La redondance dans les spectres d’activité de TIL-6 et de TIL-11 suggérait que ces cytokines
puissent partager un élément commun dans leur récepteur. Cette hypothèse a été confirmée
par la démonstration de l’utilisation de la gpl30 par l’EL-11^*’^^. Cette sous-unité est
impliquée dans la transduction du signal de toutes les cytokines de type IL-6. On distingue
donc, dans le récepteur de l’IL-ll, une sous-imité a responsable de la spécificité (IL-llRa)
et une sous-unité P responsable de la transduction du signal (gpl30) (fig. 2B).
Neuhaus et coll.^” ont décrit le clonage du récepteur d’un facteur murin exprimé durant
l’embryogenèse, dénommé Etl 2 (pour « Enhancer Trap Locus 2 ») apparenté aux récepteurs
hématopoïétiques de classe I et dont la similitude protéique était de 30 et 32 %
respectivement, pour le récepteur de l’lL-6 et du CNTF. Cette équipe a d’autre part mis en
évidence une régulation temporelle de l’expression de Etl-2. Détectée à partir du neuvième
jour après fécondation, au niveau des cellules mésenchymateuses, ainsi qu’au niveau du
système nerveux, cette expression s’étend au mésenchyme cranio-facial et aux cellules
mésenchymateuses autour du cartilage en développement, à partir du douzième jour. Ame
stades tardifs du développement embryonnaire, cette expression est abondante au niveau de la
papille dentaire, du derme, des follicules pileux ainsi qu’au niveau du périoste et du
périchondre, c’est-à-dire dans les régions riches en progéniteurs ostéoblastiques et
chondroblastiques.
Par criblage d’une banque de cDNA avec des oligonucléotides correspondant au motif
WSXWS conservé parmi les récepteurs hématopoiétiques. Hilton et coll,^^ clonèrent un
récepteur, NRl. La séquence de ce récepteur s’avéra identique à celle de Etl 2 . Par co
expression de ce récepteur et de la gpl30, cette équipe a démontré l’identité entre fi.-l IR et
NRL
Le messager codant pour l’IL-1 IR a été détecté dans tous les tissus testés : cerveau, glandes
salivaires, thymus, coeur, estomac, foie, rate, oesophage, intestin, glandes surrénales, reins,
vessie, utérus, ovaires, testicules (cellules de Leydig et cellules de Sertoli), muscle
squelettique et moelle osseuse^^’^^.
Au niveau génomique, Robb et coll.^’ ont ensuite mis en évidence, chez la souris, l’existence
de deux loci correspondant au récepteur de l’IL-11 chez la souris. Le locus 1, correspond au
locus de l’ADNc isolé par Hilton et coll.^^, couvre 9 kilobases et comporte 14 exons dont les
premiers (appelés la et Ib) correspondent à la région 5’ non traduite du RNA messager et
sont sujets à un épissage alternatif Le second locus, corresp)ondant au locus identifié par
Neuhaus et coll.^°, ne comprend pas les exons la et Ib et contient 14 mutations dont 11 sont
conservatives. Selon Bilinski et coll.^"^, ces deux locus codent pour des récepteurs exprimés et
1 hIL-llR 6PPGVQY6QPGRSVK lÆCFOV:AGDFVSW7 RD6 LLQGPD8GL 6HBI.VIAQA08TDBG 90 2 mlL-llR NIMWMH^AV ATALVSÜsPCPQAW GPP6VQYGQPGRPVM LCCP6V AG PVSWF ROGD i UiQaPDSGL GHRLVLAQVDSPDBG 90
Séquence signal Domaine Ig-Like (Dl)
1 hIL-llR TÏICQTLDGALGGTV TLQLGYPPARPWSC QA DYBMFSCTWSP Q SGSUPTRYLT8TRK KT : GADSQR SP8T GPWPCPQDPt A. RC 180 2 mlL-llR TTVCQTLDGVSGGMV TLKLGFPPARPEVSC QA DTBNFSCTHSP Q SGLPTRTI.TSYRK KT . GA Sfflt SPST GFWFCPQDPL: A RC 180
Domaine 2 (ou domaine 1 du CHR)
1 hIL-llR WBGABPIfSCyRINV TBVNPLGAST LLDV SLQSILRSI|QGIA VBSVPGYPRRI. ASM TYPASM: QPBPLLK FRLQYRPAQHPAWST 270 2 mlL-llR WBGABFWS YRINV TBVNPLGAST LLDV PXQSILrBHqGI>R VBSVPGYPRRL ASW TTPASW QPHFLUC PRLQ7RPAQHPAM8T 270
Domaine 3 (ou domaine 2 du CHR)
1 hIL-llR VBP 6LEBVITDAVA GLPHAVRVSARDFLD AGTWj||pPKAWGTP STGTIPKEIPAHGQL H—TQPEVBPQVDSP APPRPSLQPHPRLLD 358 2 mlL-llR VBPIGLBBVITDAVA GLPHAVRVSARDFLD AGT^IiHPBAWGTP STGPLQDEIPDWSQG HGQQLEAWAQEDSP APARPSLQPDPRPLD 360 1 hIL-llR HRDSVBQWIVLASLG ILSFLGLV|flALALG LWLRLRRGGKDGSPK PGFLASVIPVDRRPG APNL--- 422
2 mlL-llR HRDPLBQWkVLASLG IFSCLGLA18ALALG LWLRLRRSGKDGPQK PGLLAPMIPVEKLPG IPNLQRTPBNFS 432 Domaine transmembremaire
Figure 7 : Alignement des séquences de l’IL-llR humain et murin (similitude de 82 %). Les acides aminé
différents sont indiqués en rouge. Les différents domaines ont été mis en évidence ainsi que les motifs PDPP, charnière entre les
domaines D2 et D3 et WSXWS, caractéristique des récepteurs hématopoïétiques de classe I.
3 hIL-6R ---I8IAPRRCPAQE VARGVLTSLPGD8VT LTCPOVBPKDHATVH WVLRKFAA6SHP8RW AGHGRRLLLRSVQLH 72 seq. signal Domaine Ig-Like (Dl)
1 hIt-llR DBGTYICQTLDGALG -GTVTLQLGYPPARF WSCQAAOYEN-FSC TWSPSQISGLPTRYI. TSYRKKTVL6ADSQR RSPSTGPWFCPQDFL 175 2 hCNTFR HSGtYACFHRDSWHL RHQVLLHVGLPPREP VLSCR8HTYPKGFYC SWH---LPTPTY IPNTFHVTViaG--- SXZMVCBXDPA 159 3 hIL-6R DSCMTSCYRAGRPAG —TVHLLVDVPPEEP QLSCFRKSPLSNWC EWGPRSTPSLTTKAV LLVRXQNSPABD--- F-QEPCQY8QE 152
Domaine 2 (ou domaine 1 du CHR)
I____________________________________________________
1 hIL-llR GAARCWHGABFWS--- QYRINVTEVNPI.6- ASTRLI.DVSI.QSXLR IQ>MQ6LRVESVPGY PRRLRASWTYPASWP CQPHFLLKFRLQYRP 262 2 hCNTFR LKNRCHIRYMBLFST HCYXVSISVSNALG- HNATAITFDBFTIVK |p>^NWARPVPSN PRRLEVTWQTP8THP DPBSFPLKFFLRYRP 248 3 hIL-6R SQKFSCQIAVPBGDS SFTIVSMCVASSVG8 KPSKTQTFQGCGILQ iTOlt-ANTVTAVARK PRHLSVTHQDPBSWN -SSFYRUtFBLRYRA 240
Domaine 3 (ou domaine 2 du CHR)
CHR
1 hIL-llR AQBPAMSTVEPA6— LBBVITDAVAGLPBA VRVSAR0FL0A6Tfl|P|||PEAHGTPSTGTI PKEIPAWGQLBTQPE VEPQVDSPAPPRPSL 350 2 hCNTFR LILDQWQHVELSD6- TAHTITDAYAGKETZ IQVAAKDNB-ZGT^^^WAABATPWT-EE PRHLTTEAQAAETTT STTSSLAPPPTTKIC 335 3 hII.-6R ERSKTFTTMMVKDLQ BHCVIHDAWS6LRHV VQLRAOEBFGQCTBBBpBAMGTPWT---ESRSPPAENEVS 309
J
1 hIL-llR QPHPRLLDHRDSVEQ PAVLASLGILSFIÆL VMALALGLWLRLRR GGKDGSPKPGFLASV IPVDRRPGAPNL 422 2 hCNTFR DPGELGSGGGPSAPF tVSVPITLALAAAAA TASSLLI--- 372 3 hIL-6R TPMQALTTNKD--- DDNILFRDSAN ATSLPVQD--- 339
seq transmembranaire
Figure 8 : Alignement structurel des séquences des récepteurs humain de l’H^ll, du CNTF et de FIL-6
(IL-1IR/CNTFR : similitude de 32 % ; IL-11R/IL-6R : similitude de 30 %). Les différents domaines ont été mis en
évidence ainsi que les motifs PDPP, charnière entre les domaines D2 et D3 et WSXWS, caractéristiques des récepteurs
hématopoïétiques de classe I.
Figure 9 : Représentation schématique des modèle de complexes de transduction proposés pour l'IL-6 et l'IL-ll. A : modèle de complexe actif,
hexamérique de Simpson (1997) et Barton et al. (2000), B ; modèle de complexe de transduction tetramérique actif et hexamérique inactif ( Grôtzinger, 1999). Il-x : IL-6 ou IL-11.
fonctionnels dont la distribution tissulaire diffère. La protéine correspondant au locus 1 est
absente du muscle squelettique alors que la protéine correspondant au locus 2 y est exprimée.
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