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LA NOTION DU ~~lCULE CHEZ BOILEAU·'
•
'Mémoire de ma%tri.8 soumi •• 1 la Faculté ~s ét~d.s av~6e1 e~ de la recherche, Université McGill.'
,
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oDaniel A. MacLeay
1 •
Daniel A. MacLeay
, Directeur. Prof. Louis van
~ Delft Département de lanque et lit~êrature françaises "-1978 ' - , - ' 1 J
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RESUME $
Le but de ce travail est d'étudier la nature et la
siqni-•
fication du ridicule dan. l'oeuvre de Boileau. Notre première
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tache 'sera de noua demander ce qu'est au juste le ridicule. Pour ce faire, il faudra ~~us interroger sur l.s théories du
~
. \
r~re. Noua espérons pouvoir montrer qu'il existe
bn
arriêre~plan social 9.U idéoloqique -dans la peinture du ridiCUle:c~ou.
lpermettra de mettre .n v&l~ la significition de l'emploi duridicule par Boileau. Il'y.a une contradiction apparente entre
,
. la mise en forme littéraire 'du ridicule, en particulier dans une oeuvre non-thêltrale, ef l'effet qu'on espère produire chez le lecteur. Ce sujet mettra enocause et l'image traditionnelle de Bpileau et la critique nouvelle de s~ oeuvre.
1
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ABSTRACT " t' l' ,.>'.'
' The object_of this paper 1s to study the nature and thesignificance of the ridiculou8 in Boileau'. works. Our first '
objective wiI1 be t~ speculate on'ex~ctly what the ridiculoU8
means. In order ·to do this, we will examine theories of laughter
and comedy. We hope to show that there exista a social er
ideblogical background in the description of the ridlculous. This will enable us'to underline the aignificanoe of. Boileau's use of the ridiculpus. There i8 an apparent contradiction
,
between the literary form of the ridiculous, particularly in
a non theatrical work, and the effect 'one hopes to produ~ on
the reader. This subj~èt will question the traditional image
of Boileau an~ thenew criticiam of his worka.
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TABLE DES MATIERES
In troduction
Chapi tre Il Ridicule et "satire- aspects thêor,iquea' Cbapitrè ,II. Le R1dicule dans la tradition littêraire
i .
Chapitre III: Boileau et les manifestations du ridicule
, 0
Chapitre IV' L'eXpression littêraire du rldic~le Chapitre Va Littêrature et sooiêtê
Conclusion Bib ltoqr aphte
1 1 . '\ " () P.1 p.7 p:27 p.Sl 1 1 p~94
l'
p/96
,
-p. 118J'
125 p. , j 1 1/,
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----. ( " '1 ., 'Il", 1 '1:Ce ail consacré à l'étu~e de la signification
,
'du dans l'oeuvre de Boileau. "Ce sujet est' très important
"
parce que a critique moderne effectue actuellement une réhabili~
ta~on de de satires. Jusqu'ici il a toujours ---êté facil d'expliquer le ridicule dans l'oeuvre comme un élément
i,
~ - l ,1 , ('
. plutôt mo al &tthéorique que l,ittéralre. En fait, 1. ridicul:'e est un
Ph~n~mêne
tellement mal définitqu'il se tr-ansforme selonl '
1
les exiqences de l'interprétation. I l est alors évident que nous <.
nous proposons ,une étude dont les d~ux' êlême~ts essentiels, les
opinions sur Boileau et sur le ridicule, sont en voie da chaqge-ment. '
Il s'aqit non seulement d'esquisser une définition du ridi-
,.
cule, mais aussi d'étudier le rapport entre ce ridicule et une
oeuvre littéraire. Il nous semble inévitable de supposer une
diffé-rence entre le ridicule en général et le ridicule littéraires le
-problème de la mise en forme littéraire du rid,icule eat aussi
im-portant que l'.ssence même du phénomène. Les questions de
litt~-\
rature ont, sans aucun doute possible, un rOle
a
jouer dans touteconsidération sur Boileau, qui vit les hommes et le8 situations
a
partir d'une esthét1qqe littéraire.
Qu'est-ce que le ridicule? Comment,Boileau le conçut-il? Comment l'introduisit-il dans l'oeuvre littéraire? Est-ce que ce
\
ridicule peut nous apprendre quelque chose sur la vision du monde \
de Boileau? VoilAi les questions) 1 •• pla. importantes po\Q." ce
\
. \
travail, et elles posent un certain nombre de difficultés et de
contradictions pour qui veut tro~ver une interprétation cQhérente
de l'oeuvre de Boileau. Si l'on peut répondre d'une maniêre plus
t
ou moins adéquate
a
ces questions,il reste toujours un juqement devaleur
a
porter, est-ce que le ridicule peut indiquer une unité, v. . 1 ,
ri
1 ! l 1 1rr"~"~::::::::::::::lil:I::i:i::4:t;:;dÎ.i.h.,;;;.i •• il.m;;:.:.;'.;;;;;;-;";;;;.:j~1ri.i.iiiim.Î.;;jd~t,~1;~~~::::'=,:"=r~~ _________ __
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,
2quelconque d'inspiration et d'intention dans l'oeuvre? Ceci est évidemment une des marques de la littérature et on n'a jamais cessé de discuter Il'':dessus 1 iropos de la valeur littéraire de
"
l'oeuvre-de Boileau.
Il ne s'agit pas de trouver l'explication ou la justifica-, tian" \Inique, de l'oeuvre de Boileau, ni mime de prétendre 1 un point de vue original. Nous voudrions avant tout faire remarquer
l 1
quelques traits de l'oeuvre qui puissent aider à comprendre la mentalité de Boileau et le rOle du ridicule. Nous nous intéressons plu. au cas particulier de Boileau et du ridicute qu'aux systèmes globaux qui accaparent le ridicule pour l'insérer dans une vision 4u monde philosophique ou psychologique. Les interprétations du
ridicule se font trop souvent 1 p~rtir d',un arrière-plan dogmatiq~el '
...
tout dépend, en fin d)! compte, d, la manière dont on le voit. Il faut comprendre en premier lieu que nous abordons une
forme particulière du ridicule littéraire. le ridicule satirique." ' Pour une raison qu'il semble difficile de préciser, la plupart ~s
écrits sur la notion de ridicule et sur le rire .aacit6 par celui-ci portent sur la comédie, c'est-à-dire sur le ridicule théltral. Nous ne savons pas si la forme détermine
'te
fond ou vice versa,·""'C--""h.J~
mais le comique et le satirique adoptent, seJDble-~-il, deux ton. différents. Leurs manifestations se produisent dans deux cadre.
1
qu'il est difficile de mettre en rapport l'un avec l'autre. le
' 1
----théltre, spectâble vivant et agissant par la parole, et la satire en vers, poésie écrite' A l'intention du public lettré et ~e pré-sentant par le mot écrit. Ce qui fait rire dans l'une et l'autre forme est-il néanmpins identique? Fait-il appel aux memes' force. psychologiques, sociales, et linguistiques? , Nous n. pouvons pas
en âêcider.
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En tout cas, il faut être conscient de cette d~'férence et des limites de notre an~~~se. Boileau nléctivit pas d'oeuvres théltra1es et, comme nous l'indiquerons plu loin, le ridicule
• 1 1 f
3
dans $on.oeuvre relêve plus de celui des poètes et des moralistes
• 1 1·
que de ,èelui des dramaturges. 'Nous chercheiorts, par conséquent, , , le caractère du'cas particulier, sans essayjr
d'attein~re
aux ;théor~.es universelles ou transcendantes. Lei fait même que
Boi-leau se sentit attiré vers une forme du ridicule plutôt que ver~' 1
,
toute autre npus permet, semble-t-il, d'y VOir~1 e indication de sA mentalité.
Le ridicule, en particulier le ridicule tir1que, es~
symptomatique Cl 'une ambiguIté fondamentale. : 1 lest, par exemple,
,
a
la fois un signe de répression et un signe de libertés la satire, de son cOté, a une mission morale, mais elle est aussi taxée de médisance diffamatoire. Cette étude essayera de montrer , ,\
la complexité 'des éléments contribuant au sens du ridicule et le
~~
rOle de la satire dans 1~expre8sion de cette complexité. C'est pour cette raison que le point ,de vue du satirique lest tellement important parce qu'il d~it guider le. réactions des lecteurs.
Dans cette oeuvre, le ridicule est au service d'une pensé.
-personnelle qu~ a aussi Até le sujet de débats critiques. Un des problêmes principaux de l'interprétation d'une oeuvre littéraire est la valeur donnée au caractère individuel de l'auteur. On a YU, par exemple, des explications biographiques (Lanson) ~ussi
bien que des analyses tout
a
fa1~ impersonnelles (Greimas). Dans le cas de BOileau, il nous semble que sa pensée pèrsonnelle et 8ea.,
ambitions mondaines sont'trè. impor-tantes dana l"usage qu'il fit du ridicule. Noua ne voulons pas parler d'événements rêels de sa,1
l'
vie, mais plutOt d'une mentalité particuliêre qui se montre tout -1
au ~ong de son oeuvre.
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" ) '. ----l'Il s'âgit1de comprendre comment Boileau utili.a 1. 'r1di~
'1
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et jusqu'A quel point ce, ~idicule.exprima une attitude personnelle.
.
Il est toujours difficile de décider d'une maniire précise les opinions de 80il';'U
~
partir de son oeuvre'. op n. peut quedevin~r
l,es directions générales de sa pensé.e. Il faut être conscient de. êiéments qui llaidêrent A's'exprimer dans son oeuvre. l'ambiguIté du ~id,iCUle, 'le 'narrat~vr imaginaire dans la satire, les- bien-séances du goQt, et sa ~osition dans la 'société_ Pour Boileau le ridicule ne représenta pas un moye~ de s'exPfimer .~s contraintes 1ce phénomêne'fit parti. intégrante d'une tradition littéraire et dlune exigence ,idéologique du XVIIe siêele.
L'usage du ridicule par Boileau indiqua, bien sOr, une
'attitude générale devant la réalité, mai. il ne faut pas S8 laisser
tromper par les opinions affichées ,dans les texte.,; Tous les auteurs du XVIIe siêcle furent en effet sujets au contrOle de la poli tique et du code social. Boileau en parti,culier fut forcé ' d'atténuer ses attaques les "plus provoquante. 1 cause de la posi-tion de poête offiei.l qulil se gagna. On a peut-être montré la fausseté de la ·légende da Boileau·, mai. l'oeuvre •• ressent des attitudes officielles adoptée.·ou par a.bition ou par nécessité.
1
Le ridicule est en quelque sd'rte un moyen d'arriver 1 la ·vérité· du texte si l'on ae ren~cPmpte de cet aspect de sa création
litté-raire.
.
'~JIl est alors évident que l' oeuvré de Boileau contient un "
certain nombre dé tposes·, ainai que d'attitude. ambigu'. exprimêes par 'le ridicule. Nous easayerons de relever ce. 'lêmente en
trouvant le. contradictions dans 1 •• texte.. La"pou- .atir1qûa du -·narrateur-, qui aPPartient au genre, et la po.~ officielle,. qu:i.
1
p
(
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5 -,troisième posel 1& pose ironique. , , Puisqu'il écrivit pour un public,
poli, ou au ~oins pour Wl public qui se voulut tel, Boileau dota
1 -',
le ridicule
a
'un certain 6lêmeAt de jeu ironique. Boileau donne'- un clin ~ 'oeil au public qui se fait ~lice de certaines
plai-santeries rép6tées tout au long de l'oeuvre.
,
.
" La signification sociale du 1 ridicule se centre, nous - •
semble-t-il, sur le- fait que BO,ileau fut toujours .ensible 1
l'ef-, )
fet produ! , t par ses écr'i ts chez le lecteur 1 11 fut aussi, ,il faut
,/
le r,ppeler, s,.ensible aux critiques de ses ennemis. Il faut se
1
souvenir que le ridicule est Wl phénomène qui implique la
compli-cité de l'auteur et du lecteur. le ridicule n'existe pas iao16mentA
Les élans créateurs, a '11 y
~n ~,
sont~odifié8 par~i'i
.oucid'établir un rapport avec le lecteur.
Nous avons donc vu que le ridicule chez 'Boileau se compose à 'un grand nombre d'élêmentsl les opinion. personnelle's, le qoQt littéraire, les exigences 80ciales, lC?s aspirations àu pubU'c, les circonstances politiques, la tradition littéraire, et la
lo-gique interne d'un genre particulier. Il est aussi vrai q.e le
ridicule torte ·.l&r .. beaucoup d'objets divers. le caractêre, les
moeurs, la littérature, les situations, et le langaqe. Il est
êvi-.dent que, mime pour une étude d'un ridicule et d'un auteur
parti-culier8'~ l'approche méthodique doit 8tre au •• i flexible que
possible~
Nous n'avORa pa. l'intention d'imposer une méthode 'rigide
1 l'étude du ridicule chez Boileau. " ! Il
Noua e.sayerons de souligner--les aspects souligner--les plu importal\ts du aujet en- donnant des
interpré-tations p08~ibleB de leur 8iqnification. Nous vou1onl _ _ _ --""--~·,..,I"'--'=-
Datœel.lë--_nt orienter cette êtude vera ~e analr~e littéraire
au
ridiculedanl l'oeuvré de Boileau, maia i l nous semb le quand mime que le
1
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.. 1 ~.
" : ; 5
ridicule fait parti.e d'urie mentalité formé. selon le. id"8 loeialefj, 'et culturelles' d'une époque particulière. L'oeuvre de.Boileau nous
offre l'exe~ie.de l'existence d~ ~idicul. dan. un état ab80lutlste
ot le rire fut peut-être l'.xpre •• ion du plaisir de retrouver une liberté perdue (v. ch api tre II et chapi tre",;V) •
"
Noua ne noue l+m1tons pu dan. ce travail 1 une partie 'co'
/
particulière de l'oeuvre parce que noua voulons étudier le
ridi-"
cule tout au lonq de la earriare littéraire de doileau. Noua
"
espérons pouvoir montrer le lien entre le8 différentes fo~s et
les différents objets du ridicule d~. les écrits de Doileau. Les
Satires et les EPlues, le Lutrin et le Traité .!!!::l sublime,_ les
Réflexions critiques et 'la Dissertation !!t'Joconde, l'Art poétigue
et les Po'sies diverses participent tous l
l'expr~ssion
du ridi- $ •cule, tant en vers qu'en prose. 'Il importe d'e.sayer de montrer que Boileau fut tout 1 fait c séquant en adoptant une lœrtaine
o J
con~ption du phénomène et d son but littéraire. Noua consacrons, en effet, un chapitre aux rocédés littéraires du ridicule (chapitre
IV) parce que les moye d'expression sont aussi 'importants que la
nature du rldieule / ' ...
-,.,
1
~
~ itres qui composent ce travail portent toua sur
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r
un ticulier du ridicule chez Boileau. 'l'upectJ
théo~ique,
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la ,tr tion; 1 . . INIiJ.f •• tatione~1l
ridl • cIane l'oeuvI:e, l u~[._~ , ~/~OCêdés littéraire., et le rapport ant la littératUre et la
so-.-if' ! ~
~, eiAté' 1 pu:ttr des attitudes indiquée par ,le ridicule. Cette
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étude •• t lolon d'être un inventair ccmp!et du ridic:"le chez
Boi-l .. \ 0
le.u, mais elle a deux but. prin paux. faire cd,mprendr. la
d1ver-, . , I I
, ,
sit'ê des élément. du ridicule itt6raire, et faire voir: la .-lère
dont Boileau conçut et uti sa' le ridicule. Il s'agtt donc: de la
diversité du ptlénomêne t de l'gnit6 de 1 P,oeuvr.~
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• 1Le ridicule, en tant ~u'él6ment de la littérature, •• t __
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·core une notion trê. vaque. Les écrits sur l·a~t.littéraire
cmt-presque tO?,joura porté s.ur la fonction du ridicule dans le
dis-.', ,
cours, plutpt que sur la nature
mame
du ,ph.nemène. Les étude.,se sont donc faites du point de\vue rhétorique et, quoique cela
put être utUe, la question de la dêfinition et de la
caractéri-sation d'une no~fon tellement importante ~tait, la plupart du temps,
laissée de é&tê. Si nous espérons- arriver à la compréhension du
ridicule chez Boileau, il importe d'analyser non leulement 1& fonc·
tion. mais au.si" l ' arrJ.êre-plan théorique, du sujet. Pour ce faire,
"
U--faut étudier la pertlnence de. théories du ridicule 1 l'oeuvre
" ,
de Boileau et aux manifestation. d.u ridicule telles qu'elles se
1
prêsentêrent au 'xVIIe siècle.
'u·
faut avent tout d'finir les deux termes les plusimpor-:1 e~, ,
tants, le ridicule et la .atire. Nou. ne pouvons pas étudier le ridicule chez Boileau sana prendre conscience de la valeur donnée
- .. <. "" .. ,...'
1 ces mots 1 l'époqUe et, dan. le ~s de BOileau, le ridiC(llè ,'tut
, '
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intimement lié A la satire. Aprês avoir déU.mitf ,le sens du mot."
. '
ridicule et du mot' .atire, noua pourro))s examiner le. cUffêrente.
théories- du ridicule afin de comprendre la .1-qnification du
ph6no-mène et le. po •• ibili téa d'interprét4tion. Hou. essayerons aussi de
donner· un aperçu sur le. tendance.· de la cri tique éontemporaine
•
dans le domaine de l'interprétation du ridicule, en particulier
-du ridicule d~8 la littêrature clas.ique (en France. ~
Pour défini!: le ridicule et la satire, nous allons
commen-cer par une analyse des d't'initions contenues dan. les dictionnaires
de l'êpoque et dans l'Enwclopédie qui doit etre reqar<fA COIIIID8 ml
r'sumê des attitudes du XVIIe siècle, au moins en ce' qui concerne
la littérature. Noua avons choiei troie dictionnaire. du XVIIe
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,. ,. , , 8"-siècles celQi de Furetière, celui de Richele~, et celui de l tAçad4-mie française. Les articles de ces ouvraqes nous donnent un qroupe
..
de mots associés aux idées df;! ridicule ét de satire. L'Ençyclopé-die donne plutÔt des analyses étendùea de chacun de ces termes et
,-
,elle refbte plus ou moins la mentalité classique de ses auteurs. Voici donc' les défini tians de ridicule données par les trois!
dictionnaires. -Digne de risée, de moquerie-l, ·Sottise' imperti-nence des personnes ( ••• ) sot, impertin~nt, e'xtravagant-2 , et
-Ri-sible, objet de risée,
q~i
fait rire-3• Toutes ces définitions ontplusieurs points en commun, mais nous remarquons surtout le fait
que les définitions s,e font par des termes abstraits et aussi vaques que le ridicule lui-même. Sotttse, impertinen~, et extravagance
1
sont tous plus ou moins des/ mots qui signifient un jugernènt de
va-leur individuel ou social. le' ridicule se définit par une référence
à une échelle de valeurs qui n 'est
p~s
spécifiée dans ces ouvrages. On peut néanmoins dire q~'ils laissent entendre la'valeur négative'du terme.
En associant le ridicule à l'extravagance et
a
l'impertinence, les auteurs de ces dictionnaires indiquent Un qualité essentielle du ridicule, 11' choque ou blesse un bon sens quelconque par lionopposition ,A un ordre établi. L'extrav4gMCé se définit au XVIIe
siêcle pomme ·Diqression, excès, caractère de ce qui manque de , règle-oC • En -effet, ces termes noua font penser â quelque chose
qui est étran~r, voire hostile, aux, norme. acceptés. 'I~ est aussi important de remarquer la réaction suscitée par le ridicule. le rire (-qUi fait rireW
) . La seule réponse requise par le ridicule
est donc le rire, le ridicule est en effet condamnê par cette
ré-o
action qui est la revanche de cet ordre quel qu'il soit-.
Ces observations 8e verifient .1 l'on re9arde ~es exemples
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donnés -de l'usage du terme. ,Furetière, par exemple, utili •• _\\ phrases, ·voilà une figure, une'posture ridicule. C'est un ridi-cule qui dit lII1ile impertinences. On a tort d'avoir traduit cet homme en ridicule, il a son merite. Molière a dit d'un Marquis que c'était un ridicule achevé·S • Il essaie dan. sea exemples de mon-trer les deux cOtés du ridiculel le physique et le wspiri tuel w• Si'
,
la figure et la posture peuvent atre ~idicules, i'esprit et le caractère d'un homme peuvent l'ttre aussi. La seule indication que Furetière donne ici de l'échelle de valeurs opposée au ridicule est la différence entre le ridicule et le mérite. S1 l~ mérite est ce qui est digne de récompense dans une société ordonnée, le
ridi-t~~-~
~ ,
cule est donc ce qui est digne de blame~ou de ~'pris.
La,définition du ridicule que l'on trouve dans l'EnÇYclopédie corrobore pleinement cette interprétation. Le ridicule y est dé-fini par Louia de Jaucourt6
comme
-tout défaut qui ~au8e difformité~sans douleur, , qui ne menace personne de destruction, pas , mime
,
celui en qui se trouve le défaut, car s ril menaçoit de destruction, il ne pourroit faire rire ceux qui ont le cOeur bien fait· 7• Ce passage indique les deux élément. essentiels du ridLcule aelon
l'es-thétique cla,ssique. il est un défaut opposé A l'ordre établi,.et il est rendu anodin par la féaction suscitée cR~z les honn.tes gens. L'article le dit clairementl ·VoilA des difformités ridicules, qui sont, comme on la voit, autant de contradictions avec une certaine idée d'ordre, ou de décence etablie wa •
.
Il est important que le ridicule ne doit jamais constituer une menace pour le8 lecteurs ou pour les spectateurs. ·Celui qui se
IIOnt~e sur la scène comique est toujours agréable, délicat, , De
nous cause aucune inquiétude •• crette· 9.-- Il'.i'i' du domaine de la peinture du ridicule, 80it littéraire soit théltrale, de présenter
r---"-- ~~J<ola. _'t ... t""t,;-!~' ~
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" .: Jle ridicule d'une manière plaisantes il est trop facile de passer du ridicule au' tragique ,sl l'on met en question, les idées reçues du public. Le ridicule positif est avant tout un moyên de
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prendre un caractère ou une conduite qui se révolte contre les Dormes d'une société particulière •.
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~._---L'auteur de cet article dans l'Ençyclopédie se montre soucieux de définir les champs ouverts au ridic~le et d'indiquer la possi-bilité de l'abus dans l'emploi du ridicules -Le ridicule devroit se borner aux choses indifférentes en elles-mêmes, , ,consacrées par les usages reçus, la mode, les habits, le langage, les manières, le maintien, voil~ son ressort. Voici son usurpation., ( ••• ) La honte nlest'plus pour les vices, elle se garde toute entière pour cet
~tre fantastique qu Ion appelle le ridicule-lO• Le danger du
ridi-cule est donc une fonction du rapport entre la honte du ridiridi-cule dans une société polie et le contenu moral des jugements rendus. Le rOle positif du ridicule doit prendre son essor dans la con-science morale d'une sociétél le sens du ridicule est donc res-treint,par une certaine notion de bienséance fondée sur la morale.
Il importe donc A toute sociét-é de' lillliter les sujets que l'on peut tourner en ridicule. C'est pour deux raisons principale-menti le ridicule peut Itre doué d'une grande force si un groupe particulier arrive 1 imposer ses propres valeurs par ~a crainte du ridicule et, selo~ la manière de voir ou les moyens d'expression,
n'impo~~e quo~-peut devenir un objet de ridicule. L'article de
l'EnCYClopédie insiste sur la force du ridicule et sur sa,nature irréversible. - ••• sa caustique emprein,te est ineffaçable, c'est par elle qu'on attaque dans le fond des coeurs le respect qu'on doit
â la vertu ( ••• ) cette mauvaise crainte corrompt plus de coeur.
honnêtes, que les mauvaises inclinations· ll • Il est aussi vrai que, ,
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, , ---... l' les hommes étant des êtres nécess~irement imparfaits, lese montre partout. ·Le ridicule se trouve partout. il n'y a pas
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une de nos actions, de nos pens'ées, pàa un de nos 'les tes, de no mouvemens qui n'en soient susceptibles·12 •
Le fait que le ridicule dépend~~oint de vue social ou
idéologique montre le caractère très instable et très vague du phé-nomène. Peut-être le point le plus important des définitions que. l'on trouve dans les dictionnaires et dans.l'Enpyc10pédie est la conscience de l'absence d'un ridiçule universel et transcendant.
, "
le ridicule change selon l'individu, la société, et la situation. Les idées reyues et le caractère individuel déterminent ce qui est ridicules • ••• on ne l'a point encore défini, c'est un terme abstrait dont le sens nlest point fixe, il varie perpetue~lement, , releve comme les modes du caprice et de l'arbitraire, çhacun applique l'idée du ridicule, la change, l'étend, 1 la restreint à sa fantai-sie C ••• ) le ridicule dépend de la manière d~ penser. de sentir-13 •
Le ridicule ae caractérise par opposition à un certain idéal cul-turel, idéologique, psychologique, et personnel.
,
Il faut se souvenir que le ridicule, selon les aute,ur. clas-siques eux-mêmes, n'est pas gratuit. il existe toujours une échelle de valeurs implicite dans la peinture du rid~cul.. Il nous semble important que, à ,l'époque 01 Boileau écrivit ses oeuvres, le ridi-cule fut mis en rapport plutOt avec la critique aociale et morale qu'avec le jeu comique. Le ridicule fut donc conçu comme partie
intégrante,d~ conformisme social et littéraires le-ridicule attaque, au moins'en apparence, les déviations ou )le. défauts qui indiquent une opposition l/l'ordre social •. Il faut néanmoins '~e 'conscient
-de la possibilité ou du danger constant -de tourner 1. ri'd1cul .. , vers cet ordre établi lui-mime. Il y a une ambi9u1té dans le
(
"
c·
12
cule 1-- on ne s'ait jamais s'il '1 a un espri t dl opposi tion
sous-jacent au conformisme affich6. ,La';êpe.881~n et la liberté sont toutes deux
liêes:~u
ridicule.Le ridicule reste toujours une notion très vaque parce que le mot désigne tout un système de réactions complexes devant "l'ob-jet du ridicule" quel qulil soit. Le ridicule dépend du milieu social, du caractère individuel, des circonst~ces particulières et imprévisibles, et du lanqagel il porte sur une personne, une
"
situ~tion, un mot, un ton" une oeuvre littérairê, en un mot sur
.
tout. Il est possible d'en tirer des conclusions sur l'échelle de valeurs d'une personne ou par--s8s réactions, ou pu; sa création
, t;; ,<", '
d' un'l,~idicule. Nous verrons néanmoins que les théories du ridicule
" ~ ,
portent, ,naturellement d'ailleùrs, surl tel ou tel aspect du phéno-mène. JI'
Etant donné"la natu~e tellement individuelle et circonstan-cielle du ridicule, ou plus exactement des ridicules, l'intégra-tion du phénomène dans la littéra.ure pose un certain nombre ·de
'1
1
problèm~s. Le plus import~t est sans aucun doute l'extension d'un ridicule observé par l'autenn
a
un
public composé d'individusi il s'aqit d'un processus de qénéralisation du ~idicule pour qu'il,
.
, 1
1
Il existe plusieurs form].s ~~--__ ~
l
,.
~~littéraires dont le but est de présenter le ridicule au publi_ et j
p~isse être qoQté par les lecteurs.
/ .
~l
existe aussiun,c~rtain
nombre de formes quiutilisen~~'une
manière ou d'une autre le ridicule.1
l ,
Dans le cas de Boileau, le ridicule s'exprime 'par la satire. Cette form~ littéraire, comme le ridicule qu'elle essaie d'exprimer, est assez difficile de définir d'une manière exacte. Puisque nous nous intéressons dans ce travail
a
Boileau, nous utiliaerons ce)"
térme pour désigner la satire en versi nous la dis~nguans donc
, ,. " ; , , : 1
li
, 1'.
~,(
(
13
de ce qu'on peut appeler le ton satirique. L'insistance sur ~a
forme poétique de la satire est tout à fait justifiée par les
défi-nitions du mot données dans les ouvrages mentionnés plus haut. Il faut pr~ment parler de la forme particulière de la satire chez
1
Boileau, et ensuite étudier ce'qui constitue le fond de la satire
1
e' l'attitude ~ictée â ~'auteur par celle-ci.
A l'exception du Dict,ionnaire
S!.
l'Académie française, la satire est définie qomme un ouvrage poétiques l'importance des oeuvres satiriques d'Horace au XVIIe siècle en est une explication~1' ~
possible. Furetière parle d'une "espece de pOlme"14, Richelet du
~ait"que "il se dit particulièrement en parlant de vers"15, et l'En-
-. , cyclopédie du
"~Ime
dans le quel on attaque directement levice"~6.
"
t~ Dictionnaire
S!
l'Académie, en revanche, définit cel termesimple-I!
ment comme un ·ouvrage moral en prose ou en vers· 17 • Nous enten-dDons donc par satire ou genre satirique cette sorte d'ouvrage"
poétique inspiré par la satire horatienne et repris par~égnier
au XVIIe siècle en France.
Le sens étymologique de la satire fut encore très important
i;>
au' XV-Ile siêMe. Satura en latin veut dire un mélange, une ma'cé-doine. Ceci souligne le sentiment de lib,rté dans la satire qui n'était pas un genre fixe dans le mIme sens que la tragédie ou les formes poétiques comme l'élégie ou l'ode. Les" dictionnaires ne donnent pas de règles formelles su~ la satirel Richelet, par
1 exemple, dit simplement que "elle doit être vive, plaisante, morale,
& var i ée " 18 •
Tous les dictionnaires sont néanmoins d'accord sur un poin~
.rès important. la satire est un ouvrage d'intention morale. Ils insistent tous sur la fonction utile de l~ satire qui a pour but de reprendre et de corriger~les t,_, défauts r~dicules. Richelet en parle,
,. ,
,"---~
(
(
14 ,ainsi; ·On peut dire alors que, c'est un polme qui corrige agréable-ment les hommes de leurs vices, de leurs erreurs. dè leurs folies.
Ses sujets sont les sots-' Ir les fripons du si êcle .19. l ci se des-sinent les qualités principales du genre; l'utilitl'morale,
l'agré-~ l '
-ment, l'actualité, et,_le choix de sujets.
Furetière est le seul qui indique la mission littéraire de la correction satirique. • ••• Poame inventé pour corriger 1 reprendre
les moeurs corrompuls des hommes, ou critiquer les méchants ouvrages tantost en te~s piquants, tantost avec des rai1leries·20 • Cette fonction ~e la satire est particulièrement pertinente aux écrits de Boileau qui y suivit la tradition horat1enne de la satire
litté-•
r~~re
(v. chapitre2).
La littérature entre dans le domaine del~
satire comme un produit de l'esprit humain, et par lA susceptible des mêmes ridicules.
M~me si l'on accepte ces qualités en tant qu'~léments de la satire, elles ne l'expliquent pas d'une maniêre satisfaisante. Le plus grand problème est la distinction entre la satire et la comé-die quf peuvent bien sOr se confondre, mais qui oDt~é~~oins ,de~
caractères propres. L'Ençyclopédie est soucieuse de faire cette distinction et elle la fait à partir des diverses sortes d'objets
a ttaqués dans la satire e,t dans la comédie 1 -Je dis une espece de •
poame, parce que ce (la satire) n'est pas un tableau, mais un por-trait du vice des hommes, qu·elle nomme sans détour, appe1lant un chat un chat Ir Néron un tyran· 21 • Ceci n'est en fait qu'une
répé-,
, tition pes arguments utilisés par Boileau dans son Discours ~
!!
satire o. il'essaya de justifier son emplo~ de noms propres. Sous-jacent à toutes ces hautes qualités morales est le simple plaisir de reprendre les sottises et·les ridicules. ·I1 semble que, dans le coeur du sa~rique, il y ait un certain germe
1
1
: 1
(
~ "(
, j : , ; Î 'i
15,de cruauté enveloppé~ qui se couvre de l~interêt de la vertu pour < avoir le plaisir de déchirer au moins le vice- 22 • Le~'< attaqu'es
... )f"':".,.~
directes et l'indignation exprimée dans la latire servent â punir
,
le ridicule et â veD9.r une certaine notion de convenance. La sa-tire de~ande avant tout le talent de se venger agréablement" mais tout à fait sérieusement. Tout comme le ridicule, la satire est
li~tée par les idéel de bienséance/et d'honnlteté dans les
défi-nitions du XVIIe siAcle.
Chacun de ces dictionnaires donne' une définition secondaire des effets de la satire non-littérai+e dan. le commerce social oà - elle passe de la raillerie l la médisance. FuretiAre dit, pa~
ex-emple, que ·Satyre se dit aussi de toute Medisance , raillerie' piquante, libelle, diffamatoire, chronique scandaleu~e, qui blesse l'honneur du prochain·23 • La forme littéraire de la satire elt donc taxée, de connotations négativesl elle n'existe dans le monde littéraire que par une stricte obéissance aux règles de la bien-séance et de l'éléqance artistique. Il faut néanmoins reconnattre que la satire est toujonrs restée en marge de la li~tératu~e -sé-rieuse-,."
j
Nous pouvons dire que la satire, du moins au XVIIe siècle,
, '
doit reprendre la sQt~lse .ans blesser l'honneur et sans choquer la 1
sensibilité du lecteur. Elle a pour but, comme l'indique l'EncyclO-pédie, la peinture du ridicule pour démasquer les vices et la sot-tise dont l'hypocrisie menacent l'ordre social. La satire traduit chez l'auteur un refus d'Itre dupé par les faux dehors.
La latire est aussi un puissant moyen di persuasion parce
qu'elle relève des facultés émotives, et de l'auteur'et da 1ecteur~
dans seB jugements sur le ridicule. Boileau But trh bien tirer
, 1
profit de cet aspect de la satirel -Et cela est si véritable, qu'on
1
,1!
~ 1(
(
, 16
dit même assez souvent des choses qui choquent directement la
ra~-son et qui ne laissent pas neanm~ins de passer, l cause qu'elles
\"
e1citent à rire-24 • La satire est essentiellement la forme litt~-r1dre qui essaie de convaincre le lecteur du ridicule d'un objet
t il n'y a qu'une étape de la peinture du ridicule à la polémique. 1 est 6vident que dans le cas de Boileau satire et polêmique/s'un-issent.
Derrière la satire on pe,ut déceler la même complexi.té
d'in-t~ntion que l'on trouve dans le ridicule lui-marne. Il importe de' considérer la forme littéraire de la satire comme.un moyen d'ex-pression particulier pour rendre le ridicule en litt6rature. La forme elle-même exige une certaine attitude devant la rialité,.et ,elle traduit chez l'auteur une certaine réaction l l'existence du
ridicule. Il faut surtout !tre conscient du fait que la satire
,
.
fait appel directement à la sensibilité du lecteur et à un sens
déjà existant de ce qui estoridicules nous entendons par directe-'. 1 1 ••
ment l'absence de toute intervention~de l'intelliqènce raisonnante. Ces définitions du ridicule et de la satire montrent qué' -leur nature est fondamentalement opposée l la codification de sys-tèmes théoriques. Il faut examiner les différentes manières d'in-terpréter le ridicule et la satire dans la critique littéraire con-, temporainecon-, mais nous voudrions auparavant étudier la -théorie- du
1
ridicule de Boileau lui-même. Etant donné que le ridicule est un jugement de valeur impl1cite, il s.'agit de voir la manière dont Boileau arriva à décider de ce qui fut ridicule à, ses yeux.
,Puisque Boileau n'accepta pas l'autori~é absolue des règles pour faire de la critique littéraire, il lui--fallut trouver d'autres moyens de juger la littérature. L'application de son esprit critique aux ridicules de la littérature fut le noeud de ses jugements de
~,~
1 t ?J.1fJ,
~ ~ •(
(
d
IU'"
17
valeur. Il établit le bien-fondé de ses observations g'né~ales
par référence à une esthétique d'origine li ttérairea.t le" ridicule
et -la satire dans ses oeuvre. se placent dans un milieu litt.éraire. Le problêJQe fondamental d 'W1e critique fondée sur le ridicule fut de prouver la vérité d'une opinion personnelle.
Quand Boileau écrivit sur les moyens de juger un ouvrage
littéraire, i l ne put que se fier à une notion très vajue, le -je
ne sais quoi-s -Oue si
on
me demande ceque
c'est que cet agrémentet ce sel, Je répondray qUe c'est un je ne sais quoi qu'on peut
beaucoup mieux aentir, que dire. A mon avis neanmoins, il consiste
principalement ~ ne jamais présenter au Lecteur que de. pen_ées
2S \
vraie et des expression s justes :,. Dans un autre endroit, Boileau
,
admit la nécessité de sentir la beauté d'un ouvragea -Je pourrois
-VOUI montrer "beaucoup d'endroits de la mime force, ma.is cela ne,
serviroit de rien pour convaincrê vOtre ami. Ces sortes de beauté
,
sont de celles' qu'il faut sentir, et qui ne se prouvent point-26•
La beauté littéraire, et par consêqu~ le ridicule, e~t ju~é par
l'émotion, ~_~-pu--par---r1ntelleët.
Dans un ouvrage parfait, la logique et le sentiment doivent
?,
être d ·'accOrd, mais le sentiment est ce qui décide de la valeur d'un ouvrage. Il semble que Boileau .e fia à 80n jUgemèlt personnel,
content de chercher le8- raisons de .es convictions après 'cette
1m-~ pression initiale. cec~ implique sa grande confiance en ses propres
facultés c~~tique.. En fait, les dêcision • • ur le ridicule et sur
le mérite s'accordent avec un cèrtain godt intérieur qui est d1ri~'
par le éaumerce des qrands auteurs du passé et par li as.imi1 ation
du
.a.vo~r
abstrait dasdoct~ine~
littéraires. Il ne faut P "néanmoins s. lais.er prendre
par
le terme -.entiment" qui n'impliquaaucunement un phênom~ne déréglA ou variable.
l
l
J 1 1 J J L(
(:
,1
l
18
La liberté critique de
Boileau~
,sur flaqUe le des ct:itiques modernes ont insisté pour le réhabi.~,it.r, es 'donc un peu illusoire., ,
Boileau ne voulut pas d.:s tout donner'''licen • " n'importe qui de fair. de
~a
critique. Son "sentiment" iJ/Pend'd~'\~a
conception gel ,
l'homme "de bon sens". Boileau ne ,l~cfitima'~!~ tous les goOts, mais
.
le bon qoQt uniquea faut-il rappe,ér que "la 'R,aison, pour marcher, n'a souvent qu',une voye"27?
/
L&/ridicule et la satire ne peuvent _ /
/
pas être les signes d' un ?oOt: ~,ncertain ou flot tant 1 ils indiquen t
/
la conviction critiqu.e/de l'auteur.
Boileau, convaincu de la justesse de son jugement intérieur, , - ,. n'eut pas d'arme plus puissante que le ridicule. Comme nous l'avons déj" remarqué, i l eut conscience du fait 'que le ridicule attein~
la sensibilité du lecteur, tandis que les raisons théoriques ne font appel qu'au jugement raisonnant. Dans les'~guments il est très
j?
\
difficile de vaincre la résistance de l'intelligence sceptique, 'mais la peinture d,,' ridicule permet de faire passer plus facilement
{ les arguments. Si le jugement,est fondé sur un sens int~rieur, un
~inct d~, ce qui convient, lafJormation du pouvoir critique se
'lutrouve liée'·"" l'éducation 'sociale. Le "bon qoat" est une forme
'" ;'
particulière des' habitudes esthétiques développées par la culture
/
générale d'une société et d'une époque.
, j f "
.
, "',-Le ridicule est jugé selon l'effet produit sur les esprit. ,
, i
"du prènu.er otdre,,28, et non pas selon un cod. de règles
abstrait~~;~:"~'
1Le
bon gotlt social et l 'honnateté rendent seuls leI h~. capablel de sentir la beauté d'un ouvrage ou d'en 'apercevoir le ridicule.-Il" est très difficile de comprendre le rele du ridicule dans l'oeuvre de Boileau, ai l'on ne reconnatt pas ce lien 'entre ·1. MArita litté-raire et les valeurs 80ciales. o
La grlce artistique n'est pas moins importante pour la l i ttêrature que la qrlce sociale pour" la vie
J;.
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Ji
~-, - . . . ry'~ - - ' ' ' • • ''-,0 ' . _~_ •• , , . , -. "_~fl.I!l":.J1IIIL _0"_ • • 111&] cl
111_
L1.II:;11-<.1
(
19
mondaine. La Bruyère, comme
Boilea~,
fiJca~
de ce sens intérieur de ce qui convient, -Il n'y a rien de si délié, ~e si simple et'de si imperceptible, oà il n'entre des manières qui nous décèlent. _ Un,
sot ni n'entre, ni ne sort, nt ne s'assied, ni ne se lève, ni ne se tait, ni n'est sur ses jambes, comme un homme ~'e~prit-29. ,
1
Pas plus que ses contemporains ou les auteprs de dictionnaires,
J '
Boileau ne put donner une définition exacte d~ ridicule. Il doit
-1.
Itre évident qu',il ne fut pas un théoricien de la littérature, et que son Point de vue dans les déb,ts littéraires ~ut celui d'un
1
-poète, d'un'créateur. Quelquefois il ne s'explique pas les raisons de ses réactions devAn·t .
.un
ouvraqe ou un caractère (v. Lettre IVâ Brossette â la page 636 et l'Ep!tre
I l
a
1. page 134). Il est,
1
laissé aux \critiques et aux théoriciens de formuler des approehes qui peuvent' expliquer, du moins 1 en partie·, le ridicule qénéral et
cette manifesta-tion particulière d.u phénomène. Ouelles sont donc
, )
les pOSSibilités d'in~rprêtation offertes par la critique litté-rairellet quelles sont les méthodes sur lesquelles B 'appuie la
critique moderne? La d~versité des éléments qui ~~8tituent le
~
ridicule exp11que, en partie, le 9r~d nombre d'interprétations
-f
différentes, -t"l
Une d~~ théories du ridicuÎe qui s'est montrée très \féconde ,
-. - - . . ~
et d'une grande importance pour les cxitiques modernes est celle de
- --~-~ - . ,
---
----Bergson, énoncée dans Le Rire. L'idée la plus --i-mp-orCante
- -
a-
retenir du système bergsonien.e.t l'insistance sur le fondement social du• Il 1
rire, -Pour camprendre,lê'rire, il faut le replacer dans son milieu
~
naturel, qui est la société, il faut surtout en déterminer la fonc-t:ion utile, qui est une f,onction sociale. ,( .... ) Le rire doit
ré-pondre â certaines exiqénces de la vie en commun. Le rire doit avoir une signification sociale- 30 • Le rire, et par extension le ridicule > ~o _ _ _---
l ' i 1 ~ i / i 1)
r
, ~, r~ j., \, t:' i ,f
1.'f
1 " '. t' "(
/,1 / .~(
I~ , 20qui le suscite, n'est donc aucunement gratuit ou innocent. Il ex-iste t~ujours une signification sous-1aoente au phénomêne, même si
,
l"intention sociale du rire n·'est qu'au niveau de l'inconscient ou
du co~us des idées reçues.
Selon Bergson, le rire a sa source dans cette partie des idées qui est -donnée-, qui ne peut jamais être mise_en qu~sti?n
sans amener la mise en question de toute la société. Il s'agit en effet ~u rire comme pr~u1~ d'une meptalité sociale, et par là
,:"
même, id.ologique. L'action. de rire de ~rtains traits humains donne au ridicule la foroe d'un jugement sur l'intéqration de
l'in-l ,
dividu dans la vie 80ciale. Le rire sert A imposer/et A renforcer les valeurs de la conscience collective. Le fonctionnement de toute idéologie dépend de la réaffirmation continue du 1uqement
colle~tifl ce proce~sus a pou~ but d'élever le statut des opinions
--'
\.sociales qui sont transformées en vérités indiscutables. Le .rire e[st donc un moyen un point de vue id~ologique.
1 Puisque le rire, selon Bergson, sert >-à, dé'fendre les vale~s s6ciales et la solidarité h aine, ce critique put déterminer les
quali tés négatives opposées A celles de -l'homme sociai
~.
En somme, :'l , .. : ~
il mit en valeur la .atur~ rire, et du point de vue social- et du point de vue p ychologique. A l~encontre de l'homme social, la personne ridicu~e vi t dans un univers d'automatisme,
1 \ ~ / •
d'inconscience, et d'insensibilité. 8ergson n'étudia pas de
soei-1 • "
été particuliêre, mais plutOt le rapport entre le ridicule et les
, ,
valeurs communes, A n'importe quelle orqanisation sociale. Le rire devtept un juqement'rendu
.~
une~un1tion
sociale. Il s'intéresse: \ 1 \ /
sur~6u~ à ce que~toutes les formes du 'rire ont eft commun.
Toutefois il est vrai que la plupart des exemples cités par Bergson .ont tirés du ~héatre et que les aspects vi.uels et
audi-,1
tO'
{ j ~'
,
l' , ~' ,J
(
Il(:
21tifs dêterminent en r;»artie sa conception du rlc:Ucule. La thêorie
de Bergson tente de distinguer ce qui .st c~que et ce qui est
ou tragique ou
drama~ue.
Le comique viserait 1. qênéral incarné-'
dans le8 types ridi cules s' le drame ou ~a tragédie dêcouvrirait aue
public ce q~,i est individuel et natur,el sous la superficie des
con-ventions sociales. Le p"rsonnage
rid'i~~~
:-a 'il suscite le rire,\
ne peut pas Itre sympathique au publici la rire et le ridicule sont des signes d'une aliénation nêce.saire au genre.
, Le systême théorique de Bergson est le fondement de ce que
l'Ion'
~ut
appeler'~a conce~tion
, - sOcio-cultÙrelle du ridicule. Sa1 •
théorie s'apPlique! assez bien l ilication sociale
1
du rire, mais il faut la modifier pour une ridicule
litté-raire chez _ un auteUr particulier. Bergson est un thêoricien dont '
les ouvrages ont servi comme toile de fond pour 1 • études critique's
,
sur la littêrature.
(
, u n e deuxièM ~théor1e imPortante de la même époque.est
l'in-troduction de la psychoanaly •• pans la critique littéraire. La
théorie a été appliquée et
a
llauteur lui-mime et aux personnages., ,
Uans le premier cas, l'oeuvre littéraifé est' étudiêe comme une
sêrie de ~the.,per.ODAels et Obses.ionnels et dan. le deuxiême les
personnaqe. sont considérés comme des ca. individuels. Cette
thé-orie essaie d'étudier les personnage. comme étant le. projections
des fantsJll8s de l'auteur (v., PSYchocr1tique~ genre _com1gue.,par
Charl.s Mauron). La faiblesse de cette approche est évidellllleDt qua
la l1ttirature y es~ dépourvue prêcisément de s.s éléments litt6- '
raire. et esthétiques. D~. ce sy.tème le ridicule fait 8implement
partie des signes textuels de. mythe ••
Il y a aus.i un. thêorie des myth •• littéraire., Y' compris le
,
mythe ae la aatire, énoncée par Northrop Frye dan. l'Anatomie Ü'
,1 1
1
<1
.
1
~
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f
1 1 , 1(
22
(
l!
critique. Il y propose d'étudier les éléments de la structure littéraire afin de trouver les -mythes· ~ la base de l'expressionesthét~que. Son interprétation de la ~atire et de l'ironie se fait
~ partir des structures stylisées qui définissent en quelque sorte le genre. Il y voit une ~certaine manière de détourner les valeurs des autres types de Darrations le romanesque, le tragique, et le
,~
comique. En fait, il établit une échelle de valeurs littéraires qui se trouve entre les deux cas extrêmes: le réalisme et la mytho-logie. Il s'intéresse surtout au fonctionnement qui ~aractérise
le ton satirique et le ton ironiq~e. Son chapitre sur la satire 0
expose les éléments de l'élan satirique sous-jacents ~4x textes.
J
Une quatrième approche qui se développait plus tard que les autres est l'étude linguistique, formaliste, ou sémiotique des textes littéraires (v. Propp, TOdorov, Greimas, etc.). Nous ne pouvons pas dire que cette méthode contient une théorie du ridicule-parce que ce phénomène est considéré simplement comme une fonction du discours. Cette méthode insiste surtout sur le mécanisme du disoours littéraire et sur lea m~êles possibles d'un discours
-un-~versel-I elle a'intéresse, non pas,A ce qui est dit daDS le texte,
maia
a'
la-~iêre dont le discours fonctionne. Cette approche a"
.aussi connu une certaine v09ue dans 'la critique littéraire moderne, mais il sembie que lea travaux les plus récents indiquent un retour aux théories plus -littéraires-.
Nous a~~. vu donc que les théories tdUchaient tour ~ 1 tour 1 la société, aux classea sociales, A la psycholoq~e, et au langage. Comme nous l'avons remarqué au début de ce chapitre, le ridicule est composé de toua ces' éléments, et les :Ithéories dogmatiques du ridi-cule ne peuvent qu'expliquer un certain aspect 'du phénomène. Il
,
-faut se rendre compte du fait que tou~ théorie_eat essentiellement
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u 23 1ute simplification de phénomènes'réelsl
vrai en ce ~ui concerne les théories littéraires.
Le renouveau d'intérêt cri tique pour l'oeuvre de Bqile,au té-moigne de la prise de conscience ~u"fait que l8S théories du ridi-cule, et en fait toutes les théories littéraires, ne peuvent qu'aider 1
4 formuler des hypothèses. La marque la plus évidente de la cri-tique moderne est peut-être la flexibilité des appr~ches méthodo-loqiques et le désl~ à 'expliquer~ plutOt que de justi,fier, l'ex~
istence à'une oeuvre .littéraire. Des critiques tels que Fumaroli,
Fry~, Broày, Beuqnot, Zuber et Marmier montrent la possibilité ,d'utiliser une variété d'approches et àe ne pas se limiter A un
1 doqmatisme théorique. Les ouvrages critiques sur Boileau et s'ur
les variétés du ridicule au XVIIe siècle essaient de rendre compte
,
de la complexité de la littérature. La réhabilitation de Boileau \ se fait, seable-t~il, '1 partir de nouvelles recherches dans le domaine de l'esthétique bolévienne
Cv.
les articles de Brody,-La Métaphore érotique dans la critiq~e de Boileau- et -Boileau et la critique poétique-).
Nous ne pouvons P •• donner ici me analyse étendue de l'état présent des études sur le ridicule et sur Boi~eau. NO.uS voudrions ft~moins indiquer la pensée directrice de. recherches des critiques
.
modernes. Dans leur ouvrage sur BOileau, Beugnot et Zuber disent
î
~
1
l
~
ceci de la sorte d'études qui doivent se faire maintenant. -Il
~
f
s'agit; de produire non pas l'èxplicatlon unique, la clé miraculeuae du
poète, mais
au
moins par la recherche de thèmes unifiants, certaines structures de 80n imagination-31 • Ils donnent dans ce mime ouvrage un relevé des études présentes sur Boil~au. Il suffit d-indiquer lCi le fait que ce relevé et les études récentes .ur Boileau montrent l'existence d'une attitude flexible de la part des cxitlques •1
,', ,', , ;, . !,
(
(
24Il faut remarquer que les théories du ridicule ne peuvent pas être des explications satisfaisantes du phénomène. La théorie ne s'intéresse qu'aux généralités: ~a théorie n'offre qu'unè hypothèse provisoire pour une étude littéraire sur une culture, sur une soci~
.(.> !JI •
~~té, ou sur un auteur particulier. Les observations théoriques ne peuvent être qu'un point de départ qui justifie l'importance atta-, chée au ridicu1~et à la 1ittétature dont il fait partie.
Le cas particulier exiqe/ la mi"se ne valeur d'éléments dont des théories qénérales ne peuvent pas tenir compte. La plus grande difficulté es~ de déterminer le rapport entre l'auteur, son oeuvre, et l'idéoloqie dominante dans une société. Nous ne s,avons jamais au juste' la part jouée par les convictions' intimes d'un auteur par-ticulier. J,es valeurs internes d'une oeuvre littéraire ne se
q
ssent pas souvent réduire â une position idéologique bien nette.
s le ca. de Boileau nous ne pouvons Que dégaq!r des indications érales d'une mentalité et d'une esthétique qui nous aident â
corn-ndre les manifestations du ridicule daDS son oeuvre.
Nous avons donc deux domaines théoriques connexes, mais dis-la force idéoloqique de dis-la matière, qui 'est dis-la chose ridi- ' elle-même,' et les moyens d'expression qui mettent cette en forme li.ttéraire d'une manière cohérente an accord avec s exigepces esthétiques de l'écrivain. Il s'agit, en fai~, d'un r pport complexe entre l'esthétique, l~idéologie, l'éthique et
talent artistique. Nous pouvons donnner une idée du danqer d'une nterprétation qui ne tient pas compte de l'art littéraire par une ttation de Boileau
a
laquelle nous reviendrons plus loin, ·Il ne faut point p~ndre les Poites â la lettre. Aujourdhui c'e~t ché.Eux la feste du celibat; Demain c'est la feste du mar.1aqe. Aujour-dhui l'Homme est le plus sot de tous _les anima~, demain c'est le seul animal capable de justice et en cela semblable â Dieu· 32 •
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25, 'NOTES. CHAPITRE 1Dictionnaire de l'Académie francai.e, Se édition (Parisl 181ft, tome
2,
p.sor.
Pierre Richelet, Dictionnaire (Genèvel Jean H~rman Wider'bold, 1688), tome 2.
Antoine Furetière, Dictionnaire (La Haye. Arnout et Reinier
Leers, .. 1690), tome
3.
•
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-Walther
v.
Wartburg, Franzesisches EtfjOlOiisches Werterbuch (Basel. Zbinden Druck 1 Verlag AG,19 ),
II', p.333 •
. '
Antoine Furetière, op. cit., tome 3.
" \
Richard Schwab et Walter Rex, -Inventory of Diderot'. Encyclo-pédie-, Studies on Voltaire and the Eighteenth'Century, .
XCIII,
1912.
-
-EnsacloPédie ~ dictionnaire raisonn6 des sciences, des art. et es métIers (NeufShastel. Samuel Faulche,
176S),
~-ri;P:-
ID.
Ibid • Ibid. Ibid., tome 14, Ibid., p. 286. Ibid., ,p. 287. Ibid;t
p. 286. \ p. 28.6-7.re, op.' cit., tome 3. 1
Pierre Ri che le l' op. cit., tome 2.
Enexclopédie,
Dict10nnaire d 'l'Académie francaise, tome 2, p. 544 • Pierre Ibid. Antoine ruret1êre, Ençyclopédie'l tome Ibid. 1 cit., tome2.
op. cit., tome
3;
14, p. 700.Antoine Furetiare, op. cit.! tome3.
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24. 26.
Nicolas Boileau, Dissertation sur Joconde, Oeuvr,4S aa;:lètes,
éd.
Françoise
Escal (parislBiEIIothêque
dela
Pllia
e, 1966),
p. 312.
25. Nicolas Boileau, préface aux oeuv~e. in Oeuvres cOmplètes, p. 1 •.
26. "Nicolas Boileau, Dissertation !S! Joconde in Oeuvres cOmPlètes,
p. 316. ~
27. Nicolas Boileau, L'Art É06tique in Oeuvres cOmplètes, p. 158.
28. 29.
30.
3,1.
32.
Nicolas Boileau, Lettre
!
~ Perrault,in Oeuvres cOmplètes,p. 571.
Jean de La Bruyère, Les Caractères (Parisl Bibliothèque de la
Pléiade, 1967), p. 1~
o
Henri Berqson, Le Rire (Parisr P~sses universitaire~ de France, 1964), j).'
r.-1 , 1 t<
Bernard Beuqnot et Roger Zuber, Boileau. visages anciens, vlsaqes nouveaux (Montréal, Presses de l'unlversiti de,Mont-réal;
1973),
p. 91.Nicolas Boileau, Lettres! Brossétte in Oeuvres complètes,
p. 703. / 1 ! /, ,
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CHAPITRE lIaLE RIDICULE DANS LA TRADIT~ON LITTERAIRE
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' b t • au _ Ai ... 4 27NouS ne pouvons pas étudier la notion du ridicule chez
Boileau sans donner une perspective historique du ridicule dans la tradition littéraire. BOileau, ardent ~éfenseur des Anciens, eut
--pleinement conscience de sa dette envers ses devanciers 1 l'emploi
de modèles éllnciens par les auteurs était tout' â fait auto;-isé a u XVIIe siècle comme un moyen d'arriver au bon goQt littérair~ Il semble néanmoins que les attaques dirigées contre Boileau se fon-daient souvent sur son emploi des textes anciens. , Il s'agit ici d'étudier le rOle de la tradttion littéraire dans sa conception et dans sa mise en forme du ridicule. L'~~iquité, le XVIe silcle, et le XVIIe siècle ont tous influencé la notion du ridicule chez Boileau.
"
Pour BOileau, les oeuvres le,s plus importantes et, les plus proches de l'idéal sont celles des Ancienl. , Ces oeuvres, "-se1o~
lui, se montraient supérieures pour deux raisonsl elles ont une
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valeur littéraire lntrinsèque et elles avaient survécu plus de mille
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ans par l'approbation presque unanime de l~ postérité. Le seul moyen donc d'atteindre â cette.'pe..rfection est de les utiliser commer\tIt'''A'
modèles pour ses propres ouvrages littéraires. -Mais pouvez-vous nier, que ce ne soit au contraire â cette imitation lâ mesme que nos plus grands Peltes sont redevables du succès de leurs ecrits? ( ••• )
',.
pouvez-vous ne pas convenir que ce sont Sophocle et Euripide qui ont ~'. - "
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formé Monsieur Racine? , ~ Pouvez~voul ne pas avoUer que c'est dans Plaute et dans Terence que Molière a pris les plus grandes finesses de'son Art?-1. Ce point de vue implique qu'il y a deux pièges
1
â évitera la bizarrerie de l'tmagination déreglée et la traduction en guise de création.
Boileau ~ut aus,i un intérlt personnel