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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’actif titrisé regroupe différentes tranches avec différents types de risque. Le groupe de travail de haut niveau du ESRB, présidé par Philip Lane, propose qu’une entité ad hoc achète des obligations souveraines nationales en émettant des titres seniors, intermédiaires et juniors 7 . Les tranches junior et intermédiaire (celles qui subissent en premier les pertes en cas de défaillance de l’emprunteur) représenteraient une part suffisamment importante pour protéger la part senior, par exemple 30 %. C’est à cette tranche senior que correspondrait « l’actif européen sans risque » (European Safe Bonds - ESBies) proposé par Brunnermeier et al. (2017). Cependant, cet actif ne supprimerait pas le risque systémique dans une union financière avec des émetteurs souverains de qualité différente. Et il n’est pas certain qu’il contribue à la liquidité des marchés financiers comme le font les bons du Trésor de l’État fédéral aux États-Unis. Cela pourrait être le cas si la BCE l’acceptait parmi les titres éligibles aux opérations de refinancement. Aussi, en temps de crise, les investisseurs pourraient lui préférer des bons du Trésor allemands (De Grauwe et Ji, 2018). En ce qui concerne la diversification des SBBS, il est suggéré que la part de chaque obligation souveraine nationale soit fondée sur la clé de répartition du capital de la BCE. D’après nos calculs, cela impliquerait que l’ensemble des dettes souveraines des cinq pays qui ont reçu une assistance financière pendant la crise de la zone euro (Grèce,
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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1 COM(2017) 822, 6 décembre 2017. mesure où ces nouveautés s’inscrivent dans un ensemble d’idées sur l’approfondissement de la zone euro et qu’elles visent à dépasser les faiblesses du cadre financier actuel de l’Union en matière de stabilisation macroéconomique, il n’est pas inutile de rappeler les grandes lignes de ces idées et les insuffisances du budget de l’UE, avant de discuter les deux nouveaux instruments proposés. Cela nous amènera à commenter également d’autres propositions récentes distinctes. Dans l’ensemble, ces dernières vont d’une simple ligne budgétaire supplémentaire dans le budget de l’UE à un véritable budget de la zone euro, en passant par un fonds de stabilisation ou un système commun d’assurance chômage. Toutes s’appuient sur l’idée générale que la zone euro a besoin d’un mécanisme budgétaire de partage du risque quand les États membres sont touchés par des chocs économiques asymétriques, parce que les autres mécanismes d’ajustement aux chocs ne sont pas disponibles (taux de change, politique monétaire autonome) ou ne sont pas suffisants (flexibilité des marchés, mobilité du travail et du capital, politique budgétaire) 2 . Ces propositions se placent dans un contexte où les positions nationales sont divergentes. Dans son discours à la Sorbonne le 26 septembre 2017, le président Emmanuel Macron a fait le vœu d’un budget de la zone euro et d’un ministre commun. Dans un document officieux mis en circulation en octobre (Non-paper for paving the way
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Pourtant, les premières réactions de beaucoup de dirigeants politiques face à la crise ont pu donner l'impression que la vision dominante du fonctionnement de l'économie allait évoluer. Le capitalisme serait refondé. L'Etat interventionniste, attentif au bien être collectif comme à l'épanouissement des individus, serait réhabilité et reconnu comme le moteur d'une croissance durable et équitable. Mais les programmes concrets vont dans le sens inverse. Les lourds engagements financiers des puissances publiques servent de prétexte à la poursuite des politiques de tonalité libérale.
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Conclusion Les analyses des professeurs Alesina et Glaeser sur les visions différentes de l’Etat providence aux Etats-Unis et en Europe occidentale interpellent et, pourquoi le nier, dérangent un peu. La large palette des explications offertes par les auteurs est un enrichissement par rapport à certaines idées toutes faites. Mais la place donnée aux idéologies de la pauvreté des deux côtés de l’Atlantique et le poids accordé aux hétérogénéités raciales et ethniques nous font entrer sur des terrains inconfor- tables. En effet, la mesure des différences raciales et ethniques posent de très sérieux problèmes scientifiques et moraux. De plus, si l’hétérogénéité ethnique explique la faiblesse de l’Etat providence, c’est la faiblesse de l’Etat providence qui produit de l’hétérogénéité sociale. Enfin, la frontière peut devenir floue entre deux visions a priori antagonistes : la diversité comme richesse et l’hétérogénéité comme problème. Tout cela rappelé, les questions liées à l’hétérogénéité des populations sont incontournables quand on aborde les problèmes de répartition et de solidarité collective.
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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de la réunification a été porté par l’Allemagne elle-même et la participation de l’Europe à la reconstruction des nouveaux Länder a été modeste. Le financement de la reconstruction et de la redistribution dans les nouveaux Länder a été assuré par une augmentation des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). Grâce à ces transferts, le PIB par habitant des Allemands de l’Est se situait au début des années 2000 à 60 % de celui des habitants de l’Ouest, contre 40 % dix ans plus tôt. Parallèlement à cet effort de solidarité, l’Allemagne a rétabli sa compétitivité internationale grâce à des politiques de flexibilisation du marché du travail (réformes Hartz), une modération salariale débutée au milieu des années 1990 et une remise en question des conditions et de la rémunération du travail (disparition du 13ème mois dans certaines entreprises, augmentation du temps de travail, etc.). Ce qui pour ses partenaires est perçu comme une forme de « dumping salarial » contribuant à déprimer la demande intérieure allemande, et par voie de conséquence la croissance européenne, a avant tout été perçu par les pouvoirs publics allemands comme le prix à payer pour redevenir compétitif et conserver une partie de l’emploi industriel en Allemagne. Il est dès lors évident, qu’un pays qui a porté la quasi-totalité du poids de la réunification sur ses épaules, sans l’aide de ses partenaires européens, et qui a rétabli sa compétitivité en acceptant une stagnation, voire une baisse de son pouvoir d’achat, est particulièrement réticent à venir en aide à un autre pays qui n’a pas fait les mêmes efforts d’amélioration de compétitivité.
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La déconstruction de l’idée fédérale semble d’ailleurs s’accélérer, et cela pour des raisons à la fois politiques et économiques. Sur le plan politique, l’idée de nation, seule maîtresse de son destin, est réactivée par le constat de l’impuissance de l’Europe ou, à l’inverse, à cause de son rôle trop prégnant dans les affaires nationales. Mentionnons également ici le poids des appels douteux aux sentiments identitaires qui sont d’autant plus entendus que nous sommes dans des périodes de doutes et de fragilités économiques et sociales. Autre élément, l’affaiblissement de l’axe franco-allemand, porteur historique de la dynamique politique. Enfin, notons la dilution de l’idéal fédéral initial à travers les élargissements, la place croissante de la vision britannique et, plus récemment encore, la promotion de nouveaux espaces d’intégration comme l’Union euro-méditerranéenne.
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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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veillance et la suspicion. Nous connaissons le résultat sous nos yeux : les États membres perdent une partie de leur autonomie sans que pour autant l’Europe devienne une puissance ; les citoyens ne parviennent pas à s’iden- tifier à une Europe lointaine qui ne les protège pas assez. Sur le long terme, une telle construction risque de s’effriter.

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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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niveau de développement élevé, est mobilisé pour assurer le renforcement de la compétitivité territoriale et participer auprès des entreprises européennes à la concurrence économique. Le second groupe (84 régions) rassemble les régions d’objectif 1 qui n’ont pas encore atteint le niveau requis de compétitivité et sont incitées à l’atteindre avec le soutien du fonds de convergence et du fonds de cohésion. Une assistance transitoire (phasing out et phasing in) assure le passage d’un groupe à l’autre et concerne 29 régions. Ce nouveau dispositif mobilise clairement des régions européennes dans un processus de Lisbonne revisité dont les « orientations stratégiques » sont le renforcement de l’attractivité territoriale, l’encouragement de l’innovation et de l’esprit d’entreprise, la création d’emplois. - Le statut des régions en Europe évolue. Sans parler de la décentralisation (ou dévolution), propre aux institutions de chaque pays, il faut noter l’intégration des régions dans la stratégie économique européenne. L’Union trouve ici le moyen d’affirmer son rôle incitatif. Elle trouve dans les régions des partenaires pour défendre sa conception de l’interven- tionnisme économique fondé sur la mobilisation de tous les acteurs du développement et de l’innovation. Elle compte en particulier sur une responsabilisation accrue des collectivités territoriales et l’exploitation des interac- tions de proximités. En mettant l’accent sur la multi gouvernance et le
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Hiver 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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indonésienne dans le contexte de « une ceinture et une route » : réalisations, problèmes et mesures de réponse », Recherche en décision stratégique, n° 1, 60-67 (潘玥, “一 带一路”背景下中印尼合作: 成果、问题与对策, 战略决策研究, 2018年第1期, 第60-67页 ). Jin, D. (2018), « Progrès, réalisations et

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Hiver 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La règle peut également porter sur le solde primaire correspondant au déficit corrigé du poids de la dette. Avantages : L’instauration d’une telle cible de déficit primaire permet de desserrer la contrainte qui pèse sur les politiques budgétaires des pays les plus endettés, les obligeant à mener des politiques budgétaires plus restrictives que les autres. Elle présente par ailleurs l’avantage de ne pas faire peser sur le gouvernement actuel le poids des erreurs des gouvernements passés. Inconvénients : Cette règle néglige toutefois la distinction fondamentale entre mesures budgétaires non stabilisatrices et mesures budgétaires de stabilisation (délibérées et/ou automatiques) dans la mesure où le déficit primaire comprend l’ensemble des mesures budgétaires. Les marges de manœuvre dont il faudrait pouvoir disposer pour assurer les fonctions budgétaires sont donc encore contraintes. Une telle règle ne permet donc pas vraiment de redonner de la souplesse aux politiques budgétaires nationales. En outre, une telle règle irait à l’encontre de l’objectif ultime de réduction de la dette publique. La règle peut plutôt porter sur le solde public corrigé des fluctuations conjoncturelles communément appelé solde structurel. Il est généralement défini comme le déficit corrigé des effets automatiques de la conjoncture. En d’autres termes, le déficit structurel est égal au déficit discrétionnaire augmenté de la charge de la dette. Avantages : Une telle règle permet de laisser jouer pleinement les stabilisateurs budgétaires automatiques 1 puisque le déficit se dégrade mécaniquement dès que l’activité économique tombe en-dessous de son sentier de croissance potentielle, comme le montrent un certain nombre de travaux à la fois théoriques ou empiriques. Inconvénients : Des limites techniques inhérentes à cette notion de déficit structurel la rendent d’une applicabilité délicate. Deux problèmes majeurs apparaissent dès lors que nous cherchons à évaluer cet
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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Pour se consolider, la zone euro aurait intérêt à se diriger vers un espace politique homogène, autrement dit une union politique. C’est d’ailleurs pour ne pas s’engager vers une union politique que Mrs. Thatcher justifiait le « non » du Royaume-Uni à la monnaie unique. Elle faisait en effet le lien entre la juridiction optimale et l’intégration politique. Naturellement, puisque tous les Etats membres n’appartiennent pas à la zone euro, il conviendrait de recourir à une Europe à plusieurs cercles. La tâche est considérable. Elle exige, dans tous les pays concernés, l’évolution des esprits dans un contexte de clarté sur les objectifs et les moyens. La France, à l’occasion des élections présidentielles, vient d’apporter une nouvelle fois la preuve que les grands débats nationaux menés au sein de chaque Etat membre éludent très largement cette question cruciale pour l’avenir.
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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’un des principaux avantages macroéconomiques attribué à l’euro réside dans sa capacité à protéger les pays membres de l’Union monétaire européenne des attaques spéculatives et des fuites de capitaux qui peuvent se manifester lors de crises économiques et financières graves. Or, cet avantage s’est révélé illusoire pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui, malgré leur appartenance à la zone euro, ont fait l’objet de la défiance des opérateurs financiers sur leur capacité à rembourser leurs dettes. Il s’est même transformé en un handicap dans la mesure où ces pays ne peuvent espérer sortir de leurs difficultés financières qu’en faisant appel à l’aide internationale et en mettant en œuvre les mesures d’austérité sévères qui leur sont imposées en contrepartie de ces aides et dont les effets sur leurs finances publiques risquent d’être contraires à ceux attendus. Du fait du coût économique, politique et social important de cette solution, certains pays de la zone euro peuvent envisager de la quitter, alors que des candidats à l’euro peuvent être amenés à retarder leur adhésion ou à y renoncer en espérant que le retour à une monnaie nationale ou sa conservation leur permettra de mieux faire face à une crise de leur endettement public. Mais les difficultés qu’éprouvent les pays de la zone euro à résoudre leur problème de finances publiques face à la défiance des marchés financiers ne résultent pas de l’instauration d’une monnaie commune. Elle provient plutôt de la stratégie qui est utilisée par les instances européennes pour aider les pays en difficulté. En effet, le
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Eté 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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de droite dans de nombreux pays, comme l’a abondamment montré la presse dans ses commentaires. On a pu relever que les votes populistes eux-mêmes suivent des tendances communes — même si cela ne leur permettra sans doute pas de surmonter leurs contradictions pour former un groupe puissant et pousser à une politique précise cohérente avec leurs idées (la libre circulation des travailleurs en Europe étant un des clivages forts entre les extrêmes droites de l’Est et de l’Ouest). Il est intéressant de noter que même les partis les plus hostiles a priori à la construction européenne prennent comme une donnée l’existence des institutions européennes et souhaitent peser sur les règles communes. Par ailleurs, l’opinion qu’ont de la construction européenne les citoyens des pays membres est elle-même évolutive et fait apparaître des mouvements d’ensemble. L’opinion européenne c’est aussi l’opinion sur l’Europe. Cette dernière fluctue dans le long terme entre enthousiasme et euroscepticisme. Là encore, des corrélations sont observables : depuis un point historiquement bas en 2008 — lié à la crise financière et à ses conséquences sur l’activité économique, l’emploi et les politiques d’austérité —, les opinions favorables aux institutions européennes sont à la hausse presque partout. Nous le montrons ci-dessous sur quelques pays clés.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’euroscepticisme ambiant semble reculer. Les citoyens portent des regards plus positifs sur les bénéfices d’être européen. Les responsables assument plus clairement leur confiance dans l’Europe et s’engagent à traiter sur le fond de l’avenir de l’Union. Cette évolution des esprits et des visées ne doit rien au hasard. L’Europe, et particulièrement la zone euro, bénéficient actuellement d’une constellation favorable pour avancer vers plus d’intégration. Les perspectives économiques sont plutôt encourageantes ; les grands défis actuels du terrorisme et du
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Un autre mode de financement viable à long terme existe. Celui-ci implique un effort d’investissement public dans les actifs mobiliers et immobiliers pour créer des recettes (dividendes, loyers et péages) suffisamment élevées pour financer le revenu universel. Ceci signifie un revenu universel assez faible si on le met en place immédiatement et une augmentation progressive dans le temps au fur et à mesure que l’État augmente ses actifs et ses revenus. Malgré le fait que L’État peut profiter des taux d’intérêt actuellement bas pour investir massivement, ce mode de financement nécessite un effort budgétaire important pour pouvoir investir ainsi qu’une réorientation plus efficace de certaines catégories des dépenses publiques dans cette perspective. Plus les citoyens acceptent que L’État fasse cet effort d’épargne et d’investissement, plus on peut espérer un revenu universel futur élevé. Cette solution de longue haleine pourrait paraître peu attrayante aux yeux des dirigeants politiques et des électeurs s’ils sont impatients de partager la richesse. Elle ne sera pas une solution miracle car son niveau ne pourra pas être élevé si l’État n’arrive pas à dégager suffisamment de ressources financières pour investir.
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Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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En mars 2015, la BCE a décidé, dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle, de prendre des mesures d’assouplissement quantitatif analogues à celles mises en œuvre aux Etats Unis, en Grande-Bretagne et au Japon. Cette politique dont les mesures ont été amplifiées en mars 2016 consiste à injecter dans les circuits financiers un volume de liquidités de 1680 milliards d’euros de mars 2015 à mars 2017. On espère que les effets de cette expansion monétaire dans le secteur financier se transmettront au secteur non financier et que de ce fait la déflation qui menace la Zone Euro pourra être évitée. La faible efficacité de cette injection massive de liquidités constatée jusqu’ici a suscité des réflexions sur une alternative à la politique actuelle consistant à substituer à l’injection de liquidités au bénéfice du secteur financier, une alimentation monétaire directe du secteur non financier (entreprises, ménages, secteur public). Cette idée est soutenue depuis 2015 par différents mouvements, comme le think tank britannique Positive Money. Elle a également suscité l’adhésion de certains économistes, comme J. Muellbauer, et certains responsables politiques, comme J. Corbyn, chef du parti travailliste anglais, et elle a fait l’objet d’une campagne européenne à laquelle participent plusieurs mouvements soutenant des propositions différentes. En février 2016, elle a constitué le thème d’une conférence au Parlement européen et en mars 2016, le président de la BCE n’a pas semblé l’exclure a
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Eté 2020 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La pandémie de Covid-19 a induit des effets négatifs très importants à la fois sur l’offre et la demande globales dans les pays membres de l’Union économique et monétaire (UEM) de l’Union européenne (UE). Selon des prévisions récentes, le PIB des États membres de l’UEM pourrait chuter de 6 à 12 % selon le pays. Les effets négatifs à court terme de cette pandémie pourraient devenir persistants car ils endommagent gravement les bilans des entreprises de nombreux secteurs et des institutions financières et mettent beaucoup d’entre elles en grande difficulté. Les gouvernements nationaux de l’UEM, qui ont fait un très grand effort pour soutenir les entreprises privées et pour compenser la perte de revenu des travailleurs, vont accuser d’importants déficits budgétaires et voir leur dette s’envoler à des niveaux nettement plus élevés. Des pays comme l’Italie et l’Espagne pourraient être à nouveau confrontés au risque d’une double crise de la dette souveraine et bancaire, car leurs dettes sont déjà élevées avant la pandémie, alors que d’autres pays membres risqueraient fortement de voir leurs conditions de financement se détériorer. Les marchés d’actions et de la dette de la zone euro s’effondrent en mars 2020 par crainte que les réponses des politiques budgétaires et monétaires ne soient pas suffisantes pour faire face aux graves conséquences économiques négatives de la pandémie de Covid-19 et par peur d’une détérioration plus importante de la situation. Dans ce contexte de grande instabilité financière, la BCE a un rôle très important à jouer pour
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Les transferts envisagés sont généralement de petite taille et disparaissent si la dépression est généralisée à l’ensemble de la zone. Comme ils doivent être de solde nul en cu- mul temporel pour chaque pays, ils ne peuvent avoir qu’un impact négligeable. Par ailleurs, il est impossible d’avoir une stabilisa- tion complète par le seul jeu des stabilisateurs automatiques : il faut obligatoirement y ajou- ter des mesures discrétionnaires : les pays membres ne peuvent accepter l’interdiction des mesures discrétionnaires en échange d’une petite dose de stabilisation automatique à l’échelle européenne, d’autant plus que même le Pacte budgétaire autorise le jeu des stabilisateurs automatiques à l’échelle natio- nale (tout en limitant cette possibilité par un calcul contestable du solde conjoncturel). Par ailleurs, le fonctionnement de la zone euro ne peut être bâti durablement sur des transferts entre des pays du Nord (en bonne santé économique et ayant de forts excédents commerciaux) et des pays du Sud (en situa- tion de chômage de masse). D’une part, les habitants des pays du Nord ne l’accepteraient pas. D’autre part, les pays du Sud ne peuvent compenser une situation de détresse écono- mique par des transferts qui les soumettraient aux diktats des pays du Nord et des institu- tions européennes. Ce qui est acceptable dans le cadre national où règne une solidarité instinctive ne l’est pas dans le cadre européen où les actifs des pays du Nord ne sont pas spontanément solidaires des chômeurs des pays du Sud, où les français demain refuse- ront de payer pour les retraites des italiens ou des allemands, où les citoyens européens re- fusent de financer le déficit de la Grèce, cau- sé en grande partie par la fraude fiscale. Aus- si, les transferts entre pays membres ne peuvent être mis en place qu’à titre excep- tionnel ou pour financer des politiques de dé- veloppement productif. Chaque pays doit se donner comme objectif de retrouver un mo- dèle économique satisfaisant, ce qui demande aujourd’hui des stratégies différenciées. La co- ordination des politiques économiques doit viser la résorption des déséquilibres entre pays membres.
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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nationale. L’espace politique de chaque Etat est bien identifié par les électeurs, tandis que celui de l’Europe reste à construire. Pourtant, les grands partis politiques européens ont initié un début prometteur de constitution d’un espace public à l’échelle de l’Union. Chacun d’entre eux a désigné son leader aux élections européennes. Il (ou elle) avait vocation, si son parti obtenait le plus de voix, à être désigné(e) comme président de la

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Eté 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Eté 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Au-delà des aspects techniques et théoriques sur les politiques économiques européennes, ce livre porte un regard critique sur la construction européenne. En refusant d’accomplir des pas décisifs vers une vraie intégration politique, une logique nocive reste à l’œuvre : des Etats hétérogènes voulant préserver le maximum de souveraineté sont conduits à choisir des politiques représentant les plus grands des communs dénominateurs acceptables. Du coup, l’Europe avance entre coordination et fédéralisme, entre libéralisation et cohésion, entre concurrence et solidarité. Une telle démarche est sous-optimale et dépolitise l’Europe. Les citoyens et le projet européen méritent mieux que cette tiédeur. www.lecerclepoints.com
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