r
\
c Rl MIN ELL E. PAR
T'. lTI
TB,B XPlIt
'pf)~'même que celle qui a été ordonnée ci- deffus; c'eft..à-dire~que le-Juge en niera de même à l'égard de cetAccufé, qu'envers Celui qui s'eïl d'abord misen refus derépondre. Ilneluinom..
mera point de Curateur; mais il lui fera fur le champ trois In..
terpellations , en ,lui déclarant que fon Procès lui fera conti- - nué J comme à'un Muet volontaire, êc que' tout ce qui fera fait pendant fort filence ou refus de répondre, fubfiftera' contrelui, Il lui donnera un Délai " s'il le juge
à
propos ,·po,Ut répondre;& s'il perfifteaprès-ce Délai, il continueraI'Inftruûion contre lui comme Muet volontaire, fans qu'il {oit befoinde
lefaire ordonner par le,T!ibunal. Sur chaque Article des Interroga..
toires &desConfrontàtlous,ilfera mention gue l'Accufé a voulu répondre. Enfin, s'il s'eft .mis ~11 refus de répondre lors de la Confrontation,& qu'il fe mette.enfinteendevoir dele: faire;t'.i~
ne
pourra
plusfournir des Reprochescontre
les Témoins, qu'en~_esjuftifiant
par
Piéces,Le
touten
conformitédes Artl
7,8,!}. ,10 du préfent Titre.·' - . ,
,~ .--,>
~~ '~~+*~",
,': -,
~+*~~~+*- ..,
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~+*~~~~~,~;~.+ ~~~+ ~~~+.~~~~-+,
.. ..,- ,-T .1 T R E .. X. r. X. -
Des Iugemen: &Procès'-~~~6azù~ a.ë. QuéflJoli.
- es Torture. . ... '-, .
,
CE
Titre contient douze~rticIes.
pans le premier, il eft parlé des Cas où la Quefiion peut
être
ordonnée. .
Dans le fecond'J. de la Queftion ,·avec
r.éfer"ve de'
Preuves en leur e n t i e r . ' .Dans le troifiime,
de la Queftion'.préalahle
Jou
de celle ordon-née par le.Jugement de Mort. \
D(m~.1~ quattieme, de
la
Confrontation del'
Accufé aux COl11~. pliees qU'il'revélé àlaQueûion. '."'" ,.\ "
Dans ~e .cinquléme , 'du,Pouvoir e~çlufif..qll'
?l1
t~les COU~ d'(jr~,.donner que I'Accuféfera feulemenr préfenté àlaQu~jhc>n.
Dans le fixiéme , 'de \la Rédaêion , Signature'
&:
P~ononciationdu
JugementdeTortare à l'Accuré. .
Sfffij
....,
692 . '1 N S"T R UCT l ,0 N
Dans lejeptifime , de la Néceffité de la Confirmation des
Ju~
gemens de Torture par les Cours, pour pouvoir être exé- cutés.
Dans le huitiéme, de l'Interrogatoire de l'Accufé , avant qu.e
d'être appliqué
à
la Quefiion. . , "Dans' le neuviéme,des Juges pardevant qui te donne la
Queftion~
&du Procès .. verbal qu'ils doivent drefler à ce fujet. . Dans le dixiéme, de la Maniere dont les Juges doivent fe.com-
porter pendantlaQueftion,lorfque l'Acculé confeffe ou qu'il varie dans res Réponfes , &de la Défenfe de le remettre à la
Queftion après qu'il en, a été t i r é . . Dans le onz.iéme, d'un autre Interrogatoire
qu~
doit [ubirl'Ac~,
. curé 'a
pres la
Q u e f t i o n . . ' . . Enfin ,dans le dou"{iéme, de la Défenfe de mettrel'Accufé deme
fois
à la
Queftion, pour un même, fair,=
A R, TIC LEP
,'RE
'M J E R.
.»
S '1 L Y a Pr~U"ve conâdérable contre l'Accufé~
»
d'un Crime qui mérîtePeirie de Mort, &. qui foit
Il
congant; tous Juges poqrrant oxdonner qu'il fera
»
appUquéà' la Quellion , 'au Cas' que ·la Preuve 11~
»
foit pas fuffifante. '
SOM MAI R l.
,
1.Queflio1i, de deux fortes, relative.· VII. Qu'efl-ce r;:u~UM Preuve cOlifi~'~'
[mem.lilaProaedure. rable? . . "
11. Queftion preparatoire~ ce que c'efi, VIII.. Pteuve l'eflimoni~le, quand'
. ~.co~~e.nt ~.ru~dillife? peut donner lieu
a
la forture? ' Ill..}'fOLS~on~Lt'ZonsnéceJaires,. p(Jiur IX. Preuve littérale"quand piut-elle.qU.L~1. au lzeu el cetteQueftion.· f~fJi,..e? . . .
IVrCefld~,l~.~~rt Natu.r~lle e;r~~1! ~. Pre~~e 1locale"ce gue .c'èfl? N'a de la Mort ~lllzIe ~dontzle.ft parlé parla m~ef~rceparml !VouS'que'
da~s_cet ,Amc1,& .,' " " > . • chef les Rom"azl,lJ'.: . ' .
y.
Q~~: ~ot:t~onent,endre'pa~~orps de ,X,I.: !retwe ,.ûJnjeéturale ':'de :quelle.Del~~ confl.ant? " . .{Qrce peu~elle ~~re en pareilCas?
V1. ~{)our1Juo~ Jaltt~~l unePrelweçon~' XlI. On ne peu,t, établir de Regl~'
flderable~. f.ertaineI~r ~è~ Point•..
CRI MIN E L LE.
PART. I.r.
TREXJX.
693X~IL Reglè genirale, établie' par XI V_ Formule du Jugement de Tor;
l'Ordonnance de la Lorraine, par ture.
rapport à la qualite des Accufés.
1
Lcû
parlé dans cet Article &les fuivans de ce Titre,des
Cas où laTORTUREpeut être ordonnée) & des Formalités qui doivent être obfervées, en procédant
à
l'exécution du Jugement qui l'ordonne. Al'égard desPrincipes particuliers qui concernent te genre de Peine, c'eû-à·
dire, dès Motifsqui
l'ont fait intro...duire , des différentes Efpéces de Torture qui font ulitées dans les divers Tribunaux , des Perfonnes qui en font exemptes, &
enfin, du Degré de Preuve
qui
en peut réfulter; nous avons eu lieud'en traiter amplementdans les,INsTITuTES au DroitCrimi..nel , fous les Titres de la Preuve & des Peines. Nous n'en par..
lerons donc ici1que relativement
à
laProcédure qui doit l'ac- compagner.I. LA Queftion confidéée fous ce point de vûeJ' eft d'abord 'pivifée en Préparatoire ou Provifoire ,&.Préalable ouDéfillitive~ nous aur~l1s lieu de parler decetredernlere fur l'Art. 3 ci- apres.\
1
I.
LA Queftion Préparatoire qui fait l'Objet particulierdu
préfentArticle, eû ainfi appellée ;.parce qu'elle eftportée parun Jugement préparatoire, &qu'elle eûun moyen ouvehicule pour parvenirà
re~tiére ConviB!on der
Ac.c~fé. ",Cette Queûion Préparatoire ~ft fubdivifée en QuefilOn avec -rejêrJle de Prelt1l8s',& Queftion jans réfirye de Preuves /Elle l'efl auIIi ,en Queftion ordinaire & en Queftion extraordinaire.
n
fera parlé. des>deux pre~ieres\ fur l'Article fuivant , & des deux dernieres fur 1Art. lOCI ..apres.
IIJ. PAR cet Article, l'Ordonnance détermine les Cas où là Queftion Préparatoire peut avoir Iieu, Elle exige pour cete1f@t' le concours des trois Conditions fuivantes, Lapremiere, que le Crime mérite Peine de Mort; lafeconde , que le Corps du Délit foit conûant ; & la troifiém« enfin, qu'il Yait déja au Procès unePreuve confidérable,&
qui
néanmoins ne [oitpa5
fuffifânte , pour donner lieu à une Condamllatiotlà
Mort. .' 1V., L'O
R DON NAN CE veut, en premierHeu,
que leCrime flii deNaut.re a
mériter Peine de -Mort. Ce qui doit s'enrendrei ,
l ,
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l, 1:
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'1. :
694 ' '
I N .s T R-U C T ION . de la lVlart
naturelle,telle que celle qui réfulte de la Condam- nation à la Potence,
àla Roue &c.
&non pas fimplement de la
Mortcivile, telle que celle qui réfulte de la Condamnation aux Galéres perpétuelles.,
&au Banniffement perpétuel; parce qu'en effet, li la Queftion était ordonnée poUt des Crimes qui mériteroient feulement des Peines affiiél:ives, il s'enfuivroir, que le moyen pour parvenir à la Preuve du Crime feroit plus rigou.
reux, que la Peine même que le Crime
pourroitmériter, la Queftion étant, comme nous le vetrons fur l'Art.
13du Ti
t,2)' ,
la plus grande de toutes les Peines, après celle de Mort?
P
rœparatorium effet gravius prœparoJot5Cex
modo prohandigra~
1'ÙtS puniretur
9
uttmex modo condemnandi.J
UL. CL
AR.Queft.
61 ,no 1· .
. V. L'O
RD 0 NNAN CEveut en fecondlieu, que le
Corps du]Je/li
jôit
confiant, c'eft à-dire ,qu'il foit évident & hors dedoute
Jque le Crime a été réellement commis,
priàs conjlaredebet de Delic10
JL,
4',jJ.
deConfiff. Nous avons vû fur l'Art.
1er
du
Tir,4' , ce qu'on doit entendre par
CORPS DEDÉLIT&~a
Ma'"niere dont il doit être prouvé. Nous avons difiingué à cet égard les Crimes qu'on appelle De/iéta Faéli
permallentis, dontla' preuve du Corps du Délit s'acquiert par les Proces·verbaux de~
Juges
&par le Rapport des Médecins
&Chirurgiens;
&ceux qu'on appelle
Deliéla Faéli tranjëutuis» dont le Corps duDélit ne peut fe plouver autrement que par les
Dépofitionsdes T é~
moins, parçe·qu1'lls ne
lai~elltaucune trace après eux. , VI. L'O
RD.ONNA C~ veut en troifiéme lieu, qu)i1 y ait
Prelweconflddrable, que c'eft r Accu[é qui acommis le Crime;
parce qu'en effet, quoique la Queftloh n'ait été établie dans le Principe
Jque commeun Moyen pour parvenir à la ConviB:'ion
de l'Accufé
Jelle ne laiffe pas,
àcaufe de la rigueur extrême avec laquelle elle s'exécute, que d'être regardée parmi nous çom~e une véritable Peine, ainli qu'on le v~rra fur l'Art. 1?
~u ~
it.~~ de celte Ordonnance; &pat cett~ ralf~n', e}le Ile doit
~tre l11fllgée
icomme les' autres Peines, qu enfuite dune Preu- ve, finon complette
Jdu moins qui [oit conûdérable) Be tello qu'en
yjaign~ntl'Aveu que l'
Accur~feFoit dans la Queftion,' cette Preuve pourrait fuffire pour opérer fa Condamnation à l~
Mace. ..
CRI MINE L LE.
PART.1.
TITREXI!. 691
, V r 1.
MAr sde quelle Efpécedoit être
'cettePreuve, qui, jointe à l'aveu de l'Accu ré , pourrait fuffire pour opérer fa Con...
vidion
?Cleft ceque l'Ordonnance
pedit point par cet Arti...
cle ni dans les fui vans' ; d'où
ilfemble qu'on doit conclure
~u'elle
a
voulu s'enrapporter-fur
cepoint à la prudence des Juges. Auffi tous les
Auteursconviennent qu'on ne peut pref..
etire
aucune RégIe bien certaine à cet égard.
fT.J
u1. CLAR.Queft. 64,
11. 1j.Cependant
ily a fur ce point des Principes généraux
quidoivent fervir de guide aux Juges en pareil Cas.
Nous avons tâché de les recueillir avec le plus d'exaûitude qu'il nous a été poffible dans nos Infiir, au Droit Criminel, où nous avons difiingué quatre fortes de Preuves. La
TeJli~moniale
qui fe tire
dela Dépofition
desTémoins. La
Littéraleou
/njlrumentalequi fe tire des Piéces
authentiques ou,recon..
nues par l'Accufé. La
Focalequi fe tire des Aveux
&Confef..
fions de fAccufé dans fes Interrogatoires
&Confrontations.
Enfin la Conjeéluraie , qui fe tire des Indices
&Préïomprions ,qui s'éleveni contre I'Accuïé, '
VIII.
1°.A l'égard de la-PREuVE
TESTIMONIALEinous ayons obfervé que ,pour'
gu;JeHefait
cemplerte , &telle
qu'elle' puiife donner lieu aune Peine Capitale, ilfallait, fui ..
vant la Loi
&les Auteurs, qu'elle fût fondée fur les Dépofi- tiens
uniformesde deux Témoins
omni escepdone Majores,pour que ces
Témoins[oient réputés tels, il faut
plufieurschofes ;
.(0.qu'il n;y ait aucun Reproche à leur oppofer;
2~.qu'ils fbient entendüs dans un Aéte juridique;
3°.qu'ils
ay~nt~té
récollés
&confrontés à l'Accufé ; 1°. que leur Dépofition concerne
diredement le Fait duCrime, & non pas feulement fes Circonftances ; So. gue cette Dépofition fait d'ailleurs précife fur le fait de ce Crime, c'eû-à-dire, que ce Témoin dépofe comme l'ayant vû,
o~entendu
s'il s'agitcl'
11;jureseu de
Blaf phl'mes,&non pas fimplement par
oûïdire; 6°.enfin, qu'H rende
~aifon
de cette
D~pl)fitionfans
vacilùr, '&comme en ayant connoiflance par' les fensCorporels, . .
Il fuit de-là, que pour fonder cette Preuve
cOlzfidéra1Jle, &telleque l'Ordonnance l'exige pour donner lieu
àla Torture,il fau...
droit',qu'outre la Dépoûrion d'un feul
Témoin irréprochable,
<:.lui ne forme qu'une femi .. Preuve, il yel1t encore quelques in..
dices , .telsqlle ,ce.ux,réfult.ans des Déclararions extrajudiciaires,
696 1N S TRU C T
ION
de la mauvaife Réputation de l'Accufé ,& autres dont
il
fera parlé ci- après.Parconféquent, la Déclaration faite par un Condamné
à
Mort, ou même par un Bleflé mourant, ne pourroit fuffire pour donner lieuà
ce genre de Peine, quoiqu'elles feroient d'ailleurs capa:' bles d'opérer l'abfolurlon entiére de l'Accufé , fi elles étaientà
fa décharge. Suivant l'Ordonnance de S. Louis en 12)t,
con- forme fur ce pointà
la Loi, Ex eo quod,ff.
de Teflibus, la Dé·politiencl'un feul Témoin,Homme de bienJ qui dépofe avoir vû donnerle coup, peut fuffire, pourvûqu'ellefoit appuyée fur d'au-
tres indices confidérables.' . .
IX. 2°.
QUANTà la
PREUVE LITT~RALE,nousavonsobfervé, qu'à l'exception decertains
Cas,
où cette Preuve peut fuffire pour opérer la Convidion de l'Accufé, comme en fait de Faux, Libelles Diffamatoires, Hérefie ,Confidence, Uïure, Conjuration envers le Prince, SubornationdeTemoins,
elle ne pouvoit, en général, être regardée ,que comme une Preuve imparfaite: enforte que pour qu'elle puiffeformer cette Preuve çonfidéra61e, telle qu'il la faudroit pour donner lieu àla Tor..ture, elle devrait néceflairement être Ioutenue de quelques In..
d~c~$ ~
Ptéfgrnptions~
oude la Dépo~ition de
quelqueTé~
mmQ, .
~, t>~ 'Q
UAN Tà
la PREUVEVo
CALE,nousavons
obfervé que ~9US rie fuivionspas,
du moins en, Matiere Criminelle, la Maxime du Droit Romain, qui veut que Confèffus Fro jlldicato ha6~atllr;& que la 8onfeffion der
Accufé , même celle qui fe fait ,enJ
u~emel1t) ne pouvoirformer unePreuve capable d'opé- rer f.a C~mdaml1ation, Iuivant cette'autre Maxime fondée fur Je Droit Naturel ,/Vçmo auditur perire volens. Ainfi , dans le Cas-où l'Açè~fé , après avoir fait l'aveu de fon Grime en Juf....tice ,
!
&~
plus forte raifon extrajudiciairement,) viendroità
le r~traae~, l'on ne pOp'rroi~ le condamner àla.Torture fur le fon- clement de cet Aveu ,à.
moil1~ qu'il n'y eûtd'ai1le~rs des,Indi'i ces & Préfornptions ,qUl tendiflene à.en prouver la fincérité, .,XI.
19,. ENFIN, quant àlaPREvvE CONJECTURALE,nous avons 'diftingué deux fortes d'Indices) les prochains &:les iloiglZés. Al'égard des premiers,nàus~âvon~ obfervéqu'ilspou~
voient
fuffi~e lorfqu~i1séroiene prouv.:
ésd'ailleurs
,p~r deuJ' ~é.,mo1tl~
CRI MIN ELLE,
PAR T.t.
TI 'tRIlXJ
X. 697 moins irréprochables, pour donner lieuà
la Torture. Nous avons même ajouté, qu'il yen avoir parmi ceux...ci, de tellement /lrgensP4
r la liaifon néceiTaire qu'ils avoient avec lefait du Crime, qu'ils pouvaient donner lieuà
la Condamnation de PAccufé , fur-tout s'il s'agifloit de Crimes occultes & de difficile Preuve;& ce font ceux dont il et!: parlé dans le Droit, fous le nom
d'Jlldiciis indubiuuis <Je luce, clariorib.
V. L.
Fùz. Cod. de Teflih.&L.ExcipiulZ!ur.
.If.
ad Syllarz. Comme, par exemple, en fait de 11leurtre, lorfqu'on a vû l'Accufé les Armesà
la mainJ &ayantlaface pâle&: émuë ,qui fartait du Bois, de la Maifon, ou du Lieu où a été trouvé un Cadavre mort de Bleffures, & gu~ . les Bleflures qui lui oüt caufë la mort , font reconnues avoir été faites avec les mêmes .Armes que l'Acculé avait à,la main.•••
Et
en fait de1701, lorfqu'on a vû l'Accufé fuir de l'Endroit où le Vol a été fait, portant un Paquetà
la main; ou bien lorfqu'on trouve chez lui la Chofe volée, fans qu'il puifle dire d'où elle lui vient. P, Ju1. CLAR. Liv, )' ~. Fin. Queû, 23.. .Pour les autres Indices prochains, qui ont feulement une liaifon immédiate avec Jes Circorflances du Crime, nous en avons donné pour exemple c~ux qui réfultent des Menaces ,de , l'InimitiéCapitale, de laDépofition d'UllTémoin par oÛt dire, . de l',d'J'eu fait extraiadiciairementparl'Acrcufl, de la Fuite de' l'AccuJe aulIiw
rôr
après le Crime , & avant qu'il y ait aucune Pourfuite contre lui; d'une Ecriture pri'vée non reconnue par Z'ACCl{é; des Contradic1ùms&CFariations de l'AccuJ?J dans fes Réponfes fur des Endroits effentiels de fan Interrogatoire; de la Commune renommée Olt Bruit public, fur- tout lorfque ce Bruit vient des Parens & Amis de l'Acculé. Ces Indices ne peuvent former une preuve fuffifante pour laTorture, qu'au-:tant qu'ils font en certain nombre, fuivant la MaximeJ QuaJùz':
gula flan profunt ,jimul colldla jUJlant ,
à
ladifférence de ceux de la premiere efpéce, dont ~11 feul étant, prouvé par deux Té..moins fans Reproches pourraIt fuffire , fuivant la remarque de JULES CLARE,; d'après ALEXANDRE en fon Confeil 77.
A.dTortl!~a,!,- fit/ft.cit. ,UIU/lr: J!zdici~m legitime prohatum..qua:l~o
if!
proxlmum malificlo,,(edJi
fit remotum J ut fama )fuga,ut:....micùia ,minœ )plura requiruntur.
r. J
U L. CLAR.Queft. 64. . cA ,1'égard des Indices éloignés, que l'on appelle .ainf , parce' qu'ils n'ont point unRapport immédiat avec lefaitduCrime,ni avec
fesCirco1if!.a!t~e~; &qu'ils peuvent être
produitspa;
. ,r
ftt .~1 ;
Il;1
" t:C - /~", ~. . . . ,
f f l'No ~.\t~'.~'_ ~..~ f!l.1...,l~'JtJ"~U...:.~~.JI
~98
r N S TRU C T ION
différentes Caufes qui peuvent les faire appliquer aux
Inne-
cens comme aux Criminels, tels, par exempleJ quela
mau'Jla~fl Réputation de l'Accufé, fon état de J7agabolld ~
Gens fins aveu ,le Changement de couleur, leTremblement de
fa
'VoixJfin E'J'afiolt après les Pourfuites commencees contre luiJ&Cc. Nous avons obfervé que ceux -ci,
à
quel nombre qu'ils puiffent monter, ne pouvoient jamais former une Preuve affez confidérable pour donner lieuà
la Torture, mais feulement for ..mer des Adminicules qui fervent
à
fortifier les autres remi-Preu- ves,' dont nous avons parté ci-devant. A la vérité,il Ya de cer...tains CasJ fuivant
J
ULES CLARE, où étant jointsà
quelqu'un des Indices prochains ci·deûus , ils
peuvent former une Preuve capable de déterminer la Punition de l'Accufé. Ce qui a lieu principalement en fait de Crimes qui font d'une Preuve difli...cile; Famajwzéla cum uno TeJle non probat plene in CTirti:î·
nalibus , nifi ttliœ fint conjecturee 'Pel adminlcula. • · • •~,' ~· ..~.
Exeipiendllm ubi vertetur diflicultas probationisi Fama jzmita cum alleuibus adminiculis fûfficit ad condemnandum,
V. J
U L.CLAR. Queft. 63.
XII.
Au
RES T EJ il faut convenir avec cet Auteur , qu~on ne peut donner une RégIe bien certainefur
laQualité
&le
Nombre des Indices néceflaires en pareil Cas; & que l'on eftobligé
de s'en rapporterJ fur ce point,à
la prudence desJuges,;
Qu~ Indicia /ùflicianl adTorturam non potefl dari cetta doc1n- na, [èdpariter relinquitur Judieis arbitrio.
V. J
UL.C
L AR;Queft. 20, n. i, & Queft. 64', 'Very. Dixi quoque. '
'XIII.
SUI V AN Tl'Art.
13du
'I'it, 10 de l'Ordonnance pOUf la Lorraine, les Juges doivencêtre plus retenusà
condamner a l'a Queftion, les Femmes, les jeunes Garçons, & les Perfonnes diftinguées par leur Emploi ou par leur Naiïlance , que les Per..fonnes robuftes &de Condition vile.
. X1V~ \ FORMU LEde Jugement ..dc Torture.
Et&trait des Regi:flres de • • • • •
. va
le Procès Criminel extraordinairement fait & infiruit àla Requêtè de ••••• &c.(vifer la Plainte, l'Infor.mation, Interrogatoire,' Recollement, Confrontation, Conclujions de la Partie Publique, Interrogatozre fur l,a Sgl..lette) oiii le rappor~ de. , •.• , :Tout confidéré, N?us ••..•avant ,que de procéder au Jugement définitif, ordonnons que 1Accufé fera 3P.p}lqué il la Queilion ~rdinairé f:r Extraordinaire, &- interrogé fur les Falts té...
SOM M AIR E.
CRI MIN E L L E. PAR
r,1. TI
T1t!XIX.
699 fulrans du Procès en préfence de ..••. affifié de ••••• ~pour, fan Inter- rogatoire fait, rapporté &communiqué au Procureur .•••:•• être ordonné ce que de rairontARTICLE II.
»
LES Juges poul'l'ont auŒ arrêter, que .nonob /bnt ) la Condamnation à la QueRion, les Preuves (ubiiH:e...
»
rent en leur entier, pour pouvoir condamner l'Ac...
»
cufé à toutes fortes de Peines pécuniaires ou
afHic~»
rives; excepté toutefois celle de Mort, à laquelle'
»
l'AccuCé qui aura fouffer.t la Quellion [ans rien avouer]
»
ne pourra être condamné, fi. ce n'efl qu'il furvienne ) de nouvelles Preuves depuis la Quefiion.
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ce!ujèt. . V. De quelles nouvelles Preuvesl'Or~~donnance veut-elle parler?
VJ. L'Accufé qui n'a rien avoue dans la Queflion avecrefer~e de ;~reuves,
peutNil obtenir des Dommagës &'
Intérêts? .
=
J. Ejfet.de la Queflion,fans réferve de Preuves.
Il. Quand la Queflion avec ré[erve de Preuves peut avoir lieu?
III. Que doit faire le"Juge lorJqu'il n
y
a Preuve fuffifante ? '1V. Lettre. de M. le ClzafLcelierDa..
LA
Difpofition decet Article adonné lieuà
une Diftinélion . de deuxfortes de Queftions ou Tortures, l'une[ans réfln'e de Prem/es, l'autre avec réferve de Preuves. Cette Diftinétion eft auffi marquée par l'Art. J3 du Tir, 2) de cette Ordonnance. .I. L'E F F ET de lapremière de ces Queitions, eû de pur- ger tous les Indices &'les Preuves qui étoient acquifes contre l'Accufé; de maniere que s'il n'avoue rien
à
la Torture, ildoit être renvoyé abfous, &l'Accufé déclaré Calomniateur. C'eftla
Difpoiition del'Article 164:de l'Ordonnance de 1j 39. .Cette efpéce de Queftion eft rarement ordonnée par les Ju, ges , au moyen de la Défenfe qui leur efl: fai te, par l'Article pré..
cédenr , d'ordonner la Queftion Iorfqu'il n'y a pas de Prezwe c()nfidéraoiei &
elle
nepeut par
conféquent avoir lieu"que
Iorf..·, Tt
t tij
-~---_.•._.._-_..---~~~---~---_._-~---~-~- _._~'-
700
1 N' S TRU C T ION
que les' Indices qui forment cette Preuve confidérable , ne font pas du nombre de ceux qu'on appelle Ul'gelzs &. Néceffaires.
C'eft auffi la Remarque de THEVENEAU,
u-.
S, Tit. 18',lut.
t,
& deF
ABE R, en fon Cod. Defin. 9 &: 2).Il
n'y a même, fuivant BOR NIE R, fur cet Article, que les Cours de Parlement qui ayent le Pouvoir d'ordonner ces fortes de Queftion&., II. LA
Quertioll avec réferve de Preuves, dont il s'agituni....
quement dans le préfent Article, ne doit avoir lieu au con"
traire, comme étant beaucoup plus rigoureufe que la pr€miere, que lorfque la Preuve eft fondée fur' des Indices Urgens & Né'~
ccflaires; ou du moins, lorfque ces Indices font accompagnés d'une femi -Preuve, & que leur réunion forme une Preuve telle..
.ment confidérable contre l'Accufé, que quand même iln'avoue..
rait rien
à
la Torture J on ne devrait pas laifler que de ,le condamner àquelque Peine; pourvU toutefois que cette Peine ,fût moindre que celle de Mort, la Torture ne pouvant être ordonnée, comme nous l'avons vCL fur l'Article précédent, que lorfqu'il n'y a pas une Preuve fuffifante pout condamner àcette
~derniere Peine. C'eft auffi par cette raifon que, l'Ordonnance ajoute par ce même Article, que dans le Cas
011
il furviendroit de nouvelles Preuves depuis la Queftion, cette Peine de Mort pourra être prononcée contre lui. . 0 .Ill. 1L réfulte par conféquent de la Difpofition
d~
cet.Ât~
ticle , que lorfque leCrime eft de Nature à mériter la Peine de Mort ,.& qu'il n'y a pas de Preuves fuffifantes poqr.en con..
vaincre l'Accufé , les Juges ne doivent point le condamner à une moindre Peine, qu'après qu'ils auront ordonné la Ql1èftion~
fi la Preuve eft déja confidérable; &fi cette PreUve eft légere, ils doivent ordonner feulement un plus amplement Informé, dont il fera parlé fur l'Art. f du Titre20
ei~après.
C'efl ainfi que l'a décidé feuM. le ChancelierDA
GUE 5SE NU ,à
l'occa...fion, de l'Ufage abufif où étoitle Préfidial de Befançol1, de con , damner les Accufés à.des Peines au-deifous·de celle de Mort, lorfque la Preuve n'était pas -complerœs& néanmoinsde dé..
clarer par leurs Jugemens les Acculés dÜ~ment atteints & con" 1 vaincus. Voici les termesde fa Lettre adreflée au Prévôt Gé- néral de la Provincej.e» date du'1; Janvier 1731'
, ,
VI. NoUs avons dit que l'Accufe ,qui n'avoit rienavoué' (lans la. Quefl:ion fans réferve de Preuves, devait être renvoyé abfous , & fon Accufateur déclaré Calomniateur; aux 'termes de' l'OtdolUia~ce de IlS3'9::pat conféquenr, il pourr.oit obte~iï pans
Je fuis &c. Signé, DAGUESSEAU.'
V. PAR l'es nouYellesPrez~'JJes dont if eft parlé dans cetAr.- Hele, l'Ordonnance entend fans doute celles qui peuvent fur...
venir, ou pat des AdditiO/lS
et'
Information , ou par un lZou'J!el 'Ituerrogateire, ou enfin par le Recouvremenz de quelques Pieoesde Cd/lvic1ion. Ces nouvelles Preuves doivent s'acquérir aulli-tôr après la Torture; de maniere qu'elles ne puiflent retarder le Jugement définitif: & par cette raifon , on ne pourrait être reçu
à
obtenir un MOlZit-oire àfin de Ce.les procurer, àcaufe des trois.Publications qu'il exige. V.au furplus ce qui fesa dit.
à
Gefujet
fur l'Article: 12 de' ce Titre,'CRIMINELLE.
PART.1. TITRÉ
'XIX. 701IV.
CoPIE de la Lettre de M. le Chancelier DAGUESSEAUau
Pré1Jôt Généralde Franche - Comté, en date du 4: Janvier II73i.;,
.
MM 0 N SIE UR, j'ai reçu le Mémoire' que vous m'avez en";
'; 'voyé fur l'Affaire du nommé François BoiTu: j'ai ét~ fort fur..
if) pris de l'Ufage dans lequel vous me marquez que font les
ltJ Officiers du. Préfidial de Béfançon , de déclarer, les Accufés
:»atteints & convaincus de Crimes dont la Preuve n'eû pas
~cornpletre , & de les condamner en même - tems
à
quelquelJJPeine. Cet Ufage eft un Abus qu'011 ne peut tolérer,& au-
~).quel j'aurai foin de remédier. Ou laPreuvè du Crime eft
~ complerre , ou elle ne l'dt pas : au premier Cas il n'eft pas
1)) douteux qu'on doit. prononcer la Peine portée par les Ordon-
~ nances. Mais dans le deraier Cas, il eft auûi certain qu'on ne
~ doit prononcer aucune Peine, & qu'on ne peut ordonner que :l7.la Queftion ou un plus amplement Informé, fuivant la Na-
~'tUre des Crimes, ou le genre des Preuves. Sicependan~,;
O,lvous avez acquis contre François Boûu une Preuvecomplerre .. d'autresCrimes ,que du Cas Prévôtal dont ileft prévenu, vous
O:Jpourriez le condamner aux Peines que ces autres Crimes mé~
D'.1îÏtentJenayane attention de,mestre dans votre Ju,gement,
~)qu'i111'a étérendu qu'à la Cfiarge de' J'Appèl, conformément
D) àla Difpofition de l'Article 11: de laDéclaration du Roi, du:
:-' J Février 1731•
702
l N S TRU C T ION
ce Cas
des Dommages & Intérêts contrela Partie Civile, 8è même contre le Juge, s'il
paroifloirqu'il
yeût de la
Vexation, évidentede la
part de ce dernier. Mais il n'en feraitpas de même
de1'Accufé,
qui n'auraitrien
avouédans
la Queftion avecréferve
dePreuves: comme celle-ci
n'dlordonnée,
que lorf..qu'il
yadéja unePreuve
confidérablecontre l'
Accufé~&telle qu'elle
peutfuffire paur le
fairecondamner
à une Peineau..
deffous
de celle
deMort, il
s'enfuit que) quand même 1'lnno...cence de cet Accufé viendroit
àêtre reconnue
dansla
fuite, aprèsqu'il auroit fubi
cetteQueftion;
&qu'il
aurait été con-damné en conféquence
àquelque
Peine affiiaive,il
neferait pas
pour cela fondéà
répéterdes Dommages
& Intérêts contrela Partie Civile, Par la même raifon , quand même
cetAccufé ferait
mortà la Torture,
fesHéritiers
ne feraientpoint
endroit de
répéterdes Dommages
&Intérêts
contrela Partie Civile, en faifant purger la mémoire du Défunt. AinU jugé dans l'Af..
faire de LAN GLADErapportée aux Caufes Célébres. '
Il n'en
feraitpas
.demême,
fila Condamnation à la Quef...
tian
avaitété rendue fur une Preuve fournie par
des Témoins quiauraient été fubornés par la Partie Civile; ou bien
fila Partie
s'était fervid'autres Moyens frauduleux pout acquérir
cette
Preuve. .
•
.ARTICLE III.
l!
PAR le Jugement de Mort il pourra être ordonné
»
que le Condamné fera préalablement appliqué à la
».
Queflion , pour avoir Révélation des Complices,
SOM MAI R E,
Il Queflion préalable, ceque c'eft?&
IV
1 D0inél:ion mm les Revelationl cQmment s'ordonnel 'que fait l'Accufé pour fa propre IL Cas où elle peut avoir lieu. Decharge, &' celles qu'il fait pour..II~. Quel
cft
l'~ffit de la ~e1/ela... charger. un autre.tzon des, Compizees? .'
I.L A Dirpo~fition
de cetAttide ; donné lieu à la Difiinaiorî
de la
Queftion~.enPr~aratoi(e ften
~réalaQle.Il n'eft parl(
CRIMINELLE. PART.'!.
TItREXIX.
703
ici
que dela
derniere , qui s'ordonne contre 1'Accufé déja con...vaincu de fan Crime, pour l'obliger àdéclarer fes Complices, Celle-ci ef portée par le Jugement même qui contient la Con..
damnation de l'Accufé; & .c'eft pour cela qu'elle eft auffi ap'"
pelIée Queftion Définitive .. mais il faut que cette Condamnation fait
à la
Peine de Mort. 'II. CET TE Queftion
a
ordinairementlieu dans les Crimes
qui font de Natureàne pouvoir être commis, que parle
con- cours de différentes Perfonnes ; ou lorfqu'il paraît par les Char";ges & Informations, que l'Accufé n'étoir pas feul
lorfqu'ill'a
commis; &
qu'il
était accompagné d'autres Perfonnes queles
Té- moins n'ont pû connaître ni défigner, faità
caufe del'éloigne~menr , foit par
l'obfcuriré
de laNuit,
ou d'autre, maniere. , Elle alieu auffiJ lorfqu'ilya
des Complicesdécrétés aumême Procès, contre lefquelsi111"y
auroit pas des Charges fuffifal1tes pour les condamnera
la Queûion, fans la Déclaration de l'Accufér , Au refte, ce n'eû que dans le Gas où l'Accufé refufederé-
véler les Co1nplîces, qu'ily
a lieu d'ordonner cette Que1tian;car s'HIes déclarait volontairement& d,'u11e maniere
qui
paroiife- IincereJ,il n'y aurait pas lieu del'
ordonner,, Il J. L'
EFFETordinaire de ces fortes de Révélations, quand
elles fant faites par l'Accufé, eft de faire décréter celui contre' qui elles font faites, eu
égard
àlaQualité
des Perfonnes & ft la vraifemblance de la Déclaration. Il ya auffi des Cas, où elles peuvent faire ordonner la Torture, comme en Fait deCrime
' deLe{e-Majeflé,
de Sacrifége, de Conjuration &Confpiration, defauffi M01llloie,
qui ne peut fe faire fans nombre de Gens, cl'Herijie,
& d'AffajJinat prémédité. PAP0 N,Liv, 21, n. )' dit que, dans ces fortes de CrimesJ les Déclarations des Complices, valent contre'un Tiers; & qu'elles font même Fai pleine & en..tiere , de maniere qu'on peut
pafler
àlaCondamnation, quand.elles font faites par pliifieurs; & feulement àla Queftion, quand elles ne font faites que par un fiul, &
qu'elles
fetrouvent d'ail~
leurs accompagnées d'autres Circonftances. & Indices. ' ,A l'égard des autres Crimes) le même Auteur ajoute, que
les
~évélatiol1s de plufieurs
contre une même Perfonne, ne pour.l,oient fuffire que pour la Queftion; c'eû -
à-
dire, que dansces derniers Cas, la Déclaration d'un feul ne fuffiroit pas,à
moins,quelles Indices
&Préfomptions qui y feroienr jointes, ne furo
, .
j '
.701
.,1 N S T, R U ,C T ION
fent bien
,pJ9.~preifantes}
que celles des autres Crimes) donton
,a parlé.,ci-devant.
Au Iurplus , il faut également dans tous ces Cas, que la Dé..;
clatation fait foueeoue, lors de la Confrontation, par le Criminel aux Complices , fi ceux-ci font arrêtés fur le champ- C'eft ce qui réfulte de la Difpofitiol1de 1'Article fuivant.
, A' R T l C 'L' E' 1 V.
i»)
SI celui qui aura été condamné à More par Juge....
" ment Prévôtal. & en dernier Rellorr , préalablemen~
"appliqué à la Quêll:ion, révele auCun de IesCom-
"pliees qui foient arrêtés fur le champ; la Confronta-
" rion potirra en êtrefaite , encore que le Prévôt n'ait été·
" déclaréCompécen:t'pour connaître des,Complices: fera
ll. tenu néanmoins. de faire. après juger fa Compétence. ,
, ' ," P 2
MMAI RE~=
1 •
l'v. IL
faut'encore diftinguer, par rapportà
ces Déclarations que fait l'Acculé contre les Complices, faità
la Torture, fait même dans fan Interrogatoire, Celles qu'il fait pour fa propre Décharge; c'eft.:.à"dire, lorfqu'il inficie d'avoir commis leCrime;&.Celles qu'il fait pour en charger unautre- Au premier
Cas,
ces Déclarations ne font , fuivan; lés Auteurs, aucune Charge contre les Complices,) ou du moins que'rrès-légeres. Mais il, n'en'eft pas de même au flcoILd Cas,c'eft~à-dire, lorfque,l'Ac--:'î cufé avouant fan Crime, déclare la Maniere, le Tems & le Lieu où il l'a.commis ;& .qu'il eft d'ailleurs évident que le Crimene "
peut avoir été commis
par
un feul; ou bien lorfqu'il eftprouvé
au Procès qu'il y avditdes Complices inconnus: alors cetteDé~ ,
clararion jointe
à
l'évidence du Fait, forme une Charge contre- les Complices, laquelle étant accompagnée d'autres Préfomptiops ' violentes fondées fur la Dépoution d'autres Témoins, ou fur Pié- çes & Ecrituresre~connues
ou dûement vérifiées, ou enfinfUl~
'lesAv.eu;x.&
Va~iations
faites par ces mêmes Complices dans des :Circ'qnftinces ,effentiell.es, pourroit non-feulement faire ordonnet laQueftion contre œs Complices, mais encoreformer une Preu,tve 'fuffifante pour .opérer leur .Condamnation.
~. . . a
, if
CRI MI NE.LL,E.
PA R·T.'1.
TITRi 'XI 1:
, , l •
. SOM MAI R E.
1. Motif de la DifPofition de cet Ar- leur Competence. ,
tule, V. Né peuvent non plus confronteJI
1I. Quid~
Ji
le Complice étou,du nom- qu'enJuite de Réioûement.bre de ceux quilont exempts de la VI. 'Quid,ji fAccufé ne reveloit [es JuriJdiéfion Prevdtale? 'Complices qu'au pied de tEchaffaut?
JII. Cette Difpcifirion concerne éga- VIJ. Cas où ilJe fait une Confron-.
lement les Lieutenans Criminels des tauonlitterale de la Revelation faite
Siéges Prljidiaux.' , par l'i/.ccuft. "
1V. l?révôts des Marechaux ne peu- VJII. Cas où
r
on doit furfeoir l'Exé~ventpaJJer
a
la Confrontation des cution de l'AccuJe condamnéa
Mort, Complices~ qu'apr~s avoir fait juger pour le confronter auComplîce. .Le ET Article concerne les Accurés qui· font condamnés
à
Mort par Jugement Prévôtal,prdala!Jlem~!zt appliquésà
la Queftion; & qui lors de la Queftion, auront révélé quelqu'un-de leurs Complices. Comme les Prévôts des Marécha~x ne peuvent procéderà
l'InftruéHon d'un Procès Criminel ,.qu'après avoir fait juger leur Compétence; & que d'ulZ autre clSté, les Jugemens de Condamnationà
Mort doivent êrreexécurés le même.jour qu'ils font prononcés: ils'agiffoit de fçavoir,fi dans le Cas par..ticulier où le Complice feroir. arrêté fur le champ, le Prévôt , pourrait procéder àfa Confrontation avec l'Accufé, fans s'être fait déclarer Compétent. Cette Queftion,' ayant été agitée lors du Procès .. verbal de Conférence, a' été décidée par le préfent Article, en faveur du Prévôt des Maréchaux; & cela, tant pour empêcher le Dépérîffement de la Preuve, que pour éviter le retardement .de l'Exécution du Condamné. Cependant, l'Or..
donnance ne diïpenfe point pour cela le Prévôt, d'une Forma..
lité qui eft eflentielle pour .étahlirfaJurifJiétiDn: elle veut, par une dernière Dilpofition de cet Article, qu'après avoir procédé
à
cette Confrontation) il faûe juger fa Compétence.,II.
MAIS files Complices ou l'un d'eux,êtoitEccléfiaflique, ou Gentilhomme, ou Secretaire du Roi, 9U-Officiel' i.e llf!Jic~;alors, comme aux termes des Art. 1r, 12 &: 1j de la'Déclaràtiôn du mois de Février 173l , ceux-ci;'ne peuventêtrejugés .par l~s Prévôts desMaréch~ux ; ce feroirle Cas de laD~fpqfidqnges Articles, I f &1) de la même Loi , qui veulent que fi dans le nombre. de
Accufés,
ils'entrouve
un feulqu] ~it l'unr, des. Qqa.,. . . .. 'Vuuu
7D'd, . _.
1 N ST n U C r ION
lités ci- de1l'us , les Prévôts des Maréchaux n'en puiiTent connoî-' ne , & qu'ils foient tenus cl'en délaifler la Connoiflance aux Jü - ges à qui elle'appartient, quand même la Compétence auroit été jugée en leur faveur ..•. , fauf feulement qu'ils peuvent in- former, décréter & arrêter les Perfonnes qui ont quelqu'une de ces Qualités,
à
la charge de renvoyer les Procédures par eux faites aux Bailliages, dans l'étendue defquels le Crime au- rait été commis.III. L'E xCEP TI 0 N portée par le préfent Article de l'Or- donnance, en faveur des.Pd'v~ts des Maréchaux, regarde éga- lement les Lieutenans Criminels des SidgesPdjidiaux, qui con- noiffent en dernier Reifort des mêmes Crimes que les Prévôts des Maréchaux, &qui font tenus,comme eux, de faire juger leur Compétence , ainfi que nous l'avons Vîl fur l'Art. 1) du Tir, 1er de cette Ordonnance, & fur l'Art 7 de laDéclaration de 1731. C'eft auffi de ces Juges,dont l'Ordonnance a voulu parler fans doute dans le 'préfent Article, lorfqu'après avoir parlé du Jugement Prévôtal, elle ajoute ces mots, &C en der«
nitr ReJ!ort. Ils ont même cet avantage particulier fur les Pré.., vôts des Maréchaux, qu'ils ne font pas tenus, comme euxJde ' renvoyer les Accufés Privilégiés après l'Information, le Décret .
& la Capture, mais qu'ils peuvent s'en re~enir laConnoHfance ;
non pasàlavérité pour les Juger 'en dernier Reflort , maisfeu", lement
~ 'a
chargede
rAppel) fuivant l'Art. 11de la
même:Déclaration de 17,31. , ' ,
IV.
Au RES TE, commece
n'eft 'Îci qu'uneExceptionà la;
RégIe générale, &:qu'elle'ne doitpar conféquent s'étendre .an- delà desCas exprimés,il faut tenir pour'certain ,que fi l'
~c""
curé rév~loit des Complices lors .de 'la QuefribnPré.Patézt~lr~, . les Prévots des,Maréchaux , non plus que les~ieutenans CrIml", n,els des Préfidiaux , ne pourraient procéder a leur Confronta-r non, qu'après avoir fait juger leur Compétence
~
n'y ayant gue lefeul Cas de.la Queftion 'fréalahle, qui fait marqué
expreffé~
me~t
dans cee
Article. . ' .; V.Q UO'I~
\J'ILh~ foii ~a~lé
-danscet Article,
que de'la
Confrontation, &
non
du Récollemenr, les Prévôts desMaré...
chaux, ne peuvent, non plus que les autresJuges, paffer à cette Confrontatlon,qu'après avoir técollé l'Accufé fur fa Déclaration~
; " d ..
, C.R
1!"Ia.~ELtE.
PAi,T•.. lTIT.REXIX. :
70:7& lui avoir fait prerer leSerment en tel Cas requis; parce que .) comme nous l'avons vû furIe Tit.
Ir,
il ne peuty
avoir de Confrontation fans RécoJlement. _.. ' .
VI. L'uN E & l'autre de ces Formalités doivent également
·être obfervées, dans 'leCàS où l'Accufé n'auroir'fait la Décla...
'ration de CesComplices qu'au pied de l'Echaffaut :& il
y,qoit
être procédé en ce dernier Cas; fçavoir, (ft le JugementJeft Prévôtal) parle Rapporteur du Procès, qui eft tenu d'affifterà I'Exécueion ; (s'il s'agit d'urt Arrêt) par le Commiûaire-
Rap...
,porteur;&;enfin (s'il s'agit de l'Exécution d'uneSenrence, dont l'Exécution aeté renvoyéefur les Lieux) , parle Juge même
"qui
ra
rendue. ' , . .. . ' , " ' . '. ' , 1
. VII. Ii. n'y aurait
que
leCas,
où leComplicen'aurait pq
être arrêté',qu'après l'Exécution
à
Mort de l'Accufé qui I'auroit révélé lors de la Torture. AIQts, pour que .la Déclarationfaire par ce dernier nefût point inutile, & quela fuite deceComplieè~~ I~i fût}~s.pro~tab~e, il par~ît, quece f.eroit, leÇa~ de,~aire la ConfrontatIOn'Ïitrérale 'de' cette Déclaration ace Cornpliee , 'conformëménrà l'Art. 22 du Tir,,17. Ce qui s'entend, lorfque l'Acculé a :perLifté dans cette même Déclaration, par l'Inter- rogatoire qu'ila
fubl
fu+)~ Matelasaprèsla. Torture ;parce
'qué cette Répétitio.n femble alors devoir tenir lieu de Récollemenr,.
.
VIll. CE .nefeioir donc,que dans le Cas où ceComplicefe feroit trouvé dans un Lieutellement éloigné, qu'il n'eût pû arri- ver avant l'Exécution, que les Juges pourraient, s'il s)agiffoit .deCrime importantJ furfeoirl'Exécution, nonobltant la Difpo- fition 'de l'Art. 21 du Tir. 2) , dont l'Efprit n'a Jamais pù.être de favorifer l'impunité quiréfulreroit , fi.cette Déclaration.de- meuroir inutile.
UA
ART',ICLE v:
~DÉ FEND 0 ~ s à ,t9us ~~ges, à l'exception (~e
»·nos··Cours
[eule'~ent',d'ordonner que I'Accuié fera
~
préfènré
.àla
Queftio~,. [an~y être
app1iHué~,~.' ) \;~
" "V il
u·Ù.!ij " ., ,
SOM MAI R E~
INSTRUCTION
, '
II. LES Cas particuliers où
les Cours
peuvent'urer dece
Pouvoir exclufif,
font
toutes lesfciis
que les Accorésmérite~t
de certaines Confidérations pat leur
grall~
Age, par leur Timl"".dité naturelle, par leur Infirmité, leur Naiifance,
ou
Dignité;' en un mot, lorfqu'ilya iieu de craindre, ou que les Accufés ne viennent àfuccomber fous la rigueur des tounnens ,"OUq~'il
Y a.lieu d'efpérèr que la frayeur que leur infpirera lefeul.
ap~'
pareil de la Torture .fuffira pour leur arracher la vérité de. la bouche; parce' qu'eh effet, la Torture eft un
Moyen
extrême, auquel on ne doit avoir recours que faute d'autres Moyens, pour parvenir àla Découverte dela
vérité.v.'
CARaN~.e.n fes Pand, Liv.4', Ch.10.lu
L. CLAR:. :Queft.6~,
n.,6,. 'III. DANs' tous ces Cas, les Cours Supérieures, après avoir ordonné par leur Arrêt, que l'Accefé fera appliqué
à
la Queftion, ont coutume d'ajouter.Ul1Retentum au bas de l'Arrêt, qui porte, qu'il yfera [èulement prdfenté.Le
Greffier a fdin de le lire tout bas~
lors dela Prononciation qu'il fait de 1'Arrêt àl'Acoulé, qui nemanqu~roit
pasde
s'en prévaloir) s'ilenavo~t
connoHfance";pour ne nen avouer, ~ •.
IV. Au"R E,STE', quoique l'Ordonnance femble
laHfet;,d
aux Jugesdes CoursSupérienres , U!!~ouvoir indéfini
d'ordonq,
-
I. PrévSts des Marechaux Et"Priji- III. Maniere dont elles en ufent;
diaux rie peu11efltufer du Pri1Jilege IV. Accufesqui ne peuvent Üre con;
. accorde par cet Article. damnes ni pn!Jends
a
la Queflion~II. Cas où les Cours ontc~utume d'en V. Autres Per(onnes exemptes,[ui1Jan.t
uJer. . le Droit Romain•.
I.
A
P RÊSavoirautorifé tous Jugesà
ordonner la Torture .contre toutes fortes d'Accofés , dans les Cas qui font marqués par l'Art. leIde ce Titre, l'Ordonnanceajoutepar celui-:ci, une Exception particuliére en faveur des Juges des Cours Supérieu- res, à qui elle permet d'ordonner que PAccufl [era flulemeltt .prifinté à la Queflion: L'Ordonnance
ne
parlant ici que des Cours) exclud par conféquent de ce 'Pouvoir, rous autres Juges, rnême en dernier Reflort;tels que lesPrévôts des Maréchau~& les Préïidiaui. ',' ', . .
q "
1. Çgmment ton doitp~ocederenexlr' ,II'I~, J.ué~ertS; ~eriJrtUr~ r~ntfu.r.pall
~ cutionde cet Article? ,,~);: '" ~,.'deslugesuifeneurs,J.ne. ~ow~ntlett~:
Il.
,Accr!ft,doit,~tre, thjelin
:Jor$ 4~> "e:ç~C~tfs.' 1~i, pr.()~p~çe.s. fq~'·f!.Pfjt.;.laQueflén,.;' ,,)1 •.: •• : : , " , . ",:.,J~~gS;. q~r~t~~pnJf~mis,~~\.1~rl~r,.,
PA R c~t:Â~ti~l~::liq;<I~~Ja~~~;,prpfi;~jrre~"F~~tiiiliiis'rit~
~e[aires,pour le
1
ugement d~ Condanmatior;à
laQ~çfti9n .er~~:i'
t' .' •
'C,R lM lN E
L~E.
PAIi1';"1:TIT~nE XIX. ,'0'
nefqaetAccufé fera feulement préfenfé àJ;i:Quèftiol:\JJqr(~
qu'ils le jugèrontà;pro\pos .;.il.faut'.cQn:v~·~ir
,:qu'il,
,y,.'a: de 9~~i .rains AccufésJ qui non ..feulement ne .dciveet jamais fubirla {Torture, mais pasmême yêtrepréfenrés, Nous en avons don;n,é plufieurs exemples.dans'nos. I~ST) T UT~~S ,l}otq"mw~nt.les!I.
Z';fèllfls, les Furieux, les SOl4rds IJC}ldlt~ts;.de lYa,iila(J.ce. ,4igq.qi
;il faut ajourer l~s ~~F~f!lo/-,es; EIlCe?llfep J'~ ,ca9fe., du, d~~ger-de
:l'A
vorrernens ; ne calamitas,lI1at~i,~:'noçeat
è'i',quiJi~i4fÇ~o:, ffl~~.
J.
ff. de Pœnis. Il y a même'des Auteurs 'qu,i',prétendent ,qu~on n~ pe,?tYappliquer celles-ci quetO
jours, depuis l~A,c'~.couchemene, maisil fautpourçela ,queles Juges?ye~t foinde 's'affurer du fait, en
les
fâif~Ptyifiter'pat dy.sM~t~ones, ().~bî~p:par des Rapports dé".M~deciùs'~ Chrl'Jrgrelt1s~'d'O~t'l.rgJ"~erdpt Mention, dans leu'~ P~0èès?'v~rbal,g,u:,n~,{eront fig:~er,'p,'a~"tq~~
'1\IIatrones; &
Méde'CÎns
ou.Chirurg~è.ns.,'p:· JuL:,C:CAR,Qûèit~I.~
\)
n.,23;~' ,;,' V.
1L y-avoiren'CorepluŒ~u~s
..autres Perfonnes ,: qneIes;Loi~
,Rom~ines avoientdéclarées exemptes de laTbrtqre,tels' que les EccléBaftiques,les- Nobles & les Militaires:. Mais routes,ces Exceptions n'~nt peine lieu- parmi nous. . '
., A
'R~T Je:L'" E VI,.
•L,E' Jugementd~Go~J~m~atJ~"à'l~,Qu~ajoo fù~
»
'drdré & {igné fur le champ, & leRapporteur affifl:.é
~
de, J'un des autres
'uges~fe tran[port~ra[ans divertir
~: en .la Chambre de .la " Q?,~~~9L1J '; pou~ '~j~', faire ~:r01 , l'A c Ir
~',n.0nCera. ",C u