Phn. Biol. Romy Gadisseur
Analyse Morphoconstitutionnelle
des Lithiases
-Lithiase : Epidémiologie
• 9-13 % de la population
– Expansion considérable depuis l’ère industrielle.
Facteurs environnementaux (habitudes alimentaires) et des facteurs métaboliques endogènes.
– Augmentation parallèle de l’obésité et de la maladie lithiasique dans les pays industrialisés.
• Sex ratio (M/F) : 3/2
• Pic d’incidence : 40 à 50 ans
• Récurrence dans + de 50% des cas
à 5 ans.
– 90% si cristallurie sur urines du
matin positive
• 10% de formes sévères
• Insuffisance rénale dans 2 à 3 %
des cas
Pourquoi étudier la cristallurie?
• La cristallurie est l’étape intermédiaire entre les
anomalies biochimiques urinaires et la formation du
calcul.
• En absence de calcul à analyser, elle peut orienter
vers la nature de celui-ci et vers des étiologies
particulières.
• La disparition de la cristallurie au cours du suivi
clinique est l’un des meilleurs critères pour juger de
l’efficacité
des
mesures
diététiques
et/ou
thérapeutiques proposées pour éviter les récidives.
– Détection du risque clinique de récidive.
– Surveillance thérapeutique.
Cristallurie
• La cristallurie s’observe en dehors de tout contexte pathologique chez un sujet sans antécédents.
• Elle traduit la sursaturation vis-à-vis d’une ou de plusieurs espèce(s) cristalline(s) donnée(s).
• La cristallurie peut induire des lithiases, une néphrocalcinose, une IR aigüe ou chronique.
• La simple présence de cristaux particuliers (Cystine, Dihydroxyadénine, struvite, urate d’ammonium) oriente vers des processus pathogènes spécifiques, même en l’absence de signe clinique.
– Dépistage des maladies génétiques cristallogènes (potentiellement lithogènes)
• Diagnostic des cristalluries médicamenteuses
IRA d’origine médicamenteuse
• Participe au diagnostic de l’Intoxication Ethylène glycol,
• Contrairement à l’individu normal, le patient lithiasique peut fabriquer des lithiases à partir des cristaux présents dans les urines.
La cristallurie s’inscrit dans une perspective de surveillance au long cours des sujets lithiasiques.
Facteurs favorisant la formation de calculs
• Anomalie anatomique favorisant la stase urinaire
(syndrome de jonction pyélo-urétérale, rein en fer à
cheval…).
• Trouble métabolique.
• Déséquilibre alimentaire et faible volume de
boissons.
• Anomalie génétique (hyperoxalurie primaire,
cystinurie…).
Conditions nécessaires à
la formation d’un calcul
• Sursaturation urinaire vis-à-vis d’un sel cristallisable.
– Excès de concentration molaire des constituants du sel – pH urinaire inapproprié
• Déficit qualitatif ou quantitatif en inhibiteurs de la
cristallisation urinaire.
→ Rupture d’équilibre entre promoteur et inhibiteurs
• Rétention d’un nucléus initial dans la voie excrétrice ou dans
un néphron.
Sursaturation
Nucléation (formation du cristal) Croissance du cristal
Agrégation cristalline Rétention de particules Agglomération cristalline Conversion cristalline
Equilibre Promoteurs/Inhibiteurs
• Promoteurs
– Ca, Ox, Ph, AU, Na, Mg, NH4+, Cystine, dihydroxyadénine, xanthine. • Inhibiteurs – Citrate, Pyrophosphate, Mg, Zn, glycoprotéines, glycosaminoglycanes, fragment de RNA… Age Sexe Saison Climat Boisson Stress Diète Désordres métaboliques Désordres génétiques Anomalies anatomiques ↑ Calcium ↑ Oxalate ↓ Volume ↓ Citrate ↓ Magnésium ↑ Acide urique ↑ Supersaturation ↓ Inhibiteurs ↑ Promoteurs Cristallurie anormale et LITHIASE ↑ pH
Lithiase… Quel bilan ?
• Un premier épisode lithiasique doit conduire à un
bilan biologique de base :
– Prélèvement sanguin :
ionogramme, urée, créatininémie, uricémie, calcémie, phosphatémie, glycémie.
– Urines de 24 heures :
urée, créatinine, Na, Ca, acide urique, densité, diurèse.
– Urines du lever : pH, densité urinaire.
• Etude de la cristallurie
Risques cristallogéniques et analyses
biochimiques
Calcium >3.8 mmol/L Phosphate > 2.4 mmol/L Oxalate >0.3 mmol/L Urate >3.5 mmol/L (pH ≥ 6) >2.8 mmol/L (5.5 < pH < 6) >2.4 mmol/L (5.2 < pH <5.5) >2.0 mmol/L (pH ≤ 5.2) Citrate <1.0 mmol/L Magnésium < 1.5 mmol/L Densité urinaire >1015 Diurèse <1500mL/24HRecommandations générales
• Prévention primaire :
– Boissons abondantes bien réparties sur le nycthémère afin d’assurer une diurèse d’au moins 2L/24H.
– Limiter l’apport en protéines à 1g/Kg/24H
Effet hypercalciuriant, augmentation charge acide et de l’oxalurie.
– Limiter l’apport en sel < 6g/jour.
Augmentation LEC (hypocitraturie, diminution BCB, nucléation de l’OxCa sur l’Urate de Na).
– Limiter les sucres d’absorption rapide.
Insulinorésistance (diminution réabs. tubul. Ca).
• Prévention secondaire :
– En plus des recommandations de base, régime adapté aux anomalies métaboliques.
Boisson
• Impact de la diurèse sur la densité des urines et le risque de cristallisation.
– Cristallurie positive = risque de récidive !!
• Volume :
– Importance de boissons abondantes bien réparties sur le nycthémère afin d’assurer une diurèse d’au moins 2L/24H.
• Objectif :
– Densité des urines de 24H < 1015 et densité des urines du matin au lever <1020. – Recommandation applicable quelle que soit le type de lithiase !
• Type :
– Eau +++ ! Mais attention : composition en minéraux très différente suivant les eaux (de distribution, de source, eaux minérales) : Lire les étiquettes !
– A adapter en fonction des résultats du bilan métabolique ou en fonction du type de lithiase (quand celui-ci est connu!)
– Thé ou café : Effet protecteur ? (études épidémio, littérature) – Les boissons acides (Coca-cola) ou apportant une charge acide
Cristallurie : Aspects techniques
• Choix du prélèvement :
– 1ères urines du matin correspondent à une sursaturation importante…
• Protocole standard :
– Urines conservées à 20-37°C (pas à 4°C!) – Echantillon traité dès réception (endéans 2h). – Mesure du pH à 0.1-0.2 unités près.
– Mesure de la densité urinaire afin de juger de la bonne répartition nycthémérale des apports hydriques.
– Examen au microscope optique avec polarisation après
homogénéisation par retournement : Hématies, leucocytes, germes, cylindres…et les cristaux !
Pas de culot après centrifugation !
Ne pas sensibiliser la recherche de cristaux !
– SAUF cas particuliers : diagnostic primitif d’une anomalie génétique cristallogène, cristallurie médicamenteuse.
Cristallurie
• Formes cristallines les plus communes
– Acide urique – pH acide, hyperuricurie. – Urate amorphe – Hyperuricurie. – Oxalate calcique Whewellite : hyperoxalurie.
Weddellite : hypercalciurie ± hyperoxalurie.
– Phosphate calcique
Brushite : hypercalciurie, hyperphosphaturie, hypocitraturie, pH 6-6.5. PACC, Carbapatite : pH > 6.5.
– Struvite (Phosphate ammoniaco-magnésien)
– Infection (germe uréasique).
– Urate acide d’ammonium
Acide urique dihydraté
Aiguilles polychromes.
Volumineux cristaux Polarisation intense.
Hétérogène. Cristaux polychromes, losangiques, aux
côtés incurvés. Polarisation intense. Hétérogènes.
Oxalate calcique
Whewellite
(Oxalate calcique monohydraté)
Weddellite
(Oxalate calcique dihydraté)
Cristaux octaédriques, Polarisation faible. Cristaux dodécaédriques Cristaux en sablier. Cristaux ovales, Polarisation, Dépression centrale.
Struvite - Brushite
Struvite
(Phosphate ammoniaco-magnésien)
Brushite
Baguettes et agrégats de cristaux
Cristallurie
• Formes cristallines les plus rares
– Cystine
Cystinurie ou cystinurie-lysinurie congénitale.
– Dihydroxyadénine
Déficience en adénine phosphorybosyltranférase (APRT)
– Xanthine
Xhantinurie familiale.
– Tyrosine
Tyrosinémie familiale, hépatite sévère.
– Leucine
Leucinose, maladie de Hartnup.
Cristallurie
• Formes cristallines médicamenteuses
– Sulfamidés
– Amino-pénicillines
– Quinolones
– Antiviraux
– Indinavir, aciclovir, foscarnet
– Triamtérène
– Topiramate
Cristaux médicamenteux
Sulfadiazine Indinavir
Aiguilles en lamelles polarisantes et agrégées parallèlement les unes aux
autres. Polychromes.
Aiguilles polarisantes agrégées en aigrettes
Analyse de la lithiase
• Méthode chimique
– Peu d’informations cliniques.
– Erreurs fréquentes : INADAPTEE !
Erreur d’identification des molécules : anions/cations. Pas de distinction entre les espèces cristallines.
Erreurs de quantification.
Espèces non déterminées fréquentes (Cystine, protéines, médicaments...).
• Méthode physique
– Optique :
Identification de la structure de la lithiase et des formes cristallines.
– Cristallographique ou spectrale :
Diffraction Rayons X (coût +, espèces amorphes indétectables). Spectrométrie Raman.
Spectrophotométrie Infra-Rouge
– Simple, spectre pour chaque molécules, distinction des formes cristallines, analyse sélective du noyau et des couches, analyse quantitative des mélanges, enregistrement des spectres
Analyse de la lithiase, IR
• Source d’information
– Espèces chimiques
– Espèces cristallines
– Morphologie
• Information étiologique
– Causes tubulaires, métaboliques
– Causes infectieuses
– Causes génétiques
– Causes iatrogènes
Espèces chimiques
• 70 espèces chimiques
– 45 espèces dues à un trouble métabolique ou d’origine infectieuse – 25 espèces médicamenteuses
• Fréquence significative (>1%)
– Oxalate calcique – Phosphate calcique – Phosphate ammoniaco-magnésien – Protéines – Acide urique – Urates d’ammonium – Cystine – Carbonate calcique – Urate sodiqueEspèces cristallines
• 85 espèces cristallines
– Oxalate calcique
Whewellite : hyperoxalurie. Weddellite : hypercalciurie. Trihydraté : Ethylène glycol.
– Phosphates calciques
PACC : Infections chroniques.
Whitlockite : Infections chroniques.
Carbapatite : Hypercalciurie/ défaut d’acidification. Brushite : Hypercalciurie + Hyperphosphaturie.
– Purines
Urates : Hyperuricurie.
Analyse morphologique
• Spécifique de certaines conditions.
• Mécanismes lithogènes mis en évidence
– Plaque de Randall.
La présence d’une ombilication papillaire et d’un dépôt
phosphocalcique à l’intérieur de cette ombilication témoigne d’un processus lithogène par nucléation hétérogène sur Plaque de
Randall.
• Activité métabolique de la lithiase
Analyse morphologique
• Nombre d’éléments et dimensions
– Lithiase
– Fragments de lithiase
• Examen de la surface
– Analyse séquentielle
Examen des couches externes
Examen interne
– Section – Noyau – Plaque
Analyse morphologique
• Examen de la surface, couche externe :
– Aspect général
Coralliforme, sphérique, matrice molle…
– Couleur – Texture
Lisse, spiculé, rugueux, poreux, crayeux, vernissé, cireux…
– Forme cristalline
Pommelé, quadratique, arêtes vives, brillant, terne…
– Structure
Ombilication papillaire, lacune, creux Plaque de Randall
Appositions
– Activité lithogène
Analyse morphologique
• Examen de la section
– Couches périphériques :
Organisation concentrique, radiale, couleur, texture
– Couches médianes
– Couches profondes
• Recherche du noyau et examen de celui-ci
– Aspect, couleur, texture
– Localisation
Noyau centré, excentré, multiples…
Analyse constitutionnelle
1. MINERAUX Phosphates Carbonates Carbapatite Calcite Hydroxyapatite Aragonite PACC Vaterite Phosphate octocalciquepentahydraté Hydroxycalcite (Ca.CO3 .H2O) Brushite Whitlockite Sulfates Struvite Gypse Dittmarite Hexahydrite (MgSO4.6H2O) Hannayite Newberyite Silicate Babierrite Opale Trimagnésium Phosphate Pentahydraté
Analyse constitutionnelle
2. ORGANIQUESPurines Oxalates Acide urique anhydre Whewellite Acide urique dihydraté Weddellite Acide urique ammonique
anhydre Vaterite Acide urique sodique
hydraté Acides aminés Urate de sodium et de
potassium hydraté Cystine, Tyrosine, Leucine Urate acide de calcium
hexahydraté Protéines Urate acide de
magnésium hexahydraté Albumine, B2-microglobuline, lysozyme, fibrine, mucine, hémoglobine Acide 1-méthyl urique Lipides
2.8-dihydroxyadénine Triglycérides, Cholestérol Xanthine Divers
Analyse constitutionnelle
3. MEDICAMENTS Sulfamidés acétylsulfadiazine, sulfadiazine, N-acétylsulfaméthoxazole AminopénicillinesAmpicilline, Amoxycilline, Ceftriaxone
Quinolones Ciprofloxacine, norfloxacine… Aminoquinoléines Divers Indinavir Triamtérènes et métabolites Trisilicate de magnésium Silice colloïdale Oxypurinol
1500 lithiases sur 4 années
ERASME
Hommes Femmes Whewellite 59% 51% Weddellite 23% 19% Ac.urique anhydre 7,80% 6,30% Carbapatite 3,00% 16,90% Struvite 1,00% 2,80% Ac.urique dihydraté 1,40% 0,00% Protéines 1,30% 0,00% Brushite 1,30% 0,40% Cystine 1,00% 1,60% GP/MPS/TG 0,30% 0,80% PACC 0,30% 0,40%72% Hommes (âge médian 46), 27% femmes (âge médian 49 ans)
Analyse globale (82%), analyse séquentielle (18%)
92 lithiases sur 2 mois
CHU de Liège
Hommes Femmes Whewellite 50.7% 31% Weddellite 20% 30% Acide urique anhydre 4.50% 0,00% Carbapatite 12.25% 18.6% Struvite 0,00% 10.3% Ac.urique dihydraté 0.00% 0,00% Protéines 4.50% 0,00% Brushite 1,50% 0,00% Cystine 0,00% 0,00% PACC 1.50% 1.50%71% Hommes (âge médian 46), 29% femmes (âge médian 43 ans)
Analyse globale (90%), analyse séquentielle (10%) Espèce pure (29%), 2 espèces (14%), 3 espèces (35%)…
Spectroscopie Infra-Rouge
Mode opératoire
• Calculs nettoyés et séchés.
• Une fraction de 1 à 2 mg de chaque zone de calcul à analyser est
pulvérisée et broyée dans 100 mg de KBr pur et sec (prévu pour
spectroscopie).
• Le mélange est transformé en une pastille transparente de quelques mm de diamètre et de 0,3 mm d’épaisseur dans un moule à pastiller sous une pression de 10 tonnes/cm2.
• Les pastilles, dans un support spécifique, sont ensuite analysées sur un
Spectroscopie Infra-Rouge
Mode opératoire
• Les spectres IR sont enregistrés contre l’air comme référence
sur l’intervalle des longueurs d’onde compris entre 4000 et
400 cm
-1(moyen IR).
• Les spectres sont identifiés par comparaison avec des spectres
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type Ia Whewellite Hyperoxaluries de concentration par diurèse faible, d’origine alimentaire ou de déficit d’hydratation, Maladie de Cacchi-Ricci.
Type Ib Whewellite Hyperoxaluries, stase, conversion cristalline (Weddellite en Whewellite).
Type Ic Whewellite Hyperoxaluries primaires
Type Id Whewellite Hyperoxaluries de concentration avec stase et confinement anatomique.
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type IIa Weddellite Hypercalciuries de débit ou de concentration, rénales ou absorptives (peu résorptive).
Type IIb Weddellite ± Whewellite
Hypercalciuries + Hyperoxaluries modérées ou intermittentes. Il est à noter que le type IIb est associé à la présence de Weddelite et de Whewellite par perte d’eau ou par cristallisation mixte.
Type IIc Weddellite Hypercalciuries + confinement anatomique + stase + lithiase multiple. Rare.
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type IIIa Acide urique anhydre
Hyperuricémie modérée, pH urinaire acide, stase, adénome de prostate.
Type IIIb Acide urique Anhydre et dihydraté
Hyperuricémie, défaut d'ammoniogénèse rénale, goutte, diabète, diarrhées hydroélectrolytiques, candidose urinaire, syndromes lympho et myélo-prolifératifs, syndrome métabolique, problème d’alcalinisation des urines.
Type IIIc Urates divers Hyperuricurie + Alcalinisation urinaire d’origine thérapeutique ou infectieuse (urinaire).
Type IIId Urate
ammonique
Hyperuricémie + Hyperammoniogénèse rénale ou urinaire, carence phosphorée, perte de bases digestives (diarrhées chroniques
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type IVa1 Carbapatite - Struvite
+ Struvite
Infections urinaires chroniques à germes non uréasiques, Hypercalciurie avec acidose incomplète, Hyperparathydoïdie primaire, Acidose tubulaire secondaire (Exemple : Diamox). Infections urinaires chroniques à germes uréasiques
Type IVa2 Carbapatite Acidose tubulaire distale primitive (Albright) ou acquise (Sjögren), obstructions répétées (Cacchi-Ricci), Infections urinaires
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type IVb Cabapatite - Struvite
+ Struvite
Hyperparathyroïdie primaire, Hypercalciuries +
Hyperphosphaturies, Infections urinaires chroniques à germes non uréasiques.
Infections urinaires à germes uréasiques.
Type IVc Struvite Infections urinaires à germes uréasiques.
Type IVd Brushite Hypercalciuries + Hyperphosphaturies, Hyperparathyroïdie primaire, sarcoïdose, diabète phosphaté, acidoses tubulaires distales.
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type Va Cystine Cystinurie-Lysinurie congénitale.
Type Vb Cystine Cystinurie-Lysinurie congénitale+ alcalinisation thérapeutique insuffisante ou régime mal contrôlé.
Classification morphoconstitutionnelle,
Etiologie de la lithiase
Type VIa Protéines Origine infectieuse, pyélonéphrites chroniques.
Type VIb Protéines + Médicament
Protéinuries transitoires ou chroniques, hématuries, lithiases médicamenteuses.
Type VIc Protéine + Weddellite
Insuffisance rénale terminale, hémodialyse chronique, supplémentation calcique et/ou vitamine D.
Cas cliniques
Cas clinique 1
• Homme, 40 ans.
• Analyse chimique :
– Ions identifiés : Ph, Ox, Ca.
– Interprétation moléculaire : PhCa, OxCa.
Lithiase calcique !
– Diminuer apport calcique alimentaire ??
• Analyse IR globale :
Cas clinique 1
• Analyse morphologique
– Surface lisse, brune – Ombilication papillaire
– Plaque de Randall Type Ia – Voile grisâtre superficiel
– Section concentrique, radiale – Pas de noyau observé
• Etiologie et recommandations
– Hyperoxalurie de débit ou de concentration – Carbapatite : Plaque de Randall
– Le voile grisâtre témoigne que la lithiase est en phase active.
– Diminuer l’apport alimentaire en oxalate (rhubarbe, chocolat, Vit C…) – Ne pas diminuer l’apport calcique (maintenir 1g/jour)
Cas clinique 2
• Femme de 37 ans.
• 2
ndcalcul (le premier, gardé en souvenir !)
• Néovessie.
• Analyse chimique :
– Ions identifiés : Ph, Ca, urate.
– Interprétation moléculaire : PhCa, AU.
• Analyse IR séquentielle
– Couche externe : PAM (65%), CA (30%), URAM (5%).
– Couche interne : PAM (85%), CA (10%), URAM (5%).
Cas clinique 2
• Analyse morphologique
– Surface homogène, lisse, beige, forme pyramidale, angles arrondis.
– 30 mm sur 21 mm, 7g. – Section :
Couche externe épaisse (3mm) blanche, concentrique, radiale
Couche moyenne orangée
Couche profonde blanchâtre, filandreuse, brillante.
– Pas de noyau observé.
• Etiologie et recommandations
– Type IVc : Infection urinaire à germes uréasiques : Culture ! – Type IId : Hyperuricémie + Hyperammoniogénèse rénale ou
urinaire, à une carence phosphorée, à une perte de bases digestives (diarrhées chroniques infectieuses, abus de laxatifs…), à la malnutrition ou à une anorexie mentale.
Cas clinique 3
• Homme, 29 ans.
• Récidive (précédentes lithiases non analysées)
• Diététique équilibrée.
• Analyse chimique :
– Ions identifiés : Ca, Ox, Ph.
– Interprétation moléculaire : PhCa + OxCa
Lithiase calcique !
– Diminuer apport calcique alimentaire ??
• Analyse IR globale :
Cas clinique 3
• Analyse morphologique :
– 5 mm de diamètre, 46 mg.
– Surface hétérogène, lisse, brun foncé, ombilication papillaire → Type Ia.
– Cristaux jaunes et bruns accolés grossièrement à la surface (certaines arêtes vives). Aspect poudreux à certains endroits. → Type IIb/IVb. – Pas de section organisée ni de noyau observé.
• Analyse séquentielle :
– Matrice lisse brune : Whewellite
– Cristaux jaunes : Carbapatite, Weddellite.
• Etiologie et recommandations :
– Type Ia : Hyperoxalurie de débit ou de concentration, Maladie de Cacchi-Ricci
– Type IIb : Hypercalciurie
– Type IVb : Infection à germes non uréasiques
Cas clinique 4
• Homme, 64 ans
• Récidive, précédentes lithiases non analysées.
• Diététique peu équilibrée, obésité.
• Analyse chimique :
– Ions identifiés : Urate, Ca, Ox.
– Interprétation moléculaire : AU + OxCa.
Lithiase urico-calcique.
• Analyse IR globale :
Cas clinique 4
• Analyse morphologique :
– 3 fragments de 2 à 4mm. – Poids total : 11mg.
– Surface homogène, lisse, pommelée en chou-fleur par endroits, beige-jaune. → Type IIIa.
– Section : visualisation d’une structure sphérique, gris foncé.
• Orientation clinique
– Hyperuricurie dans le cadre d’un syndrome métabolique. – Stase, hyperacidité urinaire, hyperphosphaturie.
– Point de départ étant une Hyperoxalurie de débit ou de concentration
Acidité urinaire :
– Recherche diabète
– Alcalinisation des urines à prévoir.
Cas clinique 4
Cas clinique 5
• Homme, 17 ans
• Récidive, précédente lithiase non analysée.
• Diététique équilibrée.
• Analyse chimique :
– Ions identifiés : Indéterminé.
• Analyse IR globale :
Cas clinique 4
• Analyse morphologique :
– Lithiase de 4 mm sur 3 mm.
– Surface homogène, bosselée, rugueuse, aspect
cireux, couleur homogène jaune/brun clair.
– Section radiale diffuse
→ Type Va
• Orientation clinique
Conclusion
• L’analyse de tout premier calcul devrait être systématique
afin d’éviter un retard au diagnostic étiologique dont les
conséquences sont parfois dramatiques pour le patient.
– Première étape de l’exploration étiologique du malade lithiasique.
• L’analyse des calculs et des cristaux doit aujourd’hui faire
partie des moyens de diagnostic et de surveillance
thérapeutique mis en œuvre chez un patient lithiasique, tout
particulièrement s’il s’agit d’un enfant.
• Tout calcul recueilli par un geste urologique ou après
expulsion spontanée devrait bénéficier d’une analyse
morpho-constitutionnelle.
Conclusion
• Analyse chimique souvent inexacte et fournit des
informations très sommaires.
• Identification de la structure et de l’espèce cristalline par la
spectrophotométrie IR constitue un progrès énorme
(découverte processus pathogène en cause) et permet l’étude
qualitative et quantitative des constituants identifiés.
• Caractéristiques morphologiques du calcul
– Oriente vers certains processus lithogènes spécifiques
Hyperoxalurie intermittente
Nucléation hétérogène de l’OxCa sur la carbapatite.
– Suggère d’emblée certaines pathologies.
Type Ic pathognomonique de l’hyperoxalurie primitive.