romaine [cat. n°9&] fait également preuve d'une finesse et d'une précision remarquable
dans son traitement. Le trépan est très peu employé, essentiellement pour séparer les
grosse boucles du front. Elle doit donc bien sortir du même atelier.
La tête de série du type 6 (" Imperatori 32") [cat. n°102] présente la même finesse
d'exécution que notre "Leitstück" [cat. n°107]. Comme sur toutes les répliques du type
Imperatori 32, le trépan est pratiquement absent.
Un des meilleurs exemplaires du type Busti (le septième et dernier), le buste de la
Glyptothèque de Copenhague [cat. n°30], appartient sans conteste à la série A. Seul
l'arrière montre le détail des mèches et la souplesse d'exécution propres à cet atelier; le
reste de l'œuvre ayant subi un nettoyage excessif. Fort tardif, ce portrait présente
évidemment des canaux de trépan, mais ils n'ont pas le côté acéré de ceux du "Leitstück"
[cat. n°l 18 (Busti 283)], et c'est certainement l'exemplaire de ce type qui en a le moins.
Le sculpteur avait un goût certain pour la plasticité, ce dont nous assurent le modelé subtil
de la carnation, de même que le relief des mèches, au moyen du seul ciseau, à l'arrière.
Atelier B
1. Houghton Hall (n°48) 1/2. Foligno, Museo Civico (n°43) 2. Musei Vaticani,
Galleria Chiaramonti 392 III.8, Inv. n°1230 (n°113); Rome, Villa Albani, Porticus 82
(n°128) 6. Rome, Museo Torlonia, Inv. 545 (n°110); (?) Vaison-la-Romaine, Musée
Municipal (n°144) 7. Naples, Museo Archeologico Nazionale 6069 (n°68); Chicago, Art
Institute, Inv. 1979.350 (n°29).
La pièce de référence de l'atelier B est la tête de Houghton Hall [cat. n°48]. Ses
caractéristiques techniques recoupent partiellement celles de l'atelier A : une grande
finesse d'exécution poussant le goût du détail jusqu'à dessiner chaque cheveu et chaque
poil et des coups de ciseau plus profonds subdivisant certaines mèches et touffes.
Plusieurs particularités l'en dissocient cependant: un goût des jeux d'ombre et de lumière
dans la chevelure qui se marque par une plus grande division des mèches au ciseau et au
trépan, un emploi de cet outil de façon décorative, créant des motifs presque floraux avec
des canaux plus acérés, une grande plasticité et autonomie des mèches (particulièrement
visible sur les vues de profil et de dos) créant un effet de relief. Le modelé des chairs est
plus dur que sur les pièces de l'atelier précédent (les passages de plans sont plus nets).
Ce jeu sur la forme et ce goût du détail décoratif et du colorisme m'ont décidée à qualifier
cet atelier de "maniériste", par rapport au "classicisme" de l'atelier A.
La tête de Foligno [cat. n°43], "Klitterung" entre les premier et deuxième types,
présente un travail tout à fait similaire. La vue de profil montre bien l'autonomie prise par
les mèches ainsi que leur relief. La barbe est malheureusement presque complètement
effacée.
On retrouve le même traitement tourmenté des mèches sur l'oeuvre choisie par M. -
Wegner comme "Leitstück" du type 2 ("Chiaramonti 392") [cat. n°l 13]. Le goût du détail
décoratif est perceptible par exemple dans les toutes petites boucles en haut des favoris
ainsi que dans le traitement de la courte mèche montant au-dessus de l'oreille gauche.
L'arrière de cette tête rappelle incontestablement celle de l'œuvre précédente. Une statue
de la Villa Albani porte un portrait du même type [cat. n° 128] très restauré, mais de
qualité originellement élevée. Les parties conservées montrent une facture similaire en
tous points à celle du portrait du Vatican, quoique suivant apparemment l'autre série de
répliques^^.
Le buste du Musée Torlonia [cat. n°l 10], du sixième type et très proche de celui
du Capitole (officine A), doit cependant provenir de l'atelier B, surtout au vu du
traitement du dos et du modelé du visage. Il témoigne de plus d'acuité et d'indépendance
des mèches (voir par exemple, de face, celles surmontant la tempe droite). Celles de
l'arrière ont beaucoup de relief et sont subdivisées par des lignes d'ombre fort marquées;
ces particularités ne se retrouvent pas sur la tête du Capitole. Le même phénomène se
retrouve pour les touffes de la barbe, qui ont chacune une autonomie plus grande et un
relief plus prononcé. La tête de la statue de Vaison [cat. n°144] suit d'assez loin la
tradition de l'atelier B. Les cheveux sont très finement détaillés, les mèches animées de
coups de ciseau plus profonds et de quelques canaux de trépan. Les vues de profil et de
dos montrent une grande plasticité et acuité des mèches. Peut-être est-ce l'œuvre d'un
artiste itinérant formé dans l'atelier B.
La réplique du type Busti 283 de Naples [cat. n°68] présente un traitement très
détaillé et décoratif qui correspond bien à celui de notre tête de série. Le jeu des formes
est particulièrement exacerbé à l'arrière, mais chaque mèche de la frange fait l'objet d'une
recherche formelle poussée. Cette virtuosité proche du maniérisme est également celle
dont fait montre une très belle tête du Musée de Chicago [cat n°29].
Atelier C
1. Florence, Galleria degli Ufftzi 108, Inv. 1914.146 (n°41) 2. Londres, British
Muséum 1896 (n°59); New York, Collection White & Levy (n°74); Rome, Musei
Vaticani, Magazzino delle Corazze, Inv. 4077 (n°l 15) 3. Stuttgart, Württembergisches
Landesmuseum, Arch. 7412 (n°134); 5. Rome, Musei Vaticani, Braccio Nuovo 74, Inv.
2247 (n°112); Blenheim Palace, GreatHall (n°18) 7. Erbach, Schlofi20 (n°37); Rome,
Musei Vaticani, Sala dei Busti 133, Inv. 724 (n°118).
Notre "Leitstück" est un buste, conservé au British Muséum [cat. n°59], qui fut découvert
vers le milieu du XVIIIe siècle dans la villa d'Hadrien à Tibur. On ne retrouve plus cette
prééminence du détail de chaque cheveu, comme dans les ateliers précédentsL'outil
favorisé n'est plus le ciseau, mais le trépan. Il sépare nettement les mèches de la frange et
les refend par des canaux assez visibles que l'on retrouve assez distinctement sur la
calotte. Des puntelli se remarquent çà et là. La lisière des cheveux est également
déchiquetée, probablement au ciseau. Notons la façon dont la moustache retombe assez
haut sur la lèvre supérieure. La barbe, un peu plate, est malheureusement très usée. La
tête et le buste ont été sculptés avec virtuosité*®^. Le fait de détailler chaque cheveu n'est
pas un critère univoque de qualité, je tiens à le préciser d'emblée.
Le même travail se retrouve sur une œuvre jumelle, le buste fragmentaire de New
York [cat. n°74], provenant également de la Villa Hadriana. Il a beaucoup souffert et son
état d'usure le désavantage à première vue. Les profils et l'arrière montrent cependant à
quel point il est précis -et identique au précédent, dans son modèle comme dans sa
facture. Une troisième réplique du type Chiaramonti, dont seule subsiste la partie
supérieure droite du visage avec quelques mèches, le n°115 (Vatican, rés. 4077),
appartient manifestement à la même série. L'usure de la chevelure met bien en valeur les
canaux de trépan. On remarque deux petites mèches en forme de virgules au-dessus de
l'angle externe de l'œil. Elles se rencontrent également et uniquement sur les deux copies
précédentes. Un motif comparable mais différent se retrouve sur deux autres répliques.
Un buste du Musée des Offices [cat. n°41] appartenant au type précédent se
rattache également à notre officine C. Notons que c'est la seule copie romaine du type
Stazione Termini que Kl. Fittschen n'a pas intégrée dans le grand atelier dans lequel il a
mis toute une série d'œuvres dont le seul lien entre elles est leur excellente qualité:
"Dagegen ist die Replik in Florenz zu trennen: die Riefelung der Haaroberflàche fehlt, die
einzelnen Locken sind durch tiefere Rillen voneinander getrennt"*®^. Cette pièce présente
en effet un emploi du trépan plus évolué que les autres*®^.
La très belle petite tête de type 3 conservée à Stuttgart [cat. n°134] fait également
faire partie de cette série. L'artiste n'a pas détaillé les cheveux, mais a préféré créer des
mèches très plastiques agrémentées de coups de trépan. Le modelé est particulièrement
réussi. Le dos évoque un peu celui de la pièce de la Sala dei Busti du Vatican; le travail
des masses capillaires se rapproche assez de celui de l'œuvre suivante.
10® Ls ont été détaillés, mais de façon plus superficielle, ce qui explique leur effacement
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