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Fortifier la ville. Mâcon et son hinterland lors de travaux pour l’année 1418.

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Texte intégral

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Fortifier la ville

Mâcon et son hinterland lors de travaux de l’année 1418

Introduction

Jean-Philippe Genet dans la conclusion de son programme de recherche portant sur la « Genèse de l’Etat moderne » donne à la guerre un rôle central affirmant qu’elle est un « puissant agent de cohésion de la société politique ». La guerre est un processus qui permet de « politiser » les acteurs en provoquant une interaction entre les sujets et les princes. La

Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, dans le Mâconnais, est un bon observatoire1,

puisque la concurrence acharnée et violente que se livrent les princes, les incite à rechercher ressources et alliés auprès des villes. Cette concurrence oblige au dialogue avec les élites urbaines et appelle les princes à mieux investir l’espace public. Dégager cet espace et le défendre implique la nécessaire politisation des gens des villes2. De ce point de vue, la

muraille est l’expression d’une identité emboîtée et partisane ; les guetteurs revêtent la croix droite ou la croix de saint André, selon que leur cité est armagnaque ou bourguignonne.

Dans sa conquête du pouvoir Jean sans Peur se saisit de la ville de Mâcon3, le 5 septembre 1417. La cité passée sous le contrôle de la Bourgogne en adhérant aux propositions du manifeste de Hesdin (daté du 25 avril 1417) doit désormais se protéger des attaques armagnaques.

A la fin de l’année 1417, de nuit, le capitaine armagnac Pierre de Chales et ses hommes montent une embuscade devant la porte de Charolles, lorsqu’au matin les portes s’ouvrent, sa compagnie se jette sur les gardes pour « yceulx tuéz et muldrir et autre esclandre fere » et de là les gens d’armes détruisent les moulins au pied de l’actuel pont Saint-Laurent. Ils en ont brûlé « deux ou trois […] et [ils ont] destruiz et demoliz les autres4 ». Le 24 février 1418, ils arrivent en bateau « par la reviere de Sone au point du jour5 ». Ils débarquent à la pêcherie de la ville, détruisent plusieurs embarcations chargées de poissons et se saisissent d’un grand bateau rempli de bois, appartenant aux religieux du couvent de Saint-Pierre, et le

ramènent à Thoissey6. Cette opération amphibie n’est pas la seule et les attaques se répètent.

D’autant que, le 2 mai 1418, la tentative bourguignonne de s’emparer de la forteresse de

Solutré par la force7 tourne au désastre. Ce revers renforce la hardiesse de Pierre de Chales,

qui à la fin du printemps, s’empare de « moult quantité de bestial », appartenant aux bouchers de la ville8, paissant à proximité de la porte du Bourgneuf.

Fortifier la ville pour la protéger des menaces du camp adverse est donc une nécessité. Les travaux de l’année 1418 sont une réponse à ces menaces et mettent en jeu un espace et des acteurs qu’il conviendra d’interroger.

Fortifier la ville. Le compte d’Antoine Gastelier

Le compte d’Antoine Gastelier

Les murailles de Mâcon9 ont aujourd’hui en partie disparu. L’archéologie a confirmé

l’existence d’un oppidum éduen, datant du Ier siècle av. J.-C., mentionné par Jules César dans

la Guerre des Gaule10. Des fouilles menées en 1967 et 1973 ont révélé l’enceinte gauloise11,

le murus gallicus. À la fin de l’Antiquité (IVe – Ve siècles), la ville connaît une phase de régression et la population se refugie derrière les nouvelles murailles. La littérature du Bas

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Empire mentionne le castrum matisconense12. Le rempart du castrum ceinture le plateau de la Baille dont il épouse les flancs. Au cours du Haut Moyen-âge, c’est dans l’enceinte du Bas

Empire que s’installent les centres médiévaux du pouvoir. Dans la chanson de geste du XIIe

siècle, Gui de Nanteuil, sont mentionnées « lez tours de Mascon13 ». En 1180, Philippe Auguste14 autorise le bourg épiscopal à se fortifier et, sous l’impulsion de l’évêque Aymon

(† 1242)15, un nouveau tracé englobe la ville basse. Intra muros, les comtes et les évêques ont

leurs propres défenses – les turris déjà mentionnées ? – C’est à cette période que correspond la première mention du château comtal (1180)16. Cependant, il est à peu près clair que la

phase d’activité constructive la plus vive se situe dans la seconde moitié du XIVe siècle. La

Chronique dite de Jean de Venette rapporte pour Caen (1346) : « celle-ci ne possédait en ce

temps-là ni clôture ni remparts.17 » C’est partiellement le cas pour le Bourgneuf à Mâcon. Charles V accorde le droit de lever une taxe sur le vin (le « sezein ») afin de fortifier la ville18.

La lettre de Charles VI, datée du 25 octobre 1386, indique qu’à cette date la plus grande partie « de la closture de la dicte ville est tumbée en ruyne19 ». Cet état est peut-être lié au

tremblement de terre de Bâle20 (octobre 1356) ou à la bataille menée dans les faubourgs de la

ville, en 1364, contre les grandes compagnies21. Une importante phase de rénovation débute

alors.

Une étude plus poussée permettrait de reprendre, pour le compte de Mâcon, les conclusions avancées par Germain Butaud dans le cas Narbonne et du Midi médiéval. « À l’aube de la Renaissance, les villes étaient défendues par des murailles qui étaient d’époques très variées. Certains remparts antiques, remaniés et renforcés, jouaient parfois encore un rôle

déterminant, comme à Narbonne, Die, Grenoble, Arles ou Marseille.22 » Dans le cas de

Mâcon, de la fin du XIVe siècle jusqu’au XIXe23, certains pensaient que l’enceinte a été construite par les Sarrasins.

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Figure 1 – Anciens remparts rue de l’Arbalète

(photographie : services de la ville de Mâcon)

Cependant, plusieurs comptes nous permettent d’aborder les modifications qui leur ont été apporté au cours de l’année 1418. L’objectif principal est de dégager le champ de vision des veilleurs et de permettre une défense efficace des abords par la transformation concrète des fortifications : réalisation de « querniaux24 et archeres25 », de « vues necesseres

nuefves26 » et la surélévation de « ung piez et demi de aust27 » des murs offrant une mauvaise

défense. Tel est le programme pour l’année 1418.

Les travaux sont commandés par le prévôt28. Il suit les recommandations d’un groupe

d’experts chargé de visiter « les murs et les tours29 ». L’expertise est aussi complète que

possible et s’effectue « dedans et aviron les murs30 ». Ces experts, vingt-six ouvriers,

« chapuis et massons », réunis sur l’ensemble d’une journée31, sont accompagnés d’un notaire

qui enregistre les modifications à entreprendre et les contrats d’engagement. Les dépenses sont faites « du commandement des eschivins » ce qui explique la présence d’un des magistrats de l’année en cours. Ces aménagements peuvent être suivis avec une certaine précision grâce au registre d’Antoine Gastelier, échevin et receveur des deniers communs de la ville à partir de Noël 141732. Antoine Gastelier s’occupe des affaires courantes de la cité sous le contrôle direct des échevins, lesquels sont en liaisons avec le procureur du roi et le prévôt qui apparaissent comme les décideurs. La présence sur le chantier du maître des œuvres, Jean Lansart, est attestée33 (mais reste très discrète).

Le compte d’Antoine Gastelier comporte 229 postes de dépenses, répartis en 25 chapitres. De l’ensemble des chapitres34, nous retiendrons ceux qui traitent des principaux chantiers et dont la durée s’étale sur plusieurs semaines :

- la première phase de travaux, qui dure quinze jours, du 19 mars au 2 avril 141835, est

initiée « pour la reparacion des murs36 » face à l’Île-Saint-Jean, ce qui couvre les quatre

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- une seconde phase débute aussitôt, elle est inscrite dans le neuvième chapitre, avec

10 postes (4,3 %) et va du 16 avril au 14 mai37. Elle porte sur les réparations des murs vers la

porte de la Barre ;

- la troisième phase, qui s’étend du 25 juin au 4 décembre38, prolonge les travaux à la

porte de la Barre et en débute de nouveaux vers l’église paroissiale Saint-Pierre. L’ensemble de ces travaux couvrent les chapitres seize à dix-huit et englobent la totalité des 25 postes de dépenses (10,9 %) qui s’y trouvent.

Il s’agit donc, pour l’essentiel, de travaux de printemps qui répondent aux attaquent et aux menaces que font peser les adversaires de Jean sans Peur sur la ville.

Carte 2– Plan des travaux sur les portes et les murailles de la ville

Figure 2 – Les dépenses d’Antoine Gastelier (1418)

0 2 4 6 8 10 12 14

19-mars 21-mars 24-mars 25-mars 26-mars "semaine sainte"

02-avr 16-avr 23-avr 14-mai 15-mai 25-juin 03-juil 10-juil 23-août 02-oct 29-nov 04-déc

No m bre d'a ct es

Les dépenses de chantiers d'Antoine Gastelier entre mars et décembre 1418

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Les postes de dépense de ces différents chantiers peuvent eux-mêmes se regrouper en cinq secteurs : salaires, frais généraux, outillage, matériaux ou transports. Toutefois, le cahier ne recouvre pas entièrement les frais engagés lors des différentes phases de travaux : 82,4 % des dépenses concernent les salaires, très peu concernent les autres postes. Ces dépenses

doivent être inscrites dans un autre cahier que nous n’avons pas retrouvé39.

Les préparatifs

La chronologie des travaux fait apparaître plusieurs séquences, successives ou simultanées. Les chapitres six et sept, avec quatre postes de dépenses40, sont consacrés aux

tâches préparatoires du chantier à la porte de la Barre. Une dépense41 mentionne le paiement,

le jour de la saint Jean-Baptiste (le 24 juin), d’un manœuvre chargé de nettoyer les alentours de la porte afin de « metre le mortier […] pour faire certains ouvrages es murs ». Un second

nettoie durant huit jours les abords du chantier de l’Île-Saint-Jean42. Une dépense de 2 l. est

consentie pour curer la terre sous le pont de la Barre et procéder au recreusement du fossé43.

Le recreusement du fossé apparait comme le préliminaire des travaux proprement dit44. Enfin,

une dépense incluse au chapitre dix, mentionne les précautions prises « avant que l’art du mur fut fait45 [celui de la Barre] », les abords du chantier sont sécurisés, notamment le pont, « affin que les gens ne choycissent desous ».

Les chantiers sont précédés par plusieurs préparatifs matériels. L’usure de l’outillage nécessite le recours au maréchal ferrant qui exerce à proximité de la porte de la Barre – les

mécanismes du pont demandent un entretien constant –. Il réalise « ijC pointes de martiaux46 »

pour les maçons qui travaillent sur les murs. Les clous sont fournis en grande quantité

(environ 25 kg47) pour consolider les portes, les fermetures des fenêtres ou réparer les tours.

On commande aussi des pelles en bois48. Les échafaudages sont montés à partir de la Semaine

sainte. On achète 10 toises de cordes (environ 25 m) et des tréteaux pour réaliser les échafaudages ; voire, faire les cordages nécessaires à monter les sceaux de mortier49. Les faibles dépenses relatives à l’outillage (2 %) étayent l’hypothèse suivant laquelle les ouvriers disposent du matériel avant les travaux.

L’hinterland

L’hinterland des géographes, autrement dit : l’aire d’attraction sociale, économique et culturelle d’une ville, plus étendu que la zone périurbaine proche, est largement mis à contribution lors des travaux. Mâcon dispose de plusieurs ports : le port de la Gravière ; le Guyot de Nanton, une grève privée ( ?) et le port de la Chevroterie.

Des carrières qui ceinturent la ville parviennent les pierres de constructions, mais les faibles dépenses, sur ce point, semblent indiquer un large réemploi des matériaux après la démontage partiel des anciens murs – les matériaux réutilisables sont demeurés sur place. La pierre blanche, nécessaire aux archères et créneaux50, est acheminée depuis les carrières de

Flacé51 et de Chazoux52 (du calcaire allant du blanc au rose). La pierre rouge, utilisée pour le gros œuvre53, vient essentiellement de Charnay54 et de Sennecé55. Elle provient aussi des

bancs de roches qui affleurent en ville56. Ainsi, on exhume de la pierre rue de Saône qui

« estoit de long temps enterrée57 ». Ces pierres peuvent être extraites des terreaux58, de Notre-Dame-des-Vignes59 et, plus loin, de Senozan60 ou de Lacrost61 à proximité de Tournus. Les pierres sont alors acheminées par voie fluviale depuis Tournus, Uchizy, Farges ou Saint-Jean-le-Priche. Les carrières de la Lie, entre Mâcon et Cluny, ne sont pas mentionnées dans les comptes entre 1380 et 1440.

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La brouette de calcaire blanc se vend 8 s. 4 d. Celle de calcaire rouge62 (ou ferrugineux) vaut 1 s. 3 d. La première brouette coûte environ six fois plus chère que la seconde, la différence des prix s’explique par la qualité de la pierre. Ce sont 500 l. de pierres,

moins d’un m3, qui sont nécessaires à la réalisation du premier chantier – le réemploi est donc

important ; ou les aménagements limités. La seconde tranche des travaux nécessite l’utilisation de pierre blanche et de pierre rouge, dont on fait venir un quartier, environ 50 l.

La troisième phase des travaux nécessite davantage de pierre, quelques m3 venus de Charnay,

Chazoux, et de la perrière de Flacé. Les maçons comme d’autres artisans se trouvent « à la rencontre des activités sédentaires et de l’approvisionnement du chantier63 ». Les maçons

prennent soin de choisir sur place, dans les perrières, le matériau qu’ils souhaitent travailler. Philibert Martin, se rend dans les carrières et ramène sur le chantier de la pierre de Charnay et de Chazoux. Jeannin Colas loue un véhicule pour acheminer de la pierre depuis Flacé. Enfin, la pierre inutilisée lors de la première phase est réemployée dans les chantiers suivants. Il en va de même pour le bois64.

Les chantiers consomment beaucoup de bois. Le soin apporté au choix des essences montre que les bâtisseurs sont sérieux. Ils ont recourt à trois essences : le chêne, le sapin et le tremble. Le chêne, 85 % des pièces de bois mentionnées sur les chantiers, est un matériau rigide qui résiste à l’usure. Il sert à faire les huisseries au-dessus de la porte de la Barre, à renforcer les portes et les ponts, comme à faire les échelons des échelles. Le sapin, plus souple, est utilisé dans 10 % des cas, au renforcement des tours (« emparer » - « plateler »). Le tremble est transformé par les menuisiers. Il n’est mentionné qu’une seule fois.

L’origine des essences est variée. Le bois flottant sur la rivière de Saône est récupéré. Les matériaux démontés des anciens ouvrages sont recyclés dans les nouvelles constructions65. Plus généralement il est acheté. Benoît de Mornay, de Satonnay66, vend à plusieurs reprises, entre 1408 et 1418, du bois provenant de la forêt de Gourlaine. Les essences proviennent aussi du bois du Poil à Hurigny67, de Blany68 ou de Serrières69. Selon la qualité recherchée, il peut venir de plus loin encore, de Tournus70 ; voire, des poutres de chênes, achetées en foire de Chalon71, viennent de « Bourgogne72 ». Le « bon boys73 » bourguignon, acheminé par la Saône, est employé par exemple, en 1426, au pont levis de la porte de Charolles.

Enfin, de la chaux, du mortier et 300 tuiles sont acheminés de Replonges au cours de la Semaine sainte. Comme il est fort possible que les quantités n’aient pas suffi, une nouvelle commande est faite à un tuilier de Saint-Laurent. Afin de rehausser les murs d’« ung piez et demi de aust » (50 cm), on fait venir de la tuilerie de Saint-Laurent, 200 briques (« carons ») pour réaliser l’exhaussement, au prix unitaire de 4 d. la brique. A quatre reprises les comptes d’Antoine Gastelier évoquent l’achat de brique et de chaux auprès de Martin de la Croix, tuilier de Saint-Laurent-sur-Saône. Il réalise au moins deux fournées spécifiques, l’une pour les briques à la saint Georges (23 avril) et l’autre pour la chaux, vers la saint Mathieu (21 septembre). Lors de la dernière phase, la tuilerie du Bourgneuf, à Mâcon, fournit au chantier 50 mesures de chaux et quatre mesures de chaux vive, soit un total d’environ 1000 ou 1500 l., rapidement complété par une seconde livraison. Il reste à ajouter le sable dont deux livraisons sont indiquées.

Le cahier d’Antoine Gastelier, dans le détail, ne nous permet guère de connaître la nature du parc de véhicules dont disposaient les ouvriers. Il se compose de brouettes (appelées « Berouote »), de « bennes » et de chariots, sans doute à quatre roues, tirés par des bœufs. Dans ce dernier cas, on s’adresse à des spécialistes comme Jean Grégoire de Replonges, bouvier, qui intervient dans le transport des matériaux. On peut penser que ces spécialistes, qui vivent à la périphérie de la ville, ont des activités liées à l’expédition du vin et servent d’interface entre Mâcon et son hinterland. Jean Grégoire, tuilier à Replonges, met au service de la ville le véhicule qui lui a servi à livrer les 300 tuiles nécessaires au chantier. Il travaille

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trois jours, aidé de son frère, à transporter le mortier et la pierre. Le salaire journalier d’un voiturier et la location d’un véhicule complet est de 4 s. 2 d. C’est le mode de transport le plus cher. Le coût journalier d’une « benne » (un tombereau ?), pour un trajet infiniment plus court, est sans doute inférieur à 12 d.74, celui de la brouette, revient à 2 d.75 – 25 fois moins cher que le chariot.

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Les « petites gens » au service de la cité

A partir du moment où les matériaux ont été réunis, les chantiers fonctionnent à leur rythme de croisière. Les maçons et tailleurs de pierre montent en scène. Les maçons sont une douzaine à travailler aux murs vers l’Île-Saint-Jean. Peu de ces spécialistes travaillent les quinze jours que dure cette première phase : Jean Ponzin est présent 14 jours ; Jean Rosan et son fils, neuf jours et demi ; Philibert Martin et Jeannin Colas travaillent sept jours ; les autres sont présents entre quatre et cinq jours.

Jeannin Chambart et l’Avocat, son valet, travaillent toute la durée du chantier « a tailler les querniaux et archeres », ainsi que Guichard Vinsot qui y travaille huit jours et demi. Ils forment une catégorie distincte des maçons, celle des tailleurs de pierres.

Les manouvriers qui aident les maçons travaillent en moyenne cinq jours et demi sur le chantier. Guichard Chevalier sert pendant huit jours. Un brasier de Crottet n’est présent que deux jours, un second de Feillens une seule journée. Ils sont une vingtaine à venir en aide aux professionnels. Leurs origines géographiques indiquent l’attraction qu’exerce la ville sur son

hinterland. Ils arrivent de Crottet, Feillens, Prissé, Replonges, Saint-Clément, Saint-Gengoux

et Sennecé. Les Mâconnais qui prêtent main-forte sont des bouchers, merciers, pelletiers, tailleurs d’étoffes ou plus simplement des brasiers et manœuvriers.

La phase II des travaux76, qui remanient la porte de la Barre, nécessite l’emploi de sept

maçons, parmi lesquels se retrouvent Philibert Martin, Jean Rosan, Jean Chambart et Jeannin Colas. Pendant sept jours les tailleurs de pierre réalisent deux archères qui regardent en direction des terreaux et de Notre-Dame-des-Vignes, alors que des « vues neufves » sont placées dans la tour qui surplombe la porte de la Barre, dans le prolongement de la chaussée qui conduit à Solutré. En parallèle du chantier principal d’autres « vues nuefves » sont réalisées sur la tour du Colombier et à la porte de Charolles réaménagée avec l’ouverture d’une archère regardant vers la Saône, en prévention des opérations amphibies. C’est une

seconde équipe de maçons qui œuvre durant la troisième phase77 qui s’ouvre à partir du 25

juin. Jeannin Colas orchestre la manœuvre, il est présent 38 jours sur le chantier, alors que la présence moyenne, pour le reste des maçons est d’environ six jours. Des archères et des créneaux sont aménagés – sans que l’on sache vers où ils regardent.

En récapitulant, on peut penser que c’est une centaine d’allées et venues, à plus ou moins longue distance, qui ont alimentés les chantiers. Le fonctionnement de ceux-ci pose encore une série de questions. Ainsi, les salaires versés par Antoine Gastelier ne donnent aucune indication sur la quantité de travail fourni. Que signifient les 223 journées et demi travaillées lors de la phase I des travaux, quand on sait que certains des maçons sont parfois payés à la tâche78 ? Par contre, il est possible d’établir une échelle des rémunérations quotidiennes. Un manœuvre touche 2 s. 1 d. à la journée ; un couvreur, 3 s. 4 d. ; un maçon ou un conducteur, 4 s. 2 d., soit le double d’un manœuvre ; lorsque la tâche devient plus complexe, refaire une volée de marches d’un escalier, le maçon perçoit 5 s.

Des espions

Le chapitre dix-neuf diffère, l’ensemble des postes de dépenses concernent les salaires versés aux artisans chargés de « verdoyer » sur les champs à « savoir novelles ». L’articulation entre la collecte de l’information, pour prévenir les menaces, et la mise en œuvre pratique du renseignement par la transformation effective des défenses se situe sur le chantier. Les hommes envoyés sur les ordres du prévôt « verdoyer sus les champs » sont les mêmes qui travaillent à rénover l’enceinte lorsque la menace se précise. Ils vivent de la guerre et, dans une certaine mesure, la font.

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Professionnels compétents et insérés dans la société, ils occupent diverses fonctions au sein des offices municipaux. Ainsi, ils contrôlent le payement des rémunérations des artisans devenus espions devant la nécessité. Ils sont, à cette occasion, les témoins des comptes rendus d’enquête. Thevenet Ferrailleur, boucher et lui-même espion, est présent pour entendre à son retour Guichard Chevalier. Il en est de même pour Guillaume Grand, témoin du retour de Philibert Martin. Ces hommes appartiennent à la corporation des bouchers, des maçons et des pêcheurs – en lien avec les circuits économiques ? Ils forment un milieu homogène structuré par des liens professionnels et familiaux79 dont ils savent jouer lorsqu’il faut mener une enquête. Ils habitent dans les mêmes quartiers et se connaissent bien. Ils assurent, en échange d’une rémunération, un service qui ne correspond pas à une occupation à plein temps mais qui peut s’avérer lucratif en fonction de l’ampleur de la tâche à effectuer. Ces artisans, qui jouent un rôle particulier dans la construction de l’information, sont des leaders d’opinion qui recueillent les données et les relayent dans le groupe.

Conclusion

Le compte d’Antoine Gastelier accrédite la thèse qu’une histoire des « petites gens80 »

a un sens. Ces individus sont des acteurs spatiaux. Ils forment un ensemble de gens susceptible d'avoir, directement ou indirectement, une action sur les territoires. Ils ont leurs représentations mentales et patrimoniales ; leurs intérêts, leurs objectifs et donc leurs stratégies. De leurs actions résultent :

- le mode de fonctionnement d'un espace avec par exemple les systèmes de production et distribution : l’hinterland ;

- des choix d'urbanisme : les murailles ne sont que l’une de ces formes ; - le paysage ainsi produit : une ville close porteuse d’identité.

Ce paysage ne cesse d’évoluer. L’enceinte se modernise au grès des nouveautés technologiques, en juin 142281, plusieurs fenêtres82 de tir à « trayre bombarde » sont réalisées à la porte de Charolles, la première sur une des deux tours de la porte, une seconde sur « les murs des creniaulx » et une troisième, « sus les degres pour monter en la dite tour ». Une chambre y est aménagée pour garder l’artillerie83. Laquelle, frappée de la croix de saint

André, est prête, par ses langues de feu, à prêcher la bonne parole bourguignonne aux Armagnacs.

Benoît Léthenet EA3400 - UdS

1 T. BASIN, Histoire du règne de Charles VII, J. QUICHERAT, éd., Paris, 1855, p. 40.

2 C. GAUVARD « Qu’est-ce que l’opinion avant l’invention de l’imprimerie ? », in L’Opinion. Information,

rumeur, propagande (Les Rendez-vous de l’Histoire, Blois, 2007), s.l., Editions Pleins feux, 2008, p. 21-59 ; B.

GUENEE, L’opinion publique à la fin du Moyen Age, Paris, Perrin, 2002 ; pour une critique épistémologique, S. HABER, « Quelques mots pour historiciser L’espace public de Habermas » communication dans le cadre du programme : L’espace public au Moyen Age, Paris I – LAMOP. T. PAQUOT, L’espace public, Paris, La découverte, 2009.

3 ADCO, B11942, f. 38r°.

4 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 50v°, f. 52r°, f. 60r°, f. 70r°. L’opération a eu lieu avant le 13

décembre 1418. Après cette date les échevins passent plusieurs mandements pour réparer ou protéger la porte de Charolles et le bord de Saône.

5 Ibid., BB12, f. 72r°, f. 86r°.

6 Le plus ancien registre des délibérations du conseil de la ville de Troyes (1429-1433), A. ROSEROT, éd.,

Collection de documents inédits relatifs à la ville de Troyes et à la Champagne méridionale, Académie de L’Aube, Troyes, 1886, p. 211-212. À Troyes, le conseil du roi prend soin de mettre « bateaulx et nacelles […]

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dedens la ville par le ru Cordé » (1430) ; Ibid., p. 214, des pieux plantés à distance de la grève empêchent les embarcations d’accoster (« telement que bateaulx ne flettes n’y peussent devaler »).

7 S. DEVLIEGER-FROISSART, « Le château de Solutré : travaux et découvertes », H. MOUILLEBOUCHE

(dir.), Chatels et maisons fortes en Bourgogne, 2, actes des journées de castellologie en Bourgogne, 1999-2007, Montceau-les-Mines, 2008, p. 35-44 ; H. MOUILLEBOUCHE, « Les juifs du château de Solutré, ou la guerre de 1230 en Mâconnais », H. MOUILLEBOUCHE (dir.), Chatels et maisons fortes…, 2, op. cit., p. 45-68.

8 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 58r° ; l’opération s’est déroulée avant le 25 mai 1418.

9 RAMEAU, Mgr, « Les remparts de Mâcon au XVe siècle », Annales de l’Académie de Mâcon, 2, 1897, p. 1-8. 10 Jules César, Guerre des Gaules, Duval, Paul-Marie (éd.), Folio classique, VII, 90, p. 324.

11 D. BARTHELEMY, « Découvertes archéologiques au Cours Moreau », Bulletin du Groupement

archéologique du Mâconnais, 1967, p. 28-35 ; -, « L’oppidum de Matisco », Revue archéologique de l’Est, 24,

fasc. 3-4, 1973, p. 307-318 ; -, « Castrum de Matisco », Bulletin du Groupement archéologique du Mâconnais, 1973, non paginé.

12 Notitia Galliarum, Provintia lugdunensis prima, num. V., Castrum Matisconense. 13 Gui de Nanteuil : chanson de geste, M. P. MEYER, éd., Paris, 1861, p. 12, v.°364. 14 Le cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, RAGUT (éd.), 1864, charte n°3 et n°195. 15 De La Rochette, Histoire des évêques de Mâcon, I, 1866.

16 Le cartulaire de Saint-Vincent…, op. cit., charte n°378. 17 Chronique dite de Jean de Venette, op. cit., p. 91. 18 AMM, Droits patrimoniaux, CC52.

19 RAMEAU, Mgr, « Les remparts… », op. cit., p. 2. 20 Chronique dite de Jean de Venette, op. cit., p. 131.

21 Récits d’un bourgeois de Valenciennes (XIVe siècle), Kervyn de Lettenhove, Louvain, 1877, p. 333 : « ccxvije

hystoire […] Quant le duc de Bourgongne sceult que le conte de Monbliart s’en estoit ainsy retourné luy et ses gens, adont fist-il Ambaut le seigneur du Plaissy soy tenir et séjourner à Mascon, et le fier Arceprestre fist-il passer oultre la rivière de Sonne pour garder et deffendre le pays contre les compaignies. Et sy laissa ossy dedens Mascon et là entour monseigneur Aymon de Pommiers à tout grant plenté de gens d’armes, lequel fist tant par un matin qu’il eult bataille à Jehan Caufour et à Talehardon et à Guiot du Pin. Sy furent desconfis, et en prirent bien IIc et les menèrent en Digon [Dijon], et là les fist-on copper les testes, ne onques on n’en volut personne

renchonner ; mais adont eschappa de la dite bataille ung capitaine gascon qu’on appelloit Petit-Mescin qui prui fut prins dedens Luxembourc du duc de Brabant qu’on nommoit Viselin, et le print Witasse de Gommegnie. »

22 G. BUTAUD, « Murs neufs et vieux murs dans le Midi médiéval. Quelques remarques de synthèse », Cahiers

de la Méditerranée [En ligne] 73 | 2006, http://cdlm.revues.org/index1683.html

23 RAMEAU, Mgr, « Les remparts… », op. cit., p. 1 : « son ancien castrum romain, qu’utilisèrent les Sarrasins

au VIIIe siècle ».

24 « Quernel » : sorte de mesure, ex. querniaux de crapois (Godefroy Dict.). Il n’y a pas de doute possible dans le

cahier d’Antoine Gastellier, « querniaux » est synonyme de créneaux.

25 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 105r°, f. 108r°, f. 111r°, f. 114r°. 26 Ibid., BB12, f. 108r°.

27 Ibid., BB12, f. 108r°.

28 Ibid., BB12, f. 110v° ; également J. RICHARD, « Quelques idées de François de Surienne sur la défense des

villes à propos de la fortification de Dijon », Annales de Bourgogne, 16, 1944, p. 36-43.

29 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 110v°. 30 Ibid., BB12, f. 110v°.

31 Ibid., BB12, f. 110v°-f. 111r°. 32 Ibid., BB12, f. 104r°-f. 116v°.

33 Mais sa présence est bien attestée sur les chantiers, cf. Ibid., BB12, f. 85r° ; voir M. CANAT, « Etude sur le

service des travaux publics et spécialement sur la charge de maître des œuvres en Bourgogne sous les ducs de la race de Valois », Bulletin Monumental, 1898, p. 245-273 ; p. 341-357 ; p. 439-473 ; particulièrement la note 1, p. 251.

34 A. SALAMAGNE, Construire au Moyen Age. Les chantiers de fortification de Douai, Presses universitaires

du Septentrion, 2001. G. BLIECK, « Une ville close face à « l’éminent péril » : Lille en Flandre en 1411 et 1414 », Les enceintes urbaines (XIIIe–XVIe siècles), CTHS, Toulouse, 1999. Nous reprenons ici la méthode

employée par G. BISCHOFF dans : « Le château d’un ministre alsacien. Jacques Villinger, seigneur de Sainte-Croix-en-Plaine », Revue d’Alsace, Mélanges offerts à Francis Rapp, 1996, 122, p. 209-222.

35 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 104v°-f. 107r°. 36 Ibid., BB12, f. 104v°.

37 Ibid., BB12, f. 108r°-v°. 38 Ibid., BB12, f. 112r°-f. 113r°.

(11)

39 Sur sa recette de 130 l. 9 s. 4 d. Antoine a dépensé 67 l. 3 s. 1 d. (51,4 %) pour les trois phases de travaux plus

lourdes qu’à l’ordinaire.

40 Ibid., BB12, f. 107v°.

41 Ibid., BB12, f. 111v° ; il faut comprendre « Senizier » comme la chapelle Saint-Nizier au cœur du Bourgneuf. 42 Ibid., BB12, f. 106r°.

43 Ibid., BB12, f. 84v°. Le 24 février 1419, il perçoit un complément de 20 s. Il travaille, au prix fait, avec Jean

Prévôt.

44 Il s’agit également de travaux d’entretien classiques en vue de faciliter les déplacements et principalement

ceux de la garde lors de l’écharguet : « L’an mil iiijC xxiiij lundi xxvje jour de fevrier ; pour ce que par la grant

habundance de femier et de fanges qui sont par dessus les murs en pluseurs lieux par devers la Sone, et aussi pour la feteur et abominacion des latrines qui sont dessus terre emprés lesdits murs, l’en ne peut bonnement aller emprés lesdiz murs ne par dessus ne fere eschargueyt » (ibid. BB14, f. 31r°, 1425 [n.s.]) Le prévôt reçoit l’ordre de détruire les latrines (« incontinent ») et les habitants des maisons « emprés lesdiz murs qu’ilz vuydent et nectoyent lesdiz murs ». En direction du nord, l’emprise de la fange et des latrines s’étend de la porte Guyot de Nanton jusqu’à l’hôtel de Guillaume Mauléon ; au sud, elle court « depuis l’hostel qui fut humbert de Bleterens jusques à la tour Marendon ».

45 Ibid., BB12, f. 109r°. 46 Ibid., BB12, f. 113r°. 47 Ibid., BB12, f. 111v°. 48 Ibid., BB12, f. 107r°.

49 « Seillon » : également « seigle », petits sceaux de bois (Godefroy Dict.)

50 Ibid., BB12, f. 105r° : « pour une berrote de pierre blanche vendue 8 s. 4 d. pour fere les archeres ».

51 Ibid., BB6, f. 26r° ; Ibid., BB12, f. 74v°, f. 112r° : dépenses faites en 1417 et 1418 au pierrier de « la perriere

blanche de Flacié ».

52 Ibid., BB6, f. 45v° : dépense, passée en 1385, auprès d’un pierrier pour « vij quartiers de pierre blanche prinse

a Chasoy ».

53 Ibid., BB12, f. 113r° : « pour quartier de pierre roge […] pour mectre es murs ».

54 Ibid., BB12, f. 75v°, 76r°, f. 112r° : dépense, datée de 1417, pour de la « pierre roge prins en la perriere de

Charnay ».

55 Ibid., BB13, f. 20r°, f. 22v°: dépense réalisée en 1421 auprès de Jean Pierre, le « perrier de Senecié », pour de

la pierre rouge. 56 Ibid., BB12, f. 138r°. 57 Ibid., BB6, f. 115r°. 58 Ibid., BB6, f. 116r° ; f. 119v°. 59 Ibid., BB6, f. 26v°. 60 Ibid., BB7, f. 28v°.

61 Ibid., BB13, f. 23r° : « pour ung grant platee de pierre amenee de la Crot a Mascon et deschargie emprés la

tour Marandon »

62 « Berouote » : brouette (Van Daele Dict.)

63 G. BISCHOFF, « Le château du ministre… », op. cit., p. 215. 64 AMM, Registres des délibérations, BB12, f. 107v°.

65 AMM, Registres des délibérations, BB7, f. 22v°. En 1390, on réemploie le bois des anciennes bretèches

démontées vers le couvent des frères mineurs ; Ibid., BB14, f. 45v°. En 1426, on prend soin, lors de la réfection du pont de la porte de Charolles de garder « toutes les bonnes poux qui y seroit et en rappareillera le petit pont ensuivant et les aultres pont de la ville la ou il sera necessaire ».

66 ADSL, Compte de la seigneurie de Satonnay, E380, f. 39v° ; AMM, Registres des délibérations, BB12,

f. 136v°.

67 ADSL, Compte de la seigneurie de Satonnay, E380, f. 61v°. 68 Ibid., E380, f. 54v°.

69 Ibid., BB12, f. 108v° : c’est le cas du bois nécessaire à construire le matériel de guerre, un chat, à la

chandeleur 1418, pour prendre Solutré aux Armagnacs en mai 1418.

70 Ibid., BB12, f. 81r°. 71 Ibid., BB13, f. 17r°.

72 Ibid., BB13, f. 22v° : quittance de 26 l. 6 s. 8 d. donnée à Jean Bombier, dit Gouget, de Tournus pour « un

grant navoit de bois amené de Bourgogne et vendu par lui » (1421).

73 Ibid., BB14, f. 45v°.

74 Ibid., BB12, f. 111r°. Jean Pinson, maçon, est payé 7 s. 6 d. pour trois bennes de mortiers et un jour de travail.

Le salaire journalier d’un maçon est de 4 s. 2 d., comme tous les professionnels qui interviennent sur le chantier. Il reste donc 3 s. 4 d. pour payer les tombereaux, au prix de 1 s. 1 d. Il est probable que ce prix unitaire

(12)

corresponde à celui des 45 l. de mortier environ, non au coût du transport qui, par conséquent, est inférieur au sous.

75 G. BISCHOFF, « Le château d’un ministre… », op. cit., p. 216. 76 Ibid., BB12, f. 108r°-v°.

77 Ibid., BB12, f. 112r°-v°.

78 Ibid. BB12, f. 105v°. Jean Rosan et Jean Ponzin sont payés 30 s. chacun pour élever (« raser ») la tour de la

Chevroterie, et pour « metre deux bochets es deux costès de la dicte tourt pour sostenir une piesse de boys qui va a travers de la dicte tourt ». Cette somme de 60 s. est payée en plus des 14 journées et 9 journées et demi de travail passées sur le chantier par les deux maçons. A cette occasion, Jean Rosan a déjà perçu 31 s. 8 d. et Jean Ponzin, 48 s. 4 d.

79 P. BENOIT et Ph. LARDIN, « Les élites artisanales… », op. cit., p. 300.

80 J. MORSEL, Les « pauvres gens » (arme leute) en Haute-Allemagne à la fin du Moyen Âge. Ou, une histoire

des « petites gens » a-t-elle un sens ?, Montréal : Canada (1999), mise en ligne en juin 2008 | http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00289565/fr/. Plus généralement, Le petit peuple dans l’Occident

médiéval. Terminologies, perceptions, réalités. Actes du Congrès international tenu à l’Université de Montréal (18-23 octobre 1999), réunis par P. BOGLIONI, R. DELORT, C. GAUVARD, Paris, Publications de la

Sorbonne (Histoire ancienne et médiévale, 71), 2002.

81 Ibid., BB13, f. 72v°.

82 E. JACQUIER, « Echiffe et fenêtre flamande. Deux éléments prépondérants de la défense dans les châteaux

bourguignons au XVe siècle », J.-M. POISSON, J.-J. SCHWIEN (dir.), Le bois dans le château de pierre au

Moyen Age, colloque de Lons-le-Saunier, 23-25 octobre 1997, Besançon, PUFC, 2003, p. 109-128.

83 A. SALAMAGNE, « Des armes mécaniques aux armes à feu ; quelques réflexions complémentaires sur

l’évolution de l’architecture militaire dans les anciens Pays-Bas bourguignons », Revue internationale d’histoire

Figure

Figure 1 – Anciens remparts rue de l’Arbalète  (photographie : services de la ville de Mâcon)
Figure 2 – Les dépenses d’Antoine Gastelier (1418)

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