• Aucun résultat trouvé

Une analyse financière comparative des cooperatives de travailleurs et des entreprises capitalistes en France

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Une analyse financière comparative des cooperatives de travailleurs et des entreprises capitalistes en France"

Copied!
25
0
0

Texte intégral

(1)

UNE ANALYSE FINANCIERE COMPAREE

DES COOPERATIVES DE TRAVAILLEURS

ET DES ENTREPRISES CAPITALISTES EN FRANCE

par

Jacques DEFOURNY Universite de Liege et CIRIEC

Introduction

Depuis le milieu des annees septante, un nombre croissant d'etu-des ont ete realisees en France sur les societes cooperatives ouvrieres de production (SCOP). C'est que, au cours de cette periode, la coopera-tion de travail a connu, en France comme dans de nombreux autres pays industrialises, un essor assez etonnant. En effet. le nombre de SCOP est passe de 600 a 1260 unites entre 1975 et 1984 et celles-ci emploient aujourd'hui plus de 35000 travailleurs.

Divers auteurs, parmi lesquels J.-L. Bonhommet (1975), D. Linhart (1975), G. Laurent (1975), H. Lancelot et T Schluck (1976). D. Demous-tierC1979et 1984), M.F Brive(1980). M. Foutelet(1981). H. Sibille(1982) J.-L. Laville et I. Mahiou (1984), A. Chataignieret at. (1984) ont effectue d'importants travaux sur le phenomene SCOP en mettant surtout en evidence divers aspects de la vie interne de ces entreprises. que ce soit d'un point de vue organisationnel ou sur un plan davantage psycho-sociologique. La plupart fournissent egalement des donnees quantitatives assez sommaires sur les naissances et les disparitions de SCOP, les creations et les suppressions d'emplois par secteur. par region, etc... mais il s'agit presque toujours d'informations diffusees par la Confederation des SCOP elle-meme. Quand une analyse econo-mique originale est entreprise, elle sMnscrit generalement dans le cadre d'une etude de cas {') et ne concerne pas I'ensemble de la co-operation de travail.

SeulsH. LancelotetTSchluck(1976)etM.Foutelet(1981)onttente d aller plus loin. Les deux premiers auteurs presentent une somme impressionnante de donnees extraites des bilans et des comptes d exploitation de 272 SCOP pour I'annee 1974. Mais curieusement. ils procedent seulement a une analyse de frequence pour I'ensemble de

(2)

56 JACQUES DEFOURNY

leurs 29 variables puis a une analyse de variance pour les ventes, la valeur ajoutee et le resultat de Texercice en retenant comme variables explicatives le secteur, la region et la periode de creation de I'entre-prise. Ils appliquent egalement a quelques grandeurs significatives du bilan, une analyse factorielle en composantes principales mais leurs resultats sont tres decevants. D'ailleurs, ils concluent en soulignant la n6cessite de comparer un echantillon de SCOP a un echantillon de RM.E. classlques.

De son cote, apres avoir developpe un modele organisationnel pour rendre compte des differentes etapes de la vie d'une SCOP, M. Foutelet (1981) se penche sur le theme de lefficacite economique des cooperatives. Sur base d'un echantillon de 100 entreprises, elle calcule le ratio moyen «resultat d'exploitation/production interne»»pour 1978 et 1979 en regroupant les SCOP en cinq categories de taille. Elle obtient ainsi un pourcentage de benefice assez nettement superieur pour les cooperatives occupant moins de 50 salaries, mais 11 faut noter que ces calculs sont taits tous secteurs confondus et qu'une repartition secto-rielle differente selon les categories de taille peut fortement biaiser les resultats. D'ailteurs, en comparant les secteurs entre eux, sur base du m^me ratio, I'auteur constate que les SCOP de I'imprimerie et celles de la metaliurgie et mecanique se situent largement au-dessus de la moyenne de son echantillon et que le secteur du batiment et des tra-vaux publics se situe en-dessous. Enfin, et ceci nous concerne encore davantage, Tauteur cite une publication de I'lNSEE selon laqueile le taux «excedent brut d'exploitation/production interne hors taxes« serait de 7,18% en 1976 pour I'ensemble des entreprises francaises de la construction et de 7,59% pour les entreprises du secteur de rimprimerie. Ces chiffres sont compares a ceuxdes SCOP de ces deux branches pour la meme annee (respectivement 5,7 % et 9 %) mais M. Foutelet conclut que ces donnees sont insuffisantes pour en tirer des enseignements sur I'efficacite des SCOP par rapport a celle des entreprises classiques.

A cote des livres, theses et memoires mentionnes ci-dessus, un nombre impressionnant d'articles est venu enrichir ta litterature consa-cr6e aux SCOP. Mais ici encore, ladominante est largement sociologi-que et quand des themes economisociologi-ques sont abordes, ils le sont de facon assez superficielle. Ouant aux comparaisons chiffrees avec des entreprises conventionnelles, elles sont totalement absentes. Un arti-cle tres recent de J. Defourny, S. Estrin et D. Jones (1985) fait exception, mais il exploite en fait une partie des donnees utilisees pour la presente analyse pour tester a travers une fonction de production d'eventuelles relations entre la performance des SCOP et plusieurs indices de parti-cipation des travaitteurs.

En conclusion, si la recherche scientifique sur les cooperatives de travailleurs en France connalt un succes considerable, leur analyse

(3)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 5 7

economique est fortement sous-deveioppee et ii nous a semble interes-sant de reprendre lefilon de H. LancelotetT. Schluckqui avaient revele lexistence d'une source extremement riche de donnees quantitatives.

Les donnees pour les cooperatives et les entreprises capitalistes

Depuis 1970, la Confederation des SCOP envoie a chacune de ses entreprises membres, un volumineux questionnaire sur I'activite de I'annee anterieure. Les reponses sont retranscrites sur quatre « borde-reaux »fort semblables a des documents comptables classiques. Bien qu'ils soient en principe confidentiels, D. Jones a pu obtenir une copie du fichier informatique ainsi constitue pour les annees 1978 et 1979. Quant a nous, nous avons pu copier tous les bordereaux non infor-matises des annees 1970 a 1977. Avec I'aide de Saul Estrin, un fichier informatique unique a ete constitue contenant 69 variables (y com-pris les variables «dummies» pour le secteur. la region, le mode de creation et le statut juridique) et couvrant 541 SCOP sur 10 annees (1970-1979) ('). Ce sont les donnees de ce fichier concernant les entre-prises du secteur du batiment-travaux publics (78 a. 239 entreentre-prises selon les annees) et du secteur de !'imprimerie-presse-6dition (12 a 62 entreprises) que nous utilisons dans la presente analyse.

Ces deux secteurs ont ete choisis parce qu'ils represented depuis plus de 100 ans les deux grands bastions des SCOP, mais aussi et sur-tout parce que nous avons pu obtenir des donnees precises et detaillees concernant I'ensemble des entreprises franpaises dans la construction et l'imprimerie. En effet, sur base des declarations fiscales des entrepri-ses, riNSEE construit un compte d'exploitation, un compte de resultat et un bilan agreges au niveau sectoriel (^). De 1967 a 1977,1'lNSEE a etabli de tels comptes agreges pour les entreprises constituees en socie-tes. Depuis 1971, la meme institution dresse ces comptes sectoriels en couvrant non seulement les societes mais aussi les entreprises indivi-atieilfesoumises au regime du benefice reel (EIBR). De plus, les postes les plus importants de ces differents comptes sont egalement calcules en repartissant les entreprises d'un meme secteur en cinq classes de taille. Pour nos comparaisons, nous retlendrons trois de ces categories: les entreprises qui occupent moins de 10 salaries, celles qui emploient entre 10 et 99 salaries et celles qui ont entre 100 et 999 salaries. Nous laisserons de cote les categories superieures car tres peu de SCOP en France emploient plus de 1000 travailleurs.

Les correspondances entre les donnees recueillies pour les SCOP et celles de I'INSEE au niveau des secteurs ont pu etre etablies de facon rigoureuse parce que toutes ces donnees proviennent d'une

(;) Au 31 decemtjre 1979. on comptait 689

SCOP-{") Selon les annees, de tels comptes existent sur microfiches pour 40. 100. vci'e meme 600 d-visions sectorielles.

(4)

5 8 JACOUES DEFOURNY

meme source: (es declarations fiscales des entreprises . En recoltant aupres de quelques SCOP des copies de leurs declarations fiscales, nous avons d^termin^ les correspondances entre ces documents et les bordereaux. Comme d'autre part, les liaisons entre les declarations fis-cales et les comptes sectoriels de I'lNSEE sont detaillees dans diverses notices methodologiques, les variables retenues sont definies exacte-ment de la meme maniere du cote des SCOP et du cote de TINSEE. II. Les cooperatives de travailleurs dans ie bdtiment et Timprimerie Avant de passer ^ l'analyse financiere comparee, notons quelques caracteristiques des SCOP dans les deux secteurs consideres. Tout d'abord, si Ton se reporte d6s a present aux colonnes 3 et 4 des tableaux de r6sultats (pp. 70 et 71), on remarque que les SCOP emploient tres souvent un nombre de travailleurs superieur a ia moyenne sectorielle. Toutes tailles et toutes annees confondues, on obtient une moyenne de 73 personnes dans les cooperatives du bati-ment contre 40 seulebati-ment dans i'ensemble du secteur, et une moyenne de 40 travailieurs contre 25 dans I'imprimerie. Bien sur, le grand nom-bre d'entreprises individuelies dans ces deux branches est en partie responsable de ces differences mais celles-ci sont seulement atte-nu^es si Ton ne compte que les seules societes.

En tant que cooperatives de travailleurs, les SCOP ont un capital social essentiellement detenu par leurs salaries. C'est ce que traduit la colonne 6: en general, les travailieurs possedent au moins 80 % et souvent plus de 90 % du capital social de leur entreprise. Cependant, tous les travailleurs ne sont pas societaires: dans le secteur de I'impri-merie, 64 % des travailleurs en moyenne detiennent des parts de capi-tal et ce pourcentage tombe meme a 29 % pour ies SCOP du batiment (colonne 5).

La faiblesse du societariat dans le secteur de la construction ne manque pas d'etonner et peut jeter un doute sur la specificite coopera-tive de ces entreprises. Plusieurs remarques cependant s'imposent ici. Tout d'abord, il faut souiigner dans cette branche la tres forte presence d'une main-d'ceuvre immigree dont la mobility est elevee et qui est sou-vent peu interessee par un investissement de long terme lorsqu'elle compte rentrer un jour au pays. Un autre facteun moins specifique a la construction, reside dans ie fait que certains avantages du societa-riat, comme la participation aux benefices, sont souvent etendus a tous les travailleurs (*). Enfin, s'il est frequent que le groupe fondateur des travailleurs les plus anciens tende a se replier sur lui-meme, remar-quons aussi que le taux de societariat dans les moyennes et grandes cooperatives, ou il est le plus faible, augmente presque constamment au cours des annees septante.

C) II n'est pas rare que le « privilege - des societaires se ramene a la participation aux risques.

(5)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 5 9

III. Le calcul et Tinterpretation des ratios

Venons-en a present a I'analyse comparee proprement dite. Avec les donnees relatives aux SCOP, nous avons procede aux memes agre-gations sectorielles que celles realisees par riNSEE. Nous avons ensuite calcule de part et d'autreioute une serie de ratios habituelle-ment utilises pour i'analyse financiere des entreprises. Uinterpretation de ces ratios se fera done comme si I'ensemble des SCOP ou I'ensem-bie des entreprises d'un meme secteur constituaient une seule entite. Une autre approche aurait consiste a faire, pour chaque secteur, la moyenne des ratios calcuies au niveau de chaque entreprise. Elle nous etait interdite par la nature meme, agregee, des donnees INSEE. De plus, elle aurait exige un systeme de ponderation pourtenir compte de importance variable des entreprises. La methode utilisee tci a i'avan-tage d'etre plus simple et de prendre en compte de toutes fapons les poids respectifs des entreprises.

Pour chaque ratio, nous avons d'abord pris les entreprises toutes tailles confondues, et nous avons compare les SCOP aux seules socie-tes d'une part, aux sociesocie-tes et entreprises indiv'tduelles (EIBR) d'autre part. Cependant, faute de place, ces resultats ne sont pas publies ici et nous nous contenterons d'en mentionner les elements les plus signi-ficatifs. Nous avons affine ensuite Tanalyse en etudiant les m^mes ratios calcuies pour trois groupes d'entreprises constitues selon la taille de celles-ci. Ces resultats par classes de taille sont fournis par les tableaux ci-apres (pp. 70 a 77).

La division en trois de notre population SCOP reduit fortement le nombre d'entreprises dans certaines categories, en particulier pour la classe de 100 a 999 salaries dans Timprimerie. De meme, la classe de 1 a 9 salaries dans les deux secteurs est assez faible de 1971 a 1977. Enfin, I'annee 1977, qui est toujours la moins bien couverte, donnera parfois des resultats contredisant la tendance generale des autres ann^es. Dans ce cas, afin d'eviter des repetitions trop lourdes, nous commenterons les resuitats en negligeant ceux de 1977.

^. LA PRODUCTIVITE DU TRAVAIL

Le rapport «valeur ajoutee brute/nombre de personnes empioyeesw (ratio R1) est souvent pris comme un indicateur de la pro-ductivlte du travail.

Chronologiquement et sans distinction de tailles, il est d'abord superieur dans les SCOP puis il y est ensuite inferieur. Le retournement se fait en 1974 dans le batiment et en 1978 dans I'imprimerte. D'une maniere generale cependant, les ecarts restent assez faibles, surtout dans le batiment ou ils sont toujours inferieurs a 5%.

En realite, cette constatation generale faite toutes tailles confondues occulte des evoiutions diametralement opposees dans les 3 categories

(6)

6 0 JACOUES DEFOURNY

constituees sur base de la taille des entreprises (pp. 70 et 71). La situa-tion decrite ci-dessus ne se retrouve que pour les grandes SCOP de l'imprimerie, mais celles-ci ne sont que deux ou trois selon Tannee. Les SCOP se trouvent dans une position plus defavorable quand elles sont de petite ou de grande taille dans le batiment, ou de petite taille dans rimprimerie: elles sont alors presque toujours dominees par Tentre-prise moyenne de leurs secteurs respectifs. Par contre, et c'est la le pre-mier resultat tres remarquable, les SCOP de taille moyenne qui representent 7 3 % de nos 1239 observations C) dans le batiment et 69 % de nos 334 observations dans rimprimerie ont, dans tous les cas sauf un, une productivite apparente du travail superieure a la moyenne sectorieile.

On parle de productivite apparente car le ratio R1 depend forte-ment de Tintensite capitalistique du processus de production. Celle-ci ne peut guere etre approchee que sur base de donnees comptables, compte tenu surtout des differences qui peuvent exister dans les taux d'amortissement. Neanmoins, si Ton accepte cette approximation, le rapport ci-dessus peut se decomposer comme suit:

Valeur ajoutee brute par travailleur = Valeur ajoutee brute Immobilisations nettes (^) Immobilisations nettes Nombre de personnes employees

Le premier terme a savoir la valeur ajoutee par unite de capital (ratio R2) est toujours superieur, souvent tres nettement, dans les SCOR Par conire I'intensite capitalistique de ces dernieres (ratio R3) est toujours tres inferieure a celle des autres entreprises si I'on rai-sonne toutes tailles confondues. L'ecart tend meme a s'accroTtre avec le temps pour atteindre a peu pres 40 % dans le batiment et 30 % dans rimprimerie C). Cet ecart croissant explique sans doute le passage des SCOP d'une position favorable a une situation d'inferiorite en ter-mes de valeur ajoutee par personne.

Si Ton deflate les donnees par I'indice des prix des biens d'inves-tissement, on constate qu'en termes reels (francs francais de 1970), le montant des capitaux investis par personne employee dans les SCOR ne passe que de 7,3 a 8,1 millions de FF entre 1970 et 1979 dans ie bati-ment et de 13,8 a 16,6 millions de FF dans l'imprimerie. Ce dernier sec-teur connaTt pourtant une mutation technologique considerable qui exige des investissements de plus en plus lourds, comme en temoigne

(-) On parle d'une observation pour une donnee ou une serie de donnees 'elati-ves k une SCOP sur une ann6e.

(-) Les immobilisations nettes contiennent les -autres valeurs immobilisees-alors que celles-ci devraient etre exclues pourne retenir que les immobilisations d'exploi-tation. Ne disposant pas des seules immobilisations d'exploitation pour les SCOR nous avons introduit le mdme biais dans les donnees INSEE.

('} Pourcentages calcules par rapport aux chiffres pour I'ensemble Ges ses du secteur, toutes tailles confondues.

(7)

ANALYSE FINANClgRE COMPAREE

revolution de son intensite capitalistique qui passe de 14,9 a 23,9 mil-lions entre 1971 et 1979. Seules les grandes imprimeries cooperatives semblent parvenir a suivre dans une large mesure cette progression technologiqoe f). Dans le batiment par contre, les grandes cooperati-ves sont aussi faiblement capitalisees par rapport aux autres entrepri-ses que Ies cooperatives de taille moyenne. Quant aux petites SCOP, elles ont le plus souvent un rapport capital-travail au moins deux fois plus faible que leurs homologues capitalistes.

Vu le caractere tres laboristique des SCOP en general, il est plutot etonnant que leur vaieur ajoutee par travailleur soit proche et souvent meme superieure a la moyenne sectorielle quand elles emploient plus de 10 salaries. En effet, a quantites de main-d'ceuvre egales, les entre-prises disposant de moins de capital ont en principe une moindre pro-ductivite du travail. On c'est Tinverse que Ton constate ici

C)-Alternativement, la vaieur ajoutee par travailleur peut etre decom-posee par le produit suivant:

Vaieur ajoutee par travailleur = Vaieur ajoutee brute Production totale

Production totale Nombre de travailleurs

Le premier rapport (ratio R4) est appelee taux de vaieur ajoutee. Largement influence par le degre d'integration verticale de I'entreprise, il ne constitue pas en lui-meme un indicateur d'efficacite ou de competi-tivite. Ici en tout cas, il donne lieu a une constatation assez surpre-nante: alors que dans la construction, le taux de vaieur ajoutee des SCOP n'est que legerement superieur a celui du secteur (5 a 10%), dans Timprimerie par contre, il le depasse en permanence d'environ 50%. Compte tenu de ce que nous savons sur la vaieur ajoutee par travailleur, cette difference s'explique par le second rapport ci-dessus. De fait, la production totale par travailleur (ratio R5) au niveau sectoriel depasse celle des SCOP de facon beaucoup plus considerable dans I'imprimerie que dans le batiment. Ceci est vrai quelle que soit la taille des entreprises.

Lensemble des resultats analyses jusquMci nous permet de cerner les premiers grands traits de la SCOP type et de son homologue capita-liste dans deux secteurs de I'economie francaise. Les SCOP disposent de quantites beaucoup plus faibles du facteur capital. Dans le

bati-(-) II ne sagit que d une hypothese. La difference entre SCOP et entrepnses capi-lalistes pourraient aussi etre due a une forte croissante des participations financieres crois6es et done des -autres valeurs immobilisees- dans la presse et I'edition ou les cooperatives sont peu presentes.

(^) En particulier, si I'on considere les imprimeries de taille moyenne, le nomore noyen de travailleurs est quasiment identique dans les SCOP et les autres entrepnses. L'intensite capitalistique des premieres est pour chaque annee nettement plus faible et leur vaieur a|outee par tete neanmoins chaque fois superieure.

(8)

6 2 JACQUES DEFOURNY

ment, elles compensent en partie ce manque de capital en employant nettement plus de travaideurs mais c'est beaucoup moins le cas dans rimprimerie. II en resulte que la production totale par travailleur dans les cooperatives est inferieure a celle des autres entreprises. Cepen-dant, si la valeur de la production de ces dernieres est superieure, c'est davantage a cause de quantites plus importantes d'inputs intermediai-res que grace a une plus grande valeur ajoutee. En termes simples, on pourrait sans doute dire qu'avec plus de machines, elles peuvent utiliser ou transformer de plus grandes quantites de matieres premie-res (par exemple papier et encre dans rimprimerie, ciment et briques dans le batiment) mais qu'elles n'engendrent pas pour autant davan-tage de richesse, sauf quand elles sont de petite taille. Dans les SCOP de taille moyenne, la valeur ajoutee brute par travailleur est m^me tou-jours superieure alors que ces entreprises emploient moins de capital et plus de travail.

2 . LA REMUNERATION DU TRAVAIL

Alors que dans les entreprises traditionnelles, les travailleurs negocient le niveau de leurs salaires avec le patronat dans un rapport d'opposition, les travailleurs societaires dans une SCOP peuvent le determiner eux-memes: letacteur travail y assure Tessentiel de la fonc-tion entrepreneuriale avec les prerogatives que celle-ci comporte en matiere de management et d'utilisation des produits d'exploitation. La remuneration du travail est done, du point de vue des travailleurs, un indice de performance de la cooperative comme la remuneration du capital en est un pour I'actionnaire d'une societe capitaliste.

Une premiere illustration de la preeminence du facteur travail dans les SCOP est fournie par le ratio R6: la proportion de la valeur ajoutee utilisee en frais de personnel est sensiblement superieure dans les cooperatives quelle que soit la taille de celles-ci (en moyenne 86 % contre 8 3 % dans le batiment et 8 3 % contre 79% dans I'imprimerie). En construisant le ratio «frais de personnel/nombre de travail-leurs» (R 7), on obtient non pas le revenu effectif moyen des salaries mais bien le cout moyen de ceux-ci pour leur entreprise. Toutefois, dans la mesure ou les charges sociales sont proportionnellement tes memes pour tous les employeurs d'un meme secteur, le rapport ci-dessus con-vient parfaitement dans une perspective comparative.

Globalement, si Ton raisonne toutes annees et toutes tailles con-fondues, un travaiileur gagne plus dans une SCOP que dans une entre-prise classique de la meme branche. Mais il faut nuancer cette affirmation quand on prend en compte la taille des entreprises. En effet, la situation est regulierement defavorable aux travailleurs des petites SCOP de rimprimerie et dans une moindre mesure a ceux des grandes SCOP de la construction. Par contre, et c'est sans doute la le principal resultat, la remuneration du travail dans les cooperatives de

(9)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 6 3

taille intermediaire se maintient constamment au-dessus de la moyenne sectorieile aussi bien dans une branche que dans I'autre.

On notera cependant que beaucoup de travailleurs associes se voient retenir un certain pourcentage de leurs salaires mensuels. Ces sommes sont versees sur des«comptes courants d'associes >» et trans-formees en parts de capital social en fin d'annee. Cette pratique resulte d'engagements statutaires de souscription formules comme suit dans les statuts-types proposes par la Confederation des SCOP:«si I'asso-cie est lie a la cooperative par un contrat de travail ou par un mandat social, il s'engage a souscrire et a liberer, chaque exerclce, des parts pour un montant egal a ... % de la remuneration percue de la coope-rative au cours de Texercice** (article 10 cite par A. Antoni. 1980. p. 58).

II est tres difficile de se faire une idee precise de Timpact reel de ces retenues sur la remuneration effectivement perpue par les travail-leurs des lors qu'on considere plusieurs SCOP Non seulement le pour-centage fixe par les statuts varie d'une entreprise a I'autre, mais en plus ce systeme fonde sur la proportionnalite et la progressivite des verse-ments n'est pas choisi par toutes les SCOP, certaines preferant un mode de souscription forfaitaire et fixe. Enfin, les parts de capital sont remboursees au pair lorsque Ie travailleur associe quitte la SCOR mais leur valeur reelle a ce moment depend du temps ecoule depuis la sous-cription. elle-meme souvent etalee sur plusieurs annees. S'il s'avere done quasi impossible de determiner exactement la remuneration effective des travailleurs des cooperatives, des avis recueillis a la Con-federation et aupres de plusieurs SCOP permettent neanmoins de pen-ser que Timpact moyen de ces retenues ne depasse generalement pas 2 % ou 3 %. En effet, il ne faut oublier que ces engagements de sous-cription ne concernent que les associes, c'est-a-dire environ un tiers des travailleurs dans la construction et deux tiers dans rimprimerie. II en resulte que I'essentiel des constatations faites plus haut reste vala-ble et que les ecarts par rapport a la moyenne sectorieile sont seule-ment legereseule-ment accentues ou attenues suivant que les frais de personnel par tete etaient inferieurs ou superieurs du cote cooperatif. Enfin, en plus de leurs salaires, les travailleurs peuvent se voir dis-tribuer une partie des benefices realises par leur entreprise. La moyenne, par personne employee, de cette participation aux resultats est calculee avec le ratio R8, et Ton constate que malgre sa faiblesse par rapport au montant des salaires, elle est beaucoup plus importante dans ies SCOP,a l'exception des grandes imprimeries. En France d'ail-(eurs, les cooperatives de production doivent partager entre les travail-leurs une part des profits au moins egale a celle qui va aux detenteurs du capital social. Cela ne fait evidemment que renforcer la tendance a une meilleure remuneration du travail au sein de la majorite des SCOP

(10)

JACQUES DEFOURNY

Toutefois, une remarque analogue a ceile concernant les retenues salariales s'impose ici, dans la mesure ou une grande partie des som-mes distribuees au titre de la participation des salaries dans les SCOP est en fait convertie en capital social. En effet dans les annees septante, les SCOP ont tres largement exploite les possibilites offertes par une loi de 1969 sur les « accords de participation » au sein des entreprises francaises. Ces accords stipulent que les benefices distribues aux salaries sont exoneres des charges sociales et de I'impot sur le revenu, pour autant qu'ils restent bloques pendant cinq ans dans une «reserve de participation»»au sein de I'entreprise. De plus, avant meme I'expira-tion de ce detai, les salaries peuvent convertir en parts de capital leurs cr^ances sur la reserve de participation. Alors que la plupart des entre-prises frangaises n'ont guere utilise ces dispositions legates, 80 % des salaries des SCOP ont accepte, par de tels accords, le blocage de tout ou partie des repartitions de benefices C). Ces sommes, sur comptes courants bloques ou sous forme de parts sociales, ont represente pour les cooperatives de production, une source majeure de financement qui a cependant perdu de son importance avec la reduction, due a la crise ^coriomique, des marges beneficiaires et des excedents distri-buabies ("). Pour I'instant, on retiendra simplement que I'augmenta-tion reelle de la remuneraI'augmenta-tion du travail, due a la participaI'augmenta-tion aux benefices dans les SCOP, est sensibiement inferieure a ce que suggere le ratio R 8, m^me si en general elle demeure certainement plus impor-tante que dans les autres entreprises.

3. LA RENTABILITE

La rentabilit^ peut s'apprecier de differents points de vue suivant les grandeurs auxquelles on rapporte le resultat d'une entreprise. Pour notre part, nous prendrons successivement comme denominateur la production totale, les valeurs immobilisees nettes et les fonds propres. a) La rentabilite de la vaieur produite

Comme nous ne disposons pas du chiffre d'affaires pour les SCOP mais bien de leur production totale, c'est la rentabilite de la vaieur pro-duite plutot que celle des ventes que nous allons examiner. D'autre part, deux indicateurs differents du resultat seront utilises.

Tout d'abord, rapportons a la vaieur produite le resultat net d'exploitation c'est-a-dire le resultat apres deduction des

amortisse-('") La Confederation des SCOP estime que plus de la moitie des participations des travailleurs associes et environ un quart des participations des travailleurs non asso-cies sont converties en capital.

(") J. Gautier (1983. p. 40) a calcule qu'au bout de 15 ans a'application du systeme, les accords de participation ont permis de garder dans les SCOP des sommes plus importantes que les parts sociales classiques et que les comptes courants d'asso-cies traditionnels.

(11)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 6 5

ments, des provisions pour pertes et charges et des charges financie-res diminuees des produits financiers (ratio R10). Si Ton calcule une moyenne ponderee des taux annuels. on obtient respectivement 2.2 % et 4.8% pour toutes ies SCOP du batiment et de I'imprimerie. Pour I'ensemble des societes de ces deux secteurs, le taux moyen s'eleve a 2,0 % et 4.0 % mais, si Ton ajoute les entreprises individuelles. ia ren-tabilite dans la construction monte a 2,5 p/o.

Toutes tailles et toutes annees confondues, la rentabilite moyenne des cooperatives est done comparable a celle des autres entreprises. il n empeche que I'analyse par categorie de taille revele des realites diametraiement opposees dans les petites et les grandes entreprises: la rentabilite de ia vaieur produite dans les petites SCOP est en general tres inferieure a la moyenne sectorielie tandis que c'est I'inverse dans les grandes SCOP Quant aux SCOP employant entre 10 et 99 travail-leurs, leur rentabilite moyenne sur I'ensemble de la decennie est lege-rement superieure a celie de ieurs homologues capitalistes (3.2% contre 2,8 % dans le batiment et 4.3 % contre 4.1 % dans I'imprimerie).

Ces differences entre les categories de tailie s'expliquent en grande partie par ia place qui est laissee au resultat d'exploitation dans I affectation de la vaieur ajoutee. Ainsi dans les petites SCOP, le bene-fice d'exploitation represente une part de la vaieur ajoutee (ratio R9) beaucoup plus faible que dans les entreprises capitalistes de meme taille, et cela parce que les frais de personnel absorbent en moyenne 10 % de plus de la vaieur ajoutee. Le resultat moyen d'exploitation des petites cooperatives est meme parfois negatif. Par contre, on releve une evolution tres positive dans les SCOP moyennes du batiment qui representent plus de mille observations: tout comme pour les autres entreprises du secteun la part du benefice d'exploitation dans la vaieur ajoutee baisse regulierement au fil des ans, mais elle remonte a partir de 1978 puis depasse meme la moyenne sectorielie qui. elle. continue de baisser.

Une mesure complementaire du ratio RIO consiste a eliminer du resultat I'incidence des elements non lies a I'exploitation proprement dite. en particulier les amortissements, les frais et produits financiers ainsi que les provisions et les charges non imputables a I'exercice On obtient alors Texcedent brut d'exploitation qui, rapporte a la production, fournit la marge brute d'exploitation. Pour notre part, ne disposant pas de I excedent brut d'exploitation en ce qui concerne les SCOP, nous nous contenterons d'une mesure approximative en retirant de ia vaieur ajoutee brute I'ensemble des frais de personnel. En principe. il faudrait aussi retirer les taxes et impots indirects. mais on peut raisonnablement f^^Rfiji-qutro-Hittrmmsinurrne-dnaisiera gue>e la comparaison entre les SCOP et les autres entreprises.

La marge brute d'exploitation ainsi approchee (ratio Rii) confirme pour le secteur de I'imprimerie les tendances constatees avec la

(12)

renta-6 renta-6 JACQUES DEFOURNY

bilite de la valeur produite. Dans le batiment, par contre, les differences entre moyennes cooperatives et sectorielles sont attenuees et meme inversees pour les grandes entreprises.

Pour comprendrfe ces divergences, il faudrait sans doute analyser les divers postes qui separent I'excedent brut du benefice net d'exploi-tation, mais nous n'avons pas pu les isoler. Neanmoins, une autre maniere d'apprehender la marge brute d'exploitation consiste a trans-former le ratio R11 en un produit:

Excedent brut d'exploitation (+ imp, ind.) _ Production totale

Excedent brut d'exploitation (+ imp, ind.) Valeur ajoutee Valeur ajoutee Production totale Cette formulation montre que la marge brute d'exploitation resulte de la combinaison de deux effets: la part de profit dans la valeur ajou-tee (ratio R12) et la part de la valeur ajouajou-tee dans la production (ratio R4 deja envisage). Comme le premier facteur est en general plus faible du cote cooperatif ci cause de la part plus grande des frais de personnel dans la valeur ajoutee, seul le second facteur peut faire remonter la marge brute d'exploitation des SCOP. C'est bien le cas puisqu'on a vu qu'K etait toujours superieur pour les cooperatives, beaucoup plus cependant dans Timprimerie que dans ta construction, ce qui explique la meilleure marge d'exploitation des SCOP dans le premier secteur. En resume, si Ton combine les resultats obtenus pour la rentabilite de la valeur produite et pour la marge brute d'exploitation, II apparatt que la capacity beneficiaire des petites SCOP est largement inferieure a celle des petites entreprises capitalistes. Pour les cooperatives de grande taille et de taille moyenne, elie est comparable a la moyenne sectorielle dans le batiment tandis qu'elle est sensiblement superieure a celle-ci dans le secteur de I'imprimerie grace a un taux de valeur ajou-tee particulierement eleve.

b) Le rendement des immobilisations

Nous aurions voulu etudier la rentabilite de I'actif total mais les donnees bilantaires recueillies pour les SCOP de 1970 a 1977 concer-nent uniquement le long terme. C'est pourquoi nous nous limiterons au rendement des immobilisations.

En principe, le rendement brut des immobilisations s'exprime par le rapport«excedent brut d'exploitation/immobilisations brutes ». Nous I'approcherons avec les approximations dont nous disposons, a savoir I'excedent brut d'exploitation augmente des impots indirects d'une part, les valeurs immobilis^es nettes d'autre part.

(13)

ANALYSE F I N A N C | £ R E C O M P A R E E 67

De Texamen du ratio R13. il ressort que le rendement ainsi calcule peut varier tres fortement d'une annee a Tautre. Si Ton calcule sur toute la decennie des moyennes ponderees, les resultats respectifs de lensemble des SCOP et des autres entreprises sont tres proches dans Ie secteur de I'imprimerie ( 5 2 5 % et 49,5%) mais plus eloignes Tun de I'autre dans le batiment (57,9% et 47,0%). II faut cependant noter que le rendement des immobilisations est particulierement faible dans les petites cooperatives de ce dernier secteur.

Le remplacement de I'excedent brut par le benefice net d'exploita-tion paraTt une bonne facon de completer le ratio precedent. II s'agit meme d'une mesure plus orthodoxe puisqu'on a une grandeur nette audenominateur Mieux encore, comme les valeursimmobiliseescom-prennent ce que le plan comptable f rancais appelle les««autres valeurs immobilisees**, il est logique de prendre en compte les produits finan-ciers qui en resultent, et c'est precisement le cas du resultat d'exploita-tion tel que nous I'avons enregistre.

Le nouveau ratio (R14) ne fait cependant que confirmer les tendan-ces deja constatees. On notera simplement ici que le rendement des immobilisations est lie a la rentabilite de la valeur produite par la rota-tion des immobilisarota-tions (ratio R15).

Benefice net d'exploitation Valeurs immobilisees nettes

Benefice net d'exploitation Production totale Production totale Valeurs immobilisees nettes Or. la rotation des immobilisations ou plutot des valeurs immo-bilisees est pratiquement toujours plus elevee que la moyenne secto-rielle dans les SCOP de la construction et tres souvent inferieure dans les imprimeries cooperatives. C'est pourquoi le rendement des immo-bilisations dans les premieres depasse davantage la moyenne du sec-teur (%

Mais arretons-nous aux imprimeries cooperatives de grande taille et de taille moyenne ou la rotation des valeurs immobilisees est plus faible que dans les autres entreprises quelle que soit Tannee conside-ree. Cela tend a montrer que les immobilisations de ces SCOP, nette-ment moindres que dans I'ensemble du secteur, ne sont cependant pas trop f aibles au regard de leur production. On dira done que les coopera-tives employant au moins dix travailleurs dans I'imprimerie sont certes moins capitalistiques mais, a Tinverse des petites SCOP, pas necessai-rement sous-capitalisees.

('-) On a vu en effet que la rentabilite de la valeur produite des SCOP par rapport a la moyenne sectorielle etait quant d elle plutot meilleure dans I'imprimerre.

(14)

66 JACOUES DEFOURNY

c) La rentabilite des fonds propres

Dans une entreprise capitaliste, c'est la rentabilite des fonds pro-pres, plus encore que la rentabilite de la production ou de Tactif, qui interesse I'investisseur et Tanalyste externe. En effet, il s'agit la de la rentabilite ultime des fonds que Tactionnaire confie a Tentreprise sous forme de capitaux a risque.

II en va autrement pour les cooperatives ou la remuneration du capital est de toute facon limitee a un certain pourcentage. Dans les SCOP francaises, ce taux maximum est egal a Tinteret percu sur les obligations emises pendant le semestre precedent. Mais la remunera-tion du capital cooperatif peut evidemment descendre bien en-dessous de ce plafond et m§me §tre nul pour les mauvaises annees. Aussi, il est clair que la participation au capital d'une SCOP est beaucoup moins un placement financier qu'un moyen de renforcer la structure financi^re de I'entreprise. Les avantages escomptes se situent essen-tiellement au niveau de la securite d'emploi et de revenu, et dans la participation a la gestion.

Bien que la rentabilite des fonds propres ne revete done pas la meme importance dans les entreprises classiques et dans les coopera-tives, elte demeure un critere interessant pour comparer les performan-ces des unes et des autres. En principe, c'est le resultat de I'exercice avant ou apres impots que Ton rapporte a la valeur des fonds propres figurant au bilan, et cela afin de tenir compte des charges non decais-sees; les amortissements, les provisions et les reductions de valeur. Pour notre part, nous savons que nous disposons seulement d'un resultat net d'exploitation qui est plutot un resultat net courant avant impots puisqu'il inclut I'impact des produits financiers en plus de celui des amortissements et des provisions pour pertes et charges.

A I'examen du ratio R16, la rentabilite des fonds propres se revele presque toujours inferieure dans les SCOR et Tecart est generalement d'autant plus grand que les entreprises sont petites. Une exception notable concerne les grandes cooperatives du batiment ou les fonds propres ont chaque annee une meilleure rentabilite que dans le reste du secteur.

Ces differences s'expliquent avant tout par la rotation des fonds propres qui lie la rentabilite des fonds propres a celle de la valeur pro-duite. En effet, la rotation des fonds propres (ratio R17) est tres large-ment inferieure dans les SCOP, sauf dans la construction au-dela de 100 travailleurs.

Conclusions

Pour terminer, essayons de rassembler les principaux elements de cette analyse financiere comparee pour transformer la s6rie de traits esquisses en une image plus nette des 300 cooperatives examinees.

(15)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 6 9

En fait, il se degage non pas une mais bien deux images assez contrastees. Tout d abord, celle des petites cooperatives: elles demar-rent avec tres peu de capital et restent toujours beaucoup plus labo-ristiques que les autres entreprises de meme taille. Malgre cela. dans le secteur du batiment, elles arrivent a une productivite apparente du travail proche de la moyenne sectorielle et offrent meme des salaires plus eleves. Par contre, le manque de capital fait fortement baisser la vaieur ajoutee par travailleur dans les petites imprimeries cooperati-ves, et les revenus des travailleurs s'en ressentent.

Dans tous les cas. les SCOP de moins de 10 personnes distribuent en salaires une proportion particulierement elevee de la vaieur ajoutee. ce qui reduit tres sensibiement leur rentabilite au sens classique du terme. Mais ce concept n'a evidemment pas la meme importance pour les travailleurs des SCOP qui se paient avant que se degage le resultat d'exploitation. II n'empeche que la faiblesse de celui-ci diminue les pos-sibilites d'investissement et augmente les risques de sous-capitalisa-tion. Le circuit est ainsi boucle et il parait engendrer plus de difficultes pour les SCOP dans Timprimerie, ou il faut beaucoup d'argent pour s'adapter au progres technique, que dans la construction ou de nom-breux corps de metiers n'ont pas besoin d'un materiel tres lourd.

Ouand elles emploient plus de 10 travailleurs. les SCOP semblent franchir un seuil dans leur performance economique et une seconde image prend forme. Certes. elles sont toujours plus laboristlques que leurs homologues capitalistes. Mais cela ne les empeche pas d'etre tres souvent plus productives et au moins aussi rentables que ces der-nieres tout en payant mieux leur personnel. C'est que. malgre un chiffre d affaires inferieur par personne employee, elles atteignent souvent une vaieur ajoutee par tete superieure parce que la charge de leurs inputs intermedialres, sans doute Nee au processus de production est proportionnellement moins importante.

Les resultats les plus remarquables sont le fait des cooperatives de taille intermediaire. Aussi, le nombre moyen de travailleurs au sein de celles-ci se situant entre 25 et 40. on pourrait peut-etre suggerer qu une taille de cet ordre combine le plus efficacement les avantages d une gestion participative et d'une propriete collective avec les exi-gences d une economie de concurrence.

(16)

70 JACQUES DEFOURNY va i n 3 • o te s iv i o -4) C 3 S O) ' CM CO S i ' g _

51

^ OH "S ^ I ^ SD *•< . S ^ ^ U (0 C 3 0 0) CO ® Q.-D

"1

CQ I-.1 -o) .o CC OJ E — i § —: £ jrav . socia l

s 1

Tra v Nbr e Nombr e moye n de travailleur s Secteu r SCO P Sectcu r SCO P (1 ) I SCO P oiOifOOiOiOiOiCOOi ooooooooo inr-'-r-oocpr^iocr) r^ CD i^ ^ * ^ CD CO r^ r^ ooooooooo 04 8 J34 8 ni 4 53 1 J75 & )50 6 }86 9 W6 5 ^74 8 ^-CMn^riDtDh-COG^ vs (S cc cc Oi -(u (D O>C0C0OiOlO)O}91C0 ooooooooc tocDr-r-oDtDOioii-ooooooooo 28. 3 27. 9 27. 2 26. 8 26.1 26. 0 26. 3 26. 4 25. 4 06 1 38 7 )71 7 ni l 98 2 235 6 59 6 59 6 M5 8 CMCMCJCMCyCyCViCMCM ^w-jTirtoi^cooj CR c ^ ' - Oi Q-ro 29. 6 34. 2 3b . 7 47. 9 54. 4 67. 2 73 7 83. 8 GO GO GC 00 GO 00 GO CO t** ooooooooo QOOCMTtcOtDOOi-ooooooooo 241. 3 229. 7 260. 8 231. 1 230. 8 231. 3 228. 9 228. 7 233. 2 227.7 214. 4 2t7. 7 230. 9 221 7 243. 8 278. 5 246. 8 253 7 ifiO'vcccMQ'-cyco — wr'-^-ocor-cooj D c 10 0 k 99 9 salarie s c ct CO u •D llier & a; •Ji •o son t exp r r c > -X c 3 ukm t cc (/} c cn —I

(17)

A.NALYSE FINANCIERE COMPAREE 71 're re 3 C at i c 3 E '2 re 3 •Hi ivi ' o CO (0 o "o m (0 • o

0) 2 g

re • -UJ '•? O •— re • B Q> 1 ^ g © T o

o-g

It

re -o 3 iS < c UJ S> il -U ^ • -d> ^

if

^ o G " ^ 2>.| E S oo O o —o c/) Q -Cfi (4 ) Secteu r Secteii r O l a. a: <D -S 'S i(O O ^ " ^ O •U^ 00 O) 00 O ^ T- ' CM • ^ ^ CO CO CX, CO CO CM CO J : c\. CO ^ ^ i n UO o CO f*^ CO O. — CO T -C\; — CM • • - ^ a ) CO • ^ CO CO O> IO CM 05'-OUTC\.'-C0C0C0 cO'^inmtcr-cccco CO Cl ^ 02 O i n csj i n CO i n CO I CO 10 CO ^ ' ^ i n ^ 1 ^ re CO 3 i ^^ i n CO o) r^ o o o o o CO o . CO ao CM r^ j i »— • t ^ 1-^ CO OC c c 33 o o o o o j -n r^ ^ CO co ^ CM 30 c y ^ CO m J ^ CO CO c CS. O i O UO O CO CO CO h * •35 1 ^ CM CO CO 00 o o o Q CO O — o o 00 - - r^ t^C3)Oi ^ CO CO 299 0 309 6 303 4 382 2 415 7 439 8 338 1 381 6 411' 1 r^ccco'^cocccococc 1 ••- CM CO 5? m » CJ) o o (O1^ CO O5 cocoogingoojn CMCyCMCMC\.C\iCMCMCM g^coccoj^n^o cococncocococo^co mm u o o o ^ i ^ o j o j o c-^ ' ^ Oi o un - CO o Oi 00 GO c c CO O^ ^ 00 CO CO ooooooooo ooooooooo C M C M C \ J C M C M C M C \ . C M C M cococyco-q-r^.-^ ' - O J O O I C O O J C M C O O O 254 ? 268 6 252 6 274 6 276 0 279 2 281 8 281 0 286 9 C\.CMCMC\;CM— C O ^ o « ~ CJ) O-cc cocM.^^^mre^co CMC^C\.CMCVJCV.CMCMO. 0 5 c 0 0 ) C 0 C 0 P 0 C 0 i - O CMCOCMCOC\.COfMCMC\. o>co-fl-c\,r^f^^oco CMCOCMOOOCnr-OCO O. 03 CM TO OI tt O ^ CO • r ; C 0 C 0 ' ^ h - 0 ) 0 0 0 i O ooooooooo ooooooooo rOCMCMCMCMCMCNiCMCM cMinoococooj-'-cooo OpOlCM'-Cvl^CO?! COOCO'-OO'-O'— COCOCOCOCOCMCOCOCO C\ICMCOO.C0CMCyC0C0 ' - C M C O ' T m C O h - C O C J J in a o '-^ O Oi •^ O)

(18)

72 JACQUES DEFOURNY CQ • o c ti o ra 3 C Kb f i t 3 n iS (5 o lys e i n < CQ to (0 tivi t o T3 CO 3 t5 ( 0 aj. CM 3 • 3 (D a := X B ^

^1

m ^ . _ 1 O ^

"5

979-; teu r B 971-1 Se c •^ • o (peri ( bi l w C E cn -, CC ,, ,. CC .a t e a . a. L i _

I

rod . to ( o Vai . ajo u

M

[ a> a> 7-1 ! E l »( C l ^1

s.

( 0 | 1 tolal em et r « ! £ 1 • teu r Se c c o

<M

SCO P a . O &> O Se c SCO P BCleu r t o o -Ol •< se s i" cn • c ' • 5 O • 1 I ^ 1 ^ o o o o o o i n CO CSJ CO O Ol wco O ' -OOOOo o o o o o ooinco »-O »-O »-O OJ ^co^cx, O C O ^ I O «J ^ TT O — O Oi -^ r^ r^ <o r^ O i o i n O l OOOOOOO CD 00 PO t o - ^ O o i n CO to 00 <o ro o o O O O O C O O O C O O I O O O O o o o 1 j ^ r- 00 o • 1 r^ o I 0.4 5 4. 0 1 i 1 1 p 1 i (A ' a - to 1 (/) O) i ^^ " • . ^— 0 ) ' D o o o o CM C\J -V N . O-OlOl CM C\J CO O CO O l CVJCM o o 0.4 1 0.4 4 TT 00 ^ ^ ^ ^ O O O O 0.4 7 0.4 6 0.4 0 0.4 7 . . . . CO--or-o t ^ O) l O CM o nS o <y. 00 r^ CM O O 0.4 5 ?7. 6 15 0.4 7 cyco;^intt)j;»-coo> O O O O O O O O O O O O O O O O O O JiincMc\jcM-<rtcr-o O O O O O O O O i -c.^^c^,c«r.^c^i<o^ CMCNitoro-q- -^minto N.ifimco<Dinm^o cjrycocorocOTrrO'^r OOCSGOOOCOCOOOCOOO O O O O O O O O O iflLntointOtninLnto Q O O O C O C O C O O O G O O O O O OOOOOOOOO

d§c?i3SSSd2

cD(ooooiO''~coinr'^ CM O CO i n O ^ CVi O l CM cocooiininmtD'^O) •4J 1 •»• 1 "^ O J '<Jj O l . \ . «i J U > (Dt^ir^-d-cototccoin O O O O O O O O O 0.4 9 0.4 9 0.5 1 0.5 4 0.5 4 0.5 6 0.5 2 0.5 3 0.5 1 |^*w. 1 ^ CO CO O l ^~ ^ W CO - cy CO'(J-tn (O r - C O Ol •0) as o " •~ Ol Q-tc o o o o CM (D CM CO o CM o o o: CM 2 8 <o CM O l CM CO CM C\» CM CO CO CO o o o o o o (o i n i n CD CD m o o o o o o ^ ^ C O - C M O I CO^ J ^ l O l D ^ i 00 — ^ - o ; ' ~ CO ?? 5 S S' S ^ m-ccocNiCT^rcor^r-oocooocccocooocooo o CO o o o o o o o o CO i n o CD CM oo Ol COCOCOCOOOOOOOCDCO o o 00 o 0.5 0 o, O) T -o o ' " Q o o r^ co o 0.4 9 C\j CO O,_ Ri m m O l O l -to o 00 <n o o o o o o 1- CM ^ i n (D Ol CM^^-om CC O l CM CNi Ol (D O O 0.4 6 -ro • ^ CO CM CO CO CM o o o o o o 0.4 2 0.4 1 0.4 4 0.4 3 0.4 7 0.4 8 C^ CM r^ O l I D ^ . • « - 0 3 CD ^ - C O O l

(19)

ANALYSE FINAMCIERE COMPAREE 73 'ra ra 3 • o C 0 ra 'Qi C 3 E CO "en •<D *.• •> o (0 T3 cn OJ o o cn *- cn <a • ^111 ^ (D (b 3 c n ^

Iii

n •

±.

« S 3

© T o

a^

C <b OXJ o o * ^ - , ra < c UJ S> _ i * • CD ra — CO cr

CO cc cr cc ,_ cc .a jrt . a u c ai s d e pers o -a 0 Ul e E 0 e trav , -5 Ut e . 0 tra v total E Prod . 1

f

eu r Se c CL. 0 t o C J < ^ a. 0 CO Socl e SC O i -So SCO P c aJ S.

1

a; • a aj v^ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 CC 0 0 CO 0 0 CO CO CO cn cn 1- r- 0 0 1 CO m CO CM CJ CM CO in cc in T 0000 0 O5 4 7 0 4 0 0 0 CM 0 CC 52 CO 0 0 0 0 0 5 3 to h-0 h-0 • ^ C O 0 0 0 0 01 "^ CO cn CO ^ -0 .n S § 0 0 cocococcr^ocMi^o r^ccoococooicoccoi 0000 T- c CO cc 0 1 - CO TT 0 X CO ^ CM • - 0 : CO i n CO i n • ^ i c i n to r^ CO CO 0 1 r^ 0000 00 0 in 0 0 0 ^0 CO CO •T 0 ^ 0 CO CO • * r -' - CM CM CM ( ^ •31 CMc\, uo CO 0 0 t n c i CO ^ CO 0 0 ^ CO 00 01 N- r^ CD i n i n m CO CO 0000 in 0 0 r-0 r-0 0 0 c 0 CO CO CO 0 1 CM CO CO CM 0 1 CM OJ CO CO CO ^ CO ^ CO '— CO 0 00 OJ ^ OJ CO ^ cc C31 0 Q 00 i n CO — 0 0 1- in CD i n 0 0 0 CO CO CO cn 1 -tO CO * - CM 00 cn OOOOOOi-'-OJ ooooooooo or---cocc;cMn-Oi O ' - O O O ' - ' - C V — ^ cc 0 ^ -.f - 0 01 Oi _ ^ 5 0 Q ci^r^ °Mco^5S^r3S ooi^cotoajcDcococo ooooooooo cococoootccoN-corc ooooooooo toi-oioit^oinoiuo O l O ' - t O O l O O — CO I - — — — -i-CMCMCM •^CMOJf^CMCOCMCMOl incoocor-ooioj'^ '— '-OC001G1000CO ooooooooo cDcccotoininmcoco ooooooooo O T l ^ C O — OlOOCM CDCOCOpcO^i-1-CO oocoO'^-ooiNiin tc tv 0 " ' " cn Qi 01 C -a CMOJCO-n-TTUnCDtDCO 0 0 0 0 0 0 t n • * 0000000 T- CM — 0 0 CM ^ 0000000 CM •*r 0 00 — r». CO incocnco'^ooocccM CMCOCO-'tincOCDt^Ot OOJCOOJ^Oi — CM^ 01 to r--0 r--0 00 r-0 r-0 CO Oi ^ CO c c 00 r^ CO c j i m ( ^ 30 CO CD 0 1 t3l 0000000 r^ 00 CO 0 1 00 00 CO 0000000 ^ 0 1 OJ ^ '— ^ CO tococo^cMOcoinco r^o-i—^tooiOih«-o '-i-i-'-'-CMO.CO CM CO' ^ CO CO CO 0 h«. CO mot^cnfojcomo i^oicoo — cocoinr^ CO CM 0 0 ^ — 1 - CM 0 1 CO CO ^ ^ ^ • ^ CO CO CO 0000000 oicocooioicnoj^'-cor^i^cocococotocD 0 0 ^ cn CD T CO h -0000000 ^ - CO CM 0 1 1— CO CO » - CO CO CO 0 00 0 1 CM CM OJ CO ^ ^ i n CO O i •»- i n OC 1 - c n ' CO r - CM CD — C CM CM C\i CO ^ J I '-cMcO'^incor^cocn .£ 0 « 0 -to

(20)

74 JACQUES DEFOURNV (D 3 •> C Jo n CO 4) C ® 3 O E i > 0) & S = X •5 (0 3

>

CO 3 ^ O

I s l

u o

II

CQ (8 M CC • o •— a. _E ru t a . bru t Ind . bru t C .ne t -Qi CO Q —-tte E F "ra -S Va <p o Prod . CQ a> -& no .a eu r <n CO P CO t o

1

CO o 3 R Si 1 o s-•s gg«jO^OO©^ COCDtDr^G0C0N.COr>. cdddddcDCDO 70 3 09 0 52 7 83 4 51 9 01 7 73 3 84 8 03 1 O — O 0 0 ' ' - 0 0 ' ~ ^oico^oigcMf;^.-CJCMCMCMCMCOOJCMCM OOOOOOOOO cvjr-^cDgjoisg^O) cM^^i2^l2gi22 OOOOOOOOO CMOJCMCMCOCOOO'-OOOOOOOOO TTtDOOOOCOtO'-OCD T-OOOOOOOO OOOOOOOOO incoLnmr-oicvjom OOOOOOOOO /~> /—I ,—1,—»/—> /—J /—I /—J / - ( CM—OCOCMi-O^in ddddddddd CDJ^O>tOCDfMO^-g; ' - • . - ^ • ^ — C M - . - ' OOOOOOOOO ^OincOCOCDCDOlCM 0 0 0 0 0 0 0 0 - — OOOOOOOOO -d iS ! 0 Cl o Q ininmcDincDtoin^ O O O O O O O O O O O O O O O O O O CO CD CM ^ OJ r^ - CD 00 OOOOOOOOO COCDCMCOQOiO'-Ol OOOOOOOOO OOOOOOOOO OOOOOOOOO ;CCMCMgCCg<00-OOOOOOOOO OOOOOOOOO ^coooioioiinmcM COCrjCOCMCMCMCVlCMCM OOOOOOOOO

/—) / - ^ /—J /—J / - ( y—J /—I /—» t~i

cor-'-CMoioocooico COCOCOCOOJCMCMCyCO OOOOOOOOO OOOOOOOOO ^CM«3a>CMCM(DU^0> OOOOOOOOO OOOOOOOOO OOOOOOOOO OOOOOOOOO •X, a: a O CO ' " Ol O Ol Q-C3 COCOCMCMCMCMinTj-cO OOOOOOOOO 5oo —eoSSo"5 OOOOOOOOO CD — C O C O t O O O C D ^ 1 -ooooooooo « CO ex. 00 O) in 00 Ol o ^ c o h - ^ ^ c o r - - ^ — OOOOOOOOO OOOOOOOOO OOOOOOOOO 01gO.CM^O[^CD« OOOOOOOOO OOOOOOOOO COO<DCDinCMCOOC\J OOOOOOOOO /—(/—,/—( /—) r~i »~i /~> /"» (-^ C M S C O S W ^ W — — OOOOOOOOO OOOOOOOOO CMajCOOtDOO—COCC OOOOOOOOO OOOOOOOOO 5mfc5S^In3sSi OOOOOOOOO OOOOOOOOO O CO o oi i2j O>

(21)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 75 TO 3 > C CO O z— TO JO •Q) 13 3 O E *^ k CO

« § i

'TO • U l .5 2 o fc-CO > S 0) I o TOOi*'^ OO u o

It

-J t < C CQ TO r r CE CC E"^ .a. ^1 c ru t E j CC X a> "S • O J t o E u - o e ! s ' • o °^l <l; ^ -_ •<a I >• 1 i CO P C/3 do a. O ' L i o r O-O CO ! » Q -cleu r at CO Q -o a; -a; nt r od e o o ?5 C\i o o CM o i n o 57 6 o CO o 60 1 o r^ O) CI in In « CM i n TT o o o o o o C3: O J o o •«r CO CM o o ^ c o CVJCSJCMCV.CMCVICMOJ O o 1 o o o o o o o tv C3J O o 5 o

°

09 2 o 30 CO O*. o o i o o O O C3J CVJ o o 12 8 ' d , --o I - © C3 • ( 0 O i -Cu 1 o o 11 8 o O) o o CM i n o o t \ i

R

07 1 o in o o o o o cs. O o o cv: If: o o r ^ CO o o O) <f o CM O OJ o O O CO CO OJ T - '— O O i n CO OO o o cncM o o o o CO m o o O O o 1 - t - - CD — O O o o innj - * CO o (SJ o o o o o •* o o o o o o o o o o o o o CM CO CM CO CV, O o (D o o CO o CO o o o o cow O " o o O O o o o o i n CD o 11 0 o CO o o o o o CO CM o 48 8 o m cy o o CO CM CD 1 - O J CO ( O CD CD CD i n CD CD OOO OOO OJ CO ^ CM CM Cy O O O GO CD i n m CO O O CO C7> o 12 4 o n o

°

10 6 o on o 66 7 o OOO CMI^S ^ o o CO CO . 1 -CVi o O O O O i n CO r^ O) OJ CO OOO OOO Ol O) O) OOO OOO -tcntD OO OO O o i n o ? OOO 1 - CVJ O CO CO CO o o o o o o 10 7 o o 11 7 o OOO CVi CM CM OOO O CO f^ OOO CO t o ' - CO CO o o o o CO o o CD CO C3J CO OOO OOO CVi — O OOO <3) — CD OOO OOO CO • * CO oooo o — — o d o o o o o o o o o o o o fft Cu « OJ Q cc o OOO

8S^

OOO OOO o o o o o o o CO .. o o o CM CO ^ OJ g j i nto .n in in o o o o o 79 6 o O OJ CM o OJ o o cy o CO ? o CO CV." o ^; CO CO CO O OJ O OOO oom CM CM C\i OOO CO - ^ CO o o o o o o '— o c\i m CO o ^— ^-o OJ O) O o o — OOO CM CD OJ i n O CD O O o o OOO CO <M CO O t--i n <D o O O o o 10 4 cn o 12 7 O O O O •flj m o " O cJJ o o o o 14 0 o OJ — o . •* . o — CO O O TT CO OJ i n o CM o o CO o

°

07 1 o o CO CM CM CVj o o CO CM o o O) * -r*. CO o o O O CD h -o -o CM i n CO oooo OOO r - CM CO OOO OOO o i^ o o 11 0 CO CO o o O O u i CO o o O O o o o o o o CJGJI^ 1- O Oo oooo CMCC O O o o

(22)

76 JACQUES DEFOURNY 'ffl trav i tio n d u

2

3 m su i d'activ i CO fc-3 secte i nd s ! 0) 2 « •o o).o > <D 2 = X A A 3 3 * - CO t ' - D CO *5 o * ; 3-(D S •§B£

- - 5

1^

5 Oi Q.1-| 0 > U O CO m) ^ 4 < c CD « ° " £ riiin-q-cointo. , . . _ I o ^ ^ ^ i ^ ^ ^ ^ d r ^ r ^ rt^cpinoicooj^o » - ^ ' - i n o h - !

5 -^y-ioeof^-^Oit^^ ojoJOcorycyr^tccN^ —coocvwococoa>

— I g ^inincDccor^-^rifj ftjc\jcococr)^coojc>u ^ T- ••- ^ i-oo

S-g cn ,ddddd-^ddd ddddddddd ddddddddd <U I Li d -" I R * - O C 0 T ~ I — • — i n i f j CVlC\J*-C\;C\j*— ••— ddddddddddddddddddddddddddd • > ! ^ ' - ' - • - o i o j i ^ c q o i o i cDininaqoi'-OT^o cOQOOicoco ininc*5c^co^oir^r*-j d o - ^ oi CO T-; o o CO oi 00 d d oi o - ^ ^ ib in r^ d d cd oi si od

m o (D r^ o> « v a> c j co r^ CM CO i - t n W »-O>m CD OJ oocj e o P D O ) o c o r i n o m i D « ^ r o o

•5.= ^ . S ddddddddo odddooddd dddddoddd

3'5, ^ I c q q c j m n c j c v i c o c o ^ - r * N " r * N T ^ ' : ' :— o i c o t c dd ddddddddd ^ 3 • CC • O ) -TO i . ^ . 0) Q O ) Cl; O>

(23)

ANALYSE FINANCIERE COMPAREE 77 TO42, TO ' m ' 3> C CO .2--D •<U 3 c S 3 O C 0)

5"

k CO TO • U J

Hi

3 ri S w o •

-3 a I

S cu .~ P O C TO • £ 0) TO O) o o (A > Ana l EAU: , io d (pe r

1

'enta b CQ J5 a; •^ - i (£ 3t d'oX f o o o o -; 1. im m a: "S: - O E . CO CJ CO 3 C/J O 5 a: O O CO <u C J CO ne e •< 3: de I/: a ; o -=: Ta OJ CO CO i n o o CO CO CD COm t^ i n CD CO OJ CO CM CM O O i ^ 1 <1>i nc\. o i O CO o o o " • ' cn ccCO CD O ^i n CO CM r». i n CK OJ Ol o in ^ J l 3 TT r^ CVi o CO =n ^ cc 1-cc OJ ci in in CO CM o o o ^ CO CO TT oooo O .'^ C^ CO cc CO i n CO o OJ o c\. O O O O C CM CC a SI .CO O. I — I — C\. CO o '^• 30 tv.-O l CO o ^ •* o o oooo CO i n CD r^ m OJ cv. m m i n i n JO i n CD CJ O »- Cvi CO ; o m CD r^ o o ; Tt- xa m m t ^ CO i n CO CO CD O CO CMCMCMCVJCMCXCMCMOq O o o o m o o cn c o o o ^ CM i n m immiocor^ to OiQi^ - Vj O . to ''y tz in w l . _ CD i C o o o o o CVi CO o T CM O O oooo CO t ^ cc Oi OS OJ ' T CJ O ^ - CO I T O CO CO CJ CO T m CD CC ' ^ CO CO [ ^ T i n CO OJ CO o • ^ CD OJ o i n ^ ^ ^ J ) CO CO i n i n m J : (D CO r^ CM ' -i n CO CD t o COCOCOCDCOCMCOCDCO ^ C J J O ' - ' ^ — CMOCO CMCMCOCOCV.= C0C0C0C\i o o o o o o o r^ t"^ c\j ^3 ^ Ol ^ o O l CO CO " ^ -n- ^ o o r- cc ' - in C M ' - ' - ' CMCVICOCM o o o o o o o Q CM CO ^ CD CM CO t o — i f i O O CM 1 ^ . n CO CO r^ '*~ f^ CD CO ' - i n i n o j ^ m CD m OJ 01 CO CM O •^ - ^ TT J^ CD CO O n" in ci o ^ o ^-^ OJ CO O i n N . CD CM CM CM CO CM CM CM o o o o o o o O O • ^ CO • ^ CO CD N- CO i n CO o CO CM o o IT. O l ' - CM r^ [ ^ O T c\. r--cc i n ^ CM OJ CO CM CVi o o o — C V i C M ' - ' - C M C M C O C O C M o o o o o o o •r- cv* CO - ^ m cc r--« •— (C CD o " ^ ao cu Q-ra o o cn Ui tocM'-OJinccoJco<-OJCV.mOCMCDCDCJCO -^inincDcococDcoco ^ O J I ^ O ^ ' — C O C ^ C D T - r ^ O ' - C M O i ' — m c o ^ c^ CO CO ^ ^ CD in ^ c j o i ' « — ^ i n ' ^ c s . c O ' — T^ h^ ^ OJ in T* OJ ^ cD C\.C\.COCMCMCOCMCV;CVJ OOOOOOOOO r^cocjjcoini-ciocv: QOJCOCOi-CDOCMaO com^CM^-'-'-coi-ooooooooo CMt^CDCviCOCM'^'-CM CMCMTpCM'^tOCD'^CO mjijicDinj^ininj? CV.COXCO'-CVICOCDCM OCMOCV.'-COCV.TTCO ^ ^ n ^ i n ^ ' ^ ^ c o c o cMf-QoocDr^cjio.n CViCMCOCOCMCMCMCMCM O O O O O O O O O o c o c o O ' j i i n o j ' -cocoin^T- — O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O O'—'-O •^-cvico•^m^o^^coci al g "5 5 <jj ^ OJ OJOJ a cc

(24)

78 JACQUES DEFOURNY

REFERENCES

A'j-oNi A. (1980), La cooperation ouvriere de production. Confederation Generale des SCOP. Pa-is.

BONHOMIE" J-L. (1975). -La c-'ise de la cemocat^e dans les cooperatives-, memoire. Paris.

Bs.ivE M-F. (1980). - La Verrerie ouvriere d'AIbi 1835-1931 -. these cie doctorat. Toulouse. ChATA GMER A., LEF ^ E ^ ' - M.-F. . FABIAN M . (1984), Portraits de SCOP: pratiques

coopera-tives et innovations sociales. Ed. Syros. Paris.

Ccr,FECER.ATC\ GENERALE DES SCGF (1981). Annuaire de ia cooperation ouvnere de pro-duction._ Paris.

DEFQURNY J . (1983). Le renouveau des cooperatives de travaiHeurs: une analyse econo-mique. Essays in Work and Social Change. Vol. " 1 . European Centre *or Work and Society, Maastricht.

DEFGURW J., ESTRN S. . JcNES D.C. (1985)« The effects of worners' participation on enter-prise performance: empirical evidence from French cooperatives-. Internationa! Journal of Industrial Organisation. No. 3. 197-217.

DEMQUST.EP D. (1979). - Les cooperatives ouvrieres de production en France: pratiaue economique, pratique educative», these de doctorat, Universite de Grenoble. DEMOUST.E^ D. (1984). Les cooperatives de production. EG. La Decouverte. Paris. Fcu'^ELET M. (1981). " Les cooperatives de production en France: une approche

organi-sationneUe-, these de doctorat, Univ. de Paris I. Paris.

G A J - ER J . (1983), " Les cooperatives de production et les capitaux propres «. Revue des Etudes cooperatives. n'=" 10. pp. 38-45.

INSEE (1970), -Comptes et ratios pour I'analyse financie-'e oes entrep^ises-. Economie et statistique.. n" 11, 43-52.

LANCELOT H . et SchLucK T. (1976). • £tude statistique des societes cooperatives ouvrieres de production", tomes i ei 2. memoi''e, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Paris.

LAURENT G . (1975). -Le financement des societes cooperatives ouvrieres de produc-tion », memoire, Paris.

LAVJ-LE J-L. et MAHIOU I. (1984), -Interactions economiques et sociales aans les coope-ratives de production", CICRA, Paris.

LECARPENT.ER S. (1980), Manuest: a la recherche de I'autogestion. Ea. Entente, Paris. L NriART D. (1975), « Le vecu du travail dans les cooperatives ouvrieres de production •>.

Rapport relatif a une Convention avec le Ministere du Travail. Paris.

OcKBHE H. et VAN WVMEERSCH (1985). Traite d'analyse financiere. Presses Universitaires de Namur, Namur.

SiE!-LE H. (1982). - Les cooperatives de production en France et dans la C E E.». Notes et etudes documentaires rf' 4690-4691, La Documentation francaise. Paris.

(25)

Références

Documents relatifs

Le tableau 2 représente les données des entreprises opérant sur le secteur agroalimentaire comme : la valeur de marché VM, la valeur comptable VC, la valeur du

Evolutions 1988-2008 (hors inflation) Sources : Euronext, calculs Jean Gadrey. Inégalités

Ces charges ne sont pas liées à l'activité courante de l'entreprise, elles n'ont pas de caractère cyclique mais constituent des accidents dans la vie de l'unité commerciale.. Il

Depuis la campagne 2013, j’ai décidé d’introduire une méthode prophylactique très importante pour réduire la pression botrytis et oïdium : l’effeuillage précoce. A cet

Pour que cette opération de vente soit prise en compte par le système d'information comptable de l'entreprise, il est nécessaire de l'enregistrer dans son journal. du client X

L’objectif visé par notre travail est de développer un bioéthanol à partir des dérivés de deux variétés de dattes communes (Aghmou et Tinaceur) en utilisant comme procédé la

Avec Achats revendus de marchandises = Achats de marchandises +/- variation de stock de M/ses La marge brute est le solde fondamental pour les entreprises de négoce.. C'est-à-dire

Le blé a été créé par une lente sélection de certaines graminées ; il est si peu &#34;naturel&#34; que si nous le livrons à la concurrence des vraies plantes naturelles, il