Appro che so ciologique des émotions collectiv es
manifestées à la suite des enlèaements et meurtres d'enfants et d'adolescents .
Valeurs et pratiques éthiques en entreprise
'
"
Lieux de mémoire indiaiduels
et structuration des interactions
Sur les syndromes de Lamattine et Ptoust Maîtrise des défaillances aocales
et indétermination des catégories dans le trauqil de chanteur lyrique
Le choix résidentiel rural :
une articulqtion de comp ortements indioiduels à contenu social, économique ou
culturel
'NOTES C ill Tl cLU ES - NOT I C t S Ll I ll l-l ()c IIA l) ti I (\J F \
Be ,qrRtce CoRote R
. IocrrvNe Rosrar
Crnuor Jnvr,ru
EsrH eR GoNz,qrez MnRrtNez
...
.
LLuneNCETHoMslN. BrNotr Brnn,qno' B rrrNLnttrr B,qwt N- Lrc Ros { I IValeurs
et
pratiques
éthiques
en
entre-prises
Jocelyne ROBERT
Université Libre de Bruxelles - HEC Liège
Introduction
L'éthique constitue aujourd'hui un thème de plus en plus rabattu dans la gestion des organisations. c'est pourquoi, nou, uuôn, souhaité préciser, dans cet article, la signification et lés enjeux actuels de cette question pour les entreprises et pour ceux qui y tiavaillent. La
recher-che de profit, qu'accompagne une concurrence achamée, ne
va
pastoujours de pair avec le respect de chacun. De multiples arÉitrages plus
ou moins explicites tentent de concilier les differents points
î.
uu". cependant, des zones d'ombres subsistent. La distinction entre ra voie à suivre et celle à éviter est loin d'être univoque.Poursuivant un objectif de rentabilité,
lei
dirigeants élaborentfor-mellement ou informellement des techniques de gestion. pour ce faire,
toutes
les
entreprises suivent avecplus
ou Àoins de
rapidité et d'intensité, avec plus ou moins d'espriicritique et de vigilance, les mo-des du management. F.lles défendent égarement toutes, explicitement ou implicitement, par des discours et par des actes, certainei valeurs et règles, de conduite ayant un caractère contraignant plus ou moinsac-centué. ces valeurs et règles, diversifiées et relatives, orientent les
ac-tions de chacun. Les situations rencontrées et les discours ou opinions entendus n'ont de sens qu'en lonction du contexte spécifique dans
le-quel ils apparaissent. Toute généralisation et analyse effectuées se
ré-vèlent dès lors hasardeuses tant les situations sont le plus souvent liées
à un grand nombre d'éléments : histoire de [entreprise, expérience et passé des intervenants, caractéristiques
de l'environnement,
particula-rités du produit ou du service proposé, etc. Telle entreprise montree en exemple aujourd'hui se trouve pointée du doigt et condamnée quelque
temps après. L'équilibre éthique se
voit
biendifficile
à construire et plus encore à maintenir.78 J. ROBERT
Nous tenterons, dans un premier temps, de préciser certaines valeurs,
telles qu'elles sont exprimées le plus souvent par des nollnes et règles que chacun, au sein des organisations, se doit de respecter. Nous
analy-serons ensuite
la
forme selon laquelle ces valeurs, présentéesau-jourd'hui comme primordiales, sont énoncées et nous avancerons
cer-taines hypothèses quant à la signification sociologique de ces discours.
Il
nous semble en effet intéressant de constater combien certaines va-leurs, reconnues comme références, en deviennent de réels moyens de gestion et ce afin d'augmenter la performance des entreprises amenéesà
naviguer dansun
environnementà
certains égards contradictoire. Partagées entre un souci de morale et d'équité d'une part et la nécessité de répondre à une concurrence internationale acharnée d'autre part, les organisations sont amenées, par la voix de leurs responsables, à tenir un discours empreint à la fois de conviction et de responsabilité. Apparais-sent alors diverses prises de position, formelles et informelles : celles des actionnaires, de la direction ou des syndicats auxquelles se mêlent les opinions individuelles de celui ou de celle qui se sent concerné di-rectement ou indirectement parla
décision prise ou à prendre. Car,c'est, le plus souvent, aux différents échelons de la hiérarchie que le < déchirement éthique > a lieu. Les décisions en matière de réduction
du temps de travail afin d'assurer une embauche complémentaire en sont un bel exemple. La rencontre entre la poursuite d'intérêts
indivi-duels et le souci du bien commun constitue I'objet d'âpres négociations
dont le résultat est parfois bien éloigné d'une adhésion spontanée et sans réserve qu'une référence morale semblerait, en un premier temps, supposer.
l,analyse proposée
ici
permettra dès lors d'esquisser les passagessouvent tortueux qu'empruntent les prises de décisions issues d'un dé-bat éthique. Des confusions et des ambiguités subsistent dans I'attente de la preuve qui confirmera à posteriori aux différents acteurs le carac-tère de justice distributive de la décision adoptée. Loin de s'imposer à tous, la
(
norïne morale >>, référence des débats éthiques, doit plutôt seconstruire et se faire accepter, étape par étape. Ce processus long et
pé-riileux constitue lui-même un moyen de gestion du personnel, dans un contexte économique, social et politique spécifique.
Valeurs, morale(et éthique
< L'entreprise est le lieu où s'orchestre avec le plus de conviction la
valse des éihiques >> précise
Alain
Etchegoyen'- L'éthique comprendtrois dimensions
:
la définition de la mission, I'octroi des valeurs et l'éthique des affaires2.VALEURS ET PRI
Les missions, qu'affiche I'en sens au travail réalisé Par cha' cessifs, impliquent une adhésit amenés à contribuer à leur réali Quand une entrePrise de restaurt
Ies hommes >>, ou quand une indu
est de <<Yêtir les hommes >>, I'oul
par la mission est bien PrësomPtt
qui pose sa Pierre sur le mur e ionstruit une cathédrale' L'éthiq
À p.opos des valeurs,
il
s'z imposées > d'une Part, et < les portement des hommes au trepermet
de
distinguer l'éthi< 1'affichage des valeurs, et I'idportements de ceux qui la fol àuteur, sur << la communicatit
des hommes et leurs amours r
celle qui consiste à dire que sur I'éthique, Plus elle affiche
tique l'éthique, moins elle se et valeurs citées en exergue,
droit à l'erreur, confiance, lo1 hommes, courage, Profession'
sidiarité, collégialité, honnêt
veloppement Personnel, Perfe L' éthique d' entrePris e, Por
révélatrice de nouvelles forn
sant I'entrePrise comme un auxquelles les membres de
i''
L'ëthique d'entrePrise ressem'
Rousseau- (..) Le Plus fort ne
vienne un droit Comme Ie droi
restent le bien et le mal Pour .
vient une srratégie de contrôle' Dans ce sens, celui ou cel'
coupable. I1 est
le
bouc érvaleurs, :t règles s analy-ées au-)ns çer-iscours. ines va-yens de Lmenées lictoire. écessité oart, les tenir un rparais-: celies :mêlent emé di-re. Car, , que le duction laire en indivi-;iations anée et 'temps, assages 'un dé-'attente I carac-poser à lutôt se g et pé-lans un ction la mprend eurs et
VALEURS ET PRATIQUES ÉTHIQUES EN ENTREPzuSES 79
Les missions, qu'affiche I'entreprise, peuvent contribuer à donner du sens au travail réalisé par chacun. Cependant, ces projets, parfois ex-cessifs, impliquent une adhésion sans faille de Ia parl de ceux qui sont amenés à contribuer à leur réalisation.
Quand une entreprise de restauralion collective s'arroge la mission de << nourrir
les hommes >>, ou quand une industrie de Ia confection proclame que sa vocation
est de <<vêtir les hommes >>, I'outrance e$ yite perceptible. (...) Dëfinir I'identité
par la mission est bien prësomptuew (...). Le projet implicite est clair : le salarië -qui
pose sa pierre
,ui
l,
n u, eI y gagne sa vie doit at'oir la conviction qu'il construit une cathëdrale. L'éthique commence ainsi par un leurre sur les fins3 .À p.opos des valeurs,
il
s'agit de distinguer les valeurs < décrétées, lmpoiOes > d'une part, et << les valeurs qui décrivent avant tout le com-poiement des hommes au travail > d'autre part. Cette différenciation permetde
distinguer 1'éthiquede
I'entreprise,qui
correspond à i'affichage des valeurs, et I'identité de l'entreprise, basée sur les com-portements de ceux qui la font. Cette identité repose, pour citer notreauteur, sur (< la communication qui sourd en silence dans la mobilité
des hommes et leurs amours multiples uo. Et d'avancer une hypothèse :
celle qui consiste à dire que plus une entreprise multiplie les discours sur l,éihique, plus elle affiche des codes et des chartes, moins elle
pra-tique l'éthiqué, moins elie se base sur des actes. Parmi les compétences et valeurs citées en exergue, on peut
citer:
(
solidarité' responsabilité,droit à i'erreur, confiancè, loyauté, intégrité, rigueur' effort, respect des hommes, courage, professionnalisme, écoute des autres, tolérance,
sub-sidiarité, coliégialité, honnêteté, transparence, autonomie, équité, dé-veioppement personnel, perfection >'.
L;àthique à'entreprise, pour A. Etchegoyen, est à la fois aliénante et
révélatriée de nouvelles formes de domination de l'entreprise.
Propo-sant I'entreprise comme un paradis artificiel, elle décrète des valeurs auxquelles les membres de I'organisation n'ont plus qu'à se soumettre.
L'éthique d'entreprise ressemble beaucoup au droît du plus fort critiquë par Rorssôau. (...) Le plus fort ne se contente iamais de la force, il veut qu'elle de'
vîenne un droit. Comme le droit relève en grande partie du domaine public, seuls
restent le bien et le mal pour le territoire de I'entreprise privée. L'éthique de' vienl une stratégie tle contrô!e6'
Dans ce sens, cèlui ou celle qui ne respecte pas le droit devient alors coupable. I1 est
le
bouc émissaire, celuiqui
porteia
responsabilité80 J. ROBERT
On
peut,pour
l'auteur, distinguer deux sortes d'éthiques dansI'entreprise: celle qui explicite les règles du
jeu
et celle qui a pour< objectif d'embrigâder 1ès saiariés dans
un
système de valeurs qui confond sans cesse le volontarisme et la réalité objective, ce qu'estI'entreprise et ce qu'elle souhaiterait être, le credo moral et la
subordi-nation psychologique >. cependant, nous nous rallierons volontiers à un p.opo, plus nuancé du même auteur car les situations peuvent varier
d'rrn.
L.g-isation
à l'autre. <Il
existe toute une gradation de cas : de"".r*
q.riy
croient ou feignentd'y
croire à ceux quirevendiquent ou-vertement le rôle de l'éthilue face à la
"on",-,rt"nte
"t'
Il est intéressant de mettre ces distinctions en parallèle avec celle que
rappelle J.-L. Genards, analysant I'ceuvre de Dupréel et distinguant le
nivèau des instincts sociatu << de l'ordre des valeurs de vie ou
biologi-ques )), celui de la connaissance des règles < fondées sur l'intérêt de la société, où chaque acte moral est élevé par rapport à une autre valeur élevée au rang àe critère : la convenance du groupe >>, celui de I'idéal
moral auquel on se réfère quand
il
y
a conflit entre groupes concur-rents : < L'universalité de ces valeurs ne tient pas à elles-mêmes maisau
fait
qu'àun
moment donné elles sont susceptibles de créer unconsensus des consciences >>.
Selon nous, si l'éthique d'entreprise semble se référer plus particu-lièrement à
la
seconde acception-
la connaissance des règles-
ellen'hésite pas à évoquer des valeurs plus < universelles >>, bien que
rela-tives, comme I'honnêteté, le respect,
la
solidarité. Elle conceme' parailleurs, comme nous le préciserons ultérieurement, des situations de crises psychologiques, comme la gestion de I'angoisse, rencontrant dès lors le premier ni'treau évoqué ci-dessus, celui des << instincts sociaux >'
Les valeurs avancées
Les entreprises prônent I'acquisition d'un certain nombre de compé-tences liées directement aux valeurs. Certes, précédemment,
il
fallait faire preuve de perfectionnisme, de dextérité, de rapidité, etc., unen-,"mbi"
de qualités liéesà la
productivitéet à la
performance deI'entreprise. Àujourd'hui, on parlera plutôt de capacité de flexibilité' de cupuciié de
-oËilité,
de celle de travailler en équipe, etc. Ces compé-tences deviennent de plus en plus des qualités comportementales, voiredes qualités morales : adaptation, ouverture aux autres, honnêteté,
es-prit
à'initiative, etc.
Il
ne
s'agit
plus
seulementde
faire
preuveà,efficacité et d'arriver au résultat attendu, mais d'y arriver d'une cer-taine manière. Le < savoir-être > semble prendre le pas sur le <
savoir-faire > ou le << savoir > tout court.
VALbURS trl
La question PrinciPale de
voir en quoi la fonction oc' I'entreprise souligne D. Br
d'un
colloque organisé su Liège, 1998). Le Partage de le moment de I'anticiPationelreurs, son manque d'infor
cessaire pour résoudre ses valeurs comme I'innovatior
gens, I'intégrité- L'accent d'informations,
la
motivaI'urgence des situations, dr changement Par la valorisal
Bien sûr, certaines de cr
d'autres d'ordre technologi
sabilité relèvent quant à ell
Valeurs collectives, moral
Les références << locales rent d'autant Plus d'imPo trouvent reléguées au secc vetsky, Nicole Aubert et
\
lon lequel les grands sYst laissant la Place à un indi
serait
en
Partie
suscePt I'entrePrise comme iieu Pc I'entreprise-
comme à 1'étre. On lui demande de Pe
ciale, de donner du sens z
veloppement d'une région'
À
f
inu"tt",
I'entrePriseelle-même, Plongée dans
concurrentiel et difficile, a
elle et qu'on mobilise Po' importe alors de convainc
leurs Promues. C'est dan amené à s'< investir >' à t dépasser I'angoisse que I'z I1 s'agit d'analYser son préciser daqs quelle mest
VALl,l.JRb t, I I'KAllQ\rÈ,ù l, lrrrQuLù Lr\ Lr\ lrur ^arLJ e,
rr
deux sortes d'éthiques danslgles du
jeu
et celle qui a pourlans un système de valeurs qui
:t
la
réalité objective, ce qu'est :tre, le credo moral et la subordi-rous nous rallierons volontiers à r car les situations peuvent varier e toute une gradation de cas: de:ire
à ceux qui revendiquent ou-"orr"...-,ra"na" ,)t..ctions en parallèle avec celle que rvre de Dupréel et distinguant le lre des valeurs de vie ou
biologi-ègles << fondées sur I'intérêt de la té par rapport à une autre valeur nce du groupe >, celui d,e I'idéal
a conflit entre groupes
concur-ne tient pas à elles-mêmes mais
s sont susceptibles de créer un
e semble se référer plus
particu-l
connaissance des règles-
elle rs << universelles >>, bien querela-la
solidarité. Elle conceme, parultérieurement, des situations de on de I'angoisse, rencontrant dès s, celui des << instincts sociaux >.
n d'un certain nombre de compé-Certes, précédemment,
il
fallait.extérité, de rapidité, etc., un
en-rctivité
et à la
performance delutôt de capacité de flexibilité, de
liller
en équipe, etc. Ces compé-qualités comportementales, voire 'erture aux autres, honnêteté,es-rlus
seulementde
faire
preuve endu, mais d'y arriver d'une cer-rle prendre le pas sur le <savoir-La question principale devient, pour chacun dans I'entreprise, de
sa-voir en quoi Ia fonction occupée permet d'augmenter la plus value de
l,entreprise souiigne D. Buyens, professeur
à
la
Vlerick School lorsd,un colloque organisé sur
la
performance des entreprises (FIEC-Liège, 1998). Le partage des responsabilités est une priorité. C'est aussi
le moment de i'anticipation :
il
faut reconnaître le plus tôt possible ses elreurs, son manque d'informations, et accepter de demander I'aide né-cessaire pour résôudre ses problèmes. La performance repose sur desvaleurs
àn1-"
l'innovation, le contact avec les clients, le respect des gens, I'intégrité. L'accent estmis
surla
communication, l'échangei'informations,
la
motivation,la
mobilité.Il
s'agit
de
souligner i,urgence des situations, de favoriser I'employabilité et de stimuler lechaigement par la valorisation des compétences stratégiques'
Bién sûr, tertaines de ces compétences sont plutôt relationnelles et d,autres d'ordre technologique, mais le respect, I'intégrité ou la respon-sabilité relèvent quant à elles de la sphère morale'
Valeurs collectives, morale individuelle et évaluation
Les références << locales >> que l'entreprise contribue à créer
acquiè-rent d'autant plus d'importance que les valeurs morales globales se trouvent reléguées au second plan. En référence aux travaux de
Lipo-vetsky, Nicole Aubert et Vincent de Gaulejac reprennent le constat
se-ion làquel les grands systèmes de sens ont progressivement disparu,
laissani la place à un individu narcissiquee. C'est cette évoiution qui
serait
en
partie
susceptibled'expliquer
I'importance accrue deI'entreprise comme lieu pourvoyeur de sens. Les demandes adressées à
I'entreprise
-
comme à I'école, ajouterions-nous-,
ne cessent de croî-tre. On lui demande de permettre la reconnaissance économique etso-ciaie, de donner du sens aux actions entreprises, de contribuer au dé-veloppement d'une région, d'un pays.
À-
i'in,r"tt",
l'entreprise exige, eile aussi, davantaÈe. < L'entrepriseelle-même, plongée dans
un
contexte économiquede
plus en plusconcurrentiel et difficile, a besoin plus que jamais qu'on s'investisse en
elle et qu'on mobilise pour elle tàutes 1".
."rrour."s
d'énergie o'o'Il
importe alors de convaincre chacun de participer et d'adhérer auxva-leurs promues. C'est dans l'entreprise également que
I'individu
estu-"rré à s'< investir >, à trouver un (( épanouissement personnel > et à
dépasser I'angoisse que I'absence de sens p.o.ure".
il
s'agit d;analyser son propre rôle au sein de I'organisation et de82 J. ROBERT
l'entreprise. Ceci suppose de connaître les exigences attendues en vue
de réaiiser le bien
.o*-un.
Nous touchons là à une capacitéfonda-mentale : celle de situer ses actions, voire ses intérêts individuels, par rapport à un intérêt collectif. or, dans un contexte socio-économique de
plui
"n plus < chaotique
>>, face à I'absence relative de signification des
ànj.ux
é.onomiqrres'de plus en plus globaux, I'incertitude quant àL'avenir apparaît.
Il
s'agii alors pour les.responsables d'entreprises etpour
les'indi.,riausqui
contribuentà
la
réussitede
ces dernières à'orienter leurs actions par rapport aux grands axes stratégiques quetraduisent, en partie, les projeti d'entreprises. L'évaluation des actions individueLles se fera alori pâ. rapport à la réalisation des objectifs fixés
avec chacun. Cette réalisàtion dépend cependant de bon nombre de
facteursquiéchappentàlamaîtriseduoudesindividusconcemésà
priori :
""iion,
des collègues immédiatsou lointains' changements dans i,"nuironnement éconoÀique de I'entreprise, attitude différente des
clients, perceptions différentes des acteurs de l'évaluation' etc'
Entrerdansceprocessusd,évaluationindividuelleet,demanière
plus générale, répondre aux critères de compétences <-morales
)
atten-ir,
,"uppo." ur,. attitude de confiance fondamentale dans le fonction-nement du processus. Sans cette confiance à priori'il
semble malaisé',inon irnpoisible de répondre aux exigences attendues' L'organisation
du travaii en équipes, pa. .xetnple, avec désignation d'un animateur du
g.orp",
associêe;;"
réduction des niveaux hiérarchiques' modifiei.orânâe*"nt
le mode de relations que connaissaient les travailleurs.En effet, toute tentative de détoumement des exigences de
fonctionne-;;t;
#p*"ît
immédiatement' Une modification' par exemplê' de la teputtitiôn du travail entre les membres de l'équipe' reposant sur unaccord tacite en cas de problème rencontré par I'un d'entre e.ux' devient
b"uu"oup plus difficile à dissimuler au responsable'
-La notion de
soli-darité
ei
d'n é.hung. de service )) entre les travailleurs devient plusmalaisée à mettre
.n ..rt
."'
Le formel prend le pas sur l'informel' La"on""pt;onabstraitedel'entreprise,àtraversl'adhésionauxvaleursptÀneà., et
la
confiance de principe dansle
bon fonctionnement decelle-ci, semblent parfois
pttndt"
le pas sur les interactions' les ajuste-ments progressifs, les jugements, positifs ou négatifs' la confiance ou le douteiu'ilplique
une réelle relation de travail'VALEURS ET P
Étttiqu" de resPonsabilité, é
< L'essentiel consiste selt
nelle des conséquences que l
ponsabilité d'entrePreneur. I que de conviction et notre ét ges Jacobs, resPonsable de I
tions > belges Pendant Plusi< Toute valeur, comme la exemple, manifeste bien la
éthique de resPonsabilité'
(
moment où elle met en caus( Certes I'entrePrise se doilsemblent des évidences, et partagées Par tous ceux qu rôle d'éducateur. Car ni
I'ef
elles seules comme référenc
La
situation selon laque face à 1'éthique de l'entrePrtiné à prévenir tout télesco une véritable schizoPhrénie
la transparence, I'exemPlar
introduire un regard Plus I
plus
sYstématiquement él i'entreprise >tu.Il
s'agirail donner plus d'imPortancegeants
se
doivent
de<< L'entrePrise a besoin de
de confiance. Le lien entre de la resPbnsabilité vets f i
sur I'imPortance accordée dant se Poser dès à Présent parence, de confiance et m
de déPasser
la
distance tl'individu. Ne s'agit-t-il Pa gestion Plus efficaces encc valeurs sPécifiques. Certel
produit de qualité ou de tt
i'entreprise. CePendant, la
(le bonheur de chacun dan 1'entrePrise) reste Posée'
3s exigences attendues en vue
rons là à une capacité fonda-re ses intérêts individuels, par contexte socio-économique de ce relative de signification des globaux, l'incertitude quant à ; responsables d'entreprises et
la
réussitede
ces dernières grands axes stratégiques que 'rises. L'évaluation des actions a réalisation des objectifs fixés cependant de bon nombre de ou des individus concernés à ou lointains, changements dans eprise, attitude différente des rs de l'évaluation, etc.rn
individueile et, de manière :ompétences < morales)
atten-londamentale dans lefonction-nce à priori,
il
semble malaisé, :nces attendues. L'organisationdésignation d'un animateur du
niveaux hiérarchiques, modifie
:
connaissaient les travailleurs.rt des exigences de
fonctionne-rdification, par exemple, de la
:s de l'équipe, reposant sur un
tré par I'un d'entre eux, devient responsable. La notion de
soli-re les travailleurs devient plus prend le pas sur I'informel. La
travers l'adhésion aux valeurs
lans
le
bon fonctionnement de s sur les interactions, les ajuste-ls ou négatifs, la confiance ou ie: travail.
VALEURS ET PRATIQUES EfHiQUbS bN bN IT(IATI(I'5LJ
Étf,iqu" de responsabilité, éthique de conviction
<< L'essentiel consiste selon moi à rapprocher cette morale
person-nelle des conséquences que peut avoir tel ou tel acte posé en notre
res-ponsabilité d'entrepreneut'
Èt
d'autres termes : réconcilier notreéthi-que de conviction et notre éthique de responsabilité >12' explique Gbor-ses Jacobs, ,"rpon.ubl.
i"
1'U'ion Chimique Beige et < patrondes
pa-iron, u belges pendant plusieurs- années'
Toute valeur, comme
la
transparencede
la
communication' par.t;;;i;,
-àr,ir"rt"
bien la distinôtion entre éthique de convictionet
éthiquederesponsabilité.(Latransparencedoits'arrêteràpartirdu
moment où elle m"t "n cause les intérèts
"'uiegiqu"t
de la société >r3' Certes l'entreprise se doit d'affirmer'"'
uuiluit
: <.mime sielles lui
semblent des évidences, et de s'assurer qu'elles soient ;omqlises et
partagées par tous ceux qu'elle."Tpl.oi": En ce sens I'entreprlse a un rôle d,éducateur.
carni
l,àfficacité, ni même l.q légitimité ne suffisentà elles seules comme réfJrences des décideurs >la'
La
siruationr"lr;-i;;"11e
i'éthique individuelle devrait s'effacerface à l'éthique a"
r'""itËfl'e
suscitË des problèm"t:.19" hiatus' des-tiné à prévenir tout;;i;;p"g"
entre des éthiques différentes' génèreune véritabl"
,"ttlropn'e"i"'''5'
Le'
auteurs voient dans << la confiance' ia transparence, I'exemplarité, la responsabilité > des moyens < deré-introduire un
."gurif'rlt
rt"À"it
dioù la morale de l'autre ne seraitolus
systématiquement évacuéeau profit de
la
seule morale dei.'ir."j*^;i.u."ii;;;;iruit
a"
responsabiliser les individus; de leur donner plusd'impott"î;;
dans la conduite du changement' Lesdiri-geants
se aoit"ni
à"
partagerleur
avis
avec
1'encadrement'<< L'entreprise a besoin de repèrés autant-que le collaborate:r.a
besoin
deconfiance.r-"ri.""nt.eladirectionetlescoilaborateursdoitévoluer
de la
responsabilité;;;-i;;romie
>>r?. Nous reviendrons par la suite
surl'importanceaccordéeaujourd'huiàl'autonomie'Onpeutcepen-ààr,
*
poser dès à présent la question de savoir si les valeurs detrans-p"r""""i
d""onfiuni" et maintènant
d'autonomie permettent réellement
de dépasser
la
distance entre éthique- de I'entrepriseet
éthique def
individu.N"
,'ugii-t-it pàtJuu*oie
de mettre en place des modes degestion plus efficace;
";;t"
impliqiant la reconnaissance de certaines valeurs spécifiques.êt*"',
il
eit
tàujours plus agréable de vendre unproduit de qualité ou de travailler en connâissant la situation réelle de 1'entreprise. C"p"nâuni, la luestion de la relation entre bien individuel
(le bonheur a"
"nu*t'
Éu"'i'"nt'"p'ise)
et bien collectif (la réussite de l,entreprise) reste posée. Adhérei aux valeurs de I'entreprise, c'est
;;;naîrre
cetes-ci comme primordiares, c,est devoiraccepter et éprouver
-
si tout s€ passe pour lË mieux-
le sentiment d,être res-ponsable du devenir d'une orgànisation dont la maîtrise est susceptible d'échapper à la plupart.Système économique et entreprises
Le
désarroi sembre caractériserra période actuere. Les nouveaux classiques, comme le.s nouveaux k"yné.ienr,
."*bl.ntÇWegi",
lurationalité des choix des agents et ne semblent pas très positifs
quant à < I'efficacité de la gestion àe la dernande... pour surmonter
Iinflation
et le chômage
rtt.
c"ï"
soumission aux loisdu marché rerève égaiement d'une prise de position morale et
politique.
r vrv v v uè
"'
la tendance des^écon.omis-tes à s'opposer à r'intervention det,Ént, quere qu'elle soit, peur n'être rien d'autre qr)'h rrrornaissance de leur part qu,ils ne savent loul simplement pas quoi faire. Nous ne sommes pas les seuls observa_
teurs à être choquës par ,irresponsabirité morare de ce'rerrait à"r")rao"rupo_ tions économiques des dures réàlités de la vie
poliiii"rrO
'"
qLL u'r Pt
Le modèle économique prôné par I,Union Européenne n,échappe pas
lui non plus aux contrâdiciionr.'Réf"."n"e, prétexte
parfois à certaines décisions,
il
est susceptible de rassurer touten augmentant les inquié_ tudes.' Le souci de protection, le désir de puissance vis-à-vis
du reste du monde a été parfois évoqué lors de ra construction
européenn".-c"p.n-dant, <<
I'union
européenne actuelle (...)loin
a'etreu'n-r.rnpart
à
la:::,0:?lttiiil,l'
1st.dev1nu.e Ie révéiateur sinon son instrumint prin-crpal)--.
L'augmentation de la dérégulation,la libéralisation des mar_ chés laisse craindre l'économie de mirché et les
concu,'"n""r]'.'
Ces
remarques conduisentHenri
Bourguinatà
constater que
I'aventure européenne << progressivement et presque sans que
l,on y ait pris g.arde, a changé profondément de sens rr.
tt n"
."-ut"
guir"
a"il"
d'attribuer la cause de ce changement, soit à d'éventuêlles décisions des autorités européennes, soitàl'effet
de la mondialisation. plutôtque
de construire
.des poritiques communes fortes et de
favorir",
urr" p.o-tection européenne,il
s'àgirait d'effectuer unprocessus de rationalisa_
tion et de modemisation àe
'espace
êuropéen. cepenaanl
l"r
l
r"nr"-ges d'une monnaie unique- "o--"
la réàuction des incertitudes liéesay
laux de change ou encore |existence d'une politique monétaire co-gérée prenant le pas sur le pouvoir d'une
banque nationale spécifique
-n'empêcheront pâs un certain no*bre de désavant"g.r
;;;;
rabu-reaucratie ou le risque d'inertie. << pendant ce temps, parce que les faits aussi sont têtus, les marchés prendront
d"
l,avance'"ii_|or".on,
f"
mondialisation ,r22VALEURS ET P
Les valeurs collectives, au dèle commun dominant : celr une relation de marché, la lil un souci permanent de profi I'environnement contraint I'r
plus, souci que doivent au
I'entreprise dans une veille p
nement qui pourrait un jour q treprises, par le biais de leur ment
:
< C'est vrai que le c<nous pouvons et devons
I'inf
devons analyser en pleine luc quences et mettre en place le par un environnement éconon fondé sur les règles du marcht
écueils et les éviter. Le mod
noncé de plus en plus souv changement n'est plus I'objt C'est dans ce contexte
qu'il
Idictions soient dépassées.
Quelques contradictions
Sans doute les aspirations ind
ponsabilité doivent-elles être 1
elles ne sont pas prônées par exigences, des critères attenc C'est là une contradiction qu perçues comme essentielles di
prétexte de répondre aux asp d'exigences. Critères d'évalua à de nouveaux modes de gestic
Une seconde contradiction changement. Cette dernière dt
Le
changementreste
ceperI'organisation et aux rythmes ir
même si, pour ce faire, I'autor
mier plan. Le souci de flexibili
manente aux changements req capacité de changement est ur que la dextérité, la ponctualité
lrdiales, c'est devoir accepter
ux
-
le sentiment d'être res-rnt la maîtrise est susceptibleode actuelle. Les nouveaux
ens, semblent privilégier la ,lent pas très positifs quant à
pour surrnonter l'inflation et du marché relève également
i
I'inter,-ention de l'État, quelle nnaissance de leur part qu'ils ne7 sommes pas les seuls observa_
ale de ce retrail des prëoccupa_ ilitiquele.
i Européenne n'échappe pas prétexte parfois à certaines
t en augmentant les inquié_ rssance vis-à-vis du reste du
ruction européenne.
Cepen-rin
d'être un rempartà
la'sinon son instrument prin-r, la libéralisation des
mar-les concurr"n""s't.
rrguinat
à
constater quepresque sans que I'on y ait
>.
Il
ne semble guère facile : à d'éventuêlles décisionsmondialisation. plutôt que
ls et de favoriser une pro_ n processus de rationalisa_
;n. Cependant, les avanta_ ;tion des incertitudes liées ne politique monétaire co_ que nationale spécifique _ :savantages comme la bu_ temps, parce que les faits
I'avance et imposeront la
VALEURS ET PRATIQUES ÉTHIQUES EN ENTREPRISES 85 Les valeurs collectives, auxquelles
il
faut adhérer, sont liées aumo-dèle commun dominant : celui d'un monde éconornique caractérisé par
une relation de marché, la libre concurrence et la réussite qu,implique un souci permanent de profit. Tel un emboîtement de poupées russes,
I'environnement contraint I'entreprise à partager ce souci du toujours
plus,
souci que doivent aussi partager l'ensemble des acteurs de l'entreprise dans une veille permanente afin d'éviter tout dysfonction-nement qui pourrait un jour qu l'autre être fatal.Il
revient aussi aux en-treprises, par le biais de leurs fédérations, d'influencer cet environne-ment;
<c'est
vrai que le contexte a une importance capitale et que nous pouvons et devons l'influencer. c'est donc vrai qu'à ce titre nous devons analyser en pleine lucidité les mutations, en anticiper les consé-quenÇes et mettre en place les correctifs qui s'imposent >>23. contraintepar un environnement économique intemational extrêmement mouvant, fondé sur les règles du marché, l'entreprise devrait pouvoir anticiper les
écueils et les éviter. Le modèle économique se trouve cependant
dé-noncé de plus en plus souvent et avec une rigueur croiisante2a. Le
changement n'est plus I'objet
d'un
choix mais devientun
devoir25.c'est dans ce contexte
qu'il
s'agirait qu'un certain nombre decontra-dictions soient dépassées.
Quelques contradictions
Sans doute les aspirations individuelles d'autonomie et de prise de
res-ponsabilité doivent-elles être prises en compte. Mais ces
uui"r.r,
quand elles ne sont pas prônées par res individus eux-mêmes, deviennent desexigences, des critères attendus auxquels chacun
doit
se conformer.c'est
1à une contradiction qui n'est guère facile à vivre. Des valeurs perçues comme essentieiles dans notre société acquièrent parfois, sous prétexte de répondre aux aspirations du plus grandno-ù.",
le statut d'exigences. critères d'évaluation, voire àe sanctions, elles participent à de nouveaux modes de gestion.une seconde contradiction est liée aux capacités et à Ia volonté de changement. cette dernière demande innovaiion et responsabilisation.
Le
changementreste
cependantlié
aux
norïnes collectives de I'organisation et aux rythmes imposés par les contingences rencontrées, même si, pour ce faire, I'autonomie des individus est avancée aupre-mier plan. Le souci de flexibilité et de mobilité, celui d'adaptation per-manente aux changements requis, devient une réalité quotidienne. La capacité de changement est une compétence à acquérii au même titre
im-86 J. ROBERT
plique une adhésion plus grande encore aux nornes et aux rythmes de i'oryanisation, afin à'être attentif aux transformations attendues. La
vigifance, associée à la notion de responsabilité et de rigueur, doit être
de mise. Ces compétences favorisent I'intégration dans l'entreprise, elles permettent également une attention accrue aux
dysfonctionne-ments éventuels.
Il
s'agit dès lors, pour chacun, de tenter d'associer dans chacune des actions posées, la responsabilité individuelle et le souci du bien collectif. Cette capacité d'association devient une attitude morale fondamentalequ'il
s'agit de respecter sous peine de se voir ex-clu de I'organisation.Une troisième contradiction est liée
à la
nécessité d'améliorer demanière continue la compétence collective de l'entreprise tout en assu-rant un niveau de compétence individuelle suffisant que pour pouvoir se réorienter à I'extérieur de l'entreprise si nécessaire. Totalement inté-gré à I'entreprise, le travailleur doit également être suffisamment auto-nome pour se montrer créatif, d'une part, suffisamment attentif à ce qui est attèndu dans d'autres entreprises pour en tenir compte dans son
tra-vail quotidien, voire pour se réintégrer ailleurs
si
besoin est d'autrepart.
L'écarl entre les discours et ies actes n'est pa-s, sans conséquences.
Un exemple de cette situation conceme la qualité-ô. Tout en annonçant
celle-ci comme une priorité, les responsables en limitent la mise en cuvre : contraintes hôraires (on fait de la qualité de telle heure à telle heure), objectifs de rentabilité à court terme (l'important c'est la pro-duction des résultats). De même, si le service au client implique de lui communiquer des délais de livraison, _il
s'agit
aussi parfois de ne pas s'engager surun
délai trop précis27. Nous pourrions également, quant à nous, éuoquer ces multiples exemples où certains responsables, fàce à I'ampleur du travail à réaliser, souhaitent bénéficier d'adjoints efficaces, autonomes, responsables et irréprochables, tout en conser-vant la maîtrise totale sur les objectifs à poursuivre, les marchés àobte-nir, les méthodes de travail à adopter, l'affectation des bénéfices, etc.
Afin
de favoriserla
qualité, chacun, dans I'organisation,doit
êtreévalué. Autonome et responsable,
il
s'agit aussi de s'auto-évaluer etd'anticiper les règles et les normes de gestion du temps et d'utilisation de I'espace, cette gestion du temps et de I'espace restant soumise au contrôie
et
à la
surveillance. Parallèlementaux
demandes d'auto-contrôle, la définition des objectifs se réalise en collaboration avec lapersonne concernée.
En
définissantdes
critères
d'évaluation,i'organisation communique
dans
I'entreprise
mais
aussi
àI'environnement
et
aux
actionnairessa
volonté
de
recherched'excellence.
VALEURS ET PR Néanmoins, les critères de '
ment objectifs, les éléments à sont pas toujours identifiabl
(
oeut échouer en croyant bi .28d'aglr >
Ces situations contradictoir'
Cette situalion Paradoxante crét
et de I'aruxiété : on ne sait Plus t
sent coincé Parce que, quoi qu" tuation ProPrement inlenable at C'est Ia raison Pour laquelle il qualité, de I'aulre. le terrain: '
côté, Ie moi de I'organisation, ntoi de I'individu qui se réali: I'emprise de I'orgaiisation2e '
La référence a une norrne
tion notamment, et la Perte '
buent à instaurer un désencha I'e désenchantement est la disP fonctionne alors comme si I'c connaissance rationnelle des gresser le sYstème institué et I' tir d'un sens éthique, en conYt produit un faisceau de rationa
'n'tais
se Passer de PréoccuPati
sens est dans les esPrits, lorsq
sant arec lafinalité de la démc Recherche de sens et Proce
Loin
des références mcl'éthique
de
I'entrePrise econduite,
iii
morale, elle set geants de recréer. au seinl'environnement' sens et re(
loir
mettre en Guvre des o d'accroîtrela
Performanc< I'entreprise recherchait, Par le désanoi dans lequel se tr les projets d'entrePrise' le Imunication, en diffusant le sens au travail et deviennen
rx norrnes et aux rYthmes de Lnsformations attendues. La
bilité et de rigueur, doit être
rtégration dans I'entrePrise,
accrue aux
dysfonctionne-:hacun, de tenter d'associer
onsabilité individuelle
et
le ;ociation devient une attitude :ter sous peine de se voirex-la
nécessité d'améliorer de de l'entreprise tout en assu-e suffisant que pour pouvoirnécessaire. Totalement
inté-nent être suffisamment auto-;uffisamment attentif à ce qui en tenir compte dans son
tra-rilleurs
si
besoin est d'autrer'est pa^s. sans conséquences. qualitéto. Tout en annonçant
lbles en iimitent la mise en
qualité de telle heure à telle me (l'important c'est la pro-,'ice au client implique de lui
I
s'agit aussi parfois de neNous pourrions également, ples où certains responsables, .rhaitent bénéficier d'adjoints
éprochables, tout en
conser-lursuivre, les marchés à obte-èctation des bénéfices, etc. lans l'organisation, doit être
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aussi de s'auto-évaluer et ition du temps et d'utilisation: I'espace restant soumise au
nent aux
demandesd'auto-ilise en collaboration avec la
des
critères
d'évaluation,entreprise
mais
aussi
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volonté
de
rechercheVALEURS ET PRATIQUES ETHIQUES BN bN IKbPRIùbù Ô / Néanmoins, les critères de qualité annoncés ne sont pas nécessaire-ment objectifs, les éléments à partir desquels I'individu sera évalué ne
'r^*
p",
toujâurs identifiables. Faceà
cette incertitude, I'individun
p"ui
échouer en croyant bien faire;
il
peut réussir en s'abstenant d'agir >'o.ces situations contradictoires conduisent à des problèmes d'identité' Cetlesituationparadoxantecrëedel'ince.rtitude,del'insécurité,duressentimenl etdel'anxiëté:onnesaitpluscomn'rent'sesituer,quelleattilu^deadopter'onse sent coincé parce que, quoi qu'onTasse' on peut être pris enfau-te C.'es.t une si-tuation proprement intinabË ou
rr^
où t'iidivtdu ne sait plus à quoi s'en tenir. C'estlaraisonpourtoq'at"iltentedesed-;fendreparleclivage':d'uncôtélair-ài,i
de I'ait,e,t"'i,"o'in;
d'un côté' Iubiscouis' de I'aurre' I'action; d'un côté,lentoidel'organisation,positif'soumisetconformiste'del'autre'levrai ntoi de l'individu quii'
'Aoiri"o âon' un ailleurs mylhique en échappant à I'emprise de I'organisation2g 'La référence a une norrne extérieure à I'entrepris"' 1].u
mondialisa-tion notamment, et la perte de sens des activités
quotidiennes'contri-buent à instaurer un désenchantement'
Le désenchantement est la disparilion d'un questionnement sur le sens' ("') Tout
fonctionne alors
ro**e
si l'acteur n'avaii plus besoin que de développer Iaconnaissancerationnelledesméthodesd'action,pourentretenir'etfai.repro-SreSSer le système institué et l'organisation collective' Ainsi
la modernité, à
par-ît, "pi,oa",i, d'un seis éthique, ,n 'onu"'!'n'e avec d'autres données complexes' aurail
urfofrrrà, de rationalilës et de pratiques d'action' qui peuvent
désor-"nak
se pasre, du préoccupations relatives aux fondenrents e_t au sens, Le non-sens est dans les espri'ts, là"que la règle de I'activitë a perdu un rnapport
sffi-sant arec lafinalité de la démarche spécifiquentent proJesstonttette-Recherche de sens et processus éthique
Loin
des références moralesplutôt
intangibleset
universelles'1'éthique
de
l'entrepriseest
maiquée d'incertitudes'Ni
code deconduite,
ni
morale, elle semble ptutot manifester la volonté des diri-geants de recréer, au sein de l'entrepriseet
dans.sis
relatl-ois avec l,environnement, SenS et reçonnaissance' mais aussi et Surtout devou-loirmettreenæuvredesoutilsdegestiondupersonnelsusceptibles
J'a.croît.e
ia
performancede
""ltti-"i'
C'est
un
peu
comme sii"nt
"prir"
recherchait, par l'éthique'un sens susceptible de compenser
le désânoi dans lequel se trouveràit la sphère économique' Ce faisant'
les projets d'entreprise, le management participatif ou encore la
com-*unl"u,ion, en diftusant le message éthique, contribuent à redonner du
88 J. ROBERT
Les responsables d'une entreprise perçoivent de manière accrue combien la survie de cette demière repose non seulement sur le système économique mais dépend également de l'équilibre social dans lequel
elle évolue. La lutte contre I'exclusion, par exemple, participe du pro-cessus éthique et du souci de reconnaissance sociale. La justification
des actions menées afin de diminuer I'exclusion est d'ordre éthique et
économique.
Il
s'agit d'un échange entre I'entrepriseet
les servicesqu'elle reçoit de la société3r. Si I'entreprise est redevable à l'égard de son environnement, ce demier se doit également de respecter les nor-mes qui assureront la réussite de l'organisation. < L'utilisation la plus
efficace de toutes les ressources productives possibles disponibles est un objectif à la fois économique ei éthique
>".
Dans l'entreprise, la question du sens se trouve au centre des
préoc-cupations. << ... les managers ont besoin plus que jamais de pouvoir
compter sur les motivations des agents. Or, pour parvenir à convaincre,
il
leur manque de pouvoir éclairer I'avenir et de maîtriser lescontra-dictions >33.
< L'urgence... est de recréer la confiance. Sans elle, beaucoup
peu-vent comprendre les explications, sans reconnaître de sens à ce qu'ils ont compris. La question du sens n'est pas un luxe. Elle apparaît, au cæur del'éthique, comme une nécessité sociale >3*. S'ens.tit la mise au point d'une serie de techniques managériales qui acquièrent d'autant plus d'importance que le système économique présente des signes de dysfonctionnements.
Projets d'entreprise, manâgement
participatif et
ressourceshu-maines
Dans cet environnement, I'organisation attend une adhésion grandis-sante de la part de ceux qui contribuent à sa réussite. L'implication at-tendue de chacun se présente non plus seulement en terme physique mais de plus en plus en terme psychologique.
Il
s'agit de créer un rap-prochement financier (formules d'auto-actionnariat) et spirituel par lamise en place de chartes, de projets d'entreprise". C'est un nouveau
mode
de
managementqui
se met en
place.Nos
deux
auteursl'appellent
:
le
< système managinaire>.
Ce
demier se base sur laculture d'entreprise (rites, symboles, valeurs partagées) et sur les
pro-jets d'entreprise << destinés à rassembler et à focaliser l'énergie de tous
pour réaliser un projet commun, relever un challenge ou se lancer dans une aventure commune et volontaire >>. Dans ce système, I'imaginaire
est devenu < objet de management, élément à manager pour en tirer
énergie et productivité >36.
VALEURS ET PR
Pour Gilles LiPovetskY, < k
les grandes entrePrises améric de I'effervescence de l'éthiqu
tique des chartes et des Projel mène selon lequel
il
revient Iles valeurs qui vont orienter alors un rôle essentiel en Pe
I'adhésion aux valeurs et la Pz
Se référant aux travaux d' dans < le coût de I'excellence
l'entreprise, sont marqués Pat
tôrnes
de
désaPProPriation'" culture rationnelle de la subje nalité menaçant les entrePrisrformation de déveloPPement passer les contradictions. Se dans ses consignes
de
mal comme sujet, ces cadres enf
teurs qu'un << schize entre le I... ComPte lenu du conlexte I'entrePrise, entendre Parler d duire Par chacun I'interPrël d'évolution Personnelle
t,
au permetlre à chacun de mieux changement, n'était qu'unmo-dans le sens voulu Par la direc Les décisions en matière
vèlent de plus en Plus essen communication,
la
cohésioI'innovation, la mobilisatior
trouve un Sens dans cette te
tion et la Performance indiv tive de I'entrePrise et I'essor
La gestion des ressources nombre de valeurs.
Il
s'agit,ces humaines de SonY Fran' leurs, I'organisation, la gesl de contrôle de I'entrePrise'
I'autonomie et la resPonsab maître de son destin >. ImPt
erçoivent de manière accrue : non seulement sur le système
l'équilibre social dans lequel
lar exemple, participe du pro-sance sociale. La justification lclusion est d'ordre éthique et
re
I'entreprise et les services :ise est redevable à l'égard de ;alement de respecter les nor-risation. < L'utilisation la plus .ives possibles disponibles est e))se trouve au centre des
préoc-L plus que jamais de pouvoir
)r, pour parvenir à convaincre,
nir
et de maîtriser lescontra-nce. Sans elle, beaucoup peu-econnaître de sens à ce qu'ils
pas un luxe. Elle apparaît, au ;ociale >3'. S'ensuit la mise au ,riales qui acquièrent d'autant ,mique présente des signes de
rrticipatif et
ressourceshu-r
attend une adhésion grandis-à sa réussite. L'implication at-seulement en terme physiqueique.
Il
s'agit de créer unrap-ctionnariat) et spirituel par la :ntreprise35. C'est un nouveau
n
place.Nos
deux
auteurs>. Ce dernier se base
sur
la eurs partagées) et sur les pro-et à focaliser l'énergie de tousrn challenge ou se lancer dans Dans ce système, I'imaginaire nent à manager pour en tirer
VALEURS ET PRATIQUES ÉTHIQUES EN ENTREPRISES 89 pour Gilles Lipovetsky, < la multiplication des codes et chartes dans les grandes entreprises américaines est un des,_signes les plus tangibles
de l-'"ff"ru"s""n.è
d"
l'éthique des affairesrr".
Pout cet auteur, lapra-tique des chartes et des projets d'entreprise met en évidence le
phéno-,oèn"
,"lon
lequelil
revient à chacun dans I'entreprise de déterminerles valeurs qui vont orienter ses actions.
Le
projet d'entreprise joue alors un rôlô essentiel en permettantla
régulation dans I'entreprise, I'adhésion aux valeurs et ia part-icipation'Se référant aux travaux de Niôole Aubert et vincent de Gaulejac
dans < le coût de I'excellence >>, Blaise Ollivier note que certains' dans
l'entreprise, sont marqués par le changement mais aussi par des
symp-tômes de désappropriation'8' B.
Ollivier en
appelle dèslors.à
uneculture rationnelie
di
la subjectivité pour éviter le danger d'une irratio-nalité menaçant les entreprisesle' L'exemple d'un groupe de cadres enformation dé développement personnel montre bien la difficulté de
dé-purr", les contradiciiÀnt. Se représentant I'entreprise comme excluant'
àurr,
,",
consignesde
management, toute conception des acteursconune sujet, ce! cadres en formation ne peuvent présenter.aux anima-teurs qu,un < schize entre le management et le travall sur sol ))
... Compte lenu du contexte qui élait celui de ces cadt'es dans
la
vie de I'entreprise, entendre parler de management sffisait, dans ce cas' à faire pro' duire ^par chacun I'interprétation selon laquelle Ie stagedit
< processus d,évot)tion personnelle >, au lieu de réponù'e à sa promesse, c'est-à-dire de permettre à chacun de mieux se connaître pour mieux se posilionner dans Ie 'changement,n'ëIaitqu'unmoyendëguisé,undeplus,pourmanipulerlesgensdans"le sens voulu par la directiortat '
Les décisions en matière de gestion des ressources humaines se
ré-vèlent de plus en plus essentielles.
il
importe de mettre I'accent sur lacommuniàion,
la
cohésion des groupesmais
aussi I'autonomie,I'innovation,
la
firobilisation etla
compétition.La
< mode>
éthiquetrouve un sens dans cette tentative de concilier le bien-être, la motiva-tion et la performance individuels d'une part avec la rentabilité collec-tive de I'entreprise et I'essor économique d'une région d'autre part.
La gestion -d".
,"rrorr"es
humaines suppose le respect d,'un certainnombË de valeurs.
Il
s'agit, pour Alain Piveteau, directeur des ressour-ces humaines de sony France, d'insister sur la cohérence entre les va-leurs, I'organisation, la gestion des ressources humaines et le systèmede contrôle de l'entreprise. Les valeurs prônées par I'entreprise sont I'autonomie et la respônsabilité individuelle. << Chaque salarié devient
maître de son destin >. Importent également, le respect de I'individu et la confiance a priori basés sur une communication transparente et non
90 J. ROBERT
hiérarchique. La disponibiiité de I'information à tout moment, la colla-boration
et
la
recherchede
positionset
de
solutions communes,I'importance de l'exemple sont primordiales. < Faire ce que I'on dit et dire ce que I'on fait > deviendrait une devise. L'organisation
corres-pondant à ces valeurs se traduit par
(
une structure polycellulaire en réseau, de petits groupes organisés autour d'un projet, d'un marché oud'une clientèle >>42. Cette structure doit s'adapter en fonction des
mar-chés. Le leader de chaque cellule assure un rôle d'animateur d'équipe ainsi que la coordination avec les autres groupes de travail.
La logique du < toujours plus > demande un environnement
permet-tant la réussite et repoussant au maximum les risques d'échec. C'est
pourquoi l'évaluation d'une part, la formation d'autre part constituent des domaines essentiels aujourd'hui afin d'accroître I'adhésion de
cha-cun autour de valeurs. Les systèmes de contrôle consistent en << des
procédures souples, connues de tous, les moins contraignantes possible,
et remises en cause régulièrement, un contrôle de gestion assurant un langage commun à I'eniemble des cellules >a3.
Le
nouveau mode de management est marqué parle
déferlementéthique. Le contrôle interne acquiert dans ce système une prépondé-rance par rapport au contrôle externe.
Il
importerait même davantage de u"onâitionnér >
plutôt
quede
< contraindr",tt.
L'i*portant
est de faire adhérer chacun aux objectifs de I'organisation. Cette adhésionac-quise, tous doivent souhaiter réaliser les actions indispensables sans être soumis à une injonction extérieure.
La transparence de la communication est souvent avancée comme un
élément important dans le processus de recherche d'une éthique. Ce-pendant, on ne doit pas oublier, comme nous l'évoquions précédem-ment, que cette transparence ne peut aller à I'encontre de la réussite de I'entreprise d'une part, qu'elle ne peut laisser subsister un trop grand écart entre I'image qu'elle promeut et la réalité concrète de l'entreprise,
d'autre part. Si l'éthique de l'entreprise mélange le descriptif et le
vo-lontariste, si l:éthique de I'entreprise relève de I'illusion selon laquelle
la communication
-
et I'image qu'elle crée-
se maîtrise et est unega-rantie de vérité, éthique
et
morale sont alors contradictoires relèveAlain Etchegoyen dans La valse des éthiquesas . << Croyant répondre au
besoin de morale, les éthiques seront bientôt fustigées par l'exigence morale elle-même.
(...)
C'est pourquoi "démystifier la mode envahis-sante du tout-éthique est une tâche nécessaire" qui relève d'une démar-che morale rou. Ce sont des références spécifiques et non des << moyensuniformes > qui peuvent permettre à I'entreprise d'adapter les chartes et
les codes à ce qu'elle est et à ce qu'elle veut être. Ce qui importe ce sont les actes davantage que les discours ou que les signatures au bas
de textes rédigés et imPosés
vailleurs, à partir de leurs va res et du sens aux actions er de I'entreprise.
La morale et
l'
éthique fact La morale, individuelle ot grandes valeurs liées au bie: des contingences et des sPéc La business Ethic est avant la règlentent intérieur- En lant qIl en est de ntême Pour ce qu
qui concerne davantage les rt fournisseurs, clients, etc- Les
moral commence au-delà, lo qu'un dëlai de Paientent vafa
côté si elles mettent en cause I La distinction entre mora
lorsqu'on aborde des Probl d'exemple, la question de I' Les restructurations mel
conduit ces dernières à cha
étaient associées- L'engage cier pour motif économique
devenait
un
obstacle aux I'environnement' Une révisrestructurations imPliquaiel
principes : Privilégier le vt
supprimer, PréParer I'aver pratiquer une gestion Prévir
a
donc été demandé aux cette transformationae. Darloi du marché, l'accent est
ci
de gagner et I'imPortarments clés auxquels tous le
certaine < éthique d'entreP
se doit de tenir comPte, e'
afin de perrnettre la survie '
Cet exemPle montre biel que 1'adhésion du Personn
nation à tout moment, la
colla-;
et
de
solutions communes, iales. < Faire ce que I'on dit etdevise. L'organisation
coffes-une structure polycellulaire en ur d'un projet, d'un marché ou
s'adapter en fonction des mar-e un rôle d'animateur d'équipe groupes de travail.
Lnde un environnement
permet-rum les risques d'échec. C'est mation d'autre part constituent
r d'accroître l'adhésion de
cha-le contrôcha-le consistent en < des
, moins contraignantes possible,
:ontrôle de gestion assurant un ."s rr".
est marqué par
le
déferlementans ce système une
prépondé-importerait même davantage de aindre nto. L'important est de lrganisation. Cette adhésion
ac-les actions indispensables sans
est souvent avancée comme un
e recherche d'une éthique.
Ce-)e nous l'évoquions précédem-er à I'encontre de la réussite de laisser subsister un trop grand réalité concrète de I'entreprise, : mélange le descriptif et le
vo-lève de I'illusion selon laquelle :rée
-
se maîtrise et est unega-,nt alors contradictoires relève \iquesa5. << Croyant répondre au rientôt fustigées par I'exigence
"démystifier la mode envahis-'ssaire" qui relève d'une
démar-pécifiques et non des << moyens
rtreprise d'adapter les chartes et
le veut être. Ce qui importe ce rs ou que les signatures au bas
de textes
,.ra,-,,
":;posés
d'en hautaT.," ;;"
;digée
avec.lestra-vailleurs, a pJnir de leurs valeurs, permet de donner des points de repè-res et du sens aux actions entreprises. Elle correspond alors à la réalité de l'entreprise.
La morale et
l'
éthique face aux enjeux spécifiquesLa morale, individuelle ou collective, trouve son fondement dans les grandes vale,..rs liées au bien et au mal. L'éthique est locale et dépend
ies contingences et des spécificités d'une entreprise spécifique.
La busîness Ethic esl aNant tout une série de règles de conduite, c'est-à-.dire un
rè:glentent intérieur. En tant que telle, il ne faut lui affecter Tucune ntoraLité ("')
Il en est de même pour ce q),on appelle aujourd'hui l'< éthique des afaires,, quiconcernedavanlagelesrelationsav-ecl'extérieur'parlenairescommerciaux' iournissnurs, clients, itc. Les règles ëdictées sont de pure gestion' Le problènte
moralcommenceau-delà,lorsqu'onrisquedefairepérirunsous-traitanîou qu,un dëlai de paientent vafairi tomber un client. ces questions sonl laissées de
côté si elles mettent en cause I'fficacité économique-"'
La distinction entre morale et éthique apparaît de façon plus évidente
lorsqu'on aborde des problèmes particuliers. Nous retiendrons, à titre d'exemple, la question de I'emploi'
Les iestructurations menées
au
seinde
certaines entreprises ontconduit ces dernières à changer la culture et les règles éthiques qui lui étaient associées. L'engagement moral qui consistait à < ne pas
licen-cier pour motif économique > ne pouvait plus être respecté. ce principe
devenait
un
obstacleaux
transformationset
à la
complexité de I'environnement. Une révision des règles de réference s'imposait. Les restructurations impliquaient une réduction des effectifs basée sur trois principes : privilégier le volontariat, transformer I'emploi avant de le,rrpp.i-"r,
préparer I'avenir (maintenirun
certainflux
d'embauche,pràiiqr"r une gèstion prévisionnelle des métiers et des compétences).
Il
u
ao""
été demandé aux collaborateurs de permettre collectivementcette transformationae. Dans un environnement compétitif oir prime la
loi du marché, I'accent est mis sur l'<< employabilité >. L'action, le
sou-ci
de gagner et I'importance de < faire équipe>
constituent des élé-ments ciés auxquels tous les collaborateurs se doivent de répondre. Une certaine < éthique d'entreprise > se révèle dès lors indispensable. Ellese doit de tenir compte, et de répondre,,-aux aspirations individuelies
afin de permettre la survie de l'entreprise'u'
Cet &emple montre bien à quel point 1'éthique de I'entreprise
92 J, ROBERT
règles éthiques et les valeurs avancées doir.ent permettre
et
facilitercette adhésion présentée comme indispensable dans un environnement concurrentiel.
En conclusion
Cette rapide analyse de la conception de l'éthique dans les or_ganisa_
tions nous
a
permis d'analyser, en partie, les enjeux auxqueis sontconfrontés ceux et celles qui sont aujourd'hui engagés dans le monde économique. L'éthique représente un nouveau mode de gestion du per-sonnel. En concordance ou en opposition avec les convictions de
cha-cun, l'éthique de responsabilité, à laquelle chacun se doit d'adhérer, tente de redonner un sens au travail, de réinstaurer une certaine
sociali-sation. Elle représente également un critère d'évaluation. À la fois outil d'insertion et outil d'exclusion, l'éthique en entreprise présente un ca-ractère éminemment contradictoire.
L'éthique se confond parfois avec un mode de gestion dont le but
ultime est d'augmenter la performance de I'entreprise. Des pratiques abusives excluent parfois toute confiance réciproque, tout reipect des
convictions. Cependant, le mode de gestion des hommes, l,importance
accordée aux ressources humaines, I'attitude de I'entreprise à l'égard
de
publics
défavorisés (handicapéspar
exemple),le
caractèred'entreprise citoyenne (aide à la réinsertion des chômeurs, attention à la
protection de I'environnement, etc.) sont autant d'indicateurs du res-pect des hommes. on pourrait alors montrer du doigt certaines entrepri-ses qui dérogent à ces < codes de bonne conduite >>.
Au-delà de l'éthique comme outil de gestion, le questionnement et le respect de chacun permettront de réinstaurer la < morale >, comme réfé-rence essentielle, dans les prises de décisions et pratiques quotidiennes
de la gestion en entreprise. <
Il
faut peu de choses pour que l'éthiquefasse place
à la
morale elle-même:
moins de communication, pius d'actes concrets, moins d'affirmations, plus d'interrogations, moins de décrets, plus de connaissance, moins de surfaceet
plus deprofbn-deur >51.
Piacer la question morale au centre des pratiques managériales im-plique pour chacun de prendre des décisions, d'effectuer des choix qui engagent la responsabilité et qui tiennent compte de I'intérêt de tous.
ceci ne peut être que le résultat d'une culture basée plutôt sur les actes que sur les discours, où le respect de chacun est pris en compte dans la
définition des objectifs à rencontrer et des moyens à mettre en Guvre, où les modalités du contrat de travail sont explicitées de manière trans-parente. Le travail de chacun devient alors significatif dans une
tenta-VALEURS E
tive de.conciliation de l'< de conviction >. Pour ce I des organisations mais au mis et ce qui ne I'est pas. (
possible de concilier con
mondialisation. Dans que I'entreprise et aux individ sens ? Dans quelle mesur( créer, au-delà de l'éthiqut
aussi au-delà des diversit
table morale ?
BIBLIOGRAPHIE
ETCHEGOYEN, A., Le temp
NOTES
I ErcggcoyeN, A., La valse t
2
lbidem,p. 119.
3
ErcuecoveN, A. op. cit..
l!
4- Ibidem, p. 121 . ) Ibidem,p. 123. 6 lbidem,p. 126. 1 lbide*,pp.127-128. 8 GpNeRn, J.-L., (
À
prop d'Eugène Dupréel >>, in Revue124.
n
Aueenr, N., de GAULEJAc l0 ,, . , lDlAem. t'Ibidr*. 12 JACoBS, G., < Éthique et p_. 103. 'r lbidem,p. 106. to lbidr*.'t
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