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Été 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Été 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Les Européens méritent mieux que la récession économique, la défiance envers les États partenaires et la faiblesse des ambitions pour un avenir commun. Face à une crise qui fragilise en profondeur la zone euro et qui fait resurgir, comme toujours en pareil cas, des peurs et des mouvements politiques radicaux, des réponses fortes s’imposent dans le court terme. Mais elles ne suffiront pas pour conforter la zone euro sur le long terme. L’intégration politique doit être le point de mire. Cette pressante invitation pour une avancée vers un vrai fédéralisme a d’ailleurs été récurrente de- puis la naissance de ce Bulletin en 1999, l’année de la création de l’euro. Dans le court terme, trois directions sont identifiables : persister dans les politiques de rigueur, favoriser les replis nationalistes ou actionner une re- lance concertée. La première a montré ses limites en terme de chômage, de croissance atone, de colères sociales, d’humiliations et de pressions peu dé- mocratiques sur les États mal notés. La deuxième malmène le poids de soixante années d’histoire commune et néglige la densité de l’interdépen- dance des économies. Reste la troisième, la seule éligible selon nous. Les appels à réaliser sans tarder une relance puissante s’expriment diverse- ment. Certains sont indignés, d’autres sont atterrés, d’autres encore sug- gèrent un plan à la Roosevelt pour 2012. Ces protestations expriment des to- nalités différentes et n’ont pas le même écho selon les États. Qu’importe. Elles vont toutes dans le même sens. Il s’agit de changer, et très vite, la ma- trice des politiques économiques actuelles. Les résultats des diverses élec- tions nationales sont (et seront) déterminants en la matière. Mais le temps presse car la colère et le désenchantement grondent.
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Été 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Les Européens méritent mieux que la récession économique, la défiance envers les États partenaires et la faiblesse des ambitions pour un avenir commun. Face à une crise qui fragilise en profondeur la zone euro et qui fait resurgir, comme toujours en pareil cas, des peurs et des mouvements politiques radicaux, des réponses fortes s’imposent dans le court terme. Mais elles ne suffiront pas pour conforter la zone euro sur le long terme. L’intégration politique doit être le point de mire. Cette pressante invitation pour une avancée vers un vrai fédéralisme a d’ailleurs été récurrente de- puis la naissance de ce Bulletin en 1999, l’année de la création de l’euro. Dans le court terme, trois directions sont identifiables : persister dans les politiques de rigueur, favoriser les replis nationalistes ou actionner une re- lance concertée. La première a montré ses limites en terme de chômage, de croissance atone, de colères sociales, d’humiliations et de pressions peu dé- mocratiques sur les États mal notés. La deuxième malmène le poids de soixante années d’histoire commune et néglige la densité de l’interdépen- dance des économies. Reste la troisième, la seule éligible selon nous. Les appels à réaliser sans tarder une relance puissante s’expriment diverse- ment. Certains sont indignés, d’autres sont atterrés, d’autres encore sug- gèrent un plan à la Roosevelt pour 2012. Ces protestations expriment des to- nalités différentes et n’ont pas le même écho selon les États. Qu’importe. Elles vont toutes dans le même sens. Il s’agit de changer, et très vite, la ma- trice des politiques économiques actuelles. Les résultats des diverses élec- tions nationales sont (et seront) déterminants en la matière. Mais le temps presse car la colère et le désenchantement grondent.
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Hiver 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le président du comité Nobel a remis le 10 décembre 2012 en l’hôtel de ville d’Oslo le prix Nobel de la Paix à l’Union européenne représentée par les présidents du parlement européen Martin Schultz, du Conseil euro- péen, Herman von Rompuy et de la Commission, José Manuel Barroso. Ce prix marque la reconnaissance de plus de 60 années de stabilité en Eu- rope. Il récompense l’ensemble des Européens pour avoir fait avancer la paix, la réconciliation, la fraternité entre les nations, la démocratie et les droits de l’homme en Europe.

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Hiver 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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politique monétaire ne peut pas réagir à une baisse d’activité, parce que, comme en Europe, le taux d’intérêt qu’elle utilise comme instrument est proche de zéro. Enfin, les mesures d’assainissement budgétaire risquent d’être inefficaces, voire contre- productives, si elles sont mises en œuvre dans une situation de ralentissement ou de récession économiques comme celle qui règne actuellement en Europe. L’échec de la politique de réduction du déficit budgétaire français menée par le gouvernement de Pierre Laval au cours de la période de récession des années 30 permet d’illustrer ce dernier point. La prise en compte de ces résultats devrait conduire les autorités européennes et le FMI à mener une politique de redressement financier progressif étalé sur plusieurs années afin de lisser les effets négatifs de ces mesures sur l’activité économique. Ils devraient également réorienter leurs mesures de consolidation en évitant de réduire certaines dépense publiques, notamment celles destinées à l’investissement et aux transferts dont les effets multiplicateurs sont importants et à mieux choisir les recettes publiques, comme celles provenant des opérations de privatisation qui sont souvent décidées dans l’urgence. Enfin, il conviendrait d’accompagner ou de précéder la politique de consolidation par des mesures stimulant la croissance.
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Eté 2020 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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carbone sous forme d’un dividende de carbone, en priorité aux plus démunis, offrirait une compensation de l’alourdissement de la fiscalité qu’impliquerait la consolidation budgétaire. D’autres propositions ont une connotation plus politique, concernant notamment l’instauration au niveau européen (la réintroduction dans le cas de la France) d’un impôt sur les grandes fortunes (Landais, Saez et Zucman 2020). Comme la pandémie a fonctionné comme un « accélérateur des inégalités », affectant davantage les plus démunis, ne faudrait-il pas que son coût économique repose davantage sur les nantis ? Même si l’argument a un certain attrait, il faut garder à l’esprit que l’augmentation de la fiscalité au lendemain de la pandémie, pour rétablir les équilibres budgétaires, reposera naturellement sur les revenus les plus élevés. En France, les 2 % des contribuables qui déclarent plus de 100 000 d’euros de revenu contribuent à hauteur de 40 % aux recettes de l’impôt sur le revenu (IR). En Europe, l’impôt sur la fortune (IF) n’est en vigueur actuellement qu’en Suisse, en Espagne et en Norvège, les autres pays l’ayant supprimé au cours des quinze dernières années. Il serait peu réaliste de considérer que sa réintroduction pourrait être envisagée au niveau européen, alors qu’il a été supprimé pour se prémunir de la concurrence fiscale, mais aussi parce que sa base était souvent étroite ou arbitraire (excluant, par exemple, en France les œuvres d’art). L’IF pénalisait aussi de manière contre-productive l’épargne (actions et obligations) investie dans les entreprises. Selon des estimations, en France, l’IF a été l’un des facteurs favorisant « l’exil fiscal ». Depuis le « choc fiscal » de 2012 et jusqu’en 2016, ce phénomène a concerné 18838 contribuables, représentant 2,5 % des 750 000 ménages déclarant plus de 100 000 euros de revenu (Direction générale des finances publiques 2019).
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Hiver 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Hiver 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

En juillet 2012, le FMI a publié un rapport 9 dans lequel, il considère que la dette grecque n’est pas soutenable et qu’elle atteindra 200 % du PIB au cours des deux prochaines an- nées. Elle ne peut être viable que si l’on prend des mesures d’allègement, ce que n’avait pas cessé de demander le gouvernement grec pen- dant les négociations avec ses créanciers au cours du premier semestre 2015. Pour cela, le FMI propose soit d’étendre de dix à trente ans le délai de remboursement des dettes envers les Européens, soit d’effacer purement et sim- plement cette dette. La Commission a tou- jours été hostile à l’effacement partiel ou total de la dette. Mais, dans l’accord de juillet 2015, ses membres se disent disposés à envi- sager un allongement éventuel des périodes de remboursement. Une telle mesure serait cependant subordonnée à des conditions très strictes définies dans le cadre d’un nouveau programme. Cette concession ne signifie ce- pendant pas que la Commission reconnaît l’absence de soutenabilité de la dette grecque qui est pourtant connue depuis 2010 et qu’un rapport d’un membre du FMI avait mis en lu- mière à cette date. Elle admet cependant, dans l’accord de juillet 2015, que « de sérieux doutes planent sur le caractère soutenable de la dette grecque », mais elle considère que « cela est dû au relâchement des politiques au cours de ces douze derniers mois ». De ce fait, elle compte sur les réformes qu’elle a impo- sées à la Grèce pour assainir les finances pu- bliques. Dans ce but, elle évalue, pour la pé- riode 2015-2018, les gains attendus en termes budgétaires des réformes de la fiscalité, du ré- gime des retraites et d’autres mesures relatives aux recettes et aux dépenses publiques (ta- bleau 1)
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Hiver 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’intégration monétaire à travers l’émergence du système européen des banques centrales constitue la première pierre d’une évolution fédérale de l’Europe. Dans ce cadre, la Banque centrale européenne (BCE) a déployé en 2012 un ensemble de mesures non conventionnelles qui ont permis d’éviter le déclenchement d’une crise financière grave dans la zone euro. Différentes réformes ont été prises pour renforcer cette évolution fédérale. C’est ainsi qu’a été créée une union bancaire qui

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Eté 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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préféreraient redonner la toute-puissance au parlement de Westminster pour légiférer. Par ailleurs, ces critiques très eurosceptiques ne souhaitent pas non plus que le Royaume-Uni ait à rendre des comptes à un gouvernement fédéral européen démocratiquement élu. Elles ignorent aussi le fait qu’à moins de se contenter des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), toute forme d’intégration économique relativement avancée exige des transferts de souveraineté à des organismes communs. Le troisième argument consiste à souligner le fait que le projet de l’UE est à la dérive et que les récentes crises financières et économiques subies par certains pays membres de la zone euro confortent certains acteurs politiques et citoyens dans leur désir de se détacher du carcan européen pensant ainsi subir le moins possible l’effet de contagion des crises. Il convient de noter que le Royaume-Uni n’est pas dans la zone euro et a subi la contagion des crises bancaires et de la dette souveraine en 2010-2012 du fait de ses fortes connexions commerciales, économiques et financières avec les pays membres de la zone euro en crise. Il n’est pas certain qu’en réduisant ces connexions, l’économie du Royaume-Uni sortira gagnante. Le quatrième argument rejoint quelque peu les deux derniers et porte sur les contraintes réglementaires européennes. Certains avancent que des normes et des régulations très contraignantes imposées par l’UE empêchent les petites et moyennes entreprises de pouvoir librement entreprendre et au final freinent la croissance économique. En contrepartie, ces entreprises profitent beaucoup moins du grand marché de l’UE que les grandes entreprises. D’autres critiquent la politique de quotas pour la pêche qui freinerait l’activité des pêcheurs, la directive du temps de travail des 48 heures hebdomadaires vilipendée notamment par de nombreuses professions libérales, ainsi que les normes financières européennes qui limiteraient trop fortement les bonus des banquiers.
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Hiver 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le Mécanisme de surveillance unique investit la BCE du rôle de superviseur prudentiel cen- tral des banques de la zone euro et des banques hors zone euro des États participants (actuellement un total d’environ 8300 banques). Précisément, la BCE supervise di- rectement les plus grandes banques tandis que les autorités nationales compétentes su- pervisent les autres. La Commission souhai- tait, dans une proposition du 12 septembre 2012, que tous les établissements de crédit de la zone euro (environ 6200 banques) soient intégrés dans un seul mécanisme de sur- veillance. La France s’était très clairement prononcée en faveur de cette couverture complète permettant d’assurer l’unicité de la supervision de la BCE. L’Allemagne préférait une supervision limitée aux seuls établisse- ments bancaires d’importance systémique afin de ménager, en particulier, les caisses d’épargne largement liées aux enjeux poli- tiques locaux. Ces grandes banques ont reçu le qualificatif de « banques significatives ». Les textes précisent (art. 6 du règlement 1024/13) qu’une banque est dite « significa- tive » si elle remplit une des deux conditions suivantes : une valeur totale de ses actifs su- périeures à 30 milliards d’euro ou un ratio entre ses actifs totaux et le PIB de l’État de ré- sidence supérieur à 20%, à moins que la va- leur totale des actifs concernés soit inférieure à 5 milliards d’euros. Le chiffre de 128 banques significatives est généralement an- noncé pour l’ensemble de la zone euro. Les autres banques, bien plus nombreuses, ont un
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Cette diffusion a mis en grande difficulté les établissements bancaires européens qui possédaient des titres de grandes banques américaines en difficultés et des titres toxiques représentant des créances douteuses. Ces difficultés ont entraîné l’insolvabilité de certaines banques qui, de ce fait, ont été mises en faillite. D’autres ont dû faire face à des problèmes de liquidité du fait que leur capacité de remboursement de prêts de court terme contracté sur le marché monétaire était mise en doute par les prêteurs éventuels. La Commission reconnaît que le traitement de cette crise a été très pragmatique, au moins au début, avec des décisions prises dans l’urgence. De plus, la solidarité insuffisante entre les États a conduit à des actions souvent dispersées. Du fait de l’inefficacité de ces mesures, les autorités européennes ont pris conscience de la nécessité de mieux réguler et surveiller le secteur financier européen dans le cadre d’un système financier intégré. Dans cette perspective, le Président du Conseil européen a élaboré en 2012 une feuille de route spécifiant la mise en place progressive d’une Union bancaire. Selon la CE, la fina lisation de cette union dans l’avenir permettra de renforcer et de compléter l’UEM.
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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en 2009 et 2010, l’endettement s’est réduit pour s’établir dès 2016 à un niveau proche de celui prévalant avant la crise. Au début de la crise, la dette publique de l’Italie représentait 102,4 % de son PIB. De 2009 à 2016, l’Italie a connu une situation économique particulièrement difficile comme l’illustrent un écart de production largement négatif (−2,8 % par an et en moyenne sur la période considérée) et un taux de croissance nominale annuel de 0,3 % en moyenne. Bien que l’Italie ait amélioré son solde structurel (le déficit structurel moyen est tombé à 1,9 % du PIB en moyenne de 2009 à 2016, contre 3,5 % en moyenne durant la décennie qui a précédé la crise) et ait réussi à maintenir un excédent primaire annuel moyen, certes plus faible que durant la décennie précédente, mais encore positif de 1,1 % du PIB entre 2009 et 2016 (et de 8,8 % en cumulé, comme indiqué sur le Graphique 5), le ratio dette publique/PIB a fortement augmenté (de 30,2 points de pourcentage). Cela s’explique par le fait que le pays a souffert d’un très grand effet boule de neige (atteignant 32,4 % de PIB en cumulé sur la période) résultant de la combinaison d’un important stock initial de dette, de la faiblesse de la croissance nominale du PIB et de taux d’intérêt élevés. En effet, bien que les taux d’intérêt italiens aient été très proches de ceux de l’Allemagne depuis l’introduction de l’euro, ils ont fortement augmenté, notamment en 2011-2012, dans le sillage de la crise de la zone euro, suite à la perception du risque que faisait peser la crise économique sur la soutenabilité de la dette publique dans plusieurs pays européens. Ce risque a fortement affecté le marché des obligations souveraines italiennes et la hausse des taux qui s’en est suivie est devenu un facteur déterminant de la poussée de l’effet boule de neige après 2008 8 .
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Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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portait sur la nécessité de préserver la cohésion de l’euro, en évitant une contagion par la crise grecque d’autres pays de la zone à dette publique élevée, ce qui aurait causé des dommages irréparables du système bancaire. Il est toutefois étonnant que le gouvernement grec ait également évité de poser ouvertement la question de l’allègement de la dette lors de la négociation du premier plan de sauvetage en 2010. Après sa restructuration tardive en 2012, la dette grecque a été virtuellement convertie en dette envers le secteur officiel (le Mécanisme de Stabilité Européen, le FMI, et d’autres pays de la zone euro à travers des prêts bilatéraux). Un allègement supplémentaire était devenu, de ce fait, politiquement sensible. Le gouvernement grec de gauche radicale a poursuivi, de février à juillet 2015, une négociation qui se voulait offensive, bien qu’entachée de maladresses et de perceptions erronées du rapport des forces dans la zone euro. Ce faisant, il a mis l’accent sur la nécessité de réduire la dette conjointement à un nouvel accord de financement. Mis au pied du mur d’un risque de défaut de paiement et d’une éventuelle sortie de l’euro, il a accepté des mesures encore plus sévères avec seulement des vagues références à une éventuelle restructuration des crédits officiels dans l’avenir. 1
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Été 2013 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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gouvernement américain a maintenu son effort de soutien à l’économie. Les politiques budgétaires restrictives adoptées par les membres de la zone euro ont permis de réduire sensiblement le déficit budgétaire européen en 2011 et 2012 et de ralentir la progression de l’endettement public. Presque tous les pays de la Zone euro ont bénéficié de ces améliorations, mais les situations de leurs finances publiques respectives restent encore très différentes et assez éloignées des objectifs fixés par les Traités. C’est ainsi qu’en 2011, 70% des pays ont encore un déficit public supérieur à 3% du PIB et un endettement supérieur à 60% du PIB. Selon les prévisions de la Commission européenne, la baisse du déficit public de la Zone euro et la hausse de l’endettement public se poursuivront en 2013 et 2014, mais à un rythme moins important que précédemment, notamment à cause de la faiblesse des perspectives de croissance. L’assainissement progressif des finances publiques s’est accompagné d’une baisse du PIB de la Zone euro, d’un chômage très important et d’une réduction de l’inflation en 2012 et 2013. Ces effets sont sensiblement différents selon les pays. C’est ainsi que la contraction subie par la Zone euro en 2012 résulte surtout de la baisse importante du PIB qui se réalise dans certains pays du sud de l’Europe, comme la Grèce (-4,7%) et le Portugal (-3,3%) et qui n’est pas assez compensée par la hausse du PIB dans les autres pays. A cette dispersion des taux de croissance des pays européens autour de la moyenne de la zone correspond celle du taux de chômage qui variait en février 2013 entre 1 Voir G. Koenig (2010), L’Europe face aux déficits bud-
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Hiver 2013 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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maines de compétence mobilisés (l’histoire, le droit, la géopolitique, l’économie poli- tique) et par la profondeur des analyses. Ro- bert Salais, est un économiste réputé pour ses contributions en économie des conventions, ses analyses des systèmes productifs territoria- lisés et son adhésion à la méthode inaugurée par Amartya Sen pour étendre les opportuni- tés réellement offertes aux acteurs socioéco- nomiques. Il n’est certes pas le premier éco- nomiste à dénoncer le caractère dogmatique de la construction européenne. Il existe désor- mais un corpus critique consistant qui sou- ligne les défauts de construction de l’édifice européen (Gauron 1998 ; Kebabdjian 2006 ; Devoluy & Koenig 2012). Mais ce livre va au- delà de la dénonciation des faiblesses consti- tutives de l’Europe (carences démocratiques, compromis intergouvernementaux insatisfai- sants, dogmatisme économique néolibéral, etc.), il propose un examen approfondi de chacun des faux pas de cette construction jus- qu’à montrer comment la vérité historique a été ensuite refoulée pour faire place au mythe. Il montre comment certains concepts économiques ont été insuffisamment compris ou détournés de leur sens initial et comment les rapports de force ont prévalu sur le prin- cipe du dialogue. Cette histoire de la construction européenne est l’une des moins hagiographiques qui aient été écrites mais elle défend une thèse qui satisfait parfaite- ment le critère essentiel de la production scientifique, la falsifiabilité : les problèmes ac- tuels de l’Europe étaient présents dans ses fondations, les jeux étaient pour ainsi dire faits à l’issue de la conférence de Paris de 1947 et du Congrès de La Haye du 8 au 10 mai 1948. Remédier à ces carences sera diffi- cile mais les identifier reste indispensable. Nous donnerons ici quatre exemples des ca- rences séminales identifiées par Robert Salais qui ont contribué à orienter l’Europe dans une mauvaise direction, alors que l’on sait depuis le philosophe Sénèque que ce qui compte, lors du premier pas, n’est pas sa longueur mais sa direction : le dessaisissement des Eu- ropéens, l’abandon du projet de communauté politique dès 1948 au profit d’une approche économique, l’Europe sociale négligée et le déni de la réalité économique supplantée par une certaine conception du marché parfait. Tels sont quelques points qui nous paraissent essentiels dans cet ouvrage et qu’il faut assi- miler pour renouveler le projet européen. Les pays européens dépossédés d’un projet qu’ils n’ont pas véritablement formulé Les Européens n’ont pas été les véritables au- teurs des débuts de la construction euro- péenne. Avec le recul de l’histoire il est enfin
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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4 Voir parmi d’autres, Beck et Prinz (2012) qui ont dis- cuté de manière détaillée cette trinité. un État membre à accroître sa dette souveraine. Un tel comportement détruira tôt ou tard les fondements de l’UEM. Par conséquent, imposer une telle clause permet en théorie de laisser la souveraineté en matière de politique budgétaire aux États-membres. Cependant, la politique budgétaire a tendance à prendre en otage la politique monétaire si les déficits budgétaires et l’endettement public des États membres ne sont pas limités. Comme la récente crise de la dette souveraine l’a montré, la BCE ne pouvait pas refuser de jouer le rôle du prêteur en dernier ressort auprès des États membres surendettés au risque de faire éclater l’UEM. Cela fait perdre son indépendance. Bien que le PSC et la clause de non-renflouement aient pour objectif de rendre la zone euro stable, le non-respect du premier a pour conséquence que le respect du second augmente le risque de l’éclatement de la zone euro. En effet, la clause de non- renflouement implique que les risques sur les dettes souveraines sont différents et doivent se traduire par des taux d’intérêt différents dans l’UEM malgré la politique monétaire unique. Ceci réduit l’efficacité du mécanisme de transmission monétaire dans les pays dont le gouvernement est soumis à un risque d’insolvabilité. Brandissant les menaces de sortie de la zone euro, ces pays peuvent faire pression sur l’UEM pour renoncer à la clause de non-renflouement et abandonner l’indépendance de la BCE.
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Hiver 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’ouverture à l’international avait donné un coup d’accélérateur à l’économie chinoise. L’amélioration des relations sino-américaines dans un contexte géopolitique opposant les Etats-Unis et l’Union soviétique avait sans aucun doute favorisé cette ouverture en permettant à la Chine d’accéder aux marchés occidentaux avec des tarifs douaniers bas. Le commerce avec les pays développés permettait d’échanger les biens de consommation et les matières premières contre des biens d’équipement et des technologies plus avancées. La Chine attirait d’abord les capitaux étrangers dans les secteurs à forte main d’œuvre où la Chine avait un avantage comparatif évident. Dans un contexte où les productions dans les pays de l’Asie de l’Est montaient en gamme, cette mesure avait permis d’attirer rapidement des investissements directs étrangers (IDE). Des salaires extrêmement bas, le lien culturel (dans le cas des entreprises venues de l’Asie de l’Est) et la stabilité politique et sociale constituaient les principaux facteurs déterminants des IDE en Chine au début des années 1980. Les IDE permettaient aux entreprises chinoises d’accéder plus rapidement aux technologies plus avancées ainsi qu’aux nouveaux produits, designs et méthodes de gestion et de commercialisation. Pour accélérer ce processus, la Chine avait créé des zones économiques spéciales dotées
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Hiver 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’ouverture à l’international avait donné un coup d’accélérateur à l’économie chinoise. L’amélioration des relations sino-américaines dans un contexte géopolitique opposant les Etats-Unis et l’Union soviétique avait sans aucun doute favorisé cette ouverture en permettant à la Chine d’accéder aux marchés occidentaux avec des tarifs douaniers bas. Le commerce avec les pays développés permettait d’échanger les biens de consommation et les matières premières contre des biens d’équipement et des technologies plus avancées. La Chine attirait d’abord les capitaux étrangers dans les secteurs à forte main d’œuvre où la Chine avait un avantage comparatif évident. Dans un contexte où les productions dans les pays de l’Asie de l’Est montaient en gamme, cette mesure avait permis d’attirer rapidement des investissements directs étrangers (IDE). Des salaires extrêmement bas, le lien culturel (dans le cas des entreprises venues de l’Asie de l’Est) et la stabilité politique et sociale constituaient les principaux facteurs déterminants des IDE en Chine au début des années 1980. Les IDE permettaient aux entreprises chinoises d’accéder plus rapidement aux technologies plus avancées ainsi qu’aux nouveaux produits, designs et méthodes de gestion et de commercialisation. Pour accélérer ce processus, la Chine avait créé des zones économiques spéciales dotées
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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indépendante se concentrant sur l’objectif de stabilité des prix ; des finances publiques strictement encadrées et soumises à des sanctions en cas de dérapages. L’ordo-libéralisme se défie des politiques interventionnistes et des choix stratégiques des gouvernements trop à l’écoute d’intérêts sectoriels. Le résultat est une forme de fédéralisme tutélaire où les règles se substituent aux choix démocratiques. Il suffit ici de penser au comportement de la Troïka face à la Grèce. Avec l’ordo-libéralisme, les États de la zone euro acceptent de se lier les mains en réduisant leurs capacités à réagir efficacement, mais sans pour autant transférer un vrai pouvoir politique à l’Union. L’Europe incarne ainsi la figure du père fouettard qui se soucie peu du bien-être de ses habitants. Seul semble compter le respect des règles. Mais ce n’est pas tout. Ce régime conduit également à valider une concurrence fiscale et sociale délétère entre les États membres. En résumé, la tendance au désamour pour l’Europe ne doit pas surprendre. Alors que les citoyens attendaient de l’euro un progrès économique et social, ils ressentent bien plutôt déclassement et inquiétude.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’euroscepticisme ambiant semble reculer. Les citoyens portent des regards plus positifs sur les bénéfices d’être européen. Les responsables assument plus clairement leur confiance dans l’Europe et s’engagent à traiter sur le fond de l’avenir de l’Union. Cette évolution des esprits et des visées ne doit rien au hasard. L’Europe, et particulièrement la zone euro, bénéficient actuellement d’une constellation favorable pour avancer vers plus d’intégration. Les perspectives économiques sont plutôt encourageantes ; les grands défis actuels du terrorisme et du
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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deviennent les dépôts des autres agents économiques. Toutefois, la création monétaire par le système bancaire n’est pas infinie. Dans ce processus de création monétaire, une partie des crédits est retirée sous forme de billets et de pièces de monnaie. Comme la création monétaire est fondée sur un mécanisme fragile, qui consiste à financer des crédits à une échéance plus ou moins longue avec des dépôts pouvant être retirés à tout moment, il est nécessaire pour la banque centrale de réguler cette activité en imposant des réserves obligatoires sur les dépôts. Ces réserves sont déposées auprès de la banque centrale. Par ailleurs, les banques commerciales par prudence constituent elles-mêmes des réserves excédentaires pour faire face à des épisodes de manque de liquidités. En réalité, sans une régulation bancaire, les banques pourraient prendre trop de risques et constituent des réserves insuffisantes pour faire face à une crise financière systémique, qui entraînerait une chute brutale de la quantité de monnaie créée par le système bancaire. Pour éviter ces épisodes de crise grave de liquidités, les autorités de régulation ne cessent de renforcer les régulations bancaires et financières. Ainsi les régulations introduites suite à Bâle III ont renforcé un ensemble d’instruments de régulation micro-prudentielle et a introduit des régulations macro-prudentielles (Barry et Dai , 2013).
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