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La prise en soin des personnes victimes de violences sexuelles

La prise en soin des personnes victimes de violences sexuelles

33 le fait d’avoir flirté avec l’agresseur, d’avoir eu auparavant des relations sexuelles avec l’agresseur, ou encore d’accepter d’aller seule chez un inconnu. Cette représentation semble s’inscrire à la suite de la lente reconnaissance du viol conjugal : c’est en 2010 que la phrase « le viol et les autres agressions sexuelles sont constitués lorsqu'ils ont été imposés à la victime dans les circonstances prévues par la présente section, quelle que soit la nature des relations existant entre l'agresseur et sa victime, y compris s'ils sont unis par les liens du mariage » apparaît dans le Code Pénal, supprimant l’idée d’une présomption de consentement entre époux⸱ses. Certaines relations supposeraient le consentement de la personne victime, comme le fait d’être en couple ou d’avoir déjà eu des relations sexuelles consenties avec l’agresseur. La reconnaissance du fait que les personnes qui exercent la prostitution peuvent subir des violences sexuelles est également difficile : là aussi, on retrouve une présomption de consentement, du fait de l’activité professionnelle de la personne. La réaction de la victime est par ailleurs analysée, et sa réaction permet de qualifier ce qui serait un viol ou non : le fait de dire non une fois, ou plusieurs fois, le fait de se débattre et d’appeler à l’aide, de pleurer ou de crier. L’absence de défense physique de la victime, qui s’explique par la sidération, impliquerait que celle-ci serait consentante. Dans ce cas, il ne s’agit plus seulement de justifier l’agression mais de la nier, en supposant le consentement de la personne victime. Si l’on transpose tous ces critères pour juger s’il y a eu un viol ou agression sexuelle ou non à un autre délit comme un vol de portable, alors cela reviendrait à rendre responsable du vol la personne dont le téléphone a été volé si son attitude était « provocante » sans plus de précision, ou encore si cette personne connaissait l’auteur. Le préjudice qu’elle a subi et la responsabilité de l’auteur pourraient être minimisés si la personne n’a pas crié ou couru pour récupérer son téléphone. Il serait par ailleurs étrange de suspecter la personne dont le téléphone a été volé de désirer ce vol. Une autre croyance à propos du viol, c’est qu’il aurait lieu dans l’espace public (dans une petite rue, un parking, ou encore dans les transports en commun) et qu’il serait commis par un inconnu 75 . Cette étude sur les représentations autour du viol, mise en regard avec les études sur les violences sexuelles témoigne d’une méconnaissance de la réalité des violences sexuelles. Elle inscrit par ailleurs ces représentations sur le viol dans la continuité de représentations sexistes : 22% des hommes pensent que lors d’une relation sexuelle, les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées, et 20% que lorsque l’on essaye
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La prise en charge psychologique de fillettes victimes de violences sexuelles au Sud Kivu

La prise en charge psychologique de fillettes victimes de violences sexuelles au Sud Kivu

Participants. – Cinquante-sept fillettes de moins de 10 ans ayant subi des violences sexuelles dans trois villages différents autour de Bukavu et suivies par l’association EPA et la Fondation Panzi. Méthode. – Les trois échantillons d’enfants correspondant aux trois sites ont été testés afin de voir s’ils étaient comparables, une série de données concernant les fillettes a été recueillie afin de vérifier leur influence sur l’évolution de l’enfant et, finalement, un indice de fonctionnement global a été utilisé pour mesurer l’efficacité de la thérapie par le jeu.
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Pépite | En quoi la connaissance de la dissociation péritraumatique permet une amélioration de la prise en charge globale des victimes de violences sexuelles ?

Pépite | En quoi la connaissance de la dissociation péritraumatique permet une amélioration de la prise en charge globale des victimes de violences sexuelles ?

VANLAERE Marie RESUME La dissociation péritraumatique est un mécanisme neurobiologique mis en place lors d’événements traumatiques afin de protéger les victimes des conséquences délétères d’un stress intense et prolongé. Observée chez 60 à 80 % des victimes de violences sexuelles, elle est à haut risque de développement de troubles psychotraumatiques constitués, pouvant induire des coûts directs et indirects pour les victimes et altérer de façon durable leur qualité de vie. Les symptômes dissociatifs, s’ils ne sont pas connus et repérés, participent au renforcement des stéréotypes et des mythes autour du viol encore véhiculés dans la société actuelle, et entrainent incompréhension, culpabilisation et remise en question régulière du discours des victimes ce qui entrave la mise en place d’aides nécessaires.
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Troubles post-traumatiques chez des sujets ayant été victimes de violences sexuelles avant l'âge de 15 ans : aspects cliniques, thérapeutiques et médico-économiques

Troubles post-traumatiques chez des sujets ayant été victimes de violences sexuelles avant l'âge de 15 ans : aspects cliniques, thérapeutiques et médico-économiques

Avant leur majorité, jusqu’à 10% des femmes et 5% des hommes sont victimes de violences sexuelles. Le cadre juridique fourni les définitions consensuelles de ces actes. Les données épidémiologiques et de la littérature aident à caractériser les facteurs de risques, la psychopathologie et les comorbidités observés chez les victimes. Ainsi, majoritairement féminines, elles connaissent leur agresseur dans trois quart des cas ; eux, surtout masculin, ont pour la moitié moins de 20 ans. Les troubles rapportés, dont l’état de stress post traumatique, la dépression, les troubles de personnalité et les manifestations somatiques, doivent bénéficier de prises en charge spécifiques suivant plusieurs axes : psychothérapeutique (en première ligne les thérapies cognitivo-comportementales), médicamenteux, mais aussi social et juridique. Des études internationales se sont penchées sur les coûts au sens large de ces agressions. A notre échelle, nous cherchons à évaluer les dépenses directes de santé, chez des sujets ayant été victimes de violences sexuelles avant l’âge de 15 ans. Chez 15 sujets suivis en 2012 à l’hôpital Tenon de Paris, la consommation médicale totale annuelle calculée est dix fois supérieure à la moyenne nationale française, de manière significative et ce malgré notre petit échantillon. Les violences sexuelles sur mineurs, de part leur coût sociétal, financier, moral et psychique, devraient être une préoccupation de santé publique. En ces temps de réflexion budgétaire, des moyens pourraient être donnés aux formations médicales, juridiques et sociales, améliorant le travail de prévention, de repérage et de prise en charge des victimes mais aussi de leur entourage.
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L'effet de la musicothérapie sur l’évolution des symptômes anxieux, dépressifs et de stress post-traumatique chez des femmes victimes de violences sexuelles en République Démocratique du Congo.

L'effet de la musicothérapie sur l’évolution des symptômes anxieux, dépressifs et de stress post-traumatique chez des femmes victimes de violences sexuelles en République Démocratique du Congo.

du déroulement de la prise en charge par la musicothérapie, des aspects culturels, de la rencontre avec les participantes, etc.  Biais de passation probables car besoin de traducteur.  la majorité des participantes étant analphabètes ou ne parlant pas le

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Développement d'une échelle de satisfaction des victimes de violences sur leur prise en charge : étude pilote dans l'unité médico-judiciaire du CHU de Clermont-Ferrand

Développement d'une échelle de satisfaction des victimes de violences sur leur prise en charge : étude pilote dans l'unité médico-judiciaire du CHU de Clermont-Ferrand

Dans un second temps, la conception du questionnaire avait pu débuter. Elle avait été réalisée par deux investigateurs différents, selon une méthodologie validée : élaboration des questions à partir de l’exploitation des entretiens, choix des modalités de réponse, soumission à un groupe d’expert pour validation de contenu (médecins légistes du CHU et acteurs en santé publique formés à la conception de questionnaires). Notre questionnaire était basé sur la même échelle de satisfaction que le QSH, à plusieurs modalités croissantes, un classement en dimensions, et la même mise en page. Une réponse « non concerné », jugée indispensable au vu du contexte, avait été d’abord proposée sur certains items uniquement puis ajoutée pour chaque question à la suite des retours des prétests. L’exploitation des entretiens avait abouti à une liste de 41 questions. Un en-tête expliquait à la victime le but du questionnaire. Une première question permettait de s’assurer que la victime avait rempli le questionnaire elle-même. Les questionnaires remplis par des proches avaient être écartés des analyses. Deux questions relatives à la situation de la victime étaient posées : son sexe et le type de violence qui l’avait conduite dans le service, les possibilités étant : violences intra familiales, conjugales, entre personnes sans lien de parenté, sexuelles, au travail, accident de la voie publique, accident du travail, ou autres violences. Ces données avaient été déterminées comme étant les plus pertinentes pour les analyses ultérieures. Le questionnaire suivait le cheminement de la prise en charge des victimes dans le service : prise de rendez-vous, arrivée dans le service, prise en charge médicale. Un espace de commentaire libre était laissé à la fin du questionnaire pour les remarques éventuelles, qui pourront être analysées qualitativement.
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Pépite | Violences sexuelles, études de médecine : réflexions autour de témoignages d’étudiants

Pépite | Violences sexuelles, études de médecine : réflexions autour de témoignages d’étudiants

comme la prise en charge des symptômes psychotraumatiques ou dépressifs en lien avec une agression. L’association Mémoire Traumatique a publié en Mars 2015 un rapport d'enquête sur l’impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte ​(15)​. Les victimes de violences sexuelles ont été invitées à répondre à un questionnaire en ligne, dans le but d’évaluer les conséquences de ces dites violences sur leur vie. Parmi ces conséquences, on trouve au premier plan les suicides et tentatives de suicide. On observe une corrélation entre la gravité des violences subies ainsi que l’âge de la victime au moment des faits, et le risque de passage à l’acte suicidaire chez les répondant.e.s. Ainsi, 78% des victimes interrogées rapportent avoir déjà eu des idées suicidaires et 42% avoir déjà fait au moins une tentative de suicide. Le risque de tentative de suicide est sept fois plus élevé chez les répondant-e-s que dans la population générale. La majorité des victimes de violences sexuelles considèrent qu’elles ont eu un impact important sur leur vie, notamment sur leur vie familiale, affective et sexuelle. Les répercussions semblent majorées lorsque les violences ont lieu en situation d’inceste ou par un.e partenaire ou ex-partenaire ​(15)​.
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IVG et violences sexuelles : quel lien ?

IVG et violences sexuelles : quel lien ?

Cependant, début 2019 sont apparues les dernières données publiées par le ministère de l’intérieur. Le nombre de plaintes pour viol et agression sexuelle enregistrées par les forces de l’ordre a augmenté de près de 17% et 20 % respectivement. (53). L’institution met en avant « le contexte de libération de la parole et de prise de conscience collective des violences faites aux femmes…avec à la fois une plus grande révélation des faits et un abaissement du seuil de tolérance à ce type de violences ». De plus, le ministère prévoit une poursuite de la hausse des signalements des victimes de violences sexuelles avec la mise en place depuis novembre 2018 du portail de signalement des violences sexuelles et sexistes qui «assure un accueil personnalisé et adapté par un policier ou un gendarme ».
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Agents infectieux mis en évidence chez les victimes de violences sexuelles : étude rétrospective descriptive menée au Centre d’Accueil en Urgence des Victimes d’Agression du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux

Agents infectieux mis en évidence chez les victimes de violences sexuelles : étude rétrospective descriptive menée au Centre d’Accueil en Urgence des Victimes d’Agression du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux

Le Centre d’Accueil d’Urgence des Victimes d’Agressions de Bordeaux offre aux victimes un lieu privilégié de prise en charge spécialisée et pluridisciplinaire. Les victimes présumées y sont accueillies 24h/24. Cette prise en charge peut être schématiquement envisagée selon une conception dichotomique. Un premier aspect est d’ordre judiciaire et vise à apporter un avis technique à une question soulevée par un magistrat. Le second aspect est médico- psychologique avec des enjeux tant curatifs que préventifs. C’est dans ce cadre que s’inscrit la réalisation de prélèvements de santé publique. Le risque de transmission d’agents infectieux au cours d’une agression sexuelle avec pénétration est peu connu. Or, les infections sexuellement transmissibles sont à l’origine d’une morbidité importante.
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Femmes victimes de violences sexuelles : étude qualitative sur les freins ressentis au recours aux médecins généralistes

Femmes victimes de violences sexuelles : étude qualitative sur les freins ressentis au recours aux médecins généralistes

Méthode : 23 entretiens individuels semi-dirigés ont été réalisés avec des femmes majeures ayant subi des violences sexuelles (viols, tentatives de viols…) au cours de cette étude qualitative. L’analyse thématique des verbatims a été réalisée par deux chercheur·se·s. Résultats : Les résultats ont mis en évidence trois problématiques principales. La première concernait les difficultés à s’identifier comme victime : amnésie des violences, difficultés à nommer les violences, méconnaissance de leurs retentissements. Deuxièmement, les freins liés à une « loi du silence », regroupaient le tabou sociétal, le secret familial et les menaces de l’agresseur, qui généraient des pensées inhibitrices fortes (honte, culpabilité, douleur, peur…). La troisième problématique était spécifique aux MG. Les freins étaient la perception des violences sexuelles comme ne relevant pas des soins premiers, une relation médecin-patiente insatisfaisante, l’absence de questions concernant les violences sexuelles, la durée limitée de la consultation. Enfin, la réflexion était complétée par un thème sur l’accueil négatif de cette parole par le·la MG qui nuisait à la poursuite de la prise en charge.
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Violences sexuelles en détention : une revue de la littérature

Violences sexuelles en détention : une revue de la littérature

RESULTATS : La prévalence des violences sexuelles en détention s’élève jusqu’à 22% chez les hommes et 31% chez les femmes. Les auteurs sont identifiés comme des hommes dans 33 à 94% des cas et des membres du personnel pénitentiaire dans 13 à 76% des cas. Les victimes sont majoritairement de sexe féminin, présentant des antécédents psychiatriques dans 7 à 78% des cas ainsi que des antécédents de victimisation avant l'âge de 18 ans dans 59 à 78% des cas. L’agression est à type d'attouchements dans 10 à 94% des cas et de viol dans 3 à 82% des cas. Elle se déroule le plus souvent en cellule et est de survenue unique. L’impact recensé semble important en terme de risque suicidaire, de syndromes anxio-dépressifs et de symptomatologie de stress post-traumatique. CONCLUSION : La prévalence des violences sexuelles en milieu carcéral est plus élevée que celle de la population générale. Le retentissement psychiatrique important incite à porter attention à ce sujet délicat. Il semblerait alors licite d’élaborer des axes de prévention et de prise en charge adaptés dans le milieu spécifique de la détention.
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Femmes aux antécédents de violences sexuelles : le vécu de l’examen gynécologique en ambulatoire

Femmes aux antécédents de violences sexuelles : le vécu de l’examen gynécologique en ambulatoire

Concernant l’examen toutes les femmes souhaitaient un meilleur accompagnement par les explications et un recueil du consentement. Elles souhaitaient également que les professionnels de santé adoptent une attitude plus professionnelle, sans jugement, bienveillante et elles souhaitaient bénéficier d’une prise en charge globale. Ces résultats vont dans le sens des vingt-six recommandations émanant des conclusions du rapport du haut conseil à l’égalité homme femme sur les violences gynécologiques et obstétricales de juin 2018 (28) et des recommandations de la haute autorité de santé HAS (29). Elles aimeraient également que les professionnels de santé soient mieux formés dans la prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles, ce qui est conforme aux résultats de l’étude qualitative de Vignocan L, Monti M. (30) et qu’ils posent la question des violences. Des travaux de recherches déjà réalisés en France (31) (32) ainsi qu’à l’étranger avec notamment l’étude suédoise de Wendt EK et al (33) vont dans ce sens également.
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Dépistage et prise en charge des femmes victimes de violences conjugales‎ : étude des pratiques des médecins généralistes de Haute-Normandie

Dépistage et prise en charge des femmes victimes de violences conjugales‎ : étude des pratiques des médecins généralistes de Haute-Normandie

Une dérogation de ce secret est possible, et définie par l'article 226-14 : – Art 226-14: L'article 226-13 n'est pas applicable dans le cas où la loi impose et autorise la révélation du secret. En outre il n'est pas applicable à celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de sévices ou de privations dont il a eu connaissance et qui sont imposées à un mineur de quinze ans ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique; au médecin qui avec l'accord de la victime, porte à la connaissance du Procureur de la République les sévices qu'il a constaté dans l'exercice de sa profession et qui lui permettent de présumer que des violences sexuelles de toute nature ont été commises.
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Prise en charge des femmes victimes de violences conjugales : enquête quantitative auprès des médecins généralistes du Pays Basque

Prise en charge des femmes victimes de violences conjugales : enquête quantitative auprès des médecins généralistes du Pays Basque

Un certificat médical initial est établi dans la majorité des cas et sa rédaction semble moins problématique qu'auparavant. Face à ce bilan encourageant pour la pratique, des points restent néanmoins perfectibles. Les médecins sont moins nombreux à croire de façon inconditionnelle la victime, une attitude à adopter et à faire savoir à la patiente qui est essentielle pour établir une relation de soin de qualité. Au cours de la consultation, c'est plus d'un médecin sur trois qui ne s'est pas assuré de l'absence de risque d'un retour à domicile pour la patiente et ses enfants ; un risque bien réel malheureusement. Et concernant les notions expliquées à la patiente au cours de l'entretien, ils sont une petite majorité à expliquer ses droits à la victime et à évoquer la notion de psychotraumatisme quand près de deux médecins sur dix n'expliquent aucun des mécanismes des violences conjugales.
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Violences sexuelles subies à l'adolescence : quelle(s) potentialité(s) du trauma ? : processus psychiques en jeu lors du temps judiciaire chez des adolescentes victimes présumées de violences sexuelles

Violences sexuelles subies à l'adolescence : quelle(s) potentialité(s) du trauma ? : processus psychiques en jeu lors du temps judiciaire chez des adolescentes victimes présumées de violences sexuelles

d’éclatement, de liquéfaction ou de pertes de substances corporelles sont au cœur des éprouvés somato-psychiques de certains sujets dans l’incapacité d’être seuls » (Audibert, in Winnicott, 1958, p.24). L’adolescent, du fait d’assises narcissiques peu sécurisantes, d’une déstabilisation du Moi, tente de trouver auprès des objets externes une sécurité qu’il ne peut trouver à l’intérieur de lui-même (Jeammet, 2002). Le recours à l’acte est alors un moyen d’échapper à la menace de disparition de soi-même, devant un environnement primaire fait de retraits brusques d’investissement maternel et un manque d’investissement paternel (De Becker, 2009). L’acte apparaît comme une rupture dans le processus d’élaboration de nouveaux repères sur la place narcissique-identitaire et sur le plan objectal-identificatoire (Jeammet, 1997). Cette configuration est souvent retrouvée chez les adolescents transgresseurs. La recherche d’une compréhension des violences sexuelles subies à l’adolescence nous a beaucoup confrontés à cette clinique, tentant d’appréhender la question de la prise de risques abordée précédemment. Cette prise de risques dans les comportements adolescents voit ici un éclaircissement. L’enfant s’est vu imposer des pertes trop soudaines ou trop précoces dans les échanges narcissiques primaires. Il n’a pu se constituer un environnement intérieur sécure et stable. Ses enveloppes psychiques assurent mal leurs fonctions de contenance. La mentalisation fait défaut. Les angoisses d’abandon et d’intrusion, classiques à l’adolescence, font à nouveau effraction chez les adolescents n’ayant pu bénéficier d’un environnement extérieur suffisamment bon et présent. La violence de l’adolescence apparaît à de multiples niveaux et déborde totalement l’adolescent. « Le
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Violences sexuelles entre mineurs : âge et consentement au cœur du débat judiciaire

Violences sexuelles entre mineurs : âge et consentement au cœur du débat judiciaire

de parler d’un jeu sexuel avec de si jeunes victimes « le juge : à ton avis pourquoi les deux enfants ont accepté ? Benjamin : Ils étaient jeunes et ils ne savaient pas ce que c’était. Le juge : Tu te doutais bien qu’il y avait un problème et que c’était des gestes amoureux à l’égard de ces jeunes enfants ? Benjamin : Je m’en suis rendu compte durant ma garde à vue. Le juge : Tu es presque majeur. Pourquoi as-tu cherché la compagnie de si jeunes enfants ? Benjamin : J’aime bien rigoler avec eux. Avec les grands je ne parle pas ». Il conclut dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal à un abus de crédulité lié au jeune âge des enfants : « Le mis en examen reconnaissait avoir abusé de la crédulité des jeunes enfants qui avaient pris les choses comme un jeu (chiche action vérité selon le MEE). Il reconnaissait s’être fait lécher le sexe mais ne comprenait pas le terme de fellation ». Benjamin a été condamné pour agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans à une peine de 12 mois d’emprisonnement assorti du sursis pendant 3 ans avec obligation de soin et d’indemniser les victimes, inscription au FIJAIS. 2000 euros ont été accordés au titre de dommages et intérêts à chacun des enfants et 1000 euros aux parents.
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Quelles sont les attentes des victimes de violences conjugales concernant leur médecins généralistes

Quelles sont les attentes des victimes de violences conjugales concernant leur médecins généralistes

Orienter vers d’autres professionnels: Un autre frein retrouvé dans la littérature par les médecins généralistes était le sentiment d’être isolé dans la prise en charge des victimes une fois celles-ci dépistées. Nous l’avons vu, les patientes victimes attendent du médecin généraliste une ouverture vers un réseau à la fois psychologique, judiciaire et social, et ont bien décrit le médecin comme une maillon de la chaîne de soin et non comme l’unique intervenant au sein de celle-ci.

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Prise en charge médico-psychologique immédiate aux urgences des personnes adultes victimes d'agressions sexuelles : revue systématique de la littérature

Prise en charge médico-psychologique immédiate aux urgences des personnes adultes victimes d'agressions sexuelles : revue systématique de la littérature

Comme une agression sexuelle est un évènement à considérer comme étant à l’interface du système médical, du système social et du système judiciaire, il pourrait être bénéfique de s’inspirer du modèle existant au Kenya dans lequel un professionnel (infirmier, médecin, psychologue, travailleur social) ayant reçu une formation spécifique reçoit systématiquement la victime en consultation de suivi à 2 et 4 semaines pour guider le patient à travers le parcours de soins, l’informer des recours à la justice, l’orienter vers les structures d’aide aux victimes, et surveiller le retentissement de l’agression sur le plan psychologique. Un système analogue dans lequel une personne référente « piloterait » le parcours de soin des victimes dans les suites post-immédiates de l’agression afin de favoriser le fait qu’elles puissent bénéficier de l’intégralité des soins médicaux et médico-psychologiques, mais aussi qu’elles puissent bénéficier d’un soutien psycho-social dans les différentes démarches qui peuvent être entreprises semblerait intéressant à mettre en place. La personne référente serait alors un « gestionnaire de cas » comme il peut y avoir pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer 94
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Les freins rencontrés dans la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales : enquête qualitative auprès des sages-femmes du bassin grenoblois

Les freins rencontrés dans la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales : enquête qualitative auprès des sages-femmes du bassin grenoblois

La loi actuelle autorise pour le premier enfant un congé maternité de 10 semaines et un congé paternité de 11 jours consécutifs au plus, après la naissance. [26] Anne pense qu’il y a un virage au niveau des représentations sociales de la violence conjugale, notamment parce que les médias en parlent beaucoup plus. Toutefois elle explique qu’il faudra du temps pour que tous les professionnels de santé réalisent qu’ils ont un rôle dans la prise en charge de ces violences. Elle met en parallèle le dépistage des addictions chez les femmes enceintes, qui est peu à peu rentré dans les habitudes, alors qu’au départ il y avait un frein chez les soignants qui ne pensaient pas être légitime à poser des questions qui étaient du domaine de l’intime.
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Santé sexuelle en médecine générale : attentes des femmes victimes de violences

Santé sexuelle en médecine générale : attentes des femmes victimes de violences

72 On peut noter à ce sujet un paradoxe puisque les femmes de cette étude souhaiteraient que le médecin puisse prendre tout le temps nécessaire en consultation, en dépassant si besoin les créneaux horaires prévus mais ne soient pas en retard sous peine d’avoir une salle d’attente pleine. Difficile alors de trouver une organisation optimale. L’avantage de la médecine générale étant la récurrence des consultations, on peut imaginer des occasions manquées (par exemple en cas de journées chargées avec retards), n’interdisant pas l’opportunité ultérieure. L’influence du lieu semblait être une spécificité de cette thèse, concernant l’abord de la santé sexuelle. Les patients dans la littérature n’ont pas évoqué l’importance du cadre. Pas même la question de l’insonorisation qui est revenue fréquemment dans les entretiens. Cela semblait être une fois de plus à mettre en relation avec le sentiment de méfiance de la part des femmes ayant été victime de violences, ayant besoin probablement d’être plus rassurées et sécurisées que la population générale. D’ailleurs, l’importance du cadre a été retrouvée dans la thèse de Marion Bergeret (49) concernant les patients victimes d’incestes qui décrivent la distance créée par le bureau médical comme un frein à la parole et l’insonorisation du cabinet comme essentielle.
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