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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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seraient chargées d’évaluer la conformité des hausses de salaires au progrès de la productivité dans chaque pays et de comparer ces évolutions à celles observées chez ses principaux partenaires commerciaux. De plus, comme la baisse de compétitivité est très différente selon les pays européens, la CE préconise des réformes qui doivent supprimer les obstacles aux convergences structurelles importantes révélées à l’occasion des crises et fixer des normes communes portant notamment sur le marché du travail et la compétitivité. Ces convergences seront négociées dans une première étape avant de devenir obligatoire dans une seconde phase. La foi de la Commission dans les prix relatifs comme instruments essentiels d’ajustement économique a probablement amené cette institution à sous-estimer le multiplicateur budgétaire qui mesure l’impact d’une baisse des dépenses publiques sur le PIB. En effet, la valeur estimée de ce multiplicateur était de 0,5, alors que les travaux empiriques du FMI ont montré que sa valeur réelle était comprise entre 0,9 et 1,7 pour l’UE au cours de cette période. 13 Cette sous-estimation est due à la croyance qu’une baisse du taux d’intérêt suffirait à stimuler l’investissement, alors que cette demande dépend aussi d’autres facteurs, notamment des prévisions de débouchés qui sont généralement pessimistes en basse conjoncture. De plus, elle néglige les résultats de travaux empiriques qui montrent qu’une baisse de la demande publique s’accompagne d’une réduction de la consommation privée et non d’une hausse. La politique d’assainissement des finances publiques imposée à la Grèce avec persévérance depuis plusieurs années par l’Eurogroupe et la CE constitue un exemple extrême des effets économiques et sociaux négatifs d’une telle politique malgré une baisse importante des salaires et des pensions de retraite et une illustration de son incapacité à réduire l’endettement public.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’euroscepticisme ambiant semble reculer. Les citoyens portent des regards plus positifs sur les bénéfices d’être européen. Les responsables assument plus clairement leur confiance dans l’Europe et s’engagent à traiter sur le fond de l’avenir de l’Union. Cette évolution des esprits et des visées ne doit rien au hasard. L’Europe, et particulièrement la zone euro, bénéficient actuellement d’une constellation favorable pour avancer vers plus d’intégration. Les perspectives économiques sont plutôt encourageantes ; les grands défis actuels du terrorisme et du
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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degré d’intervention publique, en cas de crise financière en particulier 4 . Pour les citoyens, la libéralisation des mouvements de capitaux signifie la faculté d'effectuer à l'étranger des opérations nombreuses et aussi diverses que l'ouver- ture de comptes bancaires, l'achat d'actions dans des entreprises d'autres États membres, les investissements aux endroits qui offrent le meilleur rendement et l'achat de biens immobiliers. Pour les entreprises, cela signifie essentiellement la possibilité d'investir dans d'autres entre- prises européennes, d'en être propriétaire et de participer activement à leur gestion 5 . Avant le milieu des années 1990, la libre circulation des capitaux n'existait pas en pratique dans un certain nombre d'États membres. Même si elles étaient possibles en théorie, de nombreuses opérations financières avec d'autres États membres requéraient une autorisation préalable des autorités nationales. La libéralisation com- plète des mouvements de capitaux dans l'UE a été adoptée en 1988 (directive 88/361/CEE) et a pris effet en 1990 pour la plupart des États membres. En revanche, une stratégie politique globale pour les services et les marchés financiers est cruciale afin d'assurer la cohérence et l’homogénéité des différentes politiques sectorielles, dans le domaine des banques, des assurances, des valeurs mobilières et des fonds d'investissement, des infrastruc- tures de marché, des services financiers de détail ou des systèmes de paiement.
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Au final, les citoyens économiquement les plus fragiles sont doublement pénalisés : ils payent la crise et le traitement de la crise. C'est l'injuste retour des choses. Alors, que faire ? D'abord, inlassablement rappeler que critiquer le Consensus de Bruxelles et, plus généralement, remettre en cause l'architecture trop libérale de l'union économique et monétaire n'est pas une marque de défiance envers la construction européenne. Ensuite, dire, et redire, que nous avons besoin d'une Europe exemplaire de paix et de solidarité. D'une Europe qui régule l'économie dans l'intérêt collectif. On connaît la direction à prendre. Seule la création d'un véritable pouvoir politique et démocratique européen au dessus des Etats membres sera capable de subvertir le Consensus de Bruxelles et de piloter l'économie européenne. Il faut sans cesse y méditer, surtout lorsqu'on sait que la géopolitique mondiale s'organisera autour de quelques grands espaces régionaux.
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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de la réunification a été porté par l’Allemagne elle-même et la participation de l’Europe à la reconstruction des nouveaux Länder a été modeste. Le financement de la reconstruction et de la redistribution dans les nouveaux Länder a été assuré par une augmentation des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). Grâce à ces transferts, le PIB par habitant des Allemands de l’Est se situait au début des années 2000 à 60 % de celui des habitants de l’Ouest, contre 40 % dix ans plus tôt. Parallèlement à cet effort de solidarité, l’Allemagne a rétabli sa compétitivité internationale grâce à des politiques de flexibilisation du marché du travail (réformes Hartz), une modération salariale débutée au milieu des années 1990 et une remise en question des conditions et de la rémunération du travail (disparition du 13ème mois dans certaines entreprises, augmentation du temps de travail, etc.). Ce qui pour ses partenaires est perçu comme une forme de « dumping salarial » contribuant à déprimer la demande intérieure allemande, et par voie de conséquence la croissance européenne, a avant tout été perçu par les pouvoirs publics allemands comme le prix à payer pour redevenir compétitif et conserver une partie de l’emploi industriel en Allemagne. Il est dès lors évident, qu’un pays qui a porté la quasi-totalité du poids de la réunification sur ses épaules, sans l’aide de ses partenaires européens, et qui a rétabli sa compétitivité en acceptant une stagnation, voire une baisse de son pouvoir d’achat, est particulièrement réticent à venir en aide à un autre pays qui n’a pas fait les mêmes efforts d’amélioration de compétitivité.
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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constitution de type fédéral où des Etats s’unissent pour s’enrichir de leurs diversités. Ce serait le choix d’une ambition qui dépasse l’établissement d’un grand marché, aujourd’hui très en vogue. De fait, le fédéralisme européen est plutôt ringardisé. Au mieux, il est encore défendu par quelques nostalgiques d’une Europe puissance. Au pire, il apparaît comme une réponse dépassée face à la mondialisation libérale.

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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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veillance et la suspicion. Nous connaissons le résultat sous nos yeux : les États membres perdent une partie de leur autonomie sans que pour autant l’Europe devienne une puissance ; les citoyens ne parviennent pas à s’iden- tifier à une Europe lointaine qui ne les protège pas assez. Sur le long terme, une telle construction risque de s’effriter.

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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’un des principaux avantages macroéconomiques attribué à l’euro réside dans sa capacité à protéger les pays membres de l’Union monétaire européenne des attaques spéculatives et des fuites de capitaux qui peuvent se manifester lors de crises économiques et financières graves. Or, cet avantage s’est révélé illusoire pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui, malgré leur appartenance à la zone euro, ont fait l’objet de la défiance des opérateurs financiers sur leur capacité à rembourser leurs dettes. Il s’est même transformé en un handicap dans la mesure où ces pays ne peuvent espérer sortir de leurs difficultés financières qu’en faisant appel à l’aide internationale et en mettant en œuvre les mesures d’austérité sévères qui leur sont imposées en contrepartie de ces aides et dont les effets sur leurs finances publiques risquent d’être contraires à ceux attendus. Du fait du coût économique, politique et social important de cette solution, certains pays de la zone euro peuvent envisager de la quitter, alors que des candidats à l’euro peuvent être amenés à retarder leur adhésion ou à y renoncer en espérant que le retour à une monnaie nationale ou sa conservation leur permettra de mieux faire face à une crise de leur endettement public. Mais les difficultés qu’éprouvent les pays de la zone euro à résoudre leur problème de finances publiques face à la défiance des marchés financiers ne résultent pas de l’instauration d’une monnaie commune. Elle provient plutôt de la stratégie qui est utilisée par les instances européennes pour aider les pays en difficulté. En effet, le
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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indépendante se concentrant sur l’objectif de stabilité des prix ; des finances publiques strictement encadrées et soumises à des sanctions en cas de dérapages. L’ordo-libéralisme se défie des politiques interventionnistes et des choix stratégiques des gouvernements trop à l’écoute d’intérêts sectoriels. Le résultat est une forme de fédéralisme tutélaire où les règles se substituent aux choix démocratiques. Il suffit ici de penser au comportement de la Troïka face à la Grèce. Avec l’ordo-libéralisme, les États de la zone euro acceptent de se lier les mains en réduisant leurs capacités à réagir efficacement, mais sans pour autant transférer un vrai pouvoir politique à l’Union. L’Europe incarne ainsi la figure du père fouettard qui se soucie peu du bien-être de ses habitants. Seul semble compter le respect des règles. Mais ce n’est pas tout. Ce régime conduit également à valider une concurrence fiscale et sociale délétère entre les États membres. En résumé, la tendance au désamour pour l’Europe ne doit pas surprendre. Alors que les citoyens attendaient de l’euro un progrès économique et social, ils ressentent bien plutôt déclassement et inquiétude.
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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un référendum, tenu le même jour, permettrait à chaque État membre de choisir son avenir. Naturellement, la fédération (le premier cercle) ne serait pas fermée à de futurs candidats. La dynamique citoyenne qui vient d’être esquissée est certes indispensable, mais elle doit être encouragée et soutenue. Rien ne se fera sans les engagements fermes de quelques grandes figures politiques, artistiques et culturelles. De même, ce mouvement réclame un soutien marqué du couple franco-allemand et un

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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Pour se consolider, la zone euro aurait intérêt à se diriger vers un espace politique homogène, autrement dit une union politique. C’est d’ailleurs pour ne pas s’engager vers une union politique que Mrs. Thatcher justifiait le « non » du Royaume-Uni à la monnaie unique. Elle faisait en effet le lien entre la juridiction optimale et l’intégration politique. Naturellement, puisque tous les Etats membres n’appartiennent pas à la zone euro, il conviendrait de recourir à une Europe à plusieurs cercles. La tâche est considérable. Elle exige, dans tous les pays concernés, l’évolution des esprits dans un contexte de clarté sur les objectifs et les moyens. La France, à l’occasion des élections présidentielles, vient d’apporter une nouvelle fois la preuve que les grands débats nationaux menés au sein de chaque Etat membre éludent très largement cette question cruciale pour l’avenir.
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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Un domaine réservé transitoire Le ou les opérateurs qui prennent en charge le service universel peuvent, selon la directive de 1997, bénéficier d’une compensation, « lorsque les obligations (…) constituent une charge financière inéquitable », puisqu’ils sont de moins en moins en mesure d’en assurer le financement par le reste du trafic qui, progressivement, leur échappe. La directive autorise à cet effet la mise sur pied d’un fond de compensation. La solution la plus pratiquée jusqu’à présent en Europe, consiste cependant à maintenir transitoirement un domaine réservé (monopole partiel) pour l’opérateur historique en charge du service universel. En France, la diminution du monopole n’a jusqu’à présent concerné qu’une partie limitée de trafic courrier, seulement 8,6 % de volume capté, pour un potentiel théorique de 16 % (graphiques n°1 et 2a en annexe). Cela représente toutefois une perte d’environ la moitié du trafic ouvert à la concurrence. L’impact sur le chiffre affaires est plus significatif, puisqu’il atteint 18 % en 2005 6 .
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Eté 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Evolution de l’image de l’UE dans l’opinion publique européenne Jean-Alain Héraud * et Bernard Aubry # L’Europe est en construction depuis une soixantaine d’années (si on prend comme point de départ le Traité de Rome de 1957). Qu’en est-il de l’opinion européenne – où en est-elle dans sa construction ? La question peut être posée à deux niveaux : Quelle est l’opinion des Euro- péens sur l’Europe (institutionnelle) et comment a-t-elle évolué ? Existe-t-il vraiment une opi- nion européenne ? L’opinion européenne se trouve certainement encore dans une phase pré- coce de construction, mais les résultats des dernières élections au Parlement européen, lors- qu’on considère le taux de participation qui fut une agréable surprise et les grandes restruc - turations de l’arène politique, peuvent donner l’impression que l’Europe existe bien dans les faits comme dans les représentations mentales des électeurs. Même si les débats politiques prennent généralement une forte connotation nationale, un système d’enjeux proprement eu- ropéens semble s’affirmer chez les électeurs. En termes de mesure des opinions en Europe et sur l’Europe, l’Eurobaromètre est une excellente source d’information, à notre avis insuffi- samment exploitée. Nous nous proposons d’y puiser des éléments de réponse aux questions évoquées.
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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1 COM(2017) 822, 6 décembre 2017. mesure où ces nouveautés s’inscrivent dans un ensemble d’idées sur l’approfondissement de la zone euro et qu’elles visent à dépasser les faiblesses du cadre financier actuel de l’Union en matière de stabilisation macroéconomique, il n’est pas inutile de rappeler les grandes lignes de ces idées et les insuffisances du budget de l’UE, avant de discuter les deux nouveaux instruments proposés. Cela nous amènera à commenter également d’autres propositions récentes distinctes. Dans l’ensemble, ces dernières vont d’une simple ligne budgétaire supplémentaire dans le budget de l’UE à un véritable budget de la zone euro, en passant par un fonds de stabilisation ou un système commun d’assurance chômage. Toutes s’appuient sur l’idée générale que la zone euro a besoin d’un mécanisme budgétaire de partage du risque quand les États membres sont touchés par des chocs économiques asymétriques, parce que les autres mécanismes d’ajustement aux chocs ne sont pas disponibles (taux de change, politique monétaire autonome) ou ne sont pas suffisants (flexibilité des marchés, mobilité du travail et du capital, politique budgétaire) 2 . Ces propositions se placent dans un contexte où les positions nationales sont divergentes. Dans son discours à la Sorbonne le 26 septembre 2017, le président Emmanuel Macron a fait le vœu d’un budget de la zone euro et d’un ministre commun. Dans un document officieux mis en circulation en octobre (Non-paper for paving the way
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le nouvel outil d’aide à la mise en place des réformes serait destiné à renforcer la résistance des économies face à des chocs économiques. Il s’agit des réformes jugées prioritaires dans le cadre du Semestre européen. Les subventions seraient allouées aux pays sur la base de rapports annuels de la Commission au sujet des progrès réalisés. Ces derniers seraient évalués en fonction d’objectifs précis à atteindre. Les crédits dédiés à cet outil pourraient être de l’ordre de 25 milliards d’euros sur 7 ans (en comptant le mécanisme de soutien à la convergence). Le mécanisme de stabilisation, quant à lui, serait destiné à soutenir l’investissement « en cas de chocs asymétriques de grande ampleur ». Il fournirait des subventions ainsi que des prêts aux États membres, à condition de respecter des « critères d’admissibilité stricts et prédéfinis, fondés sur des politiques macroéconomiques saines » et de se conformer au cadre de surveillance de l’UE. L’aide financière serait alors déclenchée « automatiquement et rapidement sur la base de paramètres prédéfinis » (relatifs à l’évolution du chômage ou de l’investissement). A vrai dire, la conditionnalité, qui sert à éviter l’aléa moral, ôte tout caractère automatique à la stabilisation ! Il est à craindre que des interférences politiques sur l’interprétation de la conditionnalité nuisent à l’efficacité de ce mécanisme.
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Eté 2020 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La pandémie de Covid-19 a induit des effets négatifs très importants à la fois sur l’offre et la demande globales dans les pays membres de l’Union économique et monétaire (UEM) de l’Union européenne (UE). Selon des prévisions récentes, le PIB des États membres de l’UEM pourrait chuter de 6 à 12 % selon le pays. Les effets négatifs à court terme de cette pandémie pourraient devenir persistants car ils endommagent gravement les bilans des entreprises de nombreux secteurs et des institutions financières et mettent beaucoup d’entre elles en grande difficulté. Les gouvernements nationaux de l’UEM, qui ont fait un très grand effort pour soutenir les entreprises privées et pour compenser la perte de revenu des travailleurs, vont accuser d’importants déficits budgétaires et voir leur dette s’envoler à des niveaux nettement plus élevés. Des pays comme l’Italie et l’Espagne pourraient être à nouveau confrontés au risque d’une double crise de la dette souveraine et bancaire, car leurs dettes sont déjà élevées avant la pandémie, alors que d’autres pays membres risqueraient fortement de voir leurs conditions de financement se détériorer. Les marchés d’actions et de la dette de la zone euro s’effondrent en mars 2020 par crainte que les réponses des politiques budgétaires et monétaires ne soient pas suffisantes pour faire face aux graves conséquences économiques négatives de la pandémie de Covid-19 et par peur d’une détérioration plus importante de la situation. Dans ce contexte de grande instabilité financière, la BCE a un rôle très important à jouer pour
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Eté 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Les politiques des territoires et de développement : entre concurrence et solidarité. Les sous-titres que nous avions choisis marquaient déjà de fortes interrogations à la fois sur les fondements doctrinaux des politiques suivies par l’Europe et sur la pertinence de l’architecture institutionnelle de l’Union économique et monétaire. La reprise en 2015 de ces trois thèmes ne doit rien au conformisme. Très clairement, cette continuité surligne une construction européenne inachevée et, pour tout dire, décevante au regard des ambitions affichées. D’ailleurs, beaucoup d’Européens doutent et s’interrogent sur son avenir.
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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nationale. L’espace politique de chaque Etat est bien identifié par les électeurs, tandis que celui de l’Europe reste à construire. Pourtant, les grands partis politiques européens ont initié un début prometteur de constitution d’un espace public à l’échelle de l’Union. Chacun d’entre eux a désigné son leader aux élections européennes. Il (ou elle) avait vocation, si son parti obtenait le plus de voix, à être désigné(e) comme président de la

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Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

En mars 2015, la BCE a décidé, dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle, de prendre des mesures d’assouplissement quantitatif analogues à celles mises en œuvre aux Etats Unis, en Grande-Bretagne et au Japon. Cette politique dont les mesures ont été amplifiées en mars 2016 consiste à injecter dans les circuits financiers un volume de liquidités de 1680 milliards d’euros de mars 2015 à mars 2017. On espère que les effets de cette expansion monétaire dans le secteur financier se transmettront au secteur non financier et que de ce fait la déflation qui menace la Zone Euro pourra être évitée. La faible efficacité de cette injection massive de liquidités constatée jusqu’ici a suscité des réflexions sur une alternative à la politique actuelle consistant à substituer à l’injection de liquidités au bénéfice du secteur financier, une alimentation monétaire directe du secteur non financier (entreprises, ménages, secteur public). Cette idée est soutenue depuis 2015 par différents mouvements, comme le think tank britannique Positive Money. Elle a également suscité l’adhésion de certains économistes, comme J. Muellbauer, et certains responsables politiques, comme J. Corbyn, chef du parti travailliste anglais, et elle a fait l’objet d’une campagne européenne à laquelle participent plusieurs mouvements soutenant des propositions différentes. En février 2016, elle a constitué le thème d’une conférence au Parlement européen et en mars 2016, le président de la BCE n’a pas semblé l’exclure a
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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économiques nationales à la puissance norma- lisatrice des marchés financiers mondiaux », rappelant que les marchés fonctionnent comme une force normalisatrice et discipli- naire à l’égard des États qui ne respecteraient pas les règles imposées à l’Europe par l’ordo- libéralisme allemand. Plus largement il sou- lève la question de la substitution des créan- ciers internationaux et des agences de nota- tion au contrat social que les administrés passent avec leurs gouvernants et dénonce un « barbarisme politique majeur ». Sans doute l’Europe est-elle allée plus loin que les États eux-mêmes dans le pilotage par les règles le choix d’un arbitrage économique par le mar- ché mais la dérive est déjà ancienne. La science économique est née on le sait sur l’idée que l’économie marchande repose sur des lois spécifiques indépendamment de toute considérations politique, religieuse, phi- losophique, morale, sociale, etc., qui autorise à la fois son édification dans la société sur des bases autonomes (le désencastrement pour re- prendre la notion de Polanyi, l’écocratie se- lon Kébabdjian) et une approche strictement scientifique ou technicienne de ces questions. Cette idée a certes été contestée par des au- teurs comme Amartya Sen, Jean-Paul Fitoussi, mais elle s’est imposée de façon éclatante dans la bureaucratie européenne, au point de s’incarner dans un ensemble de règles tech- niques, économiques et financières qui ont été consciencieusement placées en dehors de tout débat politique et de ce qui est encore perçu comme la faiblesse ou l’arbitraire des gouvernements. Ces règles sont inscrites dans
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