A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
V INCENT B RUNEAU
Asymptotique de la phase de diffusion à haute énergie pour l’opérateur de Dirac
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 6
esérie, tome 7, n
o2 (1998), p. 207-231
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- 207 -
Asymptotique de
la phase de diffusion à haute énergie
pour
l’opérateur de Dirac(*)
VINCENT
BRUNEAU(1)
Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse Vol. VII, n° 2, 1998
RÉSUMÉ. - Nous étudions le comportement asymptotique, quand a -~
de la phase de diffusion
(ou
fonction spectrale de perturbation’,aH (a),
pour H, l’opérateur de Dirac perturbé par un potentiel à court.portée. Une formule de type Weyl est établie pour un potentiel électrc magnétique. Si le potentiel est uniquement magnétique, le développemen asymptotique complet de ajy se déduit de celui de la phase de dif
fusion pour H2
(une
perturbation dulaplacien).
Ce lien entre 8 H et provient des propriétés de supersymétrie que nous exploitons aussi pour aborder l’étude de l’opérateur de Hodge-Dirac dont le carré est l’opérateurde Hodge-Laplace.
ABSTRACT. - We examine the scattering phase related to electroma- gnetic perturbations of the Dirac operator. For a short-range electroma- gnetic potential, we prove a Weyl type formula. For a magnetic potential,
we obtain a full asymptotic expansion using a supersymmetry property.
Using the same arguments we study the scattering phase for the Hodge-
Dirac operator.
1. Introduction
Nous considérons
l’opérateur
de Dirac dansII~ 3
avecchamp
électro-magnétique :
(*) Reçu le 28 mai 1996, accepté le 9 septembre 1996
(1) Mathématiques appliquées de Bordeaux, Université Bordeaux 1, 351 cours de la Libération, F-33405 Talence (France)
E-mail : [email protected]
où et
~i
sont les matrices 4 x 4 deDirac,
A =(Al, A2, A3)
est lepotentiel magnétique
etavec scalaire
(12
est la matrice identité de~2 ).
Les constantesphysiques
c
(vitesse
de lalumière),
m(masse)
et(constante
dePlanck)
sont fixées.Nous supposons que les
potentiels
sont C°° etqu’il
existe 6 > 0 tel que :On note encore
H,
l’extensionautoadjointe
surL2(R3)4,
dedomaine
~1 (~314.
H est une
perturbation
del’op,
ateur de Dirac libre :dont le
spectre
estpurement
absolument continu :Pour 6 >
1,
on a lespropriétés
suivantes([19], [21]) :
(i)
lesopérateurs
d’onde associés aucouple (H, Ho)
existent et sontcomplets ;
(ii)
lespectre
essentiel de H estégal à ] -oo, ] U [mc2 ,
+00[ ; (iii)
le spectresingulièrement
continu de H estvide ;
(iv)
les valeurs propres de H sont localisées dans[ -mc2 , , rnc2 ~
.Dans cet
article,
nous étudions lespropriétés asymptotiques
duspectre
continu deH,
à l’aide de laphase
dediffusion,
définie commesuit,
pour lapaire (H, Ho).
D’après (i), l’opérateur
de diffusion ,S’ est défini et unitaire.L’opérateur
S commute avec
Ho,
sareprésentation
enénergie S’(a)
définit la matrice dediffusion,
pour Àe ] -oo, ] U [mc~ , +00 [. L’opérateur S’(a)
estunitaire sur
L2 (S’2),4 (S2
est lasphère
unité dePour 6 >
3, S(A) -
1 est unopérateur
de classe trace dansL2(S2)4,
etl’égalité
suivante définit laphase
de diffusion(modulo Z) :
:D’après
la théorie de Birman-Kréin[2],
onpeut
définir laphase
de diffusionglobalement
surR,
à une constanteprès,
par la formule de Krein :Celle-ci
étend,
auspectre continu,
la notion de fonction derépartition
desvaleurs propres.
’
L’hypothèse
entraine que s EC°° ( -00, -mc2 [
U] mc2 , [).
Ceci se démontre comme pour
l’opérateur
deSchrôdinger (cf. [15,
corollaire5.8])
àpartir
de lareprésentation
stationnaire de la matrice de diffusion donnée par E. Balslev et B. Helffer[1].
Dans cet
article,
on fixe étudie lecomportement asymptotique
des(À) quand
a -~ Cela revient à étudier celui depour
> 0 fixéquand h
0.À
la section3,
on commence par faireune étude au sens des distributions.
D’après
la formule de Birman-Krein(1),
cela consiste à étudier lecomportement asymptotique quand h
0 deTr
( f (hH) - f(hHo))
pourf
E nulle auvoisinage
de 0.Ensuite,
on considères(À)
nonplus
commedistribution,
mais commefonction. L’existence d’une
asymptotique
dutype Weyl
est établie à la section 4. Celle-ci repose sur la construction d’unopérateur
Fourierintégral (O.F.I.) qui approche
lepropagateur
àtemps petit (sect. 5).
Enfin,
nous donnons undéveloppement asymptotique complet
des(À)
dans le cas
particulier
V = 0. Celui-ci se déduit directement de l’étude réalisée par D. Robert[15]
pour desopérateurs
detype Schrôdinger,
enutilisant les
propriétés
desupersymétrie
quepossède l’opérateur
de Diracavec
champ magnétique.
Nousindiquons
deplus
comment cespropriétés permettent
aussi d’étudierl’opérateur
deHodge-Dirac grâce
à un théorèmed’indice relatif
[3].
Les
principaux
résultatsprésentés
ici étaient annoncés dans[5]
et résu-ment essentiellement les
chapitres
2 et 3 de[4].
2
. Énoncés
des résultatsNous utiliserons librement la théorie des
opérateurs pseudo-différentiels.
Une
quantification
bienadaptée
au calcul de traces est laquantification
deWeyl. A
unsymbole
a et un réel h >0,
elle associe unopérateur Oph (a)
défini pour u E par :
Pour
plus
de détails concernant les classes desymboles,
nous renvoyons au livre[13]
et[4, § 1.8].
Dans la
suite, ao(~)
=~ ’ ~ désigne
lesymbole principal
deH,
et= -a +
03B2mc2
+ lesymbole sous-principal (ao
et al sontdes
matrices). L’opérateur
hH est h-admissible :THÉORÈME
2.1.-(Asymptotique
au sensfaible)
Soit03C6
ES(II8)
nulleau
voisinage
de 0. Sousl’hypothèse (Ha),
on ai) l’opérateur 03C6(hH)
est h-admissible desymbole principal
et desymbole sous-principal
étant la
projection orthogonale
sur le sous-espace propre associé à la valeur propre ~(~ ~ )
de a .~ ;
ii)
si deplus
6 >3,
alors on a ledéveloppement asymptotique
suivant : :les
coefficients
y~(~)
soni des distributions parrapport
à~,
calculablesen
fonction
deA,
V et leurs dérivées.Notons que le
phénomène
d’interaction entre lesénergies positives
etnégatives,
propre à la théorie deDirac, apparait
dans lesymbole
sous-principal
avec al,M.THÉORÈME
2.2.-(Formule
detype Weyl)
On suppose(Hs~,
avec6 > 3. On a
alors,
uneasymptotique
dutype Weyl
pours(a) :
:avec
Actuellement,
l’existence d’undéveloppement asymptotique complet
n’est pas établie. Une différence
importante
avecl’opérateur
deSchrôdinger
. est que la norme
(dans
un espace àpoids)
de la résolvante au bord(définie
par le
principe d’absorption limite)
netemps
pas vers zéro avec1/VT,
elleest seulement bornée
(cf. [12]).
Par
contre,
si V =0,
on montre que l’étude de laphase
de diffusion pourl’opérateur
de Dirac avecchamp magnétique
se ramène facilement à celle desopérateurs
dutype Schrôdinger
réalisée par D. Robert([15], [16]).
Cela résulte des
propriétés
desupersymétrie
quepossède l’opérateur
deDirac avec
champ magnétique.
Dans ce cas, on a alors undéveloppement
~
asymptotique complet.
THÉORÈME
2.3. - On suppose que V est nul et que Avérifie (H~~,
avec6 > 3. On a alors
l’asymptotique complète
suivante :avec
où B =
rot(A)
est lechamp magnétique.
Deplus,
cetteasymptotique
estdérivable à tout ordre par
rapport
à ~.3.
Asymptotique
faiblePour la démonstration du théorème
2.1,
nous renvoyons aux méthodes standards de calcul fonctionnel et de calcul de tracedéjà employées
pour desopérateurs
detype Schrödinger ([10], [13], [6], [15], etc.).
Notons
cependant
que laprincipale
différence estque H
est desymbole principal
matriciel non semi-borné. Nousprécisons
donc comment établirque
4J(hH)
est h-admissible et comment calculer sonsymbole.
Pour démontrer que
4J(hH)
esth-admissible,
unepremière
méthodeconsiste à utiliser les extensions presque
analytiques
comme lesuggèrent
B. Helffer et J.
Sjôstrand [11].
Celle-cipermet
de relier directement à la résolvante(hH~ - z) -1.
Une autre solution est de
séparer
lesénergies positives
etnégatives, grâce
à la relation suivante :
Ainsi,
l’étude de se ramène au calcul fonctionnel deh2H2
et à lacomposition
par hH. Lesymbole principal
deH2
étant detype
scalaireap2(~) _ (c~ ’ ~ ~~2
= on utilise les étudesdéjà
réalisées pour desperturbations
dulaplacien ([6], [13], [14]).
On établit ainsi que
~(~F)
esth-admissible,
c’est-à-dire que sonsymbole a~
admet undéveloppement
enpuissances
de h : :Pour
l’expression
descoefficients,
nous reprenons la méthode deSeeley
~18~,
utilisée dans des contextes voisins dans~13~, ~10~, ~6~, ~15~. Cependant,
la non-commutativité des
symboles
matricielscomplique
un peu la détermi- nation des Avant d’effectuerquelques calculs,
donnons un lemme.LEMME 3.1. - Soit a un
symbole
matriciel(d’ordre 4)
etao{~)
=a ~ ~,
le
symbole principal
de H. Pour toutefonction définie
surR,
on aétant la
projection orthogonale
sur le sous-espace propre associé à la valeur proprei~~~
de a .~.
Preuve. - Les sous-espaces propres associés aux valeurs
propres *)/[
de~ ’ ~
sontsupplémentaires,
doncOr,
par définition deP~=,
on a = Commef ~~~£~~
estun
scalaire,
il commute avec toutematrice,
et doncOn obtient alors le résultat en utilisant que
Le calcul des coefficients
a~~,~
repose sur la construction d’uneparamétrixe
pour
(hH - z) -1,
c’est-à-dire d’une famille desymboles
Defaçon classique,
celle-ci est construite par récurrence enposant :
~
Le coefficient de dans a~ ~ est donné par le coeffi’cient de
(ao - z)-j-1
dansql,z (à
un facteur(-1)j (j!)-1 près).
Ainsi,
on obtient quea4;,O
=a4;,l
est donné par(2) grâce
aulemme suivant.
LEMME 3.2
Preuve . - Par
définition,
on aoù { ’, ’ } désigne
le crochet de Poisson. Comme ni ao, ni q0,z nedépend
dex, le crochet de Poisson est nul et on a
Appliquons
maintenant le lemme 3.1 à a = ai , on obtientLe lemme résulte alors de
l’équation
de la résolvante. D4. Formule de
Weyl
Pour démontrer le théorème
2.2,
nous nousinspirons
de[15]
où D. Robertmontre une formule de
type Weyl
pour desperturbations
dulaplacien.
Comme pour le sens
faible,
le fait quel’opérateur
soit matriciel et nonsemi-borné nécessite des
adaptations.
Avant de démontrer la formule de
Weyl,
donnons unepropriété
desymétrie qui permet
de limiter notre étude auxénergies positives.
PROPOSITION 4.1. - On suppose avec ~ > 3. Soit s- la
phase
dediffusion
associée auxpotentiels (-A, -V)
oùOn a la
propriété
desymétrie
: ..Preuve. - Cette
propriété
résulte de lacyclicité
de la trace et del’existence d’un
opérateur
C(opérateur
deconfiguration
decharge),
unitairesur
L2 (II83, II84),
tel que :où H- est
l’opérateur
de Dirac associé aupotentiel (-A, -V) (cf. [19,
§1.4.6]).D
Formellement, s’exprime
en fonction de la différence desprojecteurs spectraux
de H etHo.
Comme dans[15],
nous commençons parl’exprimer uniquement
enfonçtion
duprojecteur spectral
de H. IntroduisonsL’opérateur
différentielQ
est d’ordre 1 à coefficients matriciels décrois- sants comme A et V(cf. (H6)). Ici,
legénérateur
des dilatations A est considéré commeopérateur agissant
surL2 (II83, cC4 ).
PROPOSITION 4.2.- 0~ suppose
(Hs)
avec b > 3. Soiton a
Preuve. . - Ce résultat repose sur la relation
i( -0 , .A ~
_ -20 et sur lacyclicité
de la trace. Eneffet,
on aet la trace étant
cyclique [15, appendice A],
on obtientLa formule de
Krein
donne alors le résultat. DIl résulte de cette
proposition
uneexpression
de en fonction de(À
>Ao
>1),
leprojecteur spectral
associé àH,
sur l’intervalle[Âo,A].
COROLLAIRE 4.3. -
Soit ~
C unefonction de
troncature valant 1 sur[2,
+oo[
e nulle sur] 2014oo , 3/2]. Alors,
pour tout A >Ao
>2,
nousavons
Pour étudier la
phase
de diffusion en A = +0oo, nous introduisons unparamètre
h > 0.Pour
dans uncompact de ] 0, +oo [,
on poseet nous nous intéressons au
comportement
de en h =0+,
pour ~c fixé.On
décompose Sh
en unepartie
décrivant le bas duspectre
continu etune autre localisée autour de
p/ h
:Soient xi et x2 deux fonctions
positives
de telles que = 1sur [0, 3],
supp xiC ] -oo, 1 ~,
supp x2C 0 , 4 ~ . Alors,
il existeho
> 0tel que pour tout h
E ~ ] 0 , ho ~ et tout ~ E ~ [ 1, 3],
on ait unedécomposition
de :
avec
où
Eh
est laprojection spectrale
associée à hH.Comme 81,h ne
dépend
pas de laprojection spectrale,
le calcul fonctionnel.pour des fonctions
régulières
nous donne l’existence d’un scalaire al,odépendant
despotentiels
A etV,
tel quePour l’étude de s2~h,. nous nous
inspirons
d’études antérieures duspectre ponctuels [9],
et du spectre continu pourl’opérateur
deSchrödinger [15].
L’idée est
d’appliquer
un théorème taubérien de[13,
théorème V.13]
etde
procéder
comme dans[10]
et[17].
Pourcela,
on commence par ramener l’étude des2,h à
celle de fonctions croissantes dutype
avec
W(h) opérateur positif, h-admissible, borné,
depoids ~x~-~.
Il suffitde
décomposer
s2,h sous la forme :avec
R(h)
étant unopérateur, h-admissible, borné,
depoids ~x~ b
tel queLe
support
de x2 étant inclusdans 0 , 4 ~,
est nullepour ~
0et est constante
pour ~ >
4. D’autrepart,
il résulte du calcul fondionnel(théorème 2.1)
et des théorèmes de tracesd’opérateurs
h-admissib ~s[13],
que l’on a
uniformément par
rapport
E R.Pour
appliquer
le théorèmetaubérien,
il reste alors à étudier le compor- tementasymptotique, quand
h tend vers 0 deoù Bh
est une fonctionrégularisante
définie de lafaçon
suivante : soitÇ E , T ~ ~, (T
> 0fixé),
tel queÇ(0)
= 1. La fonctionBh
estdéfinie par
..
Avant son étude
rigoureuse,
nous donnons uneinterprétation
formelle de03B8h)( ).
Del’expression
de on déduit formellement uneexpression
deOr,
la formule de Stonedonne, formellement,
donc on
peut espérer approcher
paravec
~
Eégale
à 1 auvoisinage
de 0. Mais cettequantité correspond
à la convolution de avec
C’est ce
qui justifie, formellement,
l’introduction dePour étudier la
convolution,
nous utilisonsl’approximation
du propaga- teur donnée auparagraphe suivant,
et enprocédant
defaçon analogue
à[10]
et[17],
on établit laproposition
suivante.PROPOSITION 4.4. - Sous
l’hypothèse (H03B4)
avec S >3,
admet un
développement asymptotique complet
:De
plus,
les distributions~
~C~~y~r(~,
nedépendent
que du germe de~
à
l’origine
et lesfonctions
~ ~appartiennent
àPreuve . - Par définition de
(cf. (6)),
on aEn
appliquant
laproposition
5.1 donnantl’approximation
dupropagateur
par un
O.F.I.,
ilvient,
VT >0,
E, T[)
et ~ N >0,
on aIl suffit donc de montrer l’existence du
développement asymptotique
pourPosons :
Par définition de
(11),
on aEn utilisant les théorèmes
généraux
relatifs à lacomposée
d’unopérateur pseudo-différentiel
par un O.F.I.(cf.
parexemple [13,
théorèmeIV-24]),
etau calcul de trace d’O.F.I.
(cf.
parexemple [8, chap. 111.10]),
les contructions réalisées à la section suivante donnent que = + avecoù les
ej
sontbornées, appartiennent
à xR+r)
et sont àsupport
compact
parrapport
à r. Nous étudions lecomportement asymptotique, quand h 0,
seulement dans le cas >0,
le cas 0 étant tout à fait similaire(il
suffit dechanger
lessignes).
La
phase ~p- (t, r)
= +r)
nepossède
aucunpoint stationnaire, donc, d’après
le théorème de laphase
nonstationaire,
on aPar contre, la
phase r)
=r)
admet unpoint
stationnaire(0,
le théorème de la
phase
non stationnairedonne,
pour >0,
où Ç - C~ (~, ~)
est une distribution nedépendant
que du germede Ç
àl’origine
et lesfonctions ~ C+j,W(03B6, p) appartiennent
àCQ (1I8).
D’où laproposition, grâce
à(7). D
’
.
De cette
proposition,
nous déduisonsquand
h tend vers0,
localement uniformément parrapport
à où lafonction p -
est de classeLe théorème taubérien
[13,
théorèmeV.13]
donne alors :Appliqué
à W =W ~,
ce résultatpermet
d’obtenir l’existence d’une fonction a2,0 E telle queGrâce à
(4)
et(5),
on déduit alc ~s le théorème 2.2. Le coefficient al est donné par ledéveloppement
au sens faible(théorème 2.1).
.5.
Approximation
dupropagateur
àtemps petit
Dans la démonstration de la
proposition 4.4,
nous avons eu besoin de laproposition suivante,
dont nous donnons maintenant la démonstration.PROPOSITION 5.1. - Soit
U(t)
:= lepropagateur
associé àl’opé-
rateur de Dirac H. Il existe un
famille d’opérateurs
t EI18,
N h E
] 0 ho ]
de sorte que pour tout x EC~0(R B 0),
pour tout N ENei T >
0,
on aitDe
plus, Uh (t)
est de laforme
où est un O.F.I. de
phase
+x ~ ~,
avec~
EC°° (1I8+ B 0)
telle que
xx
= x etd’amplitude
une matrice 4 x 4polynômiale,
d’ordreN,
par
rapport
à h.On cherche à
approcher
lepropagateur, U(t),
par unO.F.I, Uf(t),
denoyau
intégral
de la formeavec des
amplitudes bj
matricielles. Pourcela,
on utilise queU(t)
estl’opérateur qui
à unefonction §
associe lasolution 9
del’équation
de Dirac :En substituant
Uh (t;
x,y) (y fixé)
dans(8)
et en ordonnant suivant lespuissances
croissantes deh,
l’annulation des coefficients donneHx désigne l’opérateur
deDirac,
l’indice xrappelle
que c’est unopérateur
différentiel par
rapport
à la variable x. La condition(9)
sera obtenue endemandant
Pour résoudre ces
systèmes,
nous nousinspirons
des méthodes utilisées pour lessystèmes
strictementhyperboliques (cf.
parexemple [7, chap. 2]).
On déduit de
(10)
que sur le support de la fonction matriciellebo,
on al’équation
eikonale :Cette
équation
admet deux solutions vérifiantS(0, x, ~)
= x~ ~,
correspon-dant aux deux valeurs propres
~i~~~~
de~ ’ ~ :
Comme K.
Yajima dans [20] (cas semi-classique),
on cherche donc de la formeoù sont des O.F.I. de noyau
intégral
de la formeavec les
bj
vérifiant leséquations
detransport
Or,
par définition de5’~ ,
on asont les
projections orthogonales
sur les sous-espaces propres associésaux valeurs propres doubles
(~ (~ ()
de la matrice a ~~.
Ainsi, après projection
sur les espacescomplémentaires E+
lesystème (12)-(15)
estéquivalent
àoù,
pourallèger l’écriture,
on a et -~ _ =F.Avant de résoudre le
système (16)-(20),
notons la relation suivante :où
dA
=Dx - A, v
=(V+
+V- )/2
et v = 1 +(V+ - V_)/2.
Cette relation résulte despropriétés
des matrices de Diracen
remarquant
queH x
s’~écritNous résolvons maintenant le
système (16)-(20)
deproche
enproche.
D’après (16), bô
est dans~~, l’orthogonal
de ~’~.Ainsi,
il existe une matriced~
telle queGrâce à la relation
(21), l’équation (17)
s’écritdonc, pour j
=0,
et
(19)
sera satisfait sidô(0, x, ~)
=14.
Il suffit donc de chercherdô
sousforme scalaire solution de
La résolution de ce
problème
deCauchy
donneAinsi,
on obtient le lemme suivant.LEMME 5.2
s Le
système (16)-(20)
admet une solutionbô
donnée parPar
récurrence,
on obtient les solutions(16)-(20).
Elles sontde la forme
Ij
étant défini parCes solutions vérifient la
proposition
suivante.Les fonctions et
.>o n’étant pas définies
0,
nous nepouvons pas définir directement des O.F.I. de
phase S’~
etd’amplitude bj.
C’est
pourquoi,
nous définissons les fonctions etbj
comme troncatures de etbj. À partir
de cesfonctions,
nous pourrons définir un O.F.I.qui approche
lepropagateur
pour desénergies
en dehors d’unvoisinage
de 0.Soit ~
E àsupport dans ] 0, [
valant 1 sur[ 1/2,
+oo[
ettelle que
0 x
1. Soitx 1
E nulle auvoisinage
de 0 et telle queXIX
=g,
0x1
1.Alors,
on poseComme
St
et.~o, les fonctions et
6~
vérifient(16)-(20),
sauf que(19)
estremplacée
parD’après
la théorie desopérateurs intégraux
deFourier,
nous pouvonsalors définir un
opérateur
paroù est un O.F.I. de
phase
etd’amplitude hj
z,~).
Les estimations de la
proposition 5.3,
nouspermettent
deprolonger
cetopérateur
par unopérateur
borné surL2 ~II83~4,
l’action de(18t
+H~)
surUh (t)
définit aussi unO.F.I.,
et, parconstruction,
nous avons laproposition
suivante.
PROPOSITION 5.4.- Soit
Rh (t)
def(i~t + H)Uh (t).
a~
= + où est un O.F.I. dephase S~
et
d’amplitude (i~t±N
-b) Rh (t)
seprolonge
par unopérateur
borné surL2~II83~4
et pour toutN E
N,
T >0,
il existeCN T
> 0 tel queEn
utilisant,
deplus,
quefjf (0)
=x(h D~) (cf. (22))
et la formule deDuhamel,
de ce
qui précède
on déduit queapproche U(t)X(h
Le calculfonctionnel donne alors la
proposition
5.1.6.
Supersymétrie
L’opérateur
de Dirac avecuniquement
unpotentiel magnétique
entredans le cadre abstrait des
opérateurs
de Diracsupersymétriques.
Ils’agit d’opérateurs qui,
sur un espace 1t==?+$ ?~-, sont
de la formem étant un réel strictement
positif
et D*l’adjoint
de D.L’avantage
de cesopérateurs
de Dirac est que leursénergies positives
etnégatives
sont bienséparées.
Ceci se traduit par l’existence d’unopérateur
unitaire
UFW
tel que(cf. [19,
théorème5.13])
Par
conséquent,
comme nous le montronsmaintenant,
laphase
de diffusion pourl’opérateur
de Dirac avecpotentiel magnétique
est liée à celle associée à soncarré,
dont lecomportement asymptotique
est connu[15].
De
façon analogue,
en utilisant un théorème d’indice dû à N. V.Borisov,
W. Müller et R. Schrader
[3],
nous pourrons aborder l’étude del’opérateur
de
Hodge-Dirac agissant
sur les formesdifférentielles,
dont le carré estl’opérateur
deHodge-Laplace.
6.1 Dirac avec
champ magnétique
L’opérateur
de Dirac avecchamp magnétique HA
=est un
opérateur
de Diracsupersymétrique.
Il est de la forme(24)
aveco-2 et c’3 étant les 2 x 2-matrices de Pauli.
Pour démontrer le théorème
2.3,
nous montrons que laphase
de diffusion pour lecouple (HA, , Ho)
est directement liée à laphase
de diffusion pour desopérateurs
de Pauli.Comme
précédemment,
nous posons m = c = ? = 1.LEMME 6.1.- On suppose que le
champ magnétique
Avérifie (Hg)
avecô > 3. Pour toute
fonction ~
ECp ~ ~ 0 , ~,
, on aPreuve - Dans ,C
(L2 (R3)2 ~ L2(R3)2), HA03C6(H2A) s’exprime matriciel-
lement par
(de
même pour Or iciDÂ
=DA
= 03C3 .(D - A)
et douc pourLA
=DÂ
+12,
on ace
qui
est évidemment nul. D’où le lemme. 0En
appliquant
la formule deséparation
desénergies (3),
et le lemmeprécédent
à~(a) _
1 on obtient laproposition
suivante.PROPOSITION 6.2.- On suppose que le
champ magnétique
Avérifie (Hs)
avec b > 3. Pour toutefonction f
E{~}),
on a :Dans le corollaire
suivant,
nous en déduisons une relation entre laphase
de diffusion pour lapaire (HA, Ho)
et celle pour lapaire (hA, ho)
d’opérateurs
de PauliCOROLLAIRE 6.3.- On suppose que A
vérifie
avec 6 > 3. Lesphases
dediffusion sD
etsp,
associéesrespectivement
auxcouples (H A Ho)
et
(h A, ho)
sontdéfinies
etvérifient
:(on
apris s j
nulle sur] -1, 1
nulle sur]
-oo , 0U.
Preuve. -
D’après
la formule de Krein(1) appliquée
à laphase
sD pour lapaire (HA, Ho)
et à laphase
sL pour lapaire (HÂ, Hô),
laproposition précédente
donne que pour toute fonctionf
ECô ~0}~,
on aLes fonctions
sD et
sL étantrég
zlièresrespectivement sur -oo , -1 [
U] 1 , [ et ] 1, [,
on en déduit que pour±
> 1 on aPour
conclure,
il reste à constater que dans .C~LZ ~II83~ 2
~L2 ~~83~ 2) , on a
et donc que
SL(À)
=2sp ~(a - 1) /2) . ~
Pour obtenir
l’asymptotique complète
du théorème2.3,
onpeut
alors utiliser les travaux de D. Robert[15]
où l’existence d’undéveloppement asymptotique complet
de laphase
de diffusion est établie pour des pertur-bations du
laplacien,
enparticulier
pours p
.6.2
Opérateur
deHodge-Dirac
Un second
exemple
standardd’opérateur
de Diracsupersymétrique
estl’opérateur
deHodge-Dirac agissant
surl’espace
des formesdifférentielles,
dont le carré est
l’opérateur
deHodge-Laplace.
Ces
opérateurs
sont définis surM,
une variété Riemanniennecomplète,
de la
façon
suivante. Soit d la différentielle extérieure et 8 la codifférentielle(c.-à-d. l’adjoint
de d par la dualité deHodge).
AlorsQ =
d + 8 est unopérateur autoadjoint
surH, l’espace
des formes différentielles de carréintégrable.
Si Pdésigne l’opérateur qui
à unep-forme
associe l’entierp, alors T =
-1 p
est une involution unitaireautoadjointe
telle queTQ
+Qr
= 0.Ainsi, Q
est unesupercharge
parrapport
à T,Q2
=(d
+s) 2 -
d8 + 8 d est un hamiltoniensupersymétrique (c’est l’opérateur
de
Hodge-Laplace),
et H =Q+ (avec
m >0)
est unopérateur
deDirac
supersymétrique, appelé opérateur
deHodge-Dirac.
Les sous-espacesbosonique H+
etfermionique
H- sontrespectivement
l’ensemble des2p-
formes et des
(2p
+1)-formes.
L’étude de la diffusion pour ces
opérateurs
s’effectue en lescomparant
aux
opérateurs
deHodge-Dirac, Ho
et deHodge-Laplace, Qô agissant
surl’espace
des formes différentielles de carréintégrable
sur II8’~ muni de lamétrique
euclidienne go.Nous considérons les variétés
asymptotiquement plates
de dimension n.Il
s’agit
de variétés riemanniennes noncompactes (M, g),
dont les bouts infinis sontdifféomorphes,
par p, aucomplémentaire
d’une boule deII~’~,
et(p*g - go)
vérifie(H~) (cf. [3, chap. 5]
pourplus
dedétails).
Les
phases
dediffusion,
pour lescouples (H, Ho)
et(Q2, Qg),
serontdéfinies pour 6 > n.
La différence avec
l’opérateur
de Dirac relativiste(avec champ magné- tique)
est que nous n’auronsplus
nécessairement le lemme 6.1. Celui-ci seraremplacé
par une relation faisant intervenir la notion d’indicerelatif (du
type Witten)
introduit par N. V.Borisov,
W. Müller et R. Schrader[3].
Onprévoit
alors d’obtenir la relation suivante entre s D ,la phase
de diffusion pour lecouple (H, Ho),
sL, laphase
de diffusion pour lecouple (Q2, ~ô)
etind,
l’indice relatifLe
développement asymptotique
de sD pour 03BB ~ ±~ se déduira alors dudéveloppement asymptotique
de sL pour ~1 -> -f-oo.L’élaboration de ces résultats est en cours. Pour la variété triviale M = nous démontrons dans
[4]
que l’indice existe et est nul.Ainsi, grâce
au
développement asymptotique
de sL donné par D. Robert[15] ;
la relation(26),
nouspermet
de déduire undéveloppement asymptotique complet
desD, , pour une
métrique asymptotiquement plate,
dont lesgéodésiques
nesont pas
captées.
Pour une variété
plate
àl’infini,
N. V.Borisov,
W. Müller et R. Schrader[3]
établissent que l’indice est nul pour nimpair
et pour npair
où est la forme de Chern-Gauss-Bonnet sur
(M, g)
etx(M)
est laL2-caractéristique
d’Euler de M.L’étude de l’indice relatif et l’existence d’un
développement asymptotique complet
pour sL sont à étendre au casgénéral
des variétésasymptotique-
ment
plates,
afin d’obtenir undéveloppement asymptotique complet
de sD .Remerciements
Ce travail a été réalisé
pendant
lapréparation
de ma thèse audéparte-
ment de
mathématiques
de l’Université de Nantes. Pour avoirguidé
mespremiers
pas dans la recherchemathématique
et pour sesconseils, je
tiens àremercier D. Robert. Je remercie
également
les membres del’équipe
E.D.P.avec
lesquels j’ai
eu l’occasiond’échanger
des idées durant ces trois années de thèse.Références
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BORISOV(N. V.),
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[4] BRUNEAU (V.) .2014 Propriétés asymptotiques du spectre continu d’opérateurs de Dirac, Thèse, Université de Nantes (1995).
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- Weyl’s formula for a class of pseudodifferential operators with negative order in L2 (Rn), Lecture Notes in Mathematics, SpringerBerlin 1256 (1986), pp. 91-122.
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- Partial Differential Equations I, Encyclo- paedia of Mathematical Sciences, Springer-Verlag 30(1992).
[8] GOHBERG (I.
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