Haut PDF Les normes fondamentales du travail contribuent-elles à réduire les inégalités ?

Les normes fondamentales du travail contribuent-elles à réduire les inégalités ?

Les normes fondamentales du travail contribuent-elles à réduire les inégalités ?

Néanmoins, le lien entre les inégalités de revenus et les institutions sur le marché du travail est loin d’être univoque et robuste. Par exemple, Vanhoudt (1997) trouve que les politiques actives d’emploi dans les pays de l’OCDE permettent d’augmenter la part des revenus du quintile le plus bas mais n’affectent cependant pas l’évolution du coefficient de Gini. Plus récemment, Rama (2003) montre que si un système de sécurité sociale permet de réduire de manière significative les inégalités dans les pays développés, les négociations collectives apparaissent comme beaucoup moins opérantes pour améliorer la distribution des revenus, et les conventions fondamentales de l’OIT s’avèrent complètement inefficaces pour réduire les inégalités. Le débat est encore plus contrasté dans les PED où la mise en place de normes trop restrictives est suspectée d’entraîner le déplacement d’une partie importante de la main d’œuvre du secteur formel vers le secteur informel, renforçant le dualisme de l’économie et de fait les inégalités entre salariés protégés et ceux ne bénéficiant d’aucune protection (Harrison & Leamer, 1997; Maskus, 1997).
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La formation continue, un moyen de réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes ?

La formation continue, un moyen de réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes ?

L’identification des param` etres dans notre sp´ ecification ne n´ ecessite aucune restriction d’ex- clusion car elle peut ˆ etre r´ ealis´ ee par la forme fonctionnelle. Toutefois, notre base de donn´ ees contient des variables qui expliquent la participation aux formations mais pas les salaires : tous les d´ eterminants des salaires X n’incluent pas tous les d´ eterminants des formations Z et Z inclut des variables qui font r´ ef´ erence ` a la situation de l’entreprise et du travailleur avant la formation, alors que X inclut des variables d´ ecrivant la situation en 2000. C’est en soi suffisant pour identifier les param` etres δ et α. Plus pr´ ecis´ ement, on retient comme variables explicatives Z de la participation ` a une formation, non seulement des caract´ eristiques relatives au salari´ e (sexe, nationalit´ e, nombre d’enfants, anciennet´ e, exp´ erience, diplˆ ome, type et statut de l’emploi occup´ e) mais aussi certaines caract´ eristiques relatives ` a l’entreprise (taille, branche d’activit´ e). Des variables refl´ etant les strat´ egies d’organisation et de gestion de la main d’œuvre sont aussi introduites. Notamment, l’enquˆ ete Formation Continue 2000 nous indique si au cours des qua- torze derniers mois, il y a eu ou non dans le service ou l’´ equipe du salari´ e : i) un am´ enagement ou une r´ eduction du temps de travail ; ii) la mise en place de nouveaux logiciels, mat´ eriels infor- matiques, autres ´ equipements ou techniques de production ; iii) la mise en place d’une nouvelle organisation de travail (partage des tˆ aches diff´ erent, application de normes qualit´ e ou s´ ecurit´ e). Il ne serait pas ´ etonnant que les travailleurs appartenant ` a un service qui a mis en place de nouveaux ´ equipements ou un nouveau syst` eme de r´ epartition des tˆ aches, soient plus suscep- tibles de suivre une formation, en particulier pour s’adapter ` a leur nouvel environnement de travail. Enfin, on a retenu comme d´ eterminant des deux formations une variable dichotomique qui vaut 1 si le salari´ e a b´ en´ efici´ e d’un bilan de comp´ etences r´ ealis´ e par un organisme sp´ ecialis´ e dans les quatorze derniers mois et 0 sinon. On s’attend a priori ` a ce qu’elle joue positivement sur la probabilit´ e de suivre une formation puisque le bilan de comp´ etences a pu pointer cer- taines connaissances ` a approfondir afin d’avoir une meilleure ´ evolution de carri` ere. L’´ equation de salaire int` egre les d´ eterminants traditionnels tels que des variables refl´ etant le capital hu- main du salari´ e (anciennet´ e, exp´ erience, diplˆ ome), sa situation familiale (en couple, nombre d’enfants), le type d’emploi occup´ e (temps partiel, CDI, profession) et les caract´ eristiques de son ´ etablissement (branche d’activit´ e, taille de l’entreprise).
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Les États-Unis, le commerce et les normes du travail ; Une perspective historique

Les États-Unis, le commerce et les normes du travail ; Une perspective historique

80 La loi de 1994 donnera à ce groupe de travail quatre objectifs : (1) explorer le lien entre commerce et travail en prenant en considération les différences dans le développement ; (2) examiner les effets sur le commerce international du refus systématique de reconnaître les droits du travailleur ; (3) explorer les moyens d’aborder ces effets ; et (4) développer les moyens de coordonner le programme de travail de ce groupe de travail avec l’OIT. Pour le président Clinton, relancer le débat sur les clauses sociales à l’OMC, c’était aussi une façon habile de détourner l’attention et de faire oublier le débat sur l’ALENA qui avait profondément divisé les Démocrates, tout en coupant court aux critiques en renvoyant le dossier à un nouveau cycle de négociation. La stratégie va porter ses fruits puisque les accords du cycle de l’Uruguay seront ratifiés, à une très forte majorité, le 29 novembre 1994 par la Chambre des Représentants (288 voix pour et 146 voix contre) et le 1 er décembre par le Sénat (76 pour et 24 contre). Par contre, la proposition de créer un groupe de travail à l’OMC fera long feu. 81 C’est l’argument principal que la Banque mondiale retiendra pour rejeter brutalement toute idée de clause sociale dans son rapport de 1995 sur le développement dans le monde. Pour l’organisme, les coûts seraient certainement plus élevés que les bénéfices. La Banque distingue les normes fondamentales, qui relèvent des droits de la personne et sont d’ordre éthique, des normes, comme le salaire minimum ou la santé par exemple, qui se rattachent au développement économique. Dans le cas de ces dernières, appliquer des sanctions commerciales aurait pour conséquence de réduire le commerce et de nuire à ceux que l’on veut aider. Dans le cas des normes fondamentales, l’application de sanctions aurait des effets négatifs sur la communauté internationale d’autant plus importants que le pays concerné est grand. On peut donc s’attendre à ce que seuls les petits seraient sanctionnés, alors que les grands pays où les violations des droits sont sans doute les plus importantes, échapperaient aux sanctions. Mais le risque le plus sérieux, c’est que le lien commerce-normes du travail serve surtout à protéger les intérêts de ceux dont l’activité est menacée par la concurrence de produits moins chers. (Banque mondiale, World Development Report. Workers in an Integrating World, 29 juin, 1995, pp. 78-79). Pour une critique de ce rapport, voir Jerome I. Levinson, « A Missed Opportunity: The World Bank’s World Development Report 1995. Workers in an Integrating World », Washington, ILRF Publications, 1995.
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Mondialisation et normes de travail

Mondialisation et normes de travail

D ’un côté, les États ou des organismes natio- naux, introduisent des normes qui visent à harmoniser les pratiques et réduire les coûts de transaction ou à protéger certaines catégories de la population comme les consommateurs pour les normes de sécurité, ou les travailleurs pour les normes ou règles sociales. D’un autre côté, la mondialisation a rendu accessible des biens fabriqués à l’étranger et qui, sauf normes internationales, ne sont pas nécessairement soumis aux mêmes standards. La crainte est alors que les producteurs de pays hautement réglementés soient soumis à une concurrence déloyale de la part de concurrents étrangers qui le sont moins. Pire, pour conserver leur compéti- tivité, les pays seraient tentés de s’aligner sur le « moins-disant » enclenchant ainsi un processus régressif d’abaissement de normes qui converge- raient alors vers le bas (« race-to-the-bottom »). La concurrence de pays émergents ou en développement réputés peu soucieux du respect des normes fondamentales de travail, est ainsi fréquemment considérée comme déloyale. Les exceptions au droit national dont bénéficient parfois les industries exportatrices offshore s’assimileraient à un véritable dumping. La ques- tion des droits fondamentaux des travailleurs pose donc une question non seulement morale, mais également économique. Mélange des genres qui ne clarifie pas toujours le débat.
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Le respect des normes de travail fondamentales : Une analyse économétrique de ses déterminants

Le respect des normes de travail fondamentales : Une analyse économétrique de ses déterminants

Une dernière variable, relative à la fois au développement économique et social, est intégrée dans le modèle. Il s’agit du coefficient de Gini (Gini), généralement utilisé pour rendre compte de l’importance des inégalités. Le choix de cette variable repose sur une hypothèse évoquée par Maskus (1997) et Grootaert et Kanbur (1995) selon laquelle plus un pays est inégalitaire, plus les moyens de production (terre et capital) sont concentrés autour de quelques employeurs. Ceux-ci bénéficient de ce fait d’un pouvoir de marché sur le facteur travail qui leur permet d’imposer leurs conditions d’emploi et de violer les NTF. Le signe attendu est donc négatif.
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Normes fondamentales du travail et développement économique

Normes fondamentales du travail et développement économique

de revenu, sur la période 1990-2000. En moindre-carrés ordinaires, nous ne trouvons aucun impact significatif des normes sur le niveau d’inégalités, nos estimations mettant en avant l’existence d’une courbe de Kuznets traditionnelle. Cependant, il est nécessaire de prendre en compte le caractère endogène des normes et l’impact potentiel que les inégalités peuvent avoir sur le niveau de normes. Pour cela, nous utilisons comme variables instrumentales différentes variables liées au contexte institutionnel. Nos résultats indiquent qu’un cadre institutionnel favorable tend à garantir l’application effective des normes fondamentales du travail. L’influence des normes du travail sur les inégalités de revenu dépendra moins de la volonté politique du pays ou de l’adoption de conventions de l’OIT que du contexte social et politique dans lequel ces normes seront mises-en-place. Une fois ces normes endogénéisées par le contexte institutionnel, nous mettons en avant l’existence d’une courbe de Kuznets sociale, avec une relation non-linéaire entre niveau de normes et inégalités. Jusqu’à un certain niveau de normes (correspondant environ au niveau du Brésil), les normes auront tendance à augmenter les inégalités de revenu, avant de les réduire au-delà de ce niveau de normes critique. Notre principale contribution est d’offrir une nouvelle interprétation de la courbe de Kuznets à partir du rôle central que jouent les normes fondamentales du travail. En effet, dans nos estimations, les variables de revenu ne sont plus significatives. En d’autres termes, moins que l’accroissement du revenu, c’est surtout la mobilisation des individus de la société civile recherchant une meilleure situation sociale, ie. une distribution des ressources plus égalitaire, qui explique la mise en place de normes fondamentales plus efficaces. Si l’objectif du gouvernement est la réduction des inégalités, sa politique pourra passer par une politique de promotion des normes si le niveau initial de ces normes est suffisament élevé. Ainsi, si le niveau de normes effectives en Afrique du Sud rejoignait le niveau moyen des pays OCDE, cela se traduirait, selon nos estimations, par une réduction des inégalités de 11%. Dans le cas contraire, pour un faible niveau de normes, une politique de promotion des normes sera susceptible d’avoir un impact positif sur le revenu, au prix d’une augmentation des inégalités.
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La formation continue, un moyen de réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes?

La formation continue, un moyen de réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes?

L’identification des param` etres dans notre sp´ ecification ne n´ ecessite aucune restriction d’ex- clusion car elle peut ˆ etre r´ ealis´ ee par la forme fonctionnelle. Toutefois, notre base de donn´ ees contient des variables qui expliquent la participation aux formations mais pas les salaires : tous les d´ eterminants des salaires X n’incluent pas tous les d´ eterminants des formations Z et Z inclut des variables qui font r´ ef´ erence ` a la situation de l’entreprise et du travailleur avant la formation, alors que X inclut des variables d´ ecrivant la situation en 2000. C’est en soi suffisant pour identifier les param` etres δ et α. Plus pr´ ecis´ ement, on retient comme variables explicatives Z de la participation ` a une formation, non seulement des caract´ eristiques relatives au salari´ e (sexe, nationalit´ e, nombre d’enfants, anciennet´ e, exp´ erience, diplˆ ome, type et statut de l’emploi occup´ e) mais aussi certaines caract´ eristiques relatives ` a l’entreprise (taille, branche d’activit´ e). Des variables refl´ etant les strat´ egies d’organisation et de gestion de la main d’œuvre sont aussi introduites. Notamment, l’enquˆ ete Formation Continue 2000 nous indique si au cours des qua- torze derniers mois, il y a eu ou non dans le service ou l’´ equipe du salari´ e : i) un am´ enagement ou une r´ eduction du temps de travail ; ii) la mise en place de nouveaux logiciels, mat´ eriels infor- matiques, autres ´ equipements ou techniques de production ; iii) la mise en place d’une nouvelle organisation de travail (partage des tˆ aches diff´ erent, application de normes qualit´ e ou s´ ecurit´ e). Il ne serait pas ´ etonnant que les travailleurs appartenant ` a un service qui a mis en place de nouveaux ´ equipements ou un nouveau syst` eme de r´ epartition des tˆ aches, soient plus suscep- tibles de suivre une formation, en particulier pour s’adapter ` a leur nouvel environnement de travail. Enfin, on a retenu comme d´ eterminant des deux formations une variable dichotomique qui vaut 1 si le salari´ e a b´ en´ efici´ e d’un bilan de comp´ etences r´ ealis´ e par un organisme sp´ ecialis´ e dans les quatorze derniers mois et 0 sinon. On s’attend a priori ` a ce qu’elle joue positivement sur la probabilit´ e de suivre une formation puisque le bilan de comp´ etences a pu pointer cer- taines connaissances ` a approfondir afin d’avoir une meilleure ´ evolution de carri` ere. L’´ equation de salaire int` egre les d´ eterminants traditionnels tels que des variables refl´ etant le capital hu- main du salari´ e (anciennet´ e, exp´ erience, diplˆ ome), sa situation familiale (en couple, nombre d’enfants), le type d’emploi occup´ e (temps partiel, CDI, profession) et les caract´ eristiques de son ´ etablissement (branche d’activit´ e, taille de l’entreprise).
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Les modalités de travail ont-elles un impact sur l’estime de soi des préadolescents ?

Les modalités de travail ont-elles un impact sur l’estime de soi des préadolescents ?

INTRODUCTION Pour l'organisation mondiale de la santé, l’adolescence concerne les jeunes de 10 à 19 ans. Connue pour être une phase de chamboulements dont les conséquences sont d'ordre affectif et cognitif (Papalia, Olds, Feldman & Bève, 2010), l’adolescence se caractérise par exemple, par un impact particulièrement élevé des médias sur les jeunes de cet âge, notamment parce qu’ils véhiculent des représentations idéalisées et irréalistes de la beauté (Alsaker, 2018). A cause de ces constructions erronées, les adolescents sont souvent insatisfaits de leur propre image corporelle, participant alors à la mise en place d’une faible estime de soi (Ge, Elder, Renerus & Cox, 2001). Or l’estime de soi est un pilier essentiel dans la construction d’un individu et son épanouissement (Martinot, 2001 ; Taylor & Brown, 1988) . C'est pourquoi, afin de faciliter le passage de l'enfance à l'adolescence, il semble important de prévenir les risques de mauvaise estime de soi liés au développement des jeunes entrant dans l'adolescence. Ainsi, il serait fructueux de travailler ce phénomène en amont, chez des pré-adolescents. A cet âge, l’acceptation sociale est importante et augmenterait les chances d’avoir une bonne estime de soi plus tard ; à l’inverse du rejet et de la solitude qui favorisent le développement d’une mauvaise estime de soi (Leary & Baumeister, 2000). Cette acceptation sociale pourrait prendre place lorsque s’impose le travail coopératif au sein des classes. De ce fait, il semblerait intéressant de recourir au travail de groupe à l’école pour optimiser les probabilités de développer une bonne estime de soi.
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Les normes de travail dans les traités de libre-échange

Les normes de travail dans les traités de libre-échange

Cet ef f et peut êt re i mport ant comme l e mont re l ’ ét ude économét ri que d’ Edmonds et Pavcni k ( 2002) sur l es conséquences de l'ouverture sur le travail des enfants au Vi êt Nam. L’ ouvert ure correspond i ci à l a di spari t i on progressi ve du quot a d’ export at i on du riz sur la période 1993-1998. Selon les auteurs, cette mesure a contribué à augmenter le prix relatif de ce bien et donc le revenu de la population rurale. Les résul t at s obt enus mont rent qu’ une augment at i on de 30% du pri x du ri z expl i querai t près de l a moi t i é de l a bai sse de l ’ empl oi des enf ant s. Ce derni er résul t at a appuyé l ’ af f i rmat i on que l a mei l l eure f açon d’ éradi quer l e t ravai l des enfants était de libéraliser l e commerce. Néanmoi ns, si l ’ augment at i on du pri x du ri z a permi s d’ accroi t re l e revenu des product eurs ruraux, i l a aussi rédui t l e pouvoi r d’ achat des ménages urbai ns, ce qui a accru l a probabi l i t é de survenance du t ravai l des enf ant s dans les villes. De pl us, l ’ exempl e se si t ue dans un cont ext e t rès part i cul i er: l a mesure de l a l i béral i sat i on ne port e pas sur l a l evée d’ une mesure de prot ect i on mai s sur l ’ él i mi nat i on d’ une rest ri ct i on à l ’ export at i on qui permet t ai t de mai nt eni r l e pri x i nt éri eur du riz à un ni veau i nf éri eur au pri x mondi al . Au Mexi que, c’ est l ’ ef f et i nverse qui a ét é observé. La mi se en pl ace de l ’ ALENA a provoquéune forte concurrence des importations qui a conduit à une baisse brutale des prix du maïs (48% en moins de 3 ans) qui concerne 3 mi l l i ons de product eurs ( Bacchet t a et J ansen, 2003) . L’ ét ude de Edmonds et Pavcni k ( 2004) mont re d’ ai l l eurs l ’ absence de rel ation significative entre ouverture commerciale et travail des enfants dès lors que les différences de revenus entre les pays de l ’ échant i l l on sont considérées.
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Le travail, l'école et la production des normes de genre.

Le travail, l'école et la production des normes de genre.

D’une part, leurs performances et leurs aspirations scolaires permet- traient d’éviter l’apprentissage et de privilégier la formation en école, le lycée professionnel offrant la possibilité de préparer des diplômes plus élevés et d’envisager, à plus ou moins brève échéance, une poursuite des études. D’autre part, et c’est sur cette seconde dimension que la littérature sociologique se focalise, la prédilection des filles pour les spécialités rele- vant du domaine des services – moins représentées en apprentissage qu’en lycées professionnels – expliquerait leur sous-représentation en apprentissage comme leur confinement dans des spécialités de formation très féminisées. La position des filles (et des garçons) dans l’espace de for- mation prendrait dès lors racine dans leurs choix d’orientation : « L’orienta- tion est sexuée parce que filles et garçons ignorent en les évitant soigneu- sement les champs de savoirs et de compétences qui sont perçus comme convenant à l’autre sexe » (Vouillot, 2007 : 104). Et si la division sexuée des choix d’orien ta tion scolaire et professionnelle s’avère d’autant plus remar- quable dans le cadre des formations professionnelles, c’est parce que c’est au moment de l’adolescence – période où l’identité se doit d’être confir- mée par le regard d’autrui – que les jeunes doivent élaborer leur projet. Que cela soit par surcroît de mobilisation scolaire (Terrail, 1992), par choix raisonnés et raisonnables (Duru-Bellat, 1990) ou par intériorisation d’un habitus de genre (Baudelot et Establet, 1992), les sociologues s’ac- cordent à penser que les filles s’auto-éliminent du dispositif d’apprentis- sage et que c’est dans le choix des métiers qu’il faut en rechercher la cause (Palheta, 2012). La prévalence accordée aux « dispositions », aux « goûts », à la « vocation » ou encore aux « motivations » pour donner sens et forme à la division sexuée des filières et des spécialités de formation et par-delà à la division sexuelle du marché du travail est sans doute à mettre en relation avec l’évolution des recherches qui, depuis les années 1980, tendent, comme le suggèrent l’analyse et les perspectives développées par Marie Duru-Bellat (1994), à expliquer les structures par les comportements
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Réduire les inégalités de risque d’accident dans les quartiers défavorisés : le succès d’une expérimentation britannique

Réduire les inégalités de risque d’accident dans les quartiers défavorisés : le succès d’une expérimentation britannique

3.1 Une prise de conscience des liens entre sécurité routière et inégalités Au Royaume-Uni, les financements pour réduire les accidents de la circulation viennent directement de l’État, contrairement aux collectivités françaises qui mènent directement leurs projets sans intervention de l’État. Pour obtenir des financements, les Road Safety Units (Unités de sécurité routière) des différentes collectivités soumettent un dossier auprès du Department for Transport (équiva- lent du ministère des Transports). Pour la Neighbourhood Road Safety Initiative, la démarche est sensiblement différente dans la mesure où le Grand Manches- ter est la cible de cette expérimentation. L’enjeu de la Neighbourhood Road Sa-
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Le "fossé numérique" en France 
Des inégalités qui tendent à se réduire, mais qui restent encore très élevées

Le "fossé numérique" en France Des inégalités qui tendent à se réduire, mais qui restent encore très élevées

Autrement dit, ce n’est pas seulement parce que le téléphone mobile se diffuse rapidement que les inégalités dans les taux de possession sont faibles : le produit en lui-même est plus [r]

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Réduire la consommation de tabac : comment prendre en compte les inégalités sociales de santé ?

Réduire la consommation de tabac : comment prendre en compte les inégalités sociales de santé ?

Prix du tabac Il n’y a aucune étude concernant les consé- quences d’une augmentation de prix sur le gradient social chez les enfants et les adoles- cents. Chez les jeunes, les travaux montrent que l’augmentation du prix du tabac semble efficace pour réduire la consommation de tabac. Mais il existe peu de données dispo- nibles sur cet effet par position socio-écono- mique. De même, aucune étude sur des interventions multiples ne renseigne sur leur interaction possible. Chez les adultes, quatre études montrent une réduction du gradient social s’il est mesuré par les revenus, deux montrent une diminution et une la stabilité si le gradient social est mesuré par la profession ; enfin, si le critère est le niveau d’études, une étude montre une réduction du gradient, une montre une stabilité de celui-ci et trois montrent une augmentation du gradient social [63].
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Dynamiques des connaissances scientifiques et des innovations sur les légumineuses à graines (soya & pulses) : Comment les sciences contribuent-elles au verrouillage ou déverrouillage ?

Dynamiques des connaissances scientifiques et des innovations sur les légumineuses à graines (soya & pulses) : Comment les sciences contribuent-elles au verrouillage ou déverrouillage ?

Choix méthodologiques : un travail associant experts du champ investi et scientométres • Managed by Clarivate Analytics, the WoS provides access to article records from more than 30,000 journals and books in various fields of science. The WoS ‘Core Collection’ includes about 70 million records

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Les normes de travail dans les traités de libre-échange

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155 "The principal negotiating objectives of the United States with respect to labor and the environment are— (A) to ensure that a party to a trade agreement with the United States d[r]

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Un système de retraite "universel" ? Les inégalités, du travail à la retraite

Un système de retraite "universel" ? Les inégalités, du travail à la retraite

active. On peut considérer que le futur système de retraite ne prendra que très partiellement en compte la pénibilité, et donc les enjeux de santé publique et d’égalité sociale qui lui sont liées : les ouvrier.e.s ont une espérance de vie en bonne santé inférieure de 10 ans à celle des cadres supérieurs (Blanpain, 2018). Ainsi, l’argument de l’« universalité » s’en trouve affaibli : « un euro cotisé [ouvre un] même droit » de pension pour tout le monde, mais moins longtemps pour celles et ceux dont l’espérance de vie est amoindrie par l’exercice d’un travail pénible et usant corporellement. Cela pose ainsi également la question des inégalités en termes de possibilités d’anticipation de la retraite. La projection de ces travailleur.euse.s s’inscrit davantage dans un avenir proche que dans une gestion de leur vieillissement à long terme. Ils et elles expriment dans les enquêtes qualitatives (Gaborieau, 2016* ; Roux, 2018*), parfois précocement au cours de la vie active, des inquiétudes quant à la possibilité de parvenir à la retraite en bonne santé voire tout simplement de pouvoir l’atteindre.
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Normes du travail, migrations internes et emploi : une analyse théorique

Normes du travail, migrations internes et emploi : une analyse théorique

La libert´ e d’association et l’abolition du travail forc´ e, de la discrimination et du travail des enfants sont suppos´ es avoir un effet positif sur le niveau de productivit´ e. Les syndicats apportent aux salari´ es la capacit´ e de donner leur avis sur les d´ ecisions de management, rendant plus probable la r´ esolution des diff´ erents par la discussion et la n´ egociation, plus que par le conflit. Par ailleurs, la syndicalisation r´ eduit la rotation du personnel. Les salari´ es seront mieux ` a mˆ eme de d´ evelopper des comp´ etences sp´ ecifiques ` a l’emploi et les employeurs seront plus enclins ` a investir dans la formation de long-terme. Ces deux aspects auront tendance ` a renforcer la croissance de la productivit´ e. Aidt et Tzannatos (2002) consid` erent que la n´ egociation collective favorise la coordination. La plupart des ´ etudes sur la question montrent que la n´ egociation collective exerc´ ee de mani` ere coordonn´ ee est associ´ ee ` a des performances macro´ economiques accrues 15 . Martin et Maskus (2001) montrent que si les march´ es sont comp´ etitifs, il est plus probable
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2017 — Nouvelle méthode d'identification de causes fondamentales et leçons apprises pour réduire les dépassements de coûts et de délais : mesure de la performance d'identification des risques

2017 — Nouvelle méthode d'identification de causes fondamentales et leçons apprises pour réduire les dépassements de coûts et de délais : mesure de la performance d'identification des risques

et les coûts associés a permis de mettre en évidence l’importance d’implémenter la pratique de gestion du risque dans les entreprises. Cependant, la présence de surprises en fort volume dans les entreprises qui ont déjà recours à la gestion du risque souligne le manque de performance de la pratique. Ces surprises affectent directement les performances des projets. En effet, on a pu constater que plus le volume de surprises est élevé, plus les entreprises font face à des changements d’ingénierie. L’application de cette méthode a aussi permis d’en démontrer les limites qui sont le temps conséquent consacré à l’évaluation de la qualité des regroupements et au choix optimal du nombre de groupes à utiliser. Une méthode améliorée a alors été développée afin de pallier à ces limites et repose sur le regroupement par régression, méthode de regroupement qui jusque-là n’a été appliquée que sur des données numériques. Cette nouvelle méthode permet alors de réduire le temps passé à l’évaluation de la qualité des regroupements et la validation du choix du nombre de groupes à imposer.
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Quelles adaptations des systèmes laitiers pour réduire la contrainte « travail » ? Une étude en Ségala

Quelles adaptations des systèmes laitiers pour réduire la contrainte « travail » ? Une étude en Ségala

services avec salarié, etc.) domine car 95% des exploitations de l’échantillon ont mis en place une ou plusieurs solutions jouant sur ce levier. L’amélioration des équipements et des bâtiments reste une voie importante d’adaptation des élevages puisque 83 % des éleveurs y ont fait appel. Près de 30 % des éleveurs ont investi dans du matériel pour alimenter le troupeau (DAC, DAL, etc.) et 48 % pour nettoyer les stabulations. Les solutions touchant la conduite technique de l’élevage sont importantes car 86 % des exploitations enquêtées ont cité une ou plusieurs d’entre elles. Les plus courantes concernent l’alimentation du troupeau (67 %) (ration complète, etc.), et celles touchant la traite (mono traite, treize traites par semaine) progressent (21 % des exploitations). Les éleveurs ont recours à plusieurs solutions (en moyenne onze par exploitation). Les solutions ne répondent pas aux mêmes attentes en termes de travail pour les éleveurs laitiers. Les principales attentes exprimées portent sur la réduction du travail au quotidien (93 %), la diminution des pointes de travail (91 %), ou encore travailler moins péniblement (74 %). Les résultats de l’AFC, sur les vingt-trois solutions élémentaires et les neuf raisons de mise en œuvre, donnent un cadre de lecture des relations entre les solutions et les attentes exprimées par les éleveurs. Le premier axe factoriel (47 % de l’inertie) oppose 1) des attentes de rythmes de travail maîtrisés (gestion des pointes de travail, se libérer une soirée ou prendre des congés) qui passent par des solutions portant sur la main-d’œuvre (entraide, délégation), 2) à la réduction du temps de travail au quotidien : les éleveurs privilégient alors la simplification de la conduite de l’alimentation, ainsi que l’amélioration des équipements ou des bâtiments. Le second axe (23 % de l’inertie) oppose des attentes de temps libre par la mise en place de solutions reposant sur la main-d’œuvre (salariat) et sur la traite (monotraite, arrêt de traite), à des attentes autres (économie, technique) faisant intervenir les « délocalisations » (mise en pension de génisses, achat de fourrages et de génisses) mais aussi l’utilisation du pâturage et du matériel de la CUMA. 2.3. LES PROFILS D’ADAPTATION
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Pépite | La journée de travail : organisation, valorisation et inégalités sociales

Pépite | La journée de travail : organisation, valorisation et inégalités sociales

P REMIERE S ECTION - La journée de travail : une dimension temporelle déterminante pour l’articulation des temps Dans un contexte d'intensification et de flexibilisation du travail, le sentiment de manquer de temps se fait de plus en plus pesant. Alors que la tendance est à apprécier le temps de travail par rapport à un cadre de référence toujours plus large (voir encadré n°6), c’est dans l’immédiateté et la quotidienneté que s’éprouve et s’expérimente notre rapport au temps 16 . En effet, c'est au quotidien que se ressentent les difficultés de gestion du temps - même si une partie de ces difficultés peuvent être résolues en les reportant sur un horizon plus lointain : par exemple, consolider le lien familial ou social en consacrant du temps aux proches le week-end plutôt qu’en semaine. Toutefois, c’est au quotidien que se manifestent des imprévus, des contretemps, des empêchements qui obligent les individus à s’adapter dans l’urgence. Exemple s’il en est de ces difficultés du quotidien, l’activité parentale, qui implique des arbitrages, des arrangements, un « système de débrouille » pour faire face à une multitude de « petits problèmes » qu’il faut régler dans la précipitation (Bouissou, Bergonnier-Dupuy, 2004 ; Déchaux, 2009). Pour s’occuper de leurs enfants, les parents doivent s’arranger, prendre leurs dispositions. Mais planifier la garde de ses enfants sur le long terme, la semaine ou le mois, n'empêche pas un certain nombre d'arbitrages journaliers d’être effectués, notamment lors d’imprévus : enfant malade, grèves des écoles, problèmes de transport, etc. De même, le fait d'organiser sa semaine pour consacrer du temps à ses loisirs ou activités citoyennes le week-end n'empêche pas ces autres temps de se manifester à l'échelle de la journée (planification durant la semaine des activités réalisées le week-end ; échanges par mail ou téléphone avec d’autres membres du club, de l’association, du groupe ou de l’entourage ; le fait de penser au week-end les autres jours de la semaine).
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