pose, pour toutn≥0 et toutx∈R,Pn(x) =∑n k=0

xk

k!k!désigne la factorielle dek.

(5) Soit A∈Sym+(p).

(a) Montrer que pour tout (i, j)J1, pK2, on a

nlim+Pn[A]ij = exp(Aij)

(b) Montrer que exp[A]Sym+(p).

(c) Soit u∈Rp. Montrer queexp[A](uuT)Sym+(p).

(6) Soit d∈N. On considère unp-uplet(xi)1ip d’éléments de Rd et la matrice A= (⟨xi, xj)(i,j)∈J1,pK2

⟨a, b⟩ désigne le produit scalaire usuel entre deux vecteurs a et b de Rd. On notera

|a|=√

⟨a, a⟩la norme dea.

(a) Montrer queA∈Sym+(p).

(b) On note u∈Rple vecteur de coordonnées (exp(|x21|2), . . . ,exp(|xp2|2)). Montrer que (exp[A](uuT))ij = exp(|xi2xj|2)pour tout(i, j)J1, pK2.

(c) Soient λ > 0 et K ∈ Mp(R) la matrice définie par Kij = exp(|xixj|2) pour tout (i, j)J1, pK2. Montrer queK∈Sym+(p).

PARTIE III

Soitλ >0 fixé. On considère ici l’espaceC(R,R)des fonctions continues deR dansR. Dans toute la suite, on désigne parE le sous-espace vectoriel deC(R,R)(on ne demande pas de vérifier ce fait) défini par

E ={f ∈ C(R,R)|∃(a, A)(R+)2 tel que∀y∈R|f(y)| ≤Aexp(−y2/a)}

Pour toutx∈R, on noteτx : C(R,R)→ C(R,R)l’application définie pour toutf ∈ C(R,R) par

τx(f)(y) =f(y−x) pour touty∈R. Enfin on définit la fonctionγλ : RRpar

γλ(y) = exp(−y2/λ) (7) Pour tout (f, g)∈ E2, montrer quef gest intégrable surR.

Pour tousf, g∈ E, on définit

(f|g) =

+

−∞

f(y)g(y)dy .

(8) (a) Montrer que pour tout f ∈ E, on a(f|f)0avec égalité si et seulement sif = 0.

(b) Montrer que pour tout x∈R,τxλ)appartient àE.

(9) (a) Soit a >0. Montrer qu’il existec≥0 tel que pour toutx∈Ron a

+

−∞

exp (

(y−x)2 λ

) exp

(

−y2 a

)

dy=cexp (

x2 a+λ

) .

Indication : On pourra montrer l’égalité

(y−x)2 λ +y2

a =a+λ

(y ax

a+λ)2+ x2 a+λ .

(4)

(b) Soit g∈ E. On considèreC(g) : RRdéfinie pour toutx∈Rpar C(g)(x) = (τx(γ)|g)

Montrer queC(g)∈ E.

(c) Montrer queC : E → E définit un endomorphisme deE.

PARTIE IV

Soitλ >0fixé. On considère maintenant l’ensembleG des fonctionsgs’écrivant sous la forme g=∑n

i=1αiτxiλ)oùn est un entier strictement positif et((xi, αi))1in est une famille d’élé- ments deR2 :

G={

n

i=1

αiτxiλ)|n∈N, ∀i∈J1, nK(xi, αi)R×R}

On noteraH=C(G)l’image de G par l’endomorphismeC introduit dans la question (9b).

(10) Montrer queGest un sous-espace vectoriel deEet que c’est le plus petit sous-espace vectoriel deE qui contient toutes les fonctionsτxλ)pourx∈Rarbitraire.

(11) (a) Montrer qu’il existe cλ>0telle que pour tout(x, x)R×Ron a (τxλ)| τx(γλ) =cλγ(x−x)

Indication : On pourra remarquer que λ1((y−x)2+ (y−x)2) = λ2(y(x+x)/2)2+

1

(x−x)2.

(b) En déduire que pour toutx∈R

C(τxλ)) =cλτx) et que

H={

n

i=1

αiτxi)|n∈N, ∀i∈J1, nK(xi, αi)R×R}

(12) (a) Soient n N et (xi)1in une famille de réels telle que pour tous i, j J1, nK on a xi̸=xj lorsque=j. Montrer que la fonctionn

i=1αiτxi)est nulle si et seulement siαi = 0pour tout1≤i≤n(Indication : On pourra procéder par récurrence surn).

(b) En déduire qu’il existe une unique application linéaireD deHdansG telle que D◦C(g) =gpour toutg∈ G etC◦D(h) =hpour touth∈ H.

(c) Montrer que pour tout h∈ H, on a pour toutx∈Rqueh(x) = (τxλ)|D(h)).

(13) Pour tout (h1, h2)∈ H × H, on note (h1|h2)H =cλ(D(h1)|D(h2))oùcλ est introduit dans la question (11a).

(a) Vérifier que(|)H définit un produit scalaire surH.

(b) Montrer que pour tous x∈Ret h∈ Hon a h(x) = (τx)|h)H. (c) Montrer que pour tout h∈ Hon a

∥h∥≤ ∥h∥H où on a posé∥h∥=supxR|h(x)|et∥h∥H= (h|h)1/2H .

(5)

PARTIE V

On fixe dans cette partie deuxp-uplets(xi)i∈J1,pKet(ai)i∈J1,pK de réels. On suppose que lesxi

sont deux à deux distincts. On noteS ={h∈ H |h(xi) =ai} l’ensemble desh∈ Hqui valentai

enxi pour touti∈J1, pK(on dira qu’une telle fonction est une interpolante). On noteJ : H →R défini parJ(h) = 1

2∥h∥2H et J=inf{J(h)|h∈ S}.

On veut montrer dans cette partie qu’il existe une unique interpolante h ∈ S qui atteint le minimum deJ c’est-à-dire telle queJ(h) =J. On noteraS={h∈ S | J(h) =J}.

(14) Monter queS a au plus un élément.

(15) SoientH0={h∈ H |h(xi) = 0∀i∈J1, pK} et˜h∈ S (on suppose iciSnon vide).

Montrer que(˜h|h0)H= 0pour touth0∈ H0.

(16) On noteH0 ={h∈ H | ∀h0∈ H0(h|h0)H= 0} le sous-espace orthogonal àH0 dansH. (a) Montrer queS=S ∩ H0.

(b) Montrer que H0 contient le sous-espace vectoriel de H engendré par les fonctions τxi)pouri∈J1, pK.

(17) Soient α Rp (resp. a Rp) le vecteur de coordonnées (αi)i∈J1,pK (resp. (ai)i∈J1,pK) et hα=∑p

i=1αiτxi).

(a) Montrer que hα est une interpolante si et seulement si = aK est la matrice introduite dans la question (6) (ici dans le casd= 1).

(b) Montrer que K est inversible

(18) En déduire qu’il existeαRp tel queS={hα}et calculer la valeur deJ en fonction de K et dea.

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