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Bibliothèque municipale de Lille

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HAL Id: dumas-01555353

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Bibliothèque municipale de Lille

Domenica Attardo

To cite this version:

Domenica Attardo. Bibliothèque municipale de Lille. Sciences de l’information et de la communica-tion. 1997. �dumas-01555353�

(2)

ATTARDO Domenica

MAÎTRISE

EN

SCIENCES DE L'INFORMATION ET DE LA DOCUMENTATION

Rapport de

stage

Stage

effectué du 3 juin 1997

au

31 juillet

1997

à la

BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE

DE

LILLE

Sous la direction de :

Madame BEGUIN,

responsable

universitaire

Mademoiselle CHAMPEAUX,

responsable

professionnelle

LILLE 3 Octobre 1997

UNIVERSITE CHARLES DE GAULLE

UFR IDIST

(3)

Sommaire

Introduction

Premièrepartie : Leréseau des bibliothèquesdeLille.

I. Labibliothèque Centrale

1)Historique.

2) Le fondsetlescollections.

3) Présentation desdifférents services.

a) Leservice de l'étudeouservice de ladocumentation.

b)Lesservices de lecturepublique, la discothèqueetla vidéothèque.

c) Le prêt auxcollectivités.

d)Leservice de laconservation. e) Lesservicescommuns.

4)Lepersonnel de labibliothèque.

5)Lepublicet lesstatistiques.

6)Larecherchedocumentaireetl'informatisation du fonds.

7) Laplace du multimédia.

8)Lapolitique culturellede la ville de Lille etdela bibliothèque.

II. Lesbibliothèques de quartier.

1) Lesrelations avecla bibliothèque centrale.

2) LecontratD.S.U.

3) Les bibliothèquesdans leur quartier. a)Bois Blancs.

b) Vieux-Lille. c) Wazemmes. d) Fives.

(4)

Deuxièmepartie: La bibliothèque "hors les murs".

I. Lesorigines de la politique "hors les murs".

II. Les médiateurs du livre.

1) Modalités de recrutement etprofil des médiateurs. 2) Lesorganismes de formation.

3)Lesmissions des médiateurs décrites dans le programmeduMinistère de la culture.

III. Les actions "hors lesmurs" àLille.

1)Lesactions endirection de la petite enfanceetde l'enfance. 2)Lesinterventions auprès de publics spécifiques.

3) Les jardins de lecture de Lille. 4) Lesmissions du bibliobus.

Conclusion.

Bibliographie.

Liste des abréviations utilisées. Annexes.

(5)

INTRODUCTION

Les bibliothèques municipales sont les lieux de la mémoire collective, du patrimoine et de la

conservation de l'histoire du monde. En leur sein sont conservées les collections les plus

prestigieuses qui font partie de la richesse des régions. Les grandes bibliothèques de province en

France remplissent des fonctions de conservationimportante, sousla tutelle de l'Etat.

Pourtant, depuis les années 70 environ, un nouveaurôle des bibliothèquesestapparu, qui, plus que

laconservationdesdocuments,privilégie les fonctions de diffusion des connaissances.

En effet, on prend alors conscience que la conservation n'a pas de sens si seulement une partie

mineure de la population a accès aux ressources des bibliothèques. De même, les progrès

technologiques immenses, le perfectionnement des techniques de gestion des documents,

l'informatisation massive et la modernisation des bibliothèques auxquels on assiste depuis

plusieurs décenniesneserviraient à rien si ils nepermettaientunmeilleurpartage du patrimoine et

un accès égal à la culture de tous les citoyens. Les bibliothèques municipales sont désormais

capables d'accueillirtous les publics, de répondre aux besoins les plus divers. Elles sont aussi des

lieux de sociabilité et des outils d'intégration socio-culturelle pour les individus et revendiquent le

rôle social qu'ellessontà même dejouer.

ALille, labibliothèque municipaleest unebibliothèque dite "classée",qui deviendra dèsle mois de

janvier 1998 undespôles associés de laBibliothèque Nationalede France. Ainsi, la bibliothèque de

Lille doitelle aussi remplirdes fonctions de conservation importante. Elle possède de plusunriche

passéhistorique, lié étroitement à l'histoire de la villeetdelarégion.

Mais c'est égalementune bibliothèque qui seveutvivante etouverte sur l'extérieuretsurle présent

qui a inauguré pour cela il y a plus de vingt ans la première annexe de quartier, première

bibliothèque d'un réseau quine cesse de s'agrandir. Pleinementconsciente des inégalités sociales et

culturelles que l'on trouve dans la ville et du rôle qu'elle peut jouer pour la réduction de ces

inégalités, elle développe depuis plusieurs années maintenantune politique "hors les murs" pour le

développement de la lecture publiqueengénéral mais aussi pour amener les publics les plus exclus

etlesplus défavorisés à la fréquenter.

Les cours de l'option A de la maîtrise concernant la sociologie de la lecture et les moyens

d'intégration socio-culturellepar les bibliothèques m'ont donc donné l'envie, durant mon stage à la bibliothèque municipale de Lille de choisir comme axe principal de réflexion les actions "hors les

(6)

murs" menées par la bibliothèque, la dynamique entre les services internes et les actions à

l'extérieurpourla conquête denouveaux lecteurs.

Lapremièrepartie decetravail estconsacrée àla présentation du réseau des bibliothèques lilloises,

en le situant à la fois dans son histoire, dans ses locaux et dans sa ville aujourd'hui. Là seconde

(7)

PREMIERE PARTIE : LE RESEAU DES BIBLIOTHEQUES QE LILLE.

I. La bibliothèquecentrale.

1) Historique.

L'actuelle bibliothèque municipale de Lille, située rue Edouard Delesalle, en centre ville, fut

ouverteaupublic le 18 mai 1965.

Mais labibliothèquea unriche passé historique, puisqu'on considère qu'elle descend directement de

la bibliothèque du Chapitre de la Collégiale Saint-Pierre, ouverte au public dès 1726, sous

l'impulsion de sontrésorier, Raymond de Valory.

A larévolution, lesbiensduclergé sontmis sousséquestre. Dès 1790, la bibliothèque estmise sous

scellés et estréclaméeparla ville et parl'état. Elleestensuite transférée dans l'ancienne Académie

des Arts, où le fondsresta à disposition du public. En 1798, elle devient la bibliothèque de l'Ecole Centrale.

Ainsi, grâce à la persévérance des Lillois et de la municipalité, qui se sont toujours battus pour

conserver leur bibliothèque, la considérant comme leur bien propre, l'important fonds de

Saint-Pierre fut remis quasi intact à la ville de Lille. Les éléments du Dépôt Littéraire vinrent sejoindre

ensuite à ce fonds. Ces ouvrages provenaient des abbayes de Loos, Cysoing, Phalempin et

Marquette, des couvents lillois des Dominicains, Récollets et de l'hôpital Comtesse de Lille. Ce dépôt littéraire permit donc de constituer la bibliothèque communale, ouverte dans le choeur de l'église des Récollets. Elle s'installe ensuiteen 1848 dans le nouvel hôtel de ville, le Palais Rihour. La bibliothèque continue à s'enrichir grâce à des achats réguliers, des dons et des legs importants. Dès 1879, un service de prêt à domicile commence à fonctionner et la bibliothèque s'ouvre largementau public. Une partie de cette bibliothèque en pleine expansion sera pourtant détruite le

23 avril 1916, lors de l'incendie de l'hôtel de ville. Dans la ville occupée alors par l'armée

allemande, les fonds les plus précieux, conservésensous-sol échappent auxravages maisunepartie de l'importante collection de périodiques locaux et des fonds anciens est détruite. Ce qui put être

sauvé fut transporté à la bibliothèque universitaire, où les documents furent séchés etreclassés. La

bibliothèquey restejusqù'en 1964. Entre 1916 et 1960, date à laquelle les plans de reconstructions

de labibliothèque furent enfin terminés, la bibliothèque de Lille s'était donc pratiquement effacée.

En 1965, l'actuel bâtimentencentrevilleestinauguré.

(8)

L'histoire delabibliothèquemontrequela villeetles habitants onttoujours portéunintérêt certain

à celle ci, ce qui a permis de la conserver. Cette idée est renforcée par l'étude du fonds de la

bibliothèquequi aété continuellement enrichi parles dons nombreux des Lillois.

2) Le fondsetlescollections.

En 1996, la bibliothèque possède 859548 imprimés, 44296 phonogrammes musicaux et 2603

cassettesvidéo.

La bibliothèque municipale conserve des ouvrages précieux et rares. Elle possède de nombreux

manuscrits, héritage du pillage des établissements religieux. Parmi les manuscrits se trouve de

nombreuxévangéliaires etBibles, comme parexemple la Bible de la Comtesse Jeanne, qui date du

XIIIème siècle, dans son ancienne reliure de bois recouvert de cuir gaufré et portant encore le

crochet qui servait à l'enchaîner. Nous trouvons aussi des missels, des livres d'Heures, des

manuscrits autographes (ex : Le dictionnaire de la musique de J.J Rousseau ; Les Lettres de

Beaumarchais àGudinde laFerlière....), ainsi quedes ouvragesdivers, telsqueLesCent histoires

de TroyesdeChristine de Pisan, datant du

XVIeme

siècleetillustréd'aquarelles. Labibliothèquemunicipale possède également :

- environ 300

incunables, dans différents domaines tels que les sciences et les arts, les

Belles-Lettres, l'histoire,lathéologie...etc.

- une

importante collection degravures.Un muséeavait d'ailleurs étéinstalléàlabibliothèque.

Il a ensuite migré au Palais des Beaux-Arts de Lille. Il reste cependant un grand nombre de

recueils dansle dépôt(recueils d'estampes...).

-unfonds musical trèsimportant, qui fait suiteauversementpar la Ville des collections de

l'Académie de Musique et de la Société des Concerts. Ce fonds fut ensuite enrichi par de

nombreuses donations. Noustrouvons entreautre danscefondsdes collections de partitions

d'orchestres détaillées, d'opéras, de balletsetd'opéras-comiquesdes

XVIIèrae,

XVHÉ"16

et

XIXemesiècles, ainsi qu'une série d'ouvrages de musique instrumentaleetde musique

sacrée.(3500 partitions).

-un fonds local et régional qui constitue une de ses principales richesses. Ce fonds comporte lui

aussi des manuscrits,des imprimés (impressions lilloises etouvragesrelatifs à Lille età larégion).

Il est complété par des cartes, des plans et des estampes se rapportant à notre région. D'autres

collections sont présentes dans le fonds local, comme la biographie locale ou encore l'histoire du

(9)

- une collection "de

guerre", commencéedès l'occupation, qui comprend des journaux français et

allemands etdiversouvrages.

- une collection de 4 000 mazarinades

(1800 numéros environ), un millier de factums, une collection d'ex-libris.

- 7

000 brochurespubliées dans les Pays-Bas autrichiens.

- des

chroniques anciennesetdes actesroyaux.

- un

importantfondsde livres devoyages.

- des recueils de

portraitsetde pièces gravées dont l'ensemble des vingt-trois volumes du Cabinet

du Roi conservés dans dessomptueusesreliures (estampes gravées sousle règne de Louis XIV).

- de nombreuses

aquarelles contenues dans certains manuscrits et qui permettent de connaître

l'architecturelilloiseen 1729.

- unfonds de chansons de carnaval de

plus de 3 000 titres, qui constitue la mémoire ouvrière de la

findesiècle.

- des

étiquettes commercialesimpriméesenchromolithographie, spécialité de l'imprimerie lilloise

de la fin duXIXemesiècle. Cettecollectionde 6 500piècesaété donnée à labibliothèquepar

P. Maurois, ancienconservateurdu musée de Lille.

-une série de photographies de la fin du

XIX6"16

siècle et un ensemble de 7 000 plaques deverre

surDouai,l'Europeetl'Afrique du Nord.

- de nombreuses affiches et

cartes postales et une collection d'images religieuses donnée par

GeorgesHumbert.

Commenousavionspu le voiravec l'histoire de la bibliothèque, les donsparlesquels les lillois ont

toujourstémoigné del'intérêtporté àla bibliothèque,contribuent à la grande richesse du fonds.

Parmiles donsd'uneimportance exceptionnelle, noustrouvonschronologiquement:

-la collection des sciences naturelles, créée par le botaniste Desmazières et qui fut léguée à la

bibliothèqueen 1862. Cette collectioncomportede nombreuxherbiers.

- 10 000

volumes, dont 183 manuscrits, légués en 1877 par le Marquis Godefroy de Ménilglaise,

extrêmementprécieuxpour l'histoire locale.

- lacollectionBartonneuf:

livres,journaux, caricatures surlaguerre 1870-1871 etla Commune.

- la

bibliothèque du chansonnier lillois Desrousseaux, entrée à la bibliothèque municipale en 1891 etcomprenant 500 volumes.

- les 9000 volumes sur la Picardie et l'Artois,

légués en 1893 par Debray, membre de la

commission de labibliothèque.

(10)

- le Comice

Agricolefait don desabibliothèqueen 1893.

-l'orientaliste Léon de Rosny lègue en 1912 ses ouvrages chinois et sa collection relative à la

langueet àla littérature chinoise. Ce fondsestcomposéde plus de 500 livres chinois, 300 livresen

japonaisetplusieurs documentssurle bouddhisme.

- L.

Lemaire, professeur au lycée de Lille a lui, légué ses livres, notes et documents qu'il avait

rassemblésau coursdesesrecherchessurl'histoire locale.

- le Crédit

Lyonnais a offert une très importante collection de périodiques nationaux et

internationaux. Le service des périodiques a ainsi présenté en 1995 un aperçu de larichesse de ses

collectionsavecl'exposition "La Grande Guerre à la une".

Le fonds est régulièrement alimenté par des achats et aussi par le Dépôt Légal dont bénéficie la

bibliothèque de Lille, qui doit recevoir gratuitementun exemplaire de toutes les publications de la région Nord /Pas-de-Calais et de la Belgique francophone. Ce Dépôt Légal est géré par des

vacataires nommésparla Bibhothèque Nationale.

Commelesbibliothèques de quartier, la bibhothèque du Centre Ville dispose de fonds thématiques.

Cesfondsconcernentlecinéma, lesromanspoliciers, les Beaux-Artsetle théâtre.

Les spécialités de la bibhothèque de Lille (Sciences naturelles, fonds régional, fonds chinois...)

dépendentdirectement decesdons. La collectionGodefroyenparticulier,si riche endocuments sur

l'histoirerégionaleadonné à la bibliothèque unedirection qu'elle s'appliquetoujoursàsuivre.

3) Présentation desdifférents services.

Labibhothèque centrale sediviseenplusieurs services :

- le service del'étude

- les services de lecture

publique jeuneetadulte

- le service vidéothèque / discothèque - lesservices communs -leservice de la conservation - le servicedu prêtauxcollectivités

(11)

a) Le service del'étudeouservice de documentation.

•irétude.se trouve au-gmffiîer éiage"~cîê la bibliothèque. C'est un service gratuit, qui nécessite

seulement ledépôtd'unecartede lecteurpourla consultationdesdocuments.

Ce fonds de l'étude compte environ 600 000 ouvrages (ouvrages généraux, ouvrages de référence,

thèses...) plusunfonds de périodique de plus de 8 000 titresdifférents dont 700 titres "vivants".

Lesfonds ancienetrégional font égalementpartiedece service.

L'accueil est situé dansce serviceet non au rez-de-chaussée, ce qui fait que le personnel de l'étude

se charge à la fois de l'accueil du public pour tous renseignements téléphoniques ou directs et de

l'accueilbibliographiquepour l'aideà larecherche.

Le personnel de ce service est constitué d'une vingtaine d'employés aux statuts les plus divers

(conservateurs d'état, magasiniers, agents du patrimoine...). Lepersonnel est chargé de recevoir les

demandes des lecteurs, de les aider dans leur recherche d'informations en orientant les recherches

qui ne sont pas assez précises, puis de transmettre les demandes de documents au magasinier. Ce

service nécessite donc des personnes très qualifiées et maîtrisant parfaitement le fonds car si des

lecteurs ont des démarches très complètes, d'autres s'en remettenttotalement à la personne qui se

trouveprésente àl'accueilet qui n'apastoujours, selonsaformation, les compétences requises.

Les ouvrages ne sont pas empruntables, hormis pour les membres des sociétés savantes et les

professeurs et chercheursjustifiant de travaux en cours. C'est pourquoi un service de reproduction

photographique est installé à la bibliothèque. Ce service est très sollicité

aussi bien

au niveau

national qu'au niveau international (des canadiens venus consulter des ouvrages anciens ont été

reçusily apeuàla bibliothèque). Les demandes dereproductionsconcernentles livres anciens, les

manuscritset tous les ouvrages rares ou uniques, qui ontquelquefois une renommée internationale.

Le servicedereproduction photographique produit donc desdiapositives, desphotosoumicrofilms.

Ce service, comme son nom l'indique, a unevocation à l'étude, idée renforcée par l'aspect du lieu,

avec ses tables alignées et son mobilier adapté au travail. Pourtant, on essaie désormais de

remplacer l'appellation "service de l'étude" par l'appellation "service de la documentation" ou

"consultation surplace" car, à labibliothèque, on désire rappeler àtous les usagers que ce service

est ouvert à tous, sans exception. Or, depuis toujours, on constate la présence dans ce lieu d'un

nombre important d'étudiants de la région lilloise. Ces étudiantsutilisent les ressources et lespostes

detravail de la bibliothèque municipale encomplément de leurbibliothèque universitaireet se sont

enquelquesorte appropriés les lieux. Celaa eu poureffet d'en faire, aux yeuxde beaucoup degens,

un serviceun peuréservé.

Les ouvragesde l'étude sont à consulter surplace et laplupart sont, par manqued'espace, en accès

indirect. Le conservateur de l'étude souhaiteraient donc réduire le nombre de places assises afin

(12)

d'augmenter le nombre de documents en accès libre (sur les 600 000 documents, seulement 1 000

sontaccessibles dans la salle d'étude) et afin d'attirer, en plus du public étudiant, d'autres usagers.

La présence surplace des documents permettrait de donner une idée au public du fonds, dont les

ressources très riches restent insuffisamment exploitées. Le conservateur de l'étude est par ailleurs

très attaché à l'élargissement du public de l'étude et met en marche une dynamique pour rendre

l'endroit accessible auplus grand nombre, enessayantde diffuseraumaximum des informationssur

les richesses de la bibliothèque, mettant ainsi en place une nouvelle politique de communication

dansce service. Cette communicationpasserad'abordparl'accèslibre auxdocuments.

Al'étude setrouventégalement les trois postesde consultation de CD-ROM de la centrale, d'accès

gratuit eux aussi. Les douze CD-ROM sont tous à vocation bibliographique, documentaire ou

informationnelle, le premier étage de la bibliothèque devant être ressenti comme un lieu

d'informationavant tout. Des CD-ROM commeElectre, Le catalogue de la bibliothèque nationale

deFrance, Le Monde, Kompass France, Les archives de la DocumentationFrançaise ou encore un

CD-ROMdedépouillementde lapresse peuventêtreconsultés à partir du serveur. Uneinstallation

de matériel d'impression est en projet, ainsi qu'un accroissement des postes de consultation et un

accès à Internet avant la fin de l'année, qui deviendra de toute façon nécessaire à la bibliothèque

pourcommuniqueravecla Bibliothèque Nationale.

Enfin, nous trouvons dans ce service de l'étude le service du dépouillement de la presse régionale.

Les personnes qui travaillent dans ce secteur constituent des dossiers de presse. La présence d'un

documentaliste pourrait être très utile dans ce service, comme dans le service de l'étude engénéral

pour le dépouillement de la presse, la réalisation de revues de presse. Ce service doit en effet

organiser la documentation de manière àce que la diffusion et l'exploitation des ressources soient les plus efficaces possible, mais on avoue qu'employer un documentaliste à la bibliothèque

impliquerait un changement dans les mentalités important, pas encore prêt à s'opérer. Or, on

reconnaît que les ressources restent insuffisamment exploitées par manque de diffusion. Un

documentaliste pourrait s'occuper de la préparation d'expositions, favoriser la communication et

unemeilleuregestion etcirculation de l'information. De même, certainsdocuments sont difficiles à

localiser, par manque de thésaurus.

Quoi qu'il en soit, ce service de l'étude est un service qui fonctionne bien, est très utilisé, même si

l'on veut montrerqu'il est pourtout le monde et si l'on ressent très fortement lavolonté de faire

partager la richesse du fonds. Cette volonté s'accompagne de mesures diverses qui font que le

(13)

b) Les services de lecture publique, la discothèqueetlavidéothèque.

Labibliothèque municipalese veut avant toutunservice de lecture publique etles conservateurs de la bibliothèque sont très attachés à son développement. Le personnel de ce service est chargé de

l'accueil et du renseignement du public, et de la gestion des ouvrages ( prêt-retour, rangement et

catalogage). La fonction première du service de lecture publique est le prêt. Avant donc de passer

aux grandes lignes de développement de ce service, voici rapidement les modalités générales

d'accès (annexe 1).

C'est un service gratuit pourles lillois etles hellemois , ainsi que pour les non-lillois jusqu'à treize

ans au secteurenfants car les moins de treize ans ne sontpas autorisés à s'inscrire dans le secteur

adulte . Pour les gens extérieurs à Lille, le montant de l'inscription est de cent francs par an pour

l'emprunt de livres, cent cinquante francs pour l'emprunt de livres, de cassettes vidéo et deux cent

cinquante francspour l'emprunt de livres,cassettes et disques. Il existe des tarifs préférentielspour les jeunes mariés lillois et les personnes sans emploi. La durée du prêt est de deux semaines et

l'abonnement pour les livres donne droit par exemple à l'emprunt de quatre livres, une cassette

audio, une cassette lue etun périodique. Le service de la lecture publique comprend le service de

prêt pouradultes (bibliothèque, discothèque et vidéothèque) et le service de prêt pour la jeunesse.

Bien que situés tous deux au rez de chaussée de la bibliothèque, les services sont bien séparés

"physiquement" puisqu'ilsont tous lesdeuxuneentréeindépendante.

Dans le secteur adulte, les ouvrages sont classés selon la classification DEWEY et le fonds est

composé de romans dans tous les genres littéraires et de tous les types d'ouvrages puisque l'on

essaie de couvrirtousles domaines dusavoir, afin derépondre àtoute les demandes, etdesatisfaire

les besoins lesplusdiversifiés. En 1996, ceserviceaenregistré plusde976 619 prêts, dont 229057

phonogrammes et 17 773 cassettes vidéo. Longtemps, le nombre de prêt a stagné. D'après les

bibliothécaires, le non remplacement d'un assistant de conservation et de six postes d'agents du

patrimoine aurait ralenti le développement de la lecture publique où le besoin d'agents qualifiés,

seulscapables de répondre correctementauxdemandesdu publicestincontestable.

Mais depuis quelques années le volume des prêts et des inscriptions est enconstante augmentation.

L'ouverture en mars 1996 de lavidéothèquedans le même local que ladiscothèque aurait d'unepart

permis de redonnerun nouveau souffle auservice en attirant de nouveauxusagers. D'autre part, les

changements intervenus dans le choixetla commande desouvrages, oùl'ona décidé de prendre en

compte aumaximum les demandes des lecteurs ont été concluants(évolution de 10%du nombre de

prêtsentre 1995 et 1996).

(14)

Ce que l'onneveut surtout pas privilégier, c'est l'idée de la lecture facile pourles publics difficiles.

Les missions dupersonnel de ce service sontdonc de répondre auxdemandes mais aussi de guider

les lecteurs versde nouvelles choses.

Nous pouvons signaler aussi quela bibliothèque, dans savolonté de développer un servièe public

pourtous, a ouvertenjanvier 1996 unservice appelé "Service de la lecture pourtous", destiné aux

nonvoyants etauxmalvoyants.Pour lesmalvoyants,l'installationd'un téléangrandisseurpermetla

lecture de tout documentgrossi plusieurs fois sur l'écran et un logiciel qui agrandit les caractères

permet de lire toutes les informations affichée sur l'écran de l'ordinateur. Les non voyants ont la

1

possibilité de prendre connaissance detoutdocument imprimé grâce à l'utilisation du scanner, de la

reconnaissance de caractères, de la synthèse vocale et de la plage braille. Ce service dispose d'un

éditeur vocal. Quarante trois personnes et deux écoles spécialisées fréquentent ce service mais

\ pourrait être encore plus développé si un employé pouvait s'en occuper à temps complet. Pour

i

l'instant, il estgérépar unmédiateur du livre à mi-temps.

Le secteurjeunesse possède lui aussi un fondsdiversifié avecnotammentunfonds de littérature de

jeunesse particulièrement riche. L'endroit est agréable, et les lieux sont adaptés aux enfants. Là

aussi,oninsiste surla sélection des ouvrages,qui sefaitparexemple grâce à des revueséditées par

LaJoie parles Livresou par des associations delibraires oude bibliothécaires. C'estun service qui

accueille énormément de classes tout au long de l'année. Il est très fréquenté par ces enfants qui

sonthabitués àveniravec leursclasses.

Ainsi, la lecturepubliqueestla grandepriorité de la bibliothèque, qui investitentemps, enmoyens,

et en personnel qualifié pour le rendre accessible à tous et qui tient à la qualité de l'accueil du

public, à la prise en compte des différences "socio-lecturales", bref, à la notion de service public

impliqué ici.

c) Leprêtauxcollectivités.

Le prêt aux collectivités fonctionne depuis environ quinze ans. C'est un service destiné à diverses

structures de la ville. Le système de prêt est différent de celui de la lecture publique puisqu'il

permetauxinstitutions d'emprunter de quarante àcent cinquante ouvrages pour desdurées de deux

à six mois. Ce service, auquel laville de Lille tient beaucoup dispose de son propre fonds. Il peut

être considéré comme un servicemunicipal. La ville de Lille met par ailleurs à la dispositionde la

bibliothèque etdes collectivités unecamionnette qui dépose les caisses de livres dans les structures

qui ne possèdent pas de bibliothèque ou les structures qui possèdent une bibliothèque aux

(15)

haltes-foyers de jeunes hospitalisés ou non, un foyer mère-enfant, un Centre d'Aide par le Travail, des

bibliothèques populaires, un CEMEA, des maisons de retraite, des maisons de quartieret la prison

de Loos.

Si j'ai choisi de parler du prêt aux collectivités dans cette partie c'est parce qu'on ne peut pas

vraiment la considérer comme un service qui, comme le bibliobus, mène des actions "hors les

murs". En effet, même si sa raison d'être est la relation de la bibliothèque avec l'extérieur, et s'il

permet de développer la lecture publique, la situation est différente dans la mesure où il n'existe

aucun contact direct entre le bibliothécaire et l'usager final du livre. En effet, la relation se fait

surtout par téléphone entre le responsable de la bibliothèque du prêt aux collectivités et le

responsablede la collectivité concernée. Cesontles employés des collectivités qui sélectionnent les

ouvrages ou ils laissentaubibliothécaire le soinde le faire. Il s'agit donc avanttoutd'un service de

prêt "àdistance". Néanmoins, ontente àla bibliothèque de personnaliserun peu plus le service en

demandantàcespersonnesde venirpourmieux cernerlesbesoinsetlesattentesdes lecteurs.

dlLeservicede laconservation.

La conservation est une fonction importante pour la bibliothèque de Lille, puisque comme nous

avons pu le constater, elle possède des collections et des ouvrages rares ou uniques. Elle possède

des documents qui témoignent de l'histoire de la ville et de la région et qui comptent parmi les

éléments les plus importants de notre patrimoine local. La nomination d'un conservateur issu de

l'Ecole des Chartesetde 1 Ecole Supérieure desBibliothèquesadonné unenouvelle dynamique àce

service. Lafonction de conservation concerneessentiellement le fonds ancienetlefondsrégional et

donc lesdocumentsquisetrouventdans les réservesetnesontpasempruntables.

Actuellement, un recollement de la Réserve précieuse a été entrepris pour permettre, à terme, la

réalisation d'un plande restauration, d'entretien, etdecatalogage des collections. La restauration du

fondsd'images religieuses acommencé cetteannée ets'étaleraaumoinssurcinqans.

e) Les servicescommuns.

Ces services sont utilisés partous les autres services de la bibliothèque centrale et des annexes de

quartier. Outre le secrétariat qui administre la bibliothèque, nous trouvons le service informatique qui est un véritable pôle de catalogage. Ce service réceptionne les commandes des différents

secteursettraite les ouvrages.Ensuite, les ateliers sonteuxaussi très sollicités. Parmi cesateliers se

trouvent la "reliure" où les employés réalisent des catalogues, assemblent des documents et relient

les livres et journaux. Ce service restaure aussi tous les ouvrages. Le service Imprimerie de la

bibliothèque s'occupe de la réalisation des en-têtes de lettres, des brochures, tracts, affiches et

(16)

catalogues. Enfin, le service de photographie gère les demandes de reproductions de documents importants (voir Service de l'Etude).

Labibliothèque de Lille propose donc de nombreux services, aux fonctions les plus diverses. Pour lesgérer, elle emploie doncunpersonnel des plus varié.

4) Le personnel.

La bibliothèque municipale de Lille emploie centonze personnes, réparties entre lacentrale et les

cinqannexes de quartier. L'organigrammesetrouve en annexe(annexe 2).

5) Le publicetlesstatistiques.

27 552 personnes sont inscrites dansles bibliothèques de Lille, soit environ 15 % de la population

lilloise. Le volume des prêts dans chaque bibliothèque évoluent constamment (192 830 prêts pour

le service de laCentraleen 1996quimarquaientuneévolution de 12,13%parrapportà 1995).

Labibliothèque municipale du centre touche un public très large : toutes les tranches d'âge de la

population sont inscrites et toutes les catégories socio-professionnelles y sont représentées. La

bibliothèque du centre est très fréquentée par les gens du centre de Lille, d'étudiants d'origine

géographique diverse, d'enseignants et comme nous l'avons vu, certains la richesse du fonds

amènent beaucoup de gens extérieurs à Lille. La population du Centre Ville se compose de

personnesd'un niveau socialetculturelengénéralassezélevé. Lepublicestdonc unpublicquel'on

dit "habituel" desbibliothèques, qui n'est pas celui des quartiers. A la différence des quartiers, les

enfantsparexemplesont souventaccompagnés desparents.

Par ailleurs, les bibliothèques de Lille forment un réseau, et l'inscription dans une

bibliothèque

permet d'accéder à toute les autres. La médiathèque du centre est donc fréquentée aussi par les

habitants des quartiers, qui peuvent venir y chercher des documents qu'ils ne trouvent pas dans

l'annexe de quartier, mais cette fréquentation devrait être supérieure à ce qu'elle est actuellement.

On souhaite donc quetous les lillois apprennent à fréquenter indifféremment les bibliothèques du

réseau. On constate cependant qu'il est difficile de faire venir les habitants des quartiers dans le

centre ou un autre quartier, et l'on sait par ailleurs que les gens ne se déplacent pas au delà d'une

certaine distance pour serendre dansunebibliothèque.

Quoi qu'il en soit, le public de la bibliothèque du centre n'est pas du tout le même que celui des

quartiers qui est beaucoup plus difficile, même si bien entendu le centre ville connaît lui aussi,

(17)

6) La recherche documentaireetl'informatisationdu fonds.

La bibliothèque municipale utilise, comme les autres institutions culturelles de la ville, le logiciel

DYNIX. Ce logiciel, installé en réseau, permet aux bibliothèques de communiquer entre elles.

C'estunlogiciel qui présentetous les modules nécessaires à la gestion d'une bibliothèque( modules

de catalogage, d'indexation, de recherche, de courrier électronique...etc.).

Le catalogue informatisé est donc commun à tout le réseau : les usagers ont accès au module de

recherche,qui est simple d'utilisation (rechercheparmots-clés, auteur,titre...). Le catalogue permet

de consulter, à partir des postes de consultation de n'importe quelle bibliothèque, l'ensemble des

ouvrages des bibliothèques du réseau. Ce catalogue qui donne accès à l'ensemble des collectionsest

aussi accessible par minitel (annexe 1). Le logiciel précise à l'usager la localisation du document,

qui a alors la possibilité de réserver des livres situés dans d'autres annexes. La bibliothèque du

centre propose en outre des catalogues spécialisés qui concernent les fonds anciens et locaux,

commepar exempleuncatalogue desincunablesou encore uncatalogue des ouvragesléguésparle

Marquis Godefroy de Menilglaise.

L'informatisation du fonds d'étude, qui concerne la saisie du fichier après 1952, se poursuit à un

rythme lent en raison de la suppression de troispostes de vacataires. Il reste actuellement 126 000

fiches à saisir, ce qui demandera au moins six années de travail si le service est fermé au public

trois mois chaque année. La saisie du fonds de périodiques, assurée par un seul agent sera en

principe terminée fin 97.

Par ailleurs, le chargement du fonds ancien et du fonds régional, saisi dans le cadre de la

reconversion desfonds desbibliothèques de province parlaBibliothèque Nationale de France aété

terminé.

7) La placedumultimédia.

Développer les services multimédia fait aussi partie des priorités de la bibliothèque. Pour le

moment, seuls lestrois postesdu service de l'étudepermettentde consulterdouze logiciels.

On prévoit d'augmenter le nombre des postes de consultation et du nombre de CD-ROM et de

permettre l'accès au réseaumondial Internet. Le prêt n'est pasenvisagé car ilest plus démocratique

de développer ce service sur place, étant donné que peu de gens encore possèdent des ordinateurs chez eux. Tous les supports de l'information et les différents média sont utilisés à la bibliothèque

qui est aujourd'hui en fait une médiathèque complète et cela contribue, au vu des statistiques de

fréquentation, a amené denouveaux usagers.

(18)

8)Lapolitique culturelle dela villede Lilleetde la bibliothèque.

Laville de Lilleestaujourd'hui unemétropole importante, qui compteunnombre élevé d'habitants.

En tantque grandeville, elle abriteune population très hétéroclite, auxcatégories sociales des plus

diverses. La ville est divisée en grands quartiers qui ont chacun leur propre histoire et des

populations aux originesetauxconditionsde vie différentes. Certains quartiersun peuéloignés du

centre ne sesententd'ailleurspastout àfait lillois.

La ville de Lille est très attachée au développement de ses quartiers, et doit donc donner des

réponses appropriéesauxdemandes de chacuncar lecontexte socio-économique n'estpas le même

partout. Certains endroits sont très touchés par des problèmes de chômage, d'échec scolaire,

d'éclatement de la cellulefamiliale, d'autres le sontmoins.

Lille est une ville qui a toujours eu un riche contexte culturel. Labibliothèque, à la différence de

beaucoup de petites villes françaises, est donc loin d'être la seule institution culturelle. Ontrouve à

Lille des muséesprestigieux comme le Palais des Beaux-Arts, le Musée d'Histoire Naturelle et de

Géologie ou encore le Musée de l'Hospice Comtesse. La ville est égalementpourvue de nombreux

théâtres nationauxouprivés. Onytrouve aussiunOpéra,unconservatoire de Musique, l'Ariap (arts

plastiques) et plusieurs associations culturelles. Bref, Lille est une ville importante, dans laquelle

sont concentrées nombre d'institutions culturelles qui comptent parmi les plus reconnues de la

région Nord/Pas de Calais. Les bibliothèques privées, exceptées celles de la SNCF, du Crédit Lyonnais ou de laPostequi sontassez importantes, sontrelativementpeu nombreuses àLille. Ces

quelques bibliothèques privées ont par ailleurs des moyens suffisants et n'ont pas de contacts

particuliersavecla bibliothèque municipale.

Pourtant, dans ce riche contexte culturel, la bibliothèque municipale est l'un des rares

établissements culturels d'accès gratuit. C'est aussi l'un des rares endroits où se côtoienttoutes les

tranchesd'âge de la population. De plus, la lecture etl'écritsontles seules pratiques culturelles qui

représententunenjeusocial véritable. Ainsi, on atoujours privilégié dans la ville le développement

de lalecture : laville de Lille, comme la majorité des villes du Nord, est eneffet depuis longtemps

marquée par une tradition à gauche, attachée dans la promotion de la culture populaire. La bibliothèque, élément primordial dans la lutte pour l'accès à la culture du plus grand nombre tient, de fait, une place essentielle dans la ville. Mais, on sait aussi que le Nord /Pas de Calais est une

région où la nécessité d'avoir une bonne "image de marque", de montrerune image positive se fait

sentir. Encesens, onpeutdire égalementquelavilleest priseentreces deux impératifsetqu'elle a

(19)

comme les musées, qui font plus pour la renommée de la ville et de la région mais quitouche un

nombre moinsimportantde lillois.

Quoi qu'il en soit, l'ouverture debibliothèques dans les quartiers témoigne de l'intérêt porté par les

élus de la villeaudéveloppement delalecture.

En cequi concernemaintenant lapolitique de lectureen elle-même, la bibliothèque esttotalement

libre de définirses priorités, entenant compte desgrandes lignes de la politique de la ville, qui est

engagée parexemple dans le développement des quartiers. En effet, la ville n'influe pas beaucoup

sur la politique culturelle de la bibliothèque. Celle-ci est bien entendu dépendante sur le plan

financier puisque c'est la ville qui alloue les budgets annuels, mais les responsables de la

bibliothèques sont ensuite libres de gérer ce budget comme ils le veulent et de donner à

l'établissement l'orientation qu'ils souhaitent. La bibliothèque ne se réfère à la ville que pour les

prises de décisions importantescommel'ouverture d'une annexedans unquartier ou lerecrutement

depersonnel.

A l'intérieur de la bibliothèque, les grandes lignes de la politique culturelle sont définies par les

responsables des différents services qui se réunissent régulièrement. L'étude des différents secteurs

de la bibliothèque du centre avait déjà esquissé quelques unesdes priorités de la bibliothèque que

sont : le développement de la lecture publique, la conquête des publics les plus exclus, le

développementdes services multimédia. La bibliothèque désire remplir pleinement sa fonction de

service public présent pour tous les lillois. Pour cela, on définit les actions à entreprendre. On

insisteparexemple particulièrementsurla relation du personnel avecle public: la

bibliothèque,

en

plus d'être un établissement culturel gratuit, est aussi un lieu très ouvert, avec en moyenne une

trentaine d'heures d'ouverture par semaine. Les usagers réguliers s'approprient donc à la fois les

lieux et le fonds, se sentent souvent à l'aise à labibliothèque. Les conservateurs et bibliothécaires

sont convaincus que cette familiarité et le quotidien sont les forces de la bibliothèque et désirent

que le service rendu partout le personnel de la bibliothèque soit le plus

personnalisé possible

car

les rapports entre le personnel et le public sont primordiaux pour fidéliser les lecteurs. En effet,

comme nous l'avonsvuprécédemment, le public de la bibliothèque esthétéroclite etpour satisfaire

les demandes de chacun, il est nécessaire d'être au plus prés des lecteurs et le personnel doit être

compétent. On déplore ainsi souvent le non remplacement de personnel qualifié par laville pour

des problèmes debudget...

D'autre part,onrevendique ici le rôle social des bibliothèqueset ondéveloppe des actions "hors les

murs" ainsi que le partenariat avec des institutions éducatives, sociales et culturelles, qui seront

développés dans la seconde partie de cetravail. Pour les bibliothécaires deLille, cette ouverturesur

l'extérieuretsurlesocial, aétédemandée parle public lui-même.

^

(20)

[

La

création

d'un

réseau

de bibliothèques répond également à

cette

volonté

de

rayonnement

dans

i toute lavilleetàla volonté dedémocratisation de la culture.

, Les autres .ignés de ,a po.idr.ue de ,a bibl.othèr.ue coneemen, pnnc.pa,eurent la poM,ique de .

communication. La bibliothèque de Lille ne met pas en place de forme de publicité particulière ^

» dans les journaux régionaux

ou municipaux, sauf pour les événements importants (dans des !

^

journaux

tels

que

Nous,

vous,

Lille).

La

seule

"publicité"

se

fait

par

le choix des acquisitions

qui

vontséduireou nonles lecteurs.

Ontientaussi à faireconnaître aux lillois les richesses de labibliothèque. Cette volonté donnelieu

]

^

^régulièrement

à

l'organisation d'expositions du fonds,

en

plus des expositions thématiques.

[

L'extension des locaux (ouverture d'une salle d'expositions, d'une salle de réunion et d'une salle de \

conférenceausous-sol de labibliothèqueen 1995)permetà labibliothèque demettre envaleurson

important fondsdeconservation alorsqu'elle nedisposaitauparavantqueduhall d'entrée. Ainsi, en

septembre 1996 par exemple, lors des journées du patrimoine, la bibliothèque avait organisé une

exposition intitulée "Le grand concert" lors de laquelle furent exposées les collections musicales, et

furentorganisésunevisite de la bibliothèqueetdes récitals de musique baroque.

Les efforts de sensibilisation aupatrimoine se retrouvent dans ces expositions et réimpressions de

^

documents. En collaborant plus, en élaborant des projets complémentaires, les institutions

)

culturelles concernées par la mémoire de la vie locale (archives, musées, bibliothèques...)

pourraient contribuer à cette sensibilisation et à cette mise en valeur du patrimoine local. Or, on

constate bien souvent que le partenariat s'élabore plus facilement avec le milieu social qu'avec le

milieuculturel.

La bibliothèque de Lille est un lieu attaché à la fonction de conservation, mais le personnel désire que les documents d'époquene "dorment plus dans les archives" etveulent mettre à la

disposition

detousla mémoire d'uneville, d'une région, etdes hommes qui les font vivre. Le Centre régionalde

numérisation de la presse aainsi été ouvertily aplusieurs années parACCES(agence régionalede

/

coopération pour le livre et la lecture) et la bibliothèque municipale dans les locaux de la / bibliothèque centrale (annexe 3).

Dernier point, la bibliothèque aimerait développer un service pour la recherche d'emploi et

l'insertion professionnelle (achats de livres, abonnements à des périodiques...) commeil existe à la

bibliothèque de Lyon par exemple mais le manque de place et de moyens rend pour l'instant

impossiblecette mise enplace sans léser les fonctions du servicetraditionnel.

En résumé, la bibliothèque municipale évolue dans un contexte culturel riche. Elle tente de

(21)

Mais le contexte socio-économique est lui plus problématique car il faut compter avec la disparité

des usagers ayantdes besoinsspécifiques etavec les modes de vie propres àchaque quartier lillois.

C'est danscette optique que sontnées les bibliothèques de quartier, qui forment aujourd'hui avec la

centraleunvéritableréseau.

H. Lesbibliothèquesde quartier.

1) Les relationsavec la bibliothèque centrale.

Il existe dans la ville une dizaine de quartier environ. Depuis 1965, cinq bibliothèques ont été

ouvertes dans différentsquartiers. L'ouverture d'une sixième annexe àLille Sud estactuellementen

projet. La décentralisation des équipements de lecture publique dans les quartiers répondait à la

volonté de touchertous les habitants. On sait eneffet qu'en moyenne un adulte ne faitpas plus de

lkm pour aller dans une bibliothèque, distance encore réduite pour les enfants. Ainsi, même si la

bibliothèque se trouvait dans le centrede Lille, beaucoup de gensdes quartiers ne s'y rendaientpas

car étant donné que chaque quartier dispose de sa propre mairie et de ses propres structures, ils

n'ont pasbesoin depasserimpérativement dans le centre.

La seule bibliothèque du centre n'aurait pas suffi par ailleurs à répondre aux besoins de toute la

populationd'une ville aussi grande. De plus, chaque quartierayantson âmepropreetsonhistoire, il

fallait colle à laréalitédu terrain,etdes habitants du quartierpourdévelopper la lecture. Parceque

les habitants de Wazemmes nesont pas les mêmesque ceux deBois Blancs, il devenait nécessaire

d'envoyerune équipedans chaque quartier, qui réussisse à s'implanteretàs'adapteraupublic.

Notons qu'actuellement, on essaie de remplacer leterme "annexe de quartier" par "bibliothèque de

quartier", caron serendcompte quechacune faitbien plus quede compléterlacentrale, elles sont

désormais solidementancrées dans la vie du quartier. La relation qui existe entre la centrale et les

bibliothèques dequartierestune relationd'équilibre plusqu'une relation purementhiérarchique. La

bibliothèque municipale de Lille fonctionne comme un réseau et doit donc avoir une cohérence

interne. Ce fonctionnement enréseauest géré par le conservateur en chef

(M6"6

Tournouer) etpar

M6116Champeaux, bibliothécaire chargée d'unpostede coordination du réseau, qui s'est occupée de

monstageàla bibliothèque. Ces responsables du réseau élaborentavec les responsables de chaques

annexes, une stratégie à l'année, les grandes lignes de développement, et fixent les objectifs à

atteindre. Les responsables de quartier doivent se référer à la centrale pour les investissements

importants. Le personnel des annexes (nominations...etc.) est géré également par la centrale. Une

réunion a lieu chaque semaine à la centrale (conservateurs, bibliothécaires et responsables des

quartiers)pourrégler les problèmes éventuelsetpourparler des actions entreprises ...etc.

(22)

Misàpart cettedépendance auniveau dubudgetetde la gestion de personnel, les responsables des

annexessonttotalement autonomes, libres demenerles actions qui leur conviennent, de développer

teloutel secteur. Alacentrale,eneffet, onestimequel'essentiel dansunquartierestla constitution

d'une équipe cohérente, qui se sente bien dans le quartier. Une fois cette équipe surle terrain, elle

est la seule capable de définir les choses à entreprendre. Les crédits sont donc accordés aux

bibliothèques de quartier qui sont ensuite libres dans le choix des acquisitions et des projets à

monter. La seule demande qui leur est faite est de s'adapter à la demande des quartiers. Ainsi, le

fonds constituénedoitpas êtretropspécialisécar il doits'adresser àun large public.

Les bibliothèques du réseau ont donc une politique culturelle commune, mais les chacune d'elles doit s'adapter àsonemplacementgéographique etau contextesocial, économique etculturel qui en

découle. Les actions, les projets nepeuventpas êtrepartoutles mêmeset lesbibliothèques de Lille

ontchoisideprivilégierlaliberté d'actiondechacun.

2)Le Contrat-Ville.

Avant de passer à la description des bibliothèques de quartier, il me paraît important de parler

brièvement du Contrat-Ville, également appelé D.S.U (Développement Social Urbain) ou D.S.Q

(Développement Social des Quartiers). En effet, c'est en partie grâce aux crédits du

contrat-ville

queles bibliothèquesde Lillepeuvententreprendre desprojetsetdes actions "hors lesmurs".

Depuis 1984, L'Etataide certains quartiersou zones des villesoù des difficultés existent. D accorde

alors des crédits, à conditionque les élus de quartier, réunis encommissions, définissent des plans

d'action bien précis dans différents domaines tels que la santé, le logement, la Petite enfance, le

développement culturel...etc. Cescommissions sont formées des maires dequartier, des

conseillers

de quartier et d'un chef de projet D.S.U qui dépend du département Politique de la

Ville

pour

chaque ville concernée. La commission examine chaque projet dans les

différents domaines

et

donne ou non son accord. C'est un travail en partenariat qui doit s'instaurer dans un quartier qui

bénéficie des crédits D.S.U.

Depuisque ce D.S.Uexiste, les commissions de quartiers de Lille ont toujours accepté

les

projets

enfaveur dudéveloppement de la lecture. Chaque année, les bibliothèques dequartierproposent de

reconduire certaines actionsoumontentdenouveauxprojets.

L'Etatavance 50% dubudget etla ville les 50 autres. Mais, comme le paiement estassez tardif, la

bibliothèque doit avancer chaque année l'argent. Ainsi, pour payer plus rapidement et plus

souplementetpourrecevoirl'argent du D.S.U, les bibliothécaires de Lilleontcréé l'association

"Lilleaux livres" qui gère les crédits. Cette association mène aussi des actionsetanimations autour

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