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v 1TRENTE-SIX FUGUES POUR LE PIANOFORTE ~ P AR ANTON REICHA 1 .... r . '. ~} ... ' , Jean-Paul Despins 7015446
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TRENTE-SIX FUGUES POUR LE PIANOFORTE, COMPOSEES DIAPRES UN NOUVEAU SY~TEME,
PAR ANTON ~EICHA, EN RELATION AVEC SES TRAITES DIDACTIQUES
\ par Jean-Paul Despins
l
Thèse ~ oumi sea.
Illa Faculty of Gra ate Studies and Research
1 pour 1 degr~ de .
Master of Musical Arts .M.A.) en m4sicologie
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Jean-Paul Despi ns '1 1978 , , ,~.
l'
1)
TABLE DES, MATIERES
Abr~viations utilis'êes au cours de cet ouvrage ;v -:- Vi '
Préface ...•.. l - 4'
(\
CHAPITRE PREMIER - Renaissance de Reicha
Son esthétique pédagogique
Son influence
...
5-
24CHAPITRE DEUX
-
Analyse succincte des trait~sdidacti-ques mineurs ... 25 39
A_ Philoso~hisch-~raktische anmerkun- 1
gen Ztl den Eraktischen Beis~iele
..
27 3)n
,,!j
B. j
31 et 32 1
l
C. ~tude des Transitions, op. 31 ... 32 ~t 33
"
D. Petit traité sur l'harmonie
a
2 parties, op.
84
... 33 et 34 ~";tE. Etudes dans le genre fuguê, op. 97 35
-
39CHAP ITRE TRa 1 S Les tra i tés di dact i ques p'roprement
di ts ... .. 40 64
~A. Traité de Mélodie (~8l4) ... .
B. Cours de composition musicale ou , Traité complet et raisonné
d'harmo-nie pratique (l818) ... . 41
-
48i
l
49-
561
l 1 • 57-
64 ' 1 !{" -I
- '1'·c
ro
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CHAPITRE QUATRE - La fugue moderne d'après Reicha et
CHAP ITRE CINQ
-introduction au cycle des 36 Fugues.... 65 - 98
La fugue moderne d'après Reicha~... 66 - 84
Inttoducti on" au cycl e des 36 F,ugues 85 - 98 •
- Trente-six Fugues, op. 36.
Analyse-synthêse ... " . . . 99
Section A. Fugues
~
blusieurs sujets .. 100Section .B. Fugues à tonalité initiale
301
112
et finale, différente ... 113 - 127
Section C. Fugues à "mesures composées Il 127 - 137
ISection D. Fugues comportant des segments
sans barres de mesures ... 138 - 142
Section E. Fugues 11 "contrepoint
suspen-du Il • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 143 - 149.
Section F. Fugues 00 le sujet est pré-senté soit en valeurs brèves,
~ so~t en mouvement inverse,
SOlt superposé, ...•... 150 - 155
Section G. Fugues 00 l~lsujet et 00 les . contresujets sont présentés
en variations... 156
t
167Section H. Fugues à exposition
irrégu-1 ; êre ... <;J . . . .
Sèction I. Fugue~Doa le champ des
tona-""1 i tés rel ati ves 'n'est pas
168 - 186
respecté ... 187 -" 200
Section J. Fugues se retrouvant ail-leurs dans l'oeuvre de Reicha ou dont les sujets sont em-pruntés aux oeuvres d'autres mus i ci ens ...•.. 201
ii
" . f
t 1 ! . \(
1CJ
1,1 CHAPITRE CINQ -(suite) / CONCLUSION APPENDICE 1 .. APPENDICE II -BIBLIOGRAPHIE (" . ;:Section K. Fugues employant IIla
transpo-sition sans moduler", '; .•... , 210 - 229
Secti on L. Fugues utili sant 1 es strettes, ,
les imifations, les canons ... "-230 - 236
Section M. Fugues exploitant la cadence
rompue et le "coap de fouet"." 237 - 241
Section N. Fugues avec s'ùspensions et
appogi atures ... ,... 242 - 249
Section O. M~lod;e "dialogu~ell, ~cho
mélodique .. ,., ... ,... 249 - 252 ..,.
Sect; on E. Fugues 00 il exp loi te l 1 en- 0
harmoni e ... ,... 252 - 265
Sect; on Q. Présentati on générale des.
sujets ...• , ... . Tableau synoRjtique ... , ....•.. , ... .
265 - 293
294 - 299
tableau-synthêse de la longueur
respec-tive de chaque fugue du cycle ... ~ 300
.'Tableau de la longueur moyenne des dif .. .
férentes parties constitutives des 36
fugues ... "... 301
Testament de Reicha d . . . , . . . 302 - 311
S€rutture sym~tr;que de chacune des 36
Fugues .•....•.• ;"... 312 - 322
!.
Tableau récapitulatif des transpositions
par tierces utilisées dans les 36~u2ues 323. - 328
329 - 342
A" Sources .... "" ... . 1. .. .. .. .. .. .. • .. .. .. .. • • • .. 330 - 332
B. Th~ses de doctorat ..•...••....•.. 333
C. Encyclopédies et dictionnaires ..•••• 334 et 335
D. Volumes d'histoire, biographies,éttides 336 - 338
E. Périodiques, revues, articles de
jour-naux ... " ... ,.. . . • . . . • . 339 - 342
iii ,
.
...
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1 J -,' t l' -t ""' ... 1 1 1 , 1 -,!
' d , \. ;Abr~vi ations ut;"l ;s~es 'au cours de cet ouvrage
AI
geuvresëê
Reicha 1 E.D.M.N.J
E. G. F. E.T. P.B. P.T.H..)
T.H. T.H.C~M. LM. T.S. F.Etudes ou exerci~es pour l~ pianoforte diri~êS d'une .
maniêre nouvelle, op. 30. Paris; Imbault, 800.
(Voir Bq chap. 2., p.i). je •
iano,
PhilOSO\hisch-prakt;sche Anmerkun~en zu den praktischen
Bei sei e e. ,vi enne. Oeuvre manUSCrl te conserv~e A 1 a
Bib110thêque nationalé de Paris, c~ 1802~03.
-(Voir A., chap. 2.,p.i).
,
XII Duos pour violon et Violoncelle
a
op. 84, précédésd'un petit traité sùr l'harmonie â eux parties dont
les princ;tes sont indispensables pour lu; donner son
vérHable ntér€t. Paris: Gambaro, c. 1815.
/ '
Cours
de
composition musïcale ou traité comrlet ètraison-né d'harmonie pratique. Paris: Gambaro, 18 6.
(Voir B., chap.
3.,
p.i).Traité de Haute compositioh musicale. Paris: Zetter,
(lêre'partie)
1824,
(2ême·partie) 1826:Trait~ d~ Mélodie, abstraction faite de ses rapports
avec l'harmonie; suivi d'un su~plément sur l'art
d'accompaaner la mélodie ear l' armon;e, lorsque la
rem; êreoit être prêdoml nante ; le tout ap~UYé sur "
es meilleurs modèles mélodi ues ravés sur?: lanches. uteur,
Trente-six fugues pour le pianoforte composées d'après un nouveau' système. Vienne: Au magasin de l'Imprimerie
'chimique, 1803. (36 Fugues).
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Lettres i dent; fi ant les 1 tona1;t~sC do majeur. a la mineur.
G sol majeur. e mi mineur.
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majeur. , b si mi neur.A la majeur.
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"-..)0. ,.c:. .. f# fa diêse mineur.
E mi majeur. e# do di êse mi neur.r,
B " : si majeur. g# so 1 diêse mineur. .,
F# : fa' diêse majeur. d# r~ -diêse mineur.
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Gb sol b~mol majeur. eb mi b~mo1
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Db r~ b~mol majeur . bb si b~mol mineur.{~
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Jean-Paul Despins
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TRENTE·SIX FUGUES POUR LE
. COMPOSEES D'APRES UN NOUVEAU SYSTEME
/
PREFACE
"On ape,:,çoit en sa Musique Les ,secrets de Mathématique Bien observés de'point en point. Mais en cet art d09t elle est pleine,
S \ •
On voit qu'il a donné sans peine
La douceur A so~contre~ointj.
Cet extrait de , '''Ode sur la musique du défunt S1~ur Claud;n le
-
..
Jeune"l ,\nous 6uvre illico un volet sur une"""fonne d'expression musica1e-'qui s'est reflétée sans cesse dans l'oeuvre dtAnton Reicha (1770-1836), ,le contfepoint et la fugue.
L'Art de
J
lD'Ambry, en exergue au "Pri'ntemps", Hi.03. (Cité dans ,: 1 a Mus i que t (Pari s : Seghers, 1961), p'age 209.
',:
, , ~" \ Guy Bernard. . / , J ".
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.-L~ variété et la nouveaut~ qu'il leur a infus~es et qu'il nous ~ légu~es
dans ses oeuvres po~r pianoforte et dans ses oeuvres didactiques, nous
le font voir plutôt comme un musicien penseur :.
"n
y a une disparitésinguliêre entre la nouveauté de ses vues, la hardiesse de sa doctrine et les applications qu'il en a faites", dira Maurice Emmanuel 2,
Cependant la largeur et la profondeur de ses vues sur une foule 'de sujets, nous obligent aujourd'hui A scruter ses oeuvres qui sortent de l'oubli où l'histoire les avait reléguées injustement. Ceci
nous permet de mieux pond~rer les jugements que l'on a d~bités sur son
compte et de mettre en relief les éléments positifs de son art avant tout contrapuntique.
Les trente-six fugues pour pianoforte, composées à Vienne
en 1803, mises en parall~le avec ses traitês didactiques, nous
rermet-tront de mieux situer celui qui a voulu ~eco~er 1a léthargie d~S
pseuèo-méthodistes et des "éminenc,es grises" du Conservatoire de Pari,s, tout en
"
ressuscitant dans la pratique musicale, le sérieux 'que les "crâneurs" du temps ne possêdaient qu'en paroles. Il voulait oxygéner l 'esthétiqùe et \
la culture musical~ qui piétinaient sur place, grace surtout à la
popula-rité de l'op~ra. N'éta'i,t;.ce pas légïtime de sa part?
1 •
" 2Le Monde Musi,cal, (Paris, 1901).
" , , " l 1 -"0 :
l
" - T t
C
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;'On se délectait dans ce dédale de musique
lia
l'eau de rose" pendantce temps, R~icha proposait des solutions révolutionnaires â des problèmes
que la plupart pensait résolus. Pour certains, la Révolution française avait tout stabilisé, la maturité était acquise. On oubliait que toute révolution n'est en fait qu'un recommencement et non un point d'arrivée.
Comment ne pas citer ici ces paroles élogieuses d'un contem-parai n de Rei cha : Il Vous êtes 1 e premi er qui ayez offert aux mêdi tati ons
,
des artistes un systême rationnel et complet de la théorie musicale. La tombe qui engloutit l'flomme vulga1re sera le piédestal de votre gloire et vous serez le théoricien de notre art comme Beethoven en aura été le
poête. Dormez~n paix! Votre nom aura la brillante destinée de l'art
muslcal en France, il sera grand dans
l'avenir"~
renaissance
bornerons dans les' pages suivantes il. souligner la
es de Reicha,
a
dévoiler le carJctêre particulierde son esth tl ue musicale. Les innovations qu'il proposa et la vivacité
de son influence pédagogique, nous ~mêneront
a
traiter et il. analyser\ ' 1
minutieusement unè de ses oeuvres pour le moins originale et,
rfvo1ution-1 naire, il. savoir les Trente-six fugues, op. 36, en relation avec ses
traités didactiques.
la mott mort de Paris
3E1oge funêbre prononcé par Antoine E1wart (1808-1877), A
de Reicha. Il étqit l'assistant-prof~sseur de Reicha A la
ce dernier.' Article paru 'dans : Dictionnaire de conversation, ' 1836 (article Reicha).
1
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1
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1
Les productions musicales et th!oriques qui ne risquent rten
...
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ne sont vouées, en général, qul~ une gloire éphémère. Ce sont celles qui
, \
évoluent dans uQ,
;is~~e' ~alcul!_
qui peuvent espérer, sinon connaître lanotoriété immédiate, du moins, susciter pour le futur un choc qui !
"1.
aiguillera les plus entreprenants ~ se lancer dans de nouvelles
découvertes .
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; 1 1Chapi tre premi er
RENAISSANCE DE 'REICHA: SON ESTHETIQUE PEDAGdGIQUE SON INFLUENCE u 1 \, 1 / / 1 /
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, ,
5
Parler dlAnton Reicha, même aujourdlhui, clest décele
lloubli dans lequel llhistoire de la musique a tenu ce modeste music'en,
A
la fois compositeur et professeur émérite. Il est,A
proprementparl~r, la person~ifi~ation de cette pensée que nous a livrée
Thom~s
Grayl :"Telle ~ jamais cachée au sein des flots amers~~ ~ La perl e ni enri chi t que 11 abtme des mers;
Ou telle prodiguant son haleine perdue,
\
La rose du désert fleurit sans être vue."
Il eut 1 e mal heur, si l,Ion peut di re, de dépenser 1 es plus frûctueuses années de sa vie au milieu des querelles intestines
qui étaient monnaie courante au Conservatoire de Musique de Paris, ~
/
l ' ,
cette époque; il fut aussi obligé dlo vrer et de composer av~c les, .
intrigues politiques que suscitait la française. '
Cependant. les progr~s s des deux derRi~res
décennies ont permis de lever le v01le sur ce musicien précurseur
1
et innov~teur. Ses oeuvres' didac~iques et nombre de ses compositions
musicales, particuli~rement révolutionnaires pour son temps, ont'fait
1 1 objet de
mag~strales th~ses
de doctorat.2lpoête anglais (1716-1771). Ce vers extrait de "Elégie'
écrite dans un cimeti~re de campagne Il • Son oeuvre [annonce le romantisme.
1
~ \
2Cf.t.BibiiograPhie, deuxiême sect{o-;,
a
la fin de cetouvrage.
D
.
"
r
, 1 1 - or 6D'autres auteurs ont mis en re,lief son apport lcilya1
a
la vie 'musicale du début du9ix-neuviè~e
sièc1e3.De, nombreuses sociétés d'éditions, telles Musica Antiqua Bohemica (M.A.B.) et Musica Bohemica Antologia (M.B.A.) en Tchécoslo-vaquie, me,ttent ses ~euvre's en pleine lumièr~. Lion peut aus~i constater
1
l'intérêt que ce dernier pays accordi'
a
Reicha, car clest en 1954 que s lest formé l'ensemble de chambre tch~ql,Je "Quintettea
vent Reicha"" :*:"l\p
qui s'intéresse
a
tou;,;>les genr~s de musique. Maintes fris, la revue tchèque "Nouvelles mus'icales de Prilgue,,4 nous signale 1 1 importance desoeuvres ~e Reicha dans l~s concerts ,publics. Les d\~X principales
sociét~s d'enregistrement tchèques, Panton et Supraphon gravent sur disq~es les'oeuvres principales de Reicha 5.
disserta mation (notes de comb; nés, \ nos. 9 et 10 combinés', page 6 {notes de ,
.
I~
r
;
7
Reicha demeura toujours un ,Tchèque de coeur et d'esprit,
même s'il obtint la citoyenneté 'française en 18296. Que l'on étudie,
l'activité musicale en Bohème et en Moravie 7 et l'on verra qu'il en
parta'gea cons tarrment 1 es caractères : une recherche i il 1 assab 1 e, une
1-. • 1 . "". 8
curlosité de tous les instants, un amour de a sp~culatlon esth~tlque ,
un désir d'expr~ssion musicale propre au pays d'origine, une tendance
li un art 1\ la fois europ~e\, h,umaniste mais natio1'a19. . .
c
6Archives nationales de Paris, BB 11289 . Dossier de
naturalisation comprenant le rapport du pr~fet de police en date
du 16 ma rs 1829.
, 1
7Vl . Helfert et E."Shinhard, Histoire de la musigue dans
la République Tchécoslovague (Praha-O~bis, 1936).
'8»Le Génie et le talent en musique", Journal des D~bats,
240 (1813). - t '
"De la musique CORme art purement sentimental",' (c. 1814) de large~ extraits apparaissent danS
I
le Traité de Mélodie (1814),pages 60, 63, 122.
gT.M., (Paris: chez "Auteur,'1814), page 70. La préface
, est datée dulS octobre 1813.
Il
/ , Il ri'" ,-" " , '1".~~
__ I(
8 '
, (-1'
I1 véhicula un monde d'idées auquel, si lion excepte
César Franck (1822-1890), les musiciens professionnels d'alors nlont
pu accéder. Encore
f~t-il
souligner que Franck/lui-même - trop jeunelorsqu'il fut élève d'un tel maftre, pour 1e suivre dans de hautes et
toutes neuves vis~es, - nia conservé et appliqué de sa doctrine que les
·apports airècts de
l'a~t
allemand sur lequel elles'appuyaitlQ~
il siest1
tenu à cette langue confrapUn\iqUe à laquelle l'avait façonné son
professeur, sans chercher à le rejoindre dans les hardiessès et les
méandres de ces spéculations car les Français et lui-même ont été
réfractaires à tout ce qui dans l 1 enseignement d'un pédagogue était
\.
capable d'anticiper sur son temps, rompait avec des habitud~s qUotid~ennes
ou contredisait des programmes d'études traditionnels. Il faot peut-être
,
voir en ceci, l.'oubli que les musiciens français lui ont manifesté et
ta.
9uerre des nerfs qu'il dut livrer aux tribuns du Conservatoire d'alors,
Chérubini (1760-1842) et F~tis (1784-1871).
/
10Maurice Emmanuel, Qe..
cit.,p~ges
33,41 et 99.1
/
1
f 1 f/
1
; 1 1..
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1
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J
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i,
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9 1
Reicha peut très bien se situer
a
la suite de Rameau (1683-1764) dans le sillage de ce grand mouvement de curios1t~ et de libre observ~tion qui a attiré le philosophe français du dix-huitième siècl~ vers lessciences
exp~rimentales.
Il s'intéressaa
l'acoustique" puisqu'il , connaissait le Traité d'acoustique de Chladni ; il J)roposa même une sorte demusico~hérapie,
mais sans en connaître le ;ot12."
"
Comme pour Rameau, lui ~ussi semble admettre que "l'autorité n'ayant 'aucun droit dans les sciences", il entend "être sans égard pour les hâbitudes et les· règles reçues". Si Rameau a rendu,la science musicale
...:-- "un'e science plus géométrique,,13, Reicha a essayé, q.uoiqùè~sPID'_ent
maladroitement,de recourir aux mathématiques,
a
l'algèbre,a
la g~ométrie,'comme il le souligne dans son autobiographîe, pour renouveler son inspiration ou pour brider "la folle du logis". De là, les nombreuses
\ \ '
critiques qu'il s'est attir~es de la part de ses co~temporains, surtout de Berlioz (1803-1869), qui du haut de son piédestal a presque toujou'rs refusé de reconnattre les vrais mérites de son maftre14.
, 1
1 1 . .
T .H., (Pans: Gambaro, 1818), pages 3, 7, 223, 229. T.H.C.M., (Paris: Zetter, 1$24'), volume l, p.49
T .H.C.M., (Paris: Zetter, ,1826), volume 6, p.329. ,1
12 1
T.M., pages 47 et 120.
13Attestation de l'Académie des Sciences de Paris, 1749.
14Hector Berlioz, Journal des D~bats Pa1iti ues et littéraires, . (~aris, 3 juillet 1836 : "Antoine Reicha". Feuilleton signé H***.
Hector Berlioz,
G~zette
Musicale', (Paris, 1836 et 1838).(
1/
10
.' 1
1 Horrme de son temps, Reicha aurait bien pu faire sienne cette
remarque de Grétry (1741-1813) : "Malheur à l'artiste qui, trop captivê
!
par la rêgle, nlose se livrer à l'essor de son
l génie; il faut des écarts
pour pouvoir tout exprimer:) il doit savoir peirdre l'ho~e sensé, qui
\
passe par la porte et le fou qui passe par la ~enêtre. Si vous ,ne pouvez être vrai qulen créant une compinaison inusité, ne craignez point
, \ '
d'endc;lJir la théorie dl une rêg~le de plus; dl autres arti,stes placeront peut-être encore plus ~ propos la licence que vous vous
for~eront
les p.l us sévêres à 11 adopter 15. Le prêcepte à1
suivi l'exemple. Ce nlest cependant qu'à 1 1 homme
règle
qU~l es~
que1Quef"t permis de lav~oler.
parce que lui sur-peut sentir qulen pareil cas la règle nia pu suffir~~16
15Debussy produisit la même révolution en son temps; cf., ~ouis laloy, Claude Debussy (Paris, 1909).
)) ,
16Mémoires et RHlexions dl un solitaire (Paris.
1797}~
page 168.-
..
~•
"
1 ,
11 o.'
Rei éha, 'comme beaucoup de ses contemporai ns , nia pu r~sister
0
• àjl ' apP8t de l'Antiquité. On a bien résolu de rejeter le passé dUraTl~ lt Romantisme; mais le dire et le faJt s'ont de~x choses distinctes;·-·.>!'·-·~
1
-RIi cha ni y a pas échappé et l'o~ remarque que ses eeuvres di dactiques
f nt allusion à la musique des'Grecs, particulièrement son", Traitê'
1 • '
.' dè~élodie. 1 7 ' 18
Maurice Emmanuel pr~cise que dans sa belle collection
1 0
dl'autographes, Char1es~t1911), bibliothêcaire-archi'l,iste de l'Opéra, possédait un mémoire de Reicha: "La Musique chez les Grecs dans l'Antiquité,lI. MaUeureusement, ce manuscrit semble perdu
aujourd 1 hui.
, l ,
./'
< L lun des plus
hau~s mé~ites
de Reichft fut de va10riser lesinstruments à vent, part'i.culiêrement la flQte, le hautbois, la clarinette, le cor, Je basson, qui subissaient ~ cette épo9ue des transformations définitives. Et de ce fait, on le reconnaît à bon
~
droit comme le créateur du quintette ~ vent. Ses vingt-quatre quintettes lui apportèrent renommée dans toute.l 1 Europe d'alors.
o
J
\ \ l70P . cit., pages 52, 99, 100. l8.;;;.iOp""'-'.--;.C..;..i t..;.,;" page 44 ...
.
.
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i"\, ....\
; , , , ft l, - 1
!
1 \\ , i , i if i , ((.
.~\
~ -) ., ~ " 12Comme-le sdulignent Messieurs
G~illou
(1787-18.5,3,)~5flat~)~
Vdègt- - 0
'(1781-1870) (hautboi~,?' B'ouffn (Clarinette), Dauprat (1781-1868
C
(eor), et ~enr1 (basson); pour lesquels ces quinte~tes furent,
-
~1 j, composés, IIceux-ci vaincront ~ a répugnance qu 1 ont beauco~p de
... ~
1
compositeurs à travailler qpns cê genre et ils établir~nt la rivalité
avec 1 es ins
trume~ts
a
'~ordes
Il .19 Sans' di scrimi nere~
ri en 1 esinstruments à cQrdes; il faut bien ?dmettre que l'instrument à vent
répond plus que tout autre qUX ex;grnces de'l-a musiq~e ~~str~enta_le
variété ,des timbres, expresSi,on nature.lle, effets harmoniques. COlTllle -la
~oix
humaine et l'orgue, il met en Jeu \es vtbrations de l'air sans.
\ .-grattement, ni
.
frot~ement. D'où la pureté du so~ et la beauté expressive.
que l'on remarque particuliêrement dans un petit ~nsemble.
~ ,
,
Bien que l'on exécute fréquemment les plus beaux monuments "de l'oeuvre de Reicha, il faut se souvenir'que c'est surtout dans le
o
.
,~ro!-essorat qu'il a'surtout laissé sa marque durant son vivant et p.endant
le siècle qui a sui vi sa mort.
l
-,-o ~ ".
.f' ~~(
. \ o190Ces illustres instrum~n'tistes étajent mèmbres de l'Ecole
'Royàle~de Musique et au'Thé3tre Royal de l'Opéra Comique-de Paris. ,Cette remarque appara1t dans l 'éditionLdes quintettes op. 88, '91 et 99 pubJiés
A Bonn et\co1ogne chez N. Simroc~.. •
-,(0 . )
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13
Le C9S Reicha nlest pas unique car11 nlest pas rare en
recherche de d~couvrir chez d'obscurs musiciens une importance
,1
jUSq.ie l à pratiquement! i gnor~e. Cel a pe"llet au chercheur honnête de
d~mystifiero quelque peu certains aspects de l 'histoire de la musique.
'), ,
Dans le pass~, on. érigeait facilement des niches A'des musiciens de
grand renom. Passe pour cela, personne ne sien plaint. Mais où r~side
la faille, clest que J Ion ne siest pas toujours interrog~ s~rieusement
sur la formation de leur
g~nie.
On nen~ît p~s
gênie, on le deVient\. '• .. 't.W
Et,il faut des maîtres solides pour pr~parer cette explosion féconde.
Le fa it est que dl hab; tude 1 a renomm~e du maîtte ne bri 11 e "qu 1; ntra muros" tandis que les g~nies\ fonnés excellent-"extra muros".'
Un bel' exemple de cela est celui de Joseph S~hillinger
~
(1855-1943). Il .pub lia deux fameux trait~s, A savoi r, "Mathemati ca l
Basis of the Arts" et le "Schillinger System of Musical
Composition"~O
/Son nom ~,st pratiquem~nt inconnu aujourd'hui bien qu'il exerça une
influence prépondérante 'sur d'~minent; compositeurs,\chefs d'orchestres,
"
directeurs/musicaux pour la radio et le cin~qJa·. Parmi ceux-ci, citons
George Gershwin (1898-1937), Glenn Miller, Benny Goodman (1909-*) Charles Previn, Jesse Crawford, Jack -Miller, Herbert Spencer, etc ...
\
~
20Le,premie~ trait~ rep~sente
la premièrev~ritable th~orie
scientifique des arts et le second traité s'applique
a
l 'enseignemen~de la composition avec l'aide de la logique matMmatique. '
" -- TI
\ "
Cf
14
Ajoutons qu'il a toujours existé une classe de professeurs
qui n'eurent jamais le courage de dépasser les frontières de leur milieu 1
d'enseignement. Au temp!; de Reicha, 'le Conservatoire de Paris avait de
\
ces gens: Chérubini, Italien puriste et étroit d'esprit; Fétis, qui
,
avait hérité de Rey (1734-1810) d'une cuistrerie dogmatique, était
plutôt un dresseur de fiches car il semble n'avoir jamais éprouvé ~a
moindre émotion ,d'art. Il' a débité sur Beethoven (1770-1827) les pires sottises tandis qu'il vilipenda Reicha dont les hardiesses le déconcer-taient ,; Boieldieu (1775<-1834) ne fut guère qu'un agréable musicien
dans l rop~ra comique; Lesueur (1760-1837), un musicien dont les conceptions
ont avorté pour la plupart; Berton (1767-1844)\, un copieux et indigent
producteur ~ui se passait volontiers de la haute technique de composition 21 .
Reicha 'ne fut pas de ces derniers
~t
i; osa où~'autres
serécusèrent. Mais parce qu'il n'aimait oas l'éclat, c'est injustement
que l'on a ~ttribué A celui-ci et celui-lA dei',oncepts qu'il fut l~
pr~mier'~
vouloir mettre en valeur durant sonp~ofessor~t.
C'_est ainsiL
\
21Maurice Emmanuel, op. cit., pages 31 et
32~
!
.
" - r
-,.
'( !(
15 , , 22 'dès 1814~ i.1 propose l'usage pratique du quart de ton ; ce n'est
donc plis Alois Haba (1893-*) qui doit partager seul ce m~rite:,
Et en parcourant le Praktische Beispiele 23 et les Trente-six fugues
pour pianoforte24~ lIon ,peut constater~que la polytonalit~ et la
polyrythmie ne sont pas des invention~
gu
XXe siècle.Clest ignorer un fait dlhistoire que de conc~der
a
Czerny(1791-1857) llhonneur d'avoir d~crit le premier,
a
son ~poque25~ lesch~ma-cadre de la sonate, car il s'est certes inspiré de Reicha.
"
22T. M., page 42 et dans 77 pages de planches, page 19.
Il
revient sur-Te sujet en 1826 dans ,son T.H.C.M., volume 6, pages329 et 330.
23Vienne"c. 1803 (date suspicieu$e discutée plus loin, au chapitre 2, section A).
24Vienne, 1803-1805.
Il ne faudrait pas oublier de souligner l'effort louable.
de Francesco Ga11eazzi (1758-1819), qui en 1796 en pr~senta une
dès-cription ant;cip~t les idées de Reicha.
, ' (
1
i o ! i 1 1l
l '
1 1 \ \ \ 16-Cette ~tude fut pr~c~d~e par une description d~taill~e de la "coupe
" 1
Reicha26;
de la sonate" par ce~ui-ci discute, il est 'vrai , d'une façon
"
plus ~statique que Czerny de la "Grande coupe binaire", mais ne lui \
route27? Il va même plus loin que ce
trace-t-i l pas la dernier dans le
.
chemi nement du second thème qu' i l nomme "une seconde i d~e mêre". On peut même-ajouter que dès 181428 il faisait d~jà mention de la l'Grande coupe bi nai re" .
, \
26 .
1 T.H.C.M., livre sixi~me (1826), pages 296
i
301.Newman, W.S., The Sonata since Beethoven, (New-York Norton, 1972), pages 31 à 33. ." 27
tf.
Figure l, page 17. 28 T.M., pages 46a
58. , 1.
,.'1
\
~,'
17
FiJjur l
(Traité de Haute Musicale, livre VI, page 300)
\'
...
Cr
.
.
PremIère partIe ou eXposItIon des Idées.
_L
( Motlf
1
Pont Seconde Idée mèr Idées acceSSOIres
"---.-/ ou
pélssar:eog'une dans la et conclusIon
premIère Idée mèrE Idée à une 8utre nouv!911e tonIque de la 1ère partu
,
-"
'.
PremIère sectIon de la seconde partIe ,
,
,
" " \
-Développement prIncIpal Arrêt
.
\,
1
-en modulant sans cesse sur la domInante prImItIve
,
Seconde sectIon
MotIf Quelques modula- Trans~osl tIon \
ln! hal tlons passagères de la. 2d.e tornq-t; ~.
,
.
Codadans le ton avec les ~ans la topique
pnmihf J.dées du pont ~rImJ.tlve modIfIée ,
" - 1
f '
18
Reicha fut tenté conbtamment de rompre avec la tradition, malheureusement beaucoup de ses oeuvres, manquant d'une réelle force créatrice, n'ont pu véhiculer ses principes novateurs. Et comme il arri ve souvent qu"e 1 es élèves répudient 1 eur maH.re, lorsqu'il s
atteigneny la notoriété, souventefois l'on attribue aux premiers la
iJ l ,
création de style ou de forme, laquelle devrait être plutôt le mérite du second, du moins dans sa conception originale .
...
L'e~loi, chez Berlioz; de masse orchestrale diversifiée
trouve son origine chez son maître Reicha 29 . le dernier mduvement de Q
\la sonate en si bémol mineur pour piano de Chopin (1810-1849) a peut-être son modèle dans la dernière variation de "l'art de varier", op. 57 de '
R elC a . h 30 . , 1 \
29
_ T.H.C.M.~:~ pages, 330 et 331.
30Vienne~ c. 1802-1804. Il s'agit ici de la.
cinquante-septième variation; cf." Figure 2.
Henri Bidou, dans des conférences prononcées les 21,23
28 et 30 novembre 1925, mentionne que Reicha joua avec Chopin, le
22 mars 1835, dans ,un concert à la Salle Pleyel. Conférencia, ,
Llunivers;~ des Annales (Paris: 15 décembre 1925, 20e année, no.1), pages 47 e 336.
'1
Marie Guerlin, cite le même fait en ajoutant qulà ce concert figuraient aussi une pléiade de virtuoses tels Herz, Hiller, Osborne, Stamaty. Chopiln. explication dlun mythe, (Paris: Les Editions du Scorpion. 1 1962 • page 129).
1 1 1 j
Il,
1 (,)
.-, " ., " 1 19 Fi gure 2L'Art de Varier, op. 57, (Mus; ca Antiqua Bohemica # 50)
1\
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ar1a 10n t 57.
PRESTO.
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/
•
Si l'on parcourait l'oeuvre de Liszt (1811-1886), peut-être trouverait-o
o '
ici et là la marque de Reicha ;, lorsque Liszt arriva
a
Paris et qu'il1 • )
Franck
se vit refuser l'entrée au Conservatoire par Chérubini, c'est
a
Reicha 'qu'il confia sa
forma~ion contrapunti~l.
Quant A César(1822-1890), son approche du contrepoint et de la fugue découle
directement de l'enseignement qu'il reçut de,~on maître: Ses épreuves
pour le prix d'orgue en font foi. Après la mort de Reicha, il pouvait
déjâ s~ faire fi de Chérubini et construire ses fugues dans toutes les
sinuosftés contrapuntiques que lui avait apprises Reicha.
\
, Maurice\Emmanue132 souligne que c'est à Reicha qu'est dOe
la formation spirAue11e d'Habeneck (1781-1849) et que
~i
nous pouvons\
admirer le goOt dont fit preuve le ~ondateur de 1~ Société des concer~s33
dans la rédaction' deI ses programmes, il n'est que juste de rendre
, r;
hommage
a
Reicha qui aiguilla Habeneck vers l'art'de Beethovena
,uneépoque où l'Allemagne elle-même hésitait ê l'adopter.
)
31Enge1, Carl, "Franz Liszt's Leben und Werken von Christern",
Musical Quarter1y (1936), pages 354 1 361.
Norbert Dufourcq, La Musigue (Paris:
Larou~se,
1963),volume II, p~ 359 . 32~p. cit.,page 37. \ 3,3Fondation à Paris en 1828-. J / i /
\
,
21
..
Quant ~ Baillot (1771-1842) 'qui avait rapport~ _de-ses-t<1'urnêes à
1 'êtranger le goOt des musiques du dehors, il déclarait, cite encore Mauri\ce Emmanuel, que seul son am; Rei cha avait su coordonner' es
- ~
notions dispersées acquises en cours de route.
L'on peut êtablir chronologiquement les oeuvres tidactiques et pratiques de Reicha de la maniêre suivante
\\
B. Etudes ou exercices pour le pianoforte diriTés d'une
manière nouvelle, op.
?O.
Paris: Imbault, 800:c.
i ano,u magasln e
" - 1
l ,
c)
( '
22
H. Etudes dans le genre fuguê, op. 97, pour le pianoforte,
pr~c~dées de quelques remarques instructives sur
dif-f~rentes propositions musicales, â l 'usage des jeunes
.comp9siteurs. Aparis : Melles Erard, 1820.
J. L'Art du corn ositeur dramati u musique voca e. Paris : Farren lemand par C. Czerny, Vienne:
: Zetter, ~
Dans ses trois principaux traités (Mélodie, Harmonie et Haute composition musicale). Reicha analyse brillamment non
seulement le problème de la th~orie musicale ma,is aussi jongle
avec des questions controvers~es
a
l'époque: esthétique etculture musicale. le centre de ses recherches plonge sës racines
"
dans le rationalisme et l'influence prêpondêrante de la Rêvolution
française. Il nl~st donc pas ~\onnant de ~orstater la suspicion
de Chérubini
a
son égard et le fait qulil considérait ses id~escomme tengancieuses.
r
Son enseignement, cQmpte tenu de 1 1 importance capitale
qulil attachait
a
la mélodie, exerça une influence bénéfique surnombre de compositeurs prolifiques. du dix-neuvième siècle, tel
'.
Smétana (1824-1884) ; Joseph Proksch (1794-1864), son professèu~
lui enseigna avantageusement les théories de Reicha au Conserva-taire de Prague. Proksch était particulièrement familier avec le
'Traité de Haute composition musicale dans la version allemande d~
,
'.
"
~r
\ -, 1 " /•
\Le Conservatoire 'de Madrid, fondé en 1830, fut fortement influencé par l !enseignement de Hilar;pn Eslava '(1807-1878). "le Vog1er espagnol"; celui-ci composa'des traités d'harmonie, de contrepoint, de fugue et d'instrumentation selon les' théories de Reicha; ils
pré.va1èlent durant tout le XIXe sièc1e34,.
1 .
~ Relcha, on le voit bJen. fut un pionnier dans le domaine
da la théorie musicale, laquelle est basée sur uhe franche ana1ys€ de
la pratique musicale de son époque. Il permit ~ la pensée musicale
européenne de franchir un pas important. de développer un art musical vivant,qui trouva son apogée dans le néo-romantisme de Berlioz, Liszt. Wagner (1813- 1883) et Franck •. L'on retrouve dans toute son oeuvre 1 es
principales caractéristiques du romantism, de son tempsl'~ goOt de la
1 i
modulation et de la liberté rythmique; rejet du passé en paroles mais
rarement dans les faits; étrange m~lange ,de conventionnel et de
'recherche parfois extravagante; préférence marquée pour le mir:li'ature
et intérêt prononcé pour une musique nationale;'fa~cination pour la
musique de chambre.
L'on peut constater l'extraordinaire personnalité de Reicha qui s'est volontairement détaché de ses contemporains en faisant du contrepoint et de la fugue son pain quotidien.
,
34Roland-Manue1, Histoire deJa Musique, (Encyclopédie de'la Pléiade), Paris: Gallimard, 1963, volume II, page 384.
Elwart, Antoine,"Reicha'~.Dictionna;re de la conversation,
r
,l
\
24 ( , "Ainsi en Reich~, nous avons une rare combi~~~--~ d'un thêoricien
.
l09;quJ,et créateur et d'un musicien origl
celle d'un professeur talentueux ,.
, ! /
\
1 o..
-
..
--,
,Il
1 r•
1Chapi tre deux
ANALYSE SUCCINCTE
DES 'TRAITES
DIDACTIQUES MINEURS -o ) , " 'u -/ --( 1 " , 1..
r
.-
...
---, O' \ 1 ·1 1 . ~'(
'--
, 26De la liste des oeuvres didactiques de Reicha que nous
'avons ~num~r~es pr~c~demment, nous en extrairons un çertain nombre
qui n~ revêtent pas ~ proprement parler
Uï
v~ritab1e int~rêt.dida~tique.Leur but est avant tout pratique, orient~es qu'alles'~ont
a
1 lacquisition'de techniques prQpres au pianoforte. Ces oeuvres que nous aborderons
1 If ""
chro.nolog-iquement sont les sui vantes
A. "hil O,sorhi schëprakti sche Anmerkun~en zu den prakti scheh ,
. Beispie e. Vienne. Oeuvre manuscrlte consérv~e
a
\a Bib1iothêque.nationale d~ Paris, c. 1802-03. q
B. Etudes ou exérc i ces pour le pi anoforte di ri gl1s dl une mani êre • nouve 11,~':;;cJ.}J!!"
30.
Pa ri s : Imbault,
1 800:-.~.
.\
C. Etude des transitions et deux fantaisies pour le piano, op. 31: Paris: Imbault, c. 1801.
D.
E. Trente-six fugues pour le pianoforte comEos~es d'aprês
un nouveau sy~tême. Vienne: Au magasin oe , 'Imprimerie
chimique, 1803. .
Leur int~~t réside dans le fait que Reicha utilise
souvent dans ses Trente1six fugues," op. 36, certaines des techniques que ces oeùvres proposent.
1
1
'" - r
-...
((
\. •\
27,Ces -tra ités 'que lion peut qua l ifi er de mi neurs ~ c6t~ de ceux qui feront llobjet du chapiÙe suivant, nous pennettent déjA de vérifier-A quelle originalité, vérifier-A quelles techniques oséès se 'livrait Reicha. _ Ils sont un avant-goOt de ce que nous découvrirons dans les Trente-six Fugues.
.
~ A.'Philosophisch-praktische anmerkun~en zu den Rraktischen
Beispiele
Clest A Vienne, vers 1802-1803 que Reicha écrivit cette oeuvre
en allemand mais qui est demeurée manuscrite. Ces dates nous semblent
suspicieuses car dans
le~
Etudes ou Exercices 'dirigés dlune manière'louVé 11 e, 0l?" 30 et pub 1 i és à Pari s chez Imbault en 1800, -lion y retrouve des exercices qui apparaissent, il va sans dire, en manuscrit dans le
, / ~
Praktische Beispiele. Ainsi,
d;~Y1\
deuxième parhe de llop. 30, cité! ,
..
plus haut, les -exercices 2, 3, 8 et 10 sont respectivement les exercices
9, 2, 24 et 23 du Praktische
Bei~~iele.
Il semble pl"us probable queReicha écrivit ce manuscrit durant son séjour A Hambourg, de 1795
a
1799..
/ 1 o\
\
1"
\1
i \./
. - ~ "\
'~! , 1 1 1 1~
1
"\
l, i ' L f 1i
!
28Voici, pour appuyer cette opinion, ce Qu ' i1 dit dans son
A~tobiOgraph;el
liA peine fus-je arrivé dans la ville fondée par Charlemagne (Hambourg),
que je dis pour toujours adieu ~ 1 lexécution, en me livrant exclusivement
à la composition que je n'interrompais que par 'la lecture des ouvrages
scientifiques et par des leçons que je donnais sur 1 'harmonie,
l!'
composition et même lepia~oforte,.
I1 est li remarquer qu'étantfatigu~
dJ1a,mUSiqU~,
la lecture des ouvrages scientifiques sur les mathéma-tiques, la physique, l'astronomie, la phi1osokhie, etc.;., me firenttoujours grand ,plaisir et me
dél~ssèrent".
P1us\loin, il poursuit "Clest à Hambourg gue je commençai séri~usementa
méditer sur la composition, sur sa nature, la manière de 1 'enseigner et la grBndefacilité d'abuser de ses moyens. l'étcde de 1la19êbre avait rendu
mon esprit ana1ytigue •.. 11
(les mâts soulignés sont une initiative
de 1I
auteur).
1conse~vée
à la Bibliothèque nationale de Paris et donnée. par Antoinette Reicha, fine a'inée de Reicha, le 22 février 1838,
a
Edmé St-Hugué.On
pe~t
trouver une partie del'Autobio9ra~hie
de Reichaen français avec une traduction angl,aise de Gordon Ha lman .en appendice de la thèse de MiJ1ard Myron Laing, "Anton Reicha~s Quintets for flute, oboe, c1arinet, horn an~'bassoon~ Université du Michigan, 1952,
JPages 290
a
345.'La revue "Nouvèlles musicales de Prague Il no. 2, 1971, fait
état de la publication de l.'Autobiographie de Reicha dans un recueil présenté parI Ji~i Vys1ou!i1 : "Notes sur Antoine Reicha", Opus Musi.cum, (Brno, 1970h
\
\
l'
l' l'~
o" - r
-...
c.
\ " \ / 1o
\
29 ,Ces lignes confirment les dates'de 1795-1799 plutôt que
celles de 1802-1803 rapportées dans les Encyclopédies et 9ictionnair~s.
La première partie de ce ma~uscrit offre des solutions peu
pratiques
a
un certain nombre de problême~ concernant l'esthétique(J
et la théorie musicale. Il devise sur l'influence que la musique exerce sur le bonheur des hommes, sut le rôle de la mathématique eans les arts musicaux, sur le fait que dans les seuls Etats de haute
.cul:ture, la musique peut occuper l~ rang qui .lui est propre. Il exige
'du compositeur une vaste culture générale et
~ouhaitJ
que lesél~ves
possèdent une connaissance philosophique suffisante.
"-Son recueil est suivi, en deuxiême partie, d'un cahier d'exercices pratiques (Praktische Beispiele) pour pianoforte, dans
l'
\ Q
lequel il pr~sente différentes difficultés A sunnonter. Bien que, ces
exercices "d'acrobatie" soient lourds à exécuter pour la plupart,
l'on peut songer à quel haut degré ~e lecture pouvait parvinir la
gent musicale de l'époque.
.,'
" . 1 - " (
(
,\
. \ 30\
.En voici quelques exemples que nous retro~verons sous des formes
épw~es et mieux réparties dans les 36 Fugues
a) polyrythmie mesures différentes affectant respectivement les
b) polytonie
deux mains;
les deux mains évoluent dans des tonalités '\ différentes 2
c) lecture sur 3 ou 4 portées avec clés de sol,.ut, et fa
d) fugues
(
,
.
\\0.
~o et no. 22 qui deviendront respectivement les fuguesno. 23 et no. 26 dans 1 es 36 Fugues (cf., chapi tre 5,
section
Q)
e) exercices avec des mesures composées le no. 7 est en ~ et 3/4
(tf~ chapitre 5, section e)
211 composa dans la même veine un d,ouble quatuor pour cordes
1
(en sol majeur) et pour vent (en mi mineur). 1
Dans son Autobiographie', il écrit
c~ci
\: "J'eus toujours \ungrand penchant ~ faire des choses ektraordinaires en fait de composJtiqn.
Une idée neuve m1électrisait d~une manière inconcevable, et j'eus < ,
toujours le bonheur de réussir en réalisant un nouveau plan ou une •
nouvelle concepti'on. Il me vint une fois dans l'idée de faire 2 quatuors,
dont l'un en sol majeur pour les instruments
a
cordes et l'autre en mimineur pour les instruments ~ vent; mais avec la condition de marier les
2 q'uatuors de manière
a
ce qu'ils ne fassent\qu'un seul lorsqu'on levoudrait. Quiconque s'èccupe de composition concevra' facilement la grande
l '- -
r
1 - l '(
"..
31 f), mesures à 5/8 ;g) exercices avec armure/inu'S'4t~~ le nO.18 est en BI majeur.
B. Etudes ou Exercices dirig~s d'une maniêre nouve11et op.30.
,~
\ ~
Cet ouvrage pour le pianoforte fut publié
a
Paris e; 18003 :1 •
il le présente pux musiciens qui veulent avoir un talent distingué
-sur le piano et qui veu1~nt le maintenir. Reicha note que ces études
peuvent servi r de suite à la Mêthod6l' ou pri nci pe g~nêra 1 du doi gtê
de' Loui~ Adam (1758-1848)4. ~
L'oeuvre est divisée en 2 parties. Dans la premiêret il
montre comment travailler les gammes chromatiquest les doubles
cadences, les notes d'agrément. De plus, il présentè un exe~cice
"'_
avec changem,ent de clés et donne un exemple d'enharmonie_, três pratique
pour comprendre certaines technique~ utilisées-dans les Trente-six fugues
(cf., chapitre 5, ~ection ~).
\
La seconde partie offre un reflet de 1 l,emploi des mesures
composées, procédé cher
a
Reicha. Il en sera question dans les36 Fugues (cf., chapitre 5, section C). Il souligne que leur admission
,ri
pourrait devenir d'une grande utilité dans l'art musical.
\, .
~
3Chez
Im~ault.
(Conservéesa
la Bibliothêque Nationale deParis, Vm.~. 32). .
4Cette méthode fut publiée en 1798.
.
/
1
r
N"I'est-ce pas proph~tiser sur l'usage qu'en fera Bart6k (188l\-19!5)
dans son oeuvre
p~dagogique
pianistique Mikrokosmos5.Voici les m~sures compos~es qu'il propose : ~/8 et 5/8,'; 2/4 et '3/4 ;
4/4 et 3/4,,3/4 et 6/8 ; 2/4 et 9/8 ; f/8 et 6/8 ; 4/4 et 6/8. Un des l'
e,xercices, le no. 9, n'est nul autre que la fugue
no.
11 que 1'on~encbntrera dans fes Trente-six fugues (cf., chapitre 5, sections J et
Q).
C." Etude des Transitions·, op. 31.
Ce volume doit dater de 1801 6 , c~r la "Deuxiême suite du
,1
Catalogue de musigue vocale e't instrumenta1e".~ mise
a
jour par Imbaultet qui accompagne la publication de cette oeuvre, indique dans sa liste
'l'opus 30 qui date de 1800\ et 12 fugues que Rei cha pr~senta en 1799
a
M~hul (1763-1817), Ch~rubini, Gossec (1734-1829), Lesueur et Martini (1741-1816), alors Inspecteurs du Conservatoire7.
\ \
\
Deux. fantaisies, dont la premiêre figure dans
le~\Trente-six
\
\
fugues (cf., chapitre 5, sectionsJ et Q), apparaissent
a
la sUi\e des\
iexemp1es tec~niques pr~sent~s par Reicha.
./" Il \
.
\ \ \ \5Six volumes
publi~s
par Boosey&
Hawkes, Ltd., London, 1940.Cette oeuvre de p~dagogie pianistique fut compos~e entre 1926 et 1937.,
6paris, Chez Imbault. \
7Maurice Emmanue], op. cît., page 21.
r
(
/ Il j 33Il montre, dans une première table, des ffiOdè1es de transitions d'un ton majeur dans tous les tons majeurs. Dans la deuxième, il indique comment passer d'un ton majeur dans tous les tons mineurs. La.troisième aborde 1 es tlrans iti ons dl un ton mi neur dans tous 1 es tons mi neur~
tandis que la dernière indique la manière de passer d'un ton mïneur dans tous les tons majeurs.
Bien'sOr, dans sa façon de procéder, Reicha recourt
a
l'enharmonie d'une note par une autre ou l'enharmonie par accor~s.
,
Il doit utiliser les suspensions qu ' i1 abordera, d'une façon
inten-sive, dans ses Etudes du genre fuguê, op. 97 (cf., chapitre 5, section N).
D.' P.ëUt traité sur l 1 harmonie ~ 2 parties, 92_, 84_,_
.
dont les principes sont indispensables pour lui donner
1
1 • ,
son véritable intérêt.
\ ,~\ ,
Ce minJscule traité de quatre
~es8est
suivi de douze, duosIl pour violon et vio1once\~le q,ui en sont l'expression pratique. Ces d~os
peuvent facilement s'exécuter au piano et furent, semb1e-t-il, composés
! '
" à Paris avant 1818, car dans son Traité dtHarmonie publié en 1818, '
Reicha les cite en exemple, comme complément
d'
information9.8Bib1iothêque Nationale de Paris, no. Vc. e2, 981, Paris,
chez Gambaro. "
9
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Pour lui, l 'harmonie A deux parties poss~de des caractéristiques
bien définies: quoique bornée dans ses moyens
r
elle n'en est que plus", dêlicate~t exige du raffinement dans le choix des intervalles.
Il présente un tableau restreint des intervalieso qu' iJ
,
,
analyse rapidement mais qu'il détaill ra minutieusement dans son futur
Traité d'Harmonie. La suspension doit ê re d'un emploi soigné et il
insiste sur le bon goQt qui sied à 'usage des appogiatures. Il note
qu'ùne sai,ne harmonie
a
deux voix peut parfaitement imiter celle à trois1
et même A quatre voi x. T
Ses duos, pour la plupart en contrepo{nt, sont des petits
bijoux de mélodies. L'on y remarque le contrepoint double
a
l 'octaveq~i
aura tête d'affiche dans ses 36 Fugues, l'utilisation constantedes procédés d'imitation qui 14i permettront de diversifier constam-ment les épisodes de ses.36 Fugues, et enfin une châconne qui répète
son chant vingt et une (21) fois~
.'
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/
(
/
35
E. Etudes dans le genre fugué, op. 97.
Cette oeuvre fut publiée
~
Paris en 182010 pour le bénéficedes jeunes compositeurs de son temps. L'ouvrage est divisé en 34 sections.
Chacune comprend un genre de préludè~ la plupart du temps en contrepoint
suivi ~ chaque fois par une fugue. Les fugues présentées dans les deux
volumes n'ont pas l'a'udace de ce11es qui composent les Trente-six Fugues. A cette époque, Reicha\semble avoir renoncé aux écarts continuels qu'il
se permettait entre l795 et 1808. Ces études sont en général écrites dans un style assez conventionnel. L'intérêt réside dans les explications dont Reicha les assortit. Celles-ci sont révélatrices de son constant souci pédagogique.
1
1
le genre fugué est pour lui le genre qui ne passera pas parce qu'il n'est pas assujetti au caprice d'un goQt frivole et passager.
Il possède deux avantages marqués pour les pianistes: celui de les
éxercer
~ prélud~r
d'une manière intéressante et celui qui leurpennettra, d'accompagner l es parti ti ons, de's grands maftres.
Voici quelques-unes des techniques que soumet Reicha
a) Les fugues des numéros l ~ 3, 5, 7, 9, sont des fugues A
deux parties dans lesquelles le développement est strictement
formé A partir des motifs du thème. ~
/10\1
'
A Paris: Chez Mlles Erard, Rue du Mail, no. 13,
l '
1..
o
36
/
b) Dans les pr~ludes numéros 2 et 22, il aborde le cas des
suspensions - lesquelleidoiven~ avoir une pr~paration
et une résolution régulière - en les pr~sentant en accords
o
bris~s dans la partie sup~rieure.
1
c) Le pr~lude QO. 3 présente un thème et des variations en
contrepoint double ~ l'octave.
d) L'étude no. 5 montre l'emploi de doubles-croches comme anticipations.
e} A l'~tude no. 6, il exp~rimente l 'usage des suspensions
doubles.
1
f) Tout~ l'étude ~o. 7 présente l'utilisation d'une pédale
.
permanente, laquelle il va sans dire, devra se modifier selon les exigences des modulations.
g) Exemples de basses de chaconnes aux préludes 8, 17 et 28.
Cè goOt de la chaconne est typique chez Reicha. Il a
magnifiquemen~1 exploité ce procédé dans le trio 'du menuet
.
du Quintette à vent op. 88,no. 5 (partie du cor) et aussi
l dans 1 e tri 0 du menuet du Qui ntette
a
vent, op. 91. no. 2'(partie du basson).l1
1111 en a
ét~
aussi questibn dans la présentation du P.T .H.,OP. 841•
~
1\ ~
r
~ y•
(
37
h~ Un canon continu
a
l'octave englobe l'étude no. 11.i) 11 explique dans les prêludes 2, 15,22, les 4,maniêres
d'amener une suspension: 1 - en liant; 2 - en accords
bris~s ; 3 - en frappant; 4 - en variant
a
l'aided'appogiatures (cf .• chapitre 5, section N).
1
j) Dans la fugue no. 15, une basse figurée supporte des suspensions.
k) Repr~sentation enhârmonique d,lune note par une autre dans le pr~lude no. 16 (cf., chapitre 5, section
Pl.
1) Les fugues nos. 17 et 31 pr~sentent un contr:epoint -suspendu car ces fugues sont
a
2 s~jets, mai~ le deuxième n'entre que tardivement. Cette technique est employée dans les 36 Fugues (cf., chapitre 5', secti on E).lm) Aux fugues nos. 10,11, 22, 24~ 28 et 30, Reicha démontre la façon de faire entrer deux sujets simultanément. Ce procédé a été employé régulièrement da~s les 36 Fugues lorsque Reicha présentera des fugues
a
plusieurs sujets (cf., chapitre 6, section A).'n
-,,:",,~~~,~,~_~---,
•
o(:
38
n) C'est un~ leçon sur les notes d~ passage. coup~es par de
courtes pauses. que Reicha donne au prélude no. 20.
/
0) La fugue no. 20 est
un~arfait
exemple de fuguecondition-nelle. La majorité des fugues de Reicha tomporte ,cette partie ajoutée qui permet de compléter l'harmonie.
~
p) La fugue no. 24 est a deux sujets. Le premier est répété
inlassablement a la basse et la dernière fois, il est ~crit
en augmentation.
~
q) ~e pr~lude no. 26 présente des susp~ns;ons dans la basse et dans les parties intermédiaires, accompagnées par des notes .de passage.
II
Voilà tout un inventaire de techniques qui réalisent d~jà les
principes que Reicha immortalisera dans son futur Traité de Haute Composition Musicale (1824-1826). Les 36 Fugues avaient dêja, a leur façon, concrétisé ces prOCédéS, mais non de la manière systématique que le démontrent ses Etudes dans le genre fugué publiées en 1820.
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39 1
L'on s'aperçoit, qu'a cette ~poque, les vis~es p~dagogiques de Reicha sont devenues plus rt~alistes ~t qulil semble avoir r~tra1t~. Les -fugues
'~volutionnaires 'et imàginativEi~ du cycle d~s 36 Fugues ne s-e
rencontr:e-ront plus dans ses beuvres.
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Chap; tre tro;'s
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LES TRAITES DIDACTIQUES PROPREMENT DITS:
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41 '"Nous aborderons maintenant les' trois principaux trait~s
didactiques qui noys 'pennettront d'~nalyser et de cor;nprendre le' cycle
\
\
'\ des 36 Fugues. Ces , trait~s , qui s ' éche1onnent de 1814
a
1826, s~inscrivent..
y
duran.t la' p~riode,'Ta plus active de Reicha,
a
la fois cOlJ1l11e profess'euret compositeur. Ils forment un tryptique \ogique et solide dans lequel,
successivement, Reich.'a se montre sincère pédagogue (Trait~ de Mélodie),
habile théoricien ~(Trait~ d 1 Harmonie') , ingénieux contrapuntiste,
charncrriste accompli et technicien orchestral original (Trait~ de Haute
o •
• compositiob
M~sicale).
Nous les~tudierons
un peu pTus en détail dans1 'ordre sui vant
\
\
ur anches.\ ... : Zetter, ,""" A. Traite dé Melod1e, avec
, 'harmonie ; suivi un supp ment sur art acc mpagner
, , ,
'laf'~lodie par l'hannonie.lorsgue la premiêre doit ~tre
~~dominante ; le tout appuy~ sur les meilleurs modêles
10digues grav~s sur
77
planches., \
\
,/'\
-, -, \\
0\
(
42·
1
Quoique la préface soit
daté~
du 15 octobre 1813, ce tra\téfut
publi~
e'n 18141. Ild~bute
par des propos grandiloquents sur leg~nie et le talent en musique et Reicha propose son oeuvre à tous ceux qui veul ent se perfecti onner dans- la connai ssance de l a m~l odi e et qui
d~sirent sien servir hon6raoiement en composition.
Voici ce qu'il en d,it 'dans son Autobiographie2 "Cet ouvrage
tout A fait neuf devait exciter la èuriosit~ de tous ceux qui aim~nt A
1
-s'instruire et cela sur l'objet le plus import,ant de l'art, sur lequel
on nlavait enco,re rien
pub1i~
d'instructif\Au~si
ai-je reçu quantité _, \ \ ,
de lettres et de f~licitations sur cet ou\Trage,.oOn est jaloux en~Ita1ie, le pays de la
m~lodie
pareJ<~ellence,
de ce qu<n étrangera(t~onçu.
et trouvé tant de choses instructives sur cette matière. M~hul se proposad'en rendre un compte détaill~ ~ l 1 Institut de France. Il avait fait
sur ce livre plus'de soixante pages de remarques qu'il m"avait montr~es.
mais la 'Parque cruelle ne lui pennit pas' d'accomplir son projet."
\
lChez llAuteur
~ Par~s.
,La dBibliothèque Jationale en conserve l'original, Ms Vm. 783. 1section.
D