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CHAPITRE 2 : LA SCLÉROSE EN PLAQUES

2.7 Étiologie

2.7.1 Les facteurs génétiques

maladie multifactorielle c.-à-d. plusieurs facteurs vont concourir au développement de la maladie. Ces facteurs sont d’une part, des facteurs génétiques propres à chaque individu, d’autre part des facteurs environnementaux et des facteurs infectieux notamment les virus aboutissant ensemble à une maladie auto-immune [30].

2.7.1 Les facteurs génétiques

La SEP est plus fréquente deux à trois fois chez les femmes que chez les hommes et elle est également plus fréquente chez les blancs que chez les autres groupes raciaux [30]. Des études sur la famille et les jumeaux ont démontrés que la SEP présente un risque familial plus élevé chez les parents du premier ou du deuxième degré que chez les individus non apparentés et indiquent des taux de concordance plus élevés chez les jumeaux monozygotes (25-30%) que chez les jumeaux dizygotes (2-5%) atteints de SEP tandis que le taux de concordance chez les frères et sœurs non jumeaux est de 3,5 % [31]. Dans l’ensemble, Ces faits indiquent une prédisposition génétique à la SEP et non pas une maladie héréditaire (Figure 8).

Figure 8 : Risque de développer la SEP suivant le degré de parenté avec un individu atteint [32]

D’autres preuves d'une base génétique pour la susceptibilité à la SEP ont été obtenues en étudiant l'association entre SEP et le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) [31]. Le gène HLA est localisé sur le bras court du chromosome 6 et code pour une glycoprotéine qui assure une fonction de présentation de l’antigène et d’histocompatibilité, cela permet au système immunitaire de connaitre le soi et le non–soi. Le HLA est subdivisé en 3 régions: HLA-I, HLA-II et HLA-III. HLA-I

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comprend 3 gènes: HLA-A, HLA-B et HLA-C. Alors que HLA-II comprend 3 paires de gènes: HLA-DP (gène DPA et DPB), HLA-DQ (DQA et DQB) et HLA-DR (DRA et DRB1). Quant au HLA-III ne renferme pas de gènes associés à la maladie [31], elle contient des gènes codant pour des protéines du système du complément (C2, C4, facteur B), pour le facteur de nécrose tumoral (TNF) et pour les lymphotoxines (Figure 9).

Figure 9 : Cartographie génétique du CMH : Le locus HLA sur le chromosome 6 [33]

Les patients porteurs de l’haplotype HLA-DW2 sont plus fréquemment atteints de la SEP que les sujets témoins [34]. Au fil du temps, le progrès technologique a permis de détecter le gène HLA-DRB1*15:01 [35], le gène HLA-DR4 qui se trouve chez les patients qui vivent surtout dans le pourtour méditerranéen [36]. Bien que l'haplo type HLA-DRB1*15:01 exerce l'effet génétique le plus fort dans la SEP, l'association n'est pas directe [37]. Par exemple, HLA-DRB1*08 n'augmente que modérément le risque de SEP, mais en combinaison avec HLA-DRB1*15:01, le risque se double [37]. D'autre part, HLA-DRB1*14 a un effet protecteur, il supprime complètement le risque accru de HLA-DRB1*15:01 [37]. Bien que la SEP ne soit pas comorbide avec d'autres maladies auto-immunes, environ 22% des locus associés à la maladie sont également associés à d'autres maladies auto-immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et les maladies auto-immunes de la thyroïde [38]. En revanche, l'allèle de risque HLA qui est le plus important (DRB1*15:01) n'est pas associé avec d'autres maladies immunes communes. Par conséquent, l'allèle HLA-DRB1*15:01 pourrait conduire à une auto-immunité spécifique au SNC. Des études ont trouvé qu’il y a une association entre l’âge de début de

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la maladie et l’allèle DRB1*15:01 , donc celui qui porte ce gène, il a un risque de débuter la maladie plus précocement de 10 mois [39]. L’allèle HLA-DRB1*15:01 augmente la sévérité de la SEP en augmentant le nombre de lésions conduisant à une diminution du volume cérébral et des performances cognitives [40] (Figure 10).

Figure 10: Locus 6p21–6p23 et SEP. Le gène HLA-DRB1*1501 est le gène qui représente la plus importante susceptibilité

de la SEP [41].

En plus de la région HLA-DRB1, des études ont obtenu HLA-DQA1 et HLA-DQB1 comme des locus de risque [42]. D’autres locus de risque indépendants dans la région HLA de classe I ont été récemment confirmé tel que le HLA-A*02 qui favorise un effet protecteur à son porteur avec un odds ratio 0,73 [43]. L’allèle HLA-B44 provoquerait une évolution moins sévère en préservant le volume cérébral et en réduisant les lésions dans le cerveau [44].

Après les études menées sur les gènes du système HLA, les chercheurs ont identifié des gènes non liés au locus HLA qui sont impliqués dans la SEP. Alors, ils ont étudié le génome de nombreux sujets atteints de SEP et des sujets sans maladie grâce à la nouvelle technique du génome en association GWAS (genome wide association studies) [45]. Cette étude examine les polymorphismes mononucléotidiques ou SNP (single nucléotide polymorphisme) à travers le génome et vise à comparer les variantes génétiques communs dans un grand nombre de cas affectés à ceux des témoins non affectés afin de déterminer s'il existe une association avec la maladie [45]. Chaque étude peut regarder des centaines ou des milliers de SNP en même temps et a pu détecter des gènes de faible implication dans la SEP. Plus particulièrement, les résultats du GWAS impliquent des gènes

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associés à la SEP codant pour des voies de cytokines (CXCR5, IL-2RA, IL-7RA, IL-7, IL-12RB1, IL-22RA2, IL-12A, IL-12B, IRF8, TNFRSF1A, TNFRSF14, TNFSF14) [46] et co-stimulateur (CD37, CD40, CD58, CD80, CD86, CLECL1) et des molécules de transduction du signal d'intérêt immunologique (CBLB, GPR65, MALT1, RGS1, STAT3, TAGAP, TYK2) [31]. Récemment, des études ont trouvé le gène VAV1 dont l’expression joue un rôle dans le contrôl des maladies immunitaires du SNC et dans la production de cytokines pro-inflammatoires qui sont impliquées dans la pathogénèse de la SEP. Chez les patients atteints de SEP, l’expression de VAV1 est augmentée et corrélée avec l’expression du TNF-α et de l’interféron-γ (INF-γ) dans les cellules du sang périphérique et du liquide céphalo-rachidien (LCR) [47].