est alors la convolution de la r´eponse du d´etecteur (simulations pr´ec´edentes,P
d´et(x, y)) par
la la r´eponse lentille (ρ(x, y)) :P
conv(x
0, y
0) =RR
P
d´et(x−x
0, y−y
0)ρ(x, y)dxdy. D’apr`es les
r´esultats de simulation du §2.3.4 page 91, pour des d´epointages “raisonnables” (inf´erieurs
diffract´ee (voir les figures 2.41 page 96). Les figures 3.13(b) page 127 et 3.14(b) page
pr´ec´edente montrent le r´esultat de cette convolution en prenant comme r´eponse de la
lentille, la distribution spatiale correspondant `a 30 secondes d’arc de d´epointage. Ces
graphiques repr´esentent donc la probabilit´e de d´etection dans une configuration donn´ee
en fonction de la position de la tache focale sur le d´etecteur.
Concernant les ´ev`enements simples (fig. 3.13(b)), lorsque la lentille est parfaitement
centr´ee sur le d´etecteur, la tache focale correspond quasiment `a la taille du d´etecteur , avec
une efficacit´e maximale d’environ 60%. Le signal tend n´eanmoins `a s’att´enuer fortement
avec la distance, la probabilit´e de d´etection n’´etant plus que d’environ 30% `a 7 mm du
centre. Remarquons aussi que de par la sym´etrie de r´evolution de la r´eponse de la lentille,
les contours d’iso-efficacit´e du d´etecteur “convolu´e” s’ajustent mieux `a un cercle qu’`a un
carr´e (g´eom´etrie “physique” du d´etecteur). Ces consid´erations nous seront tr`es utiles lors
de l’analyse des donn´ees du vol.
En consid´erant uniquement la distribution spatiale de l’efficacit´e des ´ev`enements doubles,
leur tr`es bonne localisation (1 `a 2 mm) en bordure de d´etecteurs pouvait laisser penser `a
une utilisation possible pour l’analyse. En effet, le bruit de fond des ´ev`enements doubles
est tr`es bas et une efficacit´e d’environ 6% dans une r´egion peut ˆetre suffisante pour une
d´etection (`a condition bien sˆur que le temps d’exposition soit suffisant dans cette r´egion).
N´eanmoins, apr`es convolution, l’efficacit´e de d´etection est largement plus basse et ´etendue
dans une vaste r´egion (voir fig.3.14(b)). Mˆeme avec des niveaux de bruit bien plus bas,
ces efficacit´es doubles sont trop faibles pour am´eliorer une ´eventuelle d´etection par les
´ev`enements simples.
3.3.2 Le blindage
Le flux gamma “ambiant” est principalement dˆu aux interactions du rayonnement
cosmique (particules charg´ees) avec le mat´eriel environnant (air, sol, d´etecteur lui-mˆeme,
etc.). Le niveau de bruit de fond ainsi produit est g´en´eralement beaucoup plus important
que le signal astrophysique. Afin de r´eduire ce niveau dans le d´etecteur, il est n´ecessaire
de rejeter les photons ne provenant pas du champ de vue de l’instrument. Le moyen le
plus simple est ´evidemment de bloquer les photons “ind´esirables” (obstruction passive).
N´eanmoins, si cette protection est facile `a mettre en œuvre en optique, elle n´ecessite une
grande quantit´e de mat´eriaux denses pour stopper les rayons gamma, mat´eriaux qui sont
eux-mˆemes des sources de bruit de fond. Une solution consiste `a “d´etecter” le passage
des photons ne provenant pas du champ de vue, et `a rejeter les ´ev`enements enregistr´es en
co¨ıncidence. Dans les paragraphes suivants, nous allons exposer plus en d´etail ce probl`eme
du bruit de fond et pr´esenter les solutions de blindage passif/actif retenues pour les vols
CLAIRE.
3.3.2.1 Le probl`eme du bruit de fond
L’atmosph`ere ´etant opaque aux rayons gamma, il est n´ecessaire de placer les
instru-ments d’observation dans la stratosph`ere ou mˆeme dans l’espace. A ces altitudes, les
d´etecteurs (et le mat´eriel environnant) sont soumis `a des flux intenses de rayonnements
cosmiques. D`es lors, la d´etection de sources astrophysiques faibles dans des signaux
do-min´es par le bruit de fond n´ecessite une bonne compr´ehension de ce dernier. L’´etude fine
du bruit de fond des d´etecteurs constitue encore une part essentielle de la recherche en
astrophysique des rayonnements gamma. La mise ne place d’un blindage entourant les
d´etecteurs permet de bloquer les photons ne provenant pas du champ de vue. Ce blindage
est d’autant plus efficace vis-`a-vis des rayonnements “ext´erieurs” que son ´epaisseur est
im-portante, mais dans le mˆeme temps, l’augmentation de l’´epaisseur de blindage augmente
la part de bruit produit localement.
Les particules primaires irradiant l’ensemble du satellite sont les photons et les
parti-cules charg´ees du rayonnement cosmique. Leurs contributions produisent la superposition
d’un spectre continu et d’un spectre de raies. Ces spectres peuvent ˆetre d´ecrits par les
composantes suivantes ([Gehrels, 1992], [Jean, 1996, p. 36]) :
Fig.3.15: Interactions responsables du bruit de fond continu. Adapt´e d’apr`es Jean [1996,
p. 38].
Continuum
Les paragraphes suivants pr´esentent les principales sources de bruit de fond continu.
Les num´eros entre parenth`eses se rapportent `a ceux de la figure 3.15.
Flux de champ de vue (1) Cette composante du bruit de fond est due aux photons
passant par l’ouverture de l’instrument et absorb´es par les d´etecteurs. Pour les
instru-ments spatiaux (hors pointage Terre), son origine est le diffus gamma cosmique ainsi que
les rayons diffus´es par l’atmosph`ere. En vol ballon, la contribution cosmique est
modu-l´ee par l’´epaisseur d’air sur la ligne de vis´ee et d´epend donc de l’´el´evation du t´elescope
(contribution maximale au z´enith). De mˆeme, la contribution atmosph´erique est d’autant
plus forte que l’´epaisseur d’air est importante, c.`a.d une ´el´evation faible.
Diffusion ´elastique des neutrons (2) Des neutrons secondaires sont g´en´er´es par les
r´eactions nucl´eaires induites par les protons du rayonnement cosmique dans les diff´erents
mat´eriaux environnant. Ces neutrons peuvent traverser le blindage et c´eder une partie de
leur ´energie `a un noyau de Ge par collision ´elastique (recul du noyau).
Fuites du blindage (3,4,5) Le blindage (qu’il soit actif ou passif) n’est pas
totale-ment opaque aux photons gamma qui peuvent parfois le traverser sans ˆetre stopp´es et/ou
d´etect´es, et d´eposer tout ou partie de leur ´energie dans les d´etecteurs. Ces photons sont
produits essentiellement par le diffus cosmique et les protons interagissant avec
l’instru-ment, la plate-forme, l’atmosph`ere, . . .
D´ecroissances radioactives (β) (6,7) L’activation des noyaux de Ge par les protons
Dans le document
CLAIRE: Premières Lumières d'une Lentille Gamma
(Page 149-152)