/
"1(
l ' 1./
> ,/
1
LA FASCIOLOSE BOVINE AU QUEBEè
par
Bouvry
Thèse présentée à l 'Eco~e des gradués de l'Université M~Gill p~ur l'obtention du grade de mai trise en Jsciences CM. Sc.)
/
" 1 o~ 1/
Institut de Parasitologie Université McGill Montréal©
novembre 1983 ' j i f . ,1
.
, j!
1 , 1})
!
-1 1 ! l' ,r
1J'
r
1 i1
-~'
(
1 j 1 ,"
RESUMEUne étude coprologique sur vingt fermes laitières susp~ctées de fasciolose,dans le comté de Portneuf a demontré une variation temporelle ,des passage,s d'oeufs de
I.:.
hepatica. Le modèle de variation observée resse;ble fortement à ceux démontrés en infection expérimentale chez les bovins. Ces résultats suggèrent une période d'inféstation principale en'"
aout et en septembre sous les conditions climatiques et les régies de troupeaux observées au Québec. La source principale d'infestation > semble ~tre dûe aux oeufs qui survivent à l'hiver dans le tas de fumier. Une infection minime dûe à des escargots qui auraient survécu à l'hiver
r
infestés ne peut etre négligée. Les techniques sérologiques (ELISA et 1"
hémagglutination passive) ont été testées avec différentes préparations
an
tigéniq ues afin de détecter la fasciolose dans les troupeaux,
laitiers. Les résultats sont discutés en fonction de leur utilité à complémenter les rapports d'abattoir et les techniques coprologiques. Différentes approches pour le contrôle de la fascio!ose bovine au Québec sont discutées.
-(
.
' ,/
•
1
//
ABSTRACT..
study on bovine fasciol1asis in 20 suspe~d dalry farms from Portneuf County showed temporal variation of egg passagf of hepatica. The observed pat-terns strongly res embled those
eX~i
bited by experimental infection in bovines and suggests one major period ot'infection in August and/ September rder Quebec climatie and management
1
conditions. The majo:r:' source of' infection appears to be due to overwintering eggs in the manure pile, although minor infections from overwintering snalls cannot be ruled out.
Two
serologieal techniques (ELISA and passive hemagglutination) were tested using different antigenlc preparations iq order to deteet fasciol1asis on dalry farms. Their value is discussed in terms ot' their practical use ln supplementing slaughter house and coprologieal dataidentification of endemic herds. Various approches to the control of bovine faseioliasis in Quebec are discussed.
)
)
i i i}
'~ / I~ 1)
, !
)
/
1
/
1
1
,(
REMERCIEMENTS
Je remercie sincèrement un grand nombre de . personnes,' qui .ans 1.U! collaboration, cette étude n'aurait pu se réaliser.
Tout d'abord le personnel de l' Insti tut de Parasitologie pour avoir permis ma formation, et m'avoir souvent dépanné et encouragé. Et tout spécialement le
Dr.
M.E. Rau, mon superviseur de thèse, pour m'avoir soutenu et orienté tout au long de ce projet;le Dr. J.P. Morin qui m'a initié au sujet de la fasciolose bovine au Québec, et qui m'a facilité mes démarches auprès de différents. responsables du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries, et de l'Alimentation;
les éleveurs du comté de Portneuf pour m'avoir permis de travailler sur leurs fermes, et de m'avoir dévoilé les subtilités de l'élevage des vaches hl! tières ;
la Station de Recherche Agricole de Deschambault, qui m,la fourni uri laboratoire et un logement pour faciliter mon travail sur le terrair. Tout spécialement le directeur, J. Genest, pour sa chaleureuse hosp+ta11té;
le laboratoire de pathologie animale de Québec, qui a permis la collection des échantillons de sang, et les analyses sérologiques dans son laboratoire. Tout spécialement le Dr. P. Cayouette, le directeur;
J
" iv 1/
/1
f
)
~(
le Dr. C. Levieux '( INRA, Theix, France) qui m ',a initi é à ses
-,
techniques sérologiques, et Qui a fourni de l'antigène diatomien;
le Dr.
G.V.
Hillyer (Université de Puerto Rico) qui m'a accueilli dans son laboratoire: Noemi Santiago de Weil qui m'a initié à /l'ELISA.J
Et
o
finalement à tout le personnel du laboratoire,
! rendu mon séjour inoubliable;
qui, a
Scherock pour m'avoir 'permis de rentrer toutes les vaches dans l'ordinateur;
la famille Gordon Scott, Dave et Maryl1n pour m'avoir dirigé patiemment dans l'analyse statistique des résultats;
le Dr.
L.
Lamontagne (IAF, Montréal) pour avoir bien voulu relire ma thèse et me rappeler le bon sens du francais;Merci à Wendy Ouellette d'avoir tapé ce manuscrit avec tant de dédica tion;
le Ministère de l'AgrijUlture, des P~cheriés et de l'Alimentation du Québec,
po~r!
avoir fafilité le support financier de ce projet./
spéCialement, le Dr. F. Gauthier, qui a ,favorisé cette étude;
Tout
le Conseil National de la recherche et des sciences naturelles et la Formation des chercheurs et de l'action concertée du Ministère de l'Education qui supportent la
Parasi tologie • v recherche
/
à l'Institut 1 / de, / '1
,
)
)
/
.
{-j'
/ , 1/
c'A Goya, G11~as, Marion e~ Christopher pour leur patience
-'
1
..
\
vi
\.
.
fi <;: ,.
! ,.
" :(
,(
)
2.11 Les bovins COIlllle hôte' définitif' de F. heEatica-2.3.1
la migration du parasite2.3.2
l'interaction hôte-parasite' !
2.4
Les différentes méthodes de diagnostic dela
fasciolose bovine2.5
~es pertes économiques aSSOCié. la fasciolose-
) ~ 1bovine 1
2.6 L'épidémiologie de la fasciôlose bovine
2.7 Le controle de la fasciolose bovine
3.
Matériels et méthodes3. 1 Région d,' étude: le comté de Portneuf
lJ
3.2, Le chaix des fermes3.3
La description des fermes3.4 L'échantillonnage et prélèvements des f'èoes
3.5
Les prélèvements sanguins3.6
"La coprologie3.1
La sérologie3.1.1 L'hémagglutination passive 3. 7 • 2 L'ELISA
3.8
L'analyse statistique4. Les résu1 tata
-. T L'étude coprologique
j
4. 1 ., Les fréquences d'infesta tions et les variations temporelles des passages d'oeufs de
!.:.
hepatica sur. le~ 17 fermeS" vii. 1 ; P.GE: 15 15 16 17
..
( 19 21 22 24 24 27 27 32 33 33 35 35 38 39 41 41 41 )1
~ J,.
,
Î
.
'(
..
, 1J
..
JJ
o •, 4. L2
-les rré:uenae.
d'inre.tation. et
lavariation
- ( , temporelle des passages d'oeufs sur un groupe de 10 fermes inf~stées à
!..:
hepatica,.
, 4.1.3 Les variations temporelles des fréquences" d'infestations et des passages d'oeufs de F. hepatica sur les
3
fermes ayant recu~
schédule de vermif'ugation.4,.1.4 Relations entre l'age des vaches laitières, la fréquence d'infestation et les passages d'oeufs de F. hepa tica
• J
4.2 L'étude sérologiq ue
1
4.2.1 Relation entre les résultats et les résultats d'hémagglu-d'analyses 4.2.2 4.2.3 tination passive ooprologiq u~s
Relation entre les r.ésultats. d~ l'ELISA
(FhWWE) et les résultats d'analys~s
coprologiques.
Relation entre les résul ta ts de l' ELISA ~
(PlI + III) et les résultats d'an lyses,. coprologiques
4.2.4 Relation entre les résul ta ts de l'ELISA (ARC 2) et les résul tats d~ analyses coprologiques
5. Discussion 1 i Bibliographie Appendices
1
,
.
viiiPAGE
56 '~ 60 65 66 66 70 74 76 81 1 ! 99 108r
.
1
1
.
{
TABLEAU 1: 1 ~. LISTE 'DES .TABLEAUX
.'
~' 6
~. ~>
Description des 20 troup~x laitiers: leur$ races, leurs nombres de ~hes l~i tières , la
moyenne d'age des vaches laitières et la produotion moyenne laitière par année et par vache (Kg).
. TABLJ::AU 2: Le nombre et la date des prélèvements sanguill8
...
flur 19 fermes. % / ' TABLEAU ~_= TABLEAU~~4 : / 1 TABLEAU 5: TABLEAU 6: TABLEAU 7: TABLEAU 8: "Le pourcentage de vach~s positivee, et
le
pouroentage d'échantillons trouvés pos~tifs sur chacune des 17 ferQIes.
La variation temporelle de la fréquence d'infestation sur chaQune .des 13 fermes. analysée, avec le test chi-carré. ~
r
L'analys"e de varianoe. de la
var~ation
temporelle des moyennes d'intensité des passages d'oeu~s de!.:.
hepatica sur 13 fermes.L'analyse de varianoe de la variation temporelle des moyennes d'abondance des passages d'oe~sde
F. hepatica sur 13 fermes.
l s fréquences d'infestations à F. bepatioa en tonétlon des saisons sur 13 fermeS.
Les moyennes d'intensité des passages '~!'oeuts de F. hepatica en fonction des saisons
sur
'13 ~ fermes.TABLEAU
9:
Les moyenneS/d'abondance des passages dtoeu~s de F. hepatica en fonction des saisons sur 13 fermes.TABLEAU 10: Les dix troupeaux ayant une ' fréquencei. d'infesta tion à
E.=.
hepatioa supérieure à 50J, pendant l'hiver 81-82 et le printemps82.
TABLEAU 11: Les fréquenoes d'infestations à F. bepatica obtenues par analyse oôprologique (hiver
81-82
et printemps 82) et celles obtenues ,. par hémagglutination passive.TABLEAU 12: Les f~équences d' inrêstations à
E:.
hepatiea obtenues par analyses coprologiques (hiver 81-82 et printemps 82), et les résultats obtenues par ELISA "( FhWW~) sur 11 fermes.ix
'/
PA;GE 30 8,
.
3442
4445
4752
5455
57 6973
'.1
(
J .----1
.
(
T4BLEAU 13: Les fréquences d'infestations à F. hepatica par
analyses cop~ologiques (hiver 81-~ et printemps
82)
et. les résultats obtenus parELISA (PlI
+ III ) sur 15 fermes.PAGE
77
TABLEAU
14: -
Les fréquences d'infestations à1:.
,hepatica 080obtenues par analyses coprologiques (hiver 81-82
,.
-"
'v
et printemps 82) et les résultats obtenus avec
l'ELISA {ARC2) sur 6 fermes.
/
<> 0 • r < \ " "..
.-FIGURE 1:
FI7RE
2: FIGURE3:
FIGURE 4: FIGURE 5: FIGURE 6: FIGURE 7: FIGURE 8: FlOURE 9: " ,-, FIGURE 10: FIGURE 11: c FIGURE 12:, ' :LISTE DES FIGURES
,'.
. La dlstr~bution mondiale de F. hepatica
. La' distribution d. la tasaiolos. bovin. au
Qué7
,Le oycle évolutif de F. hepatica-La 'région d" étude: le comté de Portneuf
Moyennes des températures et' pr~cipltat1on8 mensuelles dans le comté de Portneuf
La location des 20 fermes dans le comté de "po,rtneur
Les oeufs de ParamphistomU!!1 éclosion.
rasctola hepatica (A) et mlcrobothrioides (B) avant
Les variations temporelles des fréquences d'infestation à
l.:.
hepatica (A), des moyennes d'intensité (B), et d'abondance (C) des passages d f oeufs dei...
hepatica sur la ferme A.Les variations temporelles des fréquences d'infestations à ~ hepatica
(A),
des moyennes d'intensité (B), et d'abondance (C) d~s passages d'oeufs de ~ hepatica sur la ferme C.Les: variations d'infestations à d f intensité (B), d'oeufs de F. fermes.
temporelles des fréquences
~ hepatica
(A),
des moyennes et d'âbondance (C) des passages hepâtica sur le groupe des dixLes variations temporelles des fréquences d'infestations à ~ hepatica (A), des moyénnes d'intensité (B), et d'abondance (C) des passages d'oeufs de
E.:.
hepatica sur la ferme X.Les variations temporelles des fréquences d'infestations à ~ hepatica (A), des moyennes d'intensité (B), et d'abondance (C) des passages d' oei.lfs de
r:..
hepatica sur la t'erme Y ..... xi j
/
1 PAGE 4 ,6 9 1 /.
/ 2,5 26 28 36 48 50 59.61
63 . ,:1
-'
~
'j
~ -,~",-... 'J_~~~h~, I.rr_ ~ .. MtAA~",",,,,.,.., \l'_~~'101~~,~,w.l.' ~ "_."'t.[~of'h~~~~" ~.;: _ .. ~f r •• 61}""I".'.'I>'. ~, 1" ;:t~~ ... ,.,u~~ViIl' ..
-'. 1 ,1 , , FIGURE 13: FIGURE 14: FIGURE 15: FIGURE 16: ",.
Résultats obtenus par hémagglutination passive pour les 3 différents groupes (positif (A),
négat1~B) et inconnu (C», déterminés à partir
des anà1:yses coprologiques sur 15 fermes.
Résultats obtenus par ELISA (FbWWE) pour les 3 différents groupes (positif (A), négatif (B), inconnu (C», déterminés à partir des analyses coprologiques sur 11 fermes.
Résultats obtenus par
l'ELISA (PlI
+III)
pour les3
différents groupes (positifCA),
négatif (B); ,inconnu (C», déterminés à partir des analyses coprologiques sur 15 fermes.Résultats obtenus par l'ELISA (ARC 2) pour les 3, différents groupes (positif (A), négatif (B), inconnu (C», d~terminés à partir des analyses coprologiques sur
6
fermes." \ xii ~ PAGE 68 , 75 '78.
APPENDICE 1: APPENDICE 2: APPENDICE 3: ,
.""
"-0 APPENDICE 4: , ' i APPENnICE 5: APPENDICE 6:..
APPENDICE 7: APPENDICE 8: APPENDICE 9:(
1
j ; PI ,LISTE DES APPENDICES
La fascio1ose o'vine au Québec.
Bouvry M et M.E. Rau. 1982. Le Moutonnier 7:20.
Paramphistomum spp.
in
dairy cattle in Québec. Bouvry, M. et M.E. Rau. (soumis pour publication au Canadian Veterinary journal, en novembre1983) .
Le questionnaire ayant servi à la des 20 fermes.
description
Résultats d'analyses coprologiques provenant de 5 fermes ovines du comté de Portneuf.
./"
Dissection de. 54 foies de .tats musqués (Ondatra zibethious zibethicus) provenant -des comtés de Lévis et Portneuf.
Recherches des lymnées (Fossaria modice11a) sur 13 fermes .
La sensibilité de la technique coprologique. Relation entre'le nombre d'oeufs introduit dans
un 'échantillon de fèces de 80 g et le nombre d'oeufs comptés après l'analyse coproscopd.que.
Les figures représentant les variations temporelles des fréquences d'infestations à F. hepatica (A), des moyennes d'intensité (B) et d'abondance (C) des passages d'oeufs de F. hepatica observées sur 11 fermes (B, D, E, H, l, J, K, L, M, N, 0).
Nombre de cas de fasciolose bovine ,aux abattoirs de 1977 à 1982,
fermes. (communication personel1e Fréchette et Dr. D. Chéné, 1982). xiii identifiés sur les 20 des Dr. J.L.
PAGE
108 110 1•
i 125 128 130 132 134 136 148, 1
, /,
1
l'
-..
(
1. INTRODUCTION
La fasciolose ou distomatose causée par le vers plat Fasciola hepatica (L. ) est une helminthiase très répandue à travers le monde,
~ infestant
principalement les bovins et les ovins.
<:, Ce parasite est communément appelé
adulte
"la grande douve du foie" 1common réside dans les canaux
b~iaires
liver fluke). Le parasite intra-hépatiques de l'hôte
1
définitif. Depuis plusieurs siècles~ cette par~sitose a été 'impliquée dans des diminutions de productions et des mortalités chez les animaux infestés. La fasciolose représente aus~i un problème important dans l'élevage des ovins et des bovins qui doivent maximiser les rendements
, en lait, en viande et au niveau de la reproduction •
A
la fin du 1ge siècle, Leuckart et Thomas découvrirent le rôle du gastérodode Lymnaea truncatula comme hôte intermédiaire de ce parasite hétéroxène (Pantelouris 1965). \ Ollerenshaw (1959) démontraj '1
corrélation entre les variatipns climatiques et la fréquence de la douve. Depuis, des études épidémiologiques dans des troupeaux de bovins et d'ovins ont permi de délimiter les principales périodes d'infestation des animaux aux pâturages et d'identifier des variations
1
saisonnières de cette parasitose. L'étude détaillée des différents stages de F. hepatica fournie des informations importantes sur les facteurs éCOlogiques et c~Jmatiques impliquées dans la transmission de la douve. Une corrélation entre les variations mensuelles de
r
populations de lymnées et les périOdes d'infestations des animaux fut établie.
,
.,
.',
La .présence d'une résistance partielle des bovins en rapport avec une susceptibilité chez les ovins a soulevé de nombreuses intérrogations sur le mode d'invasion du parasite et sur le raIe de défense chez l'hôte définitif .
Peu d'études ont· analysé la dynamique de la transmission de ce parasite au niveau des troupeaux de bovins naturellement infestés, ainsi que le rôle' des conditions de régie du tro~peau pouvant influencer l'incidence de la fasciolose. . La faible fiabilité des méthodes usuelles ,de diagnostic de cette helminthiase semble être la principale
difficulté à obtenir.
Dans une première partie de ce travail, une description des informations pertinentes à la distribution de la fasciolose dans le monde, au cycle évolutif du parasite, ainsi que ses effets chez les bovins est présentée. L'import~nce économique de la fasciolose bovine est ensuite
analysée~ en rapport avec l'épidémiologie et la valeur des méthodes
actuelles de diagnostic et de contrôles de l'infestation. Dans le but de déterminer les périodes d'infestation de la douve dans les troupeaux infestés à F. hepatlca, nous nous proposons de suivre la variation des passages d'oeufs dans différentes fermes. Ces informations nous .' permettraient de comprendre la survie du parasite et de proposer des moyens de contrôle pour le Québec. Afin d'améliorer les techniques de diagnostic de la fasciolose bovine, l'éfficacité de différen tes techniques sérologiques sera estimée.
2
...
/ 1/
1 f; • 0-(
i
;1 ;
2. REVUE DE LITTERATURE
2.1 Distribution et fréquence de l'infestation à Fasciola hepatica:
La! fasciolose est p)obablement répandue
une parasitose originaire d'Europe qui sur les autres continents par l'exportation
fut du bétail (Boray 1978). , La figure (1) montre la distribution cosmopolite de ce parâsite.
F.
hepatica peut aussi infester les humains. L'incidence de cette zoonose chez ces derniers est associée généralement1
aux habitudes alimentaires, et des cas furent identifies sur tous les 1 , continents (de Azevedo et Rombert 1965). En France,
296
personnes sur une période' de vingt ans furent trouvées infestées dans la région du Limousin suite a la consommation de cressons sauvages (Rondelaud 'D , 1980). Stork et al(1973)
trouvèrent (sur un échantillon de 137d'enfants Péruviens infe~tés à Fasciola hepatica.
1lèves) ,
9%
La fréquence de la fasciolose animale est principalement évaluée
à
partir du nombre de foies infestés trouvés aux 'abattoirs par les services d'inspections vétérinaires (Wilson et al 1982). Mais à cause des différentes conditions écologiques
régions d'un pays, la fréquence de
présentes dans chacune la fasciolose
~ppar~it
des très hétérogène. Par exemple, la fréquence de ce parasite chez [es bovins à l'échelle nationale de la France est de ~~9% alors que certains' départements ont une fréquence d'infestation de plus de 40% (Mage et Rondelaud 1983) . I l en va de même aux Etats-Unis ou , la fréquence nationale était de 4.4% en 1981 (Malone et al 1982), mais ou certains états à l'ouest et au sud du pays étaient connus pour avoir des niveaux d'infestations
,
beaucoup plus élevés que le reste du pays (Priee 1953; Wilson et Samson
1971;
Foreyt et Todd1976).
Wilson et al (1982)FIGURE 1
La
d18tribution mondiale de F. hepatica(compUée à partir de Pantelouris 1965"
Malek 1980, Over 1982, et Wil~on et al 1982)
Note:
les régions en~oir représente~t
ladistribution de~hepat1oa
j
• '10-,"..
' \ \ 1 1 / ., .1;
~t
. \ ,"----~
-."
,.l
1 ••
, 11
1~
..
d..
4,
, ·(J' .'
J~.'-=
w
1 dans les 1evisèrent les fréquences de ce parasite chez les bovinsdifférentes parties du monde, estimées à partir d'études coprologiques ou d'inspections vétérinaires. Ils schématizèrent aussi les fréquences de la. fasciolose par région en Angleterre,. tout en soulignant une corrélation entre.) la fréquence de l'infestation et les différentes
t"),
conditions climatiques existantes dans chaque région. Déjà depuis 1959, Ollesrenshaw avait remarqué que chaque année, en pays tempé~é, la" fréquence de fasciolose. peut varier dans les régions endémiques, dépendant des conditions climatiques p'l'éy,alentes de mai à octobre.
L'utilisation d'an~helminthiques peut modifier sérieusement le niveau de la fréquence de la fasciolose. Par exemple, en Angleterre, la fréquence de la fasciolose bovine a diminué de 20 à
6%
sur une, période de vingtans suite à l'utilisation de douvicides (Wilson et al 1982) alors qu'à Puerto Rico, ou il n'y a aucun système de contrôle, la fréquence de la fasciolose bovine a augmenté de
7.6%
en1948
à
31.8~ en1976
(Frame etal
1980).
Au Canada, la présence de Fasciola hepatica fut reportée enColombie Br1tanique (Hadwen 1916) et au Québec (Griffiths 1939(a». De 1977 à 1981, les services d'inspections vétérinairès fédéraux et , -L
- .,
provinciaux ont identifiés environ 400 fermes d'où provenaient des
.
.
bovins ayant des foies infestés de douves lors de l'abattage. Ces fermes étaient situées principalement dans les cpmtés sud et nord du fleuve St. Laurent et dans les régions périphériquesà
la ville de Québec (figure 2) .(Fréchette et Chéné 1982). Au Québec, l'élevage du mouton étant sporadique, peu de cas de fasciolose ovine furent rapportés, mais un troupeau fut trouvé infesté à75%
dans le comté de LéVis (Appendice 1) (Bouvry et Rau 1982).5 , l
,
1..J
' . '
f
j 1 / , . .' FIGURE 2.. Là distribution'di la fasciolose bovine au Québec
4 l' (Nombr!:! données
,
par les l , " ~ ....-de cas trouves par comte ·a partir -des d'abattoirs reèueillis de 1977 à 1982
Dr. J.L.
Fréchette et le Dr. C. Chéné) ~ /1
v..
. '. " o ~ ! ~ .,
• 1...
, '.J
il·
,:1'
, 1
,
.'"
.
,
! /,
\J,
" '.,.
,: ""'-4.
l -, ' .c.. 1.- _ _ ... ,. .
.
t'-' '. J' f.
.
•
Il. 1) l'•
o ID o .1 1 1 1 1 1.1
~ t 1 1..
,
1 ,'. • , 1• J 4
,.
(
ç, '-
,.
D'autres espèces de douves du foie ont été identifiés au Canada: Fasciolodes magna (la grande douve du foie d'Amérique) ipfestant" les' troupeaux d'ongulés sauvages #t les bovins (Swales 1935; Kingscote 1950; Choquet te et al 1971) ainsi que Dicrocoelium. den'triticw;n (la petite douve du foie) infestant les ovins (Conklin et Bakér 1930).
D
Après avoir contacté différents services vétér,inaires à travers le Canada, 11 a été possible d'estimer la distribution générale des ,
A,
différentes douves hépatiques infestant les bovins.
l
int ••tation
t-à Fasciolodes magna "semble atteindre les trouPeaux de' bov1n:s dans les provinces de l'Ontario,
•
Manitoba, Alberta et Colombie (J"Britanique alors que Dicrocoelium.dentriticum sembie se limiter
à
l',estdu pays (Québec et les provinces Maritimes) et FasciOla • hepatica': au 0
o
Québec et à la Colombie Britanique.
o<J°,y 0 .. ~<\' ~. J,;' L ' 1 ) ' o , ' , . J.' ,. ~ < ,', ' 'i '\ ,) 7 • • • Jo 1
1
"..
-" " G 1 ;' , " r ).
, ' ,. , " .... G .. \) ," ,,
, , '" " " '1 J ~• Q , d 1 t, ! , ~ ~ " ' c,
(
) Po2.2 Cycle évolutif de F. hepatica:
o
~ hepatica possède un cycle évolutif indirect, c'est à dire nécessitant la présence d'hôt~s intermédiaires et d'hôtes définitifs. Le développement de 'ce parasite peut être divisé en cinq stades: les vers adultes, les oeufs, les miracidiums, les stages intra-mollusquei:J" et les métaéercaires (figure
3)
(Wilson et al1982).
Chacun de ces stades sera étudié séparément afin de comprendre leurs systèmes de survie et leurs' ~mplications dans l'épidémiologie de ce parasite •2.2.1 Hôtes définitifs
Les hôtes définitifs les plus souvent infestés à F. ovins, les caprins et les bovins. Occasionelleme~, les
1983) , les porcins,et les primates sont atteints (Sinclair
1961).
Les hôtes définitifs appartenant à la fa~ne sauvage sont les chevreuils (Lang 1911), les lapins, les lièvres (Lang 1911; Bailenger et al 1965)," les castors (Lang191i),
les ragondins (Delecole 1981), le coypu (Holmes1962)
et les marsupiaux (Boray1961).
Parmi les animaux de laboratoire,les sour~s, les lapins, ,les gerboises, les rats, les cochons d'Inde et ' les qamsters ont pu être infestés. La .susceptib,ilité à l'infestation à
"
F. hepatica peut varier selon les espèces animales (BQray 1967).
2.2.2 Les hôtes intermédiaires
S' 11 existe ,$une grande variété d 'hôtes définitifs pour F. hepatica, les hôtes "intermédiaires se limitent au genre Lymnaea, comprenant au moins
« "
vingt esnèces identifié,s dans le monde (Kendall
1965).
La restriction au genre Lymnaea p~ut s'expliquer par l'attraction des miracidiums de F.8 ... , '. ,< ,
•
.
.
1\
t
•
. . . _ _ _ _ _ . . . _ _ IIi.!lU ... 41P'!!C",., ... "'a"_"'''' .... "''"'_ ... .,., ... '""'''''''''"... ... ,..-<W ... ''' ... ~~~t..-~;"I\~~J ...
.::...,,~-.
' ' <:.<
"
',-FIGURE 3
Le cycle évolutif,ude
1.:
bepatioa\
\J
o
o
" "-.., ~ " -~ ," "
, F.
HEPATfCA " :" , ~.
.... '.' \0 tOEUF
~,
--::--l
o
0 ""..
".'.
,REOlE
..
.
" " . / 4 { MIRACIDIUM , ~ " SPOROCYSTE.~
i",.", _ _
w?tt'f?C'-:-"'~'... -... ", -:.,.
< ~ <. ~_"" ~,l,~ ... "<;-II'1"''''~ '-.'" - -.-,
METACÈRCAIRE ~, ~J,
1.1
Î
1
;"j' < ?i
-hepatica vers ces espèces (Nansen et al, 1976). L'espèce la plus susceptible est Lymnaea truncatula, hôte intermédiaire de F. hepatica en Europe (Boray 1978; Kendall 1950). En Australie et en Nouvelle Zélande, Lymnaea tomentosa, espèce endémique, et Lymnaea columella, espèce introduite (Boray 1967; "Bora y 1978; Harris et Charleston 1980) sont les hôtes intermédiaires les plus souvent infestés. Aux Etats-Unis,
Fossaria modicella, F. bulimoides et L. columella ont été trouvés
f '
infestésà
F. hepatica(ICrull 1933; Priee 1953; Wilson et Samson,,1971j----
----Lang 1977). Boray (1978) remarque une susceptibilité différente à
.!.:.
hepa tica chez ces espèqes de lymnées, et souligne le danger d'introduction d'espèces non-endémiques en Australie. De plus Boray (1965) note l'évidence de di.f.férentes variétés de F. hepa tica et adaptées à des variétés géographiques d'espèces de lymnées.o
2.2.3' Le vers adulte
Fasciola hepatica sous sa forme adulte, est un trematode digène, appartenant à la famille Fasciolidae, du genre Fasciola (L.). Il mesure environ 2 à 3 centimètres de long, a la forme d'une feuille brune, possède deux ventouse et ùn système de reproduction très développé. Il vit dans les canaux biliaires intra-hépatiques, ou il se nourrit de cellules épitheliales et possiblement de sang (Dawes 1963; Jennings 1976; Sykes ~ ~ 1980) et se déplace à l'aide de ses ventouses. Durant l'inspection des foies après l' aba t tage, i l peut être différencié de
L:
~ et D. dentriticum principalement par la taille et la forme (6 cm, pour le 'premier et 1 cm pour le dernier).
i..:..
hepatica est hermaphrodite et pond des milliers d'oeufs par jour (Dixon 1964).10
,
'.
(
2 • 2. li L'oeuf
Les oeuf's de F. hepatica sont' ovoides, segmentés 1 operculés, de couleur
ambre et de dimension de 130 à 145 )llD pal" 10 à 90
pm.
Les oeufs sont transportés par la bile jusque dans l'intestin de l 'hôte défini tif, puis sont rej etés dans l'environnement extérieur dans les fèces. Rowcliffe et Ollerenshaw. (1959) ont démontré que la température, l' humidité et l'oxygène disponible sont les facteurs affectant le développement. En général, les oeufs dans les matières fécales ne se développent pas. De plus l'élevation de la température du,-f!umier augmente le pourcentage de \~mortali té des oeufs.
~
1
,Dans des fèces humides, la vie des oeufs peut etre prolongée d'au moins
7'
jours pendant l'été jusqu'à 190 jours pendant l'hiver. Une fois séparé des matières fécales, par la pluie ou l'écoulement des ; f eaux, l'oeuf est entouré d'une pellicule humide, et commenceà
se développer lorsque la température devient, supérieure à 9.50C plus ou moins O.50C.Il taut 160 jours à 1
aoc
pour l'éclosion du miracidium et 60 jours à 120C, 40 jours à 150C.La durée minimale de développement de l'oeuf en miracidium est de 12 jours à 26o
c
(Boray 1967) ou de 14 jours à 280C plus ou moins O.50C(Styczynska - Jurewicz 1965 ). Boray (1967) a constaté qu'un développement de l'oeuf pouvait se produire à une température moyenne de Soc (1 à 110C) en go jours, contrairement à la température minimale évaluée par Rowclrffe etOlle-renshaw (1959). Peu d'études ont examiné l'effet du gel sur le développement de l'oeuf. On sai t que, les oeufs peuvent être gardés des mois sans développement apparent à des
(
lj •
J jc
témperatures de 2 à 40C (Griffiths 1939 (b)). Au Danemark, une étude a montré que
75%
des oeufs survivaient à des températures de -50C à 4°C pendant3
mois, et que dans la matière fécale,50%
survivaient pendantpresqu~ 4 mois, à la même température (Shaka 1975). Ollel"enshaw (1959) affirme qu'il n'y a pas de développement des oeufs d'octobre à mai en Angleterre et que peu d'oeufs survivent à l'hiver. Mais Shaka et Nansen (1979) suggèrent que l'infection printannière des escargots remarquée au n(nemark est due à des oeufs qui auraient survécu à l'hiver.
2.2.5 Le miracidium
,A ,la fin de la période d'in~ubation, l'exposition de l'oeuf à la lumière stimule la sortie du miracidium (Rowan 1956). Le miracidium est une petit embryon avec une tache oculaire en forme de
'X'
et des cils entourant son oorps qui lui permettent de se déplacer. Pendant sa courte vie(48
heures) le miracidium nage dans l'environnement aquatique à la recherche d' une lymnée. La présence d'une pellicule d'eau es t absolument nécessaire au miracidium pour survivre, se déplacer et infester une lymnée (Wilson et Taylor 1978). Une fois.en contact avec le mollusque, le mil"acidium s'attache à l'épiderme de 1L'hôte intermédiaire et commence sa pénétration à l'intérleur des tissus. Le temps de pénétration du miracidium diffère selon l'espèce de lymnée. Il sera de 15 minutes chez Lymnaea truncatula et de plus de 120 minutes chez Fossaria bul1moides (Coil 1972). Il est à noter que sur la large quantité d'oeufs produites par la douve adulte, peu d'oeufs atteignent l'habitat des escargots (Ollerenshaw 1959). Le procédé . de multiplication à l'intérieur de la lymnée permet de combler ces pertes...
(
2.2.6 Développement à l'intérieur de la lymnée
r
f
Plusieurs formes larvaires font suite au miracidium à. l'intér~ur
l'escargot leur servant d'abri et de nourriture. Après la pénétration du miracidium celui-ci se métamorphose en sporocyste dans les tissus du mollusque . Des rédies se développent à l'intérieur de ce "sporocyste et migrent vers l'hépatopancréas (glande digestive) de la lymnée. Les rédies se nourrissent des réserves de l'escargot accumulées dans l'hépatopancréas et produisent des cercaires gymnocéphales (Kendall 1965) . Des cercaires s'éChappent de la rédie ou elles sont nées, émergent de l'escargot et se déplacent dans l'environnement aquatique
.}
pendant leur courte durée de vie (24 à 72 heures). Elles finissent par s'attacher à une paroi (coquille d'escargot, roche ou végétation), perdent leur queue, puis secrètent une coque kystique autour d'elle pour se protéger. On les appelera désormais des métacercaires. La durée de développement du miracidium à la cercaire dépend de l'espèce de l'hbte intermédiaire infesté (Boray 1978). Chez Lymnaea truncatula, en laboratoire les premières rédies arrivent dans l'hépatopancréas de 2 à
3
semaines, après l'infestation par le miracidium, et les premières cercaires apparaissent de 7 à 12 semaines plus tard (Hodasi 1972j Styczynska - Jurewici 1965). Le nombre de cercaires produites après cette multiplication asexuée· dépend du nombre de miracidiums qui ont infesté la lymnée (Wilson et Taylor 1978), de la taille de la lymnée et de l'état de santé de la lymnée durant l'infestation, dépendant des ressources alimentaires disponibles dans son habitat (~endall 1965). En tenant compte de tout ces facteurs, une lymnée peut produire des centaines à des milliers de cércaires (Kendall 1965; Boray 1918).
13
-La durée du cycle de développement du miracidium à l'intérieur de la lymnée dépend des conditions climatiques existantes, puisque si l'infestation de Lymnaea truncatula commence entre les mois de mai et aout, en Angleterre, il faudra 60 à 100 jours, et si elle commence de août à octobre, il faudra de 260 à 280 jours pour voir
~ppara~tre
les premières cercaires (Nice et Wilson 1974).;
J
2.2.7 Les métacercaires
Les métacercaires représentent les stades infestieux
•
pour les h~tes définitifs. i Elles dev~ennent t infes tieuses deux jours après leurenkystement (Boray 1967). Dixon (1965) décrit la structure de la métacercaire et son rôle dans la survie de cette larve. Boray (1967) a démontré que les métacercaires sont plus susceptibles à la chaleur qu'au froid. Ollerenshaw ( 1959) constate aussi que les métacercaires sur l'herbe vivent deux fois plus longtemps pendant l'hiver que pendant l'été. Boray et Enigk (1964) ont démontré que les métacercaires survivaient 130 jours à 100C, 36 jours à 250C et 14 jours
à
30oè.
Olsen
(1946)
a remarqué que les métacercaires ne survivaient que quelques heures exposées en plein .so1e:H. Elles peuvent survivre au moins 92 jours à -20C, 330 jours à 40e
(Over et Dijks tra 1975), et 28jours à 100
e
(Boray et Enigk 1964). Meek et Morris (1979) sont arrivésà la conclusion que les métacercaires étaient viables dix semaines pendant les mois d'hiver en Australie. Au Danemark, aucune métacercaire ne semble résister à l'hiver (Shaka 1975). La survie des métacercaires dépend. de l' humidité et de la température ambiante (Boray 1967). Ce ,sont principalement les métacercaires attachés à la végétation qui sont
ingérées par les b.ôtes définitifs.
\.
(
2.3 Les bovins comme hôte définitif de F. hepatica:
2.3.1 La migration du parasite
Après l'ingestion de végétation contaminée par des métacercaires de F. hepatica, l'hôte définitif devient porteur de douves adultes plus ou moins rapidement et pour une période plus ou moins longue (Sinclair 1967; Ross 1967). La route de migration des douves juvéniles est semblable d'un hÔte à l'autre (Sinclair 1967).
Après l ' inges tion des 'métacercaires par un bovin, elles sont transportées dans la panse. L'environnement offert par cet organe facilite l'activation de la métacercaire, mais ce n'est qu'au niveau du petit intestin qu'elle émerge de son kyste sous l'influence de la bile (Dixon 1966). La douve juvénile traverse la paroi intestinale, et se retrouve dans la cavité abdominale (Dawes 1961). Trois semaines après l'ingestion de métacercaires, les premières douve juvéniles se rencontrent dans le parenChyme hépatique (Dow et al 1967) • E11es migrent dans le parenchyme hépatique en détruisant les cellules hépatiques afin de se former un chemin vers les canaux biliaires (Dawes
".
1963), Sept à huit semaines après l'infestation,. les premières douves juvéniles sont rendues dans les canaux biliaires (Dow et al 1967). Les pr~~iers oeufs de douves sont trouvés dans les ma tières ré cales de ' hui t ~ à
dix
semaines après ,l'infestation (Dixon 1964; Kendall et al 1978; de Leon et al 1981).15
•
-(
..
.~ ,~.
~,
,.
(
2.3.2 L'interaction hôte parasite 1
o
i
La durée des périodes pré patente et patente de l'infestation dépend du niveau d'infestation et de la réponse de l'hôte. Lors d'une infestation expérimentale (moins de 1500 métacercaires) chez un bovin, 30 à 50% des métacercaires ingérées deviennent des vers adultes (Dixon 1964; Kendall et al 1978; de Leon et al 1981). La production des oeufs est maximale 18
--
-S. 20 semaines après l'infestation (de Leon et al 1981 ; Kendall 1978jDixon 196_).One forte proportion des douves semblent ainsi disparaitre pendant cette période (Doyle 1972). Lors d' infes ta tion massive (2000 à 15000
\
1
métacercaires) , peu de douves deviennent adultes, la majorité restent ju1én1.les et résident dans le parenchyme hépatique (Dow et al 1967) •
...
Dans le cas d' infes tations répétées dans un interval de moins d'un an,
le nombre de douves adultes observé n'est pas cumultatif, mais plutôt décroissant (Doyle 1971; Kendall et al 1978). Les bovins res'tent relativement résistants après une , première infestation. Plusieurs auteurs ont suggeré que les changements physiques du foie après une
.
infestation, empechaient les vers juvéniles de se rendre aux canaux biliaires (Sinclair 1967). Sinclair (1967) et Dow et al (1967) révise la pathologie associée à la fasciolose bovine. Les vers juvéniles se nourrissent des cellules hépatiques durant leurs migrations (Dawes 1963), causant ainsi la plus forte lésion de l'infestation. Le foie devient taché rouge-noir, où les capillaires ont été détruits, et blanc
où Il Y
a
formation de fibrose. L'épaississement des canaux biliairesdu à la prolifération des cellules épitheliales est aussi très marqué. La calcification des canaux biliaires, qui a lieu 23 semaines après l'infestation, les rends très durs et proéminants (Dow et al 1967). Le parenchyme hépatique après une première infestation à F. hepatica est
,
, t t
-modif1é, pouvant ainsi affecter l'évolution d'une nouvelle population de douve. L'utilisation récente de modèles animaux'permettra de comprendre le rôle des différents mécanismes de défense chez différentes souches animales (Chapman et Mitchell 1982). La réponse cellulaire et humorale de l'hôte joue probablement un rôle dans cette résistance.
,
.
.
,2.4
Les différentes méthodes de diagnostic de la fasciolose bovineLa fasciolose bovine ne peut être diagnostiquée par la présence de symptomes pathognomoniques chez les animaux. L'anémie et la diarrhée sont souvent associées à cette parasitose mais peuvent être dues à· bien d'autres agents pathogènes. Le diagnostic de la fasciolose chez un
bovin peut se faire par la présence de F. hepatica dans les canaux biliaires ou d'oeufs de douves dans le fumier, ou par la mise en évidence d'anticorps spécifiques à F. hepatica dans le sérum de bovins.
',La présence de douves dans le foie peut être détectée à l'abattage des animaux. Wilson et al (1982) discutent des problèmes rencontrées dans l'interprétation de ces données. Principalement parce que
l'identification des foies, dépend de la compétence de3 in3pecteurs •. vétérinaires
et~
que les faibles infestations passent souvent~napercues.
La coprologfe est la technique la plus utilisée dans le diagnostic de3 animaux porteurs de!...:. hepatica chez les bovins vivants. Des dizaines de méthodes poprologiques ont été utilisés à travers le. monde. Les analyses sont de trois types: la filtration (basées sur la taille des oeufs), la sédimentation, et la flottaison (les oeufs de F. hepatica ayant une densité J spécifique). Raynaud et al (1974) comparent
l' efficaci té de différentes techniques, et détermine qu'un seuil de
(
1
Q
détection de 10 oeufs par gramme est bon. Ils notent aussi le problème de cèrtaines techniques de flottaison', ,q.ui rendent difficile la différenciation entre F. hepatica et Paramphistomum spp, (douve de la panse), cette derniere étant fréqcemment rencontré chez le même animal (de Leon 1975; Balbo et al 1978; Bouvry et Rau 1983 (Appendice 2». Boray (1961) recommande l'utilisation des techniques coprologiqu~s de
, "
sédimentat'ion pour la détection de la fasciolose bovine. ~ La coprologie peut mettre en évidence que les infections patentes.
La sérologie détectant les anticorps spécifi9ues à F. ,hepatica est surtout utÎlis~e
Expérimentafement
pour identifier la fasciolose humaine (Hillyer 1961). chez les bQvins elle permet d'identifier l'infestation quelques semaines avant la maturité des douves (Van Tigele et Over 1976; Farell et al 1981; Burden et Hammet 1918). Enders et al (1980) re~visent une dizaine de différentes techniques sérologiques ayant été utili~ées chez les ruminants. Farell et al (1981) considère que l'efficacité des techniques sérologiques dépend de la qualité de la source d'antigène. Hl1lyer (1981) et Enders et al (1980) revisent les différents ~xtraits
r
et fractions antigéniques ayant été utilisés dans le passé. F. hepatica a une structure antigénique très complexe et des variation~ antigéniques
, 14
lors de différentes étapes de croissance à l'intérieur de l'hôte ont été démontrées (H a n n a 19J!9').
L'intradermoréaction (réaction immédiate de type anaphylactic à 1
l'inje'ction d'antigènes de douves) a été utilisée chez les bovins aveè des résultats intéressant mais l'interprétation des résultats n'est pas
...
.
" ..
.
()
) f '(
"to'ujours facile, et une seule injection ne peut etre
..
rea~isee ~ , sur le même animal (Pantelouris 1965; Wattre et al 1978; Lebrija de Ibara et al /1981).Des tests biochimiques dém.ontrant la mauvaise fonction du _foie (changement de ni veau d'enzymes ou d' albumiQ) sont à l'étude, et permettraient peut ~tre dans le futur de mesurer l'intensité de Pinfestation à F.' hepatièa (Anderson et al 1978; Sykes et al 1980).
2.5
Les pertes écon6miques associés-.
à la fascio\oli!9 bovine~
-1
Les ,
-
perteo économiques associés à la fascio10se bovine -peuvent se diviser en trois catégories: (1) la saisie des foies infestés à F. -hepatica aux' abattoirs; (2) la bai s:s e' de production (viande et lait) desbOvins; (3)
suscep'tibi~ité
'accrue à d'autres problèmes pathologiques dutr~eau
inresté.
ChaQu~ foie trouvé infesté de douve à l'abattoir est condamné pour la consommation humaine. Si on se rapporte aux rréquences de fasciolose citées au début de cette section, on peut s'imaginer le nombre de foies condamnês chaque année à cause de ce parasite. Par exemple, juste dans l'état du Névada aux Etats-Unis, plus de 25% des foies de bovins sont condamnés à cause de ce parasite chaque année (Foreyt et Todd 1976).
Les diminutions de productions des bovins infestés ont été estimées par plusieurs auteurs (Ross 1970; Hope - Cawdery et al 1977, Chick et al 1980). Il en ressort de ces études Qu'une faible infestation d'une centaine de douves diminue la production de lait ou de viande de 8 à 9%,
(
que 250 à 300 douves amènent 16% de pertes et que plus de 500 douves provoque plus de 20% de pertes. Pills le nombre de douve!! ést 'élevé, v plus la productivi té des bovins est diminuée. Hope - Cawdery et al (1977) ont noté que la diminution de productivité était', .spécialePlent marquée dans les quatres premiers mois d'infestation, c'est à dire surt6ut durant la période prépatente. Black et Froyd (1972) ont aus'si souligné une baisse de la qualité de la composition du lait suite à des infestations à F.
d'insémina tion des d' il.lfes ta tion faible.
hepatica. genisses
" l'age Oakley et al (1f79) notel que
est retardé de
42!
jours, dans le cas Peu d'études ont traité de l' effet \~'ue la °fasciolose sur l'incidence\
d'autres maladies, ou sur la fertilité des bO~ins •. Aitken et
.!!
(1981)t>
ont noté que les animaux porteurs de douves du /foie, restaient beaucoup plus longtemps porteurs de salmonellose,
1
1 lors d' ùne !nfection expéFimentale. Les infections à Clostridium oedematien~ Msociés à F.0
hepatica sont connues depuis longtemps, mais demeurent moins fréqu~ntes'y
chez les bovins que chez les ovins, ou elles provoquent souvent la mort des animaux en quelques jours (Boray 1982). Oakley et al ( 1979) a démontré que la conception des génisses diminuait de moitié quand ~llesétaient infestées à F. hepatica. Plusieurs études ont démontré l'existence de l'infestation prénatale à F. hepatica (Rees et al 1975; Foix et Taranchon 1980). Il est à noter que la majol"i té de "ces étude~
portaient sur dès infestati~s à un niveau sub-clinique.
"
20
, '
1
" ,i , 1 o
(
, ; ... :u;a_ ~'2.6
Epidémiologie de la fasciolose bovine,
,Plusieurs chercheurs Européens s'entendent sur un schéma gén~ral, de la' transmission de F. hepatica dans les troupeaux d'ovins et de bovins (Ollerenshaw
1959;
Ross1967;
Armour et ,~l1970;
ov~r et Disjkra 197~ Shaka et Nansen1978).
Deux périodes principales d'infestation pendant..
la saison des paturages, semblent être la règle générale. La pr~mière au début de l'été, et la-seconde vers la fin de l'été, ou au début de l'automne. Les escargots infectés avant l'hiver, ou les métacercairés ,féposées à l'automne et qui survivent jusqu'au printemps provoquent les
premièr~s infestations chez les bovins durant la période de mai à juin. -"
'"
La sec~:>nde période fai t
l'été, après l'éclosion
début de suite Ç',ltinf,ection des, escargots au
et qui donne
~
des oeu pr,.esents aux paturages,un maximum d'infestation des animaux entre la mi-août et la fin -. septembre. La deuxième période d'infection demeure beaucoup plus
....
importante que la première dans la transmission de la fasciolose (Ross' I~1970j
Ollerenshaw1959;
Shaka et Nansen1978).
t
1
Même
dans les pays ou les hivers sont moins rigoureux (Australie) oumême absent (Puerto Rico), les périodes majeures d'infection des bovins demeurent lünitées à quelques mois par année. La transmission du
c'
parasite est interrompue par les saisons sèches (Boray 1967; Chiroboga et al
1979).
Cette situation s'explique bien par)le fait que les différents stades de F. hepatica à l'extérieur de l' hôte aéfini tif requièrent desconditions'!Jcl~matiqu"es h~es.
Plusieurs auteurs ont proposé des formules maffiématiques à partir de données climatologiques}
recueltries~t~e
mai et octobre permettant d'évaluer l'incidence probable de la fasciolose dans les prochains mois. Ces données"
21
oi
'"
, 1
1
o
moyens de contrôles de la fasci010se (Meriemsl(i'
1967;
Malheureusement des changements dans la
'"
.
• régie considération dans"
.
, 2.7 Le contr8le de la fasciolose 'bovine.
Les différentes approohes de oontrôle de la fasciolose bovine peuvent se diviser en trois oatégories en fonotion de l'étape du cycle évolutif de la douve: (1)- destruotion des douves ohez l'h6te définitif; (2)
destruction de l'hôte intermédiaire; (3) élimination des oontacts entre: l'hote dérinitif et l'habitat
1980;
Mage et Rondelaud19J2
i
~hôte intermédiaire (Bo~ay,
1967;
MalekWilson et al 1982). Boray (1982) explique l'efficaoité et la surété d'une quinzaine de drogues affectant F,. hepatioa ohez ies bovin-s. Les vermifuges disponibles 'sur le marohé ont la capaoité d'éliminer'les douves adultes, mais n'afrecte~t pas les
1
douves juvéniles en migration. L'éfficacité de ces drogues se limitent au genre Fasoiola. L'albendazole vermifuge à spectre multiple, ~e s'avère malheureuSement pas être aussi ~fficace qu'il était espéré (Fetterer et al
1982).
Une nouvelle drogue, le benzimidaxole (GGA 89317)1
a permi d'éliminer tous'les stades de F.' hepatica, lors d'infeotions expérimentales. chez les 'bovins et des ovins (Boray
1982).
Les vermifuges qui ont pout' objectif d'éliminer la douve doivent êtreQ
,
.
22
..1
o '
employés lOl'sque les douves sont matures, et 11 aarrive qu'e des résidus toxiques s'accumulent dans la viande,
•
ou le lait des ànimaux traités retardant d'une semaine ou deux le moment de la consommation:\,
La destruction de l'hate intermédiaire peut s'effectuer 'soit' par
oo~trale chimique, biQlogique ou physique.
existerit "pour la destruction des .lymnées, (Malek 198$). Le contrôle chimique, en 'employant le N-tritylomorpholine (Frescon) a donné des résultats trèà satisfaisants en Hollande. Le contrale biologique peut s'effectuer de -différentes facons, soit par la cultur~ de plantes
.) ,
toxiques ,pour les Lymnées (Alzerreca et Hart 1982), soit par
~:.~
:':-
'<~ <_ l'introduction d' espèoes d'escargots prédateurs ou compét! tifs de,}'/,/;::~~{;~:~
00.>
espèC2es 'de lymnées (Mageet,Ronde-l~,ud'
1982)/ ou 39it'par l'introduction,~.
">'-;=ii~t~èau~
R,rédateurs de lymnées. Le contrôle physiquese
traduit pàrun
.
~(
.
' ... ---...~" ~ -" ...aS3ain1s~Dtent .~~~
paturages,e~
transformant les drainages de surfaces.- .,;; :'.<
en drainages souterràins-~f1n de détruire les habitats de lymnées.
L'élimination de contacts entre les bovins:' et-les foyers d'infestations
1 , __ j; ___ _
se
fait en cloturant les foyers de lymnees, en evitant le surpâturage et en mettant des abbreuvpirs à la disponibilité des animaux. Des mod~les de simulation de transmission ont été développé afin d'estimer,
meilleurs systèmes de contrôles pour des situations données, en fonction ,de"leur coût et 'de leur éfficacité (Gettinby et McClean 1979; Gettinby et Gardener 1980; Morris et Meek 1981) • Malheureusement des paramètres
, " '
sont encore à ~tudler avant de pouvoir envisager l'utilisation de ces
. ,
modèles sur le terrain (Wilson et al 1982).
23
"
.
", ,
.r
1
i
,
l
; \ "3.
MATERIELS ET METHODES , ü 3.1 . Région d'étude: le comté de P~rtneuf~
'.
,Notre étude se fit dans le comté de Portneuf. Ce choix fut établit selon deux critères, premièrement d'être dans une situation endémique à la fasciolose bovine et deuxièmement offrir un support logistique pour ce projet, De tous les comtés, Portneuf avait eu le plus grand no~bre de fermes (80) ayant des bovins trouvés infectés aux abattoirs de 1971 à
, ,
1981. La station, de recherche agricole de Deschambault (Portneuf) offrait les facilités de laboratoire et de logement durant les étés 1981
et 1982. ,"
"\. "'\
,Le comté de Portneuf se situe sur la rive Nord du Fleuve St. Laurent, à mi-chemin entre les villes de Trois Rivières et Québec (latitude 40 deg.42', longi~ude 12 deg.05'), (Figure 4). Le' territoire de 3700 kilomètres carrés de Portneuf' se divise en deux régions physiographiques, la plaine du St. Laurent et le bouclier Laurentien. Ce comté est très diversifié en types de sols, de climats et de paysage. Le potentiel climatique en considérant l'indice de l'Unité Thermique varie de 1900 UT à 2300 UT. La température et les précipitations totales pour chaque mois sont représentés dans la Figure 5. On peut capter en moyenne 120 jours sans gel, et 140 jours avec une moyenne quotidienne supérieure. à 10 degrés Celsius (J. Aubin, 19 83, communication personelle).
L'activité économique repose sur trois volets: l'agriCUlture, la foret et le tourisme. Ce comté compte 560 fermes laitières (16000 vaches et 10000 sujets de remplacement) qui produisent 70"'mill1ons de kilos de
"
..
---~ "'---~ J'f . . . ; ... ~ ... ",",,""""", ","p",_,,,,,tc:---:--_ ... ,,,, ~; : .. ; .... , ""; - - - -.... ,., . .----.0$II1II
"FIGURE
lf ,La
région d'étude: le comté
de'Portn8ut
~
~ 1/
1 J."
/
.
.----~ ;1 ,.,i) j.1
;
f
1 ,t
2i
1,
)..
"
l--t l,~
:
, , 1 f ~ -, lv
•
, 1 1&. ~ :;) ~z
....
e::f
&&1 Cl 'YI...
:E 0 0---
----.. -25 rI..
\
\
j
•
FIGURE 5
Moyennes des~température5 et précipitations men~uel1es
[ dans le comté de Portneuf
(Compilation sur 15 années, Station Météorologique de St. Alban, comté de Portrieur,
J.
Aubin,1983,
.. J
, 1
/~ .('""'"
0 20 [ " / " r-0 15 ~v
Ï'./
'"
(f)la
w
ct:::>
5
~
cr
a
w
CL-5
:::E
w
r-
-la
v
~/
'"
/
"
/
'"
/
v
\
1
\
/
"
/ JI -15(':
'""'"
-
~ ~ ~ 125 (f)/
'"
Z0
~
100t-V
1\
V
\
t--1/
0... -()75
w
ct:/
~
l--" CL50
Jr
M A M J J A S 0 N 0 ~.Mois
"-.,
\ 26,.1 }!itQ<?'(l~
lait par an. En plus, environ une centaine de fermes font l'élevage de
\ bovins de boucherie et 20 fermes sont spécialisées dans l'élevage de
,
\.
moutons (M. Gauthier, 1983, communication personelle).
3.2
Choix des fermesLa sélection des fermes a été ba~ée sur trois facteurs: (1) la présence de cas de fasciolose bovine dans le passé; (2) la distance de la station de recherche de Deschambault; (3) l'intérêt des éleveurs
à
cette étude.Vingt fermes furent sélectionnées selon ces critères et sont situées dans plusieurs paroisses du comté de Portneuf. Ainsi, 20 fermes furent choisies en 1981, dans les paroisses de St. Marc des Carrières (1 Ferme A), de St. Thuribe (2 - Fermes B et 1), de Pont Rouge (6 - Fermes C,D,E,H,J et L), de Cap Santé (6 - Fermes D,N,O,X,Y et Z), de St. Basile (2 - Fermes P et Q), de Deschambault (2 - Fermes F et G), de Neuville (1 - Ferme K), (Figure
6).
Trois fermes (X, Y, et Z) situées dans le village de Cap Santé connues pour leur haut niveau d'infestation, furent choisies pour être traitées. Tous les animaux de ces fermes furent vermifugés le 21 avril 1981 (Zanil).3.3
La description des fermesLes vingt éleveurs sélectionnées pour ce projet, ont completé un questionnaire traitant de la description du cheptel laitier, des principaux points de la régie et des facteurs pouvant avoir une relation avec l'épidémiologie de la fasciolose bovine (voir Appendice 3) tels que les troupeaux laitiers étaient en majorité de race Holstein (14) et
(
,-
quatre se composaient d'animaux de race Ayrshire (Tableau 1). Dix-"
'FIGURE 6
La
locatlo~
des 20 fermes dans le comté de Portneur•
!:i
~,' ,-:;) ::1 i- ~J~Cl)
ra
::E ~ ( )ffJ
0C,'
:::J...
c:J &II....
Z...
a:: cC 0 a.. aaa ct 'lAI m!i
8
'" ,\
1 28"
fermes avaient une partie de leur cheptels laitier d'origine pur sang.
J/
(
Le total de bovins sur ces fermes étaient en moyenne de
79
animaux comprenant des vaches laitières, des veaux, des génisses et occasionnellement des bovins males. La taille du troupeau laitier étaitJ
en moyenne de 40 vaches, avec un minimum de 15 et un ~aximum de 61 (Tableau 1). La production laitière des troupeaux allait de 3360 kg
de lai t à 7 7 0 0 k 9 par lactation. La moyenne d'age des vaches laitières était de
5.3
ans (Tableau'1\.
La majorit~ vaches étaient nées sur la ferme(85
à 100%) excepté pour une ferme ou le troupeau provenait d'une autre ferme (Ferme G). Le taux de remplacement destroupeaux était en moyenne de
24%,
ce qu'indique qu'un tiers du troupeau est remplacé tous les ans. La moyenni d'age des génisses lors de la saillie de 20 mois, variaient de15
à~30 mois. Dix-huit éleveurs avaient reco~ à un service d'insemination artificielle, deux à un serviceQuinze fermes sur vingt requieraient les services d'un laitier fédéral ou provincial (PATLQ officiel ou régUlier ,et
BOP).
Huit éleveurs vermifugeaient régulièrement leurs animaux contreles vers gastrointestinaux, avec les produits (Levamisole et/ou Tetramisole ~t/ou Banminth). A part les fermes (X,Y,Z) qui ont été traitées en 1981 contre Fasclo1a hepatica, et la ferme (1) ou quelques vaches avaient été traitées en