ISA BTP, 2◦ ann´ee ANN ´EE UNIVERSITAIRE 2015-2016
CONTR ˆOLE CONTINU
Fonctions de plusieurs variables
Dur´ee : 1h30 Les calculatrices sont autoris´ees.
Tous les exercices sont ind´ependants.
Il sera tenu compte de la r´edaction et de la pr´esentation.
Exercice 1 Soit f la fonction d´efinie sur R2 par
∀(x, y) ∈ R2, f (x, y) = x4+ y4− 2(x − y)2
1. Montrer que les points critiques de f sont P0= (0, 0), P1=
√
2, −√2 et P2=
−√2,√2 2. D´eterminer la nature des points critiques P1et P2.
3. ´Etude du point P0
(a) D´eterminer une droite D du plan (xOy) telle que
∀(x, y) ∈ D, f (x, y) > 0
(b) Montrer que tout voisinage de P0 contient des points (x, y) tels que P (x, y) < 0.
(c) En d´eduire la nature du point P0.
4. En accord avec l’´etude pr´ec´edente, determiner, parmi les cartes ci-dessous, celle de la fonction f autour de ses points critiques.
A B C
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Exercice 2 Soit f la fonction d´efinie sur R3 par
∀(x, y, z) ∈ R3, f (x, y, z) = xy + yz + 2zx − xyz
1. Montrer que les points critiques de f sont
2. (a) Donner sans calcul le d´eveloppement limit´e de la fonction f `a l’ordre 2 en P1.
(b) En d´eduire la matrice hessienne Hf(P1).
(c) D´eterminer les valeurs propres de Hf(P1) et en d´eduire la nature du point P1.
3. (a) D´eterminer le d´eveloppement limit´e de f `a l’ordre 2 au point P2.
(b) En d´eduire la matrice hessienne de Hf(P2) et en d´eduire la nature du point P2.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Exercice 3 1. Un changement de variables de R2
Soient α ∈ R et
Φ : R2 −→
R2 (x, y) 7−→ (u(x, y), v(x, y)) le changement de variable (x, y) (u, v) d´efini par
u(x, y) = x − αy
v(x, y) = y
(a) Montrer que le champ de vecteurs r´eciproque de Φ est le champ Φ−1 : (u, v) 7→ (x(u, v), y(u, v)) d´efini par x(u, v) = u + αv y(u, v) = v
(b) Montrer que pour toute fonction f : R2→ R de variables (x, y), en notant
˜
f : (u, v) 7−→ f (u + αv, v)
les vecteurs ∇f et ∇ ˜f sont li´es par une relation matricielle de la forme ∇ ˜f (u, v) = N × ∇f (u + αv, v) o`u N est une matrice 2 × 2 `a d´eterminer.
Indication : puisque ∇f = ∂f ∂x ∂f ∂y et ∇ ˜f = ∂ ˜f ∂u ∂ ˜f ∂v
on pourra commencer par exprimer les
d´eriv´ees partielles ∂ ˜f ∂u et
∂ ˜f
∂v en fonction des d´eriv´ees partielles ∂f ∂x et
∂f ∂y). 2. Application `a une ´equation aux d´eriv´ees partielles
Soit
(E) : α∂f ∂x +
∂f ∂y = 0 l’´equation aux d´eriv´ees partielles d’inconnue f .
(a) Montrer que si f est une solution de (E), alors la fonction ˜
f : (u, v) 7−→ f (u + αv, v) v´erifie l’´equation
(E) : ∂ ˜f ∂v = 0
(b) D´eterminer l’ensemble des solutions de ( ˜E) et en d´eduire l’ensemble des solutions de (E).
? ? ?
CORRECTION
Exercice 1 :
1. Un point P = (x, y) ∈ R2 est un point critique de f si et seulement si
(S) : ∂f ∂x(x, y) = 0 ∂f ∂y(x, y) = 0 ⇐⇒ 4x3− 4(x − y) = 0 4y3+ 4(x − y) = 0 ⇐⇒ y = x − x3 (x − x3)3+ (x − (x − x3)) = 0 ⇐⇒ y = x − x3 2x3− 3x5+ 3x7− x9 = 0 ⇐⇒ y = x − x3 x3(2 − 3x2+ 3x4− x6) = 0 ⇐⇒ x = 0 y = 0 ou y = x − x3 2 − 3x2+ 3x4− x6= 0
En effectuant le changement de variable X = x2 dans la seconde ´equation du second syst`eme, on obtient le polynˆome
Q(X) = −X3+ 3X2− 3X + 2
dont 2 est une racine ´evidente. La factorisation de ce polynˆome par X − 2 produit Q(X) = (X − 2)(−X2+ X − 1)
Or, le polynˆome −X2+ X − 1 n’ayant pas de racine r´eelle, on obtient (S) ⇐⇒ x = 0 y = 0 ou y = x − x2 x2 = 2 ⇐⇒ x = 0 y = 0 ou x = √2 y = √2 − 2√2 = −√2 ou x = −√2 y = −√2 + 2√2 = √2 et l’on retrouve les trois points critiques propos´es.
2. Pour d´eterminer la nature des points critiques P1et P2, on calcule les d´eriv´ees partielles secondes de f en
ces deux points. Ainsi :
∂2f ∂x2(x, y) = 12x 2− 4 ∂2f ∂x∂y(x, y) = 4 ∂2f ∂y2(x, y) = 12y 2− 4 D’o`u • ´Etude du point P1 : r1= ∂2f ∂x2(P1) = 20, s1= ∂2f ∂x∂y(P1) = 4, t1= ∂2f ∂y2(P1) = 20 ∆1= r1t1− s21= 400 − 16 > 0
donc P1 est un extremum. De plus, puisque r1= 20 > 0, le point P1 est un minimum.
• ´Etude du point P2 : r2= ∂2f ∂x2(P2) = 20 = r1, s2= ∂2f ∂x∂y(P2) = 4 = s1, t2= ∂2f ∂y2(P2) = 20 = t1
3. (a) D’apr`es l’expression de f (x, y), pour tout point P = (x, y) appartenant `a la droite du plan de base d’´equation y = x, on a
f (P ) = f (x, x) = 2x4> 0
(b) Le d´eveloppement limit´e `a l’ordre 2 de la fonction f au voisinage du point P0 est
f (x, y) = −2(x − y)2+ o(||(x, y||2)
Ainsi, quitte `a ˆetre assez proche de P0, le signe de f (x, y) d´epend uniquement du signe de −2(x − y)2,
soit n´egatif.
(c) Tout voisinage de P0 contient des couples (x, y) tels que f (x, y) < 0 et des couples (x, y) tels que
f (x, y) > 0. P0 est donc par d´efinition un point selle de f .
4. La carte B ne peut correspondre `a la carte de f puisque les extrema (reconnaissables aux courbes de niveaux ferm´ees) ne se situent pas sur la droite d’´equation y = −x (`a laquelle appartiennent les points P1
et P2).
Par ailleurs, la carte A ne pr´esente pas de point selle. La carte de f est donc la carte C.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Exercice 2 : 1. (S) : ∂f ∂x(x, y) = 0 ∂f ∂y(x, y) = 0 ∂f ∂z(x, y) = 0 ⇐⇒ y + 2z − yz = 0 x + z − xz = 0 y + 2x − xy = 0 ⇐⇒ y + z(2 − y) = 0 (1) x + z(1 − x) = 0 (2) y + x(2 − y) = 0 (3) ⇐⇒ y + z(2 − y) = 0 (1) x + z(1 − x) = 0 (2) (x − z)(2 − y) = 0 (30) = (3) − (1) La troisi`eme ´equation de ce syst`eme ´equivaut `a
y = 2 ou x = z
Or la premi`ere condition, associ´ee `a l’´equation (1) produit ´egalement l’´equation y = 0, ce qui est incom-patible avec la premi`ere condition. Ainsi,
(S) ⇐⇒ z = x x + x(1 − x) = 0 y(1 − z) + 2z = 0 ⇐⇒ z = x x(2 − x) = 0 y =z−12z ⇐⇒ x = 0 z = 0 y = 0 ou x = 2 z = 2 y = 4
On retrouve ici les deux points critiques propos´es.
2. (a) Le d´eveloppement limit´e de f en P1= (0, 0, 0) s’obtient en n´egligeant les termes de degr´es > 2 ainsi :
f (x, y, z) = xy + yz + 2xz + o(x2+ y2+ z2) =1
2(2xy + 2yz + 4xz) + o(x
(b) D’apr`es le D.L. ci dessus, on a Hf(P1) = 0 1 2 1 0 1 2 1 0
(c) Les valeurs propres de la matrice Hf(P1) sont par d´efinition les solution de l’´equation polynomiale
det(Hf(P1) − λI2) = 0 d’inconnue λ. Or
det(Hf(P1) − λI3) = −λ 1 2 1 −λ 1 2 1 −λ = −λ − 2 0 2 + λ 1 −λ 1 2 1 −λ (L1← L1− L3) = (λ + 2) −1 0 1 1 −λ 1 2 1 −λ = (λ + 2) −1 0 0 1 −λ 2 2 1 2 − λ (C3← C3+ C1) = −(λ + 2)(−λ(2 − λ) − 2) = −(λ + 2)(λ2− 2λ − 2) Un calcul de discriminant produit alors les valeurs propres
λ1= −2 < 0, λ2= 1 −
√
3 < 0, λ3= 1 +
√ 3 > 0 Ces valeurs propres ´etant de signes diff´erents, le point P1est un point selle.
3. On peut obtenir le d´eveloppement limit´e de f au point P2`a l’aide du changement de variables
(x, y, z) = (2 + X, 4 + Y, 2 + Z) Ainsi, f (2 + X, 4 + Y, 2 + Z) =(2 + X)(4 + Y ) + (4 + Y )(2 + Z) + 2(2 + X)(2 + Z) − (2 + X)(4 + Y )(2 + Z) =8 + 4X + 2Y + XY + 8 + 2Y + 4Z + +Y Z + 4 + 4X + 4X + 4Z + 2XZ − 16 − 8X − 4Y − 8Z − 2XY − 2Y Z − 4XZ − XZY =4 − XY − Y Z − 2XZ + −XY Z)
Puisque f (2, 4, 2) = 4, on retrouve le d´eveloppement limit´e
f (2 + X, 4 + Y, 2 + Z) − f (P2) = −XY − Y Z − 2Xo(X2+ Y2+ Z2)
et
Hf(P2) = −Hf(P1)
Les valeurs propres de cette matrice sont donc (sans calcul) 2, −1 +√3, −1 −√3. Elles sont l`a encore de signes diff´erents et P2est ´egalement un point selle.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Exercice 3 :
1. On obtient le champ de vecteurs Φ−1 inversant le syst`eme (S) : u = x − αy v = y D’o`u (S) ⇐⇒ x = u + αy = u + αv y = v
2. Soit f une fonction de variables (x, y) et ˜f la fonction d´efinie par
∀(u, v) ∈ R2, f (u, v) = f (x(u, v), y(u, v)) = f (u + αv, v)˜
D’apr`es la formule de d´erivation des fonctions compos´ees de plusieurs variables, on a ∂ ˜f ∂u(u, v) = ∂x ∂u(u, v). ∂f ∂x(u + αv, v) + ∂y ∂u(u, v). ∂f ∂y(u + αv, v) ∂ ˜f ∂v(u, v) = ∂x ∂v(u, v). ∂f ∂x(u + αv, v) + ∂y ∂v(u, v). ∂f ∂y(u + αv, v) D’o`u ∂ ˜f ∂u(u, v) = ∂f ∂x(u + αv, v) ∂ ˜f ∂v(u, v) = α. ∂f ∂x(u + αv, v) + ∂f ∂y(u + αv, v) ⇐⇒ ∂ ˜f ∂u(u, v) ∂ ˜f ∂v(u, v) = N × ∂f ∂x(u + αv, v) ∂f ∂y(u + αv, v) avec N = 1 0 α 1
3. (a) D’apr`es la question pr´ec´edente, si f est une solution de l’´equation α∂f
∂x + ∂f ∂y = 0 pour tout (u, v) ∈ R, on a
α∂f
∂x(u + αv, v) + ∂f
∂y(u + αv, v) = 0
On reconnaˆıt dans le membre de gauche de cette ´equation la d´eriv´ees partielle ∂ ˜f
∂v(u, v) et l’on obtient l’´equation ( ˜E) cherch´ee.
(b) Les solutions de ( ˜E) sont les fonctions de variables (u, v) ne d´ependant pas de v : ˜
f : (u, v) 7−→ k(u) pour toute fonction k d’une variable r´eelle.
D’apr`es l’expression du champ de vecteurs Φ, les solutions de l’´equation (E) sont toutes les fonctions de la forme
f : (x, y) 7−→ k(x − αy) pour toute fonction k d’une variable r´eelle.
? ? ?