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Eté 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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préféreraient redonner la toute-puissance au parlement de Westminster pour légiférer. Par ailleurs, ces critiques très eurosceptiques ne souhaitent pas non plus que le Royaume-Uni ait à rendre des comptes à un gouvernement fédéral européen démocratiquement élu. Elles ignorent aussi le fait qu’à moins de se contenter des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), toute forme d’intégration économique relativement avancée exige des transferts de souveraineté à des organismes communs. Le troisième argument consiste à souligner le fait que le projet de l’UE est à la dérive et que les récentes crises financières et économiques subies par certains pays membres de la zone euro confortent certains acteurs politiques et citoyens dans leur désir de se détacher du carcan européen pensant ainsi subir le moins possible l’effet de contagion des crises. Il convient de noter que le Royaume-Uni n’est pas dans la zone euro et a subi la contagion des crises bancaires et de la dette souveraine en 2010-2012 du fait de ses fortes connexions commerciales, économiques et financières avec les pays membres de la zone euro en crise. Il n’est pas certain qu’en réduisant ces connexions, l’économie du Royaume-Uni sortira gagnante. Le quatrième argument rejoint quelque peu les deux derniers et porte sur les contraintes réglementaires européennes. Certains avancent que des normes et des régulations très contraignantes imposées par l’UE empêchent les petites et moyennes entreprises de pouvoir librement entreprendre et au final freinent la croissance économique. En contrepartie, ces entreprises profitent beaucoup moins du grand marché de l’UE que les grandes entreprises. D’autres critiquent la politique de quotas pour la pêche qui freinerait l’activité des pêcheurs, la directive du temps de travail des 48 heures hebdomadaires vilipendée notamment par de nombreuses professions libérales, ainsi que les normes financières européennes qui limiteraient trop fortement les bonus des banquiers.
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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légitimité démocratique, unique rempart contre les critiques répétées et souvent infondées dont elle fait l’objet. Aujourd’hui nous savons, et cela constitue certainement l’une des avancées majeures de la science économique des trente dernières années, que l’efficacité d’une politique économique passe d’abord et avant tout par l’effet qu’elle exerce sur le comportement des agents privés. Dans ce contexte, l’information devient une vari- able stratégique fondamentale. Il faut que l’information donnée par le décideur public soit à même d’inciter les agents privés à prendre les décisions qui perme- ttront à la politique économique d’atteindre son maximum d’efficacité. Si ce constat est valable pour l’ensemble des politiques économiques, il est particulièrement pertinent pour la poli- tique monétaire. Pour illustrer ce point, prenons l’exemple d’une politique moné- taire désinflationniste annoncée par l’autorité monétaire. Si les salariés pensent que cette politique est souhaitable et qu’elle sera couronnée de succès, ils mèneront les négociations salariales avec davantage de modération, ce qui va largement contribuer à la réussite de la politique de désinflation. Dans le cas contraire, ils vont continuer à réclamer des hausses de salaires soutenues ce qui pèsera sur les coûts de production et sur les prix et vouera la politique de désinflation à l’échec. Il convient de souligner que dans les deux cas, les salariés ont fait le bon pronostic sur l’efficacité de la politique de désinflation dans la mesure où c’est leur propre comportement qui contribue à la vali- dation de leur anticipation. Cet exemple illustre bien le fait que la réussite d’une politique monétaire repose essentie-
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Au final, les citoyens économiquement les plus fragiles sont doublement pénalisés : ils payent la crise et le traitement de la crise. C'est l'injuste retour des choses. Alors, que faire ? D'abord, inlassablement rappeler que critiquer le Consensus de Bruxelles et, plus généralement, remettre en cause l'architecture trop libérale de l'union économique et monétaire n'est pas une marque de défiance envers la construction européenne. Ensuite, dire, et redire, que nous avons besoin d'une Europe exemplaire de paix et de solidarité. D'une Europe qui régule l'économie dans l'intérêt collectif. On connaît la direction à prendre. Seule la création d'un véritable pouvoir politique et démocratique européen au dessus des Etats membres sera capable de subvertir le Consensus de Bruxelles et de piloter l'économie européenne. Il faut sans cesse y méditer, surtout lorsqu'on sait que la géopolitique mondiale s'organisera autour de quelques grands espaces régionaux.
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Eté 2010 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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par des pactes de stabilité, peuvent relancer leur machine économique en accentuant leurs déficits budgétaires. La crédibilité de long terme de l’extraordinaire virtuelle intervention budgétaire des principaux gouvernements européens et la garantie des dettes publiques de la zone euro constituent le seul rempart contre les attaques spéculatives et le déclenchement des phénomènes de contagions. L’ampleur de la dette espagnole qui représente cinq fois celle de la Grèce et surtout l’énorme gouffre de la dette privée pourraient, en effet, fragiliser l’économie espagnole et générer une situation de crise semblable à la crise Grecque. Cependant, il est indispensable pour les pays leaders de la zone euro que l’Espagne réussisse à contenir sa crise budgétaire étant donnée l’énorme implication des banques françaises et allemandes dans le financement de la dette de ce pays. L’Allemagne n’a pas intérêt à se désolidariser de la Grèce, de l’Espagne et d’une manière générale de la zone euro car ses excellents résultats économiques sont en grande partie dus à ses partenaires européens et à la politique de l’euro fort, laquelle est profitable à elle et à elle seule. Ce constat a été confirmé par la chancelière allemande Angela Meckel : « l’Allemagne, en tant que puissance économique de l’Union européenne par ses exportations, a très largement profité de l’euro par le passé. La raison pour laquelle nous défendrons un euro fort de toutes nos forces ».
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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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veillance et la suspicion. Nous connaissons le résultat sous nos yeux : les États membres perdent une partie de leur autonomie sans que pour autant l’Europe devienne une puissance ; les citoyens ne parviennent pas à s’iden- tifier à une Europe lointaine qui ne les protège pas assez. Sur le long terme, une telle construction risque de s’effriter.

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Eté 2011 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’un des principaux avantages macroéconomiques attribué à l’euro réside dans sa capacité à protéger les pays membres de l’Union monétaire européenne des attaques spéculatives et des fuites de capitaux qui peuvent se manifester lors de crises économiques et financières graves. Or, cet avantage s’est révélé illusoire pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui, malgré leur appartenance à la zone euro, ont fait l’objet de la défiance des opérateurs financiers sur leur capacité à rembourser leurs dettes. Il s’est même transformé en un handicap dans la mesure où ces pays ne peuvent espérer sortir de leurs difficultés financières qu’en faisant appel à l’aide internationale et en mettant en œuvre les mesures d’austérité sévères qui leur sont imposées en contrepartie de ces aides et dont les effets sur leurs finances publiques risquent d’être contraires à ceux attendus. Du fait du coût économique, politique et social important de cette solution, certains pays de la zone euro peuvent envisager de la quitter, alors que des candidats à l’euro peuvent être amenés à retarder leur adhésion ou à y renoncer en espérant que le retour à une monnaie nationale ou sa conservation leur permettra de mieux faire face à une crise de leur endettement public. Mais les difficultés qu’éprouvent les pays de la zone euro à résoudre leur problème de finances publiques face à la défiance des marchés financiers ne résultent pas de l’instauration d’une monnaie commune. Elle provient plutôt de la stratégie qui est utilisée par les instances européennes pour aider les pays en difficulté. En effet, le
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Eté 2008 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La déconstruction de l’idée fédérale semble d’ailleurs s’accélérer, et cela pour des raisons à la fois politiques et économiques. Sur le plan politique, l’idée de nation, seule maîtresse de son destin, est réactivée par le constat de l’impuissance de l’Europe ou, à l’inverse, à cause de son rôle trop prégnant dans les affaires nationales. Mentionnons également ici le poids des appels douteux aux sentiments identitaires qui sont d’autant plus entendus que nous sommes dans des périodes de doutes et de fragilités économiques et sociales. Autre élément, l’affaiblissement de l’axe franco-allemand, porteur historique de la dynamique politique. Enfin, notons la dilution de l’idéal fédéral initial à travers les élargissements, la place croissante de la vision britannique et, plus récemment encore, la promotion de nouveaux espaces d’intégration comme l’Union euro-méditerranéenne.
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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Pour se consolider, la zone euro aurait intérêt à se diriger vers un espace politique homogène, autrement dit une union politique. C’est d’ailleurs pour ne pas s’engager vers une union politique que Mrs. Thatcher justifiait le « non » du Royaume-Uni à la monnaie unique. Elle faisait en effet le lien entre la juridiction optimale et l’intégration politique. Naturellement, puisque tous les Etats membres n’appartiennent pas à la zone euro, il conviendrait de recourir à une Europe à plusieurs cercles. La tâche est considérable. Elle exige, dans tous les pays concernés, l’évolution des esprits dans un contexte de clarté sur les objectifs et les moyens. La France, à l’occasion des élections présidentielles, vient d’apporter une nouvelle fois la preuve que les grands débats nationaux menés au sein de chaque Etat membre éludent très largement cette question cruciale pour l’avenir.
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Hiver 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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principes depuis vingt ans et ne semble pas disposée à en dévier dans un avenir prévisible. En effet, elle continue à limiter la politique budgétaire au mécanisme de stabilisateur budgétaire automatique pour lisser les fluctuations économiques et à préconiser une discipline budgétaire rigoureuse pour lutter contre le chômage et la faible croissance. Or, les statistiques concernant les performances économiques de l’UE et leur comparaison avec celles d’ensembles économiques de même dimension montrent l’inefficacité et le coût social important de l’application de cette ligne économique. Pour les politiques structurelles, la CE fait également confiance à des mécanismes automatiques, comme ceux de la concurrence libre et non faussée, pour obtenir des résultats. Mais, une politique industrielle menée sur cette base n’est pas adaptée à un environnement international où ce type de concurrence est inexistant. Dans un tel monde, il est nécessaire de développer des stratégies, comme le font les principaux concurrents de l’Europe, notamment la Chine qui n’est plus une économie en développement et qui occupe une place grandissante dans le commerce international (voir l’article sur les relations commerciales entre l’UE et la Chine dans ce numéro). L’adoption de telles stratégies par l’Europe aurait probablement permis d’éviter le décrochage technologique dans un ensemble d’activités (voir l’article sur la politique industrielle de l’UE dans ce numéro). Le principe concurrentiel a également été appliqué à la nouvelle politique régionale avec des effets qui ne sont pas encore très visibles, mais qui suscitent quelques appréhensions (voir l’article sur les incertitudes de la politique régionale européenne dans ce numéro). De telles craintes peuvent aussi se manifester à l’occasion du renouvellement en 2020 de l’accord entre l’UE et les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à moins que l’UE consente à étendre les bases du nouvel accord au-delà des relations commerciales fondées sur le libre-échange (voir l’article sur la renégociation du partenariat avec les pays de l’ACP dans ce numéro). Enfin, la concurrence sur le marché européen des biens s’est traduite par une pression sur les coûts salariaux, ce qui a entraîné une concurrence entre les différents régimes sociaux des pays et une divergence croissante entre eux (voir l’article sur la convergence ou la divergence des politiques sociales dans ce numéro).
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Hiver 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Europe se dirigeaient essentiellement vers les pays de la périphérie européenne, tels que le Portugal et la Hongrie. Ces IDE cherchaient des ressources naturelles et de nouveaux marchés. Mais à partir du milieu des années 2010, les IDE chinois se sont tournés vers l’Europe de l’Ouest – essentiellement Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie –, et se sont intéressés à des firmes technologiquement avancées dans des secteurs de haute technologie. En d’autres termes, les IDE chinois ont essentiellement pris la forme d’acquisitions : entre 2010 et 2018, 95 % des IDE chinois en Europe étaient réalisés à la suite d’acquisitions (Hanemann et al., 2019 ; Martin, 2019). En 2007, les investisseurs en provenance de la Chine, Hong-Kong et Macao ont racheté 16 entreprises dans l’UE. En 2017, 114 firmes ont été rachetées (EC-JRC foreign ownership database, 2019). En 2016, pour la première fois, les IDE chinois entrants en Europe ont été supérieurs aux IDE européens en Chine. 2016 est également l’année du rachat par la firme chinoise Midea pour 4,6 milliards d’euros de la plus grande firme allemande de robotique industrielle, Kuka 3 . Bien que Kuka soit un champion national dans un secteur stratégique, les autorités allemandes ont validé le rachat, en considérant que l’opération ne menaçait ni l’ordre public, ni la sécurité nationale. D’autres grands rachats ont suivi – comme l’acquisition pour 1 milliard d’euros du fabricant de machines-outils KraussMaffei par le leader chinois de la chimie ChemChina – avant que les autorités allemandes commencent à bloquer systématiquement le rachat de firmes de haute technologie 4 . Les autorités allemande et française, puis dans un second temps européennes (Commission et Parlement) ont décidé de réagir à cette stratégie chinoise de rachat de firmes de haute technologie qui présente des risques en termes de sécurité nationale et de perte d’avantage concurrentiel de l’Europe (cf. article de D. Broussolle). A partir de cette période, les Européens commencent à s’interroger sur la pertinence du choix d’une « open door policy » à l’égard des IDE (Rugraff, 2011). Ils se rendent bien compte
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Eté 2007 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Un domaine réservé transitoire Le ou les opérateurs qui prennent en charge le service universel peuvent, selon la directive de 1997, bénéficier d’une compensation, « lorsque les obligations (…) constituent une charge financière inéquitable », puisqu’ils sont de moins en moins en mesure d’en assurer le financement par le reste du trafic qui, progressivement, leur échappe. La directive autorise à cet effet la mise sur pied d’un fond de compensation. La solution la plus pratiquée jusqu’à présent en Europe, consiste cependant à maintenir transitoirement un domaine réservé (monopole partiel) pour l’opérateur historique en charge du service universel. En France, la diminution du monopole n’a jusqu’à présent concerné qu’une partie limitée de trafic courrier, seulement 8,6 % de volume capté, pour un potentiel théorique de 16 % (graphiques n°1 et 2a en annexe). Cela représente toutefois une perte d’environ la moitié du trafic ouvert à la concurrence. L’impact sur le chiffre affaires est plus significatif, puisqu’il atteint 18 % en 2005 6 .
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le nouvel outil d’aide à la mise en place des réformes serait destiné à renforcer la résistance des économies face à des chocs économiques. Il s’agit des réformes jugées prioritaires dans le cadre du Semestre européen. Les subventions seraient allouées aux pays sur la base de rapports annuels de la Commission au sujet des progrès réalisés. Ces derniers seraient évalués en fonction d’objectifs précis à atteindre. Les crédits dédiés à cet outil pourraient être de l’ordre de 25 milliards d’euros sur 7 ans (en comptant le mécanisme de soutien à la convergence). Le mécanisme de stabilisation, quant à lui, serait destiné à soutenir l’investissement « en cas de chocs asymétriques de grande ampleur ». Il fournirait des subventions ainsi que des prêts aux États membres, à condition de respecter des « critères d’admissibilité stricts et prédéfinis, fondés sur des politiques macroéconomiques saines » et de se conformer au cadre de surveillance de l’UE. L’aide financière serait alors déclenchée « automatiquement et rapidement sur la base de paramètres prédéfinis » (relatifs à l’évolution du chômage ou de l’investissement). A vrai dire, la conditionnalité, qui sert à éviter l’aléa moral, ôte tout caractère automatique à la stabilisation ! Il est à craindre que des interférences politiques sur l’interprétation de la conditionnalité nuisent à l’efficacité de ce mécanisme.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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seraient chargées d’évaluer la conformité des hausses de salaires au progrès de la productivité dans chaque pays et de comparer ces évolutions à celles observées chez ses principaux partenaires commerciaux. De plus, comme la baisse de compétitivité est très différente selon les pays européens, la CE préconise des réformes qui doivent supprimer les obstacles aux convergences structurelles importantes révélées à l’occasion des crises et fixer des normes communes portant notamment sur le marché du travail et la compétitivité. Ces convergences seront négociées dans une première étape avant de devenir obligatoire dans une seconde phase. La foi de la Commission dans les prix relatifs comme instruments essentiels d’ajustement économique a probablement amené cette institution à sous-estimer le multiplicateur budgétaire qui mesure l’impact d’une baisse des dépenses publiques sur le PIB. En effet, la valeur estimée de ce multiplicateur était de 0,5, alors que les travaux empiriques du FMI ont montré que sa valeur réelle était comprise entre 0,9 et 1,7 pour l’UE au cours de cette période. 13 Cette sous-estimation est due à la croyance qu’une baisse du taux d’intérêt suffirait à stimuler l’investissement, alors que cette demande dépend aussi d’autres facteurs, notamment des prévisions de débouchés qui sont généralement pessimistes en basse conjoncture. De plus, elle néglige les résultats de travaux empiriques qui montrent qu’une baisse de la demande publique s’accompagne d’une réduction de la consommation privée et non d’une hausse. La politique d’assainissement des finances publiques imposée à la Grèce avec persévérance depuis plusieurs années par l’Eurogroupe et la CE constitue un exemple extrême des effets économiques et sociaux négatifs d’une telle politique malgré une baisse importante des salaires et des pensions de retraite et une illustration de son incapacité à réduire l’endettement public.
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’Union Européenne vient de démarrer le processus de négociation de son futur Cadre Financier Pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027. La Commission a ainsi soumis ses propositions le 2 mai 2018 (COM 2018a). Ce cadre définit pour sept ans le plafond des recettes, leur répartition nationale, ainsi que les dépenses du budget de l’UE. C’est donc un acte majeur qui engage la prochaine période. Rappelons que les recettes se divisent en trois sources principales (Graphique 1) : une contribution nationale fonction du Revenu National Brut (RNB), une fraction de la TVA nationale (0,3 %) et enfin des Ressources Propres dites Traditionnelles (RPT) qui se résument surtout au montant des droits de douanes prélevés aux frontières de l’Union. Si les contributions RNB, qui représentent l’élément essentiel, pèsent avec la TVA sur les finances publiques nationales, les ressources propres sont moins sensibles pour les États membres. Les dépenses couvrent, quant à elles, l’ensemble des politiques communautaires, ainsi que le fonctionnement administratif de l’Union Européenne (UE). Au-delà des choix politiques stratégiques, les négociations portent traditionnellement sur la contribution globale de chaque Etat Membre et sur les politiques qui engendrent un retour financier. On se souvient du célèbre « I want my money
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Eté 2020 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La pandémie de Covid-19 a induit des effets négatifs très importants à la fois sur l’offre et la demande globales dans les pays membres de l’Union économique et monétaire (UEM) de l’Union européenne (UE). Selon des prévisions récentes, le PIB des États membres de l’UEM pourrait chuter de 6 à 12 % selon le pays. Les effets négatifs à court terme de cette pandémie pourraient devenir persistants car ils endommagent gravement les bilans des entreprises de nombreux secteurs et des institutions financières et mettent beaucoup d’entre elles en grande difficulté. Les gouvernements nationaux de l’UEM, qui ont fait un très grand effort pour soutenir les entreprises privées et pour compenser la perte de revenu des travailleurs, vont accuser d’importants déficits budgétaires et voir leur dette s’envoler à des niveaux nettement plus élevés. Des pays comme l’Italie et l’Espagne pourraient être à nouveau confrontés au risque d’une double crise de la dette souveraine et bancaire, car leurs dettes sont déjà élevées avant la pandémie, alors que d’autres pays membres risqueraient fortement de voir leurs conditions de financement se détériorer. Les marchés d’actions et de la dette de la zone euro s’effondrent en mars 2020 par crainte que les réponses des politiques budgétaires et monétaires ne soient pas suffisantes pour faire face aux graves conséquences économiques négatives de la pandémie de Covid-19 et par peur d’une détérioration plus importante de la situation. Dans ce contexte de grande instabilité financière, la BCE a un rôle très important à jouer pour
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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nationale. L’espace politique de chaque Etat est bien identifié par les électeurs, tandis que celui de l’Europe reste à construire. Pourtant, les grands partis politiques européens ont initié un début prometteur de constitution d’un espace public à l’échelle de l’Union. Chacun d’entre eux a désigné son leader aux élections européennes. Il (ou elle) avait vocation, si son parti obtenait le plus de voix, à être désigné(e) comme président de la

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Eté 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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La Troïka, une institution sans légitimité démocratique européenne Gilbert Koenig * En 2014, le Parlement européen a adopté deux résolutions dont l’une porte sur le rôle et les activités de la troïka, l’autre sur ses résultats dans les quatre pays ayant demandé l’aide financière de l’Eu- rope à partir de 2010. Ses critiques sont complétées par celle d’un documentaire diffusé récemment sur les agissements des agents de cette institution. A la lumière de ces documents, la troïka apparaît comme une institution incontrôlée et peu transparente qui n’a pas de légitimité démocratique au ni- veau européen. Cet état de fait a conduit à des nombreuses dérives amenant notamment les fonc- tionnaires de la troïka à intervenir souvent dans des domaines qui ne sont pas de leurs compétences et à outrepasser leur rôle d’experts conseillers. Certes, les programmes d’ajustement imposés par la troïka ont permis d’améliorer partiellement les finances publiques des quatre pays. Mais cela s’est fait au prix d’une détérioration importante des situations économiques de trois d’entre eux et d’un bilan social négatif dans les quatre pays sous tutelle, et même catastrophique en Grèce.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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L’euroscepticisme ambiant semble reculer. Les citoyens portent des regards plus positifs sur les bénéfices d’être européen. Les responsables assument plus clairement leur confiance dans l’Europe et s’engagent à traiter sur le fond de l’avenir de l’Union. Cette évolution des esprits et des visées ne doit rien au hasard. L’Europe, et particulièrement la zone euro, bénéficient actuellement d’une constellation favorable pour avancer vers plus d’intégration. Les perspectives économiques sont plutôt encourageantes ; les grands défis actuels du terrorisme et du
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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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économiques nationales à la puissance norma- lisatrice des marchés financiers mondiaux », rappelant que les marchés fonctionnent comme une force normalisatrice et discipli- naire à l’égard des États qui ne respecteraient pas les règles imposées à l’Europe par l’ordo- libéralisme allemand. Plus largement il sou- lève la question de la substitution des créan- ciers internationaux et des agences de nota- tion au contrat social que les administrés passent avec leurs gouvernants et dénonce un « barbarisme politique majeur ». Sans doute l’Europe est-elle allée plus loin que les États eux-mêmes dans le pilotage par les règles le choix d’un arbitrage économique par le mar- ché mais la dérive est déjà ancienne. La science économique est née on le sait sur l’idée que l’économie marchande repose sur des lois spécifiques indépendamment de toute considérations politique, religieuse, phi- losophique, morale, sociale, etc., qui autorise à la fois son édification dans la société sur des bases autonomes (le désencastrement pour re- prendre la notion de Polanyi, l’écocratie se- lon Kébabdjian) et une approche strictement scientifique ou technicienne de ces questions. Cette idée a certes été contestée par des au- teurs comme Amartya Sen, Jean-Paul Fitoussi, mais elle s’est imposée de façon éclatante dans la bureaucratie européenne, au point de s’incarner dans un ensemble de règles tech- niques, économiques et financières qui ont été consciencieusement placées en dehors de tout débat politique et de ce qui est encore perçu comme la faiblesse ou l’arbitraire des gouvernements. Ces règles sont inscrites dans
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Eté 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Au-delà des aspects techniques et théoriques sur les politiques économiques européennes, ce livre porte un regard critique sur la construction européenne. En refusant d’accomplir des pas décisifs vers une vraie intégration politique, une logique nocive reste à l’œuvre : des Etats hétérogènes voulant préserver le maximum de souveraineté sont conduits à choisir des politiques représentant les plus grands des communs dénominateurs acceptables. Du coup, l’Europe avance entre coordination et fédéralisme, entre libéralisation et cohésion, entre concurrence et solidarité. Une telle démarche est sous-optimale et dépolitise l’Europe. Les citoyens et le projet européen méritent mieux que cette tiédeur. www.lecerclepoints.com
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