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Monographie de l'orphelinat de l'Immaculée de Chicoutimi

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MONOGRAPHIE DE L ’ORPHELINAT DE L'IMMACULEE DE CHICOUTIMI

Thèse présentée

pour la maîtrise à ! ,Ecole de Service Social Faculté cLes Sciences Sociales

Université Laval

Le 15 mai, 1953·

Léoniàas Foster, bachelier es arts

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AVANT-PROPOS

Cette thèse représente pour nous la dernière étape de notre cours de Service social à 1 *Univers!té Laval·

C fest, croyons-nous, un document très important* Aussi, y avons-nous travaillé avec une attention toute particulière*

Pendant la rédaction laborieuse de ce long travail, nous avons appris à mettre en application les instruments fournis tout le long des discursions de nos professeurs.

Avant de présenter notre étude sur l'Orphelinat de 1 ,Immaculée de Chicoutimi, nous prions le révérend Père Georges-Henri Lévesque, O.P*, doyen de la Faculté des Scien­ ces sociales de ! ,Université Laval et le révérend Père Gon- zalve Poulin, 0,F*M*, directeur de l ’Ecole de Service social de vouloir agréer l'expression de notre vive gratitude pour le bienveillant intérêt apporté à nos études*

U n merci bien particulier s'adresse aussi à nos dé­ voués professeurs, spécialement à monsieur R*-E. Guay, pour la part active qu'il a prise dans l'élaboration du présent travail. Son expérience des choses pratiques, son applica­ tion à toujours rechercher le fini en tout nous a été d'un très précieux secours*

Merci aux Petites Soeurs Franciscaines de l'Orphelinat de ! 1Immaculée de Chicoutimi pour la dévouée collaboration

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q u ’elles ont apportée dans la cueillette des matériaux. Merci au personnel du Service social de l'Enfance de Chi-

coutimi.

Merci à mademoiselle Hayda Denault, responsable des stagiaires, de même qu'à madame Georgette-D· Guay et made­ moiselle G·-A* Biais, surveillantes pour les judicieux con­

seils prodigués pendant notre travail pratique·

Merci enfin, à tous ceux qui de près ou de loin ont collaboré pour rendre possible ce travail*

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TABLE DES MATIERES

Pages INTRODUCTION... 1

Première Partie Origine et évolution

CHAPITRE I, Les débuts de l'oeuvre et les collaborateurs... Désir de la création d'un orphelinat au Saguenay. Fon- tion et réalisation de l'oeuvre projeté, sous l'impul­

sion du vicaire général. Arrivée des premières ouvriè­ res. Collaboration des municipalités. Octroi du gou­ vernement provincial. La crèche reconnue comme insti­ tution d'assistance publique. Quêtes commandées par 1 'Evêque. Achat d'une ferme, 1949: un nouveau fer­ ment, dans l'oeuvre: Le Service Social de l'Enfance.

Deuxième Partie

L'Orphelinat de L'Immaculée Aujourd'hui

CHAPITRE II. Aspect extérieur et structure interne.... 27 Description de l'extérieur. Structure interne. Fer­ me et dépendances.

CHAPITRE III. Les finances... 40 Recettes. Déboursés.

CHAPITRE IV, Le personnel... ... 48 Administration. Personnel actif. La secrétaire de la supérieure et le Service Social de 1 ·Enfance.

L'économe et le Service Social de l'Enfance. Person­ nel enseignant et ses qualifications. Rémunération des employés et des institutrices.

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Pages CHAPITRE V. La clientèle... 62

Première oartie: préliminaires. Deuxième partie: la clientèle en elle-même. Circonstances de pla­ cement. Enfants hospitalisés. Age des enfants. Répartition des enfants dans les salles. Raisons d'entrée à l 'orphelinat. Localités d'où viennent les enfants.

Troisième partie Les méthodes d'influence

CHAPITRE VI. Education physique... 79 Hygiène. Repos. Jeux et loisirs. Culture physique, 3allet. Horaire. Alimentation. Surveillance de la

santé.

CHAPITRE VII. Education familiale et sociale... 91 L'enfant et sa famille. Atmosphère familiale.

L'Institut familial. Travaux extérieurs pour garçons. Vie sociale. Allocations Familiales.

CHAPITRE VIII.Education intellectuelle... 105 Programme soolaire. Répartition des élèves dans

les classes. Valeur de l'enseignement.

CHAPITRE IX. Education religieuse et morale... 118 La liturgie. Les offices dominicaux. Pratiques de piété. Messe sur semaine. Les confessions et com­ munions. L'enseignement religieux. Les mouvements d'Action Catholique. Les associations. La disci-pline.

CONCLUSION... 125 APPENDICE... 129 BIBLIOGRAPHIE... 140

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau Pages

I. Composition de la population, 1931... . 17 II. Mouvement de la population, 1931»... 17 III. Etat oies recettes et déboursés, 1952... 46

IV· Etat sommaire des recettes et déboursés de la

ferme, 1952... 47 V. Répartition des tâches du personnel... . 57 VI? Qualification des Institutrices... 60 VII. Nombre d'enfants hospitalisés par famille·... 68 VIII. Age des garçons hospitalisés... 69 IX, Age des filles hospitalisés... 70.

X. Nombre a 1élève8 inscrits dans chacun des dé­

partements... 72 XI. Raisons d'entrée à l'orphelinat... 74 XII. Localités où sont recueillis les enfants.... 75 XIII· Répartition des enfants pour Chicoutimi et la

baâ.ieu... 77 XIV. Répartition des enfants par comtés... . 78

XV. Répartition des élèves dans les classes... 107 (garçons)

XVI. Répartition des élèves dans les classes... 108 (filles)

XVII. Répartition des élèves à l'Institut familial. 109 XVIII. Moyenne d'âge: Commission scolaire et Orph... 110

(garçons)

(7)

Pages Tableau

XX. Résultats des examens des filles: Commis­

sion scolaire et Orphelinat... 112 XXI. Résultats des examens de l'Institut familial

de 1'Immaculée et ceux des Instituts de Ro-

berval et du Bon-Conseil de Chicoutimi(lle)· 113 XXII. Idem: 12e année,... 114 XXIII. Idera: 13e annéé... . 114

XXIV. Certificats d'études primaires de 1942-52... 116

FIGURES

1

· Photographie de 1 *ORPHELINAT DE L·IMMACULEE... 28a 2. Plan de réfectoire et cuisinette... JOa

3· Plan d'une salle de classe... ... 30a 4. Plan de dortoir... 33 5. Plan d'un département... 37a 6. Lignes des responsabilités du personnel... . SLa

(8)

INTRODUCTION

On sera étonné, peut-être, de ce qu'un Jeune homme écrive la monographie d'un orphelinat. Ce travail, norma­ lement, devrait être l'oeuvre d'un membre de la communauté engagée dans l'action* Les lignes suivantes diront d'elles- même le pourquoi de notre choix*

Il n'existe aucun écrit d'importance relatif à. la congrégation des Petites Soeurs Franciscaines de Marie.

Et pourtant, elles sont engagées directement dans l'action· Leurs nombreuses missions tant au Canada qu'aux Etats-Unis, le prouvent,

A coudoyer ces religieuses de près, on constate qu'­ elles s'adaptent aux conditions de la vie moderne, essayent humainement de rendre plus heureuse la vie des orphelins et des vieillards qui leur sont confiés.

״ Filles de saint-François, ces bonnes religieuses aiment ardemment leur "Soeur la pauvreté״ ; c'est pourquoi, elles donnent de préférence leurs soins empressés aux misé­ rables et aux déshérités de la nature et n'ont d'autre souci en procurant la gloire de Dieu et celle de leur saint Patron que celui de faire des heureux sur la terre*

״ Veillards abandonnés, orphelins, Infirmes, idiots, enfants délaissés, tous ceux-là qui offrent un maigre inté­ rêt aux mondains sont leurs plus chers amis et trouvent chez elles, avec un cordial accueil, une maison hospitalière et

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2

״ et les joies que le monde leur refuse. Pour les nourrir, les vêtir et les éduquer, elles se mortifient, prient beau­ coup, attirent les sympathies et opèrent des miracles.״ ^ Tout cela, en conformité avec leur devise: 11 La Croix notre vie. ״

״ Elles collaborent ainsi au bien social, non seule­ ment en secourant les pauvres et les misérables, mais aussi en faisant briller aux yeux de tous la puissance divine de la charité q u ’un monde souvent oublieux, serait porté à ne point considérer comme un facteur essentiel à la prospérité

p des peuples. ״

C ’est le spectacle de la charité désintéressée, qui nous a surtout attiré à l ’Orphelinat de L'Immaculée de Chi- coutimi.

Nous avions déjà vu les petites Soeurs à l ’oeuvre,3 à plusieurs reprises* Elles furent d ’abord nos premières éducatrices. Par la suite, il nous avait été donné, en de nombreuses occasions de visiter l ’Orphelinat de l ’immaculée. Nous y avions vu, matériellement, dirpns-nous, le bien opé­ ré par elles auprès de certains sujets*

A nos premières visites, nous étions curieux. Nous avions de nombreux préjuges sur 1 ’ensemble de l ’oeuvre

édu-1. Gaudreault, chanoine Arthur, causerie prononcée au poste de radio CRCS de Chicoutimi, juin, 1933.

2. Idem«

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catrice donnée dans un orphelinat. C'était pour nous, un ap­ pareil désuet, dans une société aussi moderne que la nôtre# Et, il nous semblait, que bon nombre d'enfants s'y étiolaient. C :est bien là le fait de la psychologie populaire, qui juge en général à partir de faits particuliers.

Un autre fait avait aussi attiré notre attention à l'oc­ casion de nos cliniques pratiques. Dans les agences sociales, il est rare que nous ayons à traiter directement avec tel ou tel enfant que nous avons placé à telle institution, par consé­ quent, nous ne savons Jamais exactement quelle est sa situation. Ce travail était pour nous l'occasion de vérifier objectivement.

Nous désirions aussi, connaître quels services le tra­ vailleur social peut rendre dans un orphelinat; quelle relation s'établit de part et d'autre entre l'orphelinat et le Service so­ cial ?

Située en notre coin de pays, l'Orphelinat de l'immacu­ lée de Chicoutimi offre un intérêt particulier au travailleur social désireux d'aller exercer sa profession parmi les siens une fois ses études terminées. Outre de connaître les structu­ res particulières de s on milieu, ne doit-il pas avoir une scien­ ce exacte de toutes les organisations de bienfaisance ?

Le but poursuivi par l'auteur dans cette thèse sera donc directement et principalement de mettre en lumière la vie de l'Orphelinat en 1952, ses réalisations. En second lieu, nous souhaitons que cet exposé objectif contribuera à abattre certains

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4

vieux préjuges encore existants,

pour atteindre le but proposé, nous avons divisé no­ tre travail en trois parties bien distinctes:

le partie: Origines et Evolution, Ile partie: Stucture de l'oeuvre#

Ille partie: Méthodes d'influence. Conclusion.

Au chapitre des origines, nous donnerons d*abord un court historique. Dans la structure de l'oeuvre, consignée au second chapitre, nous verrons tour à tour le cadre maté­ riel, ! ,organisation générale, la clientèle, tant à la c r è ­

che, à ! ,orphelinat qu'à l ’Institut familial. Une troisième partie nous fera entrer de plein pied dans la dynamique inter­ ne de l'oeuvre, nous permettant d·étudier le bien-^tre physi­

que et mental, ! ,éducation intellectuelle, la formation fami­ liale et sociale donnée. Enfin, l ’éducation religieuse et morale.

Dans la conclusion, nous considérerons les rapports existants entre le Service social de l'Enfance de Chicoutimi et l'Orphelinat de l ’immaculée; les contacts encore plus po­

sitifs pouvant s'établir dans le futur entre ces deux organismes. Une question se pose ici: quelle a été la méthode d'­ action de l'auteur dans la cueillette de ses renselgnments ?

Deux méthodes s·offraient à. nous. D ’abord, expédier un questionnaire aux principales religieuses en charge. Aller ensuite interviouer sur place les dites religieuses et nous

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C-Oripre

rendre/objectivement de ce qui se fait à ! ,Orphelinat de l'im­ maculée·

A l'examen, cette première méthode s'est révélée de peu d'efficience· Il y eût eu entre nous et la communauté une

correspondance continuelle et considérable· Il était impos­ sible aux deux parties concernées de s'en acquitter à. cause des facteurs temps et occupations pressantes de part et d'au­ tre*

La seconde méthode nous permettait de nous rendre à l ’Orphelinat même, y ramasser notre documentation. Quitte à préciser certains détails par lettre, dans la suite*

A titre d»ancien élève des Petites Soeurs, nous avons facilement obtenu la permission désirée: faire la monogra­ phie de leur oeuvre, L'accueil qu'on nous y a fait a été très

sympathique* Nous en savons gré à ces bonnes religieuses, qui nous ont permis de nombreuses visites d'observation sur les départements. Il nous a été donné de constater sur le vif, quelle était la vraie vie de l'Orphelinat* C'était le stage de l'observation directe*

Par la suite, nous avons eu de longues entrevues d i r i ­ gées avec les religieuses responsables des sections; avec la garde-malade chef; avec l'économe, la directrice des classes et de l'Institut familial; avec la supérieure et sa secrétaire· Avec une simplicité toute franciscaine, elles se sont prêtées

de bon gré à. nos nombreuses questions* 5

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6

Puis, aidé tour à tour de la mère supérieure et de la directrice des classes, nous avons consulté les documents humains de la communauté oti sont consignés les faits particu­ liers et journaliers de la v i e des religieuses.

Nous avons ensuite consulté les archives de la commu­ nauté, de la 3 ociété Historique du Saguemay et celles d u Dé­ partement de l'Instruction Publique de la province.

En bâtissant cette thèse monographique, nous avons es­ sayé d'être fidèle et objectif envers les faits recueillis. Nous croyons, aussi, avoir respecté la vérité historique qu'­ il nous a été difficile de saisir à cause d'un manque de docu­ mentation élaborée.

1. Le Lis de l'immaculée, journal quotidien de la maison.

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PREMIERE PARTIE

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CHAPITRE P R E M E R

LA FONDATION DE L'OEUVRE

En 1930, on parlait depuis longtemps de la possibili­ té d'un orphelinat général au Saguenay. L'expansion industri­ elle de ce coin de la Province voit s'accroître de jour en jour sa population urbaine· D'un peu partout, en effet, de la campagne, de la ville, de l'étranger, arrivent des gens de toutes races, de toutes nationalités, venant tenter leur chan­ ce & 1 'emploi de l'Aluminum Co of Canada, Ltd, dont les usi­ nes s'ouvraient en 1927, à Arvida,

La guerre de 1914-18 faisait encore sentir ses effets de désorganisation. L'incidence de la crise économique vient ajouter au désordre; beaucoup de mariages sont désunis,..

Où' placer les enfants ? Comme ailleurs, des mamans meurent à la naissance de leurs bébés; les papas décèdent aussi; les enfants illégitimes contribuent à. remplir les crèches des grandes villes. Ainsi, à chaque année, de nombreux enfants deviennent orphelins de père ou de mère, ou encore perdent leurs deux parents à la fois* Qu'en faire ? La mère ou le père vivant ne peuvent les garder au foyer s'ils veulent c o n ­ tinuer de gagner la subsistance de la marmaille.

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Mgr Labrecque, alors évêque de Chicoutimi commen­ ce à s ’entretenir du projet avec son chapitre· Il fait pre sion auprès de différentes communautés. Toutes refusent. Elles accusent un manque de sujets. Une seconde fols, ce­ pendant, on frappe à la porte des Petites Franciscaines de Marie de la Baie St-Paul, Elles acceptent*

Hélas¿ la mort vint ravir le pasteur h. ses diocé­ sains avant qu'il n'ait pu ajouter un diamant de plus à sa couronne déjà si brillante* ^ Mais, 1 ·évêque mourant de­ vait laisser le diocèse entre les mains d'un homme d'ex­ périence, autorité, ayant toujours les arguments qui con-v ainquent. Les dés en étalent jetés,,*

C fest k la demande expresse de cet־homme extraor­ dinaire, Mgr J.-Eugène Lapointe, P.D·, vicaire général du diocèse pendant l'Interrègne, que les petites Franciscai­ nes de Marie de la Baie St-Paul décidèrent de construire

2

1 'Orphelinat de l'immaculée·

L'oeuvre s'avérait pressante, au dire du requérant. Les religieuses elles-mêmes en voyaient la nécessité, mais, elles manquent de sujets; le facteur financier est aussi d'importance singulière vers 1930·

1· Fondateur de plusieurs paroisses nouvelles, il laisse le souvenir d'un grand pasteur, d'un excellent admi­ nistrateur* Il a de plus, fondé deux nouvelles communau­ tés de religieuses et approuvé une troisième*

2, Vicaire général de la mort de Mgr Labrecque, jusqu'à la nomination de Mgr Lamarche, nouvel évfeque, en

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9

Encouragées par l ’autorité religieuse, soutenues par la bénédiction de l'^vêque mourant, les Petites Soeurs entreprennent à, la fin de 1930, la construction de l ’Or­ phelinat de l'immaculée·

Dès lor3, le caractère charitable des institutions diocésaines, les municipalités et le gouvernement provin­ cial d'alors ne se démentent point, Leuis secours et leur appui a permis à l ’oeuvre de se développer.

Le séminaire de Chicoutimi donne d'abord l'empla­ cement oïl s'élèvera la construction: ״ le Côteau St-Mlchel״ , situé à l'extrémité du boulevard du même nom, aux limites est de laville de Chicoutimi, C'était alors un endroit re­ tiré et paisible oti la nature capricieuse s'était plue à. faire germer des collines espacées de profonds ravins.

Généreux, le gouvernement provincial accorde, le 24 avril, 1930, un octroi de $200,000,00 à l'institution naissante. De leur côté, les villes de Chicoutimi, Bagot- ville, Arvida, le Conseil de comté de Chicoutimi promettent une somme d'environ $100,000,00, versable en vingt payments, A cette époque de crise, les petites municipalités elles-mêmes organisent une quête parmi les contribuables. Il est intéressant d'en noter ici les résultats. Ils té­ moignent non de la richesse financière, mais de la charité compatissante qui anime les coeurs généreux:

Hébertville station $36*21 Bagotville 17*20 Anse St-Jean 14,13 St-Gedéon 8,00 St-Henri-de-Taillon 5,70 Ascension 1,3° St-Jérôme 1.00

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En somme, pour une construction aussi imposante, propre à loger plus de six cents élèves, l'argent recueilli ne comble pas tout. Aussi, la maison mère de la Baie St-paul est-elle obligée d'investir des milliers de dollars pour que s'élève ce monument voué à la charité.

Beaucoup plus à cause d'un manque de sujets que d'un manque décapitai, on ne réalisa dès 1930, qu'une partie de la construction définitive. Questionnée à ce propos, l'éco­ nome générale nous apprend que la construction sera achevée dès que la communauté pourra disposer d'un plus grand nombre de religieuses.

les premières ouvrières, au nombre de huit, arrivent dans leur nouvelle mission le 28 août 1931· Dix autres re­ ligieuses les rejoindront bientôt. "... Dix huit, de dire l'annaliste du temps, alors que quarante soeurs en bonne san­ té y feraient l'affaire. Buis, elle poursuit: ...l'arrivée à. l'orphelinat fut plus lumineuse pour les âmes que pour les yeux.,, La modeste chandelle est à l'honneur... Au point de vue surnaturel la route est clairement tracée: dévoue­ ment sans trêve dans ce nouveau centre de bienfaisance. 11 1

Le premier soir, les lieux sont si peu équipés qu'­ elles doivent coucher sur la dure. ״ Il faut connaître la privation du début, si nous voulons être

fondatrices,״s'é-2

crit une religieuse au groupe.

1. Dans le Lis de l'immaculée, journal quotidien de la maison.

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11

Dès le lendemain, sachant que l'orphelinat est en­ fin habité, les autres communautés religieuses de la ville de Chicoutimi offrent leurs services. Les soeurs de 1 'Hô­ tel-Dieu, en particulier, leur font "·.* des reproches et u n c rime " de n'être pas allées coucher là le premier soir. Puis, elles envoient chercher leurs "cousines11. Elles

les gâtent " comme des princesses* Elles sont d'une chari­ té et d'une prévenance que nul ne pourra paj'er matérielle­ ment. "

Lors de ce passage à 1 'HOtel-Dieu, les Petites Soeurs reçoivent divers présents. Au point de vue maté­ riel, elles sont dotées de vaisselle; on leur donne même un début de troupeau:une vache en pleine santé· On n'ou­ blie pas non plus le spirituel: les filles de St-Augustin leur font cadeau d'un autel pour célébrer la sainte messe. C'est le premier à avoir servi à la construction de l'hô­ pital de Chicoutimi.

Les religieuses Antoniennes aussi viennent aider à. la corvée organisée à l'occasion du premier grand ménage de l ’orphelinat. A l'exemple des religieuses de 1 'Hôtel-Dieu, les soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi ex­ pédient pendant quelques jours des repas chauds pour les

" bonnes franciscaines ",

Puis, ce fut l'fcre de l'organisation matérielle. La supérieure d'alors adresse une lettre aux curés de tou­ tes les paroisses du diocèse, leur demandant de solliciter

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12

la charité auprès de leurs ouailles, afin d'aider l'oeuvre naissante*

Le Progrès du Saguenay, heddoraadaire de Chicoutimi, claironne à plusieurs reprises qu'il faut aider l'orphelinat. Il fait aussi grand écho aux projets d'industriels ou person­ nes en vue qui rivalisent d'adresse et de publicité pour ai­ der les franciscaines* Ces personnes ont pour but principal de meubler l'immeuble, de rapporter aussi à la communauté les argents nécessaires en vue de l'ouverture prochaine*

La charité et la bonté de coeur des gens du Saguenay étant proverbiale, ils ne se firent pas prier. Bientôt, le nouvel édifice regorge-t-il de caisses de linge, de vaissel­ le. Ici et là, de nombreux lits, matelas, bureaux, armoires, poêle, etc., etc., Même des dames de Québec, llt-on dans

Le Lis de l'immaculée, envolent des quantités de belle lin­ gerie.

Notons, que dès le

3

septembre, 1931, Mgr C.-A. La- marche, nouvel évêque de Chicoutimi, vient donner une pre­ mière bénédiction à ses " soeurs 11 , célèbre à leur inten­ tion, la première messe à l'orphelinat.

Dans tout ce brouhaha de l'installation, les reli­ gieuses reçoivent avec bonheur, une lettre du gouvernement provincial, leur annonçant que l'orphelinat est reconnu comme Institution d'Assistance Publique. Il portera au ré- gistre, le numéro

232

.

Cette reconnaissance lui donnant droit à l'appui financier du gouvernement.

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Les journaux annoncent enfin à la population sague- nayenne que ! ,Institution ouvrira ses portes au début de novembre·

L ’organisation des lieux n'est pas terminée, et dé­ jà, Robert et Roland R, s'inscrivent à. titre de pensionnai­ res, le 26 septembre, 1931* Créant un précédent, ils seront

suivis par un grand nombre, et ce, bien avant l'entrée offi­ cielle·

L ’arrivée de ces jeunes suffit pour motiver la tenue de registres civils et la nomination d'un aumônier. M.l'ab­ bé Onéslme Larouche, ptre, est choisi pour assumer cette fonction.

Enfin, le 4 novembre, date de l'entrée officielle, sous l'égide de St-Charles, patron de l 'évêque. En une seu­ le journée, trois cents enfants sont admis. Les couloirs débordent d ’un flot humain qui tout à la fois, crie, rie, pleure.

Même si nous n'avons pas de chiffres exacts, nous savons par la tradition orale, que la grande majorité des enfants admis ce jour-là, ne sont pas des orphelins, mais de simples malheureux qui ne peuvent jouir de la présence d'un papaau d'une maman dans un foyer normal. Le problè­ me d'hier est encore celui d'aujourd'hui. Et, c'est avec raison, croyons-nous, que M. Gérard Pelletier disait il y a quelques années:

״ La grande majorité des pupilles de l'Etat n'est pas Composée d'enfants

(22)

il-14

" légitimes, mais au contraire, d'enf^!־:» séparés de leurs familles pour diver­ ses raisons et qu'on désigne sous le nom d'orphelins... Il y a les enfants de foyers pauvres ou divisés, les or­ phelins de mère dont le papa a ״cassé maison" à la mort de sa femme. Il y a les orphelins de père, dont la mère veuve ne peut évidemment pas vivre à même nos scandaleuses pensions des mè­ res nécessiteuses...

" Et enfin, faible majorité, les "grands orphelins", ceux dont père et mère sont décédés et qui n'ont trouvé refuge chez aucun parent plus éloigné. M ^

C'e

3

t anormal, sûrement, de trouver dans une mai­ son construite pour des orphelins, d ’autres enfants qui ne le sont pas. Comme le faisait remarquer si justement une religieuse diplômée en service social:

״ ... Ce sont des mesures palliatives et temporaires. Il y a lieu d'espé­ rer pour un avenir prochain, des ré­ formes sociales et une législation positive en regard de ces problèmes. La solution vraiment humaine et adé­ quate sera de pourvoir la famille de conditions de vie normale, évitant ainsi la dispersion de ses membres, et toutes les conséquences attachées à une telle dissociation," 2

Et, sur le môme sujet, un docteur en psychologie avait raison, qui écrivait:

11 La dissociation familiale provoque essentiellement un trouble dans l'évo­ lution de la personnalité de l'enfant

1, Pelletier, Gérard, Histoire des Enfants tris­ tes, l'Action Nationale, Imprimerie populaire, 1^50, p.11 .

2 « d e C a s c i a , Soeur R i t e , adq., Adaptation sociale de l'orpheline, these~ de maîtrise en service social, Univer­

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15

״ et entrave ainsi son adaptation soci­ ale, Mieux même qu'un simple milieu in­ termédiaire, qu'un simple lieu d'appren­ tissage à la vie sociale, la famille cons­ titue le seul horizon de l'enfant: c'est à travers elle que celui-ci se bâtit une image du inonde.1 ״

Cette famille, cette cellule vivante et première de la société tous n'ont pas pu profiter longtemps de ses bienfaits. D'aucuns n'auront même pas le bonheur d'y vivre leurs premiers instants en ce monde. C'est pour ces petits êtres misérables entre tous, les illégitimes, que madame W. Criroux et sa fille Rolande organisent alors un ouvroir. Cet ouvroir, " 1 'Oeuvre des Berceaux", opère encore actuel­ lement. Il est sous la direction de mademoiselle R. Simard. On y confectionne des vêtements pour tous les jeunes de

1 'orphelinat.

Qui eût alors prédit que le premier bébé serait dé­ jà en route ? Qui eût dit que dix jours après l'ouverture officielle de l'orphelinat, soit le 14 novembre, la crèche accueillerait sa premibre protégée ? De nos jours, les fem­ mes sont hasardeuses; elles se risquent même en terrain vier­ ge... nomme l'homme... Voilà pourquoi, un gentil bébé de

sexe féminin, à la mine éveillée, semblant avoir bon envie de vivre s'inscrit la première à la crèche de 1'Enfant-Jésus.

1* IJallhot, Claude, L'Importance d'un bon milieu familial dans l'éducation de l'enfant, article publié dans

״Bien-Etre Social Canadien,novembre 1950, vol.II, no 5, p. 4 .

(24)

16

Elle a nom Cécile, est âgée de cinq mois. Elle ouvrait, sans le savoir, la voie à. plusieurs autres, qui depuis cette date mémorable ont eût cette demeure pour partage*!

Reconnaissant le travail d*importance sociale ac­ compli par les religieuses de la crèche, le gouvernement provincial s'empresse de reconnaître le nouveau berceau comme Institution d'Assistance Publique, classe E·

Si alors, on manifeste beaucoup d'activité à l'é­ gard des illégitimes, on ne manque pas non plus d'organi­ ser la vie des autres. Au point de vue scolaire, la beso­ gne s'avère très ardue h. cause des éléments disparates hos­ pitalisés . Les religieuses ne pouvant suffire h la tâche,

s'adjoignent deux institutrices laïques: mesdemoiselles A- lice Lavoie et Aline Tremblay.

Pour encourager le travail des écoliers, le supé­ rieur du séminaire de Chicoutimi, Mgr J.-E. DucheBne an­ nonce officiellement la fondation d·une bourse spéciale, valable pour dix ans, donnant droit au meilleur élève de sexe masculin, à un cours classique gratuit au séminaire. A la fin d'une année scolaire bien remplie, four­ bues sous le poids de l'organisation première, les religi­ euses volent avec grande joie, leur évêque bénir solennel

1

· Le

1 3

août, 1932, moins d'un a n après l'ouver­ ture officielle de l'orphelinat, plus de 3° b^bés avalent déjà été admis. Il est à noter que tous ces enfants vien­ nent de la crèche de Québec, qui y envole encore réguliè­ rement des poupons*

(25)

17

Tableau I : Composition de la population et nombre de jours d ’hospitalisation, Orphelinat de l ’immaculée de Chicoutimi, 1931 ! premiè­ re année d'exercice

Nombre admis Jours d 1ho spi tali satlon Indigents: Garçons: Filles: 146 176 7.534 9.645 Pensionnaires: Garçons: Filles: Illégitimes (crèche): 22 31 1.234 1.543 Garçons: Filles: 1 3 15 92 Grand Total: 379 20,063 Tableau II : Mouvement de de Chicoutimi d'exercice· la population, Orphelinat , 1931 » première année

Admis En congé Sortis Présents:

31

déc

/ 3 1

Indigents: Garçons: 146 Filles: 176 Pensionnaires : 81 90 9 8 56 78 Garçons: 22 Filles: 31 Illégitimes (cr·): 10 8 4 7 8 16 Garçons: 1 Filles: 3 0 0 0 1 1 2 Grand Total: 379 189 29 161

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lement leur maison, le 3 Juin, 1932 « On dit qu'en cette oc­ casion, il y eût congé.·· Un grand, s'il vous plaît·.·

Dans ces fondations, il y a comme dans tout travail humain des joies^et des peines¿ en plus grand nombre, peut- être... Il y a l'inquiétude de ne pouvoir suffire à la tâ­ che, la crainte de la maladie, le sentiment de ne pouvoir donner autant qu'on demande, C'est inévitable. Il y a des jours, particulièrement, oti les enfants sont si maussades... Ils sentent le printemps et les tempêtes, nous dit une hos­ pitalière. Mais, poursuit-elle, nous tâchons de les com­ prendre, de nous mettre à leur place, d'agir à. leur âge. Ce n'e st pas toujours facile... Quelquefois, nous ne pou­ vons les supporter. Après tout, nous sommes faites de chair, nous aussi; nous avons la nature humaine. Bien plus, nous engageons toute notre personnalité dans l'action. Et, Dieu sait, si nous avons nous aussi nos travers } Imaginez, de reprendre la religieuse, une mère de famille de dix enfants. Elle a de la difficulté, de temps à autrçf. Ici, chacune des religieuses doit s'occuper de plus de quinze enfants·.. De plus, ils sont constamment avec nous. Ils nous quittent

seulement pour les repas. Nous les retrouvons donc à la sal­ le de récréation, au jeu, dehors, en classe, etc. Comment voulez-vous que de temps à autres, certains ne méritent pas nos foudres ?

Actuellement, de continuer notre intervlouée, l'or­ phelinat, c'est très confortable. Mais, j'y suis depuis

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les débuts, et daignez croire que ce n'était pas si bien

fA n é

organisé·.. Nous avonsy׳׳par toutes les phases possibles et imaginables. Tenez] Dès la première année, en novembre, nous avons eu une épidémie de rougeole. Bon nombre ont é- té atteints. Surtout les fillettes. Nous devrions encore parler de l'organisation scolaire qui n'était pas aussi perfectionnée qu'aujourd'hui. Nous devrions aussi nous arrêter aux jeux... aux locaux de toutes sortes, manquant

souvent du nécessaire# Et, de terminer la bonne religieu­ se, que de choses n'y aurait-il pas encore à dire..?

Il y a un autre facteur que nous no^s devons de si­ gnaler et que ]a religieuse n'avait pas oublié de mention­ ner: la sécurité affective. Oui, à tous ces petits que le malheur a frappé, il importe de procurer la tranquilité d'esprit résidant dans la confiance et la certitude qu'on est compris et aimé. Madame Lucie Bérillon, une éducatri- ce de marque exprime bien cette idée, lorsqu'elle dit:

״ La sensibilité affective est au premier plan et à l'origine de nos pensées et de nos actes - puis,elle continue, empruntant quelques lignes au docteur Charles Fiessin- ger: ״ ce n'est pas du tout la raison qui domine, comme on le soutenait au XVIIIe s.: un désir, un intérêt, un sentiment ont émis les premières sononités. La raison n'inter­ vient que pour ordonner le rythme, rectifier, corriger#

Et, madame Bérillon de poursuivre:

11 Après l'attachement h. sa propre personne, légitime s ’il n'entràïne pas un amour-propre’ et un égoïsme successifs, le sentiment le plus naturel est l'attachement au groupe fa- 11al; ce groupe est la condition du bonheur

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״des peuples est celui des individus.

La grande éducatrice a bien soin de pour­ suivre :

״ L'éducation doit être conduite surtout avec une tendresse confiante qui n'exclut pas la fermeté, pour que l'enfant reste ac­ cessible à ! ,affectivité· Sinon, il reste fermé; quelquefois pour toujours. Je crois avec Charles Nodier, dit-elle, que toute enfance porte en elle la vie future de l'hom­ me: ״vouée h. la mélancolie, frustrée des affections qui apportent au bonheur un élé­ ment de sécurité, elle fait les hommes cha­ grins, inquiets, rongés de rêves pernicieux.״

Tandis qu'au contraire, si elle est tra­ versée de joie, soutenue par les tendresses indulgentes, elle met sur l'existence entiè­ re une note lumineuse que les pires détres­ ses de la maturité ne parviennent jamais à détruire. 1 ״

Et, s i dès ses premiers instants à l'orphelinat, l ’enfant ״ a le privilège <ie sentir... que le monde n'est pas entièrement hostile, que l'on peut y trouver des ¿!ains accueillantes, une tendresse toujours prête et qui ne ré­ clame aucune récompense, celui-là aborde la vie avec un sen­ timent de sécurité qui aura des répercussions profondes sur

son caractère. ״ ^

Ces longues citations disent bien l'attention qu'il faut porter à l'individu faisant partie de ces groupes

1, Bérlllon, L u c i e , Le Bonheur et l'Adaptation à la Vie (Essai de psychologie appliquée), Librairie Jouve, 15, rue Racine, Paris, 1946, p.110,

2 * Talllleu, Jeannette, La vie profonde de l'enfance. Office de Publicité, rue Neuve, Bruxelles, 1944, p.148.

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d ’enfants que sont les orphelins* Parce qu'isolés des leurs, ils ont besoin semble-t-il, d'une âme compréhensive, qui vi­ bre à leur diapason··· C'est ce que les Petites Soeurs se

sont appliquées à développer, croyons-nous, vis-à-vis leurs protégés, et ce, dès les premières années, les premières heures de la fondation de l'oeuvre·

Revenons maintenant à la crèche, qui commence déjà à intéresser les gens du dehors· Des parents privés de ce beau titre veulent eux aussi, à l'aurore de l'ouverture de la crèche, procurer de la sécurité aux enfants délaissés· Aussi, une journée ne s'était-elle pas encore écoulée de­ puis la réception de nombreux poupons venant de Québec ^ que déjà, la première adoption avait cours* Marie-Pauli- ne-Blanche avait des parents, de nouveaux sujets d'identi­ fication*

La même journée, trois fuyards s 'essayent..* et réussissent.

Si les cadres de l'orphelinat se remplissent de plus en plus, les ressources, elles, demeurent toujours les mêmes. On est même menacé de voir les enfants privés du nécessaire. A cette fin, Mgr Lamarche décrète une quê­ te faite dans tout son diftcèse par les religieuses elles- mêmes. C ’était une ressource inattendue permettant à l'ins­ titution de faire plus que vivoter. Quelques mois plus

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tard, l'évèque commande une quête en surplus pour la crèche, dans tout le diocèse· Elle se fait en février, tous le3 ans.

Tranquillement, la vie religieuse s'organise· C'est ainsi que le 13 décembre, 1932, une retraite est prê­ ché e aux orphelins par les RR PP.Rédemptoristes de Desbiens, Lac St-Jean* C'est leur aumône annuelle depuis la fondation* Bien manger, bien vivre, bien étudier, bien prier, n'est pas tout dans la vie· L'homme, dit Verest, si stolque soit-il, a besoin de se reposer; il a besoin d'une détente· Aussi, est-il bon de briser de temps à autres la monotonie des cadres intérieurs pour s'enfuir au dehors. C'est ce qu'ont compris les Knights of Columbus ^ de Chicoutimi* En plus de nombreuses gâteries procurées par eux k l'occa­

sion des grandes fêtes, ils organisent dès septembre 1933» une promenade d'auto dans la banlieue chlcoutimienne, pour tous les orphelins du H Côteau St-Michel H , Monsieur Eloi Côté, grand chevalier en est l'animateur* Cette promena­ de est passée h. la tradition et chaque septembre nouveau la voit se renouveller. Plus de cent autos sont fournis an­ nuellement par des bienfaiteurs, pour cette promenade·

Le premier janvier 1936, le gouvernement provin­ cial apporte lui aussi son cadeau dans le bas suspendu h. la cheminée: en cette occasion, il annonce que les pensions d'Assistance Publique sont portées de 0 #24 à 0,30 cents par enfants hospitalisés·

A l'orphelinat, dès les premières années, les

1. Connus dans la province de Québec sous le nom de: ״Les Chevaliers de Colomb", mais ils n'ont aucune charte légale

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orphelins se chargent bien inconsciemment de faire se vé- fier le premier principe de l'économique: les besoins hu­ mains sont infinis, les moyens à notre disposition pour les satisfaire sont finis...

En effet, les ressources sont maigres, mais pour répondre aux besoins de la population orpheline de plus en plus nombreuse, les religieuses doivent agrandir les dépen­ dances, Ce sera ensuite, en 1940, la construction d'une ferme à St-Honoré, Chicoutimi, sur 340 acres de terre gra­ cieusement données par monsieur le curé Jean-Baptiste Martel, de Ste-Anne de Chicoutimi. On constatera très vite que cet­ te ferme est trop éloignée de la maison principale, l'orphe­ linat. Aussi, dès 1944, on achètera en bordure du boule­ vard Talbot, une ferme modèle des mieux équipées* On y cons­ truira selon toutes les commodités modernes, une grange spa­ cieuse, des bâtiments fiour abriter les animaux, les voitures, etc. En 1950, on a doté cette ferme d'un lac artificiel,

K II

foré des puits artésiens, installé des frigidaires, acheté de nouveaux camions et tracteurs, fait l'acquisition d'une route et d'un lopin de terre. Nous donnerons une brève des­ cription de cette ferme dans les pages qui vont suivre.

De pair avec l'installation matérielle, le program­ me scolaire s ’affermit. C'est grâce à la présence dans les murs de l'orphelinat, du scolasticat-école normale de la Con- gragation. Il y séjournera dix ans. C'est h cette époque encore, qu'une Ecole ménagère moyenne est fondée et ouvre

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ses cours. Elle deviendra Ecole supérieure d'enseignement ménager en 1948, puis Institut familial en 1951. L'insti- tlon est autorisée à garder quand même l ’Ecole ménagère moyenne.

Dès 1947, les religieuses, de concert avec l'auto· rité diocésaine, désirent la création d'un organisme qui contrôlerait les admissions à l'orphelinat, ferait les a- doptions, s'occuperait activement de ! ,administration lo­ cale des Allocations Familiales. Après bien des démarches, on ouvre officiellement le 1er mars 1949, le bureau diocé­ sain du Service Social de l'Enfance, ayant son siège so­ cial à Chicoutimi* Désormais, toutes les admissions d'en­ fants à l'orphelinat, toutes les adoptions relèveront de la nouvelle administration.

Monsieur l'abbé François Plourdp, ptre, devient le fondateur de l'oeuvre nouvelle. ^ Parmi les personnes à qui l'orphelinat est particulièrement redevable pour la formation de ce centre de bienfaisance, i l c o n v i e n t de nom­ mer Mgr C.-E. Bourgeois de Trols-Rivlferes, mademoiselle Thérèse Morrisset, travailleuse sociale, qui ont guîdé les premières destinées du Service Social de l'Enfance après avoir présidé à sa conception*

Mais, toute médaille a son revers... Quelques jours après l ’annonce de cet heureux événement, l'aumônier de la maison depuis dix-sept ans, monsieur l'abbé Damase Boulanger, décède dans sa famille à Rivière du Loup.

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Il avait goûté & peine deux mois de repos, puisqu'il quittait l ’immaculée le 22 janvier, 1949·

Et la v i e continue à l'orphelinat de l'immaculée, sous le supériorat pour un second terme de la révérende mè­ re François-de-Borgia,soeur de la fondatrice· ^ Active, entreprenante et intéressée, prudente et d'un Jugement é- clairé, la supérieure actuelle a de nombreux acquis à son crédit. Son c onseil qui la s econde merveilleusement lui a permis d'entreprendre en 1950-51, des travaux divers dont la nécessité s'avérait une urgence; réparation des diver­

ses pièces de la maison; peinturage de haut en bas; divi­ sions à la crèche et au réfectoire des religieuses; le ré­ servoir h. condensation a été renouvellé; la salle de ré­ ception restaurée à neuf et on y a fait l'acquisition de 350 chaises pliantes en acier tubulaire. On a aussi en­ trepris la réparation des ascenseurs, de la chaufferie et des murs extérieurs de la maison, du toît et des planchers« On fera sous peu l'installation d'un système de communica­ tion ״ Eleetro Vox ", don des Knights of Columbus de Chi- coutimi.

C'est l'orphelinat nouveau, celui de la seconde régénération qu'il nous a été donné de visiter. Une des­ cription brève que nous en donnerons dans les pages

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tes nous permettra de constater dans quels lieux, les or­ phelins exercent leur agir♦

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DEUXIEME PARTIE

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CHAPITRE II

ASPECT EXTERIEUR ET STRUCTURE INTERNE

Sur une colline baptisée ״ Côteau Saint-Michel ", surplombant le majestueux Saguenay, l'Orphelinat de l'imma­ culée s'isole à la presque limite-est de la ville de Chi- coutini. Un vaste terrain 1 'éloigne de la rue Jacques- Cartier sur laquelle elle est située. Les automobilistes et les piétons doivent donc gravir une légère pente pour y accéder. A l'ouest, file le boulevard Talbot; la route Sydenham limite les terrains arrière et, dans le calme des soirs, l'on peut entendre le mugissement des chutes Langevin, lesquelles alimentent la Rivière-du-Moulin*

Sur le plan original, l'orphelinat a la forme d'une croix latine. La forme actuelle est celle d'un T, l'aile arrière constituant le haut de la croix n'étant pas encore construite. Cet édifice à l'épreuve du feu est de briques rouges avec dentelures de ciment à la partie supérieure. On compte cinq étages y compris le rez-de- chaussée. L ’aile droite est réservée aux filles, celle de gauche, aux garçons*

Tout à côté, accroupie dans un petit ravin, la chaufferie dresse sa haute cheminée de cent trente-cinq pieds* Là, s'effectue le chauffage central qui assure à l'immeuble une température normale et régulière*

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La grande maison est ceinturée de terrains qui tour h tour sont: sur la façade: pelouses ayant en bordu­ re symétrique de petits sapins; sur les côtés: cours pour les jeux des enfants; en arrière: les jardins*

L'hiver, les cours se transforment en patinoires. Une longue glissade y fait aussi des heureux. L'été, de petits kiosques s'organisent ici et là. Aux alentours: pas de géants, trapèzes, balançoires et chaises longues en ïont le charme.

En arrière, s'étendent les terres cultivées en fourrage et un immense potager. Une petite étable-remise se situe à ! 1arrière de l'usine. A ce même endroit, tra­ cée mais non encore ouverte, une rue transversale, rue de la Heine, relierait le terrain au boulevard Talbot.

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L'ORPHELINAT DE MARIE - IMMACULÉE DE CHICOUTIMI

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Structure Interne.

L'accueillante maison vous invite. Un large es­ calier conduit au premier étage. Le sourire d'une religi­ euse, et, un long corridor aux couleurs gaies vous laisse voir de vastes parloirs. A droite, deux pièces réservées aux religieuses, un petit magasin oh sont rangés des ob­

jets utiles et pieux. Quatre parloirs vitrés reçoivent visiteurs, hommes d'affaire, parents, amis. A gauche,

parloir des dignitaires; tout k cfité, le " grand parloir 11? vaste salle pouvant contenir environ 200 chaises, où, di­ manches et fêtes se rencontrent les orphelins et l'un ou l'autre des membres de leur famille. Six larges et hautes fenêtres assurent un excellent éclairage. Une petite sal­ le de toilette termine la série de ces pièces.

Franchissant une large porte vitrée, un corridor s 1offre, terminé par une salle de cours réservée à l'Insti­ tut familial. Tout de suite, k droite, un escalier facili­ te l'accès aux différents étages. Votre coeur est-il fai­ ble ? Deux ascenseurs sont k votre disposition. Quelques pas et vous pénétrez respectivement5d ,un côté chez les Jeu­ nes filles de l'Institut familial et de l'autre, chez les garçonnets de neuf k douze ans.

Visitons d'abord les pièces des adolescentes qui bénéficient d'un intéressant, solide et complet cours d'en­ seignement ménager. La première pièce k droite, est le ré­ fectoire, Les mets viennent de la cuisine centrale , située

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Figure 2: Réfectoire et Cuisinette

Echelle 1" = 5 ür Figure 3: Salle âe Classe

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au rez-de-chaussée, au moyen d'un monte-charge ouvrant sur la pièce attenante· Il y existe un avant réfectoire· De chaque côté de la porte mobJile, le mur vitré constitue une sorte de fenêtre montante, formant à. la base, une table de desserte. Armoires chauffantes, table, armoires basses, évier, autant d'objets dont on peu disposer dans un réfec­ toire.

En face du réfectoire, la salle de couture. Clai­ re, parce que le soleil y entre à. flots par trois fenêtres. Lumineuse par ses couleurs pastels.

Entre la salle de couture et le dortoir, une cham­ bre de bain, dotée d ’un plancher de tuile; ses mûrs revêtus d'imitation de marbre, e n facilitent l'entretien. Par onze fenêtres, le soleil clignote sur 40 lits alignés dans un ordre parfait. C'est à grand trait, le dortoir de l'Insti­ tut familial. En s on centre, on remarque deux cellules des­ tinées aux religieuses-professeurs.

De nouveau l·. droite, faisant suite au réfectoire, deux salles de cours. La première, celle des finissantes, possède en plus d*un luxueux matériel scolaire, une biblio­ thèque riche de cinq cents volumes, des livres de référence, etc. La seconde salle, largement éclairée par cinq fenêtres peut contenir une trentaine de pupitres. Bibliothèque docu­ mentaire, tableaux noirs, casiers géographiques, dactylographes en font une salle vraiment intéressante. Une pièce

d'utili-11

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puis, c ’est le bureau de la directrice· On y trouve des armoires pour fichiers, d u matériel scolaire, de la documentation spéciale à l'usage des professeurs.

Et maintenant, nous voilà & la salle familiale· Les teintes en sont rose et vert. A gauche, armoires pour effets personnels des élèves. Au fond, des fenêtres dis­ pensent l'air et la lumière. A droite, deux fenêtres et une porte donnant sur une galerie extérieure. Un angle de la pièce prend visage de 11 vivoir ״ . Pour agrémenter les réunions et les détentes, on possède un piano, un radio, un tourne-disque, une imposante discothèque,

F.evenons à l'entrée de l'Institut familial. A gauche, un petit corridor se glisse vers l'escalier arriè­ re, réservé‘ à la circulation des filles. Les garçons ont aussi leur escalier particulier à l'entrée de leurs dépar­ tements respectifs. Chaque étage possède deux extincteurs chimiques, deux incinérateurs et une chute à linge.

Cette description vaut pour tous les départements féminins, la crèche excepté. DIl côté des garçons, les divi­ sions sont les mêmes, si l'on excepte la salle de couture formant deux pièces distinctes: lingerie et chambre h zsàz a ta■» feee à coucher pour les employées. Toutefois, l'usage de ces pièces peut différer et, selon l'âge, les ameublements varier* Tous les départements possèdent un radio et un tourne-disque.

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Second étage

Au-dessus des parloirs se trouve l ’aumônerie. A droite, le département Ste-Agnès d ’Assise; à gauche, le dé­ partement St-Louis d'Anjou, Le corridor central est fermé par une pièce réservée aux religieuses en charge auprès de messieurs les prêtres,

-Troisième étage

La chapelle située temporairement au-dessus de

1 ’aumônerie est spacieuse, mais insuffisante pour loger tout le personnel: seulement quatre cents personnes peuvent assis­ ter aux offices liturgiques.

A u sortir de la chapelle, à droite, se situe le dé­ partement Ste-Iiarie; à gauche, département St-Antoine-de-Pa- doue, A l ’extrémité, face à la chapelle, une pièce réservée à la sacristine.

Quatrième étage

Surplombant la chapelle, une terrasse d ’oîi l ’on peut admirer le magnifique site ehicoutimien, Elle s ’étend k tou­ te l ’aile formant le pied de la croix de l ’édifice.

Un escalier conduit k une chambre où se contrôlent les machineries des ascenseurs, A droite, le département Ste-Thérèse de l ’Enfant-Jésus ; k gauche, la crèche, ״ La Ma­

ternelle " ferme le corridor. Vous plairait-il de visiter la pouponnière ?

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A droite, deux petites salles contigües servent à ranger le linge, puis, c'est une salle de bain éclairée. Une série de trois dortoirs contenant respectivement: J>0- 40-34־ lits. U n mur vitré les sépare. A noter que le mur donnant sur le corridor, vis-k-vis des deux premiers dor­ toirs est également vitré sur une longueur de 12', ce qui permet aux visiteurs de voir les bébés sans être obligés de pénétrer dans les pièces. En remontant, à gauche, la salle des petits de un à trois ans. Une salle de bain communique avec cette pièce. Fait suite, une salle réservée aux jeunes filles préposées au soin des bébés. Puis, c'est l'infirme­ rie aux couleurs gaies et jeunes: des berceaux et petits lits, incubateurs, une tente d'oxygène semblent promettre la guérison. ( Soit dit en passant, chacun des départements sauf l'Institut familial possède sa propre infirmerie ). La chambre des hospitalières fait suite... Dans'la pièce voisine, un angle est aménage en parloirs, afin de permettre aux parents de jouir de la présence de leurs petits. L ’au­ tre partie, attenante à une cuisine de diète possède une grande armoire frigorifique. Par une parte mobile, vous pé­ nétres ensuite dans une salle où se préparent les boires.

Sur cet étage, 1 ׳escalier-arrière des garçons con­ duit à un petit dortoir destiné aux employées. Une salle de bain et un vivoir séparent ce dortoir d'un autre actuellement occupé par les Jeunes filles finissantes de l'Institut fami­ lial. Une porte extérieure donne sufc une terrasse s'étendant

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a toute l'aile droite de l'édifice.

Re z-de-chaus sé e

Deux portes extérieures donnant respectivement sur les côtés et l'arrière permettent l'accès au rez-de-chaussée, logeant quelques pièces réservées aux religieuses: salles de communauté, dortoirs, infirmerie et les bureaux de l'adminis­ tration. Les pibces de l'administration comprennent le bu­ reau de lasupérieure, l'économat, le secrétariat communi­ quant avec le parloir par un petit escalier privé.

Dans l'aile droite, se succèdent: réfectoire des

«

employés, salle de repassage, cuisine d'apprentissage pour les élbves de l'Institut familial. En face, la centrale téléphonique. Une pièce pour les élèves de l'Ecole ména- gbre moyenne fait suite. Ensuite, c ’est la buanderie, double pibce spacieuse, équipées avec de la machinerie moderne. Elle occupe l'extrémité de l'aile·

Le corridor central reliant les deux ailes donne sortie dans les cours et les jardins. Dans l'aile gauche, nous visiterons successivement־! une petite salle à manger pour visiteurs; attenant, une cuisinette "familiale1!.

Les élbves de l'Institut familial y font leur stage d'art culinaire et s'initient au rôle de maltresse de maison. La pharmacie centrale nous accueille: trois pièces avec

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Une immense cuisine comprend tout h la fois un cen­ tre d ’activité, des chambres frigorifiques, enfin, de hau­ tes armoires avec grillage pour l'entreposage du pain et appareils électriques, tel que malaxeur, facilitant la tâ­ che du personnel.

Face à la cuisine, deux pièces pour différents usa­ ges. Aussi, une cuisinelte donnant sur le réfectoire des religieuses. A celui-ci fait suite l'ouvroir. A l'extré­ mité de l'idle, la salle de réception. Piece spacieuse

aux couleurs pastels, elle peut contenir environ trois cents cinquante personnes.

Au sous-sol: salles de Jeux, vestiaires, pifeces pour malles, ateliers, entrepôts et salle de tissage appartenant à l'Institut familial. Une porte centrale donnant sur la

cour extérieure permet l'entrée des véhicules des fournis­ seurs par une légbre dépression du terrain.

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Ferme et dépendances,

A trois milles de l'orphelinat, en direction de Qué­ bec, une vaste propriété de deux cents cinquante acres com­ plète le domaine de cette institution.

Une grange-ctable, couleur crème avec portes et fenê­ tres vertes, est en bordure du boulevard Talbot, la façade tournée vers l'est. Un coup d'oeil à l'intérieur justifie­ ra 1 *appréciation: ״ C'est une ferme modèle l ״ Pour une meilleure orientation et une vue d'ensemble plus nette, pla­ çons-nous à l'extrémité du corridor central nord-sud.

A droite, crèches pour taures; à gauche, infirmerie pour les animaux malades* Une grande porte fait communiquer avec l'écurie divisée en six stalles disposées à droite et à gauche de l'allée centrale. Une seconde porte clôt cette sec­ tion.

A droite encore, chambre du gardien attenant à une pièce d'utilité générale: pharmacie, chariots roulants pour la distribution des moulées, vestiaires. A cette pièce est annexée la chambre des fournaises, laquelle communique avec les entrepôts frigorifiques situés sous le pont conduisant au fénil (où l'on tient en réserve foin et paille pour le bétail. Des chutes intérieures facilitent le travail )* A gauche, deux petites pièces contigües réservées aux reli­

gieuses qui se rendent à la ferme régulièrement. Tout à cô­ té, la laiterie où l'on dispose les trayeuses électriques. La centrifugation du lait se fait dans cette pièce.

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En quatrième section, un endroit destiné aux va­ ches. On y compte quarante-huit bètes k corne et quinze enclos pour veaux*

A 1 5extrémité sud-ouest, un enclos pour le boeuf avec sortie extérieure spéciale.

Le système d'éclairage, d'aération, de chauffage et de drainage est des mieux organisés. Les silos sont sis à l'arrière du bâtiment. Comme dépendances, il y a lieu de mentionner: une maison habitée par le gardien, une remise pour instruments aratoires, un garage avec pompe h. gazoline pour camion, un hangar, une porcherie.

U n barrage est construit sur cette propriété. Il canalise les eaux jusqu'à un réservoir. De là, elles sont distribuées dans les bâtiments. Un puits artésien fournit l ’eau pour l'alimentation et les besoins culinaires. Une vole d'évitement facilite le transport des produits néces­

Figure

Tableau  Pages
Tableau  I  :  Composition  de  la population  et  nombre  de  jours  d ’hospitalisation,  Orphelinat  de  l ’immaculée  de  Chicoutimi,  1931  !  premiè­
Figure  2:  Réfectoire  et  Cuisinette
Tableau III:  Etat  des  recettes  et  déboursés  de
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