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La technique du livre et l'art de le collectionner. « Collections d'hier et d'aujourd'hui »

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Academic year: 2021

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Master Professionnel TPTI

UFR Histoire

Parcours « Cultures scientifique, technique et industrielle »

La technique du livre et l’art de le collectionner

« Collections d’hier et d’aujourd’hui »

Raphaële Fresnais

Sous la direction d’Anne-Françoise Garçon

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Remerciements

Je souhaite remercier avant tous mes professeurs de Master Pro TPTI pour leur enseignement si riche et vaste de cette dernière année d'études, en particulier Madame

Anne-François Garçon et Madame Catherine Vaudour. Cette année m'aura beaucoup appris sur l'autre côté du miroir des expositions et sur la mise en œuvre de celles-ci. J'aurais reçu les bons outils pour découvrir le monde professionnel du patrimoine et de la culture. Mes remerciements vont également à Madame Lorraine de Gouville, relieuse

et restauratrice de livres anciens à Paris. Je remercie également ma tutrice de stage Madame Alix de Valence pour ses bons conseils et le commissaire-priseur Maître Jérôme

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Sommaire

Introduction ... 5

I/- Chapitre 1 : Chemin de fer de l’exposition ... 9

A) Définition générale de notre projet ... 9

- Une étude de marché sur le thème du livre ... 11

B) Vers une exposition gratuite? ... 14

- Budget prévisionnel ... 14

- Pour quel public? ... 15

- Faire parler de notre projet ... 17

II/- Chapitre 2: « Collections d’hier et d’aujourd’hui » ... 18

A) Une exposition panneaux. ... 18

- Sélection des objets exposés ... 18

- Les étapes de fabrication du livre ... 19

- L'histoire du livre ... 22

B) – Collectionner les livres anciens ... 25

- Un monde fermé de bibliophiles ... 25

- Un marché très actuel du livre ancien ... 26

III/- Chapitre 3: Mise en espace ... 28

A) Un parcours pour le visiteur ... 28

- La scénographie... 28

- Penser au bien-être des visiteurs ... 33

B) Vivre l'exposition ... 33 -L’implantation in situ ... 33 - Le parcours ... 34 - Mise en 3D ... 35 Conclusion ... 36 Bibliographie ... 38 Annexes ... 40

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Introduction

L’idée est de mettre sur pied une exposition mettant en valeur la technique du livre, depuis sa création et l’art de le collectionner. Une exposition est la présentation temporaire d'objets sur une thématique donnée dans un lieu ouvert au public. Elle doit donc mettre en avant la technique de fabrication des livres et l’évolution de celle-ci au fil des siècles, de manière ludique afin que chacun puisse mieux connaître cet objet du quotidien. Si c'est un sujet qui semble technique et difficile, nous pensons qu'il est possible de le présenter de manière à intéresser tous les publics, y compris les moins âgés. Nous avons tous chaque jour un livre dans les mains, que ce soit un roman, un recueil de poésie, un magazine, ou même un dictionnaire, cet objet fait partie de nos vies depuis que nous sommes enfants. Et pourtant, nous les connaissons bien mal. Seriez-vous capable de décrire les différentes étapes de fabrication d’un livre ? Ou de réciter le vocabulaire spécifique de l’anatomie d’un ouvrage ? En réalité bien peu de personnes ne s’intéressent vraiment au livre en tant qu’objet, puisqu’il est très souvent acheté, consommé pour son contenu, l’histoire qu’il contient. Ou les recettes, ou les cours, ou même des photographies. Le livre nous sert surtout d’intermédiaire vers des informations. Le livre c'est aussi une technique, un art et un savoir-faire relevant du patrimoine immatériel. De moins en moins de gens sont capables aujourd'hui de restaurer ou même de fabriquer une reliure en cuir comme elle aurait pu l'être au XVIe siècle. Une exposition qui donnerait des réponses quant à l’histoire du livre depuis sa création, ses vicissitudes, jusqu’à aujourd’hui, en passant par les plus grands collectionneurs de livres aurait certainement un succès. Car c’est un sujet qui nous touche absolument tous.

Il est d’autant plus important de rappeler au grand public la place des livres dans nos vies que ceux-ci sont petit à petit remplacés par les écrans et par les dématérialisation des informations sur internet. Les encyclopédies dans lesquelles nous faisions nos recherches d’exposés étant enfants ne sont plus qu’un lointain souvenir, et les enfants de 2017 font leurs travaux grâce à internet. Il est bon, et rassurant, cependant de préciser que le livre n’est pas en voie

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d’extinction. Le Ministère de la Culture spécifie même que le marché du livre est toujours considéré comme la première des industries culturelles1. Le marché du livre renferme de nombreux métiers, à commencer par ceux d’auteurs, d’éditeurs, d’imprimeurs, et de distributeurs. Beaucoup d’autres métiers s’intercalent avec ceux précédemment cités, comme graphistes, illustrateurs, les fabricants de papier, les fabricants d’encre, etc.

Le livre a donc plusieurs facettes, une facette technique et historique, une autre plus sociologique ou encore économique. Depuis des siècles, certains hommes et certaines femmes se prennent de passion pour les livres et cultivent l’art de les collectionner. Pour trouver ces collectionneurs friands de livres anciens, de livres modernes, de livres illustrés ou de reliures, il suffit d’aller en salle des ventes aux enchères publiques. C’est dans ce cercle relativement restreint que se retrouvent tous ces gens passionnés par les mêmes objets et qui comprennent le jargon du bibliophile. Dans la salle, les prix s’envolent pour obtenir telle édition originale de Michel Butor, un livre illustré par Julius Baltazar ou même encore une première édition de Descartes…C’est dans ces salles que nous pouvons ressentir le plus l’amour du livre et son attractivité. Le livre ancien est pour certains collectionneurs tout aussi désirable qu’une peinture originale d’un grand peintre. Notre exposition aurait ainsi pour projet de raconter l’histoire du Livre, pour les petits comme pour les grands mais également de mettre en valeur de grands collectionneurs de livres.

Cette exposition pourrait vivre indépendamment d’un musée ou d’une institution. Notre idée cependant est de proposer ce projet à un lieu que nous connaissons bien, c’est à dire la Médiathèque Louis Aragon du Mans en tant que prestataires extérieurs. Celle-ci fut inaugurée en 1988 à l’emplacement des anciennes halles du Mans. Elle gère aujourd’hui l'ensemble du réseau des cinq autres bibliothèques réparties dans la ville du Mans Elle remplace l’ancienne bibliothèque mancelle qui avait vu le jour en 1789 et qui a fermé ses portes lors de l’ouverture de la nouvelle médiathèque. De ce fait, la médiathèque Louis Aragon bénéficie du statut de bibliothèque municipale classée que l’ancienne bibliothèque, située avenue Gambetta avait obtenu en 1933 :

« Entre 1931 et 1972, l’État a procédé au classement de 54 bibliothèques municipales, principalement en raison de l’importance de leurs fonds patrimoniaux (propriété de l’État). Ces bibliothèques sont des services municipaux, la seule exception statutaire étant le fait que leur sont mis à disposition (gratuitement) des conservateurs d’État ; elles n’ont pas de mission particulière, autre que celles que

1http://www.culturecommunication.gouv.fr/Thematiques/Livre-et-Lecture/Economie-du-livre/Marche-du-livre.

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leur assignent leurs élus ou leur confèrent la richesse de leurs collections, la compétence de leurs agents ou l’activité de leurs services. 2

»

La richesse des fonds patrimoniaux de la ville du Mans n’est peut-être pas suffisamment mise en valeur. Il n’y a pas eu depuis très longtemps d’exposition consacrée aux livres ou aux archives mancelles et pourtant c’est une ville qui a une activité culturelle intense. Presque chaque semaine de l’année est occupée par des événements culturels sur la musique (avec le Festival d’Europa Jazz notamment et le Festival de l’Abbaye de l’Epau pour la musique classique), le théâtre, l’histoire, l’art contemporain, le cirque, ou encore la Nuit des Chimères. Cet événement, gratuit, permet aux visiteurs de se promener dans la vieille ville du Mans et d’admirer les bâtiments ancestraux illuminés par des projections de couleurs. Concernant les livres, le Salon du Livre se tient chaque année en octobre au Mans et rassemble des milliers de personnes. De nombreux auteurs sont invités, des colloques et des débats ont lieux. L’événement appelé la 25e

heure du Livre est d’ailleurs le cinquième salon du livre en France en termes d’importance et de visiteurs. Le Mans est donc une ville tout à faite ouverte sur le domaine du livre et de la culture et une exposition sur le thème du livre aurait certainement beaucoup de succès.

La médiathèque possède un lieu dédié aux expositions temporaires qui est constamment utilisé pour que les usagers de la médiathèque puissent accéder à une exposition gratuite dans l’enceinte même du bâtiment. L’espace libre est situé entre le salon de lecture des bandes-dessinées et la pièce dédiée aux Cds et DVDs. L’idée est de proposer cette exposition à un lieu déjà dévoué à la culture et au Livre. Il semble être le lieu idéal pour faire connaître au public l’histoire du livre pour plusieurs raisons.

C’est avant tout une médiathèque située en centre-ville du Mans, elle est donc très fréquentée par un très large public. Elle possède tous les avantages d’un espace public et elle est accessible pour les personnes à mobilité réduite. La ville du Mans, par son histoire médiévale très importante possède également un très grand fond d’archives et de livres historiques. Les fonds précieux regroupent des ouvrages d'une richesse et d'une importance inestimables. Dans ce fond, on trouve près de 700 manuscrits de l’époque médiévale jusqu’à aujourd’hui. La majorité de ces manuscrits anciens datent de la période du Moyen Âge. Ce corpus d’oeuvres regroupe également quelque 400 imprimés d’avant le XVIe siècle.De nombreux sites ecclésiastiques du Maine avaient vus leurs ouvrages saisis pendant la Révolution. Ces

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ouvrages ne viennent pas tous de la région mancelle mais font partie aujourd’hui de sa richesse et de son patrimoine. On trouve également des ouvrages rares, précieux ainsi que des éditions originales d'artistes ou encore des ouvrages bibliophiles tout à fait contemporains. De plus, une exposition sur les livres dans une médiathèque semble plus qu’appropriée et il serait logique de la faire voyager dans d’autres médiathèques qui le souhaiteraient. Si notre projet vise en particulier une médiathèque, il n’est pas impossible ni improbable que celui-ci intéresse d’autres lieux du même type.

Nous souhaitons donc proposer un projet d’exposition sur la technique du livre, en repartant sur les traces de l’histoire du livre et de sa reliure tout en nous intéressant au concept de la collection, à l’époque moderne mais aussi à aujourd’hui. Le monde des collectionneurs est à l’heure actuelle totalement inconnu du grand public, qui ne peuvent pas aisément entrer dans ce milieu très fermé. Les habitudes des collectionneurs, notamment concernant les ventes aux enchères, sont pourtant très intéressantes. Pour séduire la médiathèque, qui reçoit continuellement des expositions temporaires, nous pourrions lui proposer un panneau sur la ville du Mans et sur ses fonds de livres. Nous verrons donc comment séduire une ville par un projet d’exposition. Cette démonstration pourra s’effectuer à l’aide d’une présentation de business plan, d’un résumé du contenu des futurs panneaux et d’une explication de la mise en place de l’exposition en nous adaptant au lieu.

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I/- Chapitre 1 : Chemin de fer de l’exposition

A) Définition générale de notre projet

Nous considérons qu’une exposition est la présentation temporaire d’objets sur une thématique donnée dans un lieu ouvert au public. La première chose à faire est de prévoir d’un point de vue temporel notre vision des choses.

Pour le muséologue Jean Davallon une exposition est :

« ...un moyen de communication, elle constitue un discours, elle est porteuse de sens. Son concepteur doit la construire de telle manière qu’elle oriente le visiteur matériellement mais aussi conceptuellement. L’exposition ne peut se réduire à un lien physique d’une succession d’objets. Au-delà même on donnera au visiteur un rôle d’acteur essentiel par son interprétation du message3

».

Notre idée est de faire voyager le visiteur à travers les époques et de l’enrichir culturellement sur l’histoire du livre et ses techniques de fabrication. De manière ludique, celui-ci pourra faire découvrir les différentes étapes de fabrication du livre, en France, depuis l’invention des premières reliures. Nous l’avons dit, notre projet est de créer cette exposition en partenariat avec une médiathèque publique sur une durée de plusieurs mois. L’exposition pourra en partie

3Davallon Jean, L'Exposition à l'œuvre, stratégies de communication et médiation symbolique, Paris ,

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être déplacée dans différents lieux par la suite, mais sans doute en étant amputée d’une partie des objets exposés en premier lieu ou remplacée par les fonds de la prochaine médiathèque. Ce projet est marqué par une vision principale et par plusieurs missions distinctes :

NOTRE VISION : Faire connaître gratuitement la technique de fabrication du livre au grand

public mais aussi attirer les connaisseurs des livres dans une exposition.

NOS MISSIONS : Faire venir des visiteurs, leur livrer un apprentissage, faire connaître la

technique de fabrication du livre au grand public ainsi qu’au public scolaire, faire venir des livres de collections différentes afin de pouvoir les exposer, faire connaître le milieu du marché de l’art et des ventes aux enchères.

L’une des premières choses à laquelle il faut penser est le nom de l’exposition. Le titre de « Collections d’hier, collections d’aujourd’hui » nous semble approprié car nous cherchons à présenter une exposition principalement historique avec un fond d’histoire moderne mettant en lien ces mêmes collections venues jusqu’à nous aujourd’hui. Le terme de « collection », du latin collectio correspond à l’action de recueillir, de rassembler. Le mot « collection » nous renvoie également aux collections d’ouvrages qui font partie d’un même ensemble. Ce titre voudrait faire rappeler que des collections existent depuis des siècles, que certains collectionneurs d’aujourd’hui sont les héritiers des collectionneurs d’hier. L’élite de l’époque moderne en France puis du XIXe siècle ont amassé d’immenses collections et les ont soit léguées à l’État soit à leurs familles, les faisant ainsi traverser les siècles jusqu’à nos jours. De même, l’État français possède des ouvrages en quantité et continue d’en acquérir quotidiennement même si le public ne le sait pas toujours. Les conservateurs et attachés de conservations peuvent courir les salles de ventes aux enchères pour obtenir des documents précieux pour leurs musées. Les différents ministères et collectivités territoriales peuvent également préempter des ouvrages ou objets désignés comme trop précieux pour repartir dans les mains d’un particulier. Le propriétaire de l’ouvrage n’est alors plus libre de choisir son acheteur ou même de choisir le prix du bien.

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- Une étude de marché sur le thème du livre

Le livre est un objet du quotidien, que nous retrouvons dans absolument tous les domaines de la vie. Nous en avons dans les mains dès notre plus jeune âge. Et pourtant, les expositions consacrées exclusivement aux livres ne sont pas si nombreuses.

Il y a déjà eu par le passé des expositions sur les collections de grands collectionneurs ou sur le livre mis à l’honneur. En 2015 l’exposition « Pliure » parlait du livre et de notre rapport à lui, exposant une quarantaine d’œuvres4. L’exposition donnait la possibilité au visiteur de se plonger littéralement dans les livres en tant qu’objet avec une perspective philosophique. Il pouvait ainsi se questionner sur le rapport au temps, à l’écriture ou sur soi-même et sa relation avec les livres.

L’exposition « Non : pamphlets, brûlots et autres textes polémiques » qui a eu lieu du 17 septembre au 22 octobre à la bibliothèque d’études et de conservation de Besançon était quant à elle consacrée au livre pamphlétaire. L’idée était de ne pas se focaliser sur l’apparence des ouvrages qui, bien souvent, ne payaient pas de mine, faits de mauvais papier et dans une pauvre reliure peu travaillée. Ils ne sont pas recouverts de dorures et n’ont pas d’attrait particulier. Leur richesse ne réside pas dans leur aspect mais dans les textes dont ils sont les porteurs. Les livres pamphlétaires permettent de retracer l’histoire de France et ses grands événements, tels que les guerres de religion, les différentes révolutions et renversements de pouvoir, ou la lutte contre l’absolutisme. L’exposition proposait aux visiteurs d’observer une cinquantaine d’ouvrages de manière chronologique. On remarque alors que l’imprimerie a joué un rôle capital dans l’histoire politique de France, et permettait d’influencer voire de convaincre une partie de la population alphabétisée. Les livres étaient placés dans des vitrines, ouverts et accompagnés de cartels explicatifs. Le lieu de l’exposition étant une bibliothèque, la mise en abîme fonctionnait parfaitement et le visiteur était ainsi plongé dans l’univers du livre et de son histoire.

Les deux plus grands événements en France concernant la technique du livre et les collections de livres anciens restent le Salon du Livre et le Salon International du Livre Rare et de l’Autographe à chaque printemps parisien. A cette occasion se rassemblent des centaines de professionnels du livre, notamment des libraires, des experts, des relieurs, des maisons de

4L’exposition regroupait environ quarante ouvrages du XVIe au XIXe siècle à la Fondation Calouste Gulbenkian,

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vente spécialisées...Le tout dans le but de promouvoir le Livre. Le Salon International du Livre constitue le grand rendez-vous des experts en livres anciens. Les collectionneurs jouent un rôle majeur dans le maintien de cette tradition qui existe depuis 1984.

Les expositions évoquées précédemment sur le thème de la « Pliure » ou celle consacrée au livre pamphlétaire font partie des quelques expositions sur le sujet du livre en France de ces dernières années. Le Salon du Livre Ancien, né en 1984 et originellement situé à la Conciergerie, à Paris, reste aujourd’hui le plus grand événement dédié au livre et à sa technique aujourd’hui. On le retrouve chaque printemps dans la nef du Grand Palais, mais cet événement reste encore assez peu connu. L’inconvénient majeur est qu’il ne rassemble que des professionnels du livre ancien, qui exposent une certaine partie de leurs collections. Aucune place n’est faite pour une exposition explicative pour un public qui ne serait pas expert de la question. Cela signifie que si un public familial souhaite venir visiter le Salon du Livre ancien, il doit d’abord se heurter au prix relativement élevé du billet d’entrée pour finalement errer entre les couloirs de la nef du Grand Palais sans savoir quoi faire. L’espace n’est simplement pas adapté à un autre public que des experts et fins connaisseurs, mais uniquement à des collectionneurs ou professionnels se connaissant tous déjà très bien. Pour apprécier le Salon du Livre, il faut donc déjà être un amateur et avoir des connaissances, il ne s’agit pas d’une exposition comme celle que l’on pourrait trouver en musée.

Aux Journées du Patrimoine dernières, l’ambassade russe à Paris ouvrait ses portes et permettait aux visiteurs d’admirer plusieurs ouvrages aux reliures ouvragées faites à la main. Cette exposition, baptisée Livres exclusifs - cadeaux diplomatiques n’était ouverte à la visite que durant ce seul weekend de septembre 2017. Les livres présentés étaient entièrement faits à la main, les feuilles assemblées une à une entre elles et la reliure réalisée avec minutie en velours, or et pierres. Ces livres tiennent leur origine dans un cadeau diplomatique de la part de Vladimir Poutine au Président américain George Bush peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001. Les livres font partie des objets offerts comme cadeaux diplomatiques depuis des siècles et ce, dans toutes les cultures. Ces objets très précieux sont donnés dans le but d’impressionner le partenaire et de montrer la richesse du pays et le savoir-faire du peuple. C’est également une preuve de respect et de volonté de création de nouveaux liens d’amitiés entre deux représentants officiels. Chaque volume possède un étui en bois de noyer, décoré d'un panneau d'insert en pierre, réalisé en technique mixte : figures sculptées sur fond de mosaïque florentine. Il a fallu sept ans de travail de différents artistes pour finaliser ce projet.

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L’exposition « Monet Collectionneur », ouverte du 14 septembre 2017 au 14 janvier 2018 montre la collection personnelle d’un artiste célèbre. Celle-ci n’est composée que d’œuvres picturales. Le musée du Palais Galliera mettra bientôt en place son exposition consacrée au collectionneur Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949). Cet espagnol et vénitien spirituel était un des plus grands collectionneurs d’œuvres dadaïstes mais également de textiles et de costumes de son temps. Les expositions sur les collections et les collectionneurs ont la plupart du temps beaucoup de succès. Les gens sont en réalité curieux et attirés par les collections. En revanche il est plus rare de voir des expositions de collections de livres. C’est même très difficile de trouver ce genre d’exposition. D’abord parce que les livres sont des objets précieux et sensibles, qu’il convient de manier avec prudence. Exposer des ouvrages les malmène et met en danger la visibilité de l’encre, la condition du papier ou la fragilité de la reliure. C’est souvent beaucoup plus pratique d’exposer un tableau que plusieurs visiteurs peuvent admirer en même temps qu’un ouvrage sur lequel peu de personnes peuvent se pencher au même moment.

Paradoxalement notre rival principal serait sans doute Internet puisque les gens qui s’intéressent aux reliures ou à la fabrication des livres en général peuvent récolter autant d’informations qu’ils le souhaitent sur Internet et notamment Youtube. Des vidéos montrent déjà comment assembler des pages pour en faire des ouvrages. Les expositions numériques de la Bibliothèque nationale de France cependant ne proposent rien quant aux reliures, à la fabrication des livres ou aux collectionneurs.

L’intérêt serait donc de transporter notre visiteur dans le temps, dans un lieu qui ressemble à une ancienne bibliothèque remplie de livres anciens ou non afin de créer un cadre particulier de visite. La Bibliothèque nationale de France ou la Bibliothèque Universitaire de la Sorbonne seraient des cadres presque parfaits pour accueillir ce genre d’exposition, qui ne prendrait pas trop de place. Une bibliothèque de moindre mesure serait également un très bon endroit pour ce genre d’exposition car elle permettrait d’accueillir des groupes scolaires. Le Musée des Arts et Métiers du CNAM à Paris serait aussi un emplacement de choix. Notre premier choix se tourne vers la médiathèque Louis Aragon car elle dispose d’un espace prévu pour les expositions, dans lequel la mairie du Mans a fait le choix d’y exposer constamment des expositions de qualité. De plus, le lieu est accessible à tous les publics.

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B) Vers une exposition gratuite?

- Budget prévisionnel

Organiser une exposition abritant une exposition panneaux, ainsi que des machines de fabrication de reliure et bien sûr des livres, si possible est une opération coûteuse. C’est pourquoi il faut viser au plus important, c’est à dire les panneaux d’exposition et les séries de photographies représentant les étapes de fabrication des livres. Une vidéo consacrée à cette étape de la vie d’un livre serait un plus évidemment. Il faut donc prendre en compte l’espace qui accueillera l’exposition sur une durée déterminée, l’impression des panneaux d’exposition, l’installation, l’assurance lors de la mise en place et du temps de l’exposition des objets exposés, ne pas oublier le prix du matériel supplémentaire, la publicité. Ces frais relèvent de charges et de taxes à prévoir bien avant le début de l’exposition. Les recettes sont habituellement constituées des billets d’entrée et des revenus de la boutique. Or dans notre cas, les entrées seront libres et gratuites, et chacun pourra venir voir l'exposition sur les heures d'ouvertures de la médiathèque. Le but ici n’est pas de faire du rendement mais de faire profiter de l’exposition à un maximum de visiteurs. L’idée serait donc de travailler en partenariat avec une bibliothèque, ici la médiathèque Louis Aragon, qui nous louerait l’exposition, le temps de quelques mois. Nous pensions à la période entre le 13 février, par exemple, jusqu'au 13 juillet. Six mois permettent à ceux qui veulent voir l'exposition de venir. Certaines bibliothèques appartenant soit à une marie de Paris soit à une commune ailleurs en France seraient sans doute heureuses de recevoir en leur sein une exposition sur le thème du livre. Il serait plus coûteux de faire des expositions à l’extérieur sans fond de base (d’archives), c'est pourquoi il faut plutôt viser des institutions qui ont déjà un fond pour ne pas avoir à tout importer.

Si des livres qui n’appartiennent pas à la ville du Mans sont exposés, nous serons dans la nécessité de prévoir des assurances pour l’exposition, ainsi que les autorisations signées des propriétaires des objets. De plus si nous réussissons à obtenir des prêts de collectionneurs privés ou d’autres bibliothèques possédant des ouvrages anciens, il sera nécessaire d’avoir un surveillant pour l'exposition. Mais cette situation ne serait pas idéale, notre premier projet étant de mettre en valeur les collections du patrimoine manceau. De cette façon, le prêt des ouvrages serait gratuit pour la médiathèque. Ces ouvrages seront mis sous verre dans des

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vitrines, ouverts à une page intéressante et à leurs côtés, un cartel explicatif que nous pourrions fournir. La médiathèque dispose également du matériel pour accrocher des panneaux et de vitrines pour exposer les livres. Étant un lieu spécialisé dans les livres, tout est disponible pour prendre soin le mieux possible des ouvrages. La médiathèque disposant donc déjà de ressources patrimoniales à exposer et de matériel d'exposition adapté, il ne nous coûtera que le prix d'impression des panneaux, celui des affiches et des petites cartes publicitaires ainsi que le montage vidéo sur la reliure et les ventes aux enchères.

- Pour quel public?

Le public visé est avant toute chose un public de non-collectionneurs. Étant donné l’emplacement de l’exposition, les visiteurs ne viendront pas nécessairement à la médiathèque pour la voir. Cela pourrait être par hasard, en voyant l’affiche de l’exposition à l’entrée de la médiathèque ou en allant rendre des ouvrages. L’objectif n’étant pas de vendre, il s’agit avant tout de « faire connaître ».

Les collectionneurs, amateurs ou passionnés chevronnés, appartiennent plutôt à la même catégorie de personnes. Ce sont en général des hommes d’une cinquantaine d’années qui apprécient d’utiliser du temps et de l’argent dans l’acquisition de livres parfois extrêmement coûteux. Ce public de collectionneurs est vaste et international, car Internet permet aujourd’hui à chacun d’enchérir en ligne pour enrichir ses collections. Si de plus jeunes personnes participent également à la vente, c’est très positif malgré que cela arrive beaucoup moins souvent. Le milieu des collectionneurs est donc un monde à part ,qu’il s’agit de comptabiliser dans le montage de notre exposition. Il sera d’autant plus difficile d’adapter un discours à la fois pour des groupes scolaires ou des familles et pour des visiteurs plus âgés et peu être plus cultivés dans ce domaine précis. Et pourtant une bibliothèque est ouverte à tous, et chacun peut profiter de ce genre d’exposition gratuite.

L’exposition panneaux ne devrait pas requérir beaucoup de personnel quotidien. Il faudra de toute évidence une équipe pour veiller à l’installation de l’exposition ainsi que pour son enlèvement à la fin de la durée déterminée. L’idéal serait d’avoir une personne qualifiée, un médiateur culturel, certains après-midi de la semaine, pour faire des visites aux groupes

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scolaires. Des activités sur le thème du livre, de la lecture ou de la fabrication de reliure seraient proposées. Un atelier de décoration de reliure ou de première de couverture d’un livre serait intéressant pour un groupe de primaires. Des exercices de peintures d’enluminures aux pigments et jaunes d’œuf pour les collégiens et lycéens le seraient tout autant, à condition de prévoir une participation des écoles pour payer les frais de matériel et le travail du médiateur.

Les classes de lycéens dont les lycées proposent une classe d’histoire de l’art pourraient être aussi des visiteurs potentiels. Le professeur se chargerait peut-être lui même de la médiation, mais nous pourrions lui fournir les documents nécessaires afin de le convaincre de l’intérêt de l’exposition pour des jeunes étudiants en histoire de l’art. La ville du Mans disposant également d’une Ecole Supérieure des Beaux-arts, les étudiants pourraient être intéressés par ce type d’exposition, de même que les étudiants en histoire de la Faculté universitaire du Maine.

L’idéal pour les groupes scolaires serait de fournir un livret d’exposition s’adressant aux primaires. Une mascotte pourrait être utilisée pour expliquer aux enfants la fabrication des livres et les ventes aux enchères. Il est rare qu’aujourd’hui que les enfants connaissent les « détails » de fabrication des livres, ou les grandes lignes de son histoire depuis l’imprimerie. Il est encore plus rare que le jeune public connaisse le principe des ventes publiques, à moins qu’ils n’en aient vu dans des films ou qu’ils aient accompagné leurs parents en salle de vente. La mascotte créée a donc une forme animale, c’est un petit « rat de bibliothèque ».

Choisir un animal en mascotte rend plus simple les questions de « genre » qui peuvent poser des problèmes pour les enfants ou les parents. Pourquoi choisir une fille et pas un garçon ? Pourquoi un enfant aux yeux bleus et pas aux yeux marrons ? Lorsqu’il s’agit de ne choisir qu’un seul et unique personnage, le choix de l’animal personnifié résout

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italien. Il y aura un petit livret de quelques pages mis à la disposition des groupes scolaires, qui servira de support pour les instituteurs. Ce livret sera composé d’explications brèves sur la reliure, sur l’imprimerie et son histoire et sur les grands collectionneurs de livres ou le fonctionnement d’une vente aux enchères. Un petit quiz sur les schémas proposés sur les panneaux, les machines exposées ou le petit documentaire permettrait aux enfants de savoir quoi chercher et lire sur les panneaux (notamment les bulles "Le Savais-tu?").

- Faire parler de notre projet

Nous nous chargeons de procéder à la publicité de l’exposition, sur les réseaux sociaux mais aussi évidemment dans les autres lieux publics de la ville du Mans. L’office du tourisme pourrait installer l’affiche de l’exposition dans son enceinte, de même que l’université du Maine, la mairie située dans le Vieux-Mans, le musée de Tessé (qui dispose également de trois pièces disponibles pour les expositions temporaires). Des petites cartes gratuites pourraient être également proposées et disposées sur les accueils de ces différents lieux. Ces cartes, miniatures de l’affiche d’exposition au recto, donneraient toutes les informations nécessaires aux visiteurs sur le verso.

Les cafés et librairies du Mans ont très souvent des affiches sur leurs vitrines pour ce genre d’événements, il serait donc tout à fait possible d’en répandre un peu partout dans la ville. La promotion physique de cette exposition dépend donc du choix stratégique de l’affiche et des placements de celles-ci. Nous pouvons également contacter les journaux de la ville et de la région pour parler de cette exposition. Nous pensons notamment aux quotidiens Le Maine Libre et le journal Ouest France dans lesquels il est toujours fait une place importante au patrimoine et aux événements culturels du département sarthois. Nous disposons également d’une publicité gratuite mais non pas moins efficace à travers les réseaux sociaux et la page internet. Ceux-ci seront développés dans le dernier chapitre de ce projet5.

5

Voir la partie sur le marketing dans laquelle nous insistons sur notre plan de séduction des visiteurs.

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II/- Chapitre 2: « Collections d’hier et

d’aujourd’hui »

A) Une exposition panneaux.

- Sélection des objets exposés

Le sujet principal de l’exposition est avant tout l’histoire du livre. Il est donc primordial que la ville du Mans autorise la médiathèque à exposer ce patrimoine lors d’une exposition temporaire. Comme le sujet est vaste sur une période chronologique qui va de l’Antiquité à aujourd’hui, il n’y a pas d’objet en particulier qui devrait être exposé. Il s’agit principalement d’exposer des ouvrages qui méritent d’être vus par le grand public, et qui ont un intérêt tout particulier grâce à leur reliure, ou à la technique d’enluminure, mais encore pour son contenu ou son auteur fameux. L’idée est ici d’exposer des objets qui sont rarement exposés et qui rentrent dans la catégorie des « beaux livres ».

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La médiathèque du Mans possédant de nombreux ouvrages anciens, il semble qu’il faille saisir l’opportunité de les présenter au public. Outre les ouvrages et les panneaux dont nous préciserons et résumerons le contenu, nous pensions qu’il serait judicieux d’exposer une ancienne machine à relier les livres, comme une ancienne presse à livres. Ces machines qui prennent peu de place ne sont pas difficiles à trouver. Un pot de colle de pâte pourrait être exposé en expliquant en quoi cette colle est particulière et n’est utilisée que pour les restaurations. Des images d’iconographie médiévales montrant des ateliers anciens de presse de livres ou d’enluminures ou encore d’imprimerie pourraient constituer d’avantages de supports, en plus des panneaux.

- Les étapes de fabrication du livre

Le savoir faire de la reliure

La première partie de l’exposition est consacrée à l’explication des différentes étapes nécessaires pour relier un livre. La reliure de livre exige une perfection manuelle et un apprentissage durant de longues années. Un schéma montrerait aux visiteurs le vocabulaire à adopter pour parler de livre. Ce vocabulaire sera retrouvé tout au long de l’exposition. Les termes sont parfois complexes, il s'agira de simplifier parfois les explications par des illustrations.

Ainsi, la plaçure est la première étape pour le livre : C’est l’assemblage des feuillets, leurs nettoyage si besoin, l’intercalage des gravures, photographies et autres hors-textes entre les feuillets de texte. Le montage de la couverture fait également partie de cette étape. C’est parfois la couverture qui fait toute la valeur d’une édition, d’autant plus lorsqu’elle est originale.

Vient ensuite le moment de garnissage du début et de la fin du volume avec un cahier de papier. Ce sont en effet les gardes blanches qui protègent le papier des effets du cuir ou du matériaux de la couverture. A l’époque moderne les gardes blanches étaient utilisées pour ne pas graisser le papier, phénomène qui pouvait se produire avec certaines peaux. Le livre est

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donc rassemblé et préparé pour la collation. Celle-ci consiste à vérifier qu’il est complet, que les pages se trouvent toutes au bon endroit et dans le bon sens. Ensuite, le livre est divisé en petites « battées » de deux ou trois cahiers entre des petites planches appelées ais et est laissé ainsi pendant plusieurs jours dans la presse.

Il est intéressant de constater que le travail était divisé entre les hommes et les femmes concernant ce travail. La couture est en effet l’opération suivante et elle nécessite une grande dextérité et beaucoup de délicatesse. C’était donc un travail principalement effectué par les femmes pendant des siècles. Le relieur a au préalable réalisé des petites entailles, appelées aussi grecques, sur chaque dos de chaque petit cahier. La couturière réalise la « pierre angulaire » de la reliure et relie les cahiers ensemble. Elle doit choisir la grosseur de fil à employer en tenant compte de la nature du papier utilisé, du nombre de cahiers à relier et de l’ampleur du résultat final avec les fils accumulés dans le fond de chacun de ces cahiers.

Le corps de l’ouvrage constitue le gros œuvre du métier, il est ensuite vérifié par le relieur qui encolle le dos des cahiers assemblés et épointe les ficelles. Ensuite il choisit le carton dont l’épaisseur conviendra le mieux au volume final de l’ouvrage. Il le découpe à l’aide de la cisaille à carton en plusieurs bandes et lui donne une forme galbée à l’aide de la colle à pâte. Les bandes de cartons, avec leur forme plus ronde, peuvent ensuite constituer le dos du livre. Celui-ci prend une forme convexe grâce aux coups de marteau du relieur qui tape doucement le livre afin de l’arrondir.

L’étape suivante est de placer le livre dans une autre presse, différente de la première, l’étau à endosser, qui laisse le dos dépasser sur toute la longueur du livre. Le marteau sert une fois de plus à « coucher » sur les mâchoires les premiers et les derniers cahiers et former les mors. Les feuillets s’intègrent petit à petit au dos et laisse de la place pour la chasse, qui constitue le petit espace entre le bord du carton de couverture et les feuillets. Ainsi les feuillets ne peuvent être abîmés et frottés grâce à cet espace de « sécurité » pour eux.

Le relieur procède a de petits trous le long des cartons qui constitueront la première et la dernière de couverture. Il fait passer une ficelle dans chaque trou de la première de couverture puis sur le dos pour finalement sortir par le trou de la quatrième de couverture. Le dos peut être ensuite recouvert d’un parchemin ou d’une morceau de toile afin de consolider le corps de la reliure.

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Le travail n’est pas terminé puisque le livre doit encore avoir la tête ou les tranches rognées. Les grands ateliers avec beaucoup de moyens utilisent le massiquot moderne à coupe rapide, tandis que les plus petits atelier utilisent la presse à rogner. Ce principe est une technique ancestrale et existe depuis plus de quatre cent ans.

Vient ensuite le moment de dorer les trois côtés du livre dans une presse mobile dédiée et de « dresser » la surface à l’aide de grattoirs en acier puis d’y appliquer de l’or en feuilles au moyen de blanc d’oeuf dilué. Celui-ci donne son aspect brillant au métal devenu sec. Les dernières étapes sont consacrées à l’apprêture à la couvrure, qui débute par la pose de la tranchefile de la même couleur que la reliure. Ce sont les fils de soie qui sont situés en haut et en bas du dos et qui servent, en plus de leur rôle décoratif, à renforcer cette partie de la reliure. A force d’être tiré de son rayon de la bibliothèque, le dos du livre s’en trouve usé et peut risquer de se détacher en partie en son sommet ou en sa base.

La couvrure est composée de trois grandes étapes primordiales : le choix de la coupe et de la peau à utiliser, la parure de la peau qui peut se faire soit à la main sur une pierre plate à l’aide d’un couteau spécial ce qui demande beaucoup de temps et d’attention. L’autre manière de faire est d’utiliser une machine spéciale. Enfin, la peau doit être mouillée et encollée plusieurs fois avec de la colle de pâte avant d’aller recouvrir le volume.

La finissure comme son nom l’indique est l’une des dernières étapes de reliure. Après avoir posé les coins de cuir et la peau sur les deux plats du volume, le relieur double les gardes dont nous avons évoqué le rôle précédemment. Les matières choisies pour les gardes sont soit du papier, de la peau, du daim ou de la soie. Chaque replis de peau est élagué et poncé afin de présenter une surface parfaitement lisse à l’extérieur de l’ouvrage tout comme sur les gardes.

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Une fois la reliure terminée, elle est livrée au doreur sur cuir. L’outil principal du doreur sont les fers à dorer. Il en existe de différentes formes et styles. Il s’agit de faire chauffer les fers à dorer et de les passer sur le blanc d’oeuf qui aura été appliqué au préalable au pinceau sur la peau, afin de le rendre adhésif. Celui-ci retient la feuille d’or placée entre le cuir et le fer à dorer et fixe la dorure sur le cuivre, lui donnant un aspect brillant.

Cette description des étapes de la reliure sera accompagnée d’illustrations photographiques et d’illustrations dessinées, donnant un aspect plus ludique pour les enfants. Une borne avec un écran numérique montrera le travail d’un relieur étape par étape dans un format de vidéo. Si l’espace le permet, cela serait encore plus intéressant de le projeter au musée avec des sièges pour que les visiteurs puissent suivre le petit documentaire assis de manière confortable.

- L'histoire du livre

Le livre tient son histoire avant tout du papier et donc des végétaux. Le mot livre vient d’ailleurs du dérivé du latin liber, écorce. Plusieurs grandes étapes marquent l’histoire du livre relié tel que nous le connaissons. Un panneau serait accordé à chaque étape.

Le papyrus

C’est aujourd’hui bien connu que les Égyptiens furent parmi les premiers à utiliser des végétaux pour en faire du papier dans l’objectif d’écrire dessus. Le papyrus constitue l’un des plus anciens spécimen de roseau utilisé pour le papier. Il poussait sur les rives marécageuses du Nil bien qu’aujourd’hui il soit devenu difficile d’en trouver. Les Égyptiens extrayaient la moelle des longues tiges atteignant parfois jusqu’à quatre mètres avant d’en faire de fines feuilles. Les principales sources sur la description de fabrication de papyrus sont les textes de Pline l’Ancien et les études scientifiques actuelles ayant analysé chimiquement le composant des papyrus. Le livre fait de papyrus avait une forme de cylindre et il fallait le déroule de droite à gauche pour lire. Le plus ancien rouleau de papyrus date de 2400 ans avant J.-C.

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« Le papyrus naît dans les marécages de l'Égypte ou dans les eaux dormantes du Nil, lorsque, débordées, elles demeurent stagnantes des creux dont la profondeur n'excède pas deux coudées. On prépare le papier en divisant le papyrus en bandes très minces, mais aussi larges que possible. (XII) La bande la meilleure est celle du centre de l'arbre, et ainsi de suite dans l'ordre de la division. On appelait jadis hiératique, attendu qu'il était réservé aux livres sacrés, le papier fait avec les bandes intérieures. Lavé, il a reçu le nom d'Auguste, de même que celui de seconde qualité porte celui de Livie, sa femme. 6»

Le livre chinois

Si aucun des manuscrits littéraires sur plaques de bois chinois ne sont parvenus jusqu’à nous, les scientifiques savent qu’ils étaient utilisés par les Chinois dès le troisième millénaire avant J.-C. Ces plaques de bois étaient grattées à l’aide d’un stylet parfois avec de l’encre de Chine. En 213 l’empereur Ts’in Schihuangti ordonne un grand autodafé pour détruire tous les livres afin de punir les écrivains qui avaient défié son autorité et critiqué sa façon de régner. A la suite de cet autodafé, les Chinois se tournèrent vers la soie pour écrire. Ils utilisaient des pinceaux dont les poils étaient des cheveux et de l’encre de Chine. Le prix de la soie était un frein à l’expansion de cette méthode, si bien que celle-ci fut finalement mélangée à de la bouillie de bambou. Une fois sec le mélange aplati avait presque tout d’une feuille de papyrus. Bientôt des trous furent percés dans les paquets de feuilles et une cordelette passée entre ceux-ci afin de rassembler la liasse. Cette forme de livre a été ensuite utilisée pendant des siècles en Chine.

Le livre gréco-romain

Le papyrus était utilisé dès le IVe siècle avant J.-C en Grèce et en Italie, notamment grâce au règne d’Alexandre le Grand et de son empire. Les feuilles dites charta étaient reliées par collage pour former des rouleau appelés kylindros à Athènes et volumen à Rome. On retrouve ici l’étymologie des termes cartes et volumes toujours utilisés aujourd’hui). Aucun manuscrit n’est parvenu jusqu’à nous de manière complète mais les spécialistes estiment qu’un rouleau pouvait faire jusqu’à six ou sept mètres de long pour une dizaine de centimètres de diamètre

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maximum. En Grèce les bibliothêkê servaient à conserver les rouleaux précieux dans des vases de bois ou de pierre. Petit à petit, le papyrus fut remplacé par le parchemin.

Le parchemin

La légende veut que le roi de Pergame Eumène II en Asie Mineure se vit interdire la livraison de papyrus égyptien au cours du 3e siècle avant J-C. Les artisans se virent donc encouragés à trouver des solutions de remplacement notamment avec des peaux d’animaux. C’est d’ici que le pergamenum, ancêtre du parchemin vit le jour. La peau pouvait être celle d’un mouton, d’un veau, d’une chèvre ou d’un âne. Elle était raclée, puis dégraissée dans un bain d’eau de chaux et mise à sécher sur un cadre de bois, tirée par des ficelles à toutes les extrémités. Elle était ensuite polie à la pierre ponce. L’avantage majeur en Europe de cette nouvelle méthode était qu’elle ne nécessitait pas d’importation comme c’était le cas du papyrus. Son prix était aussi moins élevé et sa matière plus résistante que celui-ci. Le papyrus était donc réservé en Europe aux documents de grande importance.

Au Moyen âge le parchemin était enroulé sur un bâton terminé à chaque extrémité par un bouton. Si l’on déroulait le rouleau en entier, la première page était tout à gauche. Ce système cyclindrique fut bientôt réservé aux documents d’importance tandis que les livres du quotidien furent assemblés comme l’étaient les tablettes de cire qu’utilisaient les Romains. Le ligator, du latin ligare, devait finalement relier les cahiers de parchemins par une couture en nerf de bœuf. En France le nom de ligator devient celui de lieeur puis lieur et enfin relieur.

A l'époque médiévale, ce sont les ordres religieux qui s’intéressèrent le plus aux livres. La chute de Rome a fait disparaître des milliers d’importants manuscrits. Lors des invasions barbares les palais et bibliothèques de l’empire se virent partir en fumer. L’académie de Byzance préserva une grande partie de manuscrits et devient un centre culturel où se retrouvaient érudits, chercheurs et artistes. Les moines des communautés chrétiennes en France se mirent à recopier les textes religieux sur des livres en parchemin, composés de cahiers et reliés. L’exemple fameux du moine Frère Othold dans l’abbaye de Saint-Emmeran qui aurait passé sa vie entière à recopier 23 missels, trois évangiles, un psautier, deux ouvrages de Saint Augustin et deux lectionnaires7.

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B) – Collectionner les livres anciens

- Un monde fermé de bibliophiles

- Qui collectionne ?

« Collectionner : Réunir des objets rassemblés et classés pour leur valeur scientifique, artistique, documentaire, esthétique, pour leur prix, leur rareté »8.

Nous avons tous, ou presque, déjà collectionné quelque chose dans nos vies. Construire une collection de livres en revanche, ne se fait pas un en jour. A l’époque moderne, les collections faisaient parfois l’objet de cabinets de curiosités, et ont d’ailleurs créé les premiers musées. Aujourd’hui le nombre de collectionneurs ne semble pas décroître car finalement nous pouvons collectionner un petit peu tout et n’importe quoi. En revanche si nous ne considérons que les collectionneurs de « beaux livres », de livres anciens, ils se font de plus en plus rares. Cela ne veut pas dire que le marché de la bibliophilie fonctionne moins. Il a même explosé ces dernières années. Les grandes maisons de ventes atteignent des sommes astronomiques par vente, surtout lorsqu’il s’agit de ventes de collections de bibliophiles9. Les livres rares ont toujours été très chers. D’ailleurs les livres en parchemin coûtaient déjà une fortune et n’étaient pas accessibles aux non amateurs, ou aux illettrés.

Des grands noms de l’histoire ont compté parmi les plus fameux collectionneurs de livres. Aujourd’hui les collections d’hommes comme Pierre Bergé, Jean Bonnat, ou l’industriel et collectionneur Jacques Guérin font l’objet de répartitions dans des ventes publiques. Sous l'Ancien Régime les élites et les familles princières étaient les seules à pouvoir se permettre de collectionner quoi que ce soit. Les livres étaient parmi les objets les plus coûteux à collectionner. L'impératrice Catherine II de Russie (1762-1796) était une grande collectionneuse de livres, y compris de livres de ses contemporains comme les philosophes

8

Définition du CNRTL.fr/lexicographie/collectionner consulté le 12 septembre 2017.

9

Un résultat atteignant le 1,6 million en 2002 chez Sotheby’s pour la vente de la collection de Gwenn-Aël Bolloré ou encore 5,9 millions en 2004 pour Christie's avec la collection de Daniel Filipacchi.

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Denis Diderot ou Voltaire. Les grandes familles européennes, membres de l'aristocratie, achetaient des livres à la mode afin de remplir leurs bibliothèques. Ces bibliothèques extrêmement bien fournies étaient signes d'une grande instruction, d'une certaine culture et surtout d'une immense richesse.

- Un marché très actuel du livre ancien

- Qu’est ce que l’hôtel Drouot ?

Symbole de la vente aux enchères en France, l’hôtel Drouot est peu connu du grand public. Et pourtant, c’est par ce lieu que circulent les plus grands ouvrages, les plus belles reliures de notre histoire. C’est le point de rassemblement des collectionneurs. L’hôtel Drouot constitue en effet aujourd’hui une véritable plaque tournante du marché de l’art. Les collectionneurs savent qu’ils peuvent y trouver l’objet de leurs recherches puisque c’est la salle des ventes la plus importante de Paris. Elle regroupe de nombreuses maisons de ventes aux enchères et propose des expositions avant les ventes des œuvres. La vente aux enchères est une habitude de collectionneurs qui a pris son grand départ au XIXe siècle lorsque le premier hôtel Drouot est né. Il était situé à Paris à l’emplacement de l’ancienne ferme de la Grange Batelière en 1851. Il est cependant devenu rapidement trop petit pour accueillir les visiteurs et les œuvres.

C’est donc à l’Hôtel Drouot Richelieu qu’a été déplacé l’hôtel des ventes parisien et qui a été inauguré le 1er juin 1852. Il a subit depuis cette date de nombreuses modernisations et rénovations, c’est d’ailleurs pourquoi plusieurs ventes publiques ont eu lieu dans l’ancienne gare d’Orsay dans la seconde partie du XXe siècle. Dès le 19e

siècle les murs étaient placardés d’affiches et de publicités pour annoncer les ventes. La Gazette Drouot à laquelle sont abonnés les collectionneurs est également née au 19e siècle. Aujourd’hui l’hôtel Drouot organise et accueille plus de 3000 ventes par an dans ses 21 salles de ventes.

Collectionner grâce aux enchères

Pour participer à une vente aux enchères, il y a plusieurs façons de procéder. Soit nous décidons de nous déplacer et de venir soi-même, soit nous laissons un ordre d’achat (cela signifie que le commissaire priseur pourra enchérir pour nous à notre place), soit nous

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demandons à recevoir un coup de téléphone au moment du passage du livre désiré afin d’enchérir en direct. Depuis quelques années, il est également possible d’enchérir sur internet. Les collectionneurs savent à l’avance les livres qu’ils désirent obtenir grâce à la publication du catalogue de vente un mois avant celle-ci.

Il serait très intéressant d'intégrer à l'exposition une vidéo de vente aux enchères, ou à une série de photographies lors d'une vente. Cela donnerait une idée plus concrète du concept, car il faut imaginer que très peu de personnes se seront déjà déplacées au moins une fois dans une vente publique. Ce n'est pas en effet, un genre d'endroit particulièrement connu, notamment par les enfants et les adolescents. D'ailleurs puisque le sujet semble assez difficile à expliquer aisément à ce groupe de visiteurs, nous pourrions nous penser quelque peu sur l'organisation de l'exposition et sur sa scénographie.

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III/- Chapitre 3: Mise en espace

A) Un parcours pour le visiteur

- La scénographie

Plusieurs possibilités s’offrent à nous quant au choix du lieu pour notre exposition. Cela dépend de ce que nous souhaitons concernant l’aspect de l’exposition, l’accessibilité au public et bien évidemment notre budget. S’offrent à nous plusieurs catégories de lieu pour accueillir notre type d’exposition : les galeries, les musées disposant d’un espace dédié aux expositions temporaires, les centres d’art contemporain, les espaces intermédiaires qui ont aussi de la place pour des expositions temporaires (comme un château, une chapelle, un hall de gare ou d’entreprise, un hôtel, un appartement privé…). L’intérêt principal des lieux intermédiaires est que nous n’avons pas besoin de penser à comment amener les visiteurs. Ce sont des endroits où il y a beaucoup de passages quotidiennement. Cela peut être aussi des nouveaux lieux dédiés à la culture. Ces lieux peuvent être des anciennes friches industrielles ou des lieux aujourd’hui réaménagés pour devenir des musées ou des espaces culturels.

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Quoiqu’il en soit le choix du lieu modifie entièrement la façon de « vendre » l’exposition par la suite et d’en faire sa promotion. Une exposition temporaire dans un appartement privé n’aura pas besoin d’autant de publicité qu’une exposition dans un lieu plus retiré, comme une abbaye, puisque les invités ne seront là qu’une soirée ou deux. Il est important que notre exposition puisse être déplacée, puisque même si des ouvrages sont prêtés pour la première partie de l’exposition, et qu’ils seront rendus par la suite, l’exposition pourra continuer à être utilisée. Les panneaux auront toujours un intérêt suffisant pour exister par eux-mêmes.

Ici il s’agit d’une exposition pouvant être installée sur tout l’espace disponible de la médiathèque Louis Aragon. Cet espace pourra être divisé en deux grâce à une rangée de panneaux, posés sur des pieds. Cette division de l’espace crée ainsi une impression de deux pièces différentes. Une première salle contenant des panneaux et des livres, placés au centre de la pièce. Les panneaux sont disposés sur des portants blancs spécialisés pouvant être rattachés les uns aux autres et formant ainsi un « mur ». Les livres sont exposés au milieu de la pièce dans des tables à vitrines, ouverts ou fermés selon l’intérêt du livre. Si le livre a de la valeur pour sa reliure, il faut mieux le montrer fermé. En revanche si c’est un livre manuscrit enluminé ou un livre intéressant de part son contenu, il faut mieux le présenter ouvert et légèrement incliné à la vue du visiteur. D’autres objets peuvent être exposés, comme des plumes ou des encriers. Il est important que ces objets soient sous vitrines pour des raisons évidentes de protection. La lumière ne doit pas non plus être directe et les lumières électriques légèrement tamisées.

Dans l’idéal l’exposition a lieu dans une bibliothèque, celle du Mans, il faut donc pouvoir ménager de l’espace pour les panneaux, qui si besoin est, peuvent être montés sur des pieds et placés devant les rayonnages des livres. L’avantage de la médiathèque du Mans est qu’elle dispose d’un large espace, bordé de grandes fenêtres Les plafonds étant très hauts, nous sommes libres sur la taille des panneaux. Il est également possible de les faire accrocher au plafond puisque l’espace est dédié à ce type d’exposition. La deuxième « pièce » sera réservée à un documentaire sur la fabrication de la reliure et sur les collections célèbres. Une attention particulière est donnée aux ventes aux enchères de livres et à Drouot, l’hôtel des ventes par lequel circulent ces livres. Le documentaire est projeté sur un écran de télévision de taille moyenne et des chaises sont placées devant dans un coin de la pièce. Le reste de la pièce contient également des panneaux et des machines à fabriquer des reliures.

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Pour cette exposition nous n’avons pas besoin d’un mobilier spécifique que la médiathèque ne possède pas déjà. En revanche si l’exposition est vouée à être déplacée, il faudra louer des vitrines, en bois de préférence pour exposer les livres.

- Avoir un avis marketing

Pour intéresser les futurs visiteurs et leur donner envie de venir voir notre exposition, il est important de penser à la notion de marketing. Bien que cette exposition se veuille gratuite, nous souhaitons qu’un maximum de personnes viennent voir l’exposition. Afin que la ville du Mans se retrouve dans ce projet, nous souhaitons utiliser des couleurs que la ville utilise déjà sur ses réseaux presse

ou web. Le rouge coquelicot que nous retrouvons sur le site internet du Mans métropole serait parfait comme code couleur pour l’exposition. C’est d’ailleurs presque ce même rouge que les organisateurs de l’exposition « Seigneurs et courtisanes, Estampes japonaises » qui a eu lieu en début d’année 2017 avait choisi. De plus, la majorité des gens apprécie ce type de couleur, qui a une connotation élégante et noble. La couleur rouge a été l’une des premières à être maîtrisée en peinture, en teinturerie et en imprimerie. C'est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur "par excellence", la plus riche du point de vue matériel, social, artistique et symbolique10. Il semble donc logique de faire du rouge la couleur maîtresse d’une exposition sur les beaux livres.

Il est donc important de faire de la publicité de manière gratuite pour cette exposition car elle ne rapportera pas d’argent. Pour éviter d’augmenter les charges, nous devons nous concentrer sur une publicité gratuite et donc une publicité via Internet. Les meilleurs moyens d’atteindre un public aujourd’hui est de se faire une place sur les réseaux sociaux. Une page Internet serait évidemment un plus afin d’y placer des informations pratiques pour les potentiels visiteurs et servir de vitrine web. Le site ou simplement la page internet permettrait effectivement de donner envie aux visiteurs de se déplacer afin de voir d’eux-même l’exposition. Cela serait également un support numérique sur lequel les visiteurs pourraient se rendre pour en apprendre plus sur la question des livres. Un onglet pourra être réservé à

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différentes parties de l’exposition, avec des indications bibliographiques par exemple. Il faut donc penser à une page d’accueil sur laquelle sont regroupées les informations pratiques, comme le lieu, la date, les moyens d’y accéder en métro ou en bus par exemple et les horaires. Une adresse email pourrait également rassurer les visiteurs qui auront des questions.

Au delà de la page internet, une place sur les réseaux sociaux est d’importance et assez facile à se créer. Facebook et Instagram seraient les deux médias principaux auxquels il faudrait penser. Une page Facebook permet de partager avec des abonnés sur l’exposition en elle-même mais également sur les thèmes qui retrouvent.

Les principaux avantages des réseaux sociaux11 à l’heure actuelle sont multiples. Il y a d’abord la portée de ces outils qui est considérable, ils permettent un trafic vers les autres médias comme la télévision, la presse ou Youtube qui est une forme moderne de médias gratuits. Les réseaux sociaux permettent de s'adresser à de nouvelles cibles, à un public plus jeune et très actif.

Aujourd’hui une grande majorité des musées en France se trouvent sur des réseaux sociaux et possèdent soit une page Facebook soit un compte Instagram, au minimum. Les musées se « follow » entre eux, créant ainsi un réseau culturel et patrimonial sur Internet. Les community

managers de ces institutions font particulièrement attention à publier régulièrement dans le

thème des leurs expositions temporaires ou de leurs collections. Plus le community manager est actif et sympathique et plus l’organisme verra son nombre d’abonnés monter et donc sa visibilité avec. Les découvertes peuvent se faire assez facilement à condition de parvenir à intégrer ce monde virtuel de la culture et d’être pris au sérieux par les autres membres des réseaux. La page Facebook peut parfois suffire sans aller jusqu’à la création d’un site internet, puisque la page Facebook contient déjà toutes les informations dont les visiteurs pourraient avoir besoin. La messagerie direct sur Facebook permet également à ces derniers de communiquer directement avec les organisateurs de l’événement. Les articles que nous publions peuvent être également partagés par nos abonnés et être beaucoup plus vus qu’une page internet « statique ».

L’article Facebook, en étant reposté par un tiers (un follower), le contenu de l’annonce peut tripler de vue en un temps record. La page pourrait s’appeler « Collections d’hier » et serait

11

https://www.generali.fr/professionnel/dossier/benefices-reseaux-sociaux-entreprise-pme/ consulté le 1er septembre 2017

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un endroit d’échanges concernant la mise en place de l’exposition et sur le sujet des livres. Facebook est l’endroit idéal pour relayer des textes, des articles de recherches et des événements (comme le notre).

Une page Instagram serait un plus, même si l’exposition ne dure pas longtemps, elle permet de donner plus de visibilité à l’exposition. Avant tout parce qu’Instagram est un média international, peut-être encore moins marqué par les frontières nationales que Facebook, puisque l’anglais y est utilisé dans 90 % des cas. Encore plus que Facebook, il permet de partager des photographies et des courtes vidéos, à une rapidité éclair et à une diffusion sur internet immédiate. Le principe des hashtags permet de retrouver les thèmes qui nous intéressent. Même pour une exposition de petite envergure, il est très sympathique pour les visiteurs de la retrouver sur les réseaux. L’office du Tourisme du Mans (@amazinlemans) possède un compte avec plus d’un millier d’abonnés, la majorité des manceaux. Leur compte pourrait faire de la publicité pour notre exposition et ainsi atteindre un certain nombre de personnes visiblement intéressées par la culture et le patrimoine. Il existe aussi de nombreux comptes Instagram spécialisés dans les livres, l’histoire ou les archives. Un post instagram est en général gratuit, du moins dans ce domaine il n’y a pas de raison pour que les comptes que nous contactions pour des partages d’informatoins soient payants.

Le compte @collectionsdhier a donc été créé afin de sauvegarder le pseudo d’utilisateur et de commencer à se faire connaître de potentiels visiteurs pour le futur. Pour notre exposition nous pourrions utiliser des hashtag tels que #collectionsdhier ; #expolivres ; #expo #exhibition ; #culture #books ; #history, etc. Ce genre de hashtag est déjà utilisé par des événements culturels ou des institutions excepté le hashtag #collectionsdhier. En effet il est important d’avoir son propre hashtag qui permette aux utilisateurs de retrouver tous les posts concernant l’exposition.

Au-delà des réseaux sociaux, il est important de donner un côté « moderne » à un sujet qui ne l’est pas. Tout est une question de mise en valeur, de design et d’approche vivante du sujet. Exposer des livres ou des schémas simplement accompagnés de cartels ne suffira pas à donner vie à une exposition qui en aura besoin pour attirer des familles et un public non spécialiste. Tout en s’adaptant à aux couleurs de l’espace disponible pour l’exposition, il faudra choisir des couleurs et une police modernes pour les cartels. Comme peu de murs sont disponibles pour ce genre de présentation panneaux dans l’espace de la médiathèque, il suffit de s’adapter et de présenter le texte sur des panneaux posés sur pieds qui auront l’avantage d’être mobiles

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et réutilisables. D’autres lieux en Sarthe, comme l’Abbaye de l’Epau, pourraient accueillir ensuite l’exposition.

- Penser au bien-être des visiteurs

Bien que notre exposition ne soit pas une exposition de grande ampleur, il ne faut pas négliger le confort de nos visiteurs. La médiathèque dispose de toilettes accessibles à moins de 30 mètres du lieu d’exposition, qui sont également adaptées aux personnes à mobilité réduite. Des banquettes ou des fauteuils peuvent être répartis à différents endroits de l’espace d’exposition de façon à ce que les panneaux puissent être lus assis, si le besoin s’en fait sentir. Les gros avantages de cet espace sont d’abord la luminosité puisque la pièce est bordée de très grandes fenêtres si bien qu’il y a très peu besoin de lumières électriques en journée. Mais également qu’il n’y a aucune marche entre l’entrée de la médiathèque et l’espace d’exposition, l’endroit est donc parfaitement adapté aux fauteuils roulants ou aux poussettes. De plus, l’endroit est très chaleureux. La médiathèque est un endroit familial mais calme et cette partie, à proximité de la numérithèque est encore plus calme car légèrement en retrait des rayonnages de livres. L’étage supérieur est consacré aux enfants, il n’y a donc pas de bruit dans cette partie de la médiathèque, ce qui en fait un endroit agréable pour une visite culturelle.

De plus, une petite cafétéria est présente à l’entrée de la médiathèque, les visiteurs peuvent y faire un arrêt avant ou après avoir vu l’exposition.

B) Vivre l'exposition

-L’implantation in situ

Nous avons dit que l’espace imaginé pour notre projet à la médiathèque était régulièrement utilisé pour des expositions temporaires. Effectivement, le lieu dispose d’une certaine place, de beaucoup de luminosité naturelle et d’une atmosphère calme et agréable. A vrai dire c’est un excellent endroit pour notre type d’exposition, au milieu des livres. Il nous semble qu’un plan serait d’autant plus efficace pour penser l’exposition d’un point de vue physique. Il est en effet primordial d’imaginer le chemin du visiteur dans l’exposition, et de dédier chaque mètre carré de l’espace à un propos bien particulier. Certains endroits de

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