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Transition agro-écologique d’un système caprin laitier :
impacts sur le sanitaire
Camille Manceau
To cite this version:
Camille Manceau. Transition agro-écologique d’un système caprin laitier : impacts sur le sanitaire. [Stage] France. Lycée d’Enseignement Général et Technologique Agricole de Melle (LEGTA), FRA. 2016, 31 p. �hal-02794444�
TRANSITION AGRO-ECOLOGIQUE
D’UN SYSTEME CAPRIN LAITIER :
IMPACTS SUR LE SANITAIRE
BTS PRODUCTIONS ANIMALES SESSION 2016
Camille Manceau
Lieu de stage : Patuchev
Sommaire
Remerciements Introduction………1 I. Présentation du lieu de stage ... 2 A. L’INRA en France ... 2 B. L’INRA Poitou-Charentes ... 2 C. UE FERLus ... 3 D. La plateforme patuchev ... 3 II. Quelques notions sanitaires en milieu caprin ... 5 A. Le cheptel caprin en France ... 5 B. Les différents types de réformes en milieu caprin ... 6 C. La note d’état corporel ... 8 D. Le parasitisme gastro-intestinal chez les caprins ... 9 III. Axe de travail ... 12 A. Description de l’échantillon ... 12 B. Les données collectées ... 13 IV. Traitement et analyse des données ... 14 A. Evaluer le taux de réformes des chèvres ... 14 B. Nombre et types d’interventions sanitaires réalisées ... 19 C. Surveiller les notes d’état corporel ... 21 D. Evolution du poids des animaux ... 23 E. Bilan du suivi parasitaire ... 25 F. Le taux de cellules : un indicateur qualitatif de la santé du troupeau ... 28 Conclusion - Perspectives…..………30 V. Bibliographie VI. Annexes VII. Mes situations professionnelles vécuesINTRODUCTION
Depuis une dizaine d’années, on constate en France une augmentation du nombre de chèvres (+12%). Le nombre d’exploitations diminuant, la taille des exploitations devient plus importante avec un nombre de chèvres présentes de plus en plus élevé. La région Poitou-Charentes est la plus importante en terme de production de lait de chèvres avec presque la moitié du lait de chèvre total collecté en France. Les systèmes d’élevages caprins laitiers utilisent beaucoup d’intrants et l’autonomie alimentaire massique a été estimée à 55%. Or, depuis 2008, les coûts de production au sein de cette filière ne cessent d’augmenter et le prix du lait reste incertain. On peut alors se demander si les systèmes utilisant beaucoup d’intrants restent rentables. Une solution reste envisageable pour les éleveurs, évoluer vers des systèmes plus autonomes afin de concilier performances économiques, environnementales et sociales. L’utilisation accrue d’herbe peut permettre de répondre directement aux exigences d’autonomie alimentaire et aux exigences économiques des élevages caprins.C’est dans ce contexte que l’Institut National de Recherche Agronomique a mis en place dans le Poitou-Charentes un dispositif expérimental permettant de concevoir des systèmes d’élevages caprins utilisateurs d’herbe pâturée ou conservée afin d’évaluer leur durabilité. A partir du troupeau caprin existant conduit de manière hors-sol, celui-ci a évolué en 2013 vers trois conduites différentes par l’utilisation de la surface fourragère et la période de reproduction. Ainsi, on peut s’interroger : « Dans quelles mesures l’état sanitaire des chèvres est-il impacté par une transition vers un système d’élevage plus autonome ? »
Dans un premier temps, je présenterai l’INRA et ses missions au niveau national, puis plus particulièrement le centre INRA du Poitou-Charentes et l’unité dans laquelle s’est déroulée mon stage. Après avoir décrit le dispositif expérimental et les protocoles de mesures, je présenterai les résultats collectés sur le plan sanitaire au cours des différentes campagnes laitières de 2011 à 2014. Pour conclure, ces résultats seront discutés au regard de l’enjeu du dispositif expérimental.
I. Présentation du lieu de stage
A.
L’INRA en France
L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) est un organisme national français de recherche scientifique publique. Fondé en 1946 et générant près de 8 550 emplois il est aujourd’hui le premier institut européen de recherche agronomique.
L’INRA est chargé de produire des connaissances scientifiques et des innovations dans les domaines de l’alimentation, l’agriculture et l’environnement.
Les recherches se concentrent dans une perspective de développement durable mais elles peuvent être de différents ordres : le changement climatique, la qualité des aliments, la recherche génomique, les caractères à intérêts agronomiques, l’épuisement des ressources fossiles, la nutrition humaine, la compétition entre les denrées alimentaires et non alimentaires, la gestion du territoire… Elles ont pour finalité d’être partagées au public et à la communauté scientifique.
Pour mener à bien ses recherches, l’INRA possède de nombreux équipements expérimentaux répartis entre départements scientifiques et centres de recherches en fonction du domaine de travail. Les 14 départements de l’INRA comptent 213 unités de recherches dont 112 unités mixtes (UMR) associant l’INRA à d’autres organismes de recherche. Parmi ces unités, 49 sont expérimentales représentant une surface globale de 10 000 ha et un cheptel de 94 000 animaux. Cette répartition des unités permet de travailler par spécialisation tout en poursuivant de nombreux programmes en parallèles. J’ai réalisé mon stage dans une unité expérimentale du centre de recherches de Poitou-Charentes, l’un des 19 centres de recherche que compte l’INRA.
B.
L’INRA Poitou-Charentes
L’INRA en Poitou-Charentes est réparti sur 4 sites dans la région : un site principal basé à Lusignan – Rouillé (86) ; le second au Magneraud (17) ; un autre site sur le domaine de Saint Laurent de la Prée (17) et enfin le site de Chizé (79).
Ces quatre sites étudient la gestion durable des prairies, des systèmes fourragers et des territoires et celle des productions animales.
Les études sont réalisées par 240 techniciens, ingénieurs et chercheurs qui gèrent 10 unités (deux unités de recherches, sept unités expérimentales et une unité d’appui à la recherche) dont l’unité expérimentale fourrages, environnement, ruminant (FERLus) où j’ai réalisé mon stage.
Le centre de Lusignan compte des dispositifs d’expérimentation système différente de l’expérimentation analytique puisqu’elle prend en compte plusieurs conditions pour la même expérimentation sur le long terme. Elle correspond à une approche globale et prend en compte tous les facteurs qui peuvent interférer ou jouer un rôle dans les résultats. A l’inverse, l’expérimentation analytique prend en compte qu’un seul paramètre ou deux pour l’analyse des résultats.
C.
UE FERLus
L’unité expérimentale fourrage, environnement, ruminants (FERLus) est située sur le site des Verrines de l’INRA Lusignan – Rouillé. Cette unité mène des expérimentations agronomiques, agro-environnementales et des expérimentations système sur des prairies semées introduites dans une rotation de cultures. Le but est d’évaluer des systèmes d’élevages innovants et durables dans le domaine de la production laitière (bovin et caprin). L’unité a pour mission d’évaluer des espèces et variétés prairiales ainsi que des systèmes d’élevages de ruminants en passant notamment par les itinéraires techniques de cultures ou encore les stratégies de conduite de la reproduction. Ces expérimentations ont pour objectif de limiter les apports d’intrants ainsi que de diminuer la consommation d’eau et d’énergie tout en gardant un objectif de production pour les animaux. Elles sont centrées sur l’utilisation de la prairie multi-espèces en pâture et en fourrages secs adaptés aux besoins des animaux afin d’assurer une production satisfaisante. Pour répondre à ces différents enjeux, l’INRA de Lusignan possède plusieurs équipements avec pour chacun un projet bien spécifique :Ø Un système d'observation et d'expérimentation pour la recherche en environnement (SOERE) sur les prairies semées pour évaluer les effets à long terme de l’alternance prairies / cultures ainsi que l’impact des pratiques agricoles sur la biodiversité et l’environnement. Ø Plus de 10 000 parcelles d'expérimentation, concernant une trentaine d’espèces végétales réparties sur 120 ha. Ø Un troupeau de 65 vaches laitières avec 100 ha de prairies, surfaces fourragères et de vente qui conçoit et évalue des systèmes fourragers innovants, économes en eau et énergie pour les élevages situés en zone sèche.
Ø Un troupeau de 180 chèvres laitières conduit avec 30 ha de surfaces fourragères afin de concevoir et évaluer des systèmes d’élevage de chèvres laitières nourries à l’herbe (Patuchev). C’est donc sur ce dispositif que portera mon thème de stage.
D.
La plateforme patuchev
Le troupeau de chèvres laitières de race Alpine du site des Verrines est dédié depuis 2012 au dispositif expérimental Patuchev. Auparavant, les chèvres étaient conduites dans un système hors-sol strict c’est-à-dire élevées en bâtiment toute l’année avec une ration unique (paille, concentrés). Elles étaient en conduite saisonnée. Les chèvres étaient utilisées pour des expérimentations appelées analytiques autour de l’impact de l’alimentation sur la qualité du lait.Pour concevoir des systèmes d’élevages caprins durables, les objectifs de l’expérimentation-système mise en place sont :
• Intégrer la prairie dans les systèmes de production
• Augmenter la part d’herbe pâturée et/ou récoltée dans la ration
Patuchev est une expérimentation système étudiant sur le long terme trois systèmes indépendants en polyculture élevage. Soit trois troupeaux de 60 chèvres conduits différemment avec une surface de 10 hectares attribuée à chacun :
v Un lot conduit en bâtiment (lot « DB » pour dessaisonné bâtiment) toute l’année avec une période de reproduction dessaisonnée (en mai pour des mises bas en octobre) et une alimentation à base de fourrages séchés en grange.
v Un lot avec une période de reproduction dessaisonnée et un mode d’alimentation tourné vers le pâturage (lot « DP » pour dessaisonné pâturage).
v Un lot avec une période de reproduction saisonnée (en août/septembre pour des mises bas en février) et également conduit au pâturage (lot « SP » pour saisonné pâturage).
Figure 1 : Représentation schématique des trois lots étudiés à Patuchev (source : Patuchev)
La surface de chaque système est répartie en surfaces pour les prairies ou la complémentation. Pour les troupeaux pâturants, cette surface est répartie en 7 hectares de prairies et 3 hectares de céréales-protéagineux alors que le troupeau en bâtiment ne possède que 6 ha de prairies et 4 ha de céréales-protéagineux. Deux choix techniques ont été faits pour optimiser l’ingestion des fourrages autoproduits et limiter l’utilisation des intrants (concentrés, énergie...). A savoir, l’implantation de prairies multi-espèces et le séchage du foin en grange avec capteur solaire. Chaque lot est géré de manière indépendante que ce soit au niveau de la reproduction (périodes d’insémination différentes pour chaque lot mais renouvellement intra lot), de l’alimentation (les hectares dédiés à chaque lot ne sont utilisables que pour leur lot respectif), au niveau des effluents (les fumiers sont séparés, utilisés en compost sur les parcelles dédiées au lot correspondant). Les objectifs chiffrés pour chaque lot sont les suivants : o Une taille de troupeau : 64 chèvres o Une production laitière : 800 L de lait/chèvre/an, avec un TB de 36 g/L et un TP de 32 g/L o Une matière utile de l’ordre de 360 kg/ha o Un objectif de 280 kg maximum de concentré/chèvre/an
o Une autonomie globale de minimum 75 %, avec une autonomie fourragère de 100%. Une part des fourrages dans la ration de 70%. Une autonomie en concentrés de 60%
o Une durée au pâturage des chèvres de 1 800 h /an et de 210 jours de présence o Une marge brute de 450 €/ 1000 L
Le projet consiste donc à collecter et évaluer des données d’ordre zootechnique (production laitière, reproduction, poids, note d’état corporel, santé et bien-être des animaux) ; agronomique (production de prairies et cultures, gestion des effluents, itinéraire technique…) ; économique (matière utile produite à l’hectare, marge brute) et sociale (charges de travail, qualité de vie).
L’objectif principal de chaque système est l’amélioration de l’autonomie fourragère en optimisant l’ingestion d’herbe soit sous forme de fourrages secs ou sous forme pâturée.
Cette démarche s’inscrit dans les axes prioritaires 2010-2020 de l’INRA et dans le « projet agro-écologique pour la France » du Ministère de l’agriculture.
A l’aide de la plateforme Patuchev et des expérimentations mises en place au sein de cette structure, l’INRA répond à l’enjeu des élevages caprins qui est de concilier les performances économiques et environnementales afin d’être durables.
Cependant, on peut se demander si le changement de système d’alimentation a eu un impact sur l’état sanitaire des chèvres. Ainsi, dans un premier temps, il est utile de faire un état des lieux sur les taux et causes de réformes dans les élevages caprins.
II. Quelques notions sanitaires en milieu caprin
A.
Le cheptel caprin en France
Depuis les années 2000, la taille moyenne des cheptels sur le plan national ne cesse d’augmenter. En effet, entre 2000 et 2008 le cheptel moyen est passé de 83 à 139 chèvres. Cette augmentation de près de 67% du nombre de chèvres par élevage induit une diminution de 40% du nombre d’élevages sur le territoire français. Dans la région Poitou-Charentes, la taille moyenne des cheptels est de 211 chèvres en 2008, ce qui équivaut à une augmentation de 60% depuis 1995, le nombre de chèvres présentes par élevage est donc supérieur à la moyenne nationale (tableau 1). Tableau 1 : Evolution du nombre d’exploitations caprines suivant les régions de 1995 à 2008 (Source Les grands troupeaux caprins du grand ouest premier état des lieux) 1995 2000 2008 Poitou-Charentes 87 133 211 Midi-Pyrénées 88 80 175 Rhône-Alpes 32 49 76 Centre 66 98 125 Pays de la Loire 104 142 261 Taille moyenne France 61 83 139 Depuis 1995 la taille des cheptels de la région augmente, ce qui lui vaut d’être la plus importante région caprine française. En effet, en 2013, près de 34% des chèvres laitières y sont élevées et 44% du lait collecté en France y est transformé. Ces performances sont liées à l’évolution des structures de production entre 1998 et 2000. Au sein de la région, le département des Deux-Sèvres (175 840 chèvres), comme en 2000, reste leader de l'élevage caprin au sein du bassin. Avec un peu plus de 47 % des effectifs de chèvres, ce département domine très nettement. La Vienne (77 630 chèvres) suit les traces des Deux-Sèvres avec 21 % des effectifs de chèvres.
Depuis 2000, alors qu'une exploitation caprine sur trois a disparu, les effectifs ont progressé dans tous les départements (tableau 2).
Tableau 2 : Nombre de chèvres par exploitation en fonction des départements de la région Poitou-Charentes – Campagne 2008 (Source Les grands troupeaux caprins du grand ouest premier état des lieux)
Plus de 10 chèvres Entre 400 et 800 chèvres Plus de 800 chèvres
Charente 127 11 1 Charente Maritime 129 8 1 Deux-Sèvres 780 96 14 Vienne 282 39 10 Total région 1318 154 26 Dans ce contexte, il me semble intéressant de voir si l’augmentation de la taille des cheptels a une influence sur le taux de réforme et de sortie des troupeaux.
B.
Les différents types de réformes en milieu caprin
La moyenne nationale des taux de sortie dans les élevages caprins se situe autour de 25,2%, ce taux regroupe principalement le taux de réforme et à plus faible quantité le taux de mortalité. D’après une enquête réalisée par Réseaux d’élevages pour le conseil et la perspective en 2012, sur 145 élevages (64 fromagers et 81 livreurs), le taux de sortie des élevages dits « livreurs » est plus élevé que celui des fromagers avec respectivement 27,9% contre 20,1% (tableau 3). Tableau 3 : Taux de sortie, de réforme et de mortalité des élevages fromagers et livreurs (d’après La réforme et la mortalité des chèvres Perception des éleveurs du socle national caprin) De plus, il s’avère que le taux de sortie est plus faible dans les élevages dont le système est basé sur le pâturage ou le pastoralisme par rapport au système fourrager humide (taux de mortalité plus élevé) et sec (tableau 4). Ceci s’explique par l’âge des troupeaux « pâturants » qui est plus élevé (47 mois contre 40).
Nombre d’élevages Taux Moyenne Ecart-type
Fromager 37 Sortie 20,1% 10,5% Réforme 16,8% 9,8% Mort 3,3% 3,7% Livreur 69 Sortie 27,9% 8,8% Réforme 21,6% 8,5% Mort 6,3% 5,2%
Tableau 4 : Taux de sortie, de réforme et de mortalité en fonction du système fourrager des élevages (d’après La réforme et la mortalité des chèvres Perception des éleveurs du socle national caprin)
Système
fourrager Nombre d’élevages Taux Moyenne Ecart-type
Fourrages humides 20 Sortie 30 ,4% 8,3% Réforme 22% 6,8% Mort 8,4% 6,8% Fourrages secs 53 Sortie 27,4% 10,2% Réforme 22,7% 9,5% Mort 4,7% 4% Pâturage + Pastoral 33 Sortie 18,5% 7,3% Réforme 14,3% 7,7% Mort 4,2% 4,5%
L’apport de concentrés par chèvre peut également engendrer des conséquences sur le taux de sortie dans les élevages. En effet, les élevages qui nourrissent leurs chèvres avec peu de concentrés ont un taux de sortie faible (15%), à l’inverse de ceux avec un haut niveau de concentrés par chèvre (40%). Malgré tout, pour un éleveur qui apporte des concentrés à hauteur de 500kg par chèvre par an (apport moyen), le taux de sortie est variable car ce dernier dépend aussi de la quantité de lait produite par la chèvre.
Chaque éleveur définit les chèvres à réformer suivant plusieurs critères. Pour la plupart des éleveurs ils sont classés par ordre d’importance :
• Production • Taux de cellules • Fertilité • Age
Les chèvres peuvent également être réformées à la suite d’un problème sanitaire. Plusieurs pathologies reviennent régulièrement au sein des élevages caprins, nécessitant l’intervention d’un vétérinaire : § Avortements (17% d’élevages concernés) § Mammites (13%) § Problèmes respiratoires (13%) § CAEV (12%) § Paratuberculose (11%) § Troubles alimentaires (10%)
On peut facilement classer les pathologies suivant 4 grands groupes principaux : reproduction, mamelle, métabolique/digestif et autres causes (tableau 5). Certaines pathologies entrainent dans les élevages des cas de mortalité ou une réforme subie pour la chèvre. Concernant les problèmes de reproduction, dans plus de 25% des élevages concernés l’infertilité entraine une réforme subie de la chèvre. Les problèmes à la mise-bas engendrent la mortalité dans 24% des élevages concernés et 8% de réforme subie. Les mammites chroniques (cellules dans le lait) et le tarissement précoce sont facteurs de réforme subie dans plus de 10% des élevages pour les problèmes de mamelles. Pour la partie métabolique et digestive, l’amaigrissement, la mort subite, entérotoxémie, l’acidose, les diarhées, le parasitisme et la toxémie sont des pathologies entrainant la mort ou la réforme subie de la chèvre. L’amaigrissement étant la cause la plus importante de réforme (13%) et l’entérotoxémie de mortalité (plus de 15%). Le parasitisme apparaît également dans les causes de réforme et de mortalité. En effet, il est important de
réformer des chèvres qui excrètent trop d’œufs de strongles gastro-intestinaux pour limiter l’infestation du troupeau. Il peut aussi entrainer la mort de l’animal par un amaigrissement et des diarhées.
Tableau 5 : Cause de réforme suivant la pathologie (d’après la réforme et la mortalité des chèvres : perception des éleveurs du socle national caprin)
Pathologie Mortalité Réforme subie
REPRODUCTION Infertilité/vide X Problème à la mise bas X X MAMELLE Mammite chronique/cellules X Tarissement précoce X METABOLIQUE/ DIGESTIF Amaigrissement/manque d’état X X Mort subite/Entérotoxémie/Acidose X X Diarrhée/Parasitisme X X Toxémie de gestation X X AUTRES CAUSES Arthrites X X Pneumonie X X Accidents X X L’éleveur peut suivre directement l’état de santé de son troupeau en l’observant. En effet, plusieurs signes tels que l’amaigrissement peuvent se voir directement sur la chèvre. Afin de gérer l’état de son troupeau, l’éleveur peut évaluer une note d’état corporel aux niveaux des lombaires et du sternum.
C.
La note d’état corporel
La note d’état corporel ou NEC est un élément permettant de gérer au mieux les apports alimentaires énergétiques d’un troupeau de chèvres. Elle est établie sur la durée totale d’un cycle de production (gestation, lactation, gestation) et l’éleveur doit connaitre la NEC de son troupeau à 4 moments clés : o Fin de gestation pour estimer l’amaigrissement o Début de lactation et après le pic de production o Lors de la mise à la reproduction : pour entamer l’engraissement o Au tarissement (2 mois avant mise bas) A ces différents moments du cycle, des notes cibles sont à atteindre : NEC lombaire NEC sternale Fin de lactation/Début tarissement 2,75-3 3-3,5 Au pic de lactation 2,25-2,75 2,75-3,25 Ces notes sont prédéfinies par un système de mesure au niveau des lombaires et du sternum. La NEC lombaire s’apprécie sur trois points, lorsque la chèvre est décontractée, qui sont : • Le remplissage de l’angle vertébral • La détection des apophyses mamillo-articulaires ou articulaires • L’état de l’espace entre apophyses transverses Quant à la NEC sternale elle s’apprécie au niveau de trois points : • Le sillon sternal • L’articulation chondro-costale
• L’articulation sterno-costale
La NEC peut être utilisée de deux manières complémentaires Ø Ponctuelle : afin de réaliser un bilan de l’état du troupeau
Ø Régulière : pour gérer une stratégie d’alimentation énergétique sur plusieurs cycles de production. De cette manière, il est possible d’évaluer les conséquences d’une saison difficile au pâturage qu’il sera nécessaire de corriger ou encore un risque d’engraissement trop important lors de la fin d’un cycle alimentaire. De plus, cette technique permet en fin de lactation de remanier les lots en fonction de leur reprise d’état afin de les complémenter selon leurs besoins et de mieux adapter l’alimentation en fonction du stade physiologique. Dans le cas de système au pâturage, une baisse d’état corporel peut être liée à une infestation par du parasitisme gastro-intestinal trop importante et peut être une cause de mortalité ou de réforme, d’où la nécessité de s’interroger sur ce sujet.
D.
Le parasitisme gastro-intestinal chez les caprins
Par définition, un parasite est un être vivant qui prélève sa nourriture sur un autre être vivant appelé « hôte ».
Dans les systèmes pâturant et caprins laitiers, on peut classer les parasites en deux familles : les ectoparasites et les endoparasites. La chèvre peut donc être infestée par la petite douve, la grande douve, les coccidies, Moniezia, Trichuris, Chabertia, Oesophagostonum, Trichostrongylus, Ostertagia et Haemonchus qui sont tous des parasites internes et également par Stomox, Demodex, les tiques, les poux ou encore par la gale caractéristiques des parasites externes. Néanmoins, les infestations par les strongles gastro-intestinaux (Haemonchus, Teladorsagia, Trichostrongylus, Oesophagostonum), les protostrongles pulmonaires (Muellerius capillaris) et les vers plats (Moniezia) sont les plus fréquentes. L’infestation par les strongles gastro-intestinaux représente une des contraintes majeures dans les élevages pratiquant le pâturage. En effet, elle peut entrainer une forte baisse de production voir la mortalité de la chèvre dans les cas les plus graves. Il est donc important de prendre en compte ce paramètre dans la conduite sanitaire d’un troupeau caprin.
1. Comment le parasite gastro-intestinal arrive à infester les chèvres ?
Les parasites existent de manière naturelle dans les parcelles. La chèvre, en pâturant, ingère directement les larves qui se développeront ensuite en vers adultes. On peut facilement résumer le parasitisme en trois étapes: • Excrétion : Les parasites sous forme d’œufs, d’ookystes de coccidies ou de larves sont présents dans les fèces qui seront rejetées dans le milieu naturel. • Contamination : Concentration des larves à la base de l’herbe, les ookystes de coccidies contaminent le sol, le matériel, la litière. • Infestation : Ingestion des parasites par les animaux.
Afin de gérer le parasitisme il est indispensable de prendre en considération l’animal et les surfaces qu’il va pâturer. En effet, dès lors que le cycle du parasite est biphasique c’est-à-dire qu’il comprend une phase de vie parasitaire à l’intérieur de l’hôte et une phase de vie libre dans le milieu extérieur, il parait impossible de gérer le parasitisme seulement par voie médicale (traitements antiparasitaires).
Figure 2 : Déroulement du cycle d’infestation par les strongles digestifs (Source Lereveillozere.réussir.fr)
2. Conséquences sur les chèvres
Les chèvres ne possèdent pas une forte réponse immunitaire face aux strongles, par conséquent l’intensité du parasitisme peut être élevée aussi bien chez les primipares que chez les adultes. Il apparait que les chèvres primipares et que les fortes productrices laitières soient le plus touchées.
L’infestation par les vers chez la chèvre induit une augmentation de ses besoins pour réparer les lésions des muqueuses digestives et compenser les pertes protéiques dues aux parasites. La présence des strongles gastro-intestinaux en trop grande quantité peut être pathogène. Le parasitisme entraine une baisse d’ingestion des animaux qui traduira une baisse significative de la production laitière. L’éleveur pourra également constater des poils piqués, des diarhées, des anémies et dans les cas les plus graves la mort de l’animal.
3. Comment gérer le parasitisme au sein d’un élevage ?
Nous allons voir ensemble comment gérer le parasitisme au sein d’un élevage caprin laitier. Pour cela nous allons travailler sur trois grands axes.
a)
Renforcer les défenses immunitaires
L’éleveur peut travailler sur l’alimentation de son cheptel pour lutter contre le parasitisme. En effet, les plantes riches en tanins, principalement les légumineuses (sainfoin, lotier corniculé et pédonculé), présentent un effet anthelminthique. Les tanins sont des métabolites secondaires naturellement présents dans la plante pour lui permettre de se défendre contre les agressions infectieuses et parasitaires. Par l’ingestion de ces plantes par la chèvre, les tanins vont avoir une action de fixation sur le parasite. En effet, ils permettent de diminuer la fertilité des parasites adultes, ils limitent la mobilité des larves infestantes après l’ingestion et ont un effet sur le développement des œufs et des larves de parasites excrétées sur les parcelles de pâturage. L’incorporation dans la ration des chèvres de légumineuses fourragères riches en tanins condensés s‘est avérée une option prometteuse pour réduire le recours aux molécules chimiques. Le granulé de sainfoin par exemple peut être utilisé. Des recherches en caprin tendent à montrer que l’utilisation de granulés de sainfoin a permis de réduire l’infestation des animaux en agissant sur des souches de vers jusqu’alors résistantes à plusieurs familles d’anthelminthiques. Le sainfoin est une légumineuse riche en tanin condensé avec près de 4% pour les meilleurs niveaux dans les granulés. Il est également très appétant ce qui facilite l’ingestion par les chèvres et est pourvu d’un taux intéressant en protéines.Une autre possibilité pour lutter contre le parasitisme est la génétique. En effet, la sélection des animaux les plus résistants aux nématodes est une approche qui a été envisagée depuis longtemps pour réduire l’emploi d’anthelminthiques de synthèse. Cette sélection appliquée sur plusieurs années doit conduire en théorie à une réduction des infestations chez l’hôte et à une diminution progressive de contamination des pâturages.
b)
Soigner les animaux malades
Le traitement ciblé sur les chèvres les plus parasitées permet de limiter le nombre de traitement au sein du troupeau. Dans un troupeau, on estime que 30% du cheptel peut être responsable de 70% de la contamination des parcelles. De ce fait, le traitement ciblé aux anthelminthiques de synthèse permet de traiter uniquement les chèvres les plus excrétrices ce qui permet de contrôler le parasitisme tout en limitant l’utilisation générale de l’antiparasitaire. Grâce aux analyses coprologiques individuelles, il est facile de reprérer les chèvres les plus parasitées. Si l’éleveur ne réalise pas d’analyse, il peut faire le choix de traiter les animaux qui sont potentiellement les plus excréteurs comme les primipares ou les plus fortes productrices lors du pic de lactation ou sur les animaux qui apparaissent les plus affectés à l’œil nu (amaigrissement, diarhées…). Il faut réaliser le traitement ciblé lors de la saison de pâturage et non à la rentrée des chèvres en bâtiment à l’automne car dans ce cas, on privilégie un traitement systématique.
Pour éviter que les parasites développent des résistances aux produits anthelminthiques, il est nécessaire d’alterner les familles de molécules (benzimidazoles, lévamisole, lactones macrocycliques) à chaque traitement et de bien respecter les doses prescrites. Peu de molécules disposent d’une autorisation de mise sur les marché pour les caprins. Sachant que la chèvre dégrade plus vite ces molécules, il est recommandé pour la chèvre de doubler la dose prescrite pour les ovins.
c)
Diminuer la ré-infestation
L’assainissement des parcelles entre deux périodes de pâturage joue un rôle important dans la gestion du parasitisme chez les caprins. En effet, il est nécessaire de laisser au minimum 45 jours de repos sur une même parcelle afin de minimiser le contact entre les animaux et les larves infestantes. Les parcelles non-utilisées à l’automne précédent l’année de pâturage doivent être destinées en priorité lors de la mise à l’herbe des animaux. De plus, le fait d’alterner la fauche et l’ensilage des parcelles, peut réduire les contaminations des repousses. Le retournement par labour des prairies conduit à la quasi-extinction de la contamination en larves infestantes (1 retournement tout les 2 à 3 ans). Le pâturage mixte entre bovins et chèvres ou chevaux et chèvres peut également être mis en pratique. En effet, ces deux espèces n’hébergent pas les mêmes parasites. Les bovins participeraient à l’élimination des parasites de la parcelle et réciproquement pour les chèvres. Il faut néanmoins faire attention car certaines espèces de parasites ont réussi à s’adapter à un nouvel hôte.
La météorologie peut également permettre de diminuer le parasitisme. On sait qu’un fort gel et une interruption de l’utilisation de la parcelle en pâturage permet d’assainir la parcelle (également vrai pour une période de sécheresse associée au repos de la parcelle) en diminuant le nombre de larves L3.
Il est important de gérer le parasitisme au sein d’un élevage caprin car les infestations parasitaires pénalisent le niveau de production et dégradent l’état corporel des animaux. C’est un enjeu primordial au sein d’une exploitation car les chèvres ne présentent pas d’immunité face aux strongles gastro-intestinaux il est donc nécessaire d’administrer des anthelminthiques pour remédier au problème tout en recherchant à faire des économies en intrants. Mais des parasites commencent à développer des résistances à certaines molécules d’anthelminthiques, dans la gestion du parasitisme il faudra alors veiller à développer d’autres solutions pour la lutte.
A partir de ces éléments, on peut constater que les causes de réforme des chèvres sont très diverses. De plus, il s’avère que le taux de sortie des sytèmes pâturants est plus faible que dans les autres systèmes. Toujours en lien avec la santé des chèvres, la gestion du parasitisme reste à ce jour un enjeu non négligeable dans la réussite des exploitations laitières caprines pratiquant le pâturage, il est donc nécessaire de se renseigner sur l’impact des parasites sur les animaux et de s’interroger :
Dans quelles mesures l’état sanitaire des chèvres est-il impacté par une transition vers un système d’élevage plus autonome ?
III. Axe de travail
A.
Description de l’échantillon
En 2011, avant la création du dispositif Patuchev, le troupeau était constitué de 159 chèvres de race Alpine conduites toute l’année en bâtiment. A cette période une chèvre recevait quotidiennement de la paille (à volonté), 2 kg bruts de bouchons d’aliments complets contenant des concentrés et de la luzerne sur-pressée, 500 g bruts de foin de luzerne et 200 g bruts de maïs distribué en grain. L’ensemble des chèvres étaient conduites en reproduction saisonnée (lutte en août et mises bas en janvier-février). Le système reposait sur une conduite en lot en fonction de leur niveau de production. Puis, en juin 2011, afin de répondre aux demandes du dispositif Patuchev, il a été décidé de diviser le troupeau existant en trois lots. Les multipares ont donc été mises en lot équilibré suivant plusieurs critères : l’âge, l’Index Combiné Caprin, et leur poids au 30 mai 2011. Les lots des primipares ont été définis suivant leur production laitière standardisée à 60 jours, leur poids au 30 mai 2011 et en fonction de la distribution de la famille de bouc. A ce jour, l’expérimentation s’effectue sur le troupeau de Patuchev qui est composé de 157 chèvres laitières Alpine. Ces dernières sont réparties en trois troupeaux depuis 2012 (cf. tableau 6). Figure 3 : Représentation schématique de la transition du troupeau expérimental caprin de l’Inra de Lusignan
Tableau 6 : Tableau récapitulatif des effectifs de chèvres de 2010 à 2014 2010 2011 2012 2013 2014 DB 53 61 67 56 DP 53 61 63 64 SP 54 52 50 52 SANS LOT 180 23 TOTAL 180 183 174 184 172
B.
Les données collectées
Afin de déceler un éventuel impact sur la santé des chèvres j’ai défini plusieurs critères de travail au niveau des chèvres. J’ai mis en commun un ensemble de données relatives au sanitaire afin de constater s’il y a eu des écarts importants d’une campagne laitière à une autre. L’ensemble des données sont collectées et enregistrées à l’aide du logiciel Geedoc (Gestion des élevages expérimentaux caprins et ovins).
Une campagne laitière est définie sur 12 mois de façon à ce qu’elle débute un mois avant la mise-bas et jusqu’à la fin du premier mois de tarissement suivant. En raison du désaisonnement progressif du troupeau pour les lots concernés, les dates de début et de fin étaient différentes à chaque campagne (cf tableau 7). Tableau 7 : Récapitulatif des dâtes des 5 dernières campagnes laitières de Patuchev Date debut Date Fin 2010 15.12.2009 21.12.2010 2011 22.10.2010 16.12.2011
Lot saisonné Lots dessaisonnés Lot Saisonné Lots dessaisonnés
2012 17.12.2011 17.12.2011 13.12.2012 26.09.2012 2013 14.12.2012 27.09.2012 04.12.2013 27.09.2013 2014 05.12.2013 28.09.2013 15.12.2014 06.08.2014 J’ai travaillé sur les données des chèvres uniquement (>=1 an), sur les critères suivants: Ø Le nombre de chèvres réformées par campagne et la cause. Pour réaliser le taux de réforme sur les 5 dernières campagnes les chèvres mises à la réforme pour cause de départ à la boucherie ont été retenues ainsi que les autres causes de réformes. Les chèvres sorties de l’élevage pour cause d’expérimentation et de vente de reproducteurs ne sont pas comptabilisées car ce ne sont pas des chèvres réformées en fin de carrière. Ø Les interventions sanitaires réalisées sur les chèvres lors de chaque campagne laitière. Ø Note d’Etat Corporel (NEC) : une fois par mois, une note sternale et une note lombaire sont données à chaque animal, déterminées par les techniciens depuis 2012. Ø Poids : chaque mois, une pesée de chaque animal est réalisée. Une autre supplémentaire est faite au moment de la mise-bas, autour de la mise à la reproduction et au tarissement.
Ø Récupération des fécès : Pour vérifier le niveau de parasitisme gastro-intestinal au sein de chaque troupeau, des prélèvements de fécès sont réalisés au niveau individuel tous les 2-3 mois et au niveau des groupes d’individus (chevrettes, primipares, multipares) chaque mois.
Après avoir traité cet inventaire je vais pouvoir déterminer quelle pathologie est la plus représentée dans les différents troupeaux. Ceci me mènera donc à déterminer quelles sont les causes de réforme au sein du troupeau et là encore de comparer en fonction de la conduite. Je vais également travailler sur la présence des parasites au sein des deux troupeaux pâturant afin de montrer s’il y a des différences entre les deux lots.
IV. Traitement et analyse des données
A.
Evaluer le taux de réformes des chèvres
1. Nombre de chèvres réformées
Pour ce graphique, j’ai décidé de recenser l’ensemble des chèvres mises à la réforme de 2010 à 2014 afin de voir l’évolution du nombre de chèvres réformées. Les campagnes 2010, 2011 et 2012 correspondent aux années avant Patuchev soit pendant l’ancien système puisque les chèvres ont changé d’alimentation qu’à partir de novembre 2012 (campagne 2013). Les années suivantes correspondent donc à Patuchev. Sur ce graphique, on peut voir que le nombre de chèvres mises à la réforme varie selon les années. Tout d’abord, on remarque qu’il y a un nombre plus important de chèvres réformées en 2010 et 2011. Courant la campagne de 2011, l’équipe a commencé à reformer les chèvres pour effectuer les différents lots pour le futur dispositif Patuchev. Pour cela, 37 chèvres ont été réformées car elles ne correspondaient pas aux différents critères de sélection, ce sont les chèvres qui sont parties à la boucherie.
Le lot des chèvres dessaisonnées en bâtiment présente un nombre de chèvres réformées constant sur les deux années du dispositif. En effet, en 2013 on trouve 12 chèvres réformées et 17 en 2014 (+5). A l’inverse, les deux lots pâturants ont un nombre de chèvres réformées variable selon les deux campagnes. Pour le lot de chèvres saisonnées pâturage, on a 10 chèvres réformées en 2013 et 17 en 2014. Puis, pour le lot de chèvres dessaisonnées allant au pâturage, il présente 16 chèvres réformées en 2013 contre 9 en 2014.
On peut dire que le nombre de chèvres mises à la réforme est constant pour le lot de chèvres dessaisonnées en bâtiment or il est relativement hétérogène pour les deux lots pâturants.
Pour réaliser les taux de réforme sur les 5 dernières années, j’ai décidé de ne pas prendre en compte les chèvres qui sont sorties du système pour cause d’expérimentation et de vente reproducteur. Les autres causes de
50 46 39 12 17 16 9 10 17 0 10 20 30 40 50 60 2010 2011 2012 2013 2014 Ancien système Patuchev
NO M BR E D E C H ÈV RE S
Graphique 1 : Evolution du nombre de
chèvres réformées de 2010 à 2014
réformes sont pris en compte.
Tableau 8 : Récapitulatf des taux de réforme du troupeau
2010 2011 2012 2013 2014
Nombre de chèvres réformées
50 46 39 38 43
Nombre de chèvres
présentes 180 183 174 184 172
Taux de réforme 27,8% 25,1% 22,4% 20,6% 22%
Le taux de réforme de l’ensemble de l’élevage caprin est relativement stable au cours des années et varie entre 21 et 28% environ. Le taux de réforme moyen au niveau national pour les livreurs est de 27,9%, l’élevage de Patuchev est inférieur à cette moyenne.
Tableau 9 : Récapitulatif des taux de réforme du lot DB de 2013 à 2014
Année Nombre présentes de chèvres Nombre réformées de chèvres Taux de réforme 2013
67 12 18%
2014 56 17 30%
Le nombre de chèvres présentes pour le lot DB a diminué de 9 chèvres en 1 an induisant un taux de réforme supérieur en 2014 (tableau 9).
Tableau 10 : récapitulatif des taux de réforme du lot DP de 2013 à 2014
Année Nombre de chèvres présentes Nombre de chèvres réformées Taux de réforme
2013 63 16 25%
2014 56 9 16%
Tableau 11 : Récapitulatif des taux de réforme du lot SP de 2013 à 2014
Année Nombre de chèvres présentes Nombre de chèvres réformées Taux de réforme
2013 50 10 20% 2014 52 17 33% En 2013, le taux de chèvres réformées est plus important pour le troupeau dessaisonné pâturage et pour le lot saisonné pâturage en 2014 (tableaux 10 et 11). On ne peut pas émettre d’hypothèse sur ces résultats car lors de la campagne laitière de 2013 il y a eu un problème de reproduction sur les lots allant au pâturage. En effet, il avait été décidé de garder uniquement les jeunes femelles issue d’insémination artificielle (IA) or le taux de réussite à l’IA a été très faible et de plus il y a eu une forte présence de mâles. Ceci a donc conduit à réduire les réformes dans ces deux lots afin de pouvoir garder un nombre de chèvres suffisant pour poursuivre les expérimentations. On peut donc expliquer le taux relativement faible de réforme (20%) en 2013 pour le lot SP et du lot DP en 2014 (16%). Grâce à mes recherches bibliographiques, j’ai pu récolter les moyennes nationales de taux de réforme suivant leur alimentation. Pour les élevages où les chèvres pâturent le taux de réforme est de 14,3% avec un écrat-type de 7%. Ici, les taux sont relativement supérieurs à cette moyenne pour les deux lots exceptés pour le lot DP en 2014. Les chèvres DP et SP sont plus jeunes que les chèvres pâturant du territoire. En 2014, pour le lot DP il n’y a pas eu
beaucoup de réformes car il fallait garder un nombre suffisant de chèvres pour poursuivre l’expérimentation. Pour le lot SP, il a fallu faire plus de réformes.
2. Age des chèvres lors des mises à la réforme
D’une manière significative, on remarque que les chèvres du dispositif Patuchev sont mises à la réforme plus tard par rapport à l’ancien système (graphique 2). Elles restent donc au sein du troupeau plus longtemps (environ plus d’un an entre 2014 et 2010). A l’époque, la moyenne d’âge des chèvres allant à la réforme était de 1042 jours, soit environ à l’âge de 3 ans. Depuis la création de Patuchev, les chèvres partent à la réforme plus tard, à l’âge de 4 ans. Les chèvres ont donc gagné 1 an, mais ce gain s’explique par le problème de reproduction de la campagne laitière de 2013 où il avait été décidé de garder que les jeunes femelles issues des chèvres inséminées artificiellement, or le taux de réussite était faible et il y a eu une forte présence de mâles. Il a donc fallu réduire les réformes pour là encore garder un nombre de chèvres suffisant pour poursuivre les études. Le troupeau de Patuchev est un troupeau vieillissant. Tableau 12 : Récapitulatif de l’âge moyen des chèvres en fonction de leur conduite de 2013 à 2014 DB DP SP 2013 1279 1361 1412 2014 1464 2094 1326Parallèlement, on observe sur le nouveau système que les chèvres réalisent des lactations plus longues comparé à l’ancien système (graphique 3). 1042 1131 1385 1340 1541 -400 100 600 1100 1600 2010 2011 2012 2013 2014 Ancien système Patuchev
Graphique 2 : Age moyen en jours des
chèvres lors de la mise à la réforme
2, 9 3,1 3, 8 3, 5 3,7 4 5, 7 3, 9 3, 6 2 0 1 0 2 0 1 1 2 0 1 2 2 0 1 3 2 0 1 4
Graphique 3 : Evolution du nombre de
lactations des chèvres de 2010 à 2014
Avant l’arrivée du dispositif Patuchev, les chèvres du troupeau réalisaient environ 3,3 lactations avant d’être mises à la réforme. Aujourd’hui, le nombre moyen de lactation réalisé par une chèvre avant la mise à la réforme s’élève à 3,6 voire 5,7 pour le lot dessaisonné pâturage, soit un gain de presque deux lactations. Aujourd’hui, les chèvres du lot DP semblent réaliser un peu plus de lactations (5,7 lactations) que les lots DB (4) et SP (3,6). Ces chiffres s’expliquent là encore par le problème de reproduction de 2012, dorénavant on constate que les réformes sont subies et non souhaitées comme l’ancien système. Le critère de l’âge ne rentre plus en compte pour réformer une chèvre, ce qui permet ainsi de garder un nombre suffisant de chèvres pour l’expérimentation. J’ai décidé de comparer les trois lots du dispositif Patuchev afin de voir si la conduite influence l’âge de départ à la réforme des chèvres. D’après les résultats obtenus je souhaite montrer que la conduite au pâturage augmente l’âge auquel les chèvres partent à la réforme. Pour cela j’ai réalisé une analyse de variances.
Analyse statistique
On part de l’hypothèse que la conduite n’influence pas l’âge de départ à la réforme (soit : les moyennes des trois lots sont considérées identiques). On calcule la variation due au facteur conduite (variance factorielle) que l’on compare à la variation normale sans tenir compte du facteur (variance résiduelle). Grâce à Fisher on compare ces deux variances.On peut voir que la valeur de F est inférieure à la valeur critique pour F (cf. tableau annexe 1), donc on ne rejette pas. On en conclut que le facteur de conduite d’élevage n’influence pas l’âge de réforme car il n’y a pas de différences significatives d’âge de réforme en fonction de la conduite. La supposition que j’avais faite n’est pas vérifiée numériquement, le pâturage n’influence pas l’âge de mise à la réforme.
3. Causes de réforme
On peut facilement comparer les causes de réformes de chaque année en répertoriant toutes les sorties de chèvres (je ne prends pas en compte les chevrettes). J’ai choisi de classer chaque type de réforme dans des grandes catégories de pathologies liées à (cf graphique 4): • La reproduction (avortement, chèvre vide...) • La mamelle (production de lait insuffisante, mammite) • Un problème d’aplombs (arthrite) • Un problème respiratoire • Un problème métabolique ou digestif (maigreur...) • D’autres affections • Les autres sorties (vente pour reproducteur, divers sélection) D’un point de vue global on constate que plus de chèvres ont été réformées dues à un problème de reproduction. En effet, beaucoup de chèvres n’ont pas été fécondées suite à l’insémination en 2013 et 2014, elles ont donc été réformées. De plus, en 2013, 3 chèvres ont avorté (lots pâturants) à cause de la fièvre Q. En 2014, on retrouve 4 avortements sur des chèvres dessaisonnées. Chaque année une ou deux chèvres sont réformées suite à une mise-bas difficile. Ces réformes ne sont pas spécifiques au type de conduite. Les réformes dues à un problème de mamelle (mammite, production de lait insuffisante...) ont été très importantes en 2011 et 2012 car l’équipe avait fait le choix de réformer les chèvres les moins productrices. En effet, à cette période l’équipe élevait 100 chevrettes pour le renouvellement (pour 150 chèvres) ce qui permettait de réformer sur la production de lait. Il a été nécessaire de faire ces réformes car il manquait de place dans le bâtiment. Par ailleurs, les causes de réformes dues à des mammites sont plus importantes depuis Patuchev et touchent les lots desaisonnés.
Graphique 4 : Part des différentes catégories de maladies dans les causes de réformes de 2010 à 2014
Légendes : 45% 2% 18% 8% 27%2013
17% 3% 52% 28%2011
34% 49% 3% 7% 2% 5%2012
13% 45% 7% 2% 33%2010
67% 5% 21% 7%2014
Depuis Patuchev, les réformes sur les problèmes liés à la mamelle ont diminué mais cela n’est pas synonyme d’un meilleur état sanitaire puisque l’on verra par la suite que le troupeau a plus de cellules comparé à l’ancien système. La part des réformes dues à un problème d’aplombs tend à augmenter chaque année. Les boiteries sont à l’origine de ces réformes, on constate que les lots allant au pâturage sont plus soumis à ce problème mais ce nombre de réforme plus important peut s’expliquer par des chèvres qui sont plus vieilles (lié au problème de reproduction de 2013) et donc fatiguées lorsqu’elles vont au pâturage. Depuis Patuchev, les problèmes récurrents au sein de l’élevage sont les problèmes de reproduction et les problèmes au niveau des mamelles. Les réformes sont désormais subies et non choisies dans certains cas. J’ai trouvé intéressant de voir si depuis la création de Patuchev le nombre d’interventions sanitaires réalisées sur le troupeau a augmenté. Pour cela, j’ai trié le carnet sanitaire du troupeau qui enregistre tous les traitements réalisés sur les chèvres. Cet inventaire va me permettre de voir si le troupeau a connu de nouvelles pathologies ou si le changement de système n’a engendré aucun changement sur la santé des chèvres.
B.
Nombre et types d’interventions sanitaires réalisées
Depuis la création de Patuchev, j’ai pu constater que certaines maladies sont apparues. J’ai décidé de classer les maladies suivant 6 groupes en les réunissant dans un graphique (cf. graphque 5) : o Maladies liées à la mamelle o Maladies générale o Maladies appareil uro-génital o Maladies appareil locomoteur o Maladies digestives o Maladies respiratoires Suite au dessaisonnement, on a pu voir apparaitre plusieurs chèvres soignées pour des pseudogestations. Cette anomalie est donc présente seulement sur les lots DB et DP est a commencé à se déclarer dès 2012 (lorsque les chèvres commençaient le dessaisonnement). Une mise à la reproduction en contre saison après induction des chaleurs influencerait l’apparition de pseudogestation. La moyenne d’âge des chèvres qui ont eu une pseudogestation est de 3 ans, ici on ne peut pas dire que l’âge influence l’apparition de la maladie. De plus les doses de PMSG élevées pourraient provoquer une superovulation, de la mortalité embryonnaire et de la pseudogestation.
Le nouveau système a fait également apparaître plus de cas de boiteries et de maladie de l’appareil locomoteur (nécrose du cortex par exemple) sur le troupeau. Les chèvres allant au pâturage ne sont pas les plus touchées, chaque lot présente chaque année des cas de boiteries. Mais le nombre de chèvres réformées à cause d’un problème d’aplombs est plus important pour les lots pâturants.
De plus, au niveau des maladies respiratoires, des cas de pneumonies sont apparus dans le troupeau notamment sur les lots pâturants.
Le carnet sanitaire permet aux techniciens d’enregistrer chaque intervention réalisée sur une chèvre. De ce fait, pour chaque traitement réalisé sur une chèvre, le logiciel permet de noter le nombre de traitement qu’elle a reçu associé à la pathologie. Par exemple, si une chèvre est traitée pendant plusieurs jours avec du TYLAN 200
®
pour une mammite, le logiciel enregistrera 3 traitement (3 lignes sur Excel). J’ai donc traité les données de ce carnet sanitaire en supprimant les lignes en surplus (en reprenant l’exemple : la chèvre n’a eu qu’une pathologie et non 3 donc je suis passée de 3 à 1 lignes seulement) rendant plus juste le nombre de traitement réalisé pour une chèvre. J’ai souhaité voir si le nombre d’interventions sanitaires réalisées sur les chèvres a augmenté. En suivant les 6 groupes de pathologies vu précédemment, j’ai pu déterminer le pourcentage de traitement réalisé chaque année sur les chèvres en ramenant le nombre de traitements appliqués sur le nombre de chèvres présentes. Je n’ai pas choisi de comparer le nombre de traitements systématiques liés à la reproduction (éponges, hormones, tarissement), au sanitaire (vaccin) mais je vais comparer les traitements curatifs liés aux pathologies.D’après le graphique 6, on peut voir que le nombre de traitements a augmenté depuis l’ancien système. Cependant, il faut être juste au niveau de l’interprétation. En effet, en 2011, l’augmentation des traitements est due à l’apparition de toux au sein du troupeau. De ce fait, l’ensemble des chèvres ont été traitées au DEXTROPIRINE 50
®
. En 2011, l’augmentation du pourcentage de traitement est liée à une maladie respiratoire nécessitant de traiter les chèvres au TERRAMYCINE LA®.
Au niveau de la reproduction, c’est le début de l’apparition des chèvres pseudogestantes dans les lots dessaisonnés. L’année 2013 connaît de plusieurs chèvres avec des signes de maladie générale d’origine infectieuse. On a également des traitements contre les infections suite mise-bas et pseudogestation. L’année 2014 est marquée par la fièvre Q, obligeant l’équipe de techniciens à injecter un antibiotique à l’ensemble des chèvres des trois(TERRAMYCINE LA®)
afin de limiter les avortements. 0,00% 0,50% 1,00% 1,50% 2,00% 2010 2011 2012 2013 2014Graphique 6 : Pourcentage de traitements réalisés sur les chèvres de 2010 à 2014
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 MALADIE APPAREIL LOCOMOTEUR
MALADIE APPAREIL URO GENITAL MALADIE DE LA MAMELLE MALADIE DIGESTIVE MALADIE GENERALE MALADIE RESPIRATOIRE
Graphique 5 : Pourcentage de traitements selon
le groupe de maladie
Le nouveau système a directement engendré l’apparition de traitement antiparasitaire sur les lots DP et SP. Tableau 13 : Pourcentage d’animaux traité par an et par produit utilisé pour le lot DP 2013 2014 2015 20/09/2013 10/04/2014 05/06/2014 06/08/2014 16/07/2015 Anx traités 48 4 4 55 39 Anx présents 48 56 56 55 39 % 100% 7,1% 7,1% 100% 100%
Produit utilisé SYNANTHIC EPRINEX EPRINEX SYNANTHIC EPRINEX
Tableau 14 : Pourcentage d’animaux traité par an et par produit utilisé pour le lot SP 2013 2014 2015 20/12/2013 05/06/2014 06/08/2014 14/11/2014 27/05/2015 16/07/2015 01/10/2015 Anx traités 40 1 48 64 (dont 47 adultes) 2 9 3 Anx présents 40 48 48 64 59 59 50 % 100% 2,1% 100% 100% 3,4% 15,3% 6%
Produit utilisé SYNANTHIC EPRINEX EPRINEX SYNANTHIC EPRINEX EPRINEX SYNANTHIC(1) EPRINEX (2)
Afin de limiter les résistances aux anthelminthiques de synthèse l’équipe de techniciens alterne les traitements au Synanthic
®
et à l’Eprinex ®(cf. tableaux 13 et 14). Les traitements de groupe sont réalisés chaque année avant l’entrée des chèvres en chèvrerie afin de remettre à zéro l’infestation. Les traitements ciblés sur les chèvres les plus excrétrices permettent d’utiliser le principe actif le plus efficace contre le type de nématode (détermination à partir des analyses coprologiques). Le but de cette pratique est de limiter l’utilisation d’anthelminthiques de synthèse en ne traitant que les chèvres fortement infestées (au-delà de 800 OPG).
C.
Surveiller les notes d’état corporel
Dans l’expérimentation, la réalisation de la note d’état corporel permet de suivre l’évolution des réserves corporelles des chèvres à des dates ciblées pendant leur lactation. Les objectifs à atteindre sont les suivants : Note lombaire Note sternale Au pic de lactation 2-2.5 2.5-2.75 Avant la saillie 2.25-2.5 2.75-3 Au tarissement 2.5-3 3-3.5
1. Le lot DB (cf.annexe 2)
Note lombaire
Lors de la campagne de 2012, les notes lombaires (cf. graphique 7) des chèvres dessaisonnées bâtiment sont en moyenne inférieures aux recommandations à l’exception de quelques individus qui plafonnent largement au-dessus. A cette époque les chèvres sont nourries à la paille et aux concentrés. A la fin de l’année 2012, les choix zootechniques ont été de passer les chèvres au foin, au maïs et à la paille lors de leur début de lactation. Au pic de lactation, on voit nettement que la transition a eu un impact sur les chèvres car les notes lombaires sont encore en moyenne largement inférieures. Le lot DB n’est pas suffisamment en état pour la lactation de 2013. Néanmoins, on remarque que pour la mise à la reproduction de 2013, les chèvres ont commencé à reprendre de l’état et la lactation de 2014 se fera avec des valeurs de notes lombaires proches de la moyenne. En revanche, pour le tarissement les chèvres sont très en dessous des attentes et les chèvres repartent difficilement sur des bonnes notes en 2015.
Note sternale
Concernant les notes sternales (voir graphique 8), on remarque assez significativement que les chèvres ont du mal à reprendre au moment du tarissement. Les notes sont relativement bonnes lors de la lactation, les chèvres sont donc en état. Les chèvres sont donc bien préparées à l’engraissement pour la reproduction.
2. Le lot DP (cf. annexe 3)
NEC lombaire
Concernant les notes lombaires du lot dessaisonné pâturage (voir graphique 9), on remarque de manière générale que les chèvres sont toujours en dessous des recommandations. Elles perdent beaucoup d’état au tarissement ce qui entraine des notes encore faibles pour la lactation. En 2015, les chèvres commencent à mieux reprendre de l’état au pic de lactation (+0,05) ainsi qu’à la mise à la reproduction (+0,12).
NEC sternale
Au niveau des notes sternales (voir graphique 10), les résultats des chèvres sont encore inférieurs aux recommandations. Les notes sternales au pic de lactation de 2014 et 2015 sont supérieures à celles de 2012 et 2013. A l’inverse, les chèvres ont plus maigris au tarissement en 2013, 2014 et 2015 comparé à l’année 2012. Après le changement de système alimentaire en fin 2012, on constate que la première année les chèvres ont vu leur état corporel diminuer mais elles commencent à reprendre de l’état au fil des années.
3. Le lot SP (cf. annexe 4)
NEC lombaire
Les notes au niveau des lombaires des chèvres du lot saisonné pâturage (cf. graphique 11) sont assez proches des notes recommandées. On remarque que les chèvres sont plus grasses lors de la reproduction avec le nouveau système alimentaire et que les notes lombaires sont moins importantes au tarissement.NEC sternale
Les notes sternales du lot SP (cf. graphique 12) sont inférieures aux recommandations sur les 3 ans. Il y a peu de variations de notes lors du tarissement (0,14 points). Les chèvres de ce lot ont du mal à reprendre de l’état pour assurer la période de reproduction car elles perdent de l’état entre le pic de lactation et la mise à la reproduction. Mais elles reprennent plus d’état lors du tarissement contrairement à 2012. Bilan des 3 lots pour la note lombaire (cf. annexe 5 graphique 13) En 2012, les deux lots destinés au pâturage se suivent au niveau des notes lombaires alors que pour le lot désaisonné bâtiment elles sont supérieures au moment du pic de lactation mais pour cette campagne laitière elles restent inférieurs aux objectifs. A partir du changement d’alimentation fin 2012, les chèvres dessaisonnées ont des notes lombaires inférieures au lot saisonné pâturage lors du pic de lactation et de la mise à la reproduction. Au moment de la reproduction les chèvres saisonnées pâturage ont atteint les objectifs de l’élevage. Au tarissement, les chèvres DB ont des notes sternales supérieures aux deux lots pâturants (tarissement moins fort). Enfin, en 2014, on retrouve la même distribution pour le lot SP, alors que le lot DP a des notes lombaires nettement inférieures aux deux autres lots.Bilan des trois lots pour la note sternale (cf. annexe 5 graphique 14)
En 2012, il n’y a pas de différences entre les trois lots pour les notes sternales. Les chèvres ont atteint les objectifs au pic de lactation. Lors de la campagne 2013, les chèvres ont des notes sternales moyennes qui respectent les recommandations lors du pic de lactation alors qu’à la mise à la reproduction et au tarissement les notes sternales sont inférieures. Le lot SP semblent avoir des notes sternales légèrement supérieures par rapport aux deux autres lots. En 2014, le lot DB a des notes sternales plus proches des recommandations par rapport aux deux autres lots.
D.
Evolution du poids des animaux
Les chèvres sont pesées tous les mois et lors de la mise bas. Dans un troupeau de chèvres laitières, il est important de savoir si les animaux ont repris suffisamment de poids pour pouvoir assurer la reproduction.
1. Le lot DB
Concernant le lot DB (cf. annexe 6), depuis le changement de système en 2013, on constate que les chèvres sont globalement moins lourdes. Lors du tarissement, l’alimentation de la chèvre doit lui permettre de couvrir ses besoins en entretien. A cette période, les besoins en gestation augmentent et la capacité d’ingestion diminue. Sur ce lot, on peut voir qu’au tarissement, le poids vif des chèvres a diminué depuis 2012. Il est important à cette période que les besoins alimentaires couvrent les besoins de gestation car la chèvre peut parfois avoir jusqu’à 3 chevreaux. Il faut également verifier que les NEC ne se dégradent pas, ici les NEC lombaires augmentent entre 2012 et 2014 (+0,09) et les NEC sternales restent stables. Malgré un poids plus faible, les chèvres restent en bon état corporel. La mise à la reproduction est une phase importante pour la chèvre. La chèvre doit avoir repris suffisamment d’état afin d’assurer la période de mise à la reproduction. On voit clairement que les chèvres du troupeau de Patuchev n’ont pas de mal à reprendre de l’état puisqu’elles atteignent un poids de 60kg comme l’ancien système.
2. Le lot DP
Par rapport aux chèvres du lot DP (voir annexe 7), les chèvres dessaisonnées pâturage présentent plus de variations de poids depuis le changement de système. En effet, entre la période de mise-bas et la période de mise à la reproduction qui a eu lieu de fin novembre 2013 au 16 mai 2014 et celle de 2012 il y a presque 10 kg d’écart pour les memes chèvres au même stade physiologique. En 2014, les chèvres ont donc eu plus de mal à reprendre du poids après la mise bas pour assurer leur lactation. Cette baisse de poids peut être liée à un fourrage moins bon à cette période. En 2015, les chèvres semblent être plus stables au niveau de leur courbe de poids. En effet, après la mise bas jusqu’à la fécondation, les chèvres reprennent du poids pour assurer la reproduction.
3. Le lot SP
Depuis 2012 (cf annexe 8), on constate que les chèvres du lot saisonné pâturage sont plus lourdes au moment de la mise-bas mais qu’elles ont plus de mal à reprendre de l’état pour la mise à la reproduction. Lors du tarissement elles perdent plus de poids mais elles reprennent du poids plus rapidement après. Bilan du poids vif des chèvres Globalement, les chèvres sont moins lourdes en 2013 et 2014 par rapport à 2012. Pendant l’année 2012, on voit qu’il y a plus d’écart entre les différents lots. Sur l’année 2013, les trois lots se suivent, il n’y a pas d’écart majeur. On peut voir que le lot DB reprend plus difficilement du poids après le tarissement mais après la mise bas le poids moyen du lot est supérieur aux lots DP et SP. En 2014, les chèvres saisonnées sont en moyenne plus lourdes que les chèvres dessaisonnées jusqu’à la période de reproduction. Le mode de conduite en bâtiment affecte moins le poids des chèvres comparé à la conduite au pâturage. 50 55 60 65 70 75 Ta ri ss em en t Mi se B as Re pr od uc ti on Ta ri ss em en t Ta ri ss em en t Mi se B as Re pr od uc ti on Ta ri ss em en t Ta ri ss em en t Mi se B as Re pr od uc ti on Ta ri ss em en t 2012 2013 2014